BRANCHES
mises à nu par la blessure contre l’action de l’air. Quand Finflammation est modérée et salutaire, ces bourgeons sont d’un rouge clair et peu douloureux, et le pns qu’ils forment est crémeux et inodore. Qaand l’inflammation est trop forte, la surface de la plaie se dessèche, et lés bourgeons charnus sont d’un rouge intense et douloureux : on doit y remédier par la saignée et la diète. Quand l’inflammation languit, les bourgeons charnus deviennent boursoufflés et blafards, et la cicatrisation ne marche pas. Dans ce cas, on ranimé la vitalité de la surface, en la touchant avec du nitrate d’argent. Le dentiste a souvent occasion d’observer ces modiflcatîons dans les plaies qui se forment dans lé voisinage de la bouche.
BOURRACHE. C’est une plante de la famille des boraginées, dont les feuilles contiennent beaucoup de mucilage Végétal et de nitrate de potasse. La tisane dé bourrache est utile Comme émollient, et diurétique' dans l’état fêbrilé produit par l’inflammation de la bouche et des géilcivés.
BOUTON de feu. C’est uii petit cautère formé d’üne tige d’acier, dont une des extrémités est rpuléé ou arrondie. Oh porte cette extrémité rougie aufeu sur la bouché héânte des vaisseaux sanguins,, dans les hémorragies que lé dentisté ne peut arrêter par les poudres hémostatiques où lés gargarismes astringents.
BOUTS d’acier. C’est une expression d’atelier pour désigner de petites tiges rondes ou carrées d’acier trempé, dont iè dentiste doit être toujours muni, pour pouvoir en faire au besoin dés mandrins, dés forets, des équarrisseüf s ou des goupilles.
BRAISÉ. C’ést le charbon dé bois blanc. La braise de béulanger convient au dentiste elle s’allumé facilement. Elle ne donne ni flamme ni fumée, et elle ne pétille pas de manière à incommoder l’ouvrier ou déranger les particules dé soudurè,. etc., auxquelles il travaille.
BRANCHES. Les branches de l’os maxillaire inférieur où
broiement. 7§
portion verticale de cet os seront décrites au mot Mâchoire.
BRIDES. Ce mot, dans le langage du dentiste, désigne des memitranes qui se forment à là Suite des brûlures, des ulcères et des inflammations, en établissant des adhésions morbides entre les différentes parties de la bouche qui, dans leur état- de santé, sont libres et indépendantes les unes dés . autres. (Voyez le mot Adhérences.)
BROIEMENT. Le mot broiement est employé en pathologie pour exprimer l’état pulpeux, auquel les tissus peuvent être réduits à la suite de contusions Violentes. On le dit aussi en parlant de la fracture eommunitive des os, surtout des os courts; il est alors équivalent au mot écrasement. Mais dans te style du dentiste, ce mot veut dire un moyen thérapeutique qui consiste dans la destruction par broiement ou trituration des filets nerveux, qui sont le siège dé là douleur que l’on éprouve dans tes dents qui sont affeetées de cârie. Nous devons dire que bien que quelques dentistes aient préconisé le broiement au lieu dé la eautérisation du nerf de la. dent, cette opération est justement abandonnée par la grande majorité des dentistes d’aujourd’hui. En effet; comme opération, il présente toutes les difficultés que Ton ■ a à vaincre dans la cautérisation, tandis que sèS résultats sont loin d’être aussi sûrs, ou aussi satisfaisants que ceux que Ton obtient de, celle-ci, quel que soit l’instrument que Ton emploie pour broyer le nerf; sonde, aiguille ou Soie âè porc, il est rare qu’il soit assez libre dans le canal de là ràcme pour opérer par ses mouvements la désorganisation- dû nerf. On Tagace, on le lacère en faisant beaucoup souffrir le malade, mais on ne le détruit pas ; tandis que lé cautère le carbonise dès l’instant du contact, et qui plus est, la matière charbonneuse provenant de sa destruction reste dans le canal, et sert de tampon pour garantir le fond de celui-ci de Tair extérieur et du froid. Quoi qu’il en soit, voici l’opération : après avoir, avec une tige métallique, une' ctiretté ou
BRULURE.
une sonde, bien débarrassé le creux de la dent du détritus formé par le progrès de la carie, on s’aide de sa vue et de la position supposée de la racine, pour introduire dans le canal dentaire l’extrémité d’une sonde fine et courbée, ou à son défaut, une aiguille ou une forte soie de porc. L’instrument introduit, on lui imprime des mouvements en tout sens, en cherchant à désorganiser la substance nerveuse, ou bien par des mouvements successifs d’élévation ou d’abaissement, on cherche à la refouler, tout en la détruisant dans le fond du canal. Nous n’allons pas revenir ici sur ce que nous avons dit sur les démérites de cette opération ; elle est douloureuse pour le malade; elle réussit rarement, et nous ne pouvons que vouloir en décourager l’emploi.
BROMÂTOLOGIE. Nom donné par quelques auteurs à la partie de l’hygiène qui traite des aliments.
BROME. C’est le nom d’un corps simple découvert en 1 82.6. Il existe à l’état de bromure dans l’eau de mer, et dans celle de quelques sources salées. Le brème est liquide, rouge, noirâtre, et deux fois et demi plus pesant que l’eau, son odeur èt sa saveur sont fortes et désagréables, il est volatil et bout à 47®, eh répandant des vapeurs rouges orangées.
BROMURE de potassium. C’est un corps homogène qui résulte de la combinaison du brème avec le potassium. Il cristallise des cubes. Sa saveur est piquante. On l’emploie comme l’iode, et ses préparations contre les affections strumeuses, contre les engorgements indolents. Le prix élevé de l’iodure de potassium, depuis quelque temps, porte M. Picard, professeur de clinique à l’hèpital du Midi, à recommander l’emploi de la brèmure dont il a mainte fois constaté l’efficacité dans le cas de syphilis constitutionnelle. Le dentiste a souvent occasion d’observer des affections rebelles des dents et de la bouche, qui dépendent de ces vices de l’économie, et la brèmure de potassium peut lui être dans ce cas utile.
BRULURE. On entend par ce mot, les lésions produites
BROSSES
sur les différentes parties du corps, par Faction du feu ou des corps échauffés. Dupuytren a établi six degrés de brûlure. Dans \d. première, il y a un simple érythrème ou rubéfaction ; dans la seconde, il y a formation de phlyctènes; dans la troisième, il y a destruction du corps muqueux de la peau; dans la quatrième, le derme même est désorganisé ; dans les deux dernières, les tissus sous cutanés, dans toute Fépaisseur de la partie, peuvent être brûlés. Les grandes brûlures arrivent rarement du côté de la bouche, et sont plutôt du domaine de la chirurgie générale; mais il est utile au dentiste de savoir que dans les brûlures un peu graves, il faut avoir recours à la saignée et à la diète, à l’application des topiques froids, eau à la glace, etc., sur la partie lésée l’on remplace ceux-ci par du papier brouillard enduit de cérat saturné, ou par des compresses imbibées du Uniment oléa-calcaire qui est un mélange en parties égales d’huile d’olive et d’eau de chaux. — Le mot brûlure est quelquefois employé dans le sens de cautérisation. Voyez ce mot.
BROSSES. Les brosses sont des instruments composés de plusieurs faisceaux de crins liés et collés ensemble par une de leurs extrémités, et implantés dans des plaques d’ivoire ou de bois. On s’en sert pour opérer des frictions sur toutes les parties du corps, qu sur une étendue limitée de sa surface, ou bien sur les dents seules. Dans ces trois cas , l’emploi de brosses peut remplir pour le dentiste des indications thérapeutiques et hygiéniques de la plus grande valeur. On sait combien les frictions sèches exercées sur toute la surface cutanée sont utiles pour exciter la vitalité de la peau, en remplissant de sang le' réseau capillaire du derme , et pour favoriser la transpiration chez les personnes débiles, lymphatiques et scrofuleuses, et chez qui la pâleur et la bouffissure des gencives, aussi bien que l’aspect terne et maladif des dents, disparaissent à mesure que le ton général de l’économie se rétablit. On sait également les services rendus par ces frictions dans le rhumatisme chronique des
BROSSES
dents et des mâchoires, aussi bien que dans celui des autres parties du corps, en provoquant une rubéfaction révulsive sur la peau qui environne les parties souffrantes, et en réveillant son action perspiratoire. Mais les brosses employées au nettoiement des dents et de la bouche forment, dans la partie hygiénique de Tart du dentiste, un article de la première importance, et auquel nous allons donner quelques considérations. On conçoit bien que les brosses à dents diffèrent beaucoup dans leur forme, dans leur grandeur, et dans la nature des crins qui les composent , selon Fàge de l’individu, l’étal des gencives, et selon la longueur et la force des dents sur lesquelles elles doivent agir. C’est ainsi que, pour les enfants, on se sert de brosses très douces et légèrement garnies ; car, si les crins étaient trop forts ou trop épais, ils ne pourraient qu’être nuisibles aux dents dont l’émail qui les recouvre et les gencives qui les entourent sont encore tendres, et loin d’avoir pris toute leur consistance ou toute leur solidité. Il en est de même pour les personnes naturellement débiles de constitution, chez lesquelles la muqueuse gencivale est très susceptible ou atteinte de scorbut. Nous devons cependant remarquer que les légers saignements des gencives occasionés par la brosse s’arrêtent d’eux-mêmes, et sont, dans un très grand nombre de cas, utiles et salutaires. Pour les adultes, les crins qui constituent la brosse doivent être solides et résistants, leurs extrémités libres sur un même plan, et les faisceaux formant trois ou quatre rangs; car, dans ce cas, les dents et les gencives ont acquis toute leur force, et les frictions avec une bonne brosse, tout en les entretenant dans un état de propreté, ne font qu'ajouter à la vitalité du tissu gencival, et à l’éclat et à la solidité de l’émail. Il est impossible de bien préciser le volume ou la largeur de la brosse que le dentiste doit fournir à son client. Cela dépendra évidemment du développement plus ou moins grand des mâchoires, et de la longueur très variable des dents elles-mêmes. Quelquefois, il
BROSSES
suffit d’une brosse à trois rangs de crins pour couvrir les dents depuis leur racine jusqu’au bord tranchant, tandis que chez les personnes qui ont ces organes très développés en longueur, une brosse à cinq et même six rangs suffit à peine pour les couvrir. Aussi le dentiste doit-il avoir chez lui un assortiment très arié dé ces instruments. Les brosses faites en Angleterre ont joui pendant longtemps en France d’une très juste préférence, parce qu’elles étaient supérieures aux brosses françaises, non-seulement parles matières dont elles étaient composées, mais aussi par la manière dont elles étaient faites. Mais aujourd’hui cette différence a disparu, et les brosses qui sortent des fabriques de Paris sont égales en tout à celles 'de Londres. Dans le siècle dernier, on vendait, sous le nom de brosses-racines, des frottoirs faits avec les racinés de luzerne, de réglisse, et d’antres plantes fibreuses. On faisait bouillir ces racines, ôn les battait avec des marteaux en bois pour ramollir les filaments. Ces derniers furent ensuite réunis en forme de pinceau, parfumés, coloriés en rouge au moyen de la cochenille, et livrés au public. Ces brosses-racines sont tombées aujourd’hui dans l’oubli. La brosse à dents à laquelle j’ai donné mon nom, et qui est connue dans le beau monde sous l’appellation de Brosse-Rogers, mérite certainement qne place distinguée parmi les objets les plus utiles d’une toilette hygiénique. Les faisceaux qui en forment les rangs moyens sont forts, élastiques, et en tout propres à contribuer à la pureté et à la santé de l’émail, tandis que les faisceaux qui forment les rangs limitrophes de la brosse sont doux, délicats et pliants, de manière que dans les frictions les plus fortement exercées, on ne court pas la chance d’irriter ou de déchirer la membrane qui recouvre les gencives. Je dirai en terminant cet article sur les brosses, que la manière de s’en servir n’est pas une chose indifférente pour le dentiste, ni pour les personnes qui attendent de lui des renseignements à cet égard. Le frottement dirigé uniquement de