G ESTA
Cotte racine, que ron peut donner en poudre ou en décoction, rend les plus grands services au dentiste dans les cas d’atonie de la muqueuse buccale des gencives , et dans plusieurs affections des organes dentaires qui dépendent d’un état scrofuleux ou scorbutique de la constitution.
GERÇURE. On donne ce nom à des crevasses ou fentes peu profondes qui se montrent aux lèvres, surtout chez les femmes, dans les temps froids et à la suite de certains états fébriles de l’économie qui causent le déssèchement et des déchirures spontanées de ces organes. On trouvera ci-dessous la préparation d’une pommade qui nous rend, en pareil cas, les plus grands services, et qui devrait se trouver dans tous les bons cabinets de dentiste.
Prenez 2 parties d’huile d’amandes douces, 1 partie de cire vierge pure, et \ huitième de racine d'orcanette; faites digérer ces matières au bain- marie, et passez à travers un linge quand la masse a acquis une belle couleur rouge; remuez alors jusqu’à ce que la liqueur commence à se refroidir, et ajoutez pour chaque dO grammes environ du mélange 4 gouttes d’essence de roses. On conserve cette pommade dans de petites boîtes faites exprès.
GERME. On donne ce nom à tout rudiment d’un nouvel' être qui n’est pas encore développé. C’est une machine organisée, parfaite à tous égards, et qui ne peut être modifiée que par le développement ou par la formation originelle dont un tout organique peut résulter, comme de son principe immédiat. Ce mot est applicable aux êtres vivants, comme aux organes dont ils se composent. Les germes des dents de l’homme sont visibles des le deuxième mois de la vie intrautérine, et consistent alors en des follicules membraneux, situés sous la gencive, dans la gouttière, que commencent à présenter alors les mâchoires.
GESTA. On désigne par ce mot, en physiologie et en hygiène, les fonctions qui s’exercent par le mouvement volontaire des muscles cl des organes. C’est dans cette classe que
(iLACE.
SG Irouvcnt le sommeil, la veille, la locomotion et le repos.
GINGEMBRE. On donne ce nom à la racine d’iine plante de la famille des amomées, qui est peu employée en France, mais qui est regardée, et à juste titre, en Angleterre et en Allemagne, comme stomachique, curmitative, et anti-scrofuleuse.
GIROFLE. On donne ce nom à la fleur non épanouie du giroflier. CesfleurSj, connues sous le nom de clou de girofle, renferment une quantité considérable d’huile volatile très aromatique qui est épaisse, brune et pesante. C’est un assaisonnement délicieux pour quelques mets, et employé comme stimulant énergique dans la médecine. L’huile essentielle de girofle, qui est légèrement rubéfiante et presque caustique, est un des moyens les plus populaires contre les odontalgies qui accompagnent la carie des dents et la dénudation du nerf dentaire; mais on conçoit qu’un pareil remède ne peut produire qu’un soulagement très momentané. La manière de s’en servir est d’en imbiber un morceau de coton que l’on üxe à demeure dans la cavité de la dent malade.
GLACE. On donne ce nom à l’eau devenue solide par l’effet du froid. La glace ne se forme pas toujours quand la température est descendue à zéro, comme on le croit ordinairement; car, pourvu que l’eau soit pure, privée d'air, et dans un repos parfait , le thermomètre peut descendre bien au- . dessous de ce point avant que la glace commence à se for- . mer. La glace pure est transparente, incolore, et douée d’une ■ saveur vive; elle réfracte fortement la lumière, et peut servir | à la construction des lentilles ardentes ; elle est élastique, j dure, et d’une ténacité très considérable. Elle est moins pe- j saute que l’eau, et occupe, à poids égal, un espace plus con- j sidérable qu’elle. La glace est tonique, et les glaces que l’on J fait chez les confiseurs, à l’aide de cette substance, ne sont ] nuisibles aux dents que parce qu’on les introduit dans la j bouche après avoir fait usage des mets dont la température j est très élevée.
(i LAN DK.
GLANDES. On a longtemps donné le nom de glandes conglobées aux ganglions lympliaüques du cou et des autres parties du corps. On donne même aujourd’hui le nom de glandes aux ganglions sous-maxillaires engorgés chez les enfants tourmentés par les souffrances de la dentition, et chez ceux qui sont doués d’une constitution scrofuleuse.
GLANDES salivaires. Elles sont au nombre de trois, de chaque côté de la bouche, et forment un collier symétriquement étendu le long des branches et du corps de la mâchoire inférieure. Ce sont les glandes parotides sous-maxillaires et sub-linguales J elles doivent être bien connues du dentiste.
GLANDE parotide. Elle est la plus volununeuse des glandes salivaires, et se trouve en même temps au-devant et audessous du pavillon de l’oreille. Elle remplit l’excavation profonde qui existe sur les côtés de la face, entre le bord postérieur de la branche de l’os maxillaire inférieur, le conduit auditif externe, et l’apophyse mastoïde du temporal. Elle s’étend depuis l’arcade zygomatique jusqu’à l’angle de la mâchoire*, sa forme est celle d’une pyramide dont la base, qui est arrondie, est tournée en dehors. Sa face externe^ qui est légèrement convexe, s’étend plus ou moins sur la face, sa circonférence se prolongeant sur le muscle masseter et sur l’articulation de la mâchoire inférieure avec le temporal; elle n’est recouverte que par la peau , le muscle peaucier, et quelques filets nerveux. Sa face antérieure est en rapport avec l’articuhtion temporo-maxillaire, avec le bord postérieur de la branche de la mâchoire, et avec le muscle ptérigoïdien in terne, parties sur lesquelles elle est moulée, et entre lesquelles elle pénètre. Sa face postérieure contracte des adhérences avec le conduit auditif externe, l’apophyse mastoïde, le bord antérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien, le ventre postérieur du muscle digastrique, l’apophyse slyloïde et le bouquet de Riolan. Cette face est aussi en rapport avec les artères carotides interne et externe, la veine jugulaire interne, et l’artère temporale superficielle, parties qui trait)
(iLANI)K.
vorsout quelqiiol'ois le (issu même de la glande. Le nerf facial, avant do distribuer scs lilels, traverse le corps de la parotide transversalemenl. Le nombre et l’imporlance des vaisseaux et des nerfs qui Ira versent la glande parotide en rendent l’extirpation impossible ; et la compression, recommandée par Dessault dans le cas de fistule salivaire, ne peu! qu’être en même temps douloureuse et pleine de danger. Pour le conduit excréteur de cette glande, qui est connue sous le nom de canal, ou conduit de Stenon, voyez le mot Canal.
GLANDE sous-maxillaire. Elle est beaucoup moins considérable en volume que la parotide, et logée entre les deux ventres du muscle digastrique, sur la face interne du corps et de la branche de la mâchoire. Sa forme est celle d’un ovoïde irrégulier, aplati sur ses trois faces, s’étendant en arrière jusqu’à l’angle de la mâchoire, où elle se confond assez souvent avec la glande parotide. Quant à son extrémité antérieure, qui est bifurquée, la portion superficielle s’avance vers le muscle digastique, et la portion profonde arrive jusqu’à la glande sub-linguale, en passant derrière le muscle mylo-hyoidien. La glande est séparée, dans cet endroit, de sa semblable par les venires antérieurs des muscles digastriques et par les muscles genio-hyoïdiens. La face antérieure de cette glande est appliquée sur la face postérieure du corps de la mcàchoire; la face postérieure est en rapport avec le nerf lingual, les muscles stylo et hyo-glosses, et l’artère faciale; la face inférieure repose sur le peaucier et la peau , et sa face supérieure s’étend dans une certaine étendue entre les muscles mylo-hyoidien et pterygoidien interne. Elle est environnée d’un assez grand nombre de ganglions lymphatiques; son conduit excréteur est nommé conduit ou canal deWhartou, dont on trouvera une description au mot Canal.
GLANDE sub-linguale. Elle fait partie de la paroi inférieure de la bouche, et se trouve placée au-dessous de la partie antérieure de la langue. Cette glande, que quelques analomisles regardent comme une soiïe d’apiHuulice
GLÉNOIDK.
(le la glande sous-maxillaire, est placée parallèlemenl. à celle (lu côté opposé; sa forme est à-peu-près celle des amygdales, et son grand diamètre dirigé d’avant en arrière. La face inférieure de celte glande repose sur le muscle mylo-hyoïdien, qui la sépare de la glande sous-maxillaire; la face supérieure^ qui fait saillie dans la bouche, n’est recouverte que de la muqueuse buccale. En avant., elle est en rapport avec le corps de la mâchoire ; en arr/ère, avec la portion profonde de l’extrémité antérieure de la glande sous-maxillaire avec laquelle elle semble se continuer, et en dedans avec la face externe du muscle genio-glosse. Cette glande, au lieu de n’avoir qu’un seul conduit excréteur, en a plusieurs qui sont fort déliés, et qui viennent s’ouvrir sur les parties latérales du frein de la langue. Voyez, pour ces conduits, le mot Canal.
GLANDüLES. Ce nom est donné par un anatomiste distingué, moderne, aux corps sécréteux, sous la muqueuse buccale, aux lèvres, aux joues et au palais, et que l’on avait pris, avant lui, pour des follicules ou cryptes mucipares. Le tissu et les fonctions de ces glandules salivaires sont en tout semblables au tissu et aux fonctions des glandes salivaires que nous venons de décrire.
GLAYELL. Plante de la famille des iridées dont la racine pilée et appliquée aux tumeurs scrofuleuses du cou, en hàle e dégorgement.
GLÉNOIDE. On donne le nom de cavité glénoide à la fosse ou dépression de l’os temporal qui reçoit le condyle de l’os maxillaire inférieur dans l’articulation temporo-maxillaire, et qui se trouve entre les deux racines de l’apophyse zygomatique. La profondeur de cette cavité est augmentée par plusieurs éminences qui l’entourent, et qui sont l’épine du sphénoïde, l’apophyse styloïde et son apophyse engamante qui n’est que la lame antérieure du conduit auditif. La capacité est plus que du double de celle qui serait nécessaire pour recevoir le condyle, et en effet toute la partie de la cavité qui se trouve en arrière de la scissure glénoidale est étrangère à
(jILOSSITE.
rarliculalion, ol. dépourviio de oarlila{,%‘; c’est une cavité supplémentaire destinée à agrandir la cavi lé principale dans certaines occasions. Chez les rongeurs et les carnassiers, cette cavité n’existe pas, et la cavité qui reçoit le condyle est exactement proportionnée au volume de ce dernier, La cavité glénoïdc est bornée, en avant, par la racine transverse de l’apophyse zygomatique qui est convexe et encroûtée de cartilage, et c’est en franchissant cette racine, dans les bâillements profonds, et à la suite de violences exercées sur le menton qu’ont lieu les luxations de l’os maxillaire inférieur, accident qui, pour des raisons que nous avons déjà données, n’arrive jamais aux enfants. Yoyez Articulalion ai Luxation.
GLÉNOIDALE. On désigne sous le nom de scissure glénoïdale la fente de l’os temporal qui sépare la partie articulaire de la cavité glénoïde de celle qui ne l’est pas.
GLOSSALGIE. C’est le nom donné aux douleurs nerveuses dont la langue est quelquefois le siège; en donnant à ce mot une signification moins limitée, il peut dire toutes les douleurs, quelle que soit la nature de la cause à laquelle elles sont dues, qui affectent cet organe. On doit chercher à en modérer l’intensité par des médicaments anti-spasmodiques, quelquefois toniques, par des révulsifs et des collutoires calmants.
GLOSSITE. On nomme ainsi l’intlammation de la langue, soit en totalité, soit en partie; dans ce dernier cas l’inflammation peut occuper la base, la pointe ou l’un ou l’autre des côtés de cet organe qui est alors rouge, chaud, douloureux et tuméfié. La tuméfaction de la langue est portée dans les cas graT’es à tel point, qu’elle ne peut être contenue dans la bouche, et qu’elle empêche l’entrée libre de l’air et des aliments dans la trachée-artère et dans Lœsophage. Il ne faut qu’un jour pour faire acquérir à la langue un volume énorme. Les causes de cette maladie sont très nombreuses; les substances âcres, venimeuses et caustiques, ou d’une température très élevée, peuvent la produire, et elle peut être occasionée par des contusions et des blessures venant du dehors. Les aspérités
GLOSSO-PHARYNGIEN.
qui se trouvent sur les débris des dents cariées, les portions de ces organes qui, dans les opérations du dentiste, échap-' pentà la lime, et des dents elles-mêmes anormalement disposées dans la bouche produisent souvent l’irritation inflammatoire avec gonflement et ulcération de cet organe. Quelle que soit la cause de la glossite, pour peu qu’elle soit intense, on devrait la combattre par des moyens antiphlogistiques actifs, et par des collutoires calmants, en même temps que roa opère par l’extraction ou par l’usage de la lime, la destruction de la cause du mal.
GLOSSO-CATACHE. On donne ce nom à un instrument inventé par le célèbre médecin Paul d’Égine, et dont l’usage était d’abaisser la langue, et de la tenir appliquée contre la paroi inférieure de la bouche, pour mieux permettre l’examen de cette cavité dans tes maladies de l’arrière-bouche, et pour faciliter le mouvement des instruments que l’on était oblige d’y introduire dans les opérations de rodontotechnie. Cet instrument que l’on emploie rarement aujourd’hui se compose d’un corps et de deux branches, dont l’une porte une platine qui sert à déprimer la langue, tandis que l’autre, façonnée en forme de fer à cheval, s’applique sous le menton. Cet instrument et d’autres qui ne sont que des modifications
de lui, sont connus dans notre art sous les noms de detentor linguœ^ spéculum oris^ etc.
GLOSSO-ÉPIGLOTTIQÜES. On donne le nom de ligaments glosso-épiglottiques, à trois replis de la muqueuse buccale, qui s’étendent depuis la base de la langue jusqu’à la face antérieure de l’épiglotte.
GLOSSO-PHARYNGIEN. On donne le nom de nerf fflosso-pharyngien à un des nerfs cérébraux qui sort du crâne par le trou déchiré postérieur, et qui vient en dernier lieu se perdre dans l’épaisseur du tissu musculaire de la langue, entre le nerf lingual , qui est au-dessus, et le nerf grande -hypo-glosse, qui est au-dessous de lui. Ses filets se distribuent dans la langue même, dan? les téguments de sa
GLUTINAlil’.
base, eUlaiis les parois du pharynx. Selon les physiologistes, <10 nerf établit l’harmonie entre les mouvements île la langue et les mouvements de l’arrière-gorge, ou du pharynx.
GLOSSO-STAPHYLIN. On donne ce nom à un des muscles de la région palatine qui se trouve placé dans l’épaisseur du pilier antérieur du voile du palais. Ce muscle, qui est allongé, mince et étroit, s’étend depuis la base de la langue jusqu’à la partie latérale et inférieure du voile du palais, qu’il concourt à former. Son usage est de resserrer l’isthme du gosier en abaissant le voile du palais et en élevant la base delà langue.
GLOTTE. On désigne par ce mot l’ouverture supérieure du larynx. Elle est oblongue , et comprise, de chaque côté, entre les ligaments vocaux supérieur et inférieur. Sa longueur, chez l’homme adulte, est d’environ I I lignes; elle est large en arrière et rétrécie en avant. Les dimensions de la glotte, qui sont en rapport avec l’étendue et l’intensité de la voix, sont plus considérables chez l’homme que chez la femme, et ces dimensions varient chez le même individu, selon le ton sur lequel il parle, et selon les mouvements qu’exécutent les uns sur les autres les cartilages du pharynx.
GLUTEN. C’est le nom d’un principe immédiat végétal qui se trouve dans la plupart des céréales, et surtout dans le froment. C’est à lui que la farine de ce dernier doit la propriété de faire pcàte avec l’eau, de lever, et par conséquent de faire de bon pain. Le gluten est azoté, et, exposé à l’action de la chaleur, il se comporte comme les matières animales.
GLUTINATIF. Ce mot, qui a la même signillcation quele mot aglutinitif, se dit des topiques qui ont la propriété d’adhérer aux parties sur lesquelles on les applique. Les bandes et les bandelettes agliitinalives sont des rubans de toile dont un des côtés est enduit d’une matière collante, telle queTemplàtre diapalme, ledyachylon, ou l’emplàtre de céruse brûlé. On les emploie dans les pansements des plaies que l’on désire réunir par première intention, fl faut remarquer cependant qu’elles sont peu applicables dans les plaies qui ont
(lOM.ME.
lieu aux joues et aux parois de la bouche, car la nature musculaii*e et mobile de ces parties, aussi bien que le cbangementde volume qu’elles éprouvent dans diverses circonstances, rendent leur fixa lion au moyen des bandelettes aglutinatives, impossible. Pour affronter les lèvres des plaies qui ont lieu dans ces endroits, on est forcé d’avoir recours à la suture dite à points séparés. Voyez le mot Sulures.
GLYCYRISA. C’est le nom botanique de la réglisse.
GOBELET émétique. On donnait autrefois ce nom à un vase ayant la forme d’un gobelet, et fait avec de rantimoine fondu qu’on coulait dans des moules. Ces gobelets communiquaient aux liquides dont on les remplissait des propriétés vomitives très prononcées. On ne s’on sert plus.
GOITRE. On donne ce nom à une tumeur placée au-devant du larynx et de la trachée, et formée par l’augmentaiLûii de volume de la glande thyroïde. Celte maladie, qui est héréditaire, règne épidémiquement dans les vallées des Alpes. La chaleur, l’humidilé, et la stagnation de l’air, favorisée par la forme étroite et tortueuse des gorges de ces montagnes, paraissent en être les principales causes.
GOLFE. Les anatomistes donneni le nom de golfe de la veine jugulaire interne à une dilatation considérable de ce vaisseau, qui se trouve à la base du crâne, au niveau du IrOu déchiré postérieur.
(X)MME. On donne ce nom à des produits immédiats de certains végétaux qui appartiennent tous à la famille des légumineuses. Les gommes sont privées d’azote, insolubles dans l’alcool, très solubles dans l’eau, et formant, avec elle, un liquide mucilagineux plus ou moins consistant, qui n’est pas susceptible de fermen talion, mais (pii, traité par l’acide nitrique et la chaleur, fournit ce que l’on appelle l’acide saccholactique. Les gommes sont employ(Ves en médecine comme adoucissantes, rebàchantes et émollientes, et les dentistes s’en servent beaucoup comme calmants dans h>s irrilalions intestinales et nerveuses (|ui ont lien au moment de
GÜMPJIÜSE.
la première ilenliliuu, et pour former les collutoires qu’ils out occasion de prescrire dans les diverses inflammations des parois de la bouche. Il y a trois sortes de gommes :
Gomme arabique. Elle découle des incisions faites à l’écorce de Vacaeia vera-, on la trouve en masses sèches, demi-transparentes, de la grosseur d’une petite noix, rugueuses et fendillées ù leur surface, friables, arrondies, presque incolores, inodores, d’une saveur visqueuse, et d’une pesanteur spéciüque de 1 ,51 5. La gomme du Sénégal.^ fournie par l’acacia du Sénégal, ne diffère guère de la précédente. La gomme adragante^ fournie par Vastragalus creticus^ est solide, opaque, blanche ou jaunâtre, non friable, en lanières minces plus ou moins larges, irrégulièrement contournées, ou bien en filets déliés ou en grumeaux amorphes. Cette gomme, qui n’a ni odeur ni saveur, est composée d’une gomme semblable à la gomme arabique, et d’une matière connue sous le nom d’adragantine. Elle jouit des mêmes propriétés que les gommes précédentes ; à poids égal elle donne de la viscosité à vingt-cinq fois plus d’eau que la gomme arabique ou la gomme sénégale.
GOMPHOSE. On doit donner ce nom, non à l’articulation, mais à l’implantation des dents dans leurs alvéoles. Ce mot dérive du mot grec gomphos.^ qui veut dire clou, et semble assimiler l’implantation des dents, dans le corps de la mâchoire, à une cheville enfoncée dans son trou. On peut considérer comme moyen d’union, entre les dents et les alvéoles, l’harmonie de forme parfaite qui existe entre les parois de ces derniers et la surface de la racine, la tendance naturelle de l’alvéole de se resserrer sur la racine, et le mouvement vital de celle-ci qui la fait pousser à sa pointe et sur les côtés dans un sens inverse à celui de la pression de l’alvéole, le feuillet réfléchi du tissu gencival au périoste alvéo-dentaire, qui descend sur les parois de l’alvéole pour remonter sur la racine de la dent, et enfin la ceinture que forme autour du collet de la dent le bord libre des gencives. On concevra fa-
GONFLEMEi\T.
cileincnt combien ces ileiix derniers moyens contribuent à raffermissement des dents, en songeant à l’état vacillant de CCS organes, qui fait suite à raltération morbide des gencives et de leur feuillet alvéo-dcntairc, produit par le scorbut et l’emploi mal entendu des préparations mercurielles, et avec quelle facilité on extrait les dents des personnes mortes.
CiONFLEMENÏ. Ce mot, dans la pathologie, exprime une augmentation morbide dans le volume d’un organe ou d’une partie quelconque du corps. Il peut être dû à une accumulation de sang, de sérosité, de lymphe, de pus ou de gaz dans les tissus de la partie malade. Quand il est partiel, il y a tant de causes qui peuvent le produire, qu’il est impossible de les énumérer tous ; ceux qui surviennent dans les parois delà bouche portent les noms de fluxion, abcès, engorgement, etc. (Voyez ces mots.) Les gonflements inflammatoires de ces parties sont produits le plus souvent par les courants d’air froid, par des douleurs odontalgiques, et par l’effet de l’humidité, et doivent être traités par les moyens antiphlogistiques connus.
GONFLEMENT des gencives. Celui qui survient pendant les efforts de la première dentition est presque toujours dû aux efforts que font les dents de traverser le tissu gencival qui les recouvre. Quelquefois la sortie des dents de lait se fait d’une manière très paisible, et n’est accompagnée d’aucun symptôme inflammatoire digne d’éveiller la sollicitude de la mère; mais, dans un très grand nombre de cas, les gencives sont très douloureusement tuméfiées avec engorgement des parotides et des autres glandes salivaires, et en-, flure de toute la face. Dans cette affection, le tissu des gencives devient très étendu, presque violet, sec et luisant; il ya souvent rougeur des pommettes, soif ardente, et fièvre avec des signes très manifestes d’irritation nerveuse. C’est au moyen de médicaments laxatifs, depédiluves chauds, de boissons mucilagincuses, et le lait d’une bonne nourrice, qu’il faut choreber à calmer ces symi)lômes, (pii se dissipent d’eux-'
(lOUT.
memes uiissilùl que la dent a réussi à vaincre la résislance du (issu gencival; mais on est souvent obligé d’aider à sa sortie en faisant une légère incision sur la partie de la gencive soulevée par la pointe.
GORGE. En langage vulgaire, on donne ce nom au pharynx et à la partie supérieure de l’oesophage; on le dit aussi de la partie antérieure du cou qui correspond au larynx, et on le dit eneore pour désigner l’intérieur du cou et les seins d’une femme.
GOUPILLES. On donne ce nom, dans les ateliers de dentistes, à des liges métalliques de diverses grandeurs dont on se sert comme de clous pour fixer les plaques et les ressorts des pièces artiticielles pour la bouche.
GOURMANDES. On donne, dans les pharmacies, le nom de pilules gourmandes à des pilules composées avec de l’aloès succolrin, du mastic, des roses rouges et une quantité suflisante de sirop d’absinthe. Elles sont fortifiantes et stoma chiques, et leur usage habituel est incontestablement utile aux dents des personnes qui ont les digestions difficiles, et (]ui sont sujettes à des rapports aigres ou nidoreux, car les renvois de l’estomac exercent presque toujours une action très nuisible sur les organes dentaires.
GOUT. On donne ce nom, en physiologie, au sens qui nous fait percevoir les saveurs, et dont la langue est l’organe principal; il nous donne la notion de la sapidité des corps. On a recherché le siège exact du goût, soit en excluant certaines parties de la cavité buccale de l’action des substances sapides, au moyen de membranes inertes, soit en promenant un stylet garni d’un morceau d’aloès sur toutes les parties de cette cavité. On a reconnu que le sens du goût ne siège qu’à la pointe de la langue sur sa circonférence, et sur la partie postérieure do la face dorsale de cet organe, et seulement au-delà d’une ligne à concavité aniérieure, qui passerait par le trou borgne. Une portion très peu considérable du voile du palais jouit aussi du pouvoir do percevoir
GOUTTK
les saveurs, mais le palais liii-mème, les lèvres, les gencives et la face interne des joues sont complètement étrangères à cette perception. Un corps, pour donner la sensation du gofit, doit être sapide, et pour être sapide, il faut qu’il soit soluble. Plus la mastication d’nne substance est parfaite, plus nous jouissons de la sapidité, de la saveur, car cette fonction isole les unes des autres les molécules intégrantes du corps, et les met en plus grande abondance en contact avec les organes qu’elles sont destinées à impressionner. Des trois nerfs qui se trouvent dans la langue, c’est le nerf lingual, brandie du nez maxillaire inférieur, que l’on croit spécialement destiné à la gustation. Haller prétend avoir suivi les ramitications de ce nerf jusque dans les papilles fongiformes de la langue, et Magendie, après en avoir fait la section, a vu la langue conserver ses mouvements, mais rester insensible aux saveurs. Dans l’exercice du goût il faut considérer outre l’action purement nerveuse, d’abord le chorion^ qui donne à la membrane de la langue de la solidité pour supporter impunément un contact, puis les muscles de cet organe qui multiplient les points de contact de la substance qu’ils pressent de manière à en exprimer la partie liquéfiée; puis les follicules et glandules de la bouche qui entretiennent l’humidité et la souplesse des papilles, et qui liquéfient le corps, solide, et ensuite la bouche, qui, par sa forme, sa conscription, les mouvements de mastication et les glandes salivaires qu’elle loge dans ses parois, contribue beaucoup à l’exercice du sens du goût.
GOUTTE. On donne ce nom à une maladie qui est caractérisée parla douleur, le gonflement et la rougeur des petites articulations, qui occupe le plus souvent, dans le principe, celle du gros orteil, et qui est toujours accompagnée d’un état fébrile de l’économie, quelquefois très considérable. Outre la goutte régulière on distingue les trois formes de goutte irrégulière que l’on désigne sous les noms de goutte rentrée, goutte mal placée et goutte alonique, et qui sont toutes dues.
aoo
GOUTTliS.
selon les ailleurs, à un étal parlieiilier de réconomie que
l’on nomme la diathèse {goutteuse. Nous ne parlons de cette | ' maladie, qui est plutôt du ressort de la médecine générale^ que pour avertir nos lecteurs qu’elle produit fréquemment ) des métastases qui affectent non-seulement les organes inté- | rî rieurs mais aussi le tissu gcncival, les mâchoires et les dents t en y produisant souvent des douleurs intolérables que j' ;
son siège primitif, en irritant par des topiques rubéfiants (
GOUTTE sereine. C’est un nom donné quelquefois à l’a- | maurose ou paralysie du nerf optique. On a vu cette maladie j disparaître à la suite de l’extraction des débris des dents ca- i , riées qui irritaient sourdement les organes dentaires voisins et les mâchoires du malade. .
GOUTTE. On évalue, dans les pharmacies, le poids d’une | goutte de liquide à un grain ou cinq centigrammes, mais il | i est évident que le poids de la goutte varie selon la nature du | .
liq ■
tar
liq
àl;
gie
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de
fai
qu
ki(
ses
l’on ne peut faire disparaître qu’en ramenant la goutte à
et vésicants l’endroit de la surface du corps qu’elle vient de quitter.
(ÎKAISSK
Alcool à 10 degrés . .
Élher sulfurique
centigram.
Laudanum liquide
Baume du commandeur
Baume de la Mecque
Baume de toi u
Essence de girofle
Colle liqueur que l’on doil conserver herméliquement fermée esl employée par quelques denlistes, comme un remède très efficace conlrc les maux de dénis produits par la carie de ces organes. Pour s’en servir, on neltoie avec le plus grand soin la déni cariée, on inlroduit un morceau de coton imbibé de ces gouttes, en prenant la précaution de ne pas humecter les gencives ni les dents voisines.
GOUTTES céphaliques d’Angleterre. Elles sont composées de 1 5 grammes d’esprit volatil de soie crue, de 4 grammes d’huile de lavande et de demi-once d’alcool rectifié. On les donne dans les névralgies dentaires qui dépendent de la surexcitation du système nerveux.
GRAIN. Le grain est en pharmacie la soixante-douzième partie d’un gros, ou la vingt -quatrième partie d’un scrupule. Ces poids sont remplacés aujourd’hui, dans la pharmacie et dans les arts, par ceux du système décimal, dont le poids normal est le gramme qui vaut environ dix-huit grains des ' poids anciens; le grain vaut cinq centigrammes d’aujourd’hui.
GRAINS de vie. Ce sont des pilules stomachiques décrites au mot Gourmandes.
GRAISSE. C’est une sbstance non azotée que l’on trouve dans les tissus des animaux. Elle est composée de deux principes immédiats, la stéarine, l’élaine et un principe odorant; elle est quelquefois incolore, mais plus souvent jaunâtre; sa consistance varie selon les animaux et les parties qui l’ont fournie. Sa saveur est douce et fade; quand elle est pure, elle n’a pas d’action sur le tournesol. Elle est plus légère que l’eau; cette liqueur même bouillnnle ne se dissout point.
(fRENAl)IEK.
ao'i
mais elle est légèrement soluble dans ralcool. Quand on chauffe la graisse avec des matières alcalines, telles que la potasse et la soude, elles se décompose en donnant les acides margarique, oléi({ue et stéarique qui se combinent avec les alcalis pour former du savon. La graisse qui est mauvais conducteur du coloriquc, sert dans l’économie animale pour empêcher le refroidissement trop rapide du corps et semble logée par la nature dans les aréoles de nos tissus, pour fournir un aliment aux puissances assimilatrices dans le cas de maladies où le canal intestinal et les autres organes digestif refusent d’agir sur les substances alimentaires usuelles. L’usage de la graisse dans les arts et dans la médecine est très commun. C’est avec la graisse de porc un axonge que l’on mélange les substances médicamenteuses qui doivent être employées en friction à l’extérieur du corps. On donne indifféremment h ces mélanges le nom de graisse ou de pommades. Ainsi, graisse ou pommade mercurielle, graisse ou pommade de Goudret, graisse ou pommade anti-névralgique, etc. Nous citerons à l’article pommade celles qui doivent être connues du dentiste.
GRAMME. C’est le poids qui forme le point de départ du nouveau système décimal des poids. Le poids du gramme est égal à celui d’un centimètre cube d’eau distillée à 40" du thermomètre centigrade. Il vaut un scrupule ou dix-huit grains de l’ancien système, et forme la trente-deuxième partie d’une once.
GRASSEYMENT. On donne ce nom à un vice de la parole, qui consiste à ne pouvoir prononcer ou à prononcer mal la lettre R. La position, ni la perte des dents n’y contribuent nullement.
GRENADIER. C’est le nom d’un arbrisseau originaire d’Afrique, qui appartient à la famille des inyrthoides. On forme avec son fruit, la grenade, des .boissons rafraîchissantes. Ses fleurs, desséchées, connues sous le nom de balaustes, sont usitées comme astringentes; et sa racine, en dé-
GRENOUILLEITE. U03
coction, est un excellent anllielininüque, surloni contre le ténia.
GRENOUILLE. Nom donné à un genre de reptile de l’ordre des batraciens. On fait de sa chair des bouillons rafraiohissants, analogues à ceux de veau.
GRENOUILLETTE. On appelle ainsi une tumeur qui se forme sous la langue par raecumulation de la salive, dans le canal de Warthon, ou canal excréteur de la glande sousmaxillaire. Les parois de ce canal offrent moins de densité, de résistance que celles du conduit de Stenon, et se laissent distendre facilement par la salive, quand le cours de celte dernière se trouve ralenti par un rétrécissement ou par un calcul. Les tumeurs qui résultent de la distension de ce canal peuvent faire saillie sous la peau, au-dessous du corps de la mâchoire inférieure, et être prises, comme nous l’avons vu fréquemment, pour des abcès froids et des gonflements scrofuleux. Le plus souvent, ces tumeurs se développent sous la partie antérieure de la langue, et restent molles, fluctuantes et transparentes, tant que leur volume est peu considérable; mais, avec le temps, elles grandissent, deviennent dures par l’épaississement de leurs parois, et la salive qu’elles contiennent s’altère, perd de sa transparence, et se mêle à une matière puriforme fournie par le kiste; la voix est plus ou moins altérée par ces tumeurs, quand elles ont pris un ' certain accroissement, et le nom de grenouillette leur a été donné parce qu’on a comparé au croassement des grenouilles la manière de parler des personnes qui en sont affligées. Ces tumeurs acquièrent quelquefois un volume si grand, què la langue en est refoulée en haut et en arrière, et produit une gêne considérable dans la respiration. Nous en avons vu repousser en avant les dents incisives et canines, et amener ainsi une grave ulcération des lèvres. Quand ces tumeurs s’ulcèrentà leur face inférieure, il peut se former des fistules salivaires au-dessous de la mâchoire, qui sont très difficiles à guérir; et, comme nous l’avons dit à l’article Fisltde^ un
(iUÉF\ISON.
chirurgien distingué do notre eilé s’est vu dans la nécessité de faire l’extirpation de la glande même. Mais c’est là un moyen extrême auquel il ne faudrait avoir recours qu’après avoir essayé tous les moyens de guérison ordinaires. En prenant cette maladie à temps, on peut la guérir en faisant traverser la tumeur d’une mèche, ou en enlevant avec les ciseaux un lambeau de la tumeur, de manière à faire une ouverture artificielle pour le passage de la salive dans la bouche. Mais l’on n’y réussit pas toujours, même en s’aidant de corps dilatants qui empêchent les lèvres de la plaie de se cicatriser ensemble; car, en élevant les corps dilatants, les tissus §e rapprochent et s’unissent. Un médecin de nos amis s’est vu forcé, dans un cas de cette espèce , de renouveler plusieurs fois l’opération à des distances de temps variées, et en enlevant chaque fois une portion plus considérable de la tumeur; mais à la fin le malade s’est complètement guéri.
GUBERNACULUM dentis. Un de nos confrères distingués de l’Angleterre signala te premier l’existence d’un cordon qui, partant du follicule de la dent parmanente, vient se continuer avec la gencive, à travers un petit canal osseux, creusé derrière les alvéoles de la première dentition. Ce canal et ce cordon, dont nous avons maintes fois constaté l’existence, ont reçu de nos jours le nom d’^7er dentis et gubernaculum dentis^ et on les croit avec raison destinés à diriger la dent pendant le phénomène de son éruption. Ce cordon, dit un célébré anatomiste moderne, me paraît plein, et nullement canulé; il est très prononcé pour les incisives, et presque filiforme pour les molaires. Du reste, l’influence du canal et du cordon dont nous parlons ne s’exerce pas d’une manière constante sur le trajet des dents permanentes pendant leur éruption.
CUÉRISON. On donne ce nom au rétablissement complet de la santé dans l’économie entière ou dans une de ses parties. Elle est quelquefois un acte sponlanédela nature; mais, dans un grand nombre de cas, pour qu’elle vienne, il faut