‹ Dictionnaire des sciences dentairesChapitre 193 sur 280 · MIEL · texte numérisé non relu

MIEL

de donner aux inenles un diainèire do cinquante-cinq centimètres; mais nous sommes convaincu, avec la plupart des dentisles d’aujourd’hui , que le diamètre de ces instrumenis ne doit pas dépasser trente-cinq à quarante. Elles sont, ou planes (à leur circonférence, ou taillées en moulures inégales, qui facilitent rusurc des pièces en tous sens et dans toutes les dircclions. Les meules de cette espèce servent parfaitement à tous les besoins de l’atelier; mais nous ne les recommandons pas pour tailler les dents minérales. Nous savons bien que quelques-uns de nos confrères prétendent ne se servir que d’elles, et que seules elles peuvent convenir quand on a acquis l’habitude à tailler les dents minérales, quelque ünes qu’elles soient. Nous ne croyons pas beaucoup à cette assertion. La chose est tout au plus possible quand il s’agit des dents minérales opaques; mais pour celles qui sont dites transparentes ou de fabrication anglaise, dont la texture est line et si délicate, l’emploi des meules seules ne pourrait convenir à beaucoup près. Nous avons donné cà l’arlicle Meule à dents , quelques détails sur la nature et sur la construction de cette meule doM nous nous servons depuis quelques années dans notre cabinet et que nous regrettons de n’ètre pas mieux connue en France; elle est la seule qui mérite d’ètre employée à l’usage dont nous parlons.

MIASME {miasma ^ souillure). Les miasmes influent de la manière la plus funeste sur les organes dentaires. La source des miasmes est le corps de l’homme affecté de maladie, les substances qui tombent en putréfaction. Les personnes qui tiennent à la beauté de leur denture doivent, par tous les moyens possibles, se prémunir contre toutes les émanations miasmatiques.

MIEL. On donne ce nom à une substance mucoso-sucrée fournie par les abeilles domestiques qui la récoltent dans les nectaires des fleurs. Le miel, employé comme médicament, est adoucissant, relâchant et légèrement laxatif. On le donne comme lel aux enfanis pendant les douleurs de la première

MINÉRALES

denlilion. Mélangé avec racide clilorliyclrique, il l'orme un excellent collutoire contre les aplithes des enfants et des adultes.

MIGRAINE. Douleur qui n’occupe que la moitié de la tète. Elle afflige souvent les femmes et les personnes nerveuses, et peut être entretenue par la présence des dents cariées dans les mâchoires.

MILIAIRE. Éruption de petits boutons rouges et isolés, peu élevés au-dessus du niveau de la peau, qui peut survenir dans tous les états fébriles de l’économie , quelle qu’en soit la cause. L’éruption miliaire accompagne quelquefois la sortie difficile des dents.

MILLEFEUILLE. Nom d’une plante très commune en France, où elle croît le long des chemins. Elle est amère, aromatique, et stimulante. Son infusion est quelquefois employée comme gargarisme contre le scorbut et l’atonie des gencives.

MILLEPERTUIS. Cette plante, le hypericum perforalum^ croît partout, dans les bois et dans les campagnes de la France. Elle est très aromatique et astringente , et entre dans la composition d’une foule de gargarismes et de collutoires.

MILLIGRAMME. Nouveau poids qui vaut la millième partie d’un gramme, et environ la cinquantième d’un grain.

MILLIMÈTRE. La millième partie du mètre, ce qui équivaut à-peu-près à deux cinquièmes de ligne.

MINÉRAL. Pris substantivement , ce mot s’applique à tout corps inorganique que l’on trouve dans le sein de la terre. La composition des minéraux varie singulièrement ; tantôt ils sont composés d’un seul métal , ou de plusieurs, mêlés avec des substances terreuses; tantôt ce sont des oxydes, dos sulfures et des chlorures, et quelquefois des sels.

MINÉRALES. Nous avons, à l’article Eaux^ parlé des eaux minérales naturelles et artificielles. On les distingue en gazeuses, salines, sulfureuses, ferrugineuses, etc. La compo-

MINÉIIALKS.

silion, et les vertus médicinales de ces eaux, doivent être connues du dentiste.

Dents minérales. Les dents, dites minérales, sont devenues, depuis un demi-siècle, un article si important de prothèse dentaire, que le lecteur nous saura gré du long article que nous allons leur consacrer, et que nous diviserons en un certain nombre de paragraphes qui traiteront de leur histoire, des ingrédients dont elles se forment, des moyens employés à leur coloration, de leur moulage, cuisson, et autres parlicucularités de la fabrication de ces sortes de dents.

Histoire des dents minérales. L’origine des dents minérales est généralement attribuée à un pharmacien de Saint- Germain-en-Laye , nommé Duchàteau; mais, en remontant un peu plus haut dans les annales de la science, il est facile de voir que, longtemps avant lui, les esprits travaillaient à découvrir quelque chose, à substituer aux matières putrescibles jusqu’alors employées dans la fabrication des pièces de prothèse dentaire, et que si M. Duchàteau a eu l’honneur d’être le premier à confectionner en pâte minérale des dents pour remplacer les dents naturelles des arcades, l’idée première de l’emploi de cette substance pour les besoins de la prothèse dentaire n’est pas certainement due à lui. Ainsi, à une époque fort reculée, Gillemeau recommande et semble avoir employé une composition formée de cire, de résine élémi , de mastic en larmes, et de nacre de perles. Cette composition n’eut, en réalité, rien de minéral, mais peut-être at-elle suffi pour éveiller dans l’esprit de Fauchard l’idée de rechercher une composition plus résistante; et nous trouvons, dans le xix® chapitre de son ouvrage, qu’après s’être mis en rapport avec plusieurs émailleurs, il s’était convaincu que la composition minérale dont ils se servaient, pourraitêtre avantageusement employée dans la fabrication des pièces artificielles pour la bouche. Il résulte cependant des paroles même de Fauchard que la seule application qu’il fit de celte substance était d’en couvrir d’émail des pièces arlificielles

MINÉRALES

ÏU

faites avec d’autres matières. Il n’en est pas de môme cependant, de Bourdet, qui dit, dans scs Recherches^ « qu’api'ès avoir médité le beau (ravail de Faucliard, il est parvenu à faire la partie gencivale de ses pièces avec la matière minérale conseillée par ce dernier pour les éraailler. » Les travaux de Bourdet sont de vingt ans antérieurs à la prétendue découverledu pharmacien Duchàleau. Nous disons prétendue, car il est plus que probable que ce dernier n’a fait que pousser plus loin l’idée qui lui avait été fournie par les expériences de Fauchard et de Bourdet. Quoi qu’il en soit, Duchateau, ayant fabriqué un râtelier en pâte minérale, le présenta comme une découverte, en 1776, à l’Académie de médecine. Quinze ans plus tard. Dubois Decliemant, qui exerçait alors à Paris la chirurgie, et non l’art du dentiste, comme on l’a dit généralement, fabriqua aussi un râtelier du même genre pour une dame à laquelle il donnait ses soins, et le présenta aussi à la Société de Médecine comme sa découverte à lui. Quelques-uns pensent qu’il n’a fait que surprendre le secret de Ducliâteau, et nous sommes de ceux qui pensent que la découverte que ces messieurs s’attribuent est due, non pas à eux, mais aux travaux de leurs prédécesseurs, Guillemeau, Faucliard et Bourdet, Dubois Dechemant obtint du roi Louis XVI un brevet d’invention quel’on trouve consigné dans les Annales des arts et des manufactures^ et après avoir soutenu pendant quelques années une guerre de brochures contre les détracteurs de son système, il passa en Angleterre pour y prendre un nouveau brevet, et pour y continuer son industrie. Après lui est venu Dubois Foucault, qui, d’abord adversaire violent des dents minérales, chercha luimême à en faire. Après des essais répétés , il réussit à en produire d’aussi belles et d’aussi durables que celles de Dubois Dechemant, et il eut, de plus, 4e grand mérite de ne tenir pas secrets ses procédés, qu’il livra au public dans une brochure publiée en 1808.

Ici se trouve une nouvelle phase dans l’histoire des dents

MINÉRALES

minérales. Jusqu’au moment dont nous i)arlons , on ne l'aisail que des dentiers d’un seul morceau, et c’est Fonzi qui a eu, le premier, l’idée de faire des dents séparées qui pouvaient, à l’aide de crampons faisant corps avec elles, être montées sur des socles métalliques qui se moulaient sur les gencives. Depuis le temps de Fonzi, la fabrication des dents minérales a éprouvé des améliora tiens importantes, auxquelles ont pris part Pernetle, Desforges, et autres dentistes de distinction. On connaît aujourd’hui deux sortes de dents, qui diffèrent l’une de l’autre par les ingrédients qui en forment les pâtes ; ce sont les dents minérales opaques et les dents minérales transparentes^ deux sortes qui varient par la forme qu’on leur donne; ce sont les dents plates et les dents à talons.

MINÉRALES. Conversion de la pâte en corps de dent ou moulage. La pâte qui doit former le corps des dents, ayant pris le degré de consistance voulu, on s’occupe, comme nous avons dit, de lui donner la forme des dents de la bouche.

Dents à façade ou dents plates. Le premier procédé qu’on emploie à la formation de cette sorte de dents, procédé que nous sommes loin de recommander, consiste à bien nettoyer le plateau de porcelaine, et à étendre dessus une couche parfaitement unie, et dont l’épaisseur varie selon la force qu’on A^eut donner aux dents. Alors avec une lame de couteau, on divise la couche de pâte en une série de carrés longs dont on efface les angles et les arêtes, au moyen d’une lame de couteau mouillée, pour pratiquer plus tard, sur leur face aplatie, la rainure qui doit loger les crampons. A ce procédé qui est long, grossier et imparfait, les bons dentistes d’aujourd’hui substituent l’emploi de plateaux en platine, en cuivre, en porcelaine ou en ivoire, dont une des faces parfaitement polie est creusée de plusieurs séries de moules ou d’excavations à surface lisse, et présentant exactement la forme des dents que l’on désire obtenir. Les fragments de pâte mis dans ces moules en prennent la forme et s’y dessèchent. On conçoit

MINÉRALES

aisément combien il est facile, dans ce cas, et cela sans courir le hasard de déformer la face antérieure de la dent qui est partout soutenue par le moule, de tracer la rainure et d’y insérer les crampons. (Voyez Dents à talon.)

Dents à talon. Celles-ci diffèrent des précédentes, en ce qu’elles reproduisent toutes l’épaisseur de la couronne, et la racine même des dents de la bouche, et au lieu de présenter sur une de leurs faces une rainure, comme cela se voit dans les dents à façade, elles sont traversées dans toute leur longueur d’un canal central qui commence au sommet de la racine pour se terminer sur la face postérieure de la couronne, tout près de sa base. La manière de fabriquer des dents à talon, recommandée par un honorable confrère, est assez curieuse pour être citée, mais trop défectueuse pour être adoptée par les praticiens éclairés d’aujourd’hui. Il commence par souder un pivot aux crampons d’une dent plate, et quand cela est fait il surajoute la partie postérieure et le sommet de la dent avec une pâte qui est fusible à un fourneau ordinaire et qui se compose de terre à porcelaine, de gypse calciné, de sable blanc et d’un oxyde colorant. Cette manière de faire les dents à talon est essentiellement vicieuse en ce qu’une pareille dent est composée d’éléments hétérogènes qui ont des degrés de fusibilité et de durabilité différents, en ce qu’il faut de nouveau exposer au feu du fourneau une dent qui a déjà subi celui de la cuisson et celui de la soudure, et en ce que, pour plusieurs raisons, la pâte nouvelle ne s’unit jamais d’une manière intime avec la façade de la dent. Quelques dentistes forment encore leurs talons d’un morceau de platine qu’ils font souder avec le pivot cl les crampons de la dent plate. Le temps et l’expérience cependant ont montré que la seule bonne manière de faire ces sortes de dents, est de les couler, tout d’une pièce, dans des moules d’une forme convenable, et dont le milieu est traversé d’une tige polie, et légèrement enduite d’huile fine. Quand la dent ainsi formée est suffisamment séchée et durcie à l’air, on

MINÉRALKS.

relire avee précaiilion la tig'e qui laisse derrière elle le canal central dont nous avons parlé, et la dent est mise au four.

Dents molaires minérales. Ce que nous venons de dire, i dans les deux paragraphes précédents, des dents à façade et f des dents à lalon n’a rapport qu’aux incisives et aux canines I des deux mâchoires. Quant aux dents molaires minérales, i nous ne les employons jamais, et nous croyons que nos confrères de Paris ne s’en servent que très rarement; aussi nous ne dirons que peu de mois à leur égard. Quand ces dents doivent se fixer sur le devant des plaques, on en prend qui ont trois de leurs côtés seulement de forme molaire, tandis que la quatrième qui est plate et dépourvue d’émail, est munie des crampons qui servent à monter la dent. Quand elles doivent s’attacher au-dessous de la cuvette, on a soin de pratiquer des dépressions légères sur les faces qui répondent aux interstices dentaires, pour loger les crampons qui doivent unir la dent à des tiges soudées avec la cuvette. Nous préférons cependant le procédé qui consiste à prendre des I dents perforées d’un canal vertical, étroit vers la racine, et I évasé du côté de la surface triturante; on fait passer dans ce l' canal un pivot métallique, préalablement soudé à la cuvette il et ensuite sur la partie du pivot qui occupe la portion évasée il du canal, on fait souder une petite coiffe ou virole de platine Biqui empêche la dent de se détacher. On objecte à cette ma- Binière de fixer les molaires minérales qu’elle laisse au milieu l|(du sommet de la couronne, une tache noire formée par lo ■ibout du pivot, mais comme il s’agit des dents qui sont com- ■iplètement cacliées aux regards, cette abjection n’a pas la «moindre valeur.

■ MINERALES. Crampons et mise des crampons des dents mminérales. Les crampons sont des fragments de platine de i|f-formes variées dont une des extrémités est enterrée dans m a pâte de la dent, et qui, après la cuisson, fait corps avec M file. L’autre extrémité qui est libre et saillante au fond do la

MINÉRALES

raiiuirc ou le long de ses bords est desliiiée à être soudée avec le type qui doit unir la dent à la plaque ou à la cuvette métallique sur laquelle elle sera montée. Quelques dentistes se contentent de planter quelques fragments droits de platine dans le fond même de la rainure, mais la plupart préfèrent avec raison les insérer dans les bords et dans les parties latérales de ce canal. Les crampons eux-memes ne se font pas

toujours do la môme manière. On en trouve qui consistent dans un petit bout de fil de platine fendu dans presque toute sa longueur, et dont on écarte les branches pour les enfoncer simultanément dans les points correspondants des deux cotés de la rainure. D’autrefois, le fil de platine après avoir été passé au laminoir, est coupé en fragments d’une longueur convenable, et chacun d’eux est partagé en lanières à l’extrémité qui doit se fixer dans la pâte. Il est évident que c’est à cette mauvaise implantation des crampons dans les dents qu’est due la facilité avec laquelle ils se séparent de ces dernières, et qui fait que souvent les pièces de denture les mieux montées sont rapportées au dentiste pour qu’il remplace avec de nouvelles dents, celles qui se sont détachées de la pièce, en laissant leurs crampons sur la tige à laquelle on les avait soudées. C’est pour parer à cet inconvénient que, depuis quelques années, nous ne nous servons que des crampons faits avec soin, et auxquels nous faisons donner la former d’un Z à angles arrondis, ou plutôt celle d’un S italique dont la plus grande moitié est logée dans la dent j non pas en l’y enfonçant comme on le fait trop souvent avec une négligence coupable, mais en lui faisant décrire dans la pâte molle un trajet circulaire, de manière qu’une fois posée, elle embrasse, dans la concavité de sa courbure, une portion considérable du corps de la dent, et se trouve, par conséquent, dans l’impossibilité d’en sortir. Les extrémités libres de nos crampons un peu moins contournées que celles qui sont prises dans la pâte proéminente, sur le bord delà rainure, de manière que par leur rencontre avec les crampons du côté opposé, elles forment une série

MINÉRALES

de deux ou trois anneaux qui embrasseul en totalité le pivot de la dent. On a reproché à l’emploi des crampons pour fixer les pièces minérales, qu’il faut exposer la dent au coup de feu qui est nécessaire pour souder ces crampons au pivot, mais le remède qu’on propose est mille fois pire que le mal luiméme. Voici cc remède que personne n’emploie, à moins que ce ne soit le dentiste à l’invention duquel ce remède est dû; couper dans une lame de platine un morceau en forme de croix, dont la portion verticale couchée dans la rainure de la dent doit servir de pivot, tandis que les ailes de la croix dirigées ohliquement en arrière, s’enfoncent dans la pâte pour y jouer le rôle de crampons. Un homme éminent dans notre art a déjà objecté à ce procédé, qu’une si grande masse métallique logée dans la pâte, et dilatée par la chaleur qui fait en même temps éprouver un retrait à cette dernière, doit finir par faire éclater la dent, et, en effet, sur vingt dents qu’on tente de confectionner de cette manière, plus de la moitié au moins se trouvent à la fin de la cuisson complètement hors d’état de servir.

MINÉRALES. Cuisson des dents minérales. Quelques den- 1 listes, pour se conserver le monopole de la fabrication t des dents, ont laissé accréditer l’opinion que celte fabri- ( cation était entourée de difficultés et de frais trop considé- ! râbles pour que leurs confrères, jeunes ou moins fortunés (qu’eux, pussent faire d’eux-mêmes les dents qu’ils croient 'nécessaires pour les besoins de leur cabinet; il fallait en ouitre, selon eux, avoir à sa disposition les grands fourneaux (des fabriques de porcelaine et de poterie fine, pour leur Ifaire subir le degré voulu de cuisson. Rien cependant de Uout cela n’est exact; on peut voir, en lisant les paragraphes [précédents, combien est simple la composition, la coloration, • et le moulage des pâtes, et, quant aux cuissons , il faut se ^garder de croire qu’on ne peut l’opérer qu’à l’aide des ap- I pareils grandioses des grandes fabriques; chaque dentiste [peut avoir chez lui son fourneau; il peut en acheter de tout

MINÉRALES

laits , ou uiio demi-jouniéo do maçon suflira pour lui eu établir dans un endroit choisi de son établissement. Ce l'ourmeau, dont le loyer doit avoir 30 centimètres sur 35 de profondeur, et 40 de hauteur, doit être chargé de charbon de terre ou do charbon de bois, et muni de coffrets et de mouffles, pour empêcher le combustible d’avoir une action directe sur les dents qu’on met à cuire. Quant à ces dernières, dès qu’elles sont assez sèches, et l’émail assez adhérent au corps de la dent, on les pose les unes à côté des autres, sur des assiettes en terre réfractaire un peu profondes, sur lesquelles on répand préalablement une légère couche de sable, et on les introduit, ainsi placées, dans le four. Il faut, dans celte partie de l’opération, avoir soin que les dents placées sur les plateaux, ou, comme on les nomme en langage technique, sur les gazettes, ne se touchent pas par leurs bords, car l’émail, en entrant en fusion, les ferait adhérer les unes aux autres. Il faut aussi avoir soin qu’elles soient placées dans une position parfaitement horizontale, pour que l’émail en fusion ne se distribue pas inégalement à leur surface. On ne peut juger du degré de cuisson des dents ainsi mises au four, ni par la quantité du combustible employé, ni par la durée du feu, ni par les différentes espèces de calorimètres et de pyromètres qu’on a voulu employer à cet objet. Le seul moyen, qui est en même temps infaillible et pratique, est le suivant : on a • soin de fixer l’extrémité d’un fil de platine dans un certain ] nombre des dents que l’on met au four ou dans quelques ; morceaux de pâte émaillée qui ont parfaitement la mêmecom - ! position qu’elles. Ces échantillons doivent être placés dans dif-j férents endroits de la masse, et on les retire de temps en temps, | au moyen des fils qui y sont attachés, pour examiner les! progrès de la cuisson. On juge que celle-ci s’est assez proion- * gée quand les échantillons ne sont plus attaquables à la lime, et quand l’émail, devenu demi transparent, a pris une teinte jaune-paille ou serein. Il faut alors retirer promptement le i

MINÉRALES. 431

l'eu, et laisser refroidir leiitemeut l’appareil avant de retirer les gazettes du four.

MINÉRALES. Ingrédients des dents minérales opaques. Ces dents se composent comme les dents naturelles vivantes^ d-’un corps de dents et d’une couche vitrée dite couverte en émail. Le corps de la dent est formé d’une substance connue dans les arts sous les noms de kaolin , terre de Limoges, argile feldspathique, etc. La couverte se fait avec le petunzé, ou feldspath granuleux , auquel on ajoute un peu de kaolin pour en modérer la trop grande diaphanéité. A la rigueur, les dents minérales pourraient se faire de ces substances seules; mais pour les rendre plus propres à soutenir l’action du feu, on y ajoute un corps infusible,J^iiiue le silex blanc, le sable fin ou la terre de VTrrrVSrcuÏÏéTLa proportion de ces corps infusibles, qu’on fait entrer dans la composition des dents, n’est pas la même pour le corps de dent et pour la couverte. Mais quelle que soit la divergence d’opinions des dentistes à cet égard , nous pouvons assurer que la proportion suivante, c’est-à-dire une vingtième de corps infusible pour la base , et au moins un tiers pour la couverture , donne des résultats les plus satisfaisants. Cependant ces ingrédients ne suffisent pas encore, car les dents qu’on en obtiendrait, bien que solides et durables, seraient d’une blancheur éclatante, qui n’a aucun rapport avec les couleurs si variées des I dents vivantes. On est donc obligé d’avoir recours à certaines 'Substances, telles que les oxydes et les sels métalliques, pour leur donner les teints qu’on désire avoir. Nous en parlerons Ibientôt.

MINÉRALES. Ingrédients des dents minérales transpa- \rentes dites aussi dents anglaises. Nos rapports fréquents iiavec quelques-uns de nos honorables confrères d’Outre- .'Manche, nous permettent d’offrir à nos lecteurs quelques irenseignements utiles sur ces sortes de dents, dont la com- Iposition n’est pas généralement connue, mais qui sont, pour lia plupart des dentistes d’aujourd’hui , l’objet d’une préfé-

xVlINÉRALES.

rcncc marquée , et que les frais seuls de leur fabricalioii empèclieiit de devenir d’un emploi général. Disons d’abord que la nature et la quantité des ingrédients qui entrent dans la composition de ces dents, varient selon l’intensité du feu employé à leur cuisson , et que pour ceux qui se servent du feu actif du porcelainier, le mélange se fait avec du petunzé et du sable, préalablement réduit à l’état de silicate et auquel on enlève la base au moyen de l^acide sulfurique concentré. C’est à ce silex mou et gélatiniforme mélangé en proportions diverses avec les terres d’ambre et de Sienne et avec d’autres matières colorantes, que la plupart des dents anglaises doivent la belle apparence translucide qui les rend si remarquables. Avec un feu moindre, tel que que celui d’un fourneau ordinaire, on obtient de beaux résultats avec le petunzé mélangé d’environ un quinzième de son poids de potasse purifiée à l’alcool et une quantité , que des essais nombreux, seuls, peuvent déterminer des colorants métalliques et terreux.

MINÉRALES. Matières colorantes des dents minérales. Du temps de Dubois Foucaut on bornait les couleurs des dents à trois principales, qui étaient le blanc-bleu, le blanc-gris et le blanc -jaunâtre. Il réussit à obtenir ces teintes à l’aide d’oxydes métalliques seuls , ou combinés avec des matières terreuses. Aujourd’hui, les teintes données aux dents minérales sont beaucoup plus variées et les matières employées à leur coloration beaucoup plus nombreuses. Il est une remarque importante à faire, c’est que souvent le colorant employé ■donne cà la dent une couleur tout autre que la sienne propre. Ainsi, l’or qui est jaune, colore les dents en violet, le chlorure de potassium, qui est blanc, les colore en rouge; et le chlorure de platine donne aux dents une couleur bleue prononcée. De plus une même matière colorante donne à la dent des nuances très différentes, selon l’intensité du feu, ou le degré de cuisson auquel cette dernière est soumise. Il arrive souvent aussi que pour produire une nuance voulue, au lieu

MINÉRALES

d’un seul colorant on est obligé d’en employer deux ou trois et de les mélanger, en proportions diverses, avant de les incorporer dans la pâte. C’est à cause de cette dernière circonstance que nous croyons devoir insérer ici une liste de matières qui produisent toujours des teintes identiques et qui serviront, comme les couleurs simples sur la palette d’un peintre, pour produire, par leur mélange, les teintes compo- ' sécs que l’on désire obtenir. Le cobalt colore toujours en bleu, le platine en blanc-noiràtre, l’or en violet ou en rouge, le mercure en gris, l’argent en blanc-jaune, le fer en jauneroux, la manganèse en gris, l’urane et le titane en jaunepaille, et l’antimoine en jaune pur. Le nombre des substances I employées à la coloration des dénis est très considérable et varie selon le goût et selon les expériences de celui qui s’en 1 occupe. Maury se servait des oxydes de bismuth, de platine, d’or, de titane et d’urane, de l’acide tungstique, du cliromate de baryte et des chlorures d’étain et d’étain et d’or, connus sous le nom de pourpre de Cassius. Voici, au reste , un dosage de matières colorantes que nous pouvons recommander à cause des excellents résultats qu’il donne : en

, mêlant mille grammes de pâte avec vingt grammes de tungstate ferreux , trente grammes de bi-oxyde de manganèse , et . un gramme de chlorure d’or, on obtient des dents d’une cou- ' leur jaune, qui offre un reflet bleuâtre, vineux ou gris, selon i ' l’intensité de la chaleur. La couverte, pour ces mêmes dents,

- J se fait avec un demi-kilogramme de pâte et deux gros d’oxyde de

i titane; 2° Avec un kilogramme de pâte, trois cents grammes, de terre de Yanves, et cinq de terre d’ambre, on a des dents ; i d’un joli jaune tirant sur leroux. La couverte, pour ces dents,

- i se fait avec cinq cents grammes de pâte à émail , et environ ; I quinze d’oxyde tungstique. Il ne faut qu’un degré de cuisson i! différent pour obtenir, avec les mêmes mélanges, une belle

couleur jaune, mêlée d’un teint gris ; 3° Avec un kilogramme i de pâte à base, et quatre grammes d’oxyde de cobalt, on a des ! dents d’un jaune-bleuâtre, et dont Iq couverte se fera avec

MINIÎRALES.

cinq ccn (S grammes de pâte à émail et quinze d’oxyde de manganèse; 4° Des dents d’un gris pur et clair s’obtiennent avec le mélange que voici : pâte àbasc cinq cents grammes, tungstate ferreux dix, bi-oxyde de manganèse dix, et quatre d’un chlorure d’or, obtenu en dissolvant le métal dans de l’eau régale et en séchant le précipité. La couverte, pour ces dernières, se fait avec cinq cents grammes de pâle à émail, et huit décigrammes de protoxyde de platine. Il est inutile de faire remarquer qu’on peut avoir des dents aussi blanches qu’on voudra en diminuant simplement la quantité des colorants, car les pâtes cuites de kaolin et de petunzé sont, comme nous l’avons déjà dit, d’une blancheur éclatante. Ajoutons qu’il est quelquefois utile de donner au corps de la dent et à ta couverte des couleurs différentes , car on voit souvent la couleur des corps marier ses reflets avec les teints de l’émail, qu’elle traverse, pour produire des nuances aussi belles qu’inattendues.

MINÉRALES. Mise de l’émail sur le corps des dents minérales. Quelques dentistes suivent la mauvaise pratique de mettre la couverte dans le moule avant d’y introduire la pâte qui doit former le corps de la dent. Il est évident que cette manière d’opérer est vicieuse , car cette dernière écrase en quelque sorte la couverte, qui est diffluente, et la fait accumuler en quelques endroits, tandis que dans d’autres, il la réduit à un état de minceur extrême. On peut, du reste, se convaincre de la vérité de notre assertion à cet égard, en usant à la meule une dent émaillée de cette manière, car, alors, on voit au contour de la section une ligne indentée ou onduleuse qui est, en quelques points, si peu marquée, que lecOrps de la dent est presque à nu. On agit beaucoup plus sûrement, et avec la certitude d’obtenir un meilleur résultat, en émaillant les corps des dents les uns après les autres, en ayant soin que la couverte ne soit pas trop diffluente, et qu’elle soit étendue dans une coulisse dont l’épaisseur soit partout égale. Il faut, dans cette opération, tenir la dent en place jusqu’à ce

MINÉRALES

que la couverte, en se sécliaiit, ail pris une certaine consistance, et puisse, sans danger de déplacement, être introduite dans le four.

MINÉRALES. Préparation de la pâte pour le corps des dents minérales. Les quantités voulues des matières premières qui entrent dans la composition de la pâte, étant pesées, on les malaxe avec de l’eau froide, de manière à en former une masse molle. On ajoute À cette masse une certaine quantité de couverte, pour en corriger la trop grande opacité et pour faciliter l’union plus intime des colorants avec les ingrédients terreux. Nous verrons que, dans la préparation de la couverte, au lieu de prendre les colorants en nature, on doit s’en servir à l’état de fritte, pour que leur division dans la masse soit parfaite J mais dans la préparation de la pâte qui doit constituer le corps de la dent, cette précaution n’est nullement nécessaire. On met la masse molle dont nous venons de parler, sur un plateau de porcelaine, dont l’étendue varie selon les besoins du fabricant , et avec une mollette de la même substance , on broie le tout pendant longtemps et en arrosant , selon le besoin, le plateau, jusqu’à ce que le mélange soit dans toutes ses parties parfaitement homogène, unicolore et liant. Ce résultat obtenu, et la pâte ayant pris par l’évaporation de son eau en excès, une certaine consistance, on s’occupe de lui donner la forme des dents dont on a besoin. Pour cela, il .y a deux procédés différents, que nous indiquerons plus loin.

MINÉRALES. Préparation de la couverte , ou émail dçs dents minérales. On commence, comme dans la préparation de la pâte précédente , par réunir dans les proportions voulues, les différents ingrédients qui entrent dans la composition de la couverte et que nous avons déjà indiqués. On les mêle ou les malaxe avec de l’eau froide et on les broie sur le plateau de porcelaine. Quelques denlistes combinent avec la masse les oxydes colorants à l’état de nature; mais nous préférons nous servir d’une fritte, dans laquelle on les a déjà

MINKUALKS.

■mcori»oi‘6s. On ciiloiid par lo inol/hV/e, un émail déjà cuit et rorlcincnt coloré, (juc l’on pulvérise dans un mortier cl qu’on emploie comme colorant du nouvel émail, après l’avoir fait passer à travers un tamis très tin. De cette manière, on est certain du teint que les dents vont avoir, et comme la matière colorante est doublement divisée dans la nouvelle pàte^ on peut s’assurer que les dents, après leur cuisson, ne présenteront ni strie, ni tache à leur surface. Il faut, dans la préparation de l’émail , faire aller la mollette avec une persévérance remarquable et de manière qu’aucune particule de la masse n’écliappeà son action. Quand on lui a donné tout le degré de finesse possible, on la suspend dans l’eau , chargée de gomme arabique , et qui doit être en assez grande quantité pour donner au tout la consistance d’une épaisse bouillie. — C’est dans cet étal qu’on l’emploie.

MINÉRALES. Taille des dents minérales. Quels que soient les soins qu’on ait pris dans le moulage et la cuisson des dents minérales, leurs formes et leurs dimensions ne sont jamais telles qu’on puisse les introduire dans la bouche avant de les avoir soumises à l’action de la meule pour faire accorder leurs dimensions avec celles des .dents de la bouche, et pour les accommoder aux brèches des arcades dentaires qu’elles sont destinées à combler. On trouvera à l’article Meule tous les renseignements nécessaires à cet égard.

MINÉRALES. Tubes et mise des tubes des dents minérales . Les tubes sont des charnières en or ou en platine, qu’on loge quelquefois dans la rainure des dents à façade, mais qui sont beaucoup plus souvent employés pour doubler le canal qu’on pratique dans l’épaisseur des dents à talon. Ils servent à loger les pivots ou tiges métalliques qui unissent les dents aux plaques, et qui sont préalablement soudées avec elles. L’introduction de ces tubes, dans la fabrication des dents minérales, est une innovation utile qui, depuis quelques années, a pris une extension très considérable. Mais il faut remarquer que, pour que ces tubes méritent la préférence qu’on leur ac-

Page 1