‹ Dictionnaire des sciences dentairesChapitre 97 sur 280 · DARTRES · texte numérisé non relu

DARTRES

qiio le donlisie logo le rouleau de eiro ramolli qui doil recevoir rimprcssioii de la bouche, cl dont ou trouvera plus de détails aux mots Cire et Empreinle. Au début de notre carrière de dentiste, nous fûmes frappés de la forme défectueuse que l’on donnait à riiistrumcnt qui fait le sujet de cet article, aussi nous nous livrâmes à quelques investigations à cet égard, et nous eûmes bientôt le bonheur d’apporter des améliorations importantes dans la manière de les confectionner. Ces instruments faits d’après la description que nous en avons donnée dans notre Encyclopédie du dentiste et dans les planches qui s’y trouvent, sont aujourd’hui trop répandus dans les bons ateliers, pour que nous entrions ici dans de nouveaux détails sur la manière de les faire. Ce n’est pas cependant sans un juste sentiment d’orgueil que nous avons vu nos idées sur le sujet si rapidement adoptées par tous nos confrères de la capitale, et nous sommes loin de vouloir dissimuler le plaisir que nous éprouvons en voyant nos cuvettes-Rogers employées seules aujourd’hui par tous les dentistes de quelque mérite, en France comme dans les autres parties de l’Europe.

DARTRES. On désigne par ce mot une maladie cutanée, caractérisée par de petits boutons qui causent de la démangeaison et sont réunies en plaques plus ou moins larges, communément arrondies, sur lesquelles se forment ensuite des écailles, des croûtes et quelquefois des ulcérations. Les éruptions dartreuscs qui se développent au cuir chevelu chez les enfants, portent ordinairement le nom de teignes. Les dermatologistes ont divisé les dartres en une foule de classes. Nous avons- ici seulement à remarquer que plusieurs affections des dents, la simple carie, la consomption de la pulpe et du cordon dentaire, et les difficultés qu’éprouvent les dents à percer pendant la durée des deux dentitions, produisent et entretiennent des dartres au visage et au cuir chevelu, qui ne guériront que difficilement, tant que persiste la maladie ou le malaise des organes de la bouche : aussi convient-il au

ICO

DEALKATfON'.

ilcnlisle de rodoiiblor ses soins par rapporl à l’élal morbide de ees derniers organes.

DATTES. C'est le fruit du pbœnix dactylifère, ou dattier eommun , arbre très élevé, qui croît abondamment dans la Barbarie et dans toutes les parties du Levant. Ce fruit a une saveur sucrée et très agréable. Il est rangé parmi les médicaments adoucissants. Quelques dattes bouillies dans une pinte de lait , avec un peu de tête de pavot , forment une excellente émulsion, qui sert à calmer les névralgies dentaires, et à diminuer la sensibilité des membranes dans quelques états inflammatoires de la bouche.

DATERA. Ce mot désigne un genre de plantes de la famille des solanées, dont toutes les espèces sont plus ou moins narcotiques et vénéneuses. Nous parlerons du datura stramonium, ou pomme épineuse, au mot Stramonium.

DAVIER. On nomme ainsi un instrument en forme de pince, dont les mors, terminés en pied de biche, sont droits et égaux ou bien recourbés et d’une longueur inégale. Cet instrument, destiné à l’extraction des dents incisives, canines et petites molaires des deux mâchoires, est dû à l’invention du dentiste anglais Narsmith. On se sert du davier droit comme des pinces droites. Le davier courbe est employé le plus souvent dans l’extraction des dents antérieures de la mâchoire inférieure. Ses serres sont cintrées dans le sens de leur articulation. La supérieure est de deux ou trois millimètres plus longue que l’inférieure, qui mesure près de quatorze millimètres en longueur. Le peu d’épaisseur de ces mors ou lèvres, à leur extrémité libre, leur donne la forme d’un bec de perroquet. Il est inutile de dire que les deux branches sont courbées dans le même sens. Voyez le mot Extraction.

DEALBATION. Ce mot, qui vient du verbe latin dealbo, je blanchis, est employé dans les anciens traités d’odontotechnie, pour désigner les moyens mis en usage pour produire et pour entretenir la blancheur des dents.

DÉCHAUSSEMENT.

IGl

Déboîtement. Expression populaire, par laquelle ou désigne la sortie de la tète d’un os, ou la racine d’une dent hors de la cavité qui la recevait, quand cela a lieu par violence ou par accident.

DÉBRIDEMENT. On n’emploie ce mot dans l’art du dentiste que pour indiquer la division méthodique des brides et des fausses membranes qui s’observent dans les adhérences anormales de la langue et des gencives avec les autres parties de la bouche, adhérences qui peuvent être dues à des brûlures, à des ulcérations anciennes ou à des vices congéniaux. On opère ces débridements avec un bistouri boutonné, guidé sur une sonde cannelée, ou bien sur le doigt, ou autrement avec des ciseaux courbés sur leur plat. Voyez le mot Adhérence.

DÉCANTATION. C’est une opération qui a pour objet la sépara lion d’un liquide , des matières solides déposées ou précipitées; la décantation se fait ordinairement en versant doucement, par l’inclinaison du vase, la partie claire et limpide du liquide.

DÉCAPER. Ce mot se dit de l’action d’enlever l’oxyde et la crasse qui recouvrent la surface des métaux que le dentiste emploie dans la confection des pièces artificielles pour la bouche. C’est principalement au moyen de l’acide chlorydrique pur ou étendu d’eau , employé h l’état froid ou bouillant, que l’on opère le décapage des plaques.

DECHAUSSEMENT {sculptura dentiiim). C’est une opération qui consiste à détruire les adhérences naturelles qui existent entre les gencives et le collet de la dent dont on veut opérer l’extraction. Le déchaussement se pratique en insérant la pointe et le tranchant d’un instrument, nommé déchaussoir , entre la dent et le tissu congénial qui l’environne. Pour ne pas léser ce dernier, il faut avoir le soin de tenir la pointe de l’instrument appliqué contre la dent et de détruire, en grattant, les attaches lilamenleuses qui l’unissent aux gencives. On ne doit jamais négliger cette petite opé-

JiliCIMKEMliN T.

ration quand il s’agit do roxlraction des dents, car, ('ii l’omettant, on risque de voir la déni, qui est brusquement arrachée de son alvéole et adhérente par une partie de son contour à la gencive, lacérer cette dernière , produire la dénudation de l’os maxillaire, et, de plus, nécessiter l’introduction, dans la bouche, d’un instrument ti-ancliant, pour couper le lambeau de la gencive qui empêche la sortie de la

dent.

DÉCHAUSSEMENT naturel. C’est un état morbide des dents dans lequel les gencives se retirent en se décollant de la racine des dents, circonstance qui donne à ces dernières l’apparence d’une longueur démesurée. Cette affection est souvent accompagnée d’une sorte de suintement sanieux, (|ui s’opère entre la dent et le tissu qui la recouvre. Le déchaussement des dents s’observe chez les personnes avancées en âge, et souvent chez les individus affectés du scoibut, de syphilis et de ptyalisme mercuriel. Le meilleur moyen d’y poidcr remède, est de conseiller l’emploi de collutoires fortifiants et toniques, et de combattre, par des moyens appropriés, les vices scorbutiques, vénériens ou mercuriels de la constitution , qui est la cause principale du déchaussement.

DÉCHAUSSOIR. C’est un instrument employé par les dentistes pour opérer le déchaussement des dents que l’on va extraire. C’est une lige mince d’acier, montée sur un manche d’ivoire ou d’ébène, et dont l’extrémité libre est aplatie en forme de lame. Cette dernière, dont un des bords est concave et tranchant, se termine en une pointe effilée qui pénètre entre la dent et la gencive, pour les séparer l’une de l’autre.

DECHIREMENT. Dans la chirurgie générale, le déchirement est quelquefois employé comme moyen thérapeutique, comme dans le cas de polypes. Dans l’art du dentiste le déchirement des gencives est un accident de rextraclion des dents qui est dû le plus souvent à la négligence élan défaut

IJECÜLOUATION.

d’adresse do la personne qui opère. On évite ce désagrément en ayant soin de déchausser conveual)lemciit la dent que l’on veut extraire, et eu prenant la précaution de ne pas prendre dans les mors de rinstrumeiit une portion de la gencive au lieu de les lixcr sur le collet dénudé de la dent.

DÉCIDUES. Ce mot est appliqué aux dents de l’enfance par quelques auteurs qui disent indifféremment dents enfantiles, dents de lait ou dents décidues, ce qui veut dire dents tombantes.

DÉCOCTION. La décoction est une opération «pii a pour but l’extractioii par dissolution dans Teau boiiillante de certains principes médicamenteux contenus dans les plantes, etc., que le dentiste emploie dans la confection de ses gargarismes, collutoires, opiats, élixir, et dentifrices liquides. On donne aussi ce nom au produit obtenu par la décoction.

DÉCOCTION blanche de syderhum. C’est une boisson adoucissante et légèrement astringente, donnée quelquefois dans la diarrhée dont sont atteints les enfants, pendant les difficultés de ta première dentition. Cette liqueur est préparée avec de la gomme arabique, de la corne de cerf calcinée jusqu’au blanc, du sirop de guimauve et de l’eau do fleurs d’oranger. On peut l’aromatiser avec un peu d’eau de cannelle.

DÉCOLORATION. On entend par ce mot un changement de couleur, une dégradation de teint qui s’opère dans les dents et dans la membrane muqueuse qui recouvrent les gencives et les parois de la bouche. La décoloration de la muqueuse buccale, sa pâleur et son état blafard, doivent toujours inspirer au dentiste des craintes sur la santé future des dents. L’état anémique, la pauvreté du sang, et les vices de constitution dont cette décoloration des gencives est souvent l’indice, portent toujours un coup fatal a la beauté comme à la structure de ces derniers organes. Il est donc du devoir du dentiste, de rechercher avec soin la cause de cette décoloration, et de la combattre par les moyens appropriés à la

i)i-:(;u rmo.v.

loi-

ii;iliir(^ (l(‘ celle cause, en inciiic I(Mii[>s (ju’il af^il, iiiiméilialcmeiil sur la iiiiuiueusc décolorée, pur des colluloiros slimulaiils cl loui(iucs, el par une alimeiilalioii sueculoiilocl azolée. La décoloralion dos dculs n’est le plus souvent que le premier pas vers leur destruction organique. Aussi voit-on les sept espèces de carie denlairc (pic nous avons citéi^.s, l’atropliie, Tusure el plusieurs au 1res maladies de ces organes commencer toujours par un changement de couleur qui s’opère sur des points isolés ou sur (oute la surface dciilaire à la fois. On a toujours n^gardéun bel émail, blanc d’ivoire, comme le premier indice d’une bonne (mnslitulion, et il est rare de voir jaunir d(^s dents de cette espèce, sans qu’il s’opère un changement notable dans la santé habituelle de l’individu qui les porte. Les causes de la décoloralion des dents sont irés..variées. Elle est très souvent duc aux influences extérieures (]ui agissent directement sur ces organes; mais dans le plus grand nombre de cas, elle doit son origine à d(^s vices de conslitution congéniaux, héréditaires, ou accidentellement acquis. Les soins bien dirigés d’un dentiste intelligent peuvent souvent ramener aux dents leur blancheur perdue, el cela, quand le sujet est encore- jeune, car les dents qui restent décolorées après l'càge de trente-cinq ans, ne recouvrent jamais leur ancien éclat.

DÉCOMPOSITION. On entend par ce mot la séparation spontanée les uns des autres des éléments constituants dont un corps minéral est composé. La portion dure des dents n’étant qu’une matière minérale privée de trame organique est sujette à une décomposition chimique, et non pas à la carie, cette dernière supposant toujours la production du pus. Nous avons cependant, par respect pour une expression longtemps en usage, décrit au mol Com, les diverses formes de décomposition dont les dents peuvent être atteintes.

DÉGLCTIÏION. C’est l’action d’avaler; action par la- (piellc les matières alimentaires qui ont été soumises à la mastication et à l’insalivation, sont porliVs delà bouche dans

DKMANdKAISON.

IVslomao, en passant parle pliarynx et rœsophag(\ L’action lie la ilég'lnütion ne s’exerce qn’à l’aide d’nn inécanisine très compliqué, et exige le concours d’nn très grand nombre ib^ mnscles.

DÉGROSSIU, C’est un terme d’alclier qui veut dire oter le gros d’une pièce quelconque, pour commencei' à lui l'aire |)rendre la forme convenable.

DÉJETEK. Ce mot se dit d’une substance quelconque ipii se courbe, s’étend et s’cidlc. Les dents artilicelles en os de bœuf, de cerf et même eu ivoire, déjettent beaucoup, ebose qui est due probablement aux propriétés bygromélriques de ces substances.

DÉLÉTÈRE. Ce mot a la même signilicalion que le moi nuisible, et se dit de toutes les substances qui exercent sur les dents une inlluence contraire à leur beauté et à leur composition. Toutes les choses, émanations et autres, qui agissent d’une manière nuisible sur le corps en général, sont également délétères aux dents. Il en est de même des substances aigres, des fruits verts, des corps durs, des acides minéraux et des préparations métalliques employés si souvent comme médicaments et comme cosmétiques.

DÉLtGATION. Ce mot se dit quelquefois de l’application régulière et méthodique des bandages, et quelquefois aussi des ligatures placées pour fixer les dents artilicielles, ou jiour affermir les dents chancelantes.

DÉLIQUESCENT. Ce nom est donné à un certain nombre de sels qui tombent en déliquescence, c’est-à-dire qui se résolvent en liqueur par l’absorption de l’humidité de l’air. Le chlorure de calcium, l’acétate de potasse et la potasse elle-même, soni des corps déliquescents.

DÉMANGEAISON. C’est une sensation plus incommode ipie douloureuse, qui a son siège à la surface du corps. Los éruptions dartrenses, qui se développent à la suite de certaines douleurs dentaires et jændant les diflicultés de la première dentition, sont accompagnées de démangeaison. Dans

DENTS

certains eus (rodoiilaI^''ios, le prurit, ou démangeaison, aux deux pouces et aux mâchoires, est un indice sûr que les douleurs vont cesser,

DENSITE. La densité d’un corps est la quantité absolue de matière qu’il contient sous un volume donné. C’est le poids d’un corps quelconque comparé au poids d’une quantité d’eau égale en volume au sien. Ainsi, par exemple, la densité de l’eau ôtant un^ celle du mercure est treize et demi, celle de l’or est dix-neuf, celle du platine vingt-et-un. La glace, les liqueurs spiritiieuses, les éthers et les huiles, ont moins de densité que l’eau. Un corps est d’autant moins dense qu’il est plus poreux,

DENTS naturelles. Les dents sont de petits corps très durs, implantés dans les alvéoles de l’une et de l’autre mâchoire, et qui servent à retenir, à couper, déchirer et triturer les substances alimentaires. L’homme, et tous les mammifères, les reptiles et les poissons, ont des dents.

Les dents de l’homme, à l’époque de la première dentition, sont au nombre de vingt, et, à l’àge adulte, elles sont au nombre de trente-deux, c’est-à-dire seize pour chaque mâchoire. Chaque dent est composée de trois parties distinctes ; la couronne, qui est libre , et qui contribue à la formation de l’arcade dentaire; la racine, qui est implantée dans les alvéoles; et le collet, dépression circulaire intermédiaire aux deux autres, qui est embrassée par la gencive. Les dents sont de trois sortes : les incisives, les canines, et les molaires. Les dents incisives^ ou cunéiformes, sont au nombre de huit, quatre pour chaque mcàchoire. Elles ont une couronne, comme leur nom l’indique, en forme de coin, qui est tranchante et mince au bord, libre et triangulaire sur les côtés; leur collet est parabolique, et la racine de ces dents est simple^ alongée, conique et aplatie transversalement. Les incisives supérieures sont plus volumineuses que les inférieures. Les dents canines^ qui sont au nombre de quatre, deux à chaque mâchoire, ont une couronne conique dont le

DENTS

sommel esl iiiousso^ le collol est ciiTulairo, cl la racine simple, (X)iiüïde, alongéo, sillonnée et aplatie sur les cotés, i.es dents molaires^ou cnspidécs, sont au nombre de vingl, dix pour chaque mâchoire. Elles sont divisées en petiles molaires, ou bicuspidécs, et en grandes molaires, ou mullicusi)idées. Ces dernières, dont il y a six à chaque mâchoire, ont une couronne cuboïde, surmontée de quatre ou cinq luber • cilles, séparés par des rainures qui se croisent. La racine est divisée en trois, quatre ou cinq branches divergentes, dont chacune est percée d’un trou à son sommet. Les petites molaires nombre de huit, quatre à chaque mâchoire, ont une couronne également cuboïde, surmontée de deux tubercules seulement, et dont l’externe est le plus gros. Le collet est circulaire; et la racine, qui est simple et quelquefois bifurquee à son sommet, est creuse sur chaque face d’une rainure profonde. La couronne de toutes les dents est creusée d’une cavité qui se prolonge en se rétrécissant dans le centre de la racine, et qui vient s’ouvrir au sommet du cono représenté par la racine simple ou par chacune des divisions de la racine. Cette cavité, qui est destinée à contenir la pulpe de la dent, offre des dimensions beaucoup plus considérables dans les premiers temps de la vie que dans la vieillesse, où elle huit par s’oblitérer complètement. La dent se compose de deux substances, dont l’une, extérieure, de consistance pierreuse, et non organisée, est nommée la portion dure ; l’autre, intérieure, qui est organisée, et de consistance pulpeuse, est nommée la portion molle.

La portion molle, ou pulpe dentaire, qui remplit exactement la cavité de la couronne, affecte la meme forme que la dent qui la renferme; elle se continue avec le petit cordon vascLilo-nerveux qui provient des vaisseaux et des nerfs dentaires pour pénétrer dans la dent par rouverturo dont est percé le sommet de la racine. La pulpe dentaire n’est ellemême qu’un rentlement nerveux pénétré d’un grand nombre de vaisseaux. Elle est douée d’um' sensibilité exquise, cl

DENTS

c’esl à olle qu’il faut mpporler les douleurs des deiils et de tout ce qui a été dit de la scusibilité et de la vitalité de ses organes. La pulpe dentaire est coiftéc d’une membrane d’une ténuité si grande qu’il est difticile de la démontrer. — La portion dure de la dent est composée de deux substances, qui sont émail qX l’ivoire.

L’émail est une couche de matière vitreuse qui ne revêt que la couronne de la dent : sa couleur est d’un blanc bleuâtre, laiteux et demi-transparent; ses libres sont perpendiculairement implantées sur l’ivoire, ctfortement pressées les unes contre les autres. L’émail est excessivement dur, faisant feu avec le briquet, et usant même la lime que l’on passe dessus; La couche d’émail qui revêt la couronne de la dent présente son maximum d’épaisseur à la surface triturante, et cette épaisseur va en diminuant jusqu’au collet de la dent, où l’émail cesse de se montrer. Cette substance, qui est très friable, u’offre pas de trace de matière animale.

L’ivoire est d’un blanc Jaunâtre, et comme satiné. Il est formé de couches concentriques, de cornets emboîtés, et dont les fibres sont, en général, parallèles à la longueur de la dent. Il est moins dur que l’émail, et s’use beaucoup plus vite, quand ce dernier cesse de le protéger. Le tableau suivant indiquera la composition chimique de ces deux substances, et fera en même temps voir que la présence d’une matière cartilagineuse, dans l’ivoire, est la principale différence qui

existe entre elles.

Ivüii'C.

Email.

Phosphate de chaux

Phosphate de chaux

FInate do chaux

Carhnpafe de chaux

Phosphate de magnésie.. . . .

Phosphate de magnésie. ....

Carbonate de magnésie ....

Soude et chlorure de sodium.

Cartilage et eau

Soude et eau

Au reste, l’émail et l’ivoire sont d’un grain plus ou moins dur et plus ou moins altérable, selon les individus, ce qui ex-

pliquc les lUftcroiices dans la durée el dans l’aKérabililé des dents. Pour les antres renseignemenls, par rapport aux dents naturelles de l’homme, nous renvoyons le leeteur aux mots Développement^ Dentaire^ Dentilion^ Couronne, Racine, Nerf, Artère ^Arcade, etc.

DENTS artiücielles. Les matière^ que l’on a employées dans les différentes époques de la civilisation, ancienne et moderne, dans la fabrication des dents artificielles pour substituer à celles que les maladies, les accidents et les progrès del’àge font disparaître des arcades dentaires, sont très variées. Parmi les principales, se trouvent l’or, l’os, les défenses de quelques animaux, tels que l’éléphant,, l’hippopotame, le sanglier, etc.; des dents provenant de la bouche des personnes mortes, ou de celle des personnes qui rendaient leurs dents au plus offrant ; aux précédentes nous pouvons ajouter les différentes espèces des dents dites minérales, dont l’origine est due à un pharmacien de Saint-Germain-en- Laye, et qui sont toutes formées d’une matière argileuse qui a le kaolin pour base. Il n’est pas dans notre dessein de parler longuement des mérites ou des démérites de ces matières diverses. L’or, par sa cherté aussi bien que par son inaptitude totale à simuler les attributs d’une vraie dent, a dû cesser de bonne heure d’ètre choisi pour l’objet dont nous parlons. Quant à l’os, les émanations putrides que la chaleur tiède de la bouche y développait, le faisaient bientôt rejeter comme moyen de prothèse. L’hygiène est venue depuis longtemps s’unir à la juste répugnance des dentistes et de leurs ' clients pour faire cesser la pratique révoltante de mettre dans la bouche d’une personne saine des dents arrachées à des cadavres et à des êtres vils qui faisaient un trafic des leurs.

' Les défenses d’éléphant et de marse ne sont plus employées ' que dans quelques cas pour la fabrication des socles qui servent de supports à des dents de diverses espèces. Quant aux dents dites minérales^ nous fûmes, dès le commenceiment de notre carrière (comme le sont la plupart des don-

DENTS

listes inslriüls d’aiijourd’liiii ) , frappé des iiiconvéïiieiils qu’elles offrenl, non-seulemenl au mécanicien qui les Iravaille, mais aussi aux personnes qui se laissent encombrer et léser la bouche par le lourd appareil métallique que leur pose exige. Nous prîmes donc à cœur de trouver quelque ^ chose qui pût leur être avantageusement substitué, et les deux sortes de dents que nous allons signalera l’attention de nos lecteurs, et dont nous restons le seul et unique possesseur, leur prouveront au moins que nos efforts pour faire avancer la science n’ont pas été infructrueux.

DENTS minérales. Pourla manière de fabriquer ces dents, voyez le mot Minéral.

DENTS osanores. Les osanores Rogers, qui ont fixé pendant tant d’années l’attention du public, ne sont autre chose que de l’hippopotame d’un grain choisi, soumis à l’action continue de quelques agents chimiques qui ont pour effet d’introduire une matière siliceuse dans les pores de cette substance et de la substituer en partie à la matière animale qu’elle renferme. Nous avions voulu changer riiippopolame en une substance cristalline 5 mais nos espérances ne furent qu’à moitié réalisées. Nous n’avons pas rendu cette matière entièrement inaltérable, mais nous lui avons fait subir des modifications qui ont pour effet de faire doubler et tripler même le temps de sa durabilité ordinaire. Quelques-uns ont voulu imiter notre procédé , mais le succès n’est pas venu pour répondre à leurs efforts. D’autres , suppléant à , leur défaut de connaissance dans les sciences naturelles par la hardiesse et par l’effronterie, ont paré du nom d’osanores des dents qu’ils savent n’être autre chose que de l’hippopotame pur, et ils continuent même aujourd’hui d’exploiter la crédulité du public par une manœuvre indigne qui déshonore, et qui nuit à l’art qu’ils ont la prétention d’exercer.

DENTS Rogers. Du moment où des expériences répétées nous avaient fait voir qu’il était impossible de donner aux dents osanores une durée illimitée, nous donnâmes à nos re-

DENTES

1; cherclios une direction toute différente; car, dans la marclie I progressive des sciences, aujoiird’liui, on ne peut se conten- I ter de ce qui est bien, quand ce qui est meilleur reste en- [ core à découvrir.

Aidé dans nos recherches, par le savant concours des célèbres chimistes français et étrangers, nous pouvons avec assurance et orgueil offrir à nos nombreux clients un genre de dents , qui dépasse de beaucoup, en bonté et en beauté, toutes celles que l’art du dentiste a encore vu produire. Ces dents, qui sont i parfaitement exemptes des défauts que l’on reproche avec tant de raison aux dents dites minérales , supportent le feu le plus actif du fourneau ou de la lampe, sans danger d’en . éprouver ni fêlure ni défaut. Elles se travaillent à la lime ou à l’émeri avec une parfaite facilité. Leurs tubes, qui sont en or, sont tellement confondus avec le corps de la dent, que ni un accident ni un effort ne peuvent les en détacher. Elles i s’adaptent également aux palais d’or, d’ivoire et de platine;

, et, quant à leur apparence dans la bouche, la nature même ‘ n’a jamais donné aux dents de l’homme un aspect plus vi- ; vant, ni une blancheur et un éclat plus animé, plus limpide et plus pur. Nos efforts donc, pour augmenter les ressources I de l’art du dentiste, n’ont pas été vains ; et , des deux sortes de dents artificielles dont nous l’avons doté, on peut garantir, , aux unes, une durée d’une dizaine, d’une quinzaine même ■ d’années, et aux autres, une durée qui est éternelle, comme (celle du temps,

DENTAIRE. Ce mot se dit de toutes les parties qui ont rapiport aux dents. Pour les mots, arcades dentaires, artères denitaires, canal dentaire, nerf dentaire, pulpe dentaire, nous renvoyons le lecteur aux mots Arcade, Artère, Canal, Cavité, Nerf^ Pulpe^ etc.

DENTES aciiti. Nom donné dans les anciens livres aux 'dents incisives.

DENTES adversi. Autre expression employée pour désir ^gner les m()mes dents.

DENTU'UICES.

DF.NTES eallimiollaros. MoLsdoiil ou so servait puni' dire les dents molaires.

DENTIER. On entend par ce mot une série de dents arlilicicllcs, montées sur une plaque d’ivoire, d’or, d’argent ou de platine, destinées à être ajustées sur le bord alvéolaire, pour remplacer des dents naturelles qui manquent. Dans nosdentiersd’osanores, les don tssont taillées danslcblocquiestcrcusé pour recevoir les gencives. On cherche à populariser des dentiers faits en pâte minérale; mais la saine pratique rejette un pareil procédé, dont le moindre défaut est de ne jamais s’adapter parfaitement au bord alvéolaire que l’on désire garnir. On conçoit bien que la pcàtc molle dont ces dentiers se forment, subit, en SC durcissant au feu, un retrait qui en change complètement la dimension.

DENTIFRICES. Ce nom est donné à diverses poudres, et à des opiats propres à nettoyer l’émail des dents, et à absorber le tartre qui les recouvre. Ce sont des moyens prophylactiques qui contribuent puissamment à la conservation des dénis qui sont saines, et à retarder les progrès des maladies dont les dents peuvent être atteintes. Les anciens connaissaient parfaitement cette partie de l’art du dentiste. On en attribue un à Octavie , sœur de l’empereur Auguste, dont les ingrédients étaient de la poudre de raves séchées au soleil, du verre blanc pilé très fin, et du nard des Indes. La poudre dentifrice de la célèbre Messaline était formée de corne de cerf brûlée, de mastic de Chio, et de sel ammoniac. Le dentifrice envoyé par Apulée au consul Calpurnius était composé avec des fruits d’Arabie. C’est une poudre fine , excellente , dite Apulée, qui a la propriété de blanchir les dents, d’en faire disparaître le tartre, et de dissiper rengorgement des gencives. Nous n’avons pu trouver le moindre renseignement sur les ingrédients dont se composaient les célèbres pastilles de Côme^ auxquelles le poète Martial donne le nom dcjentacula. 11 est même probable qu’elles étaient destinées autant à corriger la fétidité de l’haleine qn’à entretenir la fraîcheur des

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• Ton nmploin noimnn inoynn dn nonw;rvnr ou dn r/;Uddir anU'; dn*s or^çarn^ dnfjlairn'S, Ir/» non»idnraldn. I»i plut d(î» dnfjtifriw» a<Jfni» par In jioijv#î<jij Codn ont pour n la poudrn d(M;4;riaifnîS mali/nx*» rnndinamnntnu»fî» ; k*» r» nn prodijj»(*fd aunun nffnl, Kî» auUïî» »r>nt nuisiblr^, ni nlrn» nidin s^inl propi^;<?» aux dnnl». Lasuin, In nliarbon, In nquina, ni In*» w;l» marin», ont nk tour-ii-tour prdrn^nt coninns nornrnninj'rndinnlsdfî» dnidifrinn»; nous nn parinron» limj nonvnnaldn; mai» non» dnvons ici nondarrinnr, nornrnn I» ravon»d<îj'« T'Ut, l’nmploi df'»rnalinrr*»anjd4*»nldr*smalin-

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