‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 2)Chapitre 19 sur 430 · FO Î · texte numérisé non relu

FO Î

forcé de prendre la demi-lune, ce à quoi il ne pourra

arriver, qu'après y avoir fait une brèche praticable, avoir pratiqué une galerie souterraine qui lui permette de descendre dans le fossé , et avoir donné l'assaut. La demi-lune prise, restera à prendre le réduit, pour lequel il faudra opérer d'une manière analogue. Mais ici, l’assiégeant ne se trouvera pas dans des circonstances aussi favorables que pour l’attaque de la demi-lune. Il ne pourra en effet y faire arriver sonartillerie qu'avec beaucoup de peine, et le peu de largeur du terreplein, lui donnera bien peu de facilité pour y disposer des batteries dans lesquelles il soit à couvert du feu du réduit. Cependant le réduit finira par être pris; car sa garnison sera toujours très-faible par rapport aux forces dont l’ennemi pourra disposer, et on ne peut espérer de le déloger de vive force de la demi-lune.

Aussitôt que l'ennemi se sera emparé du réduit de la demi-lune , il viendra s'établir à la gorge, pour y disposer des batteries destinées à faire brèche à la te= naille. L’utilité de cet ouvrage est mise ici tout-à-fait hors de doute, car s’il n'existait pas, l’assiégeant pourrait de suite faire brèche à la courtine, et par conséquent, donner immédiatement l'assaut au corps de place. L’occupation du réduit de demi-lune rend impossible le séjour de l’assiégé dans les réduits de place d'armes rentrantes, car il y serait vu à dos et plongé. C’est encore un des inconvéniens du système, car un ouvrage ne devrait jamais être rendu inutile qu'après avoir été attaqué directement. Il ne faudrait cependant pas en conclure que les réduits de places d'armes rentrantes sont inutiles. Leur principal but est d'offrir un refuge assuré aux défenseurs du chemin couvert, dans le cas où l'ennemi tenterait un mouvement de vive force. Lorsque l'ennemi s’est emparé de tous les dehors, ‘ il pousse ses tranchées vers le saillant du chemin couvert du bastion, il en fait le couronnement, établit ses batteries de brèche, et donne ensuite l’assaut au corps de place. Il ne reste plus alors à la place assiégée qu’à obtenir la capitulation la plus honorable.

Nous avons supposé que les demi-lunes étaient en saillie sur les bastions. Lorsque les saillants des deux bastions et celui de la demi-lune se trouvent à peu près sur une même ligne droite, on peut canonner à la fois le saillaut des trois chemins couverts, et le siége se trouve abrégé d’autant, surtout si les bastions n’ont point de retranchement intérieur.

Page 1