‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 2)Chapitre 26 sur 430 · FU · texte numérisé non relu

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FRUSTUM (Geom.). Mot latin qui signifie morceau, et dont quelques auteurs se sont servis pour désigner ce que uous exprimons par l’épithète de #ronque; ainsi, ils ont appelé frustum de cône, de pyramide, ce qu'on appelle cône tronqué, pyramide tronquée , etc. (Voyez ces mots.)

FULTON (Roserr), célèbre mécanicien moderne, est né en Amérique, dans le comté de Lancastre, qui fait partie de l’état de Pensylvanie. Il appartenait à une famille pauvre qui ne put donner à son éducation tout le développement que son intelligence vive et précoce semblait réclamer. Il apprit d'abord à Philadelphie l’art du joaillier ; il vint ensuite à Londres, où il s’'adonna à Ja peinture , et arriva en dernier lieu à Paris, où il put faire des études conformes au génie dont il était doué pour la mécanique. Nous ne nous proposons ni de le suivre dans les vicissitudes de sa vie, ni d'exposer même ses divers travaux comme mécanicien; mais nous avons pensé que Fulton appartenait à l'histoire de la science, sinon comme inventeur, au moins comme le premier et le plus heureux propagateur de la navigation par la vapeur. Il est remarquable que le premier steam-boat ou bateau à vapeur ait été construit sous la direction de Fulton à Paris, et essayé sur la Seine. Personne ne comprit alors l'importance et l'utilité de cette puissante invention qui doit immortaliser le nom de Fulton. C’est le sort de cette France, qui est si fière de ses lumières et de sa civilisation, de méconnaitre les œuvres du génie, jusqu'au jour où les applaudissemens du monde viennent lui apprendre qu’elle a dédaigné une gloire que lui offrait un de ses enfans ou quelque crédule étranger, qui, sur la foi de sa civilisation hospitalière et éclairée, était venu lui en faire hommage. La découverte de Fulton fut accueillie dans sa patrie avec une sorte d'enthousiasme, et elle n’a pas peu contribué à y faire naître cette prospérité inouie que les vieux états de l'Europe, à part l’industrieuse Angleterre, envient vainement à la fédération américaine. En attribuant à Fulton l'invention des bateaux à vapeur, nous n'ignorons pas qu’on a voulu lui en disputer la gloire, et que des Français même ont pu justement en réclamer la première pensée. Mais quelle importance l’amour-propre national peut-il mettre à réclamer la priorité d’une invention qu'aucun Français n’a pu trouver moyen de pratiquer en France, et qui a été dédaignée lorsqu'un étranger est venu au sein même de la capitale en démontrer la puissance et les avantages? D'ailleurs , aujourd’hui même que les bateaux à vapeur sillonnent les mers en tous sens, et que ce moyen prodigieux de navigation a établi des relations si fréquentes et si avantageuses entre les points opposés des plus vastes empires, la France n’en est-elle pas à compter encore le nombre de ses bâtimens construits d’après ce système ?

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Les apologistes maladroits de la France feraient beaucoup plus pour sa dignité et sa gloire si, au lieu de réclamer pour elle l'avantage desdates et des noms d'hommes, ils lui disaient sérieusement, qu'appelée par la Providence à de grandes destinées, elle défait ellemêune son glorieux avenir en ne suivant que de trèsloin les nations éclairées dans la carrière du progrès et des découvertes. Fulton mourut le 24 février 1815, à New-York. Sa dépouille mortelle fut suivie par les sociétés savantes et par tout le peuple de cette ville, qui porta le deuil durant trente jours.

FUNICULAIRE (Méc.). On nomme machine funticulaire un assemblage de cordes à l’aide desquelles des puissances et des résistances se font équilibre. Cette machine est considérée comme la plus simple des machines élémentaires.

On trouve les lois de l'équilibre dans cette machine

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en réduisant, d’une part, toutes les puissances à une seule par le principe de la composition des forces (voy. Force), et de l’autre toutes les résistances à une seule par le même principe. On arrive ainsi à ne plus considérer que deux puissances uniques qui doivent être égales et directement opposées pour se faire équilibre, {Voy. la Mecanique de Poisson et la Sratique de Poinsot.)

FUSEAU (Géom.). Nom donné par quelques géomètres au solide que forme une courbe en tournant autour de son ordonnée ou autour de sa tangente au sommet.

On désigne plus généralement par le nom de fuseau un segment de sphère tracé sur un plan pour être ensuite collé sur une boule dans la fabrication des globes célestes ou terrestres.

FUSEAU (451). Nom d’une constellation plus con-

nue sous celui de Chevelure de Bérénice.

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GALILÉE (Gare). Les hommes de génie qui, sous des points de vue différens, ont ouvert à l'esprit humain des routes nouvelles, ne peuvent être comparés entre eux ; chacun d’eux se présente à l'histoire de la science et à l'admiration du monde avec la spontanéité qui lui est propre, avec le signe auguste d’une mission spéciale. Il faut donc laisser aux amplifications académiques ce luxe stérile de parallèles impossibles qu’on s'attache si souvent à y étaler aux dépens de la raison. Descartes et Galilée eurent le malheur de ne point se comprendre, mais cette circonstance n’a pu établir ni opposition ni analogie entre les doctrines et les productions scientifiques de ces deux grands hommes, et l’on ne peut d’ailleurs supposer que des sentimens de jalousie indignes de leur génie aient en rien contribué à leur inspirer cet éloignement dont la cause doit rester à jamais cachée dans les profonds mystères du cœur humain.

Ce fut le 18 février 1564, à Pise, quenaquit l'illustre Galilée, de Vincenzio Galilei, noble Florentin, et de Jolie Ammanati.Ses parens ne possédaient qu'une fortune médiocre ; mais son père, versé dans les connaissances mathématiques, ne tarda pas à apprécier l’intelligence de son fils: il veilla avec soin sur son éducation, et lui inspira de bonne heure le goût de la science qu'il aimait, et dont on sait qu’il a fait d’heureuses applications à la théorie de la musique, L'enfance de Galilée fut remarquable, et comme tous les hommes supérieurs qui semblent avoir un pressentiment de leur aveniv, il se joua pour ainsi dire avec les connaissances

élémentaires qu'on lui communiqua, jusqu’au moment

où la science, qu’il devait féconder par des découvertes immortelles, offrit un plus noble aliment à son esprit. Mais, chose étrange! il avait déjà deviné les propriétés du pendule, en observant, dit-on, les oscillations réglées et périodiques d’une lampe suspendue à la voûte d’une église de Pise, découverte qu’il publia dans un âge plus avancé, et il n’avait point encore compris l'importance des mathématiques. « Il n'avait pas le moindre désir de les apprendre, dit un de ses principaux biographes, ne concevant pas en quoi des triangles et des cercles pouvaient servir à la philosophie. » Car alors cet esprit audacieux et créateur s'appliquait spécialement aux luttes philosophiques, et à cette époque où l’aristotélisme dominait l’école, où la double influence du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel venaient en aide à son vieux despotisme, Galilée, à dix-huit ans, avait osé l’attaquer en pleine université. Mais enfin, diverses circonstances décidèrent de sa destinée, et il s’appliqua à l’étude des mathématiques avec toute l’ardeur dont il était capable. A peine fut-il en possession des vérités que la science lui révéla, que le jeune Galilée, saisi d’admiration et de joie, s’élança en maître dans la carrière où son génie l’appelait. Il abandonna dès-lors la médecine et les études littéraires qu’on lui faisait suivre, pour se donner tout entier à ces hautes spéculations dans lesquelles la Liberté et la nouveauté de sa manière de discuter lui firent en peu de temps une réputation prodigieuse. Tels furent la rapidité et l'éclat deses progrès, qu'à peine âgé de vingt-cinqans, Guido Ubaldi, son maitre et son ami, et les Médicis ses

GA protecteurs, lui firent donner la chaire des mathématiques à l’université de Pise.

À part les malheurs qui affligèrent la vieillesse de Galilée, et dont il nous sera impossible de ne pas parler, nous croyons devoir maintenant ne nous occuper que de sa vie scientifique, car c’est sous le rapport de ses nobles travaux que nous devons surtout le considérer dans cette rapide notice.

Frappé de la méthode qu’avait employée Archimède pour déterminer les proportions d’un alliage d'or et d'argent, Galilée voulut la rendre d’une application plus usuelle et plus commode, et il imagina un instrument dont la balance hydrostatique n’est qu’un perfectionnement. Ce fut peu de temps après qu'il fit à Pise, en présence d’un immense concours de spectateurs, son expérience victorieuse sur la chute des graves, en 0pposition manifeste avec les principes établis par Aristote. Nous avons consacré ailleurs un article historique spécial à cette importante découverte, et nous ne croyons pas devoir revenir ici sur les particularités qu’elle contient. (Voy. AGCÉLÉRATION DE LA CHUTE DES CORPS.)

Retiré, en 1597, dans une ville de l’état de Venise , à la suite des persécutions qu’attira à Galilée la démonstration de sa nouvelle théorie , il écrivit successivement pour les élèves que la renommée appelait à lui, des traités sur les diverses branches des mathématiques, que les progrès de la science ont depuis rendus moins importans. Ce fut à cette époque qu’il inventa le thermomètre , ou que du moins il en fit des essais qui durent avoir peu de célébrité, puisque cette invention fut attribuée à Drebbel, mais Galilée mérite bien d’en être cru sur sa parole. (Ÿ’oy. Drenrer..) Il produisit aussi alors un autre instrument auquel il donna le nom de compas nulilaire, parce qu’il était principalement destiné à l'usage des ingénieurs ; c'est le compas de proportion , et l’on a également disputé à Galilée le mérite de cette invention, qui fut attribuée à Byrge; mais il est aujourd’hui établi d’une manière incontestable qu’il n'existe aucune analogie entre les deux instrumens. (Poy. BYRGE.)

Quoique dès cette époque le nom de Galilée brillät déjà d’un grand éclat dans l'Europe savante, ce ne fut réellement qu'après ces importantes découvertes astronomiques, dans les premières années du XVII siècle, qu'il parvint à ce haut degré d'illustration que la postérité lui a conservé, Il entra dans les travaux de cette branche de la science par sa dissertation sur l'étoile qui apparut tout-à-coup, en 1604, dans la constellation du Serpentaire. 11 démontra, contre l’opinion de la philosophie péripatéticienne, que ce corps céleste, qui répandait un éclat extraordinaire, était fort au-delà de la prétendue région élémentaire présumée par les astronomes de cette école, et qu’il était même beaucoup

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plus éloigné dans l’espace que tous les autres corps plauétaires. En 1609, le bruit s'étant répandu à Venise

qu'un Hollandais avait présenté au comte Maurice de Nassau un instrument d'optique qui rapprochait considérablement les objets les plus éloignés, Galilée, sur cette Vague information, construisit le premier télescope, ét le premier qui püt sérvir aux observations astronomiques. Il était dans la destinée de ce grand homme de se voir disputer une à une toutes ses découvertes, toutes ses inventions, et de souffrir pour la cause de la vérité. L'invention du télescope devint pour lui une source nouvelle de discussions et de tracasseries que lui suscita le pédantisme ou la jalousie des docteurs del'époque. Mais Galilée, dans son Nuncius sideris, écrit dans lequelilannonça au morde les résultats de cette belle découverte, raconte lui-même avec une si noble simplicité les nombreux essais auxquels il se livra pour rendre utile à la science l’usage de la Zunette à longue vue dont il avait entendu parler, qu'il fallut une mauvaise foi bien robuste pour l’accuser de solliciter un honneur qui ue lui appartenait pas. De l’aveu même de Galilée, il n’est donc point, à proprement parler, l'inventeur du télescope; mais quelle comparaison peut-on faire entre l'instrument incomplet de l’opticien hollandais et celui à l’aide duquel Galilée put lire plusieurs pages du graud livre du ciel ? Pourquoi celui qui, en Hollande, joignit par hasard des verres d’inégale courbure, s'il fut le véritable inventeur du télescope, ne le tourna-t-il pas aussitôt vers le ciel comme Galilée, et ne fitil pas ainsi la plus belle et la plus sublime application de cet instrument ?

Quoi qu'il en soit, aidé du télescope qu'il avait construit, Galilée fut le premier de tous les hommes qui put examiner la surface de la lune et en décrire les formes. Pour la première fois, les regards d’un mortel virent avec étonnement les hautes montagnes et les profondes vallées qui sillonnent les flancs de cette planète. Peu de temps après, il observa Vénus, dont les phases prouvent la forme sphérique, et il apercut les quatre satellites de Jupiter, qui accompagnent dans son cours cet immense globe; il vit la voie Lactée , les nébuleuses et ces innombrables étoiles, trop éloignées pour être aperçues à la vue simple. Émerveillé de ce ma- Jestueux et nouvel aspect du ciel dont aucun astronome n'avait joui avant lui, Galilée fit partager son enthousiasme et sa joie à l'Europe savante, en lui communiquant ces précieuses observations, qu'il allait bientôt étendre à de nouveaux objets, et qui devaient enfin confirmer les théories de Copernic. Galilée, en observant Saturne, reconnut qu’il se présentait quelquefois sous la forme d’un simple disque, et quelquefois accompagué de deux appendices qui paraissaient être deux petites planètes. Mais la puissance de son instrument

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