‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 2)Chapitre 32 sur 430 · Partie systématique. — Coonnonnfes. — GÉOMÉTRIE dite ANALYTIQUE · texte numérisé non relu

Partie systématique. — Coonnonnfes. — GÉOMÉTRIE dite ANALYTIQUE

mathématiques qui sont venus jusqu'à nous; ce sont l. Theoria planetarum. WW, Allaken de causis crepusculorum. AT, Geomantia astronomica. On trouve ce dernier écrit dans les œuvres de Cornelius Agrippa; il a été traduit en français par De Salerne, sous le titre de géomancie astronomique : le traducteur aurait dû dire astrologique. Gérard de Crémone est mort dans sa ville natale en 1187, à l’âge de 75 ans.

GERBERT , né en Auvergne , d’une famille obscure, vers le milieu du dixième siècle, s’est distingué par son savoir à cette époque de profonde ignorance. Ses travaux marquent le point de départ du mouvement intellectuel qui s’opéra dans l'Europe occidentale , au sein de l’organisation féodale, et qui dissipa lentement les ténèbres et la barbarie , où les migrations des hommes du nord et les luttes sanglantes de plusieurs siècles avaient

60 GE plongé cette partie du monde. Élevé à l'abbaye d’Aurillac, qui appartenait à cet ordre illustre de Saint-Benoit, à qui les sciences et les arts de la civilisation doivent leur régénération merveilleuse, Gerbert y reçut probablement les soins de quelque maître inconnu qui cultiva les dispositions dont il était doué. C'était dans ces pieux asiles que le savoir humain s’était retiré et qu'il y fut conservé comme un dépôt sacré, à l’abri des misères et des agitations qui désolaient alors le monde. Gerbert prit l’habit de l’ordre au sein duquel son enfance avait trouvé ‘une si généreuse protection. Il était né avec le génie dés mathématiques, et, tourmenté du désir de connaître, il obtint de ses supéreurs la permission de voyager, La renommée des Arabes le conduisit en Tspagne. Il en rapporta en France le système de numération dont cette nation dispute l'invention aux Indieus , et qui est celui dont nous nous servons aujourd’hui. Peut-être est-ce à Gerbert que sont dues les premières notions de l'algèbre, qu’une similitude de nom à pu faire attribuer à un autre. Quoi qu’il en soit, le jeune moine acquit bientôt une grande renommée, et ses connaissances en mathématiques, prodigieuses pour son temps, le firent accuser de magie. Mais plus heureux que Roger Bacon , qui, religieux comme lui, eut encore, plusieurs siècles après, à se défendre contre cette absurde accusation, Gerbert parvint rapidement aux plus hautes dignités de l'église; qui admirait son savoir etsa piété. Successivement abbé de Bobbio, en Lombardie; supérieur de l’école de Rhcims, où il eut pour disciplele 101 d& France ; Robert; évêque de ce diocèse et ensuite de Ravenne où l’appela la faveur de l'empereur Othon HE, Gerbert fut enfin élevé à la papauté et gouverna l'église catholique, sous le nom de Silvestre IF. Il y a quelque chose de merveilleux ét qui mérite l’atteution de l'histoire, dans la vie de ce religieux qui, né dans la classe malheureuse et opprimée des serfs, obtient la liberté, sous l’habit révéré de l’ordre de Saint- Benoit ; sort du monasière , pélerin de la science , et foulant aux pieds les préjugés de son temps, va demander la lumière aux ennentis de sa religion , puis revient l’apporter à son pays barbare, où l’on attribue sa supériorité au démon. La providence ne labandonne pas ; il lutte avec énergie contre cette fatale erreur, enseigne à ses contemporains les priucipes de lascience, construit la première horloge à balancier dont on se snit servi en Europe, où l’on ne savait encore mesurer la marche du temps qu’à l'aide d’un instrumentinsuffisant, etenfin dans ces tristes jours d’ignorance fait moater le savoir sur la chaire de Saint Pierre ! Cetillustre pontife mourut le 11 maide lan 1003. 1 ne reste de lui que le glorieux souvenir des services qu’il a rendus à la science. GIRAFFE (454). Nom d’une constellation australe,

située entre la grande Ourse, Cassiopée, Persée et le Co:

GI cher. Elle est composée de 58 étoiles dans le catalogue britannique.

GIRARD ( azrenr). Géomètre hollandais , né vers la fin du 16° siècle. I doit être signalé, dans l’histoire de la science, comme un des précurseurs de Descartes, quoiqu'il n'ait qu'entrevu plusieurs vérités qu’il était réservé à ce grand homme de développer. Son principal ouvraÿe qui est intitulé : Zavention nouvelle en algèbre, et qu'il publia en 1629, in-4°; renferme ; en effet, plusieurs aperçus nouveaux et qui annoncent de sérieuses études en géométricet en algèbre. On y trouve unie connaissance des racines négatives plus approfondie que dans les écrits contemporains sur le même sujet. Albert Girard donne dans cet ouvrage un essai ingénieux sur les angles solides et leur mesure, objet négligé jusqu’alors par les géomètres. Il y mesure, pour la première fois; la dimension en superficie, non-seulement des triangles sphériques , mais des figures quelconques tracées sur la surface d’une sphère par des arcs de grand cercle. Un des objets de ce livre est encore de démontrer que, dans les équations cubiques qui conduisent au cas irréductible, il y a toujours trois racines, deux nositives et une négative. On sait que Viète avait déjà coustruit ces équations, mais il était borné à assiguer les racines positives ; Girard va plus loin etassigne les négatives qu'il appelle par moins ; et il est glorieux pour lui d’avoir montré, plusieurs années avant Descartes, l'usage des racines négatives en géométrie. On doit encore à Albert Girard une édition des œuvres de Stevin, publiée à Leyde en 1634: il annonce dans la préface, qu’il vient le rétablir les trois livres des porismes ; d'Euclide ; mais ce travail, qui a paru impossible à l’ingénieux et savant Simpson, u’a jamais été publié. Ce géomètre qui dévoua sa vie à destravaux utiles aux progrès de la science, mais peu brillaus et surtout peu productifs, mourut dans l’indigence en 1634.

GLOBE. En géométrie, C'est un corps rond que l’on concoit engendré par:la révolution d’un demi-cercle autour de son diamètre; on l’appelle plus communément sphère. (Voy. ce mot).

On nomme GLOBE ARTIFICIEL en géographie eten astronomie, un globe de métal, de bois où de carton, sur la surface duquel on représente la terre ou le ciel, avec. les divers cercles que l’on imagine tracés sur eux. Les globes qui représentent la terre se nomment globes ter-

restres ; et ceux qui représentent le ciel globes célestes.

(Foy. planche 28, figures 9 et 11). Les limites un peu! …

étroites, qui nous sont imposées pour ce second et der-

nier volume du dictionnaire des sciences mathématiques, |

né nous perméttént pas de donner ici la con$truction et. l'usage dé ces instrumens. 1

GNOMON. (45st). Instrumèént qui sert à mesurer la hauteur du soleil. Gé noni vient du grec vue

GN (Règle à droite, style droit). Le gnonion, est ordinairemet un pilier; une colonne, ou une pyramide élevée verticalement sur une surface plane, horizontale, en un point d’une ligue droite tracée sur cette surface, et qui représente la méridienne du lieu: (Foy. pl. 28 fig. 6). Pour connaître la hauteur du soleil dans le méridien, c’est-à-dire la hauteur du soleil au-dessus de l’horizon au moment du midi vrai, il suffit de mesurer la longueur de l'ombre projetée par le gnomon lorsque cette ombre tombe exactement sur la ligue méridienue , car dans le triangle rectangle formé parle gnomon, son ombre ct le rayon lumineux, deux côtés étant connus, il devient facile de calculer l’angle de l'ombre et du rayon, qui mesure précisément la hauteur du soleil. Soit en effet CE. (p£. 98, fig. 6) un gnomon, dont nous exprimerons la hauteur par k, et soit o la longueur CA de son ombre, l’angle EAC sera la hau-

teur du soleil et nous aurons (Ÿ’0y. TRIGONOMÉTRIE).

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