‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 2)Chapitre 98 sur 430 · JA · texte numérisé non relu

JA

JALON. (Gcom. prat.) Bäton droit, ferré en pointe à l’un de ses bouts, qui sert à prendre des alignemens. Voy. ARPENTAGE.

JANVIER. (Cal) Mois dédié à Janus par les Romains et placé par Numa au solstice d'hiver. C’est le premier de l’année, depuis l'ordonnance de Charles IX. Ila 31 jours, et c’est vers le 19° ou le 20° deses jours que le soleil entre dans le signe du Verseau. Foy. Ca- LENDRIER.

JAUGE. On nomme ainsi une règle graduée, qui sert à mesurer la capacité de toutes sortes de tonneaux et à déterminer la quantité de liquide qu’ils contiennent. :

Jauger est donc l’art de trouver la capacité d’un vase. Si les tonneaux étaient toujours de forme régulière, il n’y aurait qu’à appliquer ici les règles ordinaires de la géométrie; mais comme cela n'arrive jamais , il a fallu, pour la pratique, arriver à certaines règles empiriques qui donnent une approximation suffisamment rigoureuse, pour les usages ordinaires de commerce.

Ainsi en Angleterre Hutton , Oughtred, et en France Dez, ont donné des formules plus où moins exactes. Voici celle de Hutton : On prend,

39 fois le carré du diamètre à la bonde,

25 fois le carré du diamètre du fond,

26 fois le produit de ces diamètres.

On multiplie la somme de ces trois quantités par la longueur du tonneau, et on divise le produit par 114. Le quotient indique le nombre de pouces cubes que contient le tonneau.

La règle proposée par Oughtred, consiste à prendre : 1° la surface du cercle du fond; 2° deux fois le diamètre du bouge ou cercle à la bonde; ajouter ces nombres et multiplier la somme par le tiers de la longueur du tonneau ; le produit donne la capacité du vase.

M. Dez, dans un article très-détaillé de lÆrcyclopédie méthodique (jaugeage), donne la formule suivante :

Prenez la différence entre le diamètre du bouge et celui desbases, puis les ? de cette différence etretranchezles du grand diamètre, vous aurez le diamètre d’un cercle qu'il faudra évaluer, puis vous multiplierez par la longueur du tonneau.

Si l'on exprime donc par V le volume, et que l’on fasse Z la longucur du tonneau, D le diamètre du bouge, d celui du fond, &« leur différence D — 4, on aura :

; HuTTON...... Le

Oucrren. V — 0, 2618 2. (2D°2+4°) Dez....... V = 0,854 L.(D—5a)

La jauge, instrument avec lequel on prend toutes ces mesures , est de diverses formes : on a 1° Ja jauge brisée ou jauge diagonale, 9° la jauge à crochet, 3° la jauge à ruban. Cette dernière est un ruban gommé, divisé en 234 centimètres et au moyen duquel on prend les dimensions extérieures du vase, d’où l'on conclut sa capacité en déduisant l’épaisseur du bois.

Les deux autres sont des règles à quatre faces, dont chacune a 9 millimètres de large en hautet 6 en bas, et portent sur deux faces des graduations avec des numéros de 5

grés font un hectolitre. L'autre face qu’on appelle

en 5. Chaque degré indique un décalitre, 10 dé-

côté-faible, ne sert qu'aux barils de 15 à 30 litres; ici chaque degré équivaut à 1 litre.

On introduit la règle diagonalement par la bonde, jusqu’à ce qu’on rencontre le fond dans sa partie la plus basse, afin d'obtenir la plus grande distance oblique de ce fond au centre de l’orifice, au-dessous du bois. On note le chiffre qu’indique la règle : on la reporte de l’autre côté, pour s'assurer que le trou de la bonde est exactement au milieu de la pièce; s’il y avait une différence, on prendrait la demi-somme des deux résultats, et on aurait le nombre de décalitres que contient le tonneau.

On voit que la règle introduite par la bonde et allant rejoindre l'angle formé par le fond et le côté du tonneau représente l’hypothénuse d’un triangle rectangle, dont la demi-longueur de la futaille est un côté horizontal et le diamètre du fond un côté vertical : car on suppose que le tonneau a la forme d’un cylindre, dont la jauge traverse ainsi obliquement la demi-capacité.

L'importance du jaugeage des futailles comme moyen exact de l'assiette de l'impôt, a fait chercher tous les moyens possibles de perfectionner ces instrumens. Le détail des essais faits par Pellevilain et M. Allouard, bien que très-recommandables, ne peuvent pas trouver place ici; on le trouvera dans le manuel des employés de l'octroi de Paris.

JET D'EAU. (Hydrol.) Filet d’eau qui jaillit avec violence par l'ouverture d’un tuyau.

L'eau qui jaillit et s'élève en sortant du tuyau , ne le fait qu'en vertu de sa chute , c’est-à-dire, parce qu’elle sort d’un réservoir supérieur et qu’elle a acquis une vitesse égale à celle d’un corps pesant qui serait tombé de toute la hauteur du niveau du réservoir au-dessus

JE

de l'orifice du tuyau. (Voy. HypropynamiQue 3.) Or, suivant les lois de la chute des corps (voy. AGCÉLÉRE), un corps qui tombe perpendiculairement acquiert à la fin de sa chute une vitesse capable de le faire remonter à la même hauteur d’où il est tombé; et cela arriverait en effet pour le filet d’eau qui s’élèverait jusqu’au niveau du réservoir dont il sort, s’il ne rencontrait plusieurs obstacles. Lie premier de ces obstacles est le frottement de l’eau contre les parois intérieures du tuyau ; elle ne descend pas par conséquent avec toute la vitesse due à la chute, et la vitesse finale étant moindre que celle qui aurait lieu sans ce frottement, l'eau s’élance avec moins de rapidité et ne peut s'élever à une hauteur égale à celle de sa chute. Un second obstacle est celui que présente le poids des particules de l’eau qui retombent après s'être élevées aussi haut que possible et qui, rencontrant celles qui montent, leur donnent une impulsion en sens inverse. Aussi Torricelli a-t-il remarqué qu'un jet d’eau monte plus haut , lorsqu'il est dirigé obliquement à l'horizon , que quand il lui est perpendiculaire. Enfin un troisième obstacle est la résistance de l’air, au travers duquel le jet d'eau est contraint de passer ; cette résistance est si considérable que le diamètre du jet s’élargit à mesure qu'il monte, au point de devenir 5 ou 6 fois plus grand que celui de l'ouverture de l’ajutage; ce qui augmente éucore la résistance de l'air par l'augmentation de surface que l’eau divisée lui présente.

L'expérience a appris que la différence entre la hauteur du réservoir et celle à laquelle le jet s’élève, est sensiblement proportionnelle au carré de cette dernière hauteur; c’est-à-dire , qu’en désignant par À et L’ les hauteurs de deux jets, les différences de ces hauteurs avec celles des réservoirs seront entre elles comme BR? : h°?. Ainsi en admettant, d’après Mariotte, qu’un jet d’eau fourni par un réservoir dont la hauteur est 5 pieds 1 pouce, s'élève à 5 pieds, on trouvera que pour qu'un autre jet d’eau s'élève à 15 pieds, il faut que son réservoir ait une hauteur de 15 pieds 9 pouces; car d’après cette règle, les différences entre les hauteurs des jets et celles des réservoirs doivent être dans le rap- Portde UE r0= D Eh210 — 1x - 0:

Ce rapport des diminutions des hauteurs exige que l'ouverture des ajutages ait au moins 26 ou 27 millimètres de diamètre; car si cétte ouverture était plus petite, les résultats des calculs ne s’accorderaient plus avec l'expérience.

Quelle que soit la direction d’un jet, la dépense d’eau qu’il fait est toujours la même, pourvu que l’ajutage et la hauteur du réservoir au-dessus de l’ajutage soient les mêmes: C’est une conséquence nécessaire de la pression égale des fluides en tous sens.

Lorsque l'ajutage se dirige obliquement à l'horizon ,

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