‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 3)Chapitre 109 sur 346 · BA NS · texte numérisé non relu

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os post hac facile innotescant quæcumque de astris ac planetis, necnon de eorum variis orbibus, motibus, passionibus, etc., dici possunt, ingens et doctum volumen ter editun latinè et gallicè. Genève, 1599, in-folio. On voit par ce titre, où le savant est trahi par l’orgueil du lard, ane l'ouvrage de Bassantin, écrit d’abord en écossais, avait été publié en français. La traduction latine est de Jean Tornesius. Les autres ouvrages de Bassantin, sont : I. Paraphrases de l’astrolabe, avec une explication de l'usage de cet instrument. Lyon, 1555, — Paris, 1617; in-8°. IL. Super mathematic. genethliaca. WA. Arithmetica. IV. Musica secundum Plato-

nem. V. De mathest in genere.

BASTION ( rt de la guerre). Masse de terre revêtue de maçonnerie ou de gazon, placée en saillie sur les augles d’une place fortifiée, pour en défendre toutes les parties. Un bastion est formé par quatre lignes, deux desquelles font un angle saillant À ou B, vers la campagne ( loyez PL. XI, fig. 1 ), et que l’on nomme angle flanque. Chacune des deux autres lignes qui joignent les faces de l'enceinte, se nomme les flancs.

Voyez FonTiFIcATION.

BATARDEAU ( Fortif.). Massif de maçonnerie qui traverse toute la largeur d’un fossé d’une place forte pour en retenir les eaux. On construit ordinairement les batardeaux vis-à-vis les angles saillans des bastions et des demi-lunes; quelquefois ils tiennent lieu d’écluses au moyen d’une vanne qu’on établit au milieu , pour laisser écouler ou pour retenir les eaux suivant le besoin.

Les batardeaux sont employés lorsque les fossés de la place ne sont pas de niveau, qu'il y a de l’eau dans une partie et que l’autre est sèche, ou qu’on peut disposer de quelque ruisseau ou petite rivière pour la faire entrer dans le fossé : on construit alors ces ouvrages pour empècher l'écoulement dans les parties les plus basses.

BATN-ÉL-GEYTTORS (Astr. ). (Le ventre du Cétacée.) Ce nom altéré par nos astronomes en ceux de Batan-él-K aitos, Beten-Ketos, et mème de Bata-Kaïtos, est celui que donnent les astronomes arabes à une étoile du ventre de la Baleine. Cette étoile est marquée € dans les catalogues.

BATN-ÉL-HOAT (Astr.). (C'est-à-dire ventre du Poisson.) Nom donné par les astronomes arabes a troi étoiles, à la tête et à l’épine dorsale du Poisson boréal, c’est suivant eux la XXVIIT station de la Lune.

BATON DE JACOB (Astr.). Nom donné quelquefois aux trois étoiles situées en ligne droite sur la ceinture d'Orion.

BATYN ou ÉLB-ATTYN (4sur.). Nom douné par les Arabes à trois étoiles très-petites et très rapprochées

l’une de l'autre dans le ventre du Betier.

* BATTYAT ou BATTAT ( Astr.), (Le Vase). Nom donné par les Arabes, soit à l'étoile de la Coupe, commune avec la constellation de l'Æydre, soit à la constellation entière de la Coupe, dans laquelle ils comptent 7 étoiles. Ce nom, qui s'écrit plus correctement ÉtL Battyat, à été altéré par nos astronomes en celui d'Albatina. Les Arabes lui donnent aussi le nom d'Æ/- Kas ( Galice, Vase à boire), qui a été différemment désigné par les modernes ; car on le trouve écrit : Ælkis, Alches, Alkes, Alhas, Alhes, Alkarso.

BAYER (Jean), né à Augsbourg vers la fin du XV® siècle, s’est rendu célèbre par l'exécution d’un ouvrage fort important, dont la publication rendit à l'astronomie un service signalé. Ce fut en 1603 que, sous le titre d'Uranometria, il publia dans sa ville natale, où il exerçait le ministère évangélique, une description des constellations célestes, et le catalogue des étoiles qu’elles contiennent. Bayer eut l'heureuse idée de désigner chaque étoile par une lettre grecque ou latine, désignation qui a été depuis adoptée par tous les astronomes, et qui facilite considérablement Îes études et les recherches uranographiques. D'après sa méthode, que nous avons suivie dans cet ouvrage, la principale étoile d’une constellation, ou celle qui parait la plus brillante et la plus belle est marquée x, la seconde 8, la troisième y, et ainsi de suite jusqu’à ce que alphabet grec ne suffise plus: alors on se sert de lettres latines, et enfin de chiffres arabes, si ce dernier alphabet devient également insuffisant.

L'ouvrage de Bayer fut accueilli avec distinction dans le monde savant, quoique son exécution typographique laissât beaucoup à désirer. Bayer n'avait probablement pas fait attention que si un dessin est gravé tel qu'il doit être vu, il en résulte qu'à l'impression le côté droit devient le côté gauche sur le papier. Voilà aussi pourquoi les figures de l'Uranometrie paraissent toutes à l'envers. Mais ce défaut n’est pas essentiel dans un travail de ce genre, dont la classification méthodique des étoiles est la pensée importante.

La plupart des biographes confondent mal à propos, avec l'ouvrage de Bayer, le Cœlum stellarum christanum qui parut en 1627. Cette dernière œuvre à laquelle il n’est pas impossible cependant que Bayer ait contribué, au moins par ses conseils, appartient à Jules Schiller, un de ses compatriotes. C'était un jeune homme d’une piété exaltée, qui, choqué de voir les astres et les constellations désignées toujours sous des noms mythologiques, conçut le dessein de leur en imposer de plus con- ! formes à la religion chrétienne, et de substituer aux figures antiques des figures tirées de la Bible. En conséquence, il plaça les douze apôtres dans le zodiaque, et donna aux constellations méridionales des roms puisés

dans l'Ancien Testament, et il prit dans le Nouveau

BE ceux qu'il appliqua aux constellations septentrionales. Cette entreprise bizarre, qui ne tendait à rien moins qu'a entraver les études astronomiques, en portant dans cette science d’inutiles embarras, ne pouvait avoir aucun succès.

On sait peu de choses intéressantes sur la vie de Jean Baver. Le zèle ardent et souvent peu éclairé avec lequel il remplit les devoirs de son ministère, lui suscita des chagrins et de ficheuses affaires. C’est sans doute cette exaltation religieuse dont il a donné trop de preuves, qui lui a fait attribuer une grande part dans la composition de l'ouvrage de Schiller. Il fut, dit-on, anobli en 1669 par l'empereur Léopold. Il n’a, au reste, publié aucun autre ouvrage que celui dont il a été question dans cette notice. Barert Rhaïnani (Joh.), Uranometria, omnium asterismorum continens schemata. Augustæ-Vindelicorum, 1603. — Ulmiæ, 1723, in-folio, fig.

BEAUNE (FLrormmoxp pe), né à Blois en 1607 , géomètre célèbre, dont l’amitié de l’illustre Descartes récompensa les travaux et honora la vie, entra d’abord dans la carrière militaire. Les habitudes de cette pro-

-fession convenaient peu à son caractère paisible et à ses

goûts solitaires. Il quitta l'épée pour la toge, et acquit une charge de conseiller au présidial de sa ville natale. C’est là qu’il passa le reste de ses jours, dont il partagea les instans entre l'étude et les devoirs de sa magistrature. On ignorait néanmoins quelle science Florimond de Beaune cultivait avec tant de zèle, lorsque la géométrie de Descartes parut. La France , peu soucieuse ordinairement de ses véritables grands hommes, aurait eu la honte de méconnaitre cette production supérieure, si un magistrat obscur, d’une petite ville, dont le talent jusqu'alors était aussi ignoré que la vie, eût pris en main, du fond de sa retraite, la gloire de Descartes, et n’eût entrepris d'expliquer son œuvre à son pays. l'iorimond de Beaune ne se contenta pas d'avoir obtenu l'intelligence de la géométrie cartésienne, il voulut encore en sonder les profondeurs et en dévoiler les mystères à ses contemporains. Il rédigea des notes dans le but d'éclaircir les endroits de cet ouvrage qui, dans l’état où se trouvait alors la science, auraient pu passer pour obscurs, et il soumit ses observations à Descartes lui-même, avec lequel il avait eu l'occasion de se lier en 1626. C'est là une de ces amitiés qui donnent la gloire. On trouve dans la csrrespondance de cet illustre philosophe (Voy. Lettres de Descartes, tome HE, p. 254 et suiv.) la haute opinion et la reconnaissance que lui inspirèrent les travaux de son ami. À cette époque, Florimond de Beaune était jeune encore, puisque c'est seulement en 1637 que parut la géométrie de Descartes. Il se fit le défenseur de ce grand ouvrage avec tout le zèle de la science et l'ardeur d’une noble anitié. Il réduisit au silence les

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envicux et les demi-savans, toujours empressés de flétirles plus belles œuvres du génie, et parvint à faire partager son admiration pour la nouvelle géométrie à tout ce que la France renfermait alcrs d'hommes capables d’en apprécier les conceptions élevées. On voit, dans la correspondance dont nous avons parlé, que Descartes faisait plus de fond sur les lumières et Papprobation de Florimond de Beaune, que sur celles de tous les autres géomètres qui s'étaient prononcés en faveur de son ouvrage. Un pareil éloge suffit à la vie d'un homme; mais l’ami de Descartes a d’autres titres encore à la gloire que dispense la science. Le premier, il formula la proposition de déterminer la nature d’une courbe par les propriétés données de sa tangente. C’est ce qu'on appelle aujourd’hui la méthode inverse des tangentes, parce qu’elle est en effet l'inverse de celle qui sert à trouver la tangente par les propriétés de la courbe. Dans une de ses lettres, Descartes loue beaucoup son ami de quelques découvertes qu'il avait faites à ce sujet. « Pour vos lignes courbes, dit-il, la pro- » priété dont vous m’envoyez la démonstration m'a » paru si belle, que je la préfère à la quadrature de la » parabole trouvée par Archimède; car il examinait » une ligne donnée , au lieu que vous déterminez l’es- » pace contenu dans une qui ne l’est pas encore. »

On croit que ce fut à cette occasion que Florimond de Beaune proposa à Descartes un problème qui est devenu célèbre, et qui a retenu son nom. Il s'agissait de trouver la construction d'une courbe, telle que le rapport de l’ordonnée et de la sous-tangente fut le même qüe celui d’une ligne donnée et d’une portion de l’ordonnée comprise entre la courbe et une droite tirée de l'origme , formant un angle de 45° (Voy. Actiones calculi integralis de Jean Bernouilli). Florimond de Beaune est encore l’auteur d’une théorie nouvelle en algèbre, celle des limites des équations ,

avec l'axe des x

théorie très-utile pour leur résolution. Foy. Équartox.

En 1644, Descartes avait été à Blois rendre visite à son ami : il passa quelque temps avec lui, et sa correspondance témoigne en plusieurs endroits de tout le charme qu'il trouva dans la société de ce savant modeste. La géométrie n’occupa pas seule la studieuse vie de Florimond de Beaune. Il s’'adonna aussi à la construction des télescopes ; et ses succès dans les perfectionnemens dont ce puissant instrument était susceptible, l'avaient mis de bonne heure en relation avec Bouillaud , Midorge, le père Mersenne et d’autres savans astronomes, Une maladie cruelle l’enleva à 51 ans à ses anis, qui honoraient son caractère , à la science, qu'il cultivait avec tant de distinction. On comprendra difficilement aujourd'hui qu'il ait fallu lui faire subir l'amputation d’un pied pour le guérir d'une goutte même opiniatre et maligne. Ce furent les suites de cette

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