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été indiqués plusieurs fois, et que la routine aveugle a lconstamment repoussés. M. Person, dans son Recueil le mécanique, propose une nouvelle forme de brouette ‘où le caisson est construit de manière que son centre de gravité porte le plus directement possible sur l’essieu formant le poiut d'appui du brancard (/oy. PL. XII, fig. 2). De cette manière, le plus grand bras du levier formé par le brancard se trouve beaucoup moins chargé et le conducteur peut mettre la brouctte en mouvement avec moins de force. On peut faire usage de ce principe sur les brouettes ordinaires et éviter les frais de nouvelles constructions en prolongeant en b (Foyez PL. XIT, fig. 1) les deux jumelles au-delà de l’essieu pour ÿ adapter un massif de plomb ce. Alors le brancard devient levier du premier genre; et la charge c de son petit bras balançant une portion du poids que porte le grand bras, diminue d'autant l'effort du conducteur.
BROUNKER (Guirraume), lord, vicomte de Castle- Lyons, mathématicien anglais célèbre par sa découverte des fractions continues, naquit en 1620. Attaché à la cause royaliste, il fut un des nobles qui signèrent la fameuse déclaration de 1660 en faveur de Mouk. Après la restauration, il fut chancelier de la reine Catherine, garde du grand sceau, et l’un des lords commissaires de la Tour. Il était du nombre des savans dont la réunion forma la Société royale de Londres. il en fut élu président. Lord Brounker cultivait les sciences mathématiques avec beaucoup de distinction; mais ce qui lui mérite l'honneur d'être cité parmi les plus grands géomètres, c’est son invention des fractions continues. Wallis a publié sa découverte et la méthode par laquelle le noble savant v est parvenu (Voyez Fracrions conrinuEs et Wazis). Lord Brounker est mort à Westminster, en 1684. On trouve plusieurs égrits de lui dans les Transactions philosoplhiques,
BURIN (A4str.). Constellation méridionaie établie par La Caille dans son planisphère austral. Elle est placée entre l’Éridan, la Colombe et la Dorade. Son étoile principale est de la cinquième grandeur.
BYRGE (Jusre), mécanicien et astronome célèbre, naquit à Lichstensteig, en Suisse, vers l’année 1549. Guil- Jaume IV, landgrave de Hesse, dont le nom est cher aux sciences, auxquelles il accorda une généreuse protection, appela Byrge à Cassel, où sa réputation d’astronome et de mécanicien l’avait devancé. Il y construisit plusieurs instrumens d'astronomie et diverses machines remarquables par leur singularité, et se livra aux observations astronomiques avec son protecteur, qui cultivait spécialement cette science. En 1597, et après la mort de Guillaume, Bvyrge fut nominé mécanicien de l’empereur. Képler le représente (voy. Tasces Runozrmnes, fol, H)
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comme un homme doué de beaucoup de génie, vais pensant si modestement de ses inventions, et si indifférent pour elles, qu’il les laissait enfouies dans la poussière de son cabinet. C’est par cette raison , ajoute ’ulustre auteur, que, quoique fort laborieux, il ne donna jamais rien au public par la voie de l'impression. Il paraît que, sous ce dernier rapport du moins, Képler était dans l'erreur. Benjamin Bramer, son disciple et son beau-frère, dans un ouvrage qui a pour objet ja description d’un instrument pour la perspective et le levé des plans, s'exprime ainsi: « C’est sur ces principes que mon cher beau-frère et maître Juste Byrge a calculé, il y a vingt ans (cet ouvrage paraissait à Cassel ea 1630), une belle table des progressions , avec leurs différences de 10 en 10, calculées à 9 chiffres, qu’il a aussi fait imprimer sans texte à Prague, en 1620; de sorte que l'invention des lagarithmes n’est pas de Néper, mais a été faite par Juste Byrge long-temps avant. » Une telle prétention ne pouvait manquer d’exciter l’attention des savans. On objecta avec raison que, en supposant que Byrge eut publié ses tables en 1620 , on ue pouvait en conclure qu’il eut découvert les logarithmes avant Néper, dont l’ouvrage avait paru en 1614. Cette date est importante pour fixer l'opinion sur le mérite de l’antériorité, qui est demeuré à Néper.
L'ouvrage de Byrge ne se retrouva pas; et ce fut le hasard qui le fit découvrir vers 17940, par Gotthelf Koœstner, géomètre allemand, connu par un traité de gaomonique analytique. Ce savant fut conduit, par le passage de Bramer que nous venons de citer, à reconnaitre les tables de Byrge parmi d’autres, qu'il avait achetées avec quelques anciens ouvrages mathématiques, qu'il n'avait jamais examinés. Voici la traduction du titre qu’elles portent : « Tables progressives, arithmétiques et géométriques , avec une instruction sur la manière de les comprendre et de les employer dans toutes sortes de calculs, par J, B. (Juste Byrge), imprimées dans la vieille Prague, 1620. »
Ces tables se composaient de sept feuilles et demie d'impression in-f°; mais on n’y trouve pas l'instruction annoncée dans le titre. D'où l'on a dû conjecturer que quelques circonstances particulières avaient empêché la continuation de cet ouvrage. Kæstner fit savoir qu’elles n'étaient pas de la forme des tables logarithmiques ordinaires. Dans celles de Byrge, ce ne sont pas les nombres, mais les logarithmes , qui croissent arithmétiquement de 10 en 10; ils sont imprimés en rouge, et les nombres naturels exprimés en 9 chiffres sont imprimés en noir, en regard , de cette manière :
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Nous n’accorderons pas plus d’étendue à cetexemple, qui suffit pour donner une idée de la marche adoptée par Byrge. Sans doute, c’est à Néper qu’appartient la gloire de cette découverte ; mais il est impossible de ne pas rendre justice au talent de Byrge, à qui une occasion seule a peut-être manqué pour être associé à l’honneur de cette ingénieuse invention. Byrge mourut à Cassel
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en 1633, ägé ainsi de quatre-vingt-un ans. On a attribué
à cet habile mécanicien l'invention du compas de proportion ; mais son instrument ayant été décrit par Levin Holstius, dans son ouvrage intitulé : Tractatus ad geodesiam spectantes ; où l'on en trouve aussi la gravure; il en résulte que le compas de Byrge n’est autre chose que le compas de réduction. Voy. Gompas et GALILÉE.
CA CABESTAN (Mec.). Treuil vertical, que l’on fait
tourner circulairement avec des barres ou leviers horizontaux. Il se compose d’un roulean de bois cylindrique ou un peu conique AB (voy. FL. XIT, jig. 5), posé verticalement dans un bâtis de bois, et dont la tête cubique A est percée de manière qu'on puisse y introduire les leviers GE et HF, qui servent à le faire tourner.
Avec cette machine, on peut vaincre de très-grandes résistances à l’aide d’une force beaucoup moindre. Pour s’en servir, on fait faire plusieurs tours à la corde CD, qui tient en D le fardeau à mouvoir; on fixe l’extrémité de cette corde, ou on la fait tenir par des hommes, et on en applique d’autres aux leviers GE et HF. Lorsque ces derniers font tourner le cylindre, la corde se roule de plus en plus autour, en faisant avancer la résistance D. Il est évident que le cabestan agit comme un levier du premier genre, ou plutôt comme un assemblage de leviers, et que le bras de la résistance est plus court que celui de la puissance; car le premier est le demi-diamètre, ou le rayon du cylindre, tandis que le second est ce même rayon prolongé de la longueur des leviers en croix.
Plus ces leviers seront longs, plus la puissance deviendra capable de surmonter une plus forte résistance , seulement il lui faudra plus de temps, parce qu’elle aura eu un plus grand espace à parcourir. Foy. Treuiz et Levier.
Cette machine est employée sur les vaisseaux pour lever les ancres où autres fardeaux, auxquels sont amarrés les cäbles que l’on fait passer autour du cylindre. Pour cet effet, il y a ordinairement deux cabestans sur les vaisseaux; savoir, un grand, qu’on appelle cabestan double, et un petit, qui est le cabestan ordinaire. Le cabestan double est placé sur le premier pont, derrière le grand mât; il s'élève jusqu’à quatre ou cinq pieds audessus du second pont. Son nom de cabestan double lui vient de ce qu’on peut mettre des hommes sur les deux ponts en même temps pour le faire tourner, et doubler
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ainsi sa force. Il sert particulièrement à lever les ancres Le cabestan ordinaire est placé sur le second ou le troisième pont, et sert à hisser les mâts de hune et les grandes voiles, et dans toutes les occasions où l’on peut lever les ancres avec peu de force.
Il existe aussi des cabestans mobiles, qu’on peut transporter avec facilité d’un lieu à un autre. Ils servent dans l'architecture, ou plutôt dans la construction des bâtimens, pour mettre en mouvement les grosses pierres.
Le cabestan est sujet à plusieurs inconvéniens, qu’on n'a pu encore corriger. Il exige un homme qui serve uniquement à faire filer le câble au fur et à meswe qu'il s’enroule, pour que les tours qu’il fait sur le cylindre ne sy accumulent pas. La partie du câble qui s’enveloppe, s’élevant ou s’abaissant progressivement , on est obligé de temps en temps d’arrêter la machine, afin de remettre le cäble dans la position qu’il doit occuper. Cette opération, que les ouvriers nomment choquer ; fait perdre un temps considérable,
L'Académie des sciences de Paris proposa pour sujet de prix, en 1739, de trouver un cabestan qui eût les avantages de l’ancien, sans en avoir les défauts. Ce prix, qui ne fut pas remporté, fut remis au concours en 1741. et, sur un très-grand nombre de mémoires, les quatre suivans furent couronnés: Discours sur le cabestan, par Jean Bernouilli le fils; Dissertation sur la meilleure construction du cabestan, par un anonyme ; De ergatæ navalis præstabiliore usu , dissertatio|, auctore Joanne Poleno; Recherches sur la meilleure construction du cabestan, par Ladot, avocat en parlement. Trois autres mémoires obtinrent des accessits ; ce sont : A/Cmoire sur le cabestan, par de Pontis; Recueil d'expcriences sur le cabestan, par Fenel, chanoine de Seus; Cabestan à ccrevisses et cabestan à bras, par Delorme. Ces sept mémoires furent imprimés en 1745. Toutefois, l’Académie dit dans son avertissement qu’elle n’a trouvé aucun des cabestans proposés exempt d’inconvéniens ; mais elle reconnait qu'il y a d’excellentes choses, prin-
cipalement sous le rapport de la théorie dans chacun des ouvrages couronnés. :
En 1793, un ingénieur mécanicien français, nommé Cardinet , présenta au bureau de consultation un cabestan d’une construction plus simple que tous ceux proposés jusqu'alors, et dans lequel on évite Fopération de choquer. Cardinet s’est à la vérité servi d’une invention qu’on trouve dans les mémoires cités ci-dessus de Jean Bernouilli et de Ladot; mais il l'a considérablement perfectionnée ; et sa machine offre des avantages incontestables. En 1594, E. C. de La Lande, professeur de mathématiques à l’école de La Flèche, inventa un nouveau cabestan que l'illustre Borda déclara supérieur à
, tout ce qui avait été fait avant. Voyez, pour ce qui concerne le cabestan : Recueil des pièces qui ont remporté le prix de Académie, tome V ; et le volume intitulé Mouvement des fardeaux , du Traité de mécanique appliquée aux arts, de M. Borgnis.
CADMUS (Astr). Nom de la constellation du S$erpentaire. Voy. ce mot.
CADRAN SOLAIRE (Gnom.). Instrument sur lequel sont tracées des lignes qui indiquent l'heure par Jombre d’un style ou par un ravon solaire. Foy. Gxo- MONIQUE.
CAILLE ( Nicozas-Louis DE La), l’un des plus célèbres et des plus savans astronomes du dernier siècle, est né à Rumigny, près de Rosoy en Thierache, le 15 mars 1713. Il terminait ses études au collége de Lizieux, où il s'était déjà fait remarquer par son application et son goût pour les sciences, quand son père mourut, et le laissa sans ressources. Heureusement pour cet enfant qui donnait de si belles espérances , le duc de Bourbon, protecteur de sa famille, vint à son secours, et lui fourait les moyens de se livrer à des études d'un ordre élevé. La douceur du caractère de La Caille, la générosité de son cœur, son ardeur pour le travail, lui avaient dèslors concilié l'amitié de ses maitres et de ses condisciples; ses succès éclatans ne tardèrent pas à justifier l'intérèt qu'il inspirait à tout le monde. Le moment arriva enfin où il dut songer sérieusement au choix d’une carrière. Son père, ancien officier d'artillerie, qui s'était retiré à Anet où il était attaché à la duchesse de Vendôme comme capitaine des chasses, lui avait de bonne heure inspiré ie goût des sciences , etl’avait même initié à la connaissance des mathématiques qu'il appliquait spécialement à la mécanique. Le jeune La Caille, conservant dans un âge plus avancé Fheureuse direction d'idées qu'il avait recues dès l'enfance, résoiut de se youer à l'état ccclésias-
Üique, qui pouvait 4 la fois iui assurer une existence in-
dépeñdante, et:lui offrn: assez Ge loisirs pour culuüver
les hâutes sciences, vers desquelles l'entrsineit un pen-
chant qui se développait eu hui de sus enpibas Dé
cette époque. La Caille avait dirige toutes &c
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vers l’astronomie, que, durant son cours de théologie, il étudiait en secret, saus instrumens et presque sans livres. [1 fit cependant des progrès si remarquables dans cette science, que le savant Fouchy, auquel il fut recommandé peu de temps après, eu 1736, s’étonna qu’un jeune homme de 23 ans eût pu pénétrer aussi avant daus ces connaissances supérieures.
La Caille ayant éprouvé quelques contrariétés à l’époque où il subit son premier examen théologique, à l'issue duquel il reçut le sous-diaconat , se détermina à ne point chercher d'autre avancement dans les ordres. La hardiesse et la nouveauté de quelques-unes de ses réponses avaient irrité l'un de ses examinateurs, vieux docteur habitué aux subuilités de l’école, et aux yeux duquel l'indépendance des idées était un crime irrémissible. On fut sur le point de lui refuser le titre de maitre-ès-arts, et le jeune La Caille comprit sans doute qu'il aurait de noimbreux obstacles à vaincre dans Ja carrière qu'il avait voulu embrasser : il renonça dès ce moment à la théologie, et se livra sans réserve aux observations de la science qu’il afféctionnait. Ce fut dans ces circonstances que l'abbé La Caille fut présenté à Jacques Cassini, qui, appréciant ses talens, l’accueillit avec bonté, et lui donna même un logement à l'Observatoire. Il se trouva ainsi en possession, dès son entrée dans la carrière, d'une position qui lui offrait l’inappréciable avantage de pouvoir vérifier les observations des meilleurs maitres à l’aide des instrumens les plus puissans et les plus parfaits qu'on possédät alors. Dès l’année qui suivit sou entrée à l'Observatoire, l'abbé de La Caille fit, avec Maraldi qui l'avait pris en amitié, la description géographique de la France, depuis Nantes jusqu'à Bayonne. On s'occupait à cette époque de la vérification de la méridienne. L’exactitude et la précision que La Caitle avait mises dans son premier travail, le firent juger digne d’être associé à cette grande et importante entreprise. 1 commença ses opérations le 30 avril 1730, ct avant l'expiration de cette année, il avait achevé tous les triangles, dit le plus illustre de ses biographes, depuis Paris jusqu'à Perpignan; mesuré les bases de Bourges, de Rhodès et d'Arles; observé les azimuts ct les distances des éioiles au zénith à Bourges, Rhodès et Perpignan ; et avait enfin pris la plus grande part à la mesure du degré de longitude qui se termine au port de Cette. La Cuille, en continuant ses travaux pendant le rigoureux hiver de 1740, eutl'occasion de démontrer, par des calculs d’une exactitude inattaquable, que les soupçons sur la vraie longueur de la base de Picard, iesurée par cet acadéwicien, en 1669, en s'appuyant sur le moulin de Juvisy, étaient fondés. Il trouva que cette base était non de 5,663 toises, comme Picard l'avait mesurée, mais seulement de 5,657, c'est-à-dire moindre
d'euvitca une toise par mille, et que par conséquent la
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toise dont s'était servi Picard était au moins d’une ligne plus courte que celle de l’Académie. Cette différence étant enfin bien reconnue et constatée, La Caille procéda avec Gassini à la vérification des triangles depuis Paris jusqu’à Dunkerque. A peu près à cette époque ; ces deux astronomes se livrèrent à une autre opération non moins importante, et qui confirme comme la mesure exacte du méridien, l’aplatissement de la terre : c’est la mesure d’un.degré du parallèle passant au 43° + de latitude. Ils trouvèrent la longueur de ce degré égale à 41,358 toises, tandis qu'il cût du être moindre de 260 toises dans l'hypothèse de ia terre sphérique, et de plus de 500 dans celle de la terre allongée. Foyez Menibirx.
Pendant que l'abbé La Caille se livrait ainsi à ces utiles travaux, le docteur Robbe, sur la foi de sa réputation, le nomma professeur de mathématiques au collége Mazario. Les devoirs de ses nouvelles fonctions suspendirent la continuation de la méridienne dans la partie du nord, qu'il termina en quelques mois lautomne suivant. À époque de la révolution française, et lorsqu'il fut question de prendre pour ünité de mesure la dix-millionième partie du quart du méridien, Delambre et Méchain furent chargés de refaire et de vérifier avec des moyens nouveaux la plus grande partie des travaux de La Calle. Le premier de ces savans , qui a rendu aussi d’importans services à l’astronomie , et qui est le biographe que nôus avons cité plus haut, ne parle de ces travanx qu'avec un sentiment de respect et d’admiration qui honore son caractère et ses talens. Nous croyons devoir lui emprunter ici quelques traits particuliers de la vie scientifique de La Calle, car nous avons déjà eu loccasion de le dire, il est rare que toute la vie d’un homme de science ne soit pas renfermée dans l’histoire de ses travaux, et il n'existe guère plusieurs manières de les exposer.
Au retour de ses excursions pour la mesure du méridien, La Caille se livra aux calculs qu’entrainait une si longue opération, et, par la comparaison des divers arcs qu'il avait mesurés, il démontra que les degrés allaient en croissant de l'équateur vers le pôle, conclusion diamétralement opposée à celle qui résultait de l’ancienne mesure. En 1741, La Caille entra à l'Académie des sciences, et de cette époque date la plus grande partie des écrits qu’il a consacrés à la partie théorique de la science qu’il pratiquait avec tant de zèle et de distinction. Ses traités de géométrie, de mécanique, d'astronomie et d'optique, qui se succédèrent à des intervalles trèsrapprochés, prouvent avec quelle assiduité il remplissait ses fonctions de professeur. Ses éphémérides et les nombreux et-importans mémoires qu'il publia dans le recueil de l'Académie des sciences, ses calculs d'éclipses pour dix-huit cents ans, insérés dans la première édition de l'Art de vérifier les dates, prouvent aussi avec quelle ar-
deur il poursuivait ses travaux astronomiques. ILavait entrepris la vérification des catalogues d'étoiles, Les lunettes méridiennes étaient presque inconnues en France, et celles qu’il avait pu avoir ne lui inspirant que peu de confiance, il s’attacha à la méthode des hauteurs correspondantes, qu’il regardait comme la seule qui püt lui assurer l'exactitude à laquelle il aspirait. Fidèle à cette méthode pénible qu’il avait préférée pendant quatorze aps, La Caille passa les jours et les nuits à observer le soleil, les planètes, et surtout les étoiles, pour rectifier les catalogues et les tables astronomiques. On lui avait abandonné les deux secteurs de six pieds, avec lesquels il avait mesuré la méridienne de France, Ce travail lui inspira l’idée d’une expédition lointaine, qui a offert à la science des résultats importans. Nous en parlerons avec quelque détail.
Ce fut en 1751 que l'abbé La Caille, dans le but de connaitre et de vérifier les étoiles australes qui nese lèvent jamais sur l'horizon de Paris, entreprit de faire un voyage au cap de Bonne-Espérance. Ce déplacement devait en outre offrir d’importans avantages pour l’observation de la parallaxe de la lune, de celle de Vénus et de Mars, comme pour les réfractions, Le judicieux La Caille embrassa d’un coup d’œil ces diverses circonstances , et se prépara à son expédition, pour laquelle il obtint facilement l’assentiment du gouvernement et de l'Académie des sciences. Il donna avis de son voyage à tous les astronomes de l'Europe ,'daus l'espoir que quelques-uns d’entre eux se joindraient à lui : un horloger seul l’accompagna. La Caille rapporte lui-même qu’à son arrivée au Cap, il crut, durant plusieurs mois, qu’il ne pourrait atteindre l’objet de son voyage. Lorsque le vent de sud-est, qui se fait sentir fréquemment dans ces latitudes, venait à souffler, tous les astres paraissaient dans une agitation continuelle; les étoiles même pre: naient la figure et les apparences des comètes , et la violence du vent ébraulant les instrumens, il devenait à peu près impossible de se livrer à des observations suivies. La persévérance de La Caille, etson zèle pour la science, triomphèrent néanmoins de ces obstacles imprévus, et il observa avec une étonnante précision jusqu’à dix mille étoiles, dont il fut obligé de former quatorze nouvelles constellations, pour les lier méthodiquement entre elles. Hevélius et Halley avaient aussi précédemment formé des constellations nouvelles (voyez ce mot); mais ces savans astronomes avaient fait entrer quelques vues personnelles dans les noms qu’ils leur avaient imposés. La Calle suivit une autre marche, et voulut consacrer sa découverte aux sciences et aux arts. Ou trouve le nom de ces constellations placées dans l’ordre des ascensions droites, et telles qu'il les rapporte lui-même, dans es Mémoires de l'Académie des sciences de 1752, et dans
le journal de son voyage, ainsi qu'il suit :
2°. L'ATELIER DU SCULPTEUR : il est composé d’un scabellon qui porte un modèle , et d’un bloc de marbre sur lequel on a posé un maillet et un ciseau; 9° Le rounxeau CHIMIQUE avec son alambic et son récipient; 3° L'non- LOGE à pendule et a secondes; 4° LE RÉTICULE RHOMLOÏIDE, petit instrument astronomique composé de plusieurs fils, et qui se place au foyer d’une lunette pour mesurer le diamètre des astres ; 5° Le suriN pu craveur: la figure est composée d’un burin et d’une échoppe en sautoir liés par un ruban ; 6° Le cuevaLer Du PEINTRE auquel est attachée une palette; 5° La BOUSSOLE Où LE com- PAS DE MER; 8° LA MACHINE PNEUMATIQUE avec son récipient , instrument qui appartient à la physique expérimentale; 3° L’ocrantT ou LE QUARTIER DE RE- FLEXION dont on se sert en mer pour observer les latitudes et les longitudes; 10° Le compas; 11° L’ÉQuERRE XT LA RÈGLE, attributs de l'architecture, auxquels il ajouta en forme de niveau, le triangle austral qui subsistait déja; 12° LE TÉLESCOPE Où LA GRANDE LUNETTE ASTRONOMIQUE suspendue à un mât; 13° LE micROSCOPE : comme attribut de l'histoire naturelle, cet insrument est représenté par un tuyau placé au-dessus d’une boîte carrée ; 14° LA MONTAGNE DE sARLE, nom d’un lieu cé-lèbre au cap de Bonne-Espérance, où La Caille acheva son grand travail sur les étoiles ; il l’a placée au-dessous du GRAND NUAGE, pour faire allusion à un nuage blanc qui couvre cette montagne aux approches des vents violens du sud-est. La Caille, en formant ces quatorze constellations, indiqua par des lettres grecques et latines, suivant la méthode employée par Bayer, en 1600, chacune des étoiles visibles à l'œil nu. Il reforma sous quelques rapports les catalogues de cet ancien astronome, en chanreant les lettres qu'il avait mal à propos attribuées aux étoiles de diverses constellations.
Le voyage de La Caille dura quatre ans, et ses découvertes, auxquelles on a justement donné le nom de conquête astronomique, ne coùtèrent au gouvernement, en y comprenant les frais de construction ct d'instrumens ; que la somme de 9,144 livres 5 sous. Le modeste et scrupuleux La Caille, dont la naïve probité étonna, diton, les agens du trésor royal, lorsqu'il leur rendit ses comptes, fut épouvanté de la célébrité et de la gloire que son noble dévouement aux progrès de la science venait de lui acquérir. À son retour à Paris, en 1754; il fut accueilli avec un empressement qu'il était loin de rechercher, et auquel il se déroba en s’enfermant dans l'observatoire qu’on avait construit pour lui en 1748, au collége Mazarin. Il eut un moment le projet, dont ses amis eurent de la peine à le détourner, de se retirer dans une province méridionale, où les importuns et les curieux ne vinssent pas troubler ses études solitaires. Cette époque de la vie de La Caille est celle oùil produisit ses plus importans ouvrages. On est surpris
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de l'inmensité des travaux qu'a atégimpiis € isa lux ctsavanl astronome, durant une carrière malheureusenient si courte, dont il trouva encore le moyen de con- Sacrer une parue à la pratique des plus douces vertus, etaux devoirs de l'amitié. (Voyez Boueuer.) Un violent accès de goutte vinttout à coup interrompre les travaux de La Caille; mais il les reprenait avec une ardeur inprudente durant les intervalles de repos que lui laissait Ja douleur. Ce fut ainsi qu'il usa ce qui lui restait de forces, et qu'il contracta une maladie mortelle, eu passant les nuits, pendant un hiver entier, couché sur les dalles de san observatoire, pour achever son catalogue des étoiles. Il avait déjà éprouvé au Cap la fièvre violente dont il fut saisi. Le repos alors l'avait guéri sans le secours de l’art; les talens des médecins de Paris lui furent moins favorables. Il vit approcher ses derniers momens avec le calme et la résignation d’une âme forte et religieuse, fit de nombreuses dispositions qui prouvent jusqu’à quel point il avait conservé l’usage deses facultés, et il mourut le 21 mars 1562, à peine âgé de 49 ans. Sa perte fut grande pour la science ; et les ombreux travaux de La Lande, qui se glorifiait d’avoir été son disciple, ne la firent point oublier. La Caille est un des hommes les plus remarquables qu’ait produits la France, Son noble caractère ne se démentit jamais. Simple dans ses goûts, modeste, laborieux, on aurait dit que la gloire le fatiguait, et qu'il fuyait la célébrité avec autant de soin que d’autres en mettent à exalter un mérite douteux. Accueilli par les chefs de la secte encyclopédique, sa raison fut assez forte pour dérober sa jeunesse à l'entrainement des idées qui emportaient alors la France, idées fatales contrelesquelles elle estenfin entrée en lutte, dans sa généreuse ardeur de rénovation et de progrès. Les principaux ouvrages de l'abbé La Gaille sont : 1. Astronomiæ fundamenta, etc. Paris, 1957, in-40. Il. Cœlum australe stelliferum. Paris, 1700 , in-4°. C’est dans cet ouvrage que sont consignées les découvertes et les observations faites par l’auteur au cap de Bonne-Espérance. III. Tables des logarithmes pour des sinus el tangentes de toutes les minutes du quart de cercle, etc.; édition revue par l'abbé Marie. Paris, an vu (1799), in-8°. IV. Tables solaires, etc. Paris, 1758. V. Lecons élémentaires de mathématiques. Paris, 1741-1807, in-8°. VI. Lecons de mécanique, 1743, in-8°. VII. Leçons d'astronomie, 1746, 4° édition, publiée par La Lande, 1730. VIIL. Élemens d'optique. Paris, 1750-1807 et 1808, IX. Éphémerides depuis 1745 jusqu'à 1775. La Caille est aussi l’auteur d’un Zraité de navigation, d'observations faites au cap de Bonne-Espérance pour les parallaxes de Vénus et de Mars, etc.
CALCUL. Réalisation des opérations qu'il faut faire sur les nombres donnés par une question pour en connaitre le résultat. Ce mot est dérivé de calculus, pierre,
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parce que les anciens employaient de petites pierres pour effectuer les règles de l'arithmétique. On l’étend encore à toutes les branches de lx science des nombres qui emploient des procédés qui leur sont propres pour exécuter des recherches ou des opérations mathématiques. C’est daus ce sens que l’on dit calcul différentiel, calcul des variations, ete., etc. Nous avons ainsi :
CaLcuL DIFFÉRENTIEL, V0Y+ DiFFÉRENTIEL.
CALCUL INTEGRAL, v0Y. INTEGRAL.
CALCUL DES FONCTIONS , voy. Foncrion.
CALCUL DES LIMITES, v0y. LIMITES.