‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 3)Chapitre 186 sur 346 · JON · texte numérisé non relu

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La théorie des combinaisons reçoit de nombreuses applications dans diverses branches de l'algèbre, telles que la théorie des équations , le calcul des probabilités, etc., etc. On les trouvera aux articles consacrés à ces divers objets. F’oyez aussi PERMUrATION.

COMÈTE (Astr.) (de youn, chevelure). Corps lumineux qui apparaît dans le ciel, presque toujours accompagné d’une trainée de lumière, et qui, pendant le temps de son apparition, a un mouvement propre généralement semblable à celui des planètes.

Avant qu'on eût découvert le télescope, et suivi avec exactitude le cours de ces masses lumineuses depuis l'instant où il est possible de les apercevoir, jusqu’à celui où elles se perdent dans l’espace, elles semblaient apparaître et disparaître presque subitement, et leur présence imprévue les faisait regarder comme l'annonce de grands événemens. Si le progrès des sciences astronomiques ne permet plus aujourd'hui d’attacher aucune idée superstitieuse à des phénomènes soumis, comme tous les autres, à des lois fixes et déterminées ; si la science est enfin parvenue à un degré assez élevé pour pouvoirsuivre dans les champs sans limites de l'univers la marche de ces corps singuliers, tracer la courbe de leurs orbites, et déterminer à l'avance l’époque de leur apparition, les comètes n’en demeurent pas moins les objets les plus propres à stimuler la curiosité humaine; et, malgré les travaux immenses dont elles ont été l'objet de la part des astronomes et des physiciens, elles sont encore une énigme dont le mot se perd dans le secret de la création.

Que penser en effet de corps, dont les uns nous apparaissent comme des masses compactes semblables à la terre, et dont les autres, simples vapeurs lumineuses, plus ou moins contractées, selonleur proximité du soleil, n’offrent aucun caractère desolidité, et cependant parcourent, sans se dissiper, des espaces immenses ?

On divisait jadis les comètes en trois classes, savoir : les barbues, les chevelues et les comètes à queues ; mais ces distinctions ne se rapportent à aucune diffc-

rence dans ces corps enx-mêmes; elles sont seulement re+

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latives aux circonstances sous lesquelles nous les voyons, car il y a beaucoup de comètes qui n’ont ni queue, ni barbe ni chevelure. L’astronomie moderne considère trois parties distinctes dans une comète : Ja {éte, masse de lumière large et éclatante , mais terminée d’une manière confuse ; le noyau, partie beaucoup plus brillante et plus franchement découpée, située au centre de la tête; la queue, trainée lumineuse plus ou moins large et diffuse, qui part de la tête dans une direction opposée au soleil, et qui se subdivise quelquefois en. plusieurs bandes. Cestrois parties ne se rencontrent pas dans toutes les comètes; quelques-unes n’ont point de queue, d’autresmanquent de noyau, etsont tellement diaphanes que les étoiles sont visibles au travers de leur disque.

Tvycho-Brahé découvrit le premier, en observant, pendant un mois, la comète de 1585, que ces corps ne pouvaient être de simples météores engendrés dans rotre atmosphère , comme on le supposait alors communément. Il fit ainsi revivre une ancienne idée de Sénèque, qui, avec cette pénétration du génie qui devance les découvertes de l'expérience, avait rangé les comètes au nombre des planètes de notre système solaire. « On ne peut point encore connaitre ,, dit-il ( Questions naturelles, Liv. VID, le cours des comètes , et savoir si eiles ont des retours réglés, parce queleurs apparitionssont trop rares; mais leur marche non plus que celles des planètes, n’est point vague et désordonnée comme celle des météores qui seraient agités par le vent. On observe des comètes de forme très-différente ; mais leur nature est semblable, et ce sont en général des astres qu’on n’a pas coutume de voir, et qui sont accompagnés d’une lumière inégale; elles paraissent en tout temps, et dans toutes les parues du ciel, mais surtout vers le nord ; elles sont, comme tous les corps célestes, des ouvrages éternels de la noture : la foudre et les étoiles volantes et tous les feux de l'atmosphère sont passagers, et ne paraissent que dans leurs chutes.Les comètes ont leur route qu’elles parcourent ; elles s'éloignent, mais ne cessent pas d'exister, »

Képler entreprit de calculer l’orbite d’une comète; mais il put reconnaitre seulement que cet orbite n’était point arculaire. Hévélius fit un plus grand pas, en reconnaissant, nou-seulement que la route des comètes se courbait autour du soleil, mais encore que cette courbe était de la nature de la parabole. Plus tard, Newton compléta cette théorie, en démontrant que les comètes circulent autour du soleil:, en vertu des mêmes lois que les planètes, et qu'elles décrivent des ellipses très-alongées dont le soleil occupe l’un des foyers. Enfin la célèbre comète de Halley, dont nous allons parler, vint donner à cette théorie le dernier degré d’évidence et de certitude,

La parabole est une courbe qu'on peut considérer

comme la limite de lellipse, et qui en diffère d’autant moins que le grand axe de cette dernière a .plus d’étendue. On peut remarquer en cffet dans la génération de ces courbes, au moyen d’un cône coupé par un plan (vor. Cône) que la parabole n’est qu’une ellipse dontle grand axe est infiniment grand. Il est donc à peu près égal de considérer une petite portion de l'orbite, surtout près du périhélie, comme un arc de parabole ou comme un arc d’ellipse, lorsque le grand axe de l’ellipse est très-grand, et c’est en employant cette méthode que Halley calcula le premier les orbites des comtes, et qu’en se servant des observations d’Apian sur la comète de 1531, de celle de Képler et de Longomontanus sur la comète de 1607, et enfin de celles de Lahire, Picard, Hévélius er Flamstead sur la.comète de 1682, qu’il reconnut que ces trois comètes n'étaient qu'un seul et même astre, dont il lui fut possible d'annoncer le retour.

Les résultats de ces calculs furent les élémens paraboliques suivans.

Comète de 1531 :

Juclinaison. Longitude Longitude Distance

du uœud, du périhéle. au périhél

17° 56’ 49° 25’ 301° 39' 0, 57- Gomète de 1607

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