‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 3)Chapitre 261 sur 346 · LL £ · texte numérisé non relu

LL £

Tous 1244 —8+16—32+64—0ctc.

me Cette suite diffère essentiellement de la précédente, car en additionnant successivement deux, trois, quatre etc. de ses termes , on obtient les quantités

1,—1,+3,—5,<+11,etc.,

qui s'éloignent de plus en plus de la fraction 3, valeur générale de la suite : ici quelque grand que soit le nombre des termesqu'on voudrait prendre, on ne pourrait rien en conclure sur la valeur qu'exprime cette suite, à laquelle onu donne pour cette raison le nom de divergente ; ce n’est, commenous le verrous en son lieu, qu’en les considérant dans le nombre indéfini de leurs termes que les suites divergentes ont une signification ou une valeur générale déterminée.

Nous verrons aussi que les suites divergentes peuvent être, au moven de certains procédés, transformées en suites convergentes. #’oy. CoNvERGENT et SÉRIE.

Division (Géom.). Diviser une ligne par une autre, c'est chercher combien de fois cette ligne contient l’autre , et alors on les compare toutes deux à une troisième ligne prise pour unité, ce qui donne le moyen de les ‘exprimer par des nombres. Par exemple, soit à diviser la ligne: A par la ligne B et soit Gl’unité de mesure; supposons de plus que A contient 72 unités, et B, nunités; le quotient de »7 par x exprimera le nombre d’unijLés C que contientle quotient dela ligne A par laligne B. (Mais sans avoir besoin de recourir aux nombres, ce der- Fa quotient, ou la ligne qui le représente, peut toujours ètre obtenu par une construction géométrique. En effet, |

À AN BB AXT ; à et —— se construit en prenant une quatrième propor-

B tionnelle aux trois lignes À, B, et 1 ou C. Foy. Arpui- CATION , n° 8.

On obtiendra le quotient d’un produit de ngnes droites a, b, c, d, etc. en nombre quelconque, par un autre produit d’autres lignes droites », 7, 0,p, etc.

DI

en nombre également quelconque, par des constructions successives de quatrièmes proportuonnelles. Si l’on avait par exemple aXbXc à diviser par mxn comme le quotient

on chercherait d’abord la quatrième proportionnelleaux trois lignes a, b,m, et en la désignant par x, on aurait

construisant ensuite la quatrième proportionnelle aux trois lignes x, c, r, on aurait le quotient demandé.

Tant que le nombre des dimensions du dividende surpasse d’une unité celui des dimensions du diviseur, on voit aisément qu’en agissant de la même manière on parviendra à trouver une dernière quatrième proportionnelle qui sera ie quotient général. Dans tous les autres cas il faudra connaître l’unité de mesure et ajouter cette unité comme facteur soit au dividende soit au diviseur, de manière que le nombre des facteurs du dividende surpasse d’une unité celui des facteurs du diviseur. Par exemple on donnera au quotient de

SRE min pig la forme

deb: C-Lra m.n.p.q et au quotient de

la forme a.b.c.d

ce que l’on peut ensuite construire aisément par une suite de quatrièmes proportionnelles.

Division pu cercLe. V’oy. PoLxGonE, CENTESIMALE et SEXAGÉSIMALE.

DIURNE (Astr.). Ce qui a rapport au jour; par opposition à octurne ; ce qui a rapport à la nuit.

Arc diurne. Arc décrit par un astre sur la sphère céleste, depuis le moment de son lever jusqu’à celui de son coucher. On nomme arc semi-diurne V'arc décrit par un astre depuis son lever jusqu’à son passage au méri= dien ou depuis son passage au méridien jusqu’àson coucher. :

. Le cercle diurne est un cercle parallèle à l'équateur sur lequel un astre paraît se mouvoir par son mouve-

ment diurne.

DO

On nomme mouvement diurne d’une planète, l'arc céleste qu’elle parcourt dans l’espace de 24 heures par son mouvement propre. Ainsi pour connaître le mouvement diurne d’une planète il faut préalablement connaître le temps qu’elle emploie pour sa révolution entière ; par exemple, sachant que le soleil fait sa révolution entièreen 365 jours et à peu près 6 heures ou 8766 heures, on posera la proportion

8366 : 24 :: 360° : & d’où l’on trouvera 360°X 24

— n° LA bn Pan so M

Ainsi le mouvement diurne du soleil est d'environ 59 minutes. (Division sexagésimale. )

Nous devons faire observer qu’une telle proportion ne donne que le mouvement diurne moyen, car le mouvement diurne réel est variable Voy. PLanères.

Le mouvement diurne de la terre est sa rotation autour de son axe, qui s'effectue en 24 heures et forme le jour naturel.

DODÉCAËDRE (Géom.). (de dodexx, douze, et de e9pa , base). Un des cinq solides réguliers. Il est terminé par douze pentagones réguliers égaux. f’oy, So- LIDES REGULIERS.

DODECAGONE (Geéom.).

par douze droites qui se coupent deux à deux.

Lorsque les douze côtés du dodécagone sont égaux

Figure plane terminée

entre eux, et qu'il en est de même des douze angles formés par les intersections de ces côtés, le dodécagone est dit régulier. Il est alors inscriptible et circonscriptible au cercle.

Le problème d'inscrire un dodécagone régulier dans un cercle donné revient à celui de diviser la circonférence en douze parties égales , ce qui ne présente aucune difficulté, car il s’agit d’abord de diviser cette circonférence en six parties égales, par l'inscription d’un hexagone régulier (voy. ce mot), et ensuite de diviser, en deux également, chacun de ces six parties ; en menant une droite de chaque point de division à celui qui lesuit immédiatement , le dodécagone se trouve construit.

La plupart des questions qu’on peut se proposer sur le dodécagone régulier exigeant la connaissance des rapports qui existent entre le côté de cette figure et les rayons des cercles insérits et circonscrits, nous allons faire connaître ces rapports.

Soient BC (PL. XXXI, Jig. 2) le côté du dodécagone

| régulier, AB le rayon du cercle circonscrit; si du point À

on abaisse sur BC la perpendiculaire AF, cette droite sera lerayon du cercle inscrit.

Le triangle BAC dont la surface est la douzième partie dé la surface du : dodécagone à pour mésure la moi-

tié du produit de sa base BC par sa hauteur AF , ou la moitié du produit de son autre base AC par sa hauteur BE, ainsi les deux quantités

4 BC X AF et AC X BE,

sont équivalentes entre elles et représentent chacune la douzième partie de la surface totale du dodécagone. Mais BE est la moitié de BD, côté de l'hexagone égal au rayon AD ; ainsi désignant par R le rayon AB ou AC du cercle circonscrit, par 7 le rayon AF du cercle inscrit, par c le côté BC du dodécagone, et par S la surface de cette figure , nous aurons les deux expressions (m1)

S = 12.1c,r = 6c.r S=1a.3ÎR x za] = 3R°

et par conséquent 6c.r = 3R:

LL à C—=-. ,

mais le triangle rectancle ABF donne

=ÀF +BE c’est-à-dire R— 7 E (ich.

Substituant dans {n) cette valeur de R? nous avons

té |

équation du second degré, dont la solution donne la

ces:

valeur de c en fonction du rayon du cercle inscrit et réciproquement; si, pour plus de simplicité , nous faisons ce côté égal à l'unité , nous trouverons

=:f+ vil

et en substituant cette valeur dans la première des expressions (72) , nous aurons

Or, les surfaces de deux figures semblables étant entre elles comme les carrés de leurs côtés homologues, si nous désignons par S' la surface d’un dodécagone régu-

lier dont le côté est C, nous aurons

d'où S'=CXxS

et conséquemment

s=3[2+ vlc = C.11,1961524,

expression à l’aide de laquelle on obtient immédiatement la surface d’un dodécagone régulier dont on connaît le côté. Toutes les autres relations du côté avec les rayons s’obtiennent sans difficulté des équations précédentes.

La somme des angles d’un polygone étant égale à autant de fois deux angles droits qu'il a de côtés moins deux, les douze angles d’un dodécagone régulier font ensemble 2 X[12—2], ou 20 angles droits, ainsi chaque angle vaut en particulier = 1 + 3 angles droits, c’està-dire, go° 40'. Division sexagésimale.

DODÉCATEMORIE (Aser.). (de dedixæ, douze, et de mspos, partie). Vieux terme employé jadis pour désigner la douzième partie d’un cercle.

DOIGT (Astr.). Douzième partie du diamètre apparent du soleil ou de la lune. On évalue la grandeur des éclipses de ces astres par le nombre de doigts éclipsés qui prennent alors le nom de doigts écliptiques.

DOLLOND (Jean), célèbre opticien, né à Londres de parens français, en juin 1706. Cet artiste que ses conpaissances en géométrie et en physique plaçaient déjà au-dessus des plus habiles constructeurs d’instrumens d'optique , acquit vers 1750 , une grande réputation, et même un rang distingué dans la science par sa découverte de certaines propriétés des corps réfringens ; qui le conduisit à établir des lunettes achromatiques. Dollond eut l'honneur à cette occasion d’entrer en discussion surles principes fondamentaux de son art, avec l’'illustre Euler. Tous deux déployèrent beaucoup de talent dans cette lutte scientifique, au milieu de laquelle un mémoire de Klingenstierna, célèbre géomètre et astronomesuédois, vintapporter des considérations nouvelles qui mirent Dollond sur les traces de la vérité. Nous avons eu l'occasion d'exposer ailleurs les principales parties de cetteimportante discussion (voy. Acro- MATIQUE). Nous devons nous borner ici à rappeler ce qu’elle renferme de plus spécialement personnel pour 1Dollond; il est d’ailleurs impossible, dans un ouvrage comme le nôtre d’éviter quelques répétitions.

Ce fur vers l’année 1747; qu'Euler entreprit de détruire l’aberration de réfrangibilité par la combinaison de plusieurs verres, entre lesquels on enfermerait de ’eau ou autre liqueur, et l’on sait qu’il appuvyait ce nouveau principe de coustruction des objectifs, sur l’imi-

DO

tation de la structure même de l’œil humain. Les calculs d’après lesqueis il détermina la forme de ces nouveaux instrumens durent exciter l'attention de tous les opticiens, capables de comprendre les spéculations de ce génie créateur, Dollond fut celui qui s’empara avec le plus de puissance de cette idée générale; mais il crut devoir substituer les expériences de Newton aux hypothèses d'Euler , et c’est alors que commença la discussion dont nous venons de parler. Dollond cherchait consciencieusement la vérité; les objections de Klingenstierna l'amenèrent à penser que Newton avait pu se tromper. On peut traduire ainsi la proposition expérimentale du grand géomètre : « Siles rayons de lumière traversent deux milieux contigusde différentes densités, comme l’eau et le verre, soit queles surfaces réfringentes soient parallèles, ou qu’elles soient inclinées, et que cependant la réfraction de l’une détruise la réfraction de l’autre, de manière que les rayons émergens soient parallèles aux rayons incidens : alors, la lumière sort toujours blanche. » (Newton, Opt. sive de reflexionibus 740.)

Cette conclusion formait tout le nœud du différend

et coloribus lucis, ete., Lond. et Laus.;

entre Euler et Dollond ; ce dernier renouvela l’expérience de Newton, et c’est ainsi, suivant un historien des mathématiques, qu'il en rend compte lui-même, dans une lettre écrite, en 1757, au P. Pezenas, traducteur de l'optique de Smith.

« Près d’un petit trou d’environ un demi-pouce de diamètre, pratiqué à la fenêtre d’une chambre obscure, et destiné à introduire Ja lumière du soleil, Dollond plaça un priime de verre, dont la section était un triangle isocèle formant au sommet situé en haut, un angle de 8° 52". A la face la plus éloignée du trou, il adossa un second prisme creux posé en sens contraire, c’est-à-dire, de manière que la base était en haut, Les faces de ce prisme qui devait contenir de l’eau, étaient de minces plaques de verre, et on pouvait ouvrir plus ou moins l’angle de la pointe. Cela fait, en introduisant la lumière du soleil par le petit trou de la fenêtre , elle passait d’abord de l'air dans le prisme de verre, ensuite dans le prisme d’eau, et enfin de l’eau dans l'air; ainsi , elle éprouvait trois réfractions. Après plusieurs tentatives, Dollond parvint à faire en sorte que la direction de la lumière, au sortir du prisme d’eau, fût parallèle à la direction qu'elle avait à son entrée dans le prisme de verre; ce qui était le cas de la proposition de Newton, mais alors la couleur des rayons émergens ne fut point blanche comme Newton l'avait affirmé; au contraire, le bord inférieur du soleil était fortement teint de bleu , tandis que le bord supérieur était d’une couleur rougeätre. Ainsi, Dollond reconnut d’abord que l’eau ne disperse pas les couleurs autant que le verre, à réfractions égales; ensuite ayant varié

DO l'angle au sommet du prisme d’eau, de telle manière que la dispersion des couleurs füt la même dans les deux cas , il trouva qu’alors les deux réfractions n’étaient pas ga es.»

Toutes ces observations firent revenir Dollond au projet d'Euler , et il ne mit plus en doute la possibilité de son exécution , sinon avec l’eau et le verre, du moins avec d’autres matières transparentes de différentes densités. Néanmoins, il employa d’abord le verre et l’eau, comme l'avait proposé Euler ; mais il reconnut bientôt, d’après la formule du géomètre allemand , que les courbures à donner aux objectifs étaient trop considérables pour ne pas produire une aberration fort sensible dans l'ouverture des objectifs. Il est important de remarquer ici qu'Euler avait senti etannoncé lui-même que c’étaient là les seules et véritables difficultés que sa théorie püt éprouver dans la pratique.

» Dollond, parfaitement versé dans la connaissance des différentes espèces de verres, et convaincu qu’il s’en devait trouver dont les pouvoirs réfractifs fussent fort différens, imagina d'employer deux sortes de verres connus en Angleterre sous le nom de fAntglass et de crownglass. Le premier est un verre très-blanc et fort transparent, qui donne lesiris les plus remarquables, et par conséquent, celui dans lequel la réfraction du rouge diffère le plus de celle du violet. Le second aunecouleur verdâtre, et ressemble beaucoup en qualité à notre verre commun , il donne la moindre différence entre la réfraction du rouge et du violet. Dollond mesura les rapports des réfrangibilités par le même moyen qu’il avait employé pour le verre ct l’eau; il trouva que le rapport des différences de réfrangibilités, dans les deux matières, était environ celui de 3 à 2. Avant fait cette substitution dans la formule d'Euler , il obtint d’abord des résultats qui n'étaient pas très-satisfaisans. Mais enfin , à force de tentatives et de combinaisons, soit dans le choix des matières d'excellente qualité, soit dans celui des sphères les plus propres, dans chaque cas, à réunir les foyers de toutes les couleurs, il parvint à construire des lunettes achromatiques, très-supérieures, en parité de circonstances aux lunettes ordinaires. Du reste, Dollond ne fit point connaître ses moyens, et la question était de les découvrir ou d’en proposer d’autres encore plus avantageux. »

Dollond ne tarda pas à éprouver les chagrins et les attaques qui paraissent inséparables des grandes re-

‘nommées. Il eut plusieurs procès à soutenir, et on lui contesta jusqu'à la priorité de son ingénieuse découverte. Voici, au reste l’opinion de La Lande sur les diverses circonstances qui se rattachent à la production des lunettes achromatiques et que Montucla considère comme l'expression de l’exacte vérité.

» Ce fut, avance l’astronome français, Chestermouhall

qui, vers 1750 , eut l'idée des lunettes achromatiques Il s’adressait à Ayscough qui faisait travailler Bass. Dol-* lond ayant eu besoin de Bass pour un verre que! demandait le duc d'Yorck, cet habile artiste lui montra du crownglass et du flintglass. Hall donna une lunette à Avyscough qui la fit voir à plusieurs personnes; il en donna Îa construction à Bird, qui n'en tint pas compte. Dollond en profita. Dans le procès qu’il y ent entre Dollond et Watkin, à la cour du banc du roi, ces faits furent prouvés; mais Dollond triompha de son adversaire, parce qu'il était réelle

ment le premier qui eût fait connaitre les lunettes achre

matiques. »

Quelque réalité qu’il y ait au fond de ces allégations, il résulte des recherches consciencieuses de Dollond et de l’expositionscientifique qu'il en a donnée, soit pendant sa discussion avec Euler, soit après, que ce célèbre et savant artiste n’a pu déduire sa découverte de quelques communications aussi incomplètes. Telle parait avoir été l'opinion de la société royale de Londres, qui s’honora , en 1761, en recevant Dollond au nombre de ses membres. Malheureusement, il ne jouit pas longtemps de cette juste récompense de ses travaux, il succomba à une attaque d’apoplexie le 30 novembre de la même année. Les divers mémoires de Dollond sur la branche de l'optique dont il s’est spécialement occupé, ont été recueillis dans les #ransactions philosophiques, de 1750 à 1558.

DOMINICALE. Lettre dominicale. Voy. Caren- DRIER, N° 24.

DOMINIS (Marc-Antoine de), célèbre pour avoir le premier abordé la véritable théorie de l’arc-en-ciel, naquit en 1566, à Arbe, capitale de l'ile de ce nom, située sur la côte de Dalmatie. Sa famille était ancienne et d’une grande illustration dans l’église à laquelle elle avait donné un pape et plusieurs prélats recommandables par leurs lumières et leurs vertus. Il montra dès l'enfance une grande aptitude pour les sciences, et particulièrement pour les mathématiques. Les jésuites ses maitres, qui dirigeaient le collége des Ilyriens à Lorette, où il faisait ses études, furent frappés de ses dispositions et de ses jeunes talens ; ils ne négligérent rien pour l’attacher à leur ordre; Dominis y consentit et il alla achever ses études à la célèbre université de Padoue. Durant son noviciat , il professa avec le plns grand succès l’éloquence, la philosophie et les mathématiques. Dominis était né avec un esprit inquiet et remuant, et les éloges que son zèle et ses travaux lui attirèrent de la part de ses supérieurs, développèrent dans son ame les germes d’une ambition ardente, qui fut la cause de ses malheurs. La vie paisible du cloître, les honorables mais obscurs travaux du professorat, né convenaient point à son ca-

ractère, il sollicita et obtint sa sécuralisation, en même

temps qu'à la recominandation de l'empereur Rodolphe il fut promu à l’évéché de Sepni et deux ans après à l’archevèché de Spolatro. | Lorsque Dominis professait les mathématiques, il avait composé un ouvrage sur les propriétés de la lumière qui est aujourd'huison plus beau titre de gloire et dont nous devons spécialement nous occuper. Les causes de l’arc-en-cielavaient été entrevues, à cétte époque de progrès scientifique, par Maurolic, Porta et Kepler; Dominis les approfondit et les développa avec un. talent remarquable. On sait dans quelles circonstances se manifeste ce phénomène. Déjà on avait comparé les gouttes de pluie à de petites sphères de verre, et on avait cru que les sphères renuvoyaient par la réflexion les rayons solaires vers l'œil du spectateur ; mais cela n’expliquait point les couleurs de l’arc-en-ciel . car les rayons de lumière ne se séparent les uns des autres que par la réfraction. Domainis employa tout à la fois la réflexion et la réfraction, et parvint à rendre assez exactement raison de l’arc-en-ciet intérieur ; il fut moins heureux pour l’arc-en-ciel extérieur, mais ses erreurs à ce sujet viennent de l'ignorance générale où l’on était alors sur la diverse réfrangibilité des rayons et des lois de ce phénomène. L'illustre Newton, dans son traité d'optique, a donné les plus grands éloges à la méthode de Dominis; peut-être existe-t-il dans ces éloges assez d'affectation pour qu'on ait pu croire qu’ils aient été conçus dans le but de rabaisser notre Descartes. Boscowich et Tiraboschi, juges éclairés dans cette cause, n'hésitent pas à déclarer que Dominis, au talent duquel ils rendenthommage, a pu mettre Descartes sur la voie de sa découverte, mais que c’est lui qui doiten être regardé comme le véritable auteur. Quoi qu'il en soit, en lisant le traité de Dominis, on regrette que cet ingénieux auteur n’ait pas consacré toute sa vie à lascience pour laquelle il paraissait avoir un si véritable talent. L’archevèque de Spolatro entreprit de réformer les mœurs du clergé, mais il avança des opinions peu conformes à celle de l'église. Il fut obligé de résigner son siége, etil seréfugia en Angleterre auprès de Jacques 1”, qui, en sa qualité de théologien, lui fit un accueil honorable et empressé. Sans adopter entièrement les principes de la réforme, Dominis combattit plusieurs prétentions du pape et accepta un bénéfice du roi d’Angleterre. Cependant tourmenté par sa conscience, suivant quelques historiens ; mécontent des théologiens protestans suivant d’autres, Dominis tourna de nouveau ses regards vers Rome : le pape Grégoire XV le recüt en grâce, etil abjura publiquement dans un temple de Londres, les opinions qui l'avaient séparé de l'église. 11 jouit durant deux ans de quelque tranquillité, mais son protecteur étant mort et les disputes théologiques aux-

quelles il se livra de nouveau offrant un prétexte à l'in-

DR

quisition qui le surveillait, il fut arrêté par 6rdré @ pape Urbain VIT, et enfermé au château Säint-Angé oùil mourut peu de temps après, énséptenibre 1634. Lin: quisition continua son procès , il fut déclaré hérétique; son corps fut exhumé, pendu et brûlé avec ses écrits. Nous ne citérons ici que célui qui intéresse la sciénce : De radis visus et lucis in vitris perspectivis et tride; Venise 1611, in-8°: Cet écrit qui est dévénü fort rare; fut publié par Jean Bartole, l’un des élèves de Dominis; long-temps après l'époque où il a été composé.

DONNÉ. Terme général par lequel on désigne en mathématiques toute espèce de grandeur qu’on supposé connue, Ainsi, on dit un nombre donné, une ligne donnée, etc.

Eu général les données d’un problème sont les quañiités connues au moyen desquelles il faut construire les quantités inconnues ou cherchées.

Lorsque la position d’une figure géométrique est connue, on dit encore que cette figure est donnce de posttion. Par exemple, lorsqu'un cercle est réellement décrit sur un plan, son centre est donné dé position , sa circonférence est donnce de grandeur, et le cercle ést donné de position et donné de grandeur.

DORADE (4sur.). Nom d’un poisson qu'on a donné à une constellation méridionale, nommée aussi Yiphias ét située entre Eridanet le Navire. La plus belle étoile de cette constellation, marquée «, est de la troisième präñe deur.

DOUBLE. Une quantité est double d’une autre, lorsqu’elle la contient deux fois; elle esta contraire soisdouble, lorsqu'elle en est la moitié.

DOUBLÉ (Arith.). La raison ou le rapport doublé de deux quantités, ét Le rapport de leurs carrés; ainsi le rapport doublé de a à B est le rapport de a’ à b?; où dû carré de & au carré de D.

Le rapport sous-doublé est celui des racines carrées; lors donc qu’on dit qu'une quantité est égäle au rapport sous-doublé dea et deb,on entend que cette quañtité est égale à V/a : V/b.

Il ne faut pas confondre double et doubie.

DRACONTIQUE (Astr.). Mois dräcontique ; expression qui n’est plus en usage et par laqnellé les âiciens ästronomes désignaient l'espace de temps employé par la lune pour revenir de son nœud ascendant appellé Capüt draconis , tête du dragon, au même point; où la révolution entière de la lune par rapport à son nœud. |

DRAGON (Astr.). Constellation boréale composée de 8o étoiles daus le catalogue britannique; les anciens la nommaient encore : Serpens, Anguis, Hesperidurn custos, Coluber arborum conscendens, Sidus Minervæ ét , Python.

. La téte et la queue du Dragon,

Bacchi, Esculapius DRAGON (As1r.)

Caput et cauda draconis, sont lés nœuds ou les points

DR É d’intersection de l'orbite de la lune avec l’écliptique.

On les marque ordinairement par ces caractères :@, tête du dragon, et &, queue du dragon.

Les astronomes ont abandonné ces dénominations, et ils nomment simplement nœud ascendant, celui par lequel la lune passe pour aller au nord de l’écliptique, dans la partie septentrionale de son orbite, et nœud descendant, celui par lequel elle rentre dans la partie méridionale de son orbite.

Le nœud ascendant est la tête du dragon, et le nœud descendant la queue du dragon.

DREBBEL (CogneiLze Van), né à Alckmaer en Hollande, à la fin du seizième siècle, célèbre par l'invention dumicroscope, qui lui est généralement attribuée. Cetinstrument a été pour la physique, ce que le télescope a été pour l’astrouomie, ct il n’est pas étonnant que l'honueur d’une telle découverteait été vivementdisputé. Un grand nombre d'écrivains représentent Drebbel comme uu charlatan , qui , à l'aide d'un microscope, dontilsn’expliquent pas la possession entre ses mains, montrait au public de Londres des curiosités dont il exagérait l’importance suivant l'usage des gens de cette profession. Ces critiques ajoutent que c'était un paysan de North- Hollande, sans éducation, et par conséquent sans aucune Connaissance scientifique. La chronique d’Alckmaer, patrie de Drebbel, s'exprime autrement sur son compte. Suivant ce documeut dont on n’a aucune raison derévoquer en doute la sincérité, Drebbel, au contraire, né de parens distingués , aurait reçu une brillante éducation ; il aurait manifesté de bonne heure une aptitude remarquable pour les scicences; il aimait le merveilleux et se kvrait volontiers à la recherche des secrets naturels. Jeune encore, il alla en Angleterre, où il fut accueilli avec distinction par Le roi Jacques I, prince assez éclairé et assez instruit pour n'être pas Ja dupe d’un paysan ignorant et d’un bâteleur. Tout porte donc à croire que Corneille Drebbel a été la victime d’une étrange calomnie, etil est d’ailleurs certain qu’il exposa à Londres vers 1618, le premier microscope qui eût paru. Il n’y a aucune raison de penser qu’il n’en était pas l’auteur. Néanmoins Pierre Borel, auteur de recherches fort curieuses sur l'invention du télescope, rapporte dans son ouvrage (De vero telescopit inventore, etc.) diverses circonstances qui tendent à priver Drebbel d’une grande partie de l'honneur que lui mériterait la découverte du microscope. Cet écrivain cite une lettre de l'envoyé des États-Unis en Angleterre, Guillaume Boreel, dans laquelle ce diplomate, qui s’occupait de science, cite Zacharie Jans, lunetier de Middelbourg ,

microscope. [l ajoute qu'il a vu entre les mains de

comme Je véritable inventeur du

Corneille Drebbel, sor ami, le microscope que Za-

charie et son père avaient présenté à l’archiduc Al-

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