‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 3)Chapitre 325 sur 346 · ER · texte numérisé non relu

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tentrionale de l’écliptique que dans la partie méridignale.

On a reconnu que les points équinoxiaux ne sont pas fixes, mais qu’ils ont un mouvement rétrograde, ou en sens inverse de l’ordre des signes, de sorte que le soleil ne passe pas deux années de suite sur le même point de l'équateur. C’est ce mouvement qu’on nomme précession des équinoxes. Foy. ce mot.

ÉQUINOXIAL (4str,). L'Équinoxial est la même chose que l'équateur. Foy. AnmiLLAIRE, 12.

Ce mot se prend aussi adjectivement comme dans cadran équinoxial. Foy. GNomoniQuE.

Ponrs ÉQuixoxIaux. Ce sont les points où l’écliptique coupe l'équateur.

ÉQUIPAGE ({ Opt.). On donne ce nom à l’assemblage des oculaires que l'on applique à un télescope. Un équipage est d'autant plus fort qu'il grossit davan-

| tage les objets.

ERATOSTHÈNES, fils d’Aglaüs, l’un des plus celèbres savans de l'antiquité, naquit à Cyrène , colonie grecque située sur la côte septentrionale de l'Afrique, dans la première année de la 176° olympiade (256 ans avant J.-G.). Des maitres habiles, tels que le philosophe Ariston de Chio, Lysannias de Cyrène, Callimaque le grammairien et le poète, développèrent de bonne heure son intelligence et l’initièrent à toutes les connaissances, dont l'humanité était alors en possession. La réputation qu'Eratosthènes ne tarda pas à acquérir appela sur lui l'attention de Ptolémée Evergètes. Ce digne successeur de Lagus lui donna, en raison de son savoir encyclopédique, la direction de la bibliothèque d'Alexandrie, dont la célèbre école commençait à compter les plus grands hommes du temps parmi ses maîtres et ses disciples. Les écrivains de l'antiquité ont parlé d’Eratosthènes avec trop d’éloges et de respect, pour qu’on puisse douter de l’influence que ses travaux durent exercer sur les progrès généraux de la science. I fut à la fois, orateur, poète, antiquaire, philosophe, astronome et géomètre, mais c’est surtout à ces derniers titres qu’il s’éleva jusqu’au rang des Euclide, des Apollonius, des Aristée. Malheureusement les nombreux et importans ouvrages qui lui sont attribués sont perdus pour toujours et il deviendrait difficile d'apprécier la valeur des jugemens dont ils furent l’objet , si les savans mathématiciens, qui illustrèrent les derniers siècles de l’école d'Alexandrie, ne nousavaient conservé quelquesunes des recherches qui occupèrent sa longue et laborieuse vie.

Eutocius, dans ses commentaires sur Archimède, a reproduit la solution qu'Eratosthènes donna du problème de la duplication du cube. Nicomaque et Boëce CBoeui arih. 1. 2) rapportent aussi de lui une méthode

ER pour trogyer les nombres premiers; il lui ayait donné le nom de #pxxivoy ou de crible, parce qu'au lieu de déméthode, il le faisait indirectement et en quelque sorte par exclusion, On trouve dans /es Transactions philosophiques de l'année 1772 un mémoire du géomètre anglais Horsley où cette méthode est exposée, Foy. Cnisre.

L’astronomie a diverses obligations importantes à Eratosthènes. Sa tentative pour mesurer la grandeur de Ja terre a de la célébrité, ce fut la première solution que la scienceait donnée de ce problème. On sait qu'il y parvint à l’aide de l'observation qu’il avait faite à Syène, où il existait un puits que le jour même du solstice d'été le soleil éclairait verticalement dans toute sa profondeur. I] supposa que Syène se trouvait précisément sous la ligne du Cancer, et que cette ville et Alexandrie étaient l’une et l’autre sous le même méridien er fixa leur distance à 5000 stades. Pour obtenir d’après ces premiers élémens la solution complète du problème, il fit construire un instrument fort ingénieux dont il se servit à Alexandrie le jour du solstice à midi, moment où le soleil était absolument vertical à Syène. C'était une scaphé ou un hémisphère concave , sur le fond duquel s'élevait un style vertical dont le sommet était le centre de courbure de l'hémisphère. Ce fut parce moyen qu'il mesura l'arc intercepté entre le soleil alors au zénith de Syène et le zénith d'Alexandrie. 11 trouva qu’il était de la cinquantième partie de la circonférence, d’où il crut pouvoir conclure que la grandeur du degré terrestre était de 250,000 stades.

I est inutile de faire observer ici que cette méthode ne pouvait amener un résultat juste et que cette mesure du méridien s'éloigne considérablement de celle que nous possédons ; ii est difficile d’ailleurs de l’apprécier avec exactitude puisque nous ignorons la valeur du stade employé par Eratosthènes. Au reste cette intéressante question sera traitée avec tous les développemens scientifiques qu’elle comporte, dans un autre article de ce dictionnaire. Foy. MESURE DE LA TERRE.

Onattribue à Eratosthènes une observation de l’obliquité de l’écliptique ou de la distance des tropiques; sa célébrité n’est pas moindre que celle dont nous venons de parler. Il est vrai qu'aucun auteur ancien ne nous a transmis le procédé qu'il employa. On sait seulement qu'il trouva que la distance des tropiques était les 4 de la circonférence d’un grand cercle, c’est-à-dire de 47° 42' 27"; il détermina conséquemment l'inclinaison de l'écliptique à l'équateur à 23° 51° 13”.

Ce fut Eratosthènes qui fit construire et placer sous le portique de l’école d'Alexandrie, ces grands instrumens pour l'observation des astres, qui sont devenus fameux sous le nom d’armilles (voy. ce mot) et qui ont été long-temps d’une si grande utilité pour l'étude de l'as-

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tronomie et les observations qui font l’objet de cette science:

Nous avons dit plus haut que les ouvrages scientifiques attribués à Eratosthènes par l'antiquité avaient été perdus, un seul de ses livres a survécu au naufrage des temps, encore a-t-on de fortes raisons pour croire que si ce West point une de ces ingénieuses divinations du XVII siècle et qu’il soit réellement l’œuvre d’Eratosthène, il a au moins subi de nombreuses altérations. C’est une description des astérismes ou constellations célestes, qui fut publiée en 1630, par le P. Pétau, dans son uranologium. En 1672, Aratus, donna, à Oxford, une nouvelle et remarquable édition de ce précieux reste de la science antique ; il y ajouta plusieurs autres fragmens d’Ératosthènes, empruntés aux auteurs anciens qui les avaient conservés,

Ératosthènes parvint à un âge très-avancé, quelques écrivains ont dit que ne pouvant plus supporter les infirmités d’une lente vieillesse, il se laissa mourir de faim. Quoi qu'il en soit, on place généralement l’époque de sa mort vers la 7° ou la 9° année du règne de Ptolémée Épiphanes,

ÈRE (Chron: }. Il n'existe point d’étymologie satisfaisante de ce mot employé depuis long-temps en chronologie vour désigner spécialement une époque Historique ou astronomique précise, d’où lon compte les années. Il ne faut point confondre l'ère avec la période ; les computistes les plus estimés sont souvent tombés dans cette grave erreur qui a produit une fâcheuse confusion dans les époques chronologiques et a rendu leur concordance fort difficile à établir. La période a expressément des élémens astronomiques ; on l’entend d’une succession d’années comprises dans l'intervalle d’une révolution sidérale donnée à une révolution semblable, et

dont par conséquent la durée peut être variable. L'ère est

au contraire un point fixe et déterminé dans le temps. Ainsi la période et l’ère Juliennes n’ont rien de commun, La période julienne est un comput arbitraire établi par Joseph Scaliger pour faciliter les calculs des concordances chronologiques ou servir d'échelle générale à la chronologie de l’histoire: elle a pour élémenit le cycle lunaire de 19 ans multipliés par le cycle solaire de 28 ans, dont le produit est encore multiplié par le cycle des indictions de 15 ans. L'ère julienne indique seulement l'époque de la réformation du calendrier romain par Jules-César. Joy. Cazrvbnienr, 12, 13, 14 et suivant, et PÉRIODE.

Ces ères historiques ou astronomiques sont anterienres ou postérieures à l'ère chrétienne (12), qui peut servir à la fois entre elles de terme moyen et de terme de comparaison. Elle est à peu près la seule qu’on emploie généralement aujourd’hui sous la dénomination d’èrs

VULGAIRE, Car à part les ères nationales, comme celle

ER | | 563 de lhégyre, par exemple, les autres peuvent être regardées comme des ères savantes ou d’un usage purement scientifique. Nous allons rapidement exposer les élémens des principales, et surtout de celles qui sont encore employées le plus souvent en astronomie et en chronologie. Pour éviter des répétitions sans objet, nous classerons sous les désignations générales d’ères anciennes ou d’ères modernes celles qui sont antérieures ou postérieures à l’ère chrétienne. t

Ênres ANCIENNES. 1. Êre mondaine. — Des Juif. — De la création du monde. Cette ère r’anticipe que d’une année sur l’ère vulgaire; les Juifs en placent ainsi le commencement 3761 ans avant J.-C., elle est réglée par le cycle lunaire de 19 ans, composé de douze années communes et de sept autres embolismiques. Les juifs modernes prétendent que cette ère de la création du monde a été connue de leur nation dès la plus haute antiquité. Cette assertion est révoquée en doute par quelques critiques qui se fondent surtout sur l’imperfection des anciennes notions astronomiques du peuple hébreu , et ils ne pensent pas qu’on puisse faire remonter au-delà du onzième siècle de l’ère vulgaire; l'institution de l’ère mondaine.

. Êre d'Abraham: Elle n’est qu’historiquement dé: terminée, mais cette détermination paraît du moins résulter de l'unanimité des traditions qui ont, en Orient; une grande antiquité. Cette ère commence à la vocation du patriarche dont elle porte le nom et qu’on fixe au premier octobre de la 2015° année avant J.-C, mais il faut remarquer que la 2016° année commence avec ce même jour immédiatement antérieur au commencement: de l'ère chrétienne. Les computistes et les anciens écrivains chrétiens ont en général adopté l’ère d’A braham.

3. Êre de Nabonassar. Le commencement de cette dre est fixé à midi d’un mercredi qui était le 26 février de l'an 747 avant J.-C. , son élément astronomique est l’année vague de 365 jours, sans intercalation, telle qu'elle était réglée en Égypte: Son nom est celui d’un prince qu’on considère comme le fondateur du royaume de Babylone. Cette ère est très célèbre et a été généralement usitée dans les diverses supputations du temps. Elle a surtout été atile à l'astronomie. Ptolémée s’en est servi dans l’almageste, et a ramené à cette ère, en employant les mois égyptiens, la date des observations anciennes qu'il a recueillies. L’astronome Théon a imité cetexemple, et parmi les écrivains modernes, Boubliau, (As, philol.) emploie également l'ère de Nabonassar, afin d'exprimer par des termes uniformes l'époque des observations, même récentes, qui doivent être comparées avec les plus anciennes: On doit remarquer que par la natute de son année vague, l'ère de Nabonassar

, rétrogradait d’un jour tous les quatre ans sur l’année ju-

564 ER lienne, ce qui forme une année dans la période de 1/60 années juliennes. Îl est encore un point essentiel à observer dans les tables de concordance qui ont été dressées d’après ces variations, c’est qu’il peut arriver que ; deux années de Nabonassar prennent leur commence- “ment dans la même année julienne. Cela est ainsi quand le premier jour de l’année de l’ère (1°° thot) tombe au premier janvier d’une année julienne bissextile; celleci ayant 366 jours, et l’année de Nabonassar n’en ayant que 365, ilest évident qu’elle finit avec le 30 décembre julien, et que l’année suivante de l'ère commence avec le lendemain 31 décembre de la même année. L'ère de Nabonassar qu’on trouve empioyée dans toutes les anciennes tables astronomiques, n’est plus en usage aujourd’hui que pour les années qui ont précédé l'ère chrétienne, il faut avoir soin pour les concordances de tenir compte des inégalités que nous avons signalées. 4. Ére des olympiades. La connaissance de cette ère est d’une utilité indispensable pour l'étude de l'histoire, elle est la plus célèbre de toutes celles qui ont été en usage dans l’antiquité. Les romains et tous les peuples qui se trouvèrent en relation avec la Grèce, furent obligés de l’adopter pour s'entendre avec elle, et s’assurer de l'exactitude de leurs propres supputations. C’est une ère historique dont l'élément astronomique est une révolution de quatre années. Quoique Timée écrivain Sicilien postérieur au règne d’Alexandre-le- Grand, paraisse être le premier des historiens Grecs qui ait introduit dans la chronologie l’emploi de cette ère, il est évident qu’elle était long-temps avant d’un usage national en Grèce. La même incertitude règne d’ailleurs sur l’époque de l'institution des jeux olympiques dans la Grèce. Leur origine fut rattachée lors de l’établissement de l’ère à l’époque où l’usage fut introduit d’ériger des statues aux vainqueurs des jeux. On remonta ainsi jusqu’à Cœrebus qui recut le premier cet honneur, et l'ère des olympiades a pour point initial cet événement qui est sans doute arrivé plusieurs siècles après institution même des jeux olympiques; il est fixé à l’an 776 avant J.-C., la première olympiade comprenait ainsi les années 776, 775, 774 et 773 avant l’ère chrétienne. En additionnant le nombre des années qu’indiquent ces chiffres, on trouve que 194 olympiades entières font juste 776 ans, nombre qui forme l'intervalle entre le point initial de l’ère des olympiades et de l’ère chrétienne. La première année de la 195° olvmpiade répond ainsi à la première année de l’ère chretienne. Mais il est important de remarquer que la concordance des années olympiques et des années de l'ère vulgaire ne peut être complète. Les années olympiques commencaient vers la pleine lune aprèsle solstice d’été, approximativement le premier juillet, tandis que les années vulgaires commençent au mois de janvier : il en résulte qu’une année

ER olympique répond à la seconde moitié d’une année julienne ct à la première moitié de l’année suivante.

On cessa de se servir ‘des olympiades vers la fin du IV° siècle, époque où elles furent remplacées, dans toute la chrétienté du moins, par les indictions. Néanmoins un grand nombre d'écrivains continuèrent à employer cet ancien comput, et mêlèrent l'esprit de système à une méthode chronologique qui ne paraissait pas devoir l’exciter jamais. La plupart des chronographes du moyen-âge , tels qu'Eustbe, St-Jérôme, l'historien Socrate, Jules Africain, George le Syncelle et beaucoup d'autres moins célèbres eurent leur manière de compter par olympiades. Mais l'errear la plus grave qui fut commise par quelques-uns de ces écrivains, a été de confondre l’année olympique avec l’année civile des Grecs et de les faire commencer l’une et l’autre au premier septembre. Ces observations et les véritables élémens des olympiades que nous venons d'exposer, suffiront pour trouver sûrement la concordance des années de cette ère avec celles de notre ère vulgaire.

5. Ëre d'Alexandre-le-Grand. — De Philippe. — Des Lagides. La première année de cette ère commence avec la 425° de l’ère de Nabonassar, et le 12 novembre de l’an 324 avant J.-C. La mort d'Alexandre en est le pointinitial, quoique cet événement ne se rapporte pas précisément à cette date. C’est que le 1°° thôt de l’an 425 de Nabonassar tomba cette année là au 12 novembre, et que les Égyptiens dataient toujours les années du règne de leurs princes, du commencement de leur année civile. Au surplus l'ère d'Alexandre instituée en l’honneur de ce conquérant , n’est en réalité qu’une transformation sous divers noms de l’ère de Nabonassar.

6. Êre des Séleucides. Cette ère qu’on a souvent confondue avec l’ère précédente, et qui porte aussi le nom d'Alexandre, a été long-temps et généralement employée dans lorient. 11 est important d’en connaitre les élémens. L’avénement de Séleucus-Nicanor au trône de Babylone, après la défaite de Démétrius Poliorcète à Gaza, et la mort d'Alexandre, roi de Macédoine, est communément regardé comme la cause de son institution. Son époque initiale, sur laquelle on est également d’accord , est la première année de la r17° olympiade, ou le mois de juillet de l’an 312 avant J.-C. Les modifications auxquelles cette ère a été arbitrairement soumise, soit par les auteurs, soit par les diverses nations orientales qui l’adoptèrent, sont nombreuses et exigeraient des détails que ne comportent point notre plan. Nous ferons seulement remarquer que la concordance des années séleucides avec les années juliennes exige la plus grande attention.

7. Êre de Tyr. Son époque inisiale est le 19 octobre de l’au 125 avant J.-C, Elle fut alors fondée par les

ER Tyriens, en reconnaissance du droit d'autonomie qui leur fut accordé par Bala roi de Syrie. Elle est employée

par quelques astronomes.

8. Êre césaréenne d'Antioche. Une basse flatterie d’un peuple déchu envers un grand homme est la cause de l'établissement de cette ère. Elle se rapporte à la victoire que Jules César remporta dans les plaines de Pharsale l'an 48 avant J.-C. C’est là son époque initiale. Elle fut momentanément adoptée en Grèce.

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