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LAMINOIR. (Wéc.) Nom générique donné aux machines métallurgiques, composées de deux cylindres, qui sont destinées à aplatir les métaux et à les étirer.

L'invention des laminoirs, faite par Olivier Aubry vers 1540, est l’origine de la supériorité incontestable que possèdent les modernes sur les anciens pour le travail des métaux. L'usage de ces machines éminemment simples n’est cependant devenu général que long-temps après leur découverte, car il n’y a pas plus d’une quarantaine d'années qu’on l’a substitué, en Angleterre, à l'emploi des marteaux et des martinets, dont on se sert encore dans nos usines pour forger et étirer le fer. Ce changement de procédés, disent MM. Élie de Beaumont et Dufrénoy, dans leur description des forges de l'Angleterre, a produit une économie considérable dans la main-d'œuvre, eta permis de fabriquer une beaucoup plus grande quantité de fer, à cause de la prodigieuse rapidité des nouvelles opérations. Ainsi, tandis qu’autrefois une affinerie, marchant avec un marteau, produisait à peine 10 milliers de fer en barres par semaine, aujourd’hui une affinerie de moyenne grandeur, tra vaillant avec des cylindres, en produit 150 milliers dans le même temps, sans autre moteur qu’une machine à vapeur. La consommation du fer ne pouvant que s’augmenter de plus en plus, car ce métal précieux est appelé à remplacer le bois, dont la pénurie se fait déjà sentir, il est essentiel qu’on s’occupe sérieusement de perfectionner nos forges, surtout si l’on a jamais l'intention de réaliser toutes ces grandes lignes de chemin de fer, sources de richesse nationale et de bienêtre particulier, à ce que disent les prospectus des entrepreneurs.

Les laminoirs sont employés dans diverses fabrications; ils servent aux orfévres, aux metteurs en œuvre, aux fabricans d’objets plaqués en argent, aux manufactures de galons, ete, etc. A l’aide de cylindres unis Ou cannelés, suivant les besoins, on forme, avec une célérité remarquable , des feuilles de cuivre, de plomb et d’étain de toutes les épaisseurs; un grand nombre d'objets utiles, tels que des couteaux, des clous, des barres garnies d’ornemens et de moulures, qui sembleraient exiger un travail long et minutieux, sont confectionnés avec la plus grande facilité par ces appareils, dont on peut voir la description dans le tome VI de {@ Mécanique appliquée aux Arts, de M, Borguis.

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LANTERNE. (Méc.) Pièce d’engrenage qui sert à transmettre le mouvement d’un arbre tournant à un autre arbre.

Une lanterne se compose de cylindres en bois ou en métal insérés circulairement, à distances égales, dans deux plateaux parallèles; ces plateaux portent le nom de fourtes ou tourteaux , etles cylindres celui de fuseau. Le mouvement est imprimé à la lanterne par une roue dont les dents engrènent avec les fuseaux. ( Voy. Roue DENTÉE. )

LATITUDE. (Géog.) Quelle que soit la figure de la Terre, la latitude d’un de ses points est l’angle que la verticale en ce point fait avec le plan de l’équateur : elle est aussi égale à la hauteur du pôle sur l'horizon du même lieu.

Le point où la verticale rencontre la sphère céleste dont le centre est celui de la terre se nomme le zénith apparent. Le rayon terrestre correspondant au pied de la verticale ou au lieu de l’observateur, et prolongé indéfiniment , atteint la sphère céleste en un point qu’on nomme zénith vrai. Enfin, l'angle de ce rayon avec le plan de l’équateur s'appelle latitude géocentrique ; ainsi cette latitude est égale à la latitude géographique moins l'angle de la verticale avec le rayon, puisque la terre est aplatie aux pôles.

Soit H la hauteur du pôle et G la latitude géocentri= que correspondante ; on a, par conséquent,

a sin 2H sin1°

æ désignant l’aplatissement de la terre. (Voy. Terre.)

La latitude géocenirique est un élément du caleul du lieu apparent des planètes et de leur parallaxe en ascension droite et en déclinaison. ( Voy. ces mots.)

Depuis que l’on est en possession du cercle répétiteur, la latitude géographique s’obtient avec une grande précision par des distances zénithales circomméridiennes des étoiles ou du soleil, c’est-à-dire, par des observations faites quelques instans avant et après le passage au méridien. Soit P le pôle du monde, D la déclinaison de l’astre E, Z sa distance zénithale réduite au centre de la terre s’il est nécessaire (voy. Pararraxe), et H la latitude cherchée. Dans le triangle sphérique LEP, le côté ZE = Z, le côté EP = 90° — D, lorsque la décli-

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naison est boréale, et l’on a par la propriété fondamentale de ce triangle (1)

cos Z — sin H sin D + cos H cos D cosP.

Mais comme l’astre E est supposé très-près du méridien, il est évident que lorsqu'il y passera l’on aura

L— x + 90° —H = 90° — D, æ étant une quantité fort petite. Ainsi, dans ce cas, Z—H —D +zxou H—Z—x+0D, et (1) devient cos (H—D+x)— sin H sin D + cosH cos D cos P.

Développant le 1° membre en vertu de la relation cos (A x) — cos À cosæ—sin À sin æ, et faisant attention que cos P—1—2sin?.}:P, on aura

cos (H — D) cos æ — sin (H — D) sin æ

—cos (H— D)— 2 cosH cos D sin? . FP;

et comme par supposition la réduction æ au méridien est fort petite, on peut faire

cosæ—1etsntT—=T; parlant

2 cos H cos D sin? . 1P sin (H — D) sin 1°

Mais cette réduction, qui est exprimée en secondes de degré à cause du facteur sin 1° au dénominateur, ne saurait se calculer sans que l’on ait une valeur approchée de la latitude H, ce qui est d’ailleurs toujours possible, Quant à l'élément le plus essentiel à déterminer, savoir l'angle horaire P, on l’obtient en ôtant de l'heure du passage à la pendule l'heure de l'observation, soit que cette pendule suive le temps sidéral pour les étoiles, soit qu’elle marque le temps moyen pour le soleil. Enfin il est avantageux, lorsqu'on observe le soleil, de faire autant que possible le même nombre d'observations avant et après le passage au méridien, et à des temps également éloignés de midi, afin d'éviter d’avoir égard au mouvement de l’astre en déclinaison.

L'emploi du cercle répétiteur procurant plusieurs distances zénithales avant et après le passage, on évalue les réductions x correspondantes, et la moyenne de leur

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somme est la réduction à appliquer à la distance zénithale moyenne observée, pour avoir la distance méridienne Z— +. Il est entendu que la première distance doit être augmentée de la réfraction dépendante de ’état du baromètre et du thermomètre, diminuée de la parallaxe et corrigée convenablement du demi-diamètre apparent du soleil lorsqu'on a observé l’un de ses bords.

Ce procédé, dont Delambre et Méchain ont les premiers fait de si nombreuses applications lors de la dernière mesure de l'arc de méridien en France, est expliqué dans tous ses détails au 2° volume de la Base du Système métrique décimal et dans le Traité de Géodésie de M. Puissant, ouvrage où l’on trouve une table de réduction au méridien qui abrége de beaucoup le calcul.

Les doubles passages de la polaire font en général connaître la latitude ayec une grande précision ; toutefois les astronomes ne la considèrent comme définitive que quand elle a pu être vérifiée par l'observation d’étoiles situées au sud du zénith de la station, et à peu près à la même distance que la polaire. Dans tous les cas, la demi-somme des deux résultats est la latitude véritable, et leur demi-différence est ce qu’on appelle l'erreur constante de l'instrument.

Terminons par un exemple. Le 17 décembre 1798, Méchain fit l'observation suivante à l'Observatoire royal de Paris, peu de momens avant le passage supérieur de la polaire au méridien.

EE

Heure du passage Angles Réduction à la pendule sidérale, , , 0".51°.46' horaires. | au mérid. 1% observation, à. . . 0".19.40" | 32°. 6’ | —64",54 DS SRE ER APN 21.90 | 30: 16 5, 22 DSL AE EM UE OMIS 25 A No Sr 5o, 26 HAE EURE ER 26.25 | 25. 23 40, 26 4 QbservatiOns. JR RE ST 2008 Réduction moyenne. . . . .. ... æ —= — 53,02

Arcisimple etc to

Distance méridienne appé *ente.. . . .

Réfraction- ses ce TE

Distance méridienne vraie. , . . . , .

Distance polaire apparente. . . . . . .

Colatitude.. . . . . . . . 90 — H = 41. 9: 41,25 Latitudes.: Te + 0e — Qi

Ce résultat, donné par une seule et courte série, n'excède que de 5”,55 la latitude que Méchain trouva par 2764 observations.

(M. Puissant.)

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