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S Ï. TRANSFORMATION DU MOUVEMENT RECTILIGNE CONTINU

1° En mouvement rectiligne continu. Les poulies et les moufles donnent la solution la plus ordinaire de cette question. Par exemple, lorsqu'on élève un poids à l’aide d’une corde qui passe sur une poulie fixe, la puissance et la résistance agissent dans des directions différentes,

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mais les Mouvemens sont rectilignes. Nous nommons ces mouvemens continus, quoiqu'ils se terminent au moment où le poids a atteint sa plus grande élévation, parce qu'ils s’exécutent sans aucune rétrogradation pendant toute leur durée. Les seuls moteurs capables de produire des mouvemens rectilignes réellement continus sont l’air, l’eau et la vapeur.

On range parmi les organes mécaniques capables d’opérer cette première transformation divers instrumens très-connus dont on se sert pour tracer des parallèles. Telles sont les doubles règles représentées dans les figures 1, 2 et 3 de la PI. 8.

Le problème de faire mouvoir une Jongue ligne droite parallèlement à elle-même a beaucoup occupé les premiers constructeurs des métiers à filer le coton dits mull-jennys. Dans ces métiers, les chariots qui portent les fuseaux, et qui ont de 6 à g mètres de long, s’éloignent et se rapprochent alternativement des bancs où s'opère le tirage des fils, et il est essentiel qu’ils conservent le plus exact parallélisme pour que tous les fils soient également tendus. Ce n’est qu'après avoir épuisé les appareils les plus compliqués et les plus dispendieux qu’on a imaginé, en Angleterre, le moyen très-simple indiqué dans la fig. 4. aa représente le chariot monté sur quatre roues ; une corde cd, dont les extrémités c et d sont attachées à deux points fixes, vient passer sur les poulies bb, ainsi qu’une autre corde ef qui entoure ces poulies dans un autre sens, et dont les deux extrémités cet f sont également fixes. Les points d’arrêts 6, d, e, f, sont disposés de manière que les deux cordes sont partout également tendues, et que les lignes cd et ef sont parallèles. Le chariot étant perpendiculaire aux directions des lignes cd et ef, ne peut se mouvoir que parallèlement à lui-même lorsqu'on applique au point d la puissance qui doit le mettre en mouvement.

— Un coin e (fig. 5), qu’on fait glisser entre deux doubles montans b et c, au-dessous d’un autre coin f, que huit goupilles ou que huit rouleaux empêchent de s’écarter à la droite ou à la gauche des montans, tout en le laissant s'élever, résout encore le même problème ; car, à mesure que ce coin s’avance horizontalement, la surface du coin f monte verticalement et parallèlement à sa première position. Cette transformation de mouvement est employée dans les pédales à sourdine du forte-piano. -

— On peut se servir d’une disposition semblable pour transporter un mouvement rectiligne continu dans un autre plan que celui où il s’exécute. Supposons que le coin e supporte sur sa face supérieure une règle À mobile entre deux tenons. Ce coin, en glissant contre l’extrémité inférieure de la règle garnie d’une roulette, la forcera de monter; de manière que cette règle aura un mouvement rectiligne dont la direction peut faire un

angle quelconque avec celle du mouvement du coin. En ajoutant un troisième coin g qui fasse corps avec le second coin f, et lui appliquant la règle X, on pourra modifier à volonté la direction et la vitesse du mouvement.

— Le Bélier hydraulique (Voy. ce mot) de Montgolfier offre une ingénieuse transformation du mouvement rectiligne continu d’un courant d’eau, en un autre mouvement rectiligne continu, qui est celui de l’eau ascendante.

2° En mouvement rectiligne alternatif. Le cylindre d’une machine à vapeur, celui de la machine à colonne d'eau, et-la colonne oscillante de M. Manoury d’Ectot (Voy. ces divers mots), opèrent cette transformation. Un flotteur qui monte et descend alternativement dans un yase que remplit un courant d’eau et que vide ensuite un syphon, en offre encore un exemple. La contraction et la dilatation des corps matériels par les yariations de la température, sont également une transformation du mouvement rectiligne continu en mouvement alternatif, dont M. Molard a fait une très-belle application pour redresser deux murs du Conservatoire des Arts et Métiers.

3° En mouwment circulaire continu. Une poulie.qui tourne sur son axe lorsqu'on tire la corde qui l’enveloppe, donne la solution de ce problème. Le treuil, le cric et la vis, produisent aussi la transformation réciproque du mouvement circulaire continu en mouvement rectiligne continu.

— M. de Prony a imaginé l’organe très-simple indiqué dans la fig. 6, pour transformer le mouvement circulaire en un mouvement rectiligne d’une vitesse aussi petite qu’on peut le vouloir. / est un cylindre partagé en trois parties ; les deux parties extrêmes gh et if portent deux vis de pas égaux qui tournent dans les écrous a ete; la partie du milieu Ai porte une vis dont le pas diffère de celui des vis gh et if, et qui se meut dans un écrou mobile b retenu par une languette d dans une rainure ou patin, de manière qu’il ne peut se mouvoir que le long de cette rainure; à chaque tour de la manivelle &, l'écrou b décrit un espace égal à la différence du pas de la vis du milieu avec le pas des vis extrêmes. On peut remplacer une des deux vis extrêmes par un axe simple, ce qui simplifie cet appareil susceptible de nombreuses applications.

— Les roues hydrauliques transforment le mouvement rectiligne continu d’un courant d’eau en mouvement circulaire continu. Il en est de même des moulins à vent. La vis d'Archimède produit la transformation réciproque (Voy. ces divers mots).

4° En mouvement circulaire alternati f. Divers organes donnent la solution de cette question et de sa réciproque. Tel est le balancier hydraulique de Perrault (voy.

ce mot); tel est encore un secteur surmonté d’une voile et formant un système dontle centre de gravité se trouve au-dessus du centre d’oscillation parle moyen d’un contrepoids ; lorsqu'il est frappé par le vent, il prend un mouvement circulaire alternatif dont on a fait diverses applications.

— La fig. 7 représente un mécanisme très-simple par lequel le mouvement circulaire alternatif du levier ab imprime à la barre mn un mouvement rectiligne. Le levier tournant ab porte deux autres petits leviers ef, de, mobiles sur leurs axes €, d, et dont les extrémités, garnies de deux petits cylindres, engrènent dans les dents qui garnissent les bords de la barre #n.

— Une pompe ordinaire, mue par un levier, offre aussi une semblable transformation de mouvement. L’eau monte dans le corps de pompe par un mouvement rectiligne, tandis qu’on imprime au levier un mouvement circulaire alternatif.

5° En mouvement continu d’après une courbe donnée. Il n’existe pas d’organe mécanique capable d’opérer directement cette transformation ; mais on peut l’obtenir par la réunion de plusieurs organes; ainsi, après avoir transformé le mouvement rectiligne continu en circulaire continu, par un des moyens indiqués ci-dessus, on transformera ce dernier en mouvement rectiligne continu suivant la courbe donnée, à l’aide des organes décrits plus loin au S IL.

6° En mouvement alternatif d'après une courbe donnée. La solution de ce problème exige encore le concours de plusieurs organes. Il faut transformer préalablement le mouyement rectiligne continu en circulaire continu, puis on change ce dernier.en alternatif suivant la courbe donnée.

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