DACTYLE. ( H. C
GEITOAïR (Ornilh.), nom koriaque d'une espèce d'oie, suivant Kraschenninikow. (Cu. D.)
GÉÏTOHALE. (Min.) M. Wild propose de donner ce nom, qui veut dire voisin du sel , à notre chaux sulfatine spathique , qui se trouve en effet dans les salines, mais non pas exclusivement. Cette substance est déjà connue sous les noms de spath cubique , de muriacitc , tfanhydrile , de chaux sulfatée anhydre, de chaux sulfatine. Voyez Chaux sulfatine. (Brard.)
GEKATCH1TCHIR. (Ornith.) Ce nom kouril, cité par Kraschenninikow comme correspondant au stariki des Russes, est probablement applicable à l'espèce de pingouin nommée par Linna?us alca psittacula. (Ch. D.)
GEKRŒ1NTES. (Ornilh.) Gesner donne ce terme comme désignant, en allemand , le troglodyte, motacilla troglodytes t Linn. ( Ch. D. )
GERROSSTEIN ou GEK RŒSESTEIN. (Mm.) Les mineurs allemands donnent ce nom à la baryte sulfatée concrétionnée qu'on a trouvée d'abord dans les salines de Wieliczka en Pologne , et ensuite en Saxe et en Derbyshire : c'est la pierre de trippes des anciens minéralogistes (voyez Baryte sulfatée concrettonnée ). Suivant Stutz, le même nom allemand a été donné à une -chaux sulfatée qui présente aussi des stries et des dessins contournés. (Brard.)
GELA. (Bot.) Genre de plantes établi par Loureiro , dans la Flore de la Cochinchine. Il paroit devoir être réuni au ximenia , dont il diffère cependant par ses pétales entièrement lisses, son stigmate bifide, ses feuilles opposées. (J.)
GELALA-1TAM (Bot.) , nom malais de l'arbre de corail. erythrina indica de Lamarek. ( J.)
GELAPO (Bot.), un des noms anciens du jalap. (J.)
GELASIE, Gelasia. (Bot.) [Chicoractcs , Juss. = Syngénésie polygamie égale, Linn.] Ce genre de plantes, que nous avons proposé dans le Bulletin de la société philomatique de Mars 1818, appartient à la famille des synanthérées, et à la tribu
2QC GEL
naturelle des lactucées, dans laquelle nous le plaçons immédiatement auprès du scorzonera, dont il diffère par le péricline subbisérié, à squames extérieures longuement appendiculées, par la corolle glabre , et surtout par l'aigrette , qui n'est point plumeuse.
La calathide est incouronnée, radiatiforme , multiflore. fissiflore, androgynifloré. Le périclinc, égal aux fleurs marginales, est formé de squames bi-trisériées : les extérieures beaucoup plus courtes, ovales, appliquées, coriaces, surmontées d'un très-long appendice filiforme, inappliqué; les intérieures ovales- oblongues , appliquées, presque inappendiculées. Le clinanthe est plane, inappendiculé , ponctué. Les ovaires sont cylindriques, incollifères, munis de côtes striées transversalement, et d'un bourrelet apicilaire ; leur aigrette est irrégulière, composée de squameliules très- inégales, filiformes, épaisses, barbellulées. Les corolles sont glabres.
Gélasie velue : Gelasia villosa, H. Cass. ; Scorzonera villosa, Scop., F/or. Carn. C'est une plante herbacée, dont la tige, haute d'environ deux pieds, est rameuse, cylindrique, épaisse, striée, garnie de longs poils mous; les feuilles sont alternes, sessiles, demi-amplexicaules, dressées, longues d'environ huit pouces, larges de quatre lignes à la base, étrécies de bas en haut, presque filiformes supérieurement, très -entières sur les bords, garnies sur les deux faces de longs poils mous, épars, et munies de plusieurs nervures simples, parallèles: les calathides, composées de fleurs jaunes, sont grandes et solitaires au sommet de la tige et des rameaux , qui sont dépourvus de feuilles en leur partie supérieure; les périclines sont velus, comme les rameaux qui leur tiennent lieu de pédoncule. Nous avons observé et décrit cette plante, dans l'herbier de M. Desfontaines, sur des échantillons provenant du Jardin du Roi. Il est probable que c'est la même espèce qui, sous le nom de scorzonera villosa, est imparfaitement décrite et fort mal figurée dans la Flora Carniolica de Scopoli, où il est dit qu'elle habite aux environs de Trieste. (H. Cass.)
GÉLASIME; Gelas imus, Latr. (Crust.) Genre de crustacés décapodes de la famille des brachyures, voisin desOcvroDEs.
des Goneplaces et des Ucas (voyez ces mots). Il diffère des premiers par les antennes, les yeux et les proportions relatives des pieds; des seconds, par le troisième af ticle despiedsmàchoires extérieurs, et des troisièmes, par la forme du test. En effet, les gélasimes ont le test en forme de trapèze, les pieds-màchoires extérieurs rapprochés l'un de l'autre, et leur troisième article à l'extrémité latérale et supérieure de celui qui le précède. Les quatre antennes sont découvertes et distinctes, les latérales cétacées. Les yeux sont situés à l'extrémité d'un pédicule grêle , prolongé jusqu'aux angles extérieurs du test , et reçu dans une fossette longue et linéaire. Les pieds diminuant graduellement de longueur, a partir de la seconde paire ; mais un des caractères les , plus remarquables des gélasimes est la grandeur disproportionnée d'une de leurs serres, l'autre restant ordinairement très-petite.
Ces crustacés habitent près des rivages et les pays chauds. On en connoît surtout trois espèces.
La Gélasime maracoani; Gelasima maracoani , Herbst , Cane, tab. 1 , fig. 1. Test chagriné, deux dépressions linéaires dans le sens de la longueur du test ; corps jaune rougeàtre. Il se trouve à Cayenne et au Brésil.
La Gélasime combattante; Gelasima pugilator ; Ocypode pugilator, Bosc. Test uni, ponctué, fond gris, une tache violette en avant, et en arrière des lignes noires disposées parallèlement. Cette espèce se forme, en très-grand nombre, des terriers, qui sont cylindriques et très- profonds. Les mâles se distinguent des femelles par des couleurs plus fortes, ure taille moindre, et une queue triangulaire. Les femelles portent des œufs dès le mois de Février. Pendant l'hiver cette gélasime reste engourdie au fond de ses terriers. Elle se trouve dans la Caroline.
La Gélasime appelante ; 'Gelasima vocans; Cancer vocans , Degéer, Ins., t.7, p./j3o, pl. 26, fig. 12. Test uni avec son bord antérieur terminé en pointe; corps jaune pale, ponctué de roux. M. Bosc a vu, dans la Caroline, cette espèce se jeter en foule sur les charognes pour les dévorer. Le nom de vocans lui a été donné parce qu'on la voit souvent élever sa grosse pince , comme pour avertir, pour appeler.
GELASON. (Bot.) C'est , suivant Adanson , le nom celtique du diotis marilima , Desf. (H. Cass.)
GELATINA.*( Bot. ) Genre proposé par M. Rafinesque- Schmaltz pour placer quelques champignons d'une substance gélatineuse, sans forme déterminée, naissant sur le bois, et qui se trouvent dans plusieurs parties de l'Amérique septentrionale. M. Rafinesque en désigne plusieurs espèces sous les noms de fœtidissima , lutca, rubra , alba. (Lem.)
GELATINAR1A. (Bol.) Roussel, dans sa Flore du Calvados, établit sous ce nom un genre de plantes cryptogames de la famille des algues , qui a pour type le conferva gelatinosa, Linn. C'est le même que celui appelé par les botanistes bairachospermum. ( Lf.m. )
GÉLATINE. (Chim.) Substance formée de Oxigène.... 27,207
Azote...... 16,998
Carbone... 47,881 . Hydrogène. . 7,91/4* ( Gay-Lussac et Thenard.)
Propriétés physiques.
Elle est solide , plus dense que l'eau , sans couleur, inodore . insipide.
Prop rie tés ch im iq ues.
a) Cas où la gélatine agit par attraction résultante.
Exposée dans une atmosphère humide, elle absorbe un peu d'eau.
A froid , elle ne se dissout pas ou que très-peu dans l'eau , si ses particules sont très- cohérentes ; à 100 degrés elle s'y dissout bien. Lorsque cette solution est assez concentrée , elle se prend en gelée parle refroidissement; c'est de là que lui vient le nom de gélatine.
Cette propriété est due, sans doute, à ce que, la gélatine étant beaucoup plus soluble à chaud qu'à froid, par le refroidissement elle se sépare en grande partie de l'eau à l'état solide; mais cette matière solide est si divisée qu'elle enveloppe entre ses particules l'eau ■ qui la tenoit en disso-
1 Cette eau contient la gélatine qu elle est susceptible <le dissoudre à froid.
Jution , et sa force de cohésion est si foible que le liquide y reste interposé.
La solution aqueuse de gélatine n'a aucune action sur let couleurs végétales : si la solution de colle de poisson rougit le tournesol, et si celle de colle forte agit comme un alcali sur l'hématine , cela dépend de substances étrangères à la gélatine. • ,
Les acides et les alcalis, qui sont assez étendus d'eau pour ne pas changer la composition de la gélatine, ne la précipitent pas de sa dissolution»
Un assez grand nombre de sels la précipitent , notamment ceux qui ont une saveur trés-astringente , comme l'hydrochlorate d'iridium', le nitrate de mercure*. Ces précipités sont formés de gélatine , de la base du sel , et certainement aussi de l'acide qui étoit uni à cette dernière j mais nous ignorons si l'acide est à la base dans le même rapport que dans le sel.
M. Mérimée a observé que le persulfate de fer la précipitoit. En constatant ce fait , nous avons remarqué que le précipité égoutté pouvoit être redissous par l'eau bouillante, et que l'ammoniaque ajoutée à la dissolution n'en préciploit pas ou que très -peu de peroxide de fer, même au bout de vingt-quatre heures, ce qui prouve évidemment que la gélatine a de l'action sur cette base.
M. Mérimée a encore observé que l'alun épaissit la solution de gélatine , et que le mélange redevient parfaitement limpide lorsqu'on y ajoute de l'eau.
L'hématine, la noix de galle et les matières végétales solubles dans Feau, qui ont une saveur astringente , précipitent la gélatine en formant avec elle des composés plus ou moins insolubles. On a généralement attribué la précipitation de la gélatine, par les substances astringentes, à un principe immédiat que l'on a nommé tannin ; mais , comme l'existence d'un pareil principe est loin d'être démontrée , nous reviendrons sur ce sujet au mot Substances astringentes.
L'amer de Velter, et les substances que M. Hatchett a
1 Yauquelin.
2 Thomson. s
2Ç)o GEL
nommées, tannins artificiels , précipitent la gélatine en Munissant avec elle. Nous en parlerons au mot Substances astringentes artificielles.
Les huiles , l'éther et l'alcool concentré ne dissolvent pas la gélatine sèche.
Lorsqu'on verse de l'alcool dans une solution aqueuse de gélatine , il s'y fait un précipité, qui est de la gélatine. Quelle que soit la quantité d'alcool, il reste toujours une quantité notable de matière en dissolution. Le précipité est redissous quand on ajoute de l'eau au mélange des deux liquides.
b) Cas où la gélatine agit par affinité élémentaire.
• Lorsqu'on fait passer du chlore dans une solution de gélatine, ou lorsqu'on mêle celle-ci avec de l'eau de chlore, il se produit des flocons blancs, qui finissent par se réunir en filamens soyeux , élastiques. Ce précipité est insipide ; il rougit légèrement le tournesol; il ne se dissout pas dans l'eau et l'alcool : quand on l'abandonne plusieurs jours à lui-même, il s'en sépare du chlore. Les alcalis le dissolvent ; une portion de ces bases devient chlorure. M. Bouillon-Lagrange a considéré cette substance comme de la gélatine oxigénée. Depuis , M.Thenard l'a examinée, et Ta considérée comme un composé de chlore, d'acide hydrocblorique et de gélatine probablement altérée.
L'acide nitrique favorise la dissolution de la gélatine sèche dans l'eau ; mais il finit par la convertir en plusieurs composés, notamment en acide oxalique.
L'acide sulfurique, concentré exerce sur la gélatine une action extrêmement remarquable , dont M. Braconnot a fait connoître le résultat. 11 mit 12 grammes de gélatine en macération avec 24 grammes d'acide sulfurique concentré. Au bout de vingt-quatre heures la liqueur n'étoit pas sensiblement colorée; il y ajouta un décilitre d'eau, et fit bouillir, pendant cinq heures, en ayant soin de remplacer l'eau qui se vaporisoit : il satura l'excès d'acide par la craie ; filtra , fit concentrer la liqueur, et l'abandonna ensuite à elle-mênae. 11 obtint, i.* des cristaux sucrés; 2.0 un liquide sirupeux incrUtallisable.
Cristaux sucrés.
Ifs sont sous forme grenue ou prismatique ; leur saveur est douce et sucrée, à peu près comme celle du sucre de raisin.
Ils sont un peu plus solubles dans l'eau que le sucre de lait. L'alcool bouillant, même foible , ne les dissout pas.
Ils ne sont pas susceptibles d'éprouver la fermentation alcoolique. Cette propriété nous empêche d'adopter le nom de sucre de gélatine que M. Braconnot leur a donné , parce que les espèces qui forment le genre Sucre ont pour caractère principal de produire de l'alcool lorsqu'elles sont placées dans des circonstances convenables. fVoyez Sucre, et Fermentation alcoolique, Toni. 16 1 pag. 440»)
Lorsqu'on les soumet à la disiillation , on obtient un sublimé blanc et un produit ammoniacal : c'est une preuve qu'ils contiennent de l'azote : cette composition les distingue encore des espèces du genre Sucre , qui sont dépourvues de cet élément.
A froid, l'acide nitrique ne les dissout pas ou que très-peu j à chaud , la solution a lieu sans effervescence et sans production d'acide nitreux. En faisant évaporer doucement l'excès d'acide nitrique , on obtient un résidu plus pesant que les cristaux employés. M. Braconnot le considère comme une combinaison d'acide nitrique et de la substance des cristaux; il l'appelle acide nitro- sac char ique.
L'acide nitro -saccharique cristallise en prismes incolores qui ressemblent aux cristaux de sulfate de soude il a une saveur acide et légèrement sucrée ; il est très-soluble dans l'eau. Exposé au feu , il se boursoufle beaucoup et fuse obscurément en exhalant une vapeur piquante.
Il forme deux combinaisons avec la potasse; l'une est avec excès d'acide , et l'autre est neutre : toutes deux cristallisent en aiguilles et détonent par la chaleur.
Il forme avec la chaux un sel qui cristallise en prismes fins, qui n'est pas déliquescent, et qui fuse quand on le jette sur un charbon ardent.
Il forme avec la magnésie un sel déliquescent, qui, exposé au feu , se fond, se boursoufle, fuse et laisse un résidu spongieux brun.
Il forme avec l'oxide de plomb jaune un composé dont la solution , incristallisable , se réduit , par la concentration , en une substance de consistance mucilagineuse, qui détone fortement par la chaleur.
Liquide sirupeux incristallisable.
Ce liquide contenoit, i.° de la matière sucrée cristallisable ; •2.° une matière peu azotée, précipitable par la noix de galle, qui s'opposoit à ce que la précédente pût cristalliser ; 3.° de l'ammoniaque , qu'on en dégageoit par la potasse; 4.0 une matière nouvelle que M. B^connot appelle leucine.
Lorsqu'on traite le liquide sirupeux par l'alcool foible et bouillant, il n'y a qu'une petite quantité de matière dissoute: la solution, filtrée chaude, laisse précipiter par le refroidissement un sédiment blanchâtre , formé de matière sucrée cristallisable et de leucine. La liqueur, séparée du sédiment et concentrée, a une odeur de miel et de la tendance à cristalliser. Quant à la portion du liquide sirupeux indissoute par l'alcool , elle a une saveur sucrée et en même temps celle du bouillon.
Propriétés de la leucine.
La leucine est blanche, pulvérulente : on peut l'obtenir en cristaux grenus, ou en petits cristaux, qui se réunissent sous la forme des moules de bouton qui ont un rebord à la circonférence, et un point ou une dépression au centre.
Elle a le goût du bouillon : chauffée dans une petite cornue, elle se fond, répand une odeur de viande grillée, se sublime en partie sous la forme de petits cristaux blancs, grenus , opaques , et il se produit un liquide ammoniacal.
Elle se dissout dans l'eau : elle n'est pas précipitée par la noix de galle et par le sous-acétate de plomb ; le nitrate de mercure paroît être la-seule dissolution métallique qui puisse le précipiter; la liqueur séparée du précipité est rose.
La leucine se dissout dans l'acide nitrique. La solution , exposée au feu, ne produit qu'une très-légère effervescence, sans qu'il se forme d'acide nitreux. Le résidu est entièrement formé d'un acide particulier que M. Braconnot regarde comme un composé de leucine et d'acide nitrique , et qu'il
appelle en conséquence acide nilro-teucique. Cet acide se dissout dans l'eau et peut cristalliser en fines aiguilles divergentes presque incolores : il forme, avec les bases , des sels différens, des nitro-saccharates, mais qui fusent ou détonent comme eux par Faction de la chaleur.
Je ferai observer, relativement aux acides nitro-saccharique et nitro-leucique , que je crois avoir le premier découvert une substance organique qui , en se combinant à l'acide nitrique, forme un acide particulier. (Voyez, au mot Indigo, ce qui est relatif a l'action de l'acide nitrique sur cette substance , et en particulier sur Y amer au minimum d'acide nitrique , qui devient amer de Velter en se combinant à cet acide.)
Quand on expose la gélatine au feu, elle se fond, noircit, exhale une odeur de corne, se réduit en eau, en huile empyreumatique , en acide acétique, en ammoniaque, en gaz acide carbonique et hydrogène carburé, et en un charbon azoté qui est difficile à incinérer.
La gélatine, dissoute dans l'eau et abandonnée à elle-même dans une température de i5 à 2b degrés, devient acide, se moisit, et finit par se décomposer entièrement, en exhalant une odeur très-fétide. La gélatine , réduite en gelée , se décompose également, si elle n'est pas exposée à un air sec. On observe que la gelée de gélatine qui s'altère, perd de sa consistance, et qu'un liquide s'en sépare.
L'alcool que l'on a mis en contact à chaud avec la gélatine, tient en dissolution une matière grasse, que M. Berzelius considère comme un produit delà décomposition de la gélatine.
Préparation de la gélatine et de la colle forte.
Gélatine.
La gélatine la plus pure qu'il est possible de se procurer, se prépare de la manière suivante : on prend de Yichïhyocolle ou colle de poisson (c'est la vessie natatoire de plusieurs poissons de\ mers du Nord , particulièrement celle du grand esturgeon, dont on a enlevé la membrane extérieure (voyez Ichthyocolle); on la déroule et on la coupe en très -petits morceaux ; on la fait bouillir dans l'eau. Presque toute la
matière est dissoute ; on filtre la liqueur bouillante quand la solution est formée de 2 à 3 parties de gélatine pour 300 d'eau bouillante, elle se prend en gelée par le refroidissement; en faisant sécher cette gelée <k l'étuve, après l'avoir mise dans des assiettes de porcelaine, on obtient pour résidu la gélatine sèche. Cette substance contient un peu d'acide, car sa solution rougit légèrement le tournesol.
Colle forte.
On prend des peaux , des rognures de peaux non tannées, des oreilles de veau, de bœuf, de mouton, etc.; on les fait tremper pendant au moins vingt-quatre heures dans l'eau: quand elles sont humectées, on les retire de l'eau, on les laisse égoutter, on les lave, et ensuite on les fait macérer dans de l'eau de chaux plus ou moins foible. On les en retire, on les lave de nouveau; puis on les met, avec un peu d'eau , dans une grande chaudière de cuivre placée sur un fourneau en maçonnerie : on chauffe doucement, et on finit par porter le liquide à l'ébuilition. Les matières animales se dissolvent peu à peu ; il se produit des écumes qu'on enlève : quand tout est dissous, on peut, en ajoutant de l'alun ou de la chaux en poudre , faciliter le départ des substances dont la présence dans la colle en diminueroit la transparence. Lorsqu'on juge la liqueur suffisamment cuite, ce qui demande treize heures de feu environ , on la tire de la chaudière , pour la passer immédiatement dans des mannes d'osier, ou dans une toile de crin. La liqueur, ainsi filtrée, est reçue dans une cuve de bois, où elle s'éclaircit par un repos de quelques heures. On la décante, on la fait concentrer, on l'écume et on la transvase dans des moules ou boites de bois humectées : par le refroidissement la colle se prend en gelée. Après vingt -quatre heures, on détache la gelée des parois du moule avec un couteau à deux tranchans, dont on a mouillé la lame; on divise la gelée en plusieurs morceaux ; on les enlève du moule un à un avec la main ou avec une palette»; on les met sur une planche horizontale à l'extrémité de laquelle s'élève verticalement une petite planche contre laquelle le morceau de gelée s'appuie par une de ses faces verticales. Au moyen
<Tun fil de fer on divise ce dernier en tranches horizontales, que l'on porte ensuite dans un séchoir ou hangar, couvert et garni de rideaux des deux côtés. Là on pose les tranches sur un filet à pêcheur tendu, et on les y retourne de temps en temps, afin qu'elles se dessèchent également et qu'elles ne contractent pas d'adhésion avec le filet.
La belle colle est rousse ou d'un brun roux ; elle n'est point tachée; elle a peu d'odeur; elle a» une cassure brillante; elle se gonfle beaucoup dans l'eau froide, lorsqu'on Vf tient plongée. Si on l'en retire au bout de quatre jours, et si on la fait sécher, elle doit revenir à son poids primitif. M. Bostock estime que la colle forte contient io,5 d'eau pour 100.
Ce qu'on nomme colle de Flandre, est une colle préparée avec plus de soin que la colle forte ordinaire , ou que la colle forte d'Angleterre : elle n'est pas aussi propre que cette dernière à coller le bois. C'est avec celle-là qu'on prépare la colle à bouche: pour cela on la fait fondre dans un peu d'eau ; on ajoute à la solution quatre onces de sucre candi par livre de colle; on cuit un peu, et on coule la solution dans des moules, où elle se prend en gelée.
La colle des doreurs, des peintres, se prépare avec des peaux d'anguilles, ou bien encore avec du parchemin, du cuir blanc, des peaux de chat, de lapin, etc.
Les colles fortes préparées par ces procédés sont alcalines à Thématine : c'est pour cette raison que les substances astringentes foibles, qui précipitent la colle de poisson, ne précipitent pas les colles fortes de leur solution aqueuse.
Les colles fortes ont souvent une odeur très-désagréable, qu'elles communiquent au papier, à la peinture à la colle, enfin , aux corps qu'on y incorpore ou sur lesquels on les applique. Cette propriété est due, ainsi que je l'ai découvert, à un acide volatil qui est produit par la décomposition spontanée des substances gélatineuses , quand celles-ci séjournent trop long-temps dans l'eau avant d'être soumises à l'action de ce liquide bouillant.
Lorsqu'on fait macérer les os dans l'acide hydrochlorique à 4 degrés, suivant le procédé de Hérissant, on dissout la partie inorganique de l'os, et le tissu organique reste indis-
*tf GEL
sous en conservant la forme de l'os. En traitant ce tissu par l'eau bouillante, on peut faire une colle excellente, ainsi que M. Darcet l'a prouvé. Nous ferons observer que l'acide hydrochlorique dissout un peu de tissu organique avec la partie terreuse.
Sur la gélatine envisagée comme principe immédiat
des animaux.
Plusieurs chimistes ont regardé la gélatine comme un principe immédiat des parties solides des animaux , qui se dissolvent dans l'eau bouillante en tout ou en partie, et qui donnent à ce liquide la faculté de se prendre en gelée par le refroidissement r Fourcroy et M. Bostock l'ont mise au nombre des principes du sang, et en général de tous les liquides animaux qui ont la propriété de précipiter par Tinfusion de noix de galle, quand ils ont été préalablement exposés à l'action de la chaleur pour coaguler l'albumine qu'ils pouvoient contenir. Aujourd'hui on admet assez généralement que la gélatine n'est point un principe immédiat; qu'elle est le résultat d'un changement de composition que la peau, le tissu organique des os, les tendons, etc., éprouvent lorsqu'on les fait bouillir dans l'eau : l'on admet de plus, que la précipitation en flocons de plusieurs liquides animaux mêlés à une infusion de noix de galle, n'est pas un caractère suffisant pour conclure l'existence de la gélatine, parce que l'albumine , étendue d'eau, ne se coagule pas par la chaleur, et qu'elle a , ainsi qu'un grand nombre de substances , la propriété d'être précipitée par la noix de galle.
Usages.
La colle de poisson est employée dans les pharmacies , et dans les offices pour faire des gelées de table. . ,
La gélatine est un des principaux alimens de nature animale : elle se trouve dans la viande bouillie, dans le bouillon , etc.
Les différentes variétés de colle forte sont employées pour faire adhérer de petites pièces de bois, pour faire de forts cartons; elles sont un des ingrédiens de la peinture à la colle;
elles sont employées pour clarifier les vins : dans ce cas elles paroissent souvent agir en déterminant le dépôt de substances astringentes qui, par la tendance qu'elles ont à se déposer des liquides qui les ont dissoutes, peuvent altérer la transparence de ces derniers.
En chimie, la gélatine a été employée pour reconnoître l'existence des Substances astringentes. Voyez ces mots. (Ch.)
GÉLATINEUSES [Plantes]. (Bot.) La plupart des végétaux sont ligneux ou herbacés. Il y en a qui ont la consistance du cuir ou de la corne (plusieurs fucus), du liège ( plusieurs champignons ) , d'une écume ( spumaria mucilago), etc. On nomme gélatineuses les plantes qui, comme la tremelle, par exemple, ont la consistance d'une gelée. ( Mass. )
GÉLATINEUX. (Bot.) Paulet donne ce nom à deux champignons , qu'il distingue par gélatineux à soies et par gélatineux papille. Ces deux espèces, de consistance de forte gelée et diaphanes , forment à elles seules les deux familles des agarics gélatineux unis et des agarics gélatineux à papilles , qui constituent le genre que Paulet désigne sous le nom d'agaricgelée. .
Le Gélatineux a soies (Paul. , Trait. , 2 , p. 96 , pl. 1 1 , fig. 1) est encore appelé par Paulet agaric gélatineux à bandes. Cette plante est la même que ïauricularia tremelloides de Bulliard , et que le tkelephora mesenterica de Persoon. La surface inférieure de ce champignon est couverte de poils ou de soies ,• l'aut J-e surface est marquée de sillons profonds.
Le Gélatineux a papilles (Paul. , Trait., 2 , p. 97 , pl. 11, fig. 23) est la même plante que l'agaric épineux en gelée de Paulet, et que Yhydnum gelatinosum de Schaeffer (Fung. Bav. , tab. 144, 1 45 ) , J*acquin , Persoon, etc. Ce champignon est remarquable par sa consistance gélatineuse et demi-transparente. Sa surface inférieure est garnie de papilles coniques. ( Lem. ) 1
GÉLATINEUX (Ichthjyol. ), nom d'une espèce de cycloptère décrite par Pallas, et que M. Cuvier rapporte au genre Liparis. Voyez ce mot. (H. C.)
GELBENECH. (Bot.) Suivant Anguillara , cité par C. Bauhin , la gratiole est nommée gratia Dei, et sa graine gel-
benech ou papaver spumeum. Cette plante est encore Yeupatorium mesue , et le limnesium de Cordus , différant d'un autre eupatoire de Mesuë, qui est VachilUa ageratum. (J.)
GELBING (Ornith. ), nom allemand du loriot commun. oriolus galbula , Linn. (Ch. D.)
GELBULj^L (Bot.) Suivant C. Bauhin , anciennement on nommoit ainsi , dans quelques lieux, les cônes sphériques du cyprès. (J.)
GELDING (Mamm.), nomangloisdu cheval hongre. (F. C.)
GELÉE. (Chim,) Ce mot a plusieurs acceptions. Il désigne , i#* la température de l'eau solide : a.° le produit de la congélation qui s'est opérée dans certaines circonstances; «'est dans ce sens qu'on dit la gelée blanche : 3.° l'état que des substances très -différentes par leur nature prennent, lorsque, ayant été dissoutes dans Un liquide , elles s'en séparent à l'état solide , en retenant entre leurs particules tout le dissolvant , ou au moins une partie , qui leur donne l'aspect de la glace; exemples, silice en gelée, alumine en gelée, etc. (Ch.)
GELÉE MINÉRALE. ( Min. ) On ne connoît point encore de minéraux gélatineux dans la nature; aussi cette ancienne dénomination étoit-elle très-inexacte, quand on l'appliquoit a des substances farineuses, que l'humidité intérieure des mines pouvoit bien ramollir, changer en pâte ou en bouillie claire , mais jamais en véritable gelée.
Les minéralogistes ne reconnoissent aujourd'hui de gelées minérales que celles qui se produisent dans les acides, quand on y Fait séjourner la poussière des différentes variétés de mésotype. etc. (Brard.)
GELÉE VÉGÉTALE ou GÉLATINE VÉGÉTALE. (Chim.) On appelle ainsi une substance extraite des végétaux , à laquelle on a donné pour caractère de se prendre en gelée lorsqu'elle se sépare de l'eau où elle est tenue en dissolution, comme cela arrive à la gélatine , qu'on prépare en faisant bouillir dans l'eau plusieurs matières animales, filtrant le liquide et le laissant refroidir. (Voyez Gélatine.)
Nous allons décrire par ordre chronologique les différentes observations que Ton a faites sur les substances qu'on a appelées gelée végétale. Nous adopterons cette expression de
préférence à celle de gélatine végétale , parce qu'on pourroit croire qu'il y a quelque analogie de nature entre ces substances et la gélatine qu'on obtient des matières animales.
Gelée des tamarins,
M. Vauquelin, après avoir retiré de la pulpe des tamarins macérés dans l'eau, i.°du mucilage, 2.0 du sucre, 3.° de l'acide tartarique pur, 4.0 du surtartrate de potasse, 5.° de l'acide citrique, 6.° de l'acide malique, traita cette pulpe par l'eau bouillante : la liqueur, passée dans un linge serré, se prit en une masse brune tremblante , qui se sépara , i.° en un liquide tenant en dissolution du mucilage et du surtartrate de potasse; 2.0 en une gelée molle, demi-transparente.
La gelée des tamarins ne se dissout qu'en très-petite quantité dans l'eau froide; elle se dissout entièrement dans l'eau bouillante : la solution se prend en gelée par le refroidissement. M. Vauquelin dit qu'une ébullition suffisamment prolongée de la solution lui fait perdre cette propriété et paroît convertir la gelée en mucilage. C'est, suivant lui, ce qui arrive lorsqu'on fait des gelées de fruits, si, n'ayant pas mis assez de sucre pour absorber une certaine quantité d'eau du fruit , on veut suppléer à l'action du sucre par l¥vaporation de l'eau.
Gelée de la casse.
M. Vauquelin a obtenu cette gelée en épuisant par l'eau chaude de la pulpe de casse; passant le lavage dans un tamis, puis dans un filtre de papier; le faisant concentrer; enlevant une pellicule de gluten'; abandonnant à elle-même la liqueur concentrée au quart de son volume primitif. Par le refroi» dissement la gelée s'est solidifiée : on l'a mise sur un filtre; puis on l'a pressée , afin de la séparer du liquide qu'elle retenoit.
La gelée de casse est peu soluble dans l'eau froide ; elle se dissout très-bien dans l'eau bouillante : la solution se prend
i C'est probablement la substance que Fourcr«*y a prise pour de l'albumine végétale.
3oo GEL
en gelée par le refroidissement; elle s'unit facilement à la potasse et a la soude. L'acide nitrique la convertit en acide oxalique sans en dégager d'azote.
La gelée de casse ne paroît pas contenir d'azote ; car, en la distillant, elle donne beaucoup de gaz acide carbonique et inflammable, beaucoup d'acide pyro - acétique , très-peu d'huile, et des traces d'ammoniaque.
Gelée du lichen islandicus.
M. Berzelius a traité le lichen de la manière suivante pour en reconnoître la nature I
En faisant évaporer l'eau, traitant le résidu par l'alcool , on dissout l'acide gallique, le sirop sucré, Y amer d'un jaune clair,.
en faisant évaporer l'alcool à siccité, et en reprenant le résidu par l'eau, V acide gdllique et le sirop sont dissous, et l'amer ne Test pat».
L'alcali a enlevé la portion d'amer qui étoit restée dans le lichen, et peut-être un peu de gelée. En faisant évaporer cette solution , l'amer se décompose par la réaction de l'alcali.
| acide gallique;
40 gramm. delsir<>P sucré; lichen ont étéjamer d'un jaune
épuisés par I clair; l'eau à 2odeg. Aextractif brun; l'eau avoit dis- jsurtartr. de potasse sous 2^,18 de ftartrate de chaux;
(phosphate de chaux
Le lichen épuisépar l'eau froide a été traité à quatre reprises, àl la température de 20 degrés, par j 5 liv. d'eau chaque fois , tenant< 1 gr. de carbonate de potasse cristallisé; l'eau alcalisée contenoit 2B,82 de matière végétale.
Les 35 grammes de lichen ont été épuisés par l'eau bouillante.
On employoit deux livres d'eau dans chaque traitement. On en a fait quatre.
Les lavages ont été passés au travers d'un linge. Il est resté sur celui-ci 14^28 de résidu.
Le premier lavage seulement s'est pris en gelée par le refroidissement. Les quatre lavages avoient dissous 2oB,49 de gelée sèche, que M. Berzelius appelle fécule de lichen , et 0,45 d'une gomme formée par l'ébullition aux dépens de la gelée.
GEL 3oi
L'alcool bouillant , appliqué au lichen épuisé par l'eau alcalisée, n'a dissous qu'une petite quantité de cire colorée en vert. M. fierzelius appelle le résidu squelette féculacé.
Gelée ou fécule de lichen.
Quand on a suffisamment lavé le lichen à l'eau froide et à l'eau alcalisée, on peut obtenir une gelée qui n'est presque pas colorée.
Cette gelée, abandonnée à elle-même, se contracte et se sépare ainsi de l'eau qu'elle retenoit entre ses particules r en cela elle diffère de la gélatine animale, qui, une fois prise en gelée , n'éprouve pas de contraction sensible.
La gelée de lichen est presque insipide ; elle a seulement un arrière-goût analogue à l'odeur qui s'exhale du lichen • qu'on fait bouillir dans l'eau.
La gelée se réduit par une dessiccation lente en une masse noire, très-dure, qui présente une cassure vitreuse. Cette masse se gonfle dans l'eau froide sans se dissoudre ; elle se dissout, au contraire, dans l'eau bouillante, excepté le peu de matière colorante qu'elle retenoit: la solution se coagule par le refroidissement en une gelée blanche, opaque. L'eau d'où la gelée s'est séparée, n'en retient presque pas en dissolution.
La solution de gelée évaporée se couvre de pellicules, qui ■e sont autre chose que de la gelée altérée. Cette solution est précipitée par l'infusion de noix de galle.
La solution de carbonate de potasse n'a pas plus d'action sur la gelée que l'eau pure; la potasse caustique la dissout même à froid. Cette solution n'est pas précipitée par les acides.
L'acide nitrique , mis dans une cornue en digestion avec la gelée desséchée, la dissout; elle perd sa viscosité, et il reste au fond de la cornue une poudre brune qui disparaît à la longue : en augmentant la température, l'acide nitrique est décomposé; il se produit un peu d'acide oxalique, qui ne devient pas brun parla concentration du liquide, ainsi que cela arrive au sucre traité par l'acide nitrique. Il ne se produit pas d'acide saccholactique . ainsi que cela a lieu pour les gommes.
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Le chlore qu'on fait passer dans une solution de gelée , la décolore si elle est colorée , mais ne lui fait pas éprouver d'autres changemens ; elle se coagule comme auparavant.
3 e de gelée distillée ont donné, 1) 2 8,95 d'un liquide aqueux d'une odeur désagréable, sur lequel il y avoit quelques gouttes d'une huile brune épaisse; ce produit ne contenoitpas sensiblement d'ammoniaque ; 2) des gaz acide carbonique , oxide de carbone, et un peu d'hydrogène protocarburé ; 3) 1 8 d'un charbon spongieux , facile à incinérer : illaissoit o,i5 de cendres formées de carbonate de chaux, de phosphate de chaux, d'oxide de fer et d'un peu de silice.
M. Berzelius , ayant remarqué les plus grandes analogies entre les propriétés de la gelée de lichen et l'amidon , a fait les expériences que nous allons rapporter pour les rendre encore plus sensibles. Il a pris trois solutions, également • concentrées, de gelée, de sagou et d'amidon; il les a mêlées avec les réactifs suivans à la température de ôo degrés.
a) L'acétate d'alumine ne précipite aucune des dissolutions.
b) Le sulfate de fer, idem.
c) Le nitrate de protoxide de mercure y fait un précipité blanc très-léger.
d) Le sous-acétate de plomb les précipite toutes les trois en blanc; au bout d'une heure, le précipité est déposé et le liquide surnageant est parfaitement clair.
e) L'infusion de noix de galle les précipite en blanc ou blanc - jaunâtre : les précipités sont redissous par l'eau bouillante ; ils reparoissent quand les liqueurs se refroidissent.
f) Les solutions de sagou et de gelée, abandonnées à ellesmêmes, se conservent assez long-temps sans acquérir de mauvais goût ni de mauvaise odeur; seulement elles se moisissent.
D'après toutes les observations que nous venons d'exposer , M. Berzelius considère la gelée comme une modification de la fécule, ou plutôt de l'amidon, et ce qui appuie cette opinion , c'est que nous avons observé que l'iode , qui forme avec l'amidon une belle couleur bleue , colore pareillement la solution de gelée de lichen.
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Siège et usage de la gelée végétale.
Quelle que soit l'opinion que l'on adopte sur la nature de la gelée, soit comme principe immédiat et particulier, soit comme modification de l'amidon1 ou de la gomme', • il n'en est pas moins vrai que cette substance est très-répandue dans les végétaux: elle se trouve, en outre des substances dont nous avons déjà parlé, dans tous les fruits dont on fait des gelées ; je l'ai rencontrée dans les baies du viburnum opulus en quantité notable.
La gelée végétale est éminemment nutritive quand elle est mêlée au sucre et à des substances acides, aromatiques; en un mot, h des corps qui en relèvent l'insipidité et qui en facilitent la digestion. La gelée de lichen est prescrite , comme mucilagineuse, adoucissante et nutritive dans plusieurs maladies. (Ch.)
GELÉE VÉGÉTALE. (Bot.) Ce nom a été donné par quelques agriculteurs aux espèces de nostocs, de rivulaires et de collema. (Lem. )
GELIDIUM. (Bot.) Genre de plantes marines, établi par M. Lamouroux dans la famille des algues, et qui faisoit autrefois partie du genre Fucus de Linnseus. Ce genre appartient à l'ordre des floridées de Lamouroux : il est caractérisé par sa. fructification , qui consiste en des tubercules presque opaques, oblongs , situés sur les rameaux et à leurs extrémités , composés d'un amas de petites capsules.
Les gelidium sont des plantes cornées, très-découpées, de forme très-élégante et ornées de couleurs vives. C'est parmi elles qu'on trouve, selon M. Lamouroux, les espèces si recherchées par plusieurs peuples de l'Asie et des côtes orientales de l'Afrique, qui s'en nourrissent ou qui en font usage dans les sauces pour leur donner de la consistance , ou pour modifier la saveur àcre et brûlante des épiceries. Ce même naturaliste assure que les fameux nids de salanganes , dont les Chinois et les Asiatiques sont si friands , et qu'ils paient
1 Berzclius.
2 Prou»L
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au poids de l'or, sont composés d'espèces de gelidium, ainsi qu'il s'en est assuré. Ces plantes se réduisent dans leur vieillesse en une espèce de gelée qui flotte à la surface' de la mer, mélangée avec d'autres débris de corps marins; les . hirondelles salanganes vont recueillir cette écume gélatineuse et en construisent leurs nids. On a vu des fils .de cette matière visqueuse pendant au bec de ces oiseaux. Latham et George Stounton sont de l'opinion que ces nids sont l'ouvrage de plusieurs espèces d'hirondelles, et non de l'hirondelle comestible (Hirundo esculenta, Iinn.). Quoi qu'il en soit, nous avons observé plusieurs de ces nids, et nous y avons reconnu des débris de plantes marines du genre que nous traitons , mais en trop mauvais état pour permettre d'en déterminer les espèces, probablement différentes de celles du même genre qui sont connues. On peut lire, à l'article Hirondelle, les diverses opinions émises sur la nature de ces fameux nids, le délice des gourmets de l'Inde.
Ce genre se rapproche des genres Gigartina et Plocamium, Il diffère du premier , parce que ses tubercules fructifères . sont entièrement opaques, et que ceux des gigartina sont opaques seulement dans le centre : la même différence existe par rapport au plocamium; mais dans ce dernier genre les dernières ramifications sont cloisonnées. Comme ces différences sont assez légères, elles justi6ent en quelque sorte M. Agardh d'avoir fait des gelidium et des gigartina deux tribus dans son genre Spharococcus , et Lyngbye , d'avoir porté dans le genre Gelidium quelques-unes des espèces de gigartina de Lamouroux , et notamment le gigartina pygmcea. { Lamx. . Ess. , tab. 4 , fig. 12, 1 5. )
Nous ferons remarquer les espèces suivantes parmi celles que l'on rapporte , et qui sont au nombre d'une vingtaine. Ces espèces sont en général difficiles à caractériser.
Gelidium corné: Gelidium corneum, Lamx.; Fucus corneus , Turn., Hist,; Decand. , Fl. fr. , n.° 74; Stackh. , Ner. Brit, , p. 61, tab. 12; Nereidea, Stackh.- Plante cartilagineuse, un peu brillante, d'un rouge plus ou moins violet, quelquefois verdàtre, à tige étroite, comprimée, longue d'un à trois pouces, divisée en rameaux opposés, très - découpés , à découpures également opposées , sur le même plan. Cette espèce ,
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qui varie beaucoup , est commune dans l'Océan et dans la Méditerranée.
Gelidium en massue : Gelidium clavatum , Lamx. ; Fucus clavatus; Lamx., Dissert., pag. 22 , pl. as, fig. 1,2; Vivat , Jiliformis , F/. Dan., tab. 949; Fucus cœspitosus, Decand. , Fl. fr. , n.° 48 (non Stackh. ex Lamx.). Petite plante d'un pouce et demi de longueur , capillacée, brune, rameuse, à rameaux très-étalésj les derniers de tous renflés en une petite gousse alongée en forme de massue obtuse , remplie de petits grains.
Cette espèce croit en touffes serrées sur le sable et sur les rochers de l'Océan. Elle n'est pas rare au Havre et ailleurs sur nos côtes.
Gelidium versicolor : Gelidium versicolor , Lamx.; Fucus versicolor et capensis, Gmel. , Fucus, tab. 17 , fig. 1,2; Fucus cartilagineus , Linn., Poir. Grande plante de deux ou trois pieds de longueur, cartilagineuse, demi-transparente, versicolore, purpurine, jaunâtre ou verdâtre à la fois; tige trèsrameuse, comprimée, et à ramifications plusieurs fois ailées et alternes sur le même plan; les derniers rameaux courts, dentiformes ou renflés en forme de gousses.
Cette belle espèce , une des plus intéressantes de la famille des algues , croît abondamment au cap de Bonne-Espérance. Dans l'Océan elle s'attache aux rochers. Elle se trouve aussi, quoique fort rarement , sur les côtes d'Europe : nous en possédons un échantillon recueilli sut les côtes de France.
On fait avec le gelidium versicolor des tableaux d'une grande élégance , qui servent à orner le cabinet du botaniste comme celui de l'homme du monde. 11 suffît pour cela de laver plusieurs fois dans l'eau douce la plante , aussitôt qu'on l'a retirée de la mer; on lui enlève ainsi les sels déliquescens. qui la recouvrent : puis on la desséche, après l'avoir étalée convenablement dans du papier et en la comprimant; on l'applique ensuite sur du papier blanc , et on l'y fixe à l'aide d'une eau gommée ou bien avec du fil.
Gelidium corne- de-cerf : Gelidium coronopifolium, Lamx. ; Fucus coronopifolius , Turn., Fucus, tab. 122; Stackh., iVcr/ Brit., tab. 14; Esper, Fucus, tab. i58; Lamx. , Dissert. , tab. 35; Sphœrococcus coronopifolius, Agardh, Synops., page 3o- 18. 20
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Plante comprimée, plane, longue de trois à cinq pouces, très - rameuse , plusieurs fois dichotome; ramifications écartées, mirltifides, un pcn embrouillées vers les extrémités; \ubercules fructifères, sphériques , mucronés, portés sur des pédicelles écartés, terminaux.
Celle espèce, très-commune dans l'Océan et dans la Méditerranée , varie beaucoup dans la longueur de ses dernière* ramifications: elle est rougeàtre ou jaunâtre, et forme quelquefois des touffes serrées que Ton trouve sur la plage , où elle est rejetée par la mer pendant les tempêtes.
On trouve toutes ces espèces sur les côtes de France, ainsi que les gelidium setaceum , Poir. ; concatenatum , Lamx. ( Lem.)
CELINE ( Ornith.), nom que l'on donne, en plusieurs endroits, à la poule commune. (Ch. D.)
G ELI NETTE. (Ornith.) Cette dénomination vulgaire de la gelinotte s'applique aussi à la poule d'eau , et l'on appelle encore petite gelinotte le merle dominicain de la Chine, turdus leucocephalus, Linn., dont la connoissance est due à Sonncrat. ( Ch t).)
GELINOTTE. (Ornitlu) Les oiseaux connus sous ce nom forment une section du genre Tétras. Voyez ce mot. (Ch. D.)
CF.LONA. (Bot. } Adanson désigne sous ce nom un genre qu'il établit dans la famille des champignons et aux dépens du genre Âgaricus, Linn. 11 y ramène les espèces dont le chapeau est porté sur un stipe latéral ou même sessile : dans le nombre de ses espèces se trouve le gelone des Italiens et Vagaric de l'aune (voyez Fonce), dont Fries vient de faire un genre particulier sous le nom de schizophyllus. (Lem.)
GELONE. [Bol.) L'un des noms italiens d'un champignon comestible qui paroît être Vagaricus umbilicatus, Scop., ou l'une de ses variétés : il s'appelle aussi cerrena , cardela, ragagni , scion Micheli. Voyez Peuplière. (Lem.)
GELONIUM. [Bot.) Gaertner a décrit et figuré sous ce nom, t. i3t), un fruit à deux loges et à deux graines, entou- .rées à demi par un arille, privées de périsperme et ayant les lobes de l'embryon contournés à la manière des sapindées. Ce fruit a une grande affinité avec celui du cupania. genre de la même famille, et n'en diffère que par le nombre
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de ses loges, réduit à deux, probablement par suite d'un avortement. M. du Petit-Thouars , dans ses Plantes de Madagascar, décrit sous le même nom un arbre qui parôit appar-' tenir à la même famille, et peut être aussi un cupania; mais il admet dans la fleur cinq écailles extérieures , ce qui infirme un peu l'analogie. Un autre gelonium de MM. Roxbourg et YVilldeno&r est absolument différent, et appartient aux euphorbiacées : c'est celui que les botanistes ont conservé sous ce nom. (J.)
GELONIUM. (Bot. ) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs incomplètes, dioïques , de la famille des eupliorbiacées , de la diuécie icosandvie de Linna*us , caractérisé par des fleurs dioïques : dans les fleurs mâles, un calice à cinq folioles ; point de corolle; douze étamines et plus : dans les fleurs femelles, un calice comme dans les fleurs mâles ; un ovaire supérieur; point de style ; trois stigmates déchiquetés. Le fruit est une capsule supérieure, à trois loges, à trois valves; une semence dans chaque loge.
Ce genre comprend des arbres ou arbrisseaux exotiques, à feuilles alternes, à fleurs axillaires, presque en ombelle.
Gelonium a feuilles elliptiques; Gelonium bifarium , Willd., Spec, 4, pag. 83 1. Arbre ou arbrisseau des Indes orientales, dont les rameaux sont cylindriques, couverts d'une écorce cendrée et garnis de feuilles alternes, péliolées, elliptiques, longues de trois à cinq pouces, luisantes, entières, d'un vert gai en -dessus; plus pâles, un peu jaunâtres et veinées endessous ; un peu inégales et rétrécies à leur base , obtuses et mucronées à leur sommet ; entourées, avant leur développement, d'une stipule caduque, qui laisse, à la base du pétiole , une impression en forme d'anneau , comme dans les poivres, les figuiers, etc. Les fleurs sont axillaires, réunies, environ au nombre de six, en une sorte d'ombelle sessile: les folioles de leur calice sont obtuses, concaves, inégales; s les tilamens filiformes; les anthères oblongues, à deux loges.
Gelonium a feuilles lancéolées; Gelonium lanceolatum , "Willd., /. c. Ses tiges sont chargées de rameaux alternes, cylindriques, de couleur cendrée; garnis de feuilles médiocrement pétiolées , alternes, glabres, oblongues- lancéolées , coriaces, longues de deux ou trois pouces, rétrécies à leur
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base, entières, obtuses à leur sommet, luisantes, d'un vert foncé en -dessus , plus pâles en -dessous. Les calices renferment environ trente étamines, à anthères droites, ovales: le calice des fleurs femelles est à cinq folioles ovales, se recouvrant Tune l'autre; l'ovaire ovale, à six angles; point de style; trois stigmates bifides. Le fruit est une capsule à trois coques, à trois loges, et autant de semences. Cttte espèce a été découverte dans les Indes orientales. (Poir.)
GELOTOPHYLLIS. (Bot.) Pline, dans son 24/ livre, chapitre 17, parle d'une plante de ce nom qui croî* sur les bords du Borysthène, et Dodoens pense que c'est une renoncule, ranunculus illyricus. (J.)
GELSEMINUM. (Bot. ) Quelques anciens donnoient indifféremment ce nom et celui de jasminum aux diverses espèces de jasmin. Cornuti , dans son ouvrage sur les plantes du Canada, l'appliquoit à un bignonia, nommé en françois jasmin de Virginie, maintenant réuni au recoma. Sloane s'en servoit pour désigner la griffe de chat, bignonia unguis cati ; il étoit employé par Catesby pour un autre arbrisseau grimpant, bignonia sempervirens de Linnaeus, dpnt le caractère s'éloigne du genre Bignonia, et même de la famille des bignoniées, pour passer dans celle des apocinées, sous le nom de gehemium , dérivé du nom primitif. (J.)
GELSEMIUM. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones , à fleurs complètes, monopétalées, très-rapproché de la famille des apocinées , de la pentandrie monogynic de Linnaeus. offrant pour caractère essentiel : Un calice à cinq divisions profondes; une corolle infundibuliforme ; le limbe à cinq lobes étalés, un peu inégaux : cinq étamines; un ovaire supérieur; un style ; un stigmate trifide ; une capsule comprimée, à deux loges , à deux valves ; les semences planes , attachées au bord rentrant des valves.
Ce genre avoit d'abord été confondu avec les bignones : il est évident qu'il en est également éloigné par son caractère générique et par ses rapports avec la famille des apocinées. 11 comprend des arbustes exotiques, à feuilles opposées, à fleurs axillaires, presque solitaires. On n'en cite qu'une seule espèce.
Gelsemium luisant : Gehemium nitidum , Mich. , F/or. Amer. ,
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1 , pag. 130; Bignonia sempervirens , Linn. ; Pluk. , tab. 112, fig. 5; Catesb. , CaroL, 1 , tab. 53; vulgairement Jasmin odoiant de la Caroline, Jasmin jaune de Virginie. Arbrisseau fort élégant , à longues tiges sarmenteuses , qui s'entortillent autour des arbres qui les avoisinent , et se répandent suf les buissons et les arbrisseaux. Elles parviennent souvent à de grandes hauteurs. Ses feuilles sont opposées, médiocrement pétiolées, simples, toujours vertes, lancéolées, aiguës, trèsentières, luisantes, glabres à leurs deux faces, longues d'environ deux pouces, larges de huit à dix lignes. Les fleurs sont jaunes, axillaires, opposées, longues d'uir pouce et plus, à peine pédonculées: elles répandent au loin une odeur très-agréable. Leur calice est court, à cinq découpures profondes, lancéolées; la corolle ample, en forme d'entonnoir, divisée à son limbe en cinq lobes presque égaux ; les filamens des étamines insérés dans le fond de la corolle, beaucoup plus courts que le tube ; les anthères droites, oblongues, obtuses à leurs deux extrémités; l'ovaire un peu comprimé; le style filiforme , plus long que le tube de la corolle , terminé par trois stigmates courts, filiformes, divergens. Le fruit est une capsule ovale- oblongue , un peu comprimée, sillonnée dans son milieu, à deux loges, ressemblant à deux follicules , à deux valves saillantes en carène , rentrantes à leurs bords, contenant plusieurs semences planes, imbriquées , membraneuses à leur sommet , attachées au bord des valves.
Cette plante croît dans les bois humides de la Caroline et de la Virginie. Jusqu'à présent ce joli arbuste n'a pu être multiplié dans nos jardins que par des semences tirées de son lieu natal. En couvrant son pied de litière et ses branches de paillassons, elle peut passer l'hiver en pleine terre , particulièrement dans les départemens du midi ; autrement il faut l'abriter dans la serre tempérée : en pleine terre, elle doit être placée contre un mur, en bonne exposition; si on la conserve en pot, il lui faut un treillage ou au moins un tuteur. (Poir.)
GELSOMERO. (Bot.) Dans le grand Recueil des Voyages par Th. de Bry, Pigafetta parle d'une écorCe de ce nom qui, dans le royaume de Congo et dans divers lieux de l'Inde,
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est employée comme monnoic: mais il ne dit rien qui puisse faire connoitre l'arbre produisant cette, écorce. 11 rte faut pas le confondre avec le gelsomoro des Italiens, qui est le mûrier. (J. ) .
GELVE (Ornith.)y nom turc du butor, ardea stcllaris , Linn. ( Ch. D. )
GEMAL (Mamm.), un des noms arabes du chameau. (F. C.)
GEMARS ou JUMAR. (Mamm.) Voyez ce dernier mot. (F. C)
GEMDEH. (Bot.) Voyez Dj.emde. (J.)
GEMELLA. (Bot.) Le genre que Loureiro a fait sous ce nom, a la plus grande afiinité avec Yaporetica de Forster, et tous deux doivent être réunis à Yornitrophe, auquel se rattachent également le schmidelia de Lion sus ou usubis de Burmann, Yallophyllus de Linnœus, le cominia de P. Brovvn , dont Linnaeus faisoit un rhus, et probablement encore le rhus cobbe de ce dernier, suivant l'observation de Swartz. (J.)
GEMEN. {Bot.) Voyez Gezih. (J.)
GEMER-EL- BAHR. (Ornith.) Ce nom égyptien, qui signifie chameau d'eau, désigne le pélican, peLecanus onocrotalus, Linn. (Ch. D. )
GEMEZ , MUZ (Bot.) : noms du bananier, musa, dans la Mauritanie. On peut présumer que l'étymologie du nom latin en dérive. Prosper Alpin le nomme mauz; c'est le mauzo du -voyageur Thevet. (J.)
GEMINALFS (Bof/), un des noms donnés, suivant Daléchamps et Ruellius, à Yhorminum de Dioscoride , auquel se rapportent l'ormin ordinaire , saLvia horminum , et la sclarée sauvage, salvia sjlvestris. (J.)
GÉMINÉS ( Bot.) , naissant deux ensemble du même lieu ou sur le même support. Les feuilles du pin sauvage, de Yairopa bdladonna, du galanthus nwalis; les fleurs de la vesce cultivée, du teucrium scordium-^ etc., sont géminées. (Mass.)
GEMMATION, Gemmatio. (Bol.) Linnaeus désigne par ce mot la nature diverse des enveloppes qui composent le bouton, gemma, c'est-à-dire les rudimens de la nouvelle pousse. On entend aussi par ce mot , tantôt l'ensemble des bourgeons (boutons), tantôt leur disposition générale, tantôt l'époque de leur épanouissement. (Mass.)
GEM fu
GEMME ORIENTALE. (Min.) Les anciens donnoïent le nom de gemmes à toutes les pierres précieuses qui se faisoient rechercher par leur rareté, leur brillant éclat, leurs vives couleurs, et qui sembloient réunir le plus de perfections sous le plus petit volume possible. Pour désigner ce même groupe , nons avons employé la dénomination de pierres Jines ; mais on a conservé, au moins dans le langage familier, le nom de gemme orientale aux différentes variétés de saphir, que les joailliers désignent sous les noms de saphir blanc, saphir bleu, de rubis oriental, de topaze orientale, d'éméraude orientale, etc., que M. Ha uy avoit nommées lélésie avant que M. de Bournon eût démontré l'identité de cette espèce avec le cqrindon et qu'on eût adopté ce dernier pour nom spécifique. Voyez Télésie et Corindon-télésie. (Brabd.)
GEMMULARIA. (Bot. = Crjpt.) M, Rafincsque-Schmalz prétend qu'il n'y a aucune espèce de truffe {tuber) dans les Etats-Unis, et que tout ce qu'on a pris pour tel appartient à des racines tubéreuses, ou bien aux genres Sclerotium / Uperliiza, et à celui qu'il nomme Gemmularia,, et qu'il caractérise ainsi : Champignon souterrain , tubéreux , à épiderme distinct, couvert à une époque de petits gemmules reproductifs qui s'en détachent; intérieur charnu, homogène, crevassé sans veines.
M. Rafinesque-Schnaalz indique deux espèces:
i.° Gemmularia léviuscule, Gemmularia leviuscula ; Rafin,, Journ. phys. , Août 1819. Obtus, alongé, presque lisse, un peu bosselé, blanc intérieurement; épiderme mince, roussàtre.
a.° Gemmularia rugueux, Gemmularia rugosa; Raf. , /. c. Obtus, multillore, bosselé, blanc intérieurement ; épiderme épais, coriace, rayé de brun.
Ces deux plantes croisent en Vrrginie , dans le Kentucky, etc. On leur donne, ainsi qu'à toutes les prétendues truffes, le nom de tuckahvc, qui signifie pain dans la langue des naturels. (Lem.)
GEMMULE, Gemmula» (Bot.) La plumule de l'embryon, invisible ou à peine visible dans certaines graines, est trèsapparente dans d'autres, dans la féve, par exemple. On y distingue les rudimens de la jeune tige ou la tigelle , laquelle
s» GEM
est terminée par un petit bouton de feuilles. C'est ce petit bouton qu'on nomme gemmule. (Mass.)
GEMSE. (Mamm.) Nom allemand du chamois. Kolb , dans sa Description du cap de Bonne -Espérance , donne ce nom à une antilope d'une toute autre espèce que le chamois proprement dit, mais qu'il est impossible de déterminer par le peu qu'il en rapporte. (F. C.)
GENAM (Bot.), nom brame du pce-amerdu des Malabares, qui est le menispermum malabaricum de M. de Lamarck , réuni par M. De Candolle à son genre Cocculus. (J.)
GENCIVE. (Conckyl.) Quelques auteurs donnent ce nom, encore quelquefois employé aune espèce de nérite, la nerita peloronta, plus connue sous le nom de Dent saignante. ( De B. )
GENDA-PURA (Bot.), nom malais de l'abelmosch , hibiscus abelmoschus , suivant Rumph. (J. )
GENDARUSSA (Bot.), nom malais du justicia gendarussa de Linna?us. (J.)
GENEPI. (Bot.) Ce nom est donné à plusieurs plantes amères , aromatiques , faisant partie des genres Achillea et Artemisia, qui entrent dans les vulnéraires suisses. Les achillea atrata, nana et moschata, sont de ce nombre , surtout la dernière, qui est, selon Haller, le vrai genepi. Parmi les artemisia on distingue Yartemisia umbelliformis , que le même auteur nomme son genepi blanc ; Yartemisia spicata , qui est son genepi noir, et les artemisia glacialis et rupestris, qui sont encore des genepi. (J. )
GÉNÉRAL (Conchyl.), nom françois spécifique d'une espèce de coquille du genre Cône, Conus generalis. (De B. )
GÉNÉRALE [Ombelle]. (Bot.) Lorsque l'ombelle est composée (carotte, panais), l'ensemble des rayons primaires porte le nom d'ombelle générale, et l'ensemble des rayons secondaires qui terminent chaque rayon*primaire , porte le nom d'ombellule.
De même on donne le nom d'involucre général aux bractées placées à la base de l'ombelle composée , et celui d'involucre particulier ou involucelle, aux bractées placées à la base des ombellules. (Mass.)
GÉNÉRIQUE [Nom, Caractère]. (Bot.) Voyez Théorie