‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 2)Chapitre 64 sur 96 · LUM. (J · texte numérisé non relu

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GENEST. (Bot.) Ce nom françois, réservé maintenant au genista de Linnaeus, a été vulgairement donné aussi à plusieurs arbrisseaux de la famille des légumineuses , mais de genres différens. lesquels sont distingués par des surnoms. Ainsi on nomme genest à balai , le spartium scoparium; genest d'Espagne , le spartium junceum ; genest des teinturiers , le genista tinctoria ; genest épineux , en France , le joncmarin, ulex; et le spartium scorpius , en Amérique , suivant Aublet et Nicolson , le parkinsonia acuUala. On trouve sous le nom de genista a/ricana des sophora, des borbonia . des aspalathus; sous celui de genista œthiopica, d'autres aspalathus ; sous celui de genista capensis , un psoralea. ( J. )

GENESTIÈRES, GENESTADES. (Bot.) Voyez Ajonc. (J.)

GEJNESTROLE (Bot.), nom vulgaire du genest des teinturiers, genista tinctoria , employé pour teindre en jaune. (J.) ' GENÊT; Genista, Lamck. (Bot.) Genre de plantes de la famille des légumineuses , Juss. , et de la diadelphie décandrie, Linn. , dont les principaux caractères sont les suivans : Calice monophylle, campanulé, à deux, lèvres, dont la supérieure à deux dents, et l'inférieure à trois; corolle papilionacée , à étendard relevé ou réfléchi en -dessus, à deux ailes oblongues et divergentes , et à carène pendante , ne recouvrant pas les organes sexuels ; dix étamines à filamens réunis en un seul corps ; un ovaire supérieur ovale ou oblong, à style relevé et à stigmate velu d'un côté; un légume ovale ou oblong , contenant une ou plusieurs graines. .

A l'exemple de MM. de Lamarck , de Jussieu , et autres botanistes modernes, nous comprenons ici sous le nom de genêt la plupart des plantes que Linnaeus avoit séparées en deux genres sous les noms de genista et de spartium , mais qui , comme l'a remarqué M. de Lamarck , offrent entre elles trop peu de différences pour qu'on puisse y trouver des caractères suflisans pour les diviser en deux genres distincts. En faisant cetfe réforme, M. de lamarck a d'ailleurs

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cru devoir exclure de son genre Genêt quelques genista et spartium de Linna*us, pour les reporter dans le genre Cytise, avec lequel ils lui ont paru avoir plus de rapports : tels sont les genista canariensis, Unifolia et candicans , et les spartium spinosum, eytisoides et supranubium. Ainsi réformé, le genre Genêt contenoit, il y a environ trente ans, lorsque M. de Lamarck le décrivit, vingt-six espèces; aujourd'hui on en compte une soixantaine, dont près de la moitié croit naturellement en France, et dont les autres habitent en général les climats tempérés de l'ancien continent. Ces plantes sont des arbrisseaux ou des arbustes a feuilles alternes , le plus souvent simples, et à fleurs disposées de diverses manières» Nous nous bornerons ici à parler de quelques espèces, parmi lesquelles nous citerons surtout celles qui ont quelque utilité.

* Espèces à rameaux dépourvus d'épines.

Genêt jonciforme, vulgairement Genêt d'Espagne; Genista juncea, Lamck., Dict. enc. , 2 , p. 617 ; Nouv. Duham., 2, p. 70, tab. 22; Spartium junceum t Linn. , Spec, 995. Arbrisseau de huit à dix pieds de haut, dont les rameaux nombreux sont grêles , jonciformes, garnis d'un petit nombre de feuilles éparses, quelquefois presque opposées, lancéolées, glabres, d'un vert gai , et qui se terminent par une grappe de fleurs grandes , jaunes , d'un bel aspect et d'une odeur fort agréable; leurs calices sont membraneux , à deux lèvres presque entières. Les légumes sont alongés, aplatis et velus. Celte espèce croît naturellement sur les collines et dans les lieux secs, en Italie, en Espagne, en Portugal et dans le midi de la France. On la cultive fréquemment dans les parterres et les jardins paysagers : elle commence à fleurir en Juin, et ses fleurs se succèdent souvent pendant une grande partie de l'été. Prenant assez facilement les différentes formes qu'on veut lui donner, on peut la tailler en boule ou en faire des palissades : elle se multiplie de graines qu'il faut semer au printemps dans une terre légère, bien labourée, et exposée au levant. Les jeunes arbrisseaux venus de ce semis sont bons à mettre en place au bout de deux ans. On en a obtenu une variété à fleurs doubles, qu'on multiplie en la greffant sur l'espèce commune.

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Les fleurs du genêt d'Espagne passent pour être purgatives, apéritives et diurétiques; mais on, n'en fait point usage en médecine. Les abeilles les recherchent beaucoup, ainsi que celles des autres espèces de ce genre. 'Les oiseaux de basse-cour et les perdrix en aiment beaucoup les graines. On peut faire des liens avec les jeunes rameaux, comme avec l'osier, et Ton pourroit aussi s'en servir pour faire de menus ouvrages de vannerie.

Dans les Cévcnnes.. et principalement aux environs de Lodève, on cultive, depuis un temps immémorial, le genêt d'Espagne , soit pour en retirer une sorte de filasse qui , dans le pays, est employée à faire de la toile, soit pour servir de nourriture aux moutons et aux chèvres. Cet arbrisseau réussit dans les terres sablonneuses, et dans les terrains les plus arides, qui paroîtroient voués à une stérilité éternelle. Les rameaux du genêt destinés à donner (je la filasse se récoltent au mois d'Août; on les met en petites bottes qu'on fait d'abord sécher et qu'on met ensuite rouir dans la terre, après les avoir fait tremper dans l'eau pendant quelques heures, et en les arrosant une fois chaque jour, jusqu'au huitième ou neuvième, qu'on les retire de terre pour les , laver à grande eau, les battre, les faire sécher de nouveau, et les serrer jusqu'à l'hiver. Dans cette saison , lorsque les travaux d'agriculture sont suspendus, on s'occupe de retirer la filasse des rameaux du genêt, et cette filasse, après avoir été filée, est employée à fabriquer de la toile qui suffit aux besoins du ménage de plusieurs milliers de familles de ce pays. Cette toile est grossière, parce que, n'étant pas un objet de commerce , les procédés pour préparer la filasse de genêt et ceux pour la filer n'ont point été perfectionnes; mais il est probable qu'on pourroit les améliorer. Au reste , le fil de genêt est inférieur en force à celui du chanvre.

Dans le même pays, les feuilles et les jeunes rameaux de ce genêt sont, pendant l'hiver, la principale nourriture 4es moutons et des chèvres. On les leur fait paître sur place quand le temps est beau, et autrement on en coupe les rameaux pour les leur porter à la maison. Cette nourriture, très-précieuse pour ces animaux pendant la mauvaise saison , a cependant un inconvénient; c'est que, lorsqu'elle leur est

continuée trop long-temps et trop exclusivement, et surtout lorsqu'ils mangent les graines de la plante , elle leur cause une inflammation des voies urinaires, maladie qu'on guérit facilement par des boissons rafraîchissantes et surtout par un changement de nourriture.

Genêt a balais ou Genêt commun : Genista scoparia, Lamck. , Dict. enc, 2, p. 623; Spartium scoparium , Linn., 995. Arbrisseau n'ayant communément que trois à cinq pieds de hauteur , mais pouvant s'élever beaucoup davantage quand on le laisse croître en liberté. Ses jeunes rameaux sont effilés, cylindriques, très-flexibles, chargés de deux angles saillans, et garnis de feuilles légèrement velues : les inférieures pétiolées et composées de trois folioles ovales-oblongues , pubescentes ; les supérieures simples , presque sessiles et ovaleslancéolées. Les fleurs sont grandes, d'un beau jaune d'or, quelquefois blanches, solitaires dans les aisselles des feuilles, mais formant, par leur rapprochement dans la partie supérieure des rameaux , une sorte de grappe ; leur calice est membraneux, à deux lèvres arrondies, à peine dentées à leur sommet. Les légumes sont oblongs, aplatis, velus sur leurs sutures. Cet arbrisseau est commun dans les bois et les lieux incultes, en France , en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, etc. Il fleurit en Mai et Juin.

Les sommités, les feuilles et les graines du genêt commun sont apéritives, diurétiques et purgatives : les fleurs sont même, dit-on, émétiques; mais le vinaigre leur fait perdre cette propriété. Dans certains pays, et principalement en Belgique, on fait confire les boutons des fleurs dans le sel et le vinaigre, pour les servir sur les tables comme les câpres.

En faisant rouir les jeunes rameaux de ce genêt, on en retire une filasse dont on peut fabriquer du fil, des cordes et de la toile grossière; c'est ce qu'on fait aux environs de Pise. Les vaches, les brebis et les chèvres les broutent volontiers; on cultive même la plante dans quelques cantons, pour la leur donner ainsi comme fourrage , ou pour leur en faire de la litière. Il y a des endroits où les rameaux sont employés pour le tannage des cuirs, et ailleurs on les brûle pour retirer de la potasse de leurs cendres, ou pour les

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répandre sur les terres. Les volailles en aiment beaucoup les graines.

Mais, malgré toutes ces propriétés, le genêt à balais est généralement regardé comme de peu de valeur; le plus souvent on ne s'en sert que pour brûler, et on l'abandonne presque partout à la classe indigente. Les pauvres des campagnes vont le couper dans les bois, ce qui fait qu'on ne le voit jamais s'élever ; mais, quand on le laisse venir en liberté , surtout dans les terrains qui lui conviennent , dans ceux qui sont schisteux, par exemple, où il se plaît le mieux, il peut atteindre à ta hauteur d'un petit arbre. C'est ainsi que M. fiosc en a vu dans les montagnes de la Galice , en Espagne , avoir vingt à trente pieds de hauteur.

Genêt multiflorf. : Genista multiflora , Nouv. Duham. , 2, p. 76 , t. 23; Genista alba, Lamck. Dict. enc, 2, p. 623. Sa tige est droite, haute de quatre à six pieds, ou plus; ses jeunes rameaux sont effilés, striés, soyeux, garnis de feuilles blanchâtres, peu nombreuses, la plupart composées de trois folioles lancéolées. Ses fleurs sont blanches, solitaires , disposées dans presque toute la longueur des rameaux; leur calice est court, un peu tronqué, et à deux lobes. Çette espèce est originaire du Portugal; elle fleurit en Juin. Le joli effet qu'elle produit lorsqu'elle est en fleur, la fait cultiver depuis quelque temps dans les jardins. Elle supporte bien , en pleine terre, les hivers du climat de Paris.

Genêt purgatif ou Genêt griot : Genista purgans, Lamck., Dict. enc, 12, p. 617 ; Spartium purgans, Linn., Syst. nal. ed. i3, pag. 474. Ses tiges sont hautes d'un pied et demi à deux pieds, divisées en rameaux nombreux, effilés, pubescens, garnis de feuilles linéaires-lancéolées, également pubescentes, surtout en-dessous. Ses fleurs sont de grandeur médiocre, d'un jaune pâle, portées sur de courts pédoncules par petits groupes de trois à quatre ensemble , et disposées le long des rameaux en une sorte de grappe interrompue; leurs calices sont velus, à cinq dents inégales assez profondes. Les légumes sont courts, aplatis, velus, et ne contiennent qu'une à deux graines. Cet arbrisseau croit sur les montagnes du midi de la France et des parties méridionales de l'Europe.

J. Sauhin paroît être le premier qui ait donné à cette espèce Fépithète de purgans, ce qui doit faire croire qu'elle a été employée autrefois comme purgative, quoique cet auteur n'en dise d'ailleurs rien. La grande quantité de fleurs dont ses rameaux se couvrent en Juiu et Juillet , i-end ce genêt très-propre à être placé dans les jardins d'agrément.

Genêt des teinturiers , vulgairement Genestrole : Genista tinctoria, Linn., Spec, 998 ; 1 \nctorius flos , Fuchs , Hist., 808. Cette espèce ne forme le plus souvent qu'un arbuste haut d'un à deux pieds , divisé dès sa base enftameaux nombreux , effilés, striés , glabres, garnis de feuilles lancéolées, presque sessiles , légèrement ciliées en leurs bords. Ses fleurs sont assez petites, disposées, au sommet des rameaux, en grappes longues d'environ deux pouces; leur calice est glabre , à cinq dents peu inégales. Les légumes sont oblongs, très-glabres. Cet arbuste se trouve sur les collines, dans les pâturages secs et sur les bords des bois; il fleurit en Juin et Juillet. Les différentes parties du genêt des teinturiers, et surtout les fleurs et les fruits, sont indiqués comme émétiques et purgatifs; mais ils sont hors d'usage. On employoit autrefois ses sommités fleuries pour teindre en jauue ; on s'en sert très-rarement aujourd'hui, parce qu'on leur préfère la gaude, qui fournit la même couleur, mais plus solide.

Genêt de Sibérie : Genista sibirica, Linn., Mant., 571 ; Jacq. , Hort. Vind., u, t. 190. Cette espèce ne diffère de la précédente que parce qu'elle est plus grande, plus droite. Le grand nombre de petites grappes de fleurs qui terminent ses branches et ses petits rameaux, lui donnent un aspect des plus agréables. On la cultive pour cette raison dans les jardins d'agrément.

Genêt herbaoé : Genista sagittalist Linn., Spec, 998 ; Jacq., Flor. Aust. , t. 209. Sa tige est rameuse dès la base , divisée en rameaux herbacés , longs seulement de cinq à huit pouces, chargés d'ailes foliacées , et garnis de quelques feuilles sessiles, ovales-lancéolées, légèrement pubescentes. Ses fleurs sont assez petites, jaunes, disposées en un épi terminal; leur calice est velu , à deux lèvres et à cinq dents inégales. Les Jégumes sont ovales-oblongs, aplatis, velus. Cette espèce

test commune sur les collines et aux bords des bois ; ses Heurs paroissent en Mai et Juin. Elle est propre à mettre dans les gazons des jardins paysagers. Les bestiaux la broutent volontiers.

Genêt sphérocarpb : Genista sphœrocarpos , Lamck. , Dicf. enc, -2, p. 616. Arbrisseau de trois à cinq pieds de haut, divisé en beaucoup de rameaux très -effilés, striés, d'un vert blanchâtre, garnis, dans leur jeunesse, de quelques feuilles oblongues, velues, tombant de bonne heure. Ses fleurs sont d'un jaune foncé, très-petites, disposées en grappes courtes, mais nombreuses, le long des rameaux, et souvent deux ensemble sur le même point; leur calice est membraneux, à cinq dents, dont les trois inférieures très-rapprochées. Les légumes sont globuleux et ne contiennent qu'une seule graine. Ce genêt croît naturellement dans les parties méridionales de l'Europe, et on le cultive dans les jardins. /

°* Espèces a rameaux garnis d'épines.

Genêt d'Angleterre : Genista anglica, Linn. , Spec. , 999; Flor. Dan., tab. 619. Petit arbrisseau qui n'a guère plus d'un pied de haut , et dont les rameaux sont diffus , d'un rouge brun, garnis d'épines simples, et chargés de feuilles linéaireslancéolées, glabres, portées sur de courts pétioles. Ses fleurs sont assez petites, disposées en grappes courtes, dont le pédoncule commun est chargé de feuilles ovales. Les calices sont à deux lèvres , dont l'inférieure à trois dents plus longues que celles de la supérieure. Les légumes sont oblongs, renflés, glabres. Cette espèce croît en France et en Angleterre, dans les lieux humides des bois : elle fleurit en Avril et Mai.

Genêt d'Allemagne; Genista germanica, Linn. , Spec, 999. Arbuste cTun pied à un pied et demi de haut, dont les tiges sont munies de nombreuses épines à trois pointes; le reste de la plante et les jeunes rameaux sont pubescens. Ses feuilles sont ovales-lancéolées, presque sessiles, et les fleurs, jaunes, forment, au sommet des rameaux, de petites grappes, dont la réunion présente une sorte de panieule. Le calice est à cinq dents profondes, peu inégales. Les lé-

g innés sont courts, un peu renflés et velus. Cet arbuste croit dans les liens sablonneux et au bord des bois, en France, en Allemagne, en Suisse , etc. : il fleurit en Juin et Juillet.

Genêt d'Espacne ; Genista hispanica , Linn. , Spec, 999- Celui-ci est un petit arbuste qui n*a guère plus d'un pied de haut. Ses rameaux, diffus, étalés, munis d'épines composées, sont velus dans leur jeunesse, et garnis de feuilles lancéolées, également velues; ils sont terminés par six à doute fleurs jaunes, assez petites, presque rapprochées en tête. Les dents du calice sont beaucoup plus courtes que dans les deux espèces précédentes. Les légumes sont courts, peu renflés et légèrement velus. Cette espèce croit sur les collines et les lieux pierreux, dans le midi de la France et de l'Europe : elle fleurit en Mai. (L. D.)

GENET. (Mamm,) Voyez Genette. (F. C.)

GENÊT ÉPINEUX (Bot.), nom vulgaire de l'ajonc. (L. D.)

GENETTA , GENETHA. (Mamm.) Voyez Genette. (F. C.)

GENETTE (Bot.), un des noms vulgaires sous lesquels on désigne quelquefois le Narcisse des poètes. (L. D.)

GENETTE. (Mamm.) B.uflbn conjecture que ce nom vient de ce que l'animal qui le porte se rencontre, en Espagne principalement, dans les terrains couverts de genêts. Quoi qu'il en soit, il s'est étendu de l'espèce qui l'avoit reçue, à toutes celles qui ont avec celle-ci des rapports génériques. En effet, les genettes constituent un groupe naturel, mais assez rapproché des civettes pour ne former qu'une subdivision de ce genre. Ce sont de petits animaux de la grandeur des fouines, assez bas sur jambes, dont le corps est trèseflilé, et qui, par là , ont dû être considérés comme des espèces de martes, avant que leur organisation fût mieux connue ; mais elles ont des dents semblables à celles des civettes : ce ne sont plus que des animaux demi -carnassiers, qu'on peut aussi bien nourrir de pain et de lait que de viande; mais qui cependant vivent de proie dans leur état de nature. Leur mâchoire supérieure a deux molaires tuberculeuses, une carnassière très - épaisse , et trois fausses molaires supérieures; leur mâchoire inférieure a une molaire tuberculeuse, une carnassière semblable à celle de la mâchoire opposée , et quatre fausses molaires. Us ont en

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mitre deux canines à chaque mâchoire et six incisives. Chacun de leurs pieds a cinq doigts à trois phalanges, excepté le pouce, qui n'en a que deux? les trois doigts moyens sont les plus longs, et celui du milieu les surpasse tous. Ces doigts sont armés d'ongles à demi rétractiles et fort aigus, et la queue, toujours très-longue, n'est point prenante. La verge des mâles est dirigée en arrière, et le vagin des femelles est semblable à celui des chats ; mais de chaque côté se trouvent deux glandes assez grosses et saillantes, qui forment comme une sorte de poche. Ces glandes produisent une matière onctueuse et odorante. Ce sont des animaux nocturnes : leur prunelle est semblable à celle du chat domestique ; leurs narines sont entourées d'un muffle ; leur langue est couverte de papilles cornées: leurs oreilles sont elliptiques, et ont le petit lobule qui s'observe aux oreilles des chiens et des chats; de longues moustaches garnissent leurs lèvres, et ils ont des poils soyeux et laineux.

On n'est pas d'accord sur le nombre d'espèces qu'on doit distinguer dans ce groupe ; il est vraisemblable qu'on l'a trop multiplié.

La Genette; Viverra genetta, Linn. , Bu AT. , tom. 9, pl. 36. D'un pied de longueur environ, et de quatre pouces et demi de hauteur. Sa queue a huit pouces. Le fond de son pelage est d'un cendré jaunâtre, et il est varié de taches noires et pleines, longues sur le cou et les épaules, et arrondies sur les côtés du corps et sur les membres; 'le long du dos elles forment une ligne presque continue. La queue est entourée de dix à onze anneaux noirâtres. Les parties inférieures du corps sont grises, sans taches, ainsi que la tête et lé devant des pattes; la partie postérieure de celle-ci est noire, et il en est de même du museau et des lèvres en arrière des narines ; le bout de la lèvre supérieure est blanc , et l'on voit une tache de cette couleur au-dessus de l'œil et une audessous. On assure que cette espèce se tient dans le voisinage des petites rivières et des lieux bas, et qu'elle s'apprivoise facilement. Belon en a vu à Constantinople qui faisoient l'office de chats. Leur gestation est de quatre mois, et leurs petits naissent avec les mêmes couleurs que les adultes. Cette espèce est extrêmement répandue ; elle se trouve en France . 18. ai

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