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leur sommet par trois pointes. Les fruits sont globuleux, presque sessiles, moitié plus courts que la longueur des feuilles, d'un violet bleuâtre lors de leur maturité, qui n'a lieu qu'au bout de deux ans : ils contiennent chacun deux à trois noyaux ovales-triangulaires, un peu aigus. Le genévrier commun croit en Europe, dans les lieux incultes et pierreux, sur les côleaux calcaires : on le trouve aussi en Sibérie.
Toutes les parties de cet arbrisseau , et surtout ses fruits, ont une odeur résineuse et aromatique qui se développe principalement lorsqu'on les brûle. On a cru pendant longtemps que la résine qui découle de son tronc étoit la sandaraque qui est employée pour faire du vernis, et qui, réduite en poudre et appliquée sur le papier, l'empêche de boire, lorsqu'on a été obligé de le gratter et que l'on veut écrire aux mêmes places; mais on sait aujourd'hui que cette dernière substance résineuse est produite par le thuya articulé, qui croit en Barbarie et dans le royaume de Maroc.
Dans les pays où le genév rier est commun , les gens de la campagne l'emploient pour chauffer leurs fours; dans ceux où il croît a la hauteur d'un petit arbre, on en fait des seaux, de la boissêllerie, des échalas, qui sont d'une longue durée : on l'emploie aussi pour de petits ouvrages de tour et de marqueterie. Son bois est rougeàtre, agréablement veiné; il a le grain fin, et prend un beau polit il exhale , lorsqu'on le travaille , une odeur agréable et légèrement balsamique.
On fait, avec le genévrier, des rideaux de verdure, qui sont très-épais et très-serrés, quand on a soin de les tailler régulièrement. Ces espèces de palissades peuvent aussi servir comme haies de clôture.
Dans les pays montagneux, les fruits du genévrier, qu'on nomme communément baies de genièvre, sont une grande ressource pour les pauvres , qui en font une liqueur fermentée appelée genevrette et qui fait leur boisson ordinaire. Les Lapons boivent la décoction des baies de genièvre dans de l'eau , comme ailleurs on prend du thé. Dans le nord de l'Europe , on emploie une grande quantité de ces baies pour faire ce qu'on appelle Veau-dc-vie de genièvre.
Les marins font un grand usage de cette liqueur dans leurs voyages.
Quelques quadrupèdes et plusieurs espèces d'oiseaux-, surtout les merles et les grives, sont friands des baies de genièvre. Ces fruits ont une saveur sucrée et un peu acre; ils exhalent, quand ou les brûle, une odeur aromatique forte et pénétrante. On croyoit autrefois qu'ils avoient la propriété de purifier l'air des miasmes putrides et conta* gieux ; mais'ils ne font, lorsqu'on les brûle, que masquer la mauvaise odeur.
On emploie les baies de genièvre en médecine. Leur infusion théiforme donne du ton à l'estomac et aux intestins, active la transpiration cutanée, et paroit surtout augmenter la sécrétion des urines. Sous ce dernier rapport, leur usage est très-utile dans les affections des voies urinaires qui ont pour cause la foiblesse des reins et de la vessie, ou la présence de petits graviers dans les mêmes organes. Dans les pharmacies, on prépare avec ces fruits un extrait qui est tonique , stomachique et antiscorbutique. Le ratafiat qu'on compose en faisant infuser des baies de genièvre dans de l'eau-de-vie, et en ajoutant du sirop de sucre à l'infusion, est une honne liqueur, dont l'usage est salutaire pour faciliter la digestion et empêcher les flatuosités.
Genévbier oxycèdre : Juniperus oxicedrus , Line, Spec, 1470; Lois, if» Nov. Duham., 6, pag. 47, taf). i5> fig. 2. Cette espèce, appelée vulgairement Code dans le midi de la France, a les plus grands rapports avec la précédente; mais elle en diflère constamment par ses fruits deux ou trois fois plus gros, d'une couleur roussàtre, contenant des noyaux renflés à leur base , comprimés à leur partie supérieure , tronqués et un peu échancrés à leur sommet, avec une petite pointe dans le milieu de l'échancrure. Elle croît naturellement dans les lieux secs et arides du midi de la I ranec , en Espagne , dans le Levant , en Barbarie , et elle est aussi commune dans ces contrées que la première espèce l'est dans le Nord.
I* bois du genévrier oxycèdre répand , lorsqu'on le brûle, une odeur très-forte, et on en retire un liquide brunâtre, huileux, inflammable, ayant une odeur résineuse appro-
chant de celle du goudron , mais plus désagréable. Cette liqueur, connue sous le nom d'huile de cade , s'obtient, en été, en faisant brûler par un bout les branches fraîchement coupées, et en recevant dans un vase la matière qui découle par l'autre extrémité. L'huile de cade a une saveur âcre et même caustique; elle est employée dans la médecine vétérinaire, pour la guérison des ulcères des chevaux, . et contre la gale des moutons. En Provence , le peuple • en sert aussi pour faire des frictions sur l'estomac et le bas-ventre des enfans qui ont des vers, et cela leur en fait souvent rendre , soit par le haut soit par le bas.
Genévrier a gros fruit : Juniperus drupacea, Labill. , le. plant, Svr. , dec» 2, p. 14 » tab. 8. Cette espèce est remarquable par la grosseur de son fruit, qui est ohlong, régulièrement sillonné, du volume d'une noix ordinaire, et d'une couleur bleue. Elle croît en Syrie, où les habitans du pays mangent son fruit. Elle a été cultivée , il y a quelques années, chez M. Cels.
Genévrier de Phénicie : Juniperus phanicca, Linn., Spec, 1471; Lois, in Nov. Duham., 6, p. 47»** 17« Le genévrier de Phénicie est un arbrisseau dont la tige , chargée de rameaux nombreux , disposés en pyramide , est haute de douze à quinze pieds. Ses jeunes rameaux sont grêles, recouverts en entier de feuilles très- petites, ovales, obtuses, un peu charnues, opposées trois à trois, exactement appliquées sur la surface des rameaux, et imbriquées les unes sur les autres. Les fleurs mâles et les fleurs femelles sont souvent réunies sur les mêmes pieds, plus rarement séparées sur des individus différens. Les premières forment de petits chatons ovoïdes , très-nombreux , pôrtés sur de courts pédoncules feuilles et disposés latéralement le long des rameaux. Les fleurs femelles , soit qu'elles naissent sur le même pied , soit qu'elles viennent sur un autre individu , sont aussi portées sur des pédoncules garnis de feuilles imbriquées; mais elles sont beaucoup moins nombreuses. Les fruits qui leur succèdent sont gros comme des pois, roussâtres à l'époque de leur maturité, qui n'a lieu qu'au bout de deux" ans : ils contiennent ordinairement neuf osselets ovales , irréguliers , légèrement compri-
més et un peu anguleux. Cette espèce crott naturellement dans le midi de la France, en Espagne, en Italie, en Barbarie et dans l'Orient; on la cultive dans les jardins : elle résiste bien au froid des hivers les plus rigoureux du climat de Paris, quoiqu'elle soit originaire de pays beaucoup plus chauds. Son bois est dur et noueux; ses fruits servent de nourriture à plusieurs espèces d'oiseaux, surtout aux grives et aux merles, et à certains quadrupèdes, comme les martres et les renards.
Genévrier de Lycie ; Juniprrus lycia, Linn. , Spec. , 1471. Ce genévrier a tant de rapports avec le précédent qu'il ne paroît en être qu'une variété ; il en diffère seulement parce que ses fruits sont une fois plus gros : il se trouve de même dans les pays du Midi. Linnaeus avoit avancé que l'encens qu'on brûle dans les églises étoit produit par cette espèce; d'autres ont cru qu'il l'étoit par le juniperus thurifera : on sait aujourd'hui , d'après les renseignemens fournis par le docteur Iloxburgh , que cette résine précieuse est le produit d'un arbre nommé, par cet auteur, brossvallia dentata.
Genévrier sabine : Juniperus sabina, Linn., Spec, 1472; Bull., Herb., t. 109. Cet arbrisseau , connu vulgairement sous le nom de sabine, s'élève à la lAdteur de dix à douze pieds. Ses jeunes rameaux sont, comme dans les deux espèces précédentes, entièrement recouverts de feuilles ovales, opposées, un peu aiguës, convexes sur le dos. Les fleurs mâles et les fleurs femelles sont séparées sur des individus différens. Les fruits qui succèdent aux dernières sont ovales-arrondis, d'un bleu foncé et presque noirâtre, de la grosseur d'un grain de groseilles : ils ne contiennent ordinairement qu'un petit osselet ovale, un peu comprimé. La sabine croit en Espagne, en Italie, dans le Levant, et en France, dans les montagnes du Dauphiné et de la Provence : elle est cultivée dans les jardins. On en connoit deux variétés : la première , plus élevée, appelée sabine mâle ; et la seconde, qui forme un arbrisseau beaucoup plus bas , nommée sa-
bine femelle.
Cette espèce fait un joli effet dans les jardins paysagers ; on peut en faire des rideaux dé verdure, parce qu'elle supporte bien la tonte aux ciseaux. Elle se multiplie de
boutures plus facilement que toute autre espèce , ce qui fait que rarement on se donne la peine de l'élever de graines.
La sabine est employée en médecine : ses feuilles ont une odeur résineuse et aromatique très-pénétrante, et leur saveur est fortement amère ; leur infusion, prise intérieurement, et même leur application sur le bas-ventre, agissent également, dit-on, comme vermifuges* Cette même infusion aqueuse, et toutes les autres préparations qu'on en peut faire, ont beaucoup d'action sur l'utérus, et passent pour être de puissans emménagogues ; on assure même qu'à une doso un peu forte elles peuvent produire l'avortement, ce qui doit mettre en garde sur la manière de les administrer.
Les maquignons allemands font, dit-on, prendre de la sabine à leurs chevaux, pour leur donner de l'ardeur. Les Baschkirs, peuples de la Russie, lui attribuent une grande vertu contre les sortilèges , et ils ont bien soin d'en suspendre de petites branches au-dessus des portes de leurs maisons.
Genévrier de Virginie : Juniperus virginiana, Linn., Spec, 1471; Mich., Arb. amér., 3, p. 42, pl. 5. Cette espèce, connue en Amérique sous le nom de cèdre rouge, ressemble presque en tous points à la sabine; mais elle en diffère sensiblement sous le rapport de son élévation : elle forme un arbre de quarante à quarante -cinq pieds de hauteur. On la trouve dans plusieurs parties des États-Unis et au Mexique, principalement dans le voisinage de la mer. On la cultive en France depuis environ soixante ans. Les arbres de cette espèce font un bel effet par la verdure perpétuelle et la délicatesse de leur feuillage. Au printemps, dans le moment de la floraison , les pieds mâles paroissent tout jaunes , à cause de la grande abondance de fleurs dont ils sont couverts, et des nuages de poussière fécondante qui s'en échappent : pendant l'hiver, les pieds femelles prennent un aspect particulier, par la grande quantité de fruits d'un bleu foncé dont ils sont chargés, et qui se conservent sur les arbres jusqu'au retour de la belle saison.
Le nom de cèdre rouge, que porte ce genévrier en Amérique, lui vient de la couleur dont son bois est dans le cœur. Ce bois est odorant, fort et léger; il a le grain fin,
serré , et il a unt qualité précieuse , celle d'être d'une trèslongue durée. Cet arbre diminue rapidement de grosseur de la base au sommet, ce qui le rend peu propre à faire des pièces de charpente d'une certaine longueur. Il a d'ailleurs l'inconvénient de croître très-lentement : Kalm a compté J 88 couches annuelles sur un tronc qui n'avoit que i3 pouces de diamètre, et 2S0 sur un autre de 18 pouces.
Dans tous les ports des Étals-Unis on emploie beaucoup de bois de cèdre rouge pour la charpente supérieure des vaisseaux. Dans les villes et dans les campagnes, on en fait des pieux et des palissades pour la clôture des cours et des jardins; on s'en sert pour faire les tuyaux souterrains destinés à la conduite des eaux; on en fabrique aussi de petits ouvrages de boissellcrie , des meubles, des boiseries, dont l'odeur pénétrante, mais pourtant agréable, éloigne les insectes.
Genévrier des Ijermudes ; Juniperus bermudiana , Linn., Spec,, 1471. Celui-ci est un arbre de quarante à cinquante pieds, dont les rameaux sont redressés et rapprochés de la tige. Ses feuilles sont subulées, aiguës, vcrticillées'par trois ou par quatre, étalées dans les jeunes individus, courtes et imbriquées dans ceux qui sont plus âgés. Les fruits sont d'un rouge pourpre. Cette espèce croit dans les îles Bermudes : les habitans en construisent des bateaux légers qui durent trés-long-temps. Son bois est léger , tendre , d'un brun clair ou rougeàtre. C'étoit avec lui seul qu'on faisoit autrefois les enveloppes des crayons fins; mais, depuis qu'il est devenu rare, on lui substitue le plus souvent celui du genévrier de Virginie, qui est beaucoup plus commun.
Genévrier thurifère; Juniperus thurifera, Linn. , Spec, 1471. Cette espèce s'élève de vingt-cinq à trente pieds de haut; ses feuilles sont linéaires , aiguës, opposées deux à deux, et imbriquées sur quatre côtés; ses fruits sont très-gros, noirs lors de leur maturité. Elle croît en Espagne et en Portugal. Ce genévrier ne produit point l'encens , comme l'indique l'épithète de thurifera.
Genévrier élevé ; Juniperus exceîsa, Willd. , Spec., 4, p. 85a. Ce genévrier a beaucoup de rapports avec la sabine; mais c'est un arbre de quarante à cinquante pieds d'élévation. Ses feuilles sont opposées, un peu obtuses, marquées sur
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leur dos d'un point glanduleux, imbriquées sur quatre rangs; les plus jeunes aiguës, ternées, étalées. Les fruits sont petits et noirs. Cet arbre croit vers les bords de la mer Caspienne et dans la Tauride : on le cultive au Jardin du Roi.
Tous les genévriers se multiplient de graines : plusieun» espèces réussissent bien de marcottes, et même de boutures; mais les pieds qui viennent de semis sont toujours plus vigoureux et plus droits. Les graines doivent être semées en automne, le plus t6t possible après leur maturité , parce que, lorsqu'on les garde jusqu'au printemps, elles germent plus difficilement. Excepté le genévrier des Bermudes, qui a besoin d'être mis en serre pendant l'hiver, toutes les autres espèces peuvent être élevées et cultivées en pleine terre dans le climat de Paris. (L. D.) *
GENGES. (Ornith.) Gesner , qui parle de cet oiseau d'après Rasis, se borne à dire que sa chair est astringente. (Ch. D.)
GENGIBIL (Bol.) y nom arabe et turc du gingembre. (J.)
GENGLIN (Ichthyol.) , un des noms des jeunes meuniers, cyprinus jeses , Linn. Voyez Able, dans le Supplément du 1." volume de ce Dictionnaire. (H. C)
GENIBRE (Bot.), nom provençal du genévrier. (J.)
GENICHELLA. (Bot. ) Dodoens rapporte ce nom, donné par quelques auteurs au sccau-de-Salomon, polygonatum. (J.)
GEN1CULAR1A. (Bot.) Ce genre, fondé par Roussel (FI. du Calv. ), comprend les -espèces de chantransia géniculées,. qui ne sont point munies d'un axe central comme les espèces qui constituent le genre Lemarwa de Bory de Saint- Vincent. Ce genre seroit donc le chantransia, Dec, moins celui que nous venons de citer. (Lem.)
. GENICULARïS (Bot. ), nom ancien, donné par les Romains, suivant Ruellius, à la coquelourde des jardins, agrosternma coronaria, que d'autres nomment aussi geranopodion et corymbioru La valériane est aussi nommée genicularis, suivant Dodoens. (J.)
GÉNICULÉ, Ceniculatus (Bot.) : articulé et fléchi en genou à l'articulation. La tige de la spergulc, du géranium sangui~ neum, etc.; les racines de la gratiole, etc.; le pédoncule du pelargonium , etc.; les filets des étamines du mahemia, etc.;
le style du geum urbanum , etc.; l'arête de l'avoine, etc., sont géniculés. (Mass.)
GENIÈVRE. (Bot.) C'est le nom qu'on donne au fruit du genévrier commun, ou quelquefois à cette espèce ellemême. Voyez Genévrier. (L. D.)
GENIOSTOME, Geniostama. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones , à fleurs complètes, monopétalées , de la famille des apocinées, de la pentandrie monogynie de Linnaeus, offrant pour caractère essentiel : Un calice à cinq divisions ; une corolle mono [totale . tubulée, barbue à son orifice; le limbe à cinq divisions : cinq étamines situées à l'orifice de la corolle, alternes avec ses lobes : un ovaire supérieur; un style; un stigmate sillonné. Le fruit est une capsule oblongue , à deux logos, contenant dans chaque loge plusieurs semences attachées à un placenta filiforme.
Geniostome de roche : Geniostoma rupestris , Forst. , NW. gen. , 24, tab. 12, et Prodr. , n.° 104; Lamk. , IU. gen., tab. i33. Plante des îles de la mer du Sud , découverte par Forster, et dont nous ne connoissons encore que le caractère du genre. Sa, fleur est pourvue d'un calice supérieur, à cinq divisions aiguës : la corolle est d'une seule pièce, tubulée, plus longue que le calice. Son tube s'élargit insensiblement en un limbe ouvert, partagé en cinq lobes munis de trois dents; celle du milieu plus grande : cinq étamines, dont les fi la mens sont très -courts, insérés à l'orifice de la corolle, terminés par des anthères oblongues et saillantes ; un ovaire supérieur, ovale, surmonté d'un style plus long que le tube de la corolle, soutenant un stigmate épais, cylindrique , obtus et sillonné. Le fruit consiste en une capsule oblongue , biloculaire, renfermant dans chaque loge plusieurs semences presque anguleuses , attachées à un placenta filiforme. (Poib.)
GEN l PAT. (Bot.) L'arbre cité sous ce nom parThevet ne peut être autre que le genipayer, genipa, puisque la pulpe du fruit de l'un et de l'autre noircit les parties delà peau sur lesquelles on l'applique. Cette propriété fait donner le même nom dans la Guiane, suivant Aublet, au fruit de plusieurs espèces de costus , dont on tire une couleur noire employée pour écrire et pour teindre les fils. (J.)
GENIPAYER , Genipa. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, monopétalées, de la famille de» ruhiacées, de la pentandrie monogynie de Linnaeus, très- rapproché des gardénia, offrant pour caractère essentiel s Un calice entier à cinq petites dents; une corolle infundibulifbrme ; le limbe à cinq grandes divisions étalées; cinq anthères presque sessiles et saillantes à l'orifice du tube; un ovaire inférieur; un style; le stigmate en tête ; une baie assez grosse, à deux ou quatre loges, contenant chacune plusieurs semences.
Ce genre, peu distingué des gardénia, si ce n'est peut-être par ses baies charnues, y a été réuni par plusieurs auteurs; d'autres l'ont conservé. 11 se compose des deux espèces suivantes.
Genifayer d'Amérique : Genipa americana, Linn. ; Burm. in I Juin. , Amer., tab. 1 56 ; Janipha, Marcgr., Bras., 92 ; Janiba, Pis. , Bras., i38 : Gardénia genipa, "Willd. , Spec. , 1 , p. 1228; . Swartz, Obs., 84. Arbre de trente-six à quarante pieds d'élé-. vation. Son tronc est épais; il soutient une cime ample, étalée, garnie de feuilles grandes et nombreuses, qui procurent un ombrage agréable. Le bois est d'un gris de perle -, son écorce grisâtre, ridée et raboteuse; les branches, trèsétalées, sont chargées, par intervalle, de rameaux presque verticiilés , et vers leur sommet de feuilles presque sessiles, grandes, lancéolées, entières, opposées, réunies par touffes, vertes, glabres à leurs deux faces, larges d'environ trois pouces sur près d'un pied de longueur. Les fleurs naissent en bouquets au sommet des rameaux , d'une odeur agréable, d'abord blanches, puis d'un blanc jaunâtre, d'environ un pouce et demi de diamètre, portées sur des pédoncules courts, rameux, un peu pédonculés : leur calice est presque tronqué à ses bords, à cinq dents peu sensibles; la corolle presque en roue; le tube court; le limbe très -ouvert, à cinq découpures profondes, ovales, aiguè's; les filamens trèscourts, subulés, attachés à l'orifice du tube, réfléchis sur le limbe, entre ses divisions; les anthères oblongues, point conniventes; l'ovaire ovale, surmonté d'un style simple, et d'un stigmate ovale -oblong ou en massue, saillant hors du tube de la corolle. Le fruit est une grosse baie charnue,
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ovale, réfrécie en pointe à ses deux extrémités, tronquée et ombiliquée à son sommet, un peu pubescente, d'un vert blanchâtre , de la grosseur d'une orange , revêtue d'une écorce charnue , contenant une pulpe blanchâtre , aigrelette, et un suc qui ternt en violet- brun ou noirâtre tout ce qu'il touche: elle se divise en deux loges, renfermant chacune plusieurs semences comprimées, anguleuses, nichées dans la pulpe.
Cet arbre croît aux Antilles et dans l'Amérique méridionale : il fleurit en Juin , et porte des fruits mûrs vers la fin de l'été ; au mois de Décembre il perd une grande partie de ses feuilles. Les Indiens mangent ses baies lorsqu'elle» sont mûres; elles sont très - rafraîchissantes , et apaisent la soif. Ce fruit est astringent; la teinture qu'on en obtient est très- fugace. Le bois prend un assez beau poli; on en fait des montures de fusils, et quand il est vieux, on le recher- • che pour faire des brancards.
• Genipayer caruto ; Genipa caruto , Kunth m Humb. et Bonpl. , Nov. gen. , 5 , pag. 407. Arbre d'environ vingt pieds , dont les rameaux sont glabres, cylindriques; les feuilles opposées, * presque sessiles, en ovale renversé, obtnses, rétrécies à leur base, veinées, presque membraneuses, glabres en -dessus, brunes, pubescentes en-dessous, longues de neuf à dix pouces, larges de cinq ; les stipules caduques. Les fleur» sont terminales, pédonculées, au nombre de deux ou trois sur chaque pédoncule, soutenues par des pédicelles longs d'un pouce, accompagnées de deux ou trois bractées ovales, fort petites. Le calice est tronqué, campanulé, glabre, à cinq dents peu marquées: la corolle blanche, en soucoupe; le tube. court, élargi , soyeux tant en dedans] qu'en dehors; le limbe à cinq ou six découpures oblongues, obtuses, soyeuses; cinq ou six anthères sessiles, linéaires, saillantes; le pollen cendré; le style non saillant: le stigmate jaune, épais. Le fruit est une baie ovale -oblongue, charnue, couronnée par le calice, bonne à manger, divisée en quatre loges, renfermant chacune plusieurs semences. Cet aTbrc a été découvert par MM. Humboldt et Bonpland sur les bords de l'Orénoque. Les naturels du pays retirent du suc de ses fruits une couleur noire qu'ils appliquent par taches sur leur visage. (Poir.)
GÉNIPI. (Bol.) Les habitans des montagnes donrient ïe nom de génîpi a diverses plantes de la famille des synan* thérées, qui croissent dans ces régions : ainsi, par la dénomination de génipi blanc, ils ont coutume dé désigner les artemisia rupestris et glacialis , les achilléct riarta et moschata; celle de génipi noir désigne Vatternisid spicatà, èt le génipi jaune est le senecio incanus. ( H. Cass. )
GENISSE (Mamrh.) , nom de la vache dan* sot seconde année. (F. C.)
GENISTA. (Bot.) Voyez Genêt. (L. D.)
GENISTA-SPARTIUM. (Bot.) Tournefort et ses prédécesseurs désignoient sous ce nom tous les genests épkieux dispersés par Linnaeus dans les genres Uléx, Genikà, Spartium et Anthjllis. (J.)
GÉNISTELLE (Bot.), nom vulgaire du genêt herbaeé* (L.D.)
GENISTOÏDES. (Bot.) Mœnch a voulu, sous ce nom, séparer les espèces de genista k calrce bilabié de celles qui Vont unilobé , à lobe terminé par cinq dents. Il attribue aussi à son genre une gousse linéaîré poly sperme et des fleurs en- épi. Le même rétablit le genistetla de Tournefort-, nommé par Linnœus genista sagittalis , caractérisé par l'étendard de la corolle plus long que les ailes et la carèile , par la division de celle-ci en deux pétales, et par une gousse linéaire, lisse, contenant quatre à six graines. On peut ajouter que les tiges sont aplaties , à bords très-minces et presque membraneux. Ce genre avoit été antérieurement restitué par Adanson sous le nom de chameespartium. Mœnch sépare encore le genista germanica sous le nom de scorpius , auquel1 il attribue un ca- Wce bilabié, une carène partagée en deux, plus' longue que l'étendard et les ailes , et des étamines monad'elph**. Ces divers changemens n'ont point encore été adoptés: (J.)
GENITALIS (Bot.), un des noms anciens du glayeul, suivant Ruellius. (J. ) v
GENOPLESIUM DE BAVER (Bot.) : Genoplésiirm Baveri , Rob. Brown , Nov. Holl., i , pag. 319; Ferdin. Baver, Icon. Plante de la Nouvelle- Hollande, dont M. R. Brown a formé un genre particulier de la famille des orchidées , dé la gynan* èrie monogjnie de Linnœus, très-rapproché des prasophyihm ,