‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 3)Chapitre 12 sur 146 · ABB · texte numérisé non relu

ABB

M. Gouan y dans son ouvrage sur Thistoire naturelle de» poissons, fait remarquer avec raison que le ventre de ces animaux est placé entre Textrémité de la poitrine et le commencement ou l'origine de la queue : c'est donc sur cette partie et en arrière de la poitrine que sont situées les nageoires ventrales.

Les poissons abdominaux habitent presque tous dans les eaux douces ; tels sont les carpes , les cobites ou loches , quelques brochets ou ésoces , les silures , les amies j etc. t d'autres , tels que les saumons et les truites , vivent également dans les eaux douces et salées, et quittent la mer pour venir frayer dans les fleuves et les rivières *. d'autres^ enfin, tels que les harengs, les muges, les exocets, lespolynèmes, restent toujours dans la mer, fréquentent de pré-* £érence les régions tempérées ou brûlantes, et vont en troupes <^elquefois innombrables.

Les brochets, et surtout le poisson caïman, sont les plus redoutables de cet ordre, non -seulement parce qu'ils, détruisent un grand nombre d'autres poissons, même lorsqu'ils ont assouvi leur faim, mais aussi parce qu*ils combattent et dévorent ceux de leur propre espèce.

Les muges et les harengs sont, au contraire, lâches et foibles; ils ne savent que fuir^ devant les ennemis nombreux qui les poursuivent Un grand nombre d'entre eux est ééifhTé par les cétacés, par les squales ou requins* Tous les ans, beaucoup de marins s'occupent à pécher les harengs, tandis que le hasard seul nous procure les muges et les autres espèces connues vulgairement sous le nom de poissons volans.

Ces derniers poissons ont ainsi été appelés par les voyageurs et les marins, parce qu'ils sont munis de deux longues nageoires pectorales ,. très - mobiles ^ ^uî leur tiennent lieii d'ailes et qui leur servent à se dérober aux poursuites de leurs ennemis, en leur donnant la faculté de s'élever avee rapidité hors des flots, et en prolongeant la durée de leur vol ^ftQS les airs , jusqu'à ce que leurs nageoires pectorale^ commencent à se roidir par la dessiccation de l'humeur visqueuse qui les enduit Les poissons volans tiennent, dana Ia classe dont ils dépendent, la même place que les chauve*

sourîs, les galéopithéques y parmi les mammifères , et les dragons parmi les reptiles.

Dans cet ordre de poissons on trouve , ici le courage et la férocité, des mâchoires déchirantes, des armes meurtrières} là, une extrême légèreté da^s les eaux, des nageoires propres au vol, et tous les moyens nécessaires pour suppléer par la fuite k la force qui leur manque. Les uns ont une forme agréable, une taille élégante, élancée; d'autres sont décorés de couleurs vives et variées : on voit sur leurs écailles des couleurs dorées, rouges, d'un beau vert, et même argentées; enfin, l' éclat des pierres précieuses, réuni à celui des métaux.

Voyeç le tableau des poissons abdominaux, aux mots Cartilagineux et Osseux. (F. M. D. )

ABEILLE i^Apis) , genre d'insectes de l'ordre des hymé^ noptères, de la famille des mellites ou apiaires.

Ce nom d'abeille est dérivé probablement des mots latînk apis, ofieulaf dont on a fait aussi les mots avettf, apttte, hes Grecs désignaient ees insectes sous les noms de fuïénmi poMrctf que- nous avons appliqués k toute la famille des insectes qui font du miel, et dont le caractère consiste dans une langue ou lèvre inférieure plus longue que les mandibules , et sortant de la bouche.

Cette famille des mellites est composée de six genres biem distincts. Celui des abeilles a pour caractère une lèvre supérieure eourte, qui les éloigne des bembèces ; le corps velu ou pubescent, et non glabre comme dans les hylées et les nomades ; les antennes moins longues que la tête et le corselet, pris ensemble ,. ce qui les distingue des eucères : enfin la figure aplatie du premier article des tarses, empêche de les confondre avec le genre Andrène.

L'abeille ainsi caractérisée est un insecte k quatre ailes nues, de consistance à peu près égale, colorées ou transparentes } dont le corps velu ou pubescent est le plus ordinairement brun, noir ou bleu foncé, et reéouvert entièrement, ou en partie seulement , d'un duvet jaune , rouge , blanc ou noir.

La tête est, en général, plus étroite que le corselet, sur le sommet duquel elle est articulée par une surface concave ^

qui remboîte ^niièrexneQt £ile est velue, verticale, garnie de trois stemmates disposés en triangle sur le vertex. Le fjroBt est plat ou peu convexe, et reçoit les antennes. Les yeux sont grands, « latéraux, ovales, alongés, et s'étendent du vertex jusqu'à la base des mandibules ; «fo se touchent' presque en haut dans les mâles.

Les antennes sont en forme de fil, jamais^ pins longues que la tête et le corselet, pris ensenble ; elles sont insérées lurle front à une distance à peu près égale des yeux et dustemmate antérieur. Composées de douze articles dans les femelles, et de treize dans les mâles, elles paroissent brisées, parce que le premier article cylindrique forme souvent à lui seul plus du tiers de la longueur totale. < Le second ar« ticle est le plus court de tous : il est arrondi., globuleux. Le troisième est conique , et son sommet repose sur le second* Les article» suivans sont cylindriques , et se reçoivent réci« proquememt ^

la bouche de l'abeille ^st un instrument propre à eu viser en même temps les corps solides, et à pomper les* liquides. KUe est composée d'une lèvre supérieure, qui n'est* jamais plus longue que les mandibules , et doat la forme variebeaucoup. £lle est tantôt plate , convexe ou concave ; entière, ^hancrée ; pointue , tronquée , arrondie , ciliée ; excessivement courte ou comme renflée, suivant les espèces. Les mandibules présentent aussi beaucoup de différences. Tantôt elles sont simplement arquées et pointues ; tantôt elles sont dentées dans toute leur longueur, ou à l'extrémité seulement. Elles varient même dans l'un des sexeê. Elles sont en cuilleron, larges, étroites, cannelées ou lissas. Les mâchoires ,• les palpes et la lèvre inférieure , sont portées sur une seule et même base, et forment un tout, qu'on nomme une trompe ou une langue. ^

Dans l'état de repos , la trompe est coudée et fléchie sous le menton , sous le corselet , et quelquefois même fusques sous la poitrine et l'abdomen ; mais l'insecte la redresse à volonté, et la porte même en avant On voit, en étudiant son organisation, qu'elle est composée, d'abord, de deux plaques cornées, allongées, pointues, qui l'enveloppent dans touts sa base , et qu'on regarde , avec raison , comme une

Page 1