INTRODUCTION
QvoiQv'^^ parle beaucoup dans le monde de lliistoire naturelle et des sciences physiques, ii y a peu d'homme»
2ui aient une idée assez nette de ces sciences pour en ien Gonnottre la marche, et surtout pour en apprécier convenablement Futilité. La plupart des gens du monde; même parmi ceux qui ont pi^isé des connoissances litté-* raires et des id^es libérales , dans une éducation soignée , coufondent l'histoire naturelle arec la médecine on la pharmacie, et ne voient jamais dans celui qui l'étudio quW homme occupé de la recherche des remèdes. Ce reproche que Jean- Jacques Rousseau faisoit aux gens da inonde sur l'examen des plantes, et qui diminuoit à ses yeux le charme de la botanique, peut être égalemeot appliqué à toutes lès branches de la ecience de la nature» Une pareille erreur, très-semblable â celle qui fait confondre la chimie avec la pharmacie, Tanatomie avec la chirurgie, la minéralogie avec Vart du mineur ou da forgeron, rastrouoraie avec l'astrologie, est un des préjugés populaires fondés, comme tous les autres, sur l'eut ancien des sciences.
Etudiées autrefdis et pendant long-temps par les médecins seuls , constamment et presque uniquement appliquées à l'art de guérir , elles n'ont pris un essor nouveau , leurs vues ne se sont agrandies, elles n'ont embrassé nne sphère plus étendue que celle où elles aveient d'abord été resserrées, qu'k des époques fort éloignées de leur origine. Si quelques hommes de génie , même dans ce que nous appelons l'antiquité, ont traité la science de la nature indépendamment de la médecine, la foule des écrivains qui ^^ s'en sont occupés depuis le renouvellemeot des sciences, ^ l'a sans cefse, et pendant une série non interrompue do plusieurs siècles, rapprochée de l'art de guérir, et n'a présenté les productions de la nature que comme des secours offerts à l'homme pour le soulagement de ses maladies. En remontant même jusqu'au milieu du dernier siècle , on ne trouvera guère des botanistes et des zoolo*
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gîstes .qoe parmi les mëdecins. La minéralogie, qni semble avoir moins de rapport que l'histoire des plantes et des animaux avec la matière médicale et la pharmacie» «ompie (égalemeja^ ^n grand nombre de médecins parmi ie^ pro£eSA4eurs qui Toat eo^ignée, on les auteurs qui en ont développé les priqdpes* Le peuple et même les gens da monde t voyapt coosiaipmeot les sciences natnreUes fH;iUi?é#s par d^s «nédncîas, pnt dâ croira que ces sciences étoj^nc tellement lij^^s »V0C icellee d/e gnérir, qu'elles ^fsroîenc en é^re regardées coqusbs des dépendances néces* agiras- Aussi ae les apprenoit-on autrefois que pour Téuide de la médecina h dans les écoles consacrées k ceCie étude. C^penda^l il s'est foii depuis trente ans une révolution sensible i /cet égard. La notanique a en des amateurs étrangers à Tart de guérir. 6on aimable étnde /les douces jouissisiGes qui raccompagnent t les promenades qu^clle demande^ Thabitation des champs quVUe embellit, en ont fait une occupation familière k beaucoup d'hommes qui ne songent ni k étudier ni k pratiquer la médecine* I LVtnde des animaux^ et surtout celle des oiseaux et des
insectes , l'examen même de leurs organes et de leurs fonctions, attirent également Tatteniion, et sont devenus les {plaisirs de beaucoup d'hommes qui ne s'occnpent point d# 'ad de guérir.
Ainsi le nombre des jeunes gens qui se livrent à Tétude de rhistoire naturelle s'étant beaucoup multiplié depuis répoqne que j'ai indiquée , les livres qui en montrent les
Înncipes ont dû se multiplier dans le même rapport, /ouvrage que nous publions est de cet ordre ; il doit convenir, et à celui qui veut étudier k fond la science, et k celui qui ne désire que d en connoltre les élémeos ou ^^. même de profiter seulement de quelques-uns de ses ré-
aultau,é Tétudiant, aux gens du monde, an philosophe, au médecin, au commerçant, i l'artiste , au simple curieux. Mais pour faire connoltre la nature de cet ouvrage, il ne suffira pas d'annoncer qu'il est destiné k répandre le goAt de l'histoire naturelle , à faciliter son étude et à augmenter ses avantages : une assertion aussi simple que celle-là ne -diroit presque rien de m que noua deyona dire, et ne
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donneroît qu'une notion vague et fort imparfùte des Tuet que nous ayons voulu remplir eu offrant au public cm nouveau Dictionnaire» Il faut exposer ici ce que nous en* tendons par sciences naturelles, et leur rapport entr^elles ; quelles méthodes on suit dans leur étude; comment Feaprit humain est parvenu 1 découvrir ces méthodes ;' quelle utilité on retire de cette science. Nous devons ensuite ënonoer la marche que nous avons adoptée , indiquer par conséquent en quoi cet ouvrage diffère de ceux qui l'ont ' précédé, et ce que nous avons essayé de faire pour le rendre supérieur à ceux-ci. Enfin nous aurons à «poser l'usage auquel nous le destinons , la manière de s'en servir^ soit pour trouver les faits qu'on désire savoir , soit pour en appliquer les résultats aux diverses applications qu'on peut en faire , soit pour le convertir, malgré sa forme, en un livre didactique élémentaire», et propre à nue étude plus ou moins sérieuse des différentes hranches de> la veste science dont il traite.
De Vhistoire de la nature et des sciences naturelles
dans leur ensemble.
Nous nommons sciences naturelles Tensemble de tontes les connoissances acquises et comparées sur les productions et les phénomènes de la nature. Le Dictionnaire que noua publions n'a pas senlement pour objet les corps compris ordinairement dans l'histoire naturelle, mais encore les phénomènes qui se passent dens h nature. Le cours des astres, l'histoire des météores, celle de l'électricité et du magnétisme, les propriétés de l'air et des eaux; les forces qui déterminent les changemens dee /''^
corps , et qui , tenant à l'action intime de leurs molécules j appartiennent 1 la chimie ; la structure anatomique des animaux^^ font aujourd'hui une des branches néeessairee de l'histoire de la nat^re, quoiqu'elles ne soient pas comprises ordinairement dans l'histoire naturelle. Nous avons donc dû intituler notre ouvrage Dictionnmre des sciences Tiaiurelles, puisque ooos nous sommes proposé