XX INTRODUCTION
de comprendre tous ces sujets dans notre travaiL Ce plan est beaucoup plus vaste que celui qui a été suivi jusqu'à
£ résent dans 1 histoire naturelle proprement dite : il em* rasse TastroDomie physique , la météorologie , la physique générale y Tanatomie, la chimie, -en même temps ^\Le la description et la classification des corps naturels: il est détenu indispeusable aujourd'hui pour comprendre idans leur ensemble les phénomènes de la nature, ponr apprécier l'action qu'exercent réciproquement ses pro* ductions les unes sur les autres, et les rapports qui les unissent, les rapprochent ou les séparent. Telle est, dans J'état actuel des progrès de l'esprit humain^ la connexion qui. lie les difiérentes branches des connoissances naturelles, qu'il n'est plus permis à celui qui veut les acquérir d^ignorer leurs affinités ou de négliger leur harmonie. Sans ce rapprochement on n'apprend rien de positify on ne sait rien d'exact, on ne conçoit rien clairement. Un minéralogiste qui ignoreroit la physique # et la chimie n'auroit aue des idées vagues et superfi-
{ ciellesdes fossiles : un botaniste qui seroit dans le même
cas ne connoitroit que la forme extérieure des plantes , et ne concevroit rien à la physique des végétaux. Un zoologiste qui ne posséderoit pas des notions d'anatomie n'auroit aucune intelligence des fonctions des animanx , du jeu de leurs organes ; il seroit privé de la plus belle partie de leur histoire. Comment pourroit-on apprécier l'effet si important de la lumière , de la chaleur , des saisons variées, des températures diverses, des climats, de l'air et des eaux sur la vie végétale et animale, sans une instruction préliminaire sur la position relative de la terre et des autres planètes par rapport au soleil qui en dirige la course, sur les propriétés du calorique, de l'air et de l'eau? Comment combattroit«on avec succès les préjugés qui pèsent sur les hommes, et qui les empêchent de tirer de leurs forces, comme de la puissance de la nature, tout le parti possible, si l'on ne pou voit les attaquer et les combattre victorieusement avec les armes que ces connoissances fournissent si sûrement s ceux qui les possèdent? Quel genre d'applications utiles pourreit*
INTRODUCTION. xi^
on tirer des végétamc, de» minéraax'et des Imimftux^ si ronneconsidéroitque leurs-qualités apparentes, et si Ton négUgeoit les propriétés intimes, les actions physiques et chimiques, qui les modifient et les changent incessamment? Cependant ce n^est point ainsi qu'on a présenté l'his* toire natnrelle^ dans tons les ouvrages où l'on a traité cette science; On s'est- toujours borné jusqu'à présent a décrire les corps naturels dans leurs propriétés extérieures, à n'observer que leur structure apparente ; à faire connoitre leurs formes, leur volume, leur densité^ leur couleur; à comparer entre elles ces diverses propriétés ^ et à tirer de cette comparaison ce qu'on a nommé les caractères distinctifs des corps. Nous avons vu même des naturalistes célèbres faire tous leurs efforts pour isoler ainsi leur science de tontes les autres branches des sciences physiques, pour en écarter les documens fournis par la physique générale et la chimie , pour la constituer en quelque sorte indépendante. C'est ainsi que l'illustre Daubenton elkiployoit une de ses leçons préliminaires sur les généralités de l'histoire naturelle , à la circonscrire dans des limites étroites, à la distinguer de la physique et de la chimie^ comme de la médecine , de l'agriculture et des arts. Il croyoit que l'étude des corps exigeoit trop d'application et de temps pour qu'il fàt permis à celui qui s'y livroit de poursuivre d'autres études ; qu'itétoit impossible d'y allier les autres sciences sans faireperdre pour l'histoire naturelle ce qu'on auroit donné d'attention h celles-ci. Le m£ai0 homme cependant , dont la longue vie s'est passée dans des méditations et des contemplations continnelles sur leê
rropriétés des êtres, en avoit consacré une grande parti» disséquer des animaux , à détruire leurs caractères estérieurs , pour interroger, le scalpel k la main , la structure ^ cachée de lenrs organes; il avoit ainsi niontré aux savàns, par une longue série de découvertes importantes en anatomie comparée, ce que cette connoissance intérieure* pouvoit procurer d'avantages àravancement de la zoologie , et combien elle devoit contribuer à ses progrès* Sei immenses travaux dans ce genre ont tellement lié l'anatomie à la zoolqgie y qu'il n'est plus possiUe de séparer
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laij imUODUCTIOIV.
Tune d« Tâutrey de Itt éiadier îsolémeiit^ d'Atre soologÎ9C# MBi Acre anatomiste. Aflibrémeai on ne pent dîsconTemv qiie U cbioiie est à la minéralogie ee qne Tanalomie est à la BOoU>gie> et qu'on ne connoit poa mieux les minératts •ana interroger lenr naiare intime par l'anal jae, qu'on fte eonnoltroit tes ammanx sans pénétrât dans ienr stmo' ture intérieure par la dissection. 11 existe les mteiee rapports entre la ûgure ou les propriétés sensibles des minéranx et leur composition intime ^ qu'entre leé formes des parties extérientes ei celles des organes in-* teneurs des animaux. Les prineipes constituans des pre« mièrs, c^mme les sjstènses organiques des seconds^ pro* duisent pour rextérieur des uns et des antres une néces^ site de formes ei de cartci^es apparens, qui en dériireni d'après des lois constames que la nature s'est iiresoriteë« Comment un naturaliste aussi sarant et aussi profond que rétoit Daubenton , qui avoii établi l'une de ces analogies si bien démontrées pour les animaux, a^'-ilcoastamihent et si fortement repoussé l'autre pour les mîneranx? On l'a souvent entendu , dan» des entretiens sus œt obfet, a'élevee «Tèc force 9 et mAitte* avec une espèce d'bnmenr, contre ^association de la chimie et de la minéralogie; soutenir que l'une devroit être tout» à -«fait séparée de l'antre; qn'ellee avoieot un but j une marche et une manière de faire tous différons; qu'il j autoit un véritable danger à les confondre. Il ne ponvoit snrtooi eniendre sans une sorto de déplaisir les cUmiateomodernes annoncer que la chimie étoit aussi indispensaj>le a la minéralogie qne l'anatoroie ila aoologie; qoe l*histoire des minéraux n offriroit rien d'utile ond'exâctsansleoranalyse; quetMontard lachimie euTahirott la minéralogie, et que celle*cine seroit alors qu'une branche de la première.
lym» antre c6té, Daubenton, en s'occnpam pendant les tingt dernières amiées de sa vie de l'anatomie végéule et de la stirnctnre intérieure des plantes, avoit fait encore pour la phyiologie ce qu'il aroit terminé avec tant de gloire et de succès poor la jsoologie. 11 prouToit que b physique des régétanx , complément si Mau et si utile de la botanique^ ne poutoit se passer de la dissection
Mùïgnèe âé leors c^^àiiéè i&iéîfiMrfl. AitlH H fttsôSt lui* même la critique (* pltfs forte de son opittimi sar la ikii^ néraiogie liée à la chimie^ tH cependant il s'étoit fortné an préjugé A fore contre céitt Kâiaonr, qaé riétf iié péu^^ ▼oit le combaurè daria âon espiric.
Au reste, cétf idées Bat VitfolMùmit de# f^eieitéetf pliy-& siques d'avec l'histoire naturelle' , et sur la careottsérfptioft de la dermère , M stirb^tent pins anjoôrd'htii en Tt^ttcé. I/es naturalistes français ont touH , et d'un covhmuiiî accord, repottssé le préjugé qui s'opposoit à cette réunion sf mile , h cette association si avantageuse. Il n'est pa^ un rnihe-^ raltfgiste qui n'ait des connoissancés de chimie, et qui ne les applique k la minéralogie ;^ pas un botaniste qui itf'etnU ploie les ressourcés de la physique pour la physiologie végétale, pa» un zoologiste qui ne stfché assez exactéménf Fanatèmie pour s^en servir dans^la description et la classification des animaux. Pour toutes Ces classes d^e savans, la physique se confond ^ans ce^se afved l'histoire natnrelie. On Ae peut donc plus se permettre de parler des productions de la nature sans exposer Btk Ioitf»saÀs' faire admirer ses phénomènes, daùs décrite' lesf réaction^ qu'etles exercent les unes sur les antres , et les éhaiige^' mens successifs dont eltes sout susceptibles par leur in* floence réciproque.
On conçoit bien qtxé cette marche sérs^ suî^ief dans ce Pietionnaire : c'eflft à cette marche qit'a rapport mx des articles du Prospectus que je croie devoir rapporter ici pour en coMcf#ver l'esprit, «r En rétablissant , y est-il ^t, « l'ordre dans là science, les auteurs vénièàt tfMsi lui « rendre ses limites naturelles, que Fon a béancotrpfro^ « resserrées datls lesf demiens temps.
a Le mot naturel ponr trous trois acccptioâadrvetsen i é nous eutendons pahr tè Tensemble des qualités d'un être , « ou la totalité deé êtres qui eompôiiîent lé motide, ou « enfin l'Etre souverain , auteur de la nature eHe-méme ; ff c'est aussi sous ces trois rapports que Fhistoité de là « nature sera traitée dans cet ouvrage. On y fera l'énumé- «r ration des dilTérens êtres créés; on y exposera la struc^ « turede chacun d'eux, l'action réciproque de aeadiffé*
jixiv INTRODUCnON;
jK rent€8 parties et le résolut de cette ection , e'e6t->li^ire; IK les pliénomènes ei^térieurs que chaque être présente, a expliqués autant qu'ils pourront l'être \ enfin on y dé« ce Teloppera les lois générales qui président à leur coexis^ « tence et à leur conservation mutuelle, conservation « qui résulte souvent de la destruction même: et, sons « ces trois rapports, nous serons conduits a l'admiration « et au respect. Fécondité sans bornes dans la production fc d'êtres si nombreux et si variés , sagesse profond'* dans ic l'arrangement de ces étonnantes machines, puissance cr infinie dans le maintien invariable de Tordre qu'elle^ « observent : voilà l'imposant et vaste tableau que loa « cherchera à présenter. Toutes les sciences naturelles «c serviront à le tracer. Sans en être eâsentiellemeut les « objets, elles en seront d'importans accessoires. La phjfL bique nous instruira des priucipales propriétés qui fie caractérisent les corps inorganiques^ et des rapports de n latmosphére avec les corps organisés : la chimie noua « fera connoitre les causes des principaux phénomènes ce qui se passent dans notre atmosphère, dans la massa « des eaux , dans les cavités souterraines; elle dévelop- « pera les diverses modifications dont les minéraux et les ce fossiles sont susceptibles , soit par leur contact mutuel. Cl soit par celui des milieux oà iU sont plongés; elle nous cr servira à concevoir et à déterminer les changemens cr qu'éprouvent les humeurs et les solides des animaux / cr et nous aidera à expliquer les merveilles de leurs fonc-» ce tions : Tanatomie nous indiquera les routes que les « liqnevrs parcourent dans les animaux : la physiologie « emploiera toutes ces connoissances pour expliquer le jeu « des organes. En un mot, Thistoire naturelle sera, dans « ce livre , l'application de toutes les sciences physiques c générales aux phénomènes particuliers de la nature, el « non un catalofpue sec et décharné, propre au plus à « guider dans l'arrangement d'un cabinet, ou un recueil « de faits p'ius ou moins bizarres, ne remplissant pas « même le but stérile d'égayer l'oisiTeti de quelque» « lecteurs. »