‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 3)Chapitre 61 sur 146 · À CI · texte numérisé non relu

À CI

L'expression d'acides natifs est quelquefois prise pour désigner ceux de ces corps qui existent à Tétai de lihertéy dans divers points de Tiii té rieur ou de la surface de la terre.- Ainsi , Tacide carbonique existe dans Tatmosphère y dans des cavités souterraines et dans les eaux gazeuses; Tacide sulfurique se rencontre isolé dans quelques cavités, prés des volcans ou des eaux sulfureuses ; le boraeique se trouve dissous dans Teau de plusieurs lacs de Toscane; les acides malique, citrique, gallique, aeéteux , etc. ,acidi-* ^> £ent les sucs d*un grdnd nambre de fruits ou de matière*

végétales. On sait déjà que parmi ces acides il en est que ^ l'art fabrique^ et d'autres que la nature seule forme.

^ , . Quelquefois , suivant une expression plus générale ,

la dénomination d'acides natifs ou naturels s'applique i. ceux de ces composés que la nature n'offre que combi* ^ ses avec différentes bases, et qu'elle ne présente îamaia ^ purs ou isolés ^ tels sont les acides phosphorique , nitrique,

î muriatique, fluorique, les quatre acides métalliques, beau-

- ^ coup d'acides végétaux. ^

*') ., 11 est aussi des acides formés par la nature, et qui se

rencontrent dans le double état d'isolement et de combinaison. Ceux qui ont été indiqués comme acides natifs de la i/* classe, quoiquese trouvant libres et dans plusieurs lieux, se trouvent aussi, et plus souvent même, combinés dans l'état salin avec diverses bases terreuses, alcalines ou métalliques.

■ Il n'est presque pas besoin de dire, d'après ce qui a été exposé dans plusieurs des articles pr^cédens que tout acide natif et pur, quelque part qu'il se trouve, soit à l'état solide, soit à l'état liquide, se recsnnoit facilement à sa saveur aigre,, et à 'sa propriété, de rougir les couleurs bleues végétales. Mais on n'établît ainsi que la nature générale de ces corps ; et pour distinguer Tespèce particulière de chacun de ces acides natifs , il faut consulter les caractères spécifiques que chacun d'eux présente. Ainsi c'est aux articles séparés de cbaque acide qu'il faut avoir recours pour ^apprendre à reconnoitre chacun de ces eorps« Mais iL est uoe..considéraM<M> générale que je ne. dois pas ^ omettre ici, relativement k la grande abondance et i 1»

diversité des aeides que Ton trouve natifs. Cette abondance est telle qu'elle annonce dans la nature une grande disposition et une grande facilité k produire ce genre de composés^ Il suit de cette observation . que le phénomène de l'acidification ou de la formation des acides est un des pins fréquens et des plus répandus à la surface du globe ; car il parolt être moins marqué dans %es profondeur», et il semble que le contact de l'atmosphère y influe sensible» ment. Voyez l'article Acidification. (F.)

. Aci D E N ITKEUX. (CTlim.) On nommoit autrefois indistincte- *#

ment acide nitreux toyte espèce et tonte variété d'acide obtenu du nitre. Aujourd'hui ce nom désigne un état particulier *

de cet acide. 11 en sera question à Ja suite de Tarticle ^ ^

acide nitrique , parce qu'on ne peut pas bien entendre cet état sans bien connottre les propriétés de ce dernier.^

Ainsi le mot acide nitreux , placé ici, n'indique que l'an« cienne nomeoclature , et il se trouvera répété plus bas sous le rapport et dans le sens de la nouvelle. •

Les chimistes suédois Bergman et Schèele nommoient , ^ "

de plus, acide nitreux déphlogisiiqué , celui qui est désigné . fr

maintenant par le nom d'acide nitrique ; et acide nitreux phlogistiqué j celui qu'on nomme aujourd'hui .simplement acide nitreux. Les articles suivans expliqueront ces dénominations anciennes et nouvelles. ( F. )

Acide nitbique. (Chim,) Dans la nomenclature actuelle de la chimie on nomme acide nitrique l'espèce d'acide qu'on • nommoit autrefois eau forte , esprit de nitre , aéide nitreux. Cettre dernière expression est maintenant. employée: pour désigner une modification de l'acide nitrique dont il sera question i la fin de cet article. . ' .

La nature ne présente jamais l'acide r.itrique pur et isoléi Cependant il se forme sans cesse au- milieu des habi tablions des hommes et des animaux» A mesure qu'il est formé, il s'unit à des terres ou à des alcalis qui se trouvent ^ soit dans le sol des eaves, des caveaux,, des souterrains, «oit sur les. murs mêmes des salles basses , des latrines , des cuisines, etc. On le trouve donc dans tous ces lieux, formant des sels, neutres. ou moyens, comme on* leidisoit autrefois ; et pour se le procurer on l'extrait , on le sépare

de ces êeUf ef surtout du nitre ou salpêtre, <|u*oii nommé nitrate de potasse , en le distillant avec du sable de l'ar* gille ou de Tacide sulfurîque. On recueille Faeide nitrique en condensant ses vapeurs dans des récipiens de verre ; on le purifie par une seconde distillation à une douce chaleur, sur une nouvelle dose de nitre.

Quand il est ainsi séparé du nitre , il est sous la forme d*un liquide, blanc, de plus de moitié plus lourd que Teau , d'une causticité très-forte , et exhalant dans l'air une fumée ou vapeur blanche, d'une odeiir désagréable et llétide quand elle est concentrée , ^ comme aromatique lorsqu'elle est étendue dans une grande quantité d'air. Cet acide brûle et détruit les matières animales , et les gouttes qui tombent sur la peaii la tachent d'un jaune citroné indé« lébîle. C'est ainsi qu'il colore la soie blanche , de manière à lui donner la nuance de la soie jaune naturelle. Cette couleur est durable et indélébile. Il rougit fortement plu-< sieurs couleurs bleues végétales. Il se colore lorsqu'il est exposé à la lumière du soleil et en même temps à une température qui excède quinze degrés du thermomètre de Réaumur. Il passe par les nuances jaune pâle, jaune orangé et rouge, et il s'en dégage, à mesure qu'il se coloré ainsi, du gaz oxigènepur. On verra bientôt qu'il subit alors un commencement de décomposition qui équivaut à uno véritable décombustion.

A la chaleur, l'acide nitrique se réduit en vapeur, et se blanchit à inesure qu'il est volatilisé, et à mesure qu'une vapeur rouge , qui se dégage , remplit le ballon! Cest pour cela et pour opérer une purification de cet aoide qu'on le chauffe avant de l'employer, jusqu'à ce qu'il soit devenu tout à fait blanc et exhalant une fumée de la même cou* leur dans l'air. Ce n'est que dans cet état qu'il eit vrai* ment de l'acide nitrique, tandis que, lorsqu'il est jaune ou drangé, et lorsqu'il exhale une vapeur rouge, il est i l'état nitreux. Ainsi l'eau forte du commerce , quand elle est sans couleur et sans fumée rouge, est bien de l'acide nitrique. Il peut à la vérité contenir d'autres acides qui, sans changer sa couleur, altèrent sa pureté ; mais on a d'autres moyens de le purifier : si c'est de l'acide sulfu-

tique qu^il contient , en le distillant sur du nitre, eomme on Ta déjà dit; si c*est de l'acide muriatique, en le pré' cipitant par du nitrate d'argent , et en le distillant ensuite*

Exposé à Tair, Tacide nitrique en absorbe Thumidité et s^afibiblit. Il n*agit ni sur l'azote ni sur Toxigéne atmosphé-^ rique^ Il n'a aucune action sur le gas hydrogène ; mais il en exerce une très-forte sur le charbon, le phosphore 7 le aoufre et la plupart des métaux. Ces corps combustibles simples, mis en contact avec Tacide nitrique, font naître une vive effervescence, en dégageant un gac qui, tantôt, rou-' git à Tair et régénère de l'acide nitreux , et alors on le nomme gaz nitreux, tantôt ne rougit point, brûle les corps . ».

combustibles plus fortement que l'air athmosphérique , et se dissout dans l'eau. Ce dernier gaz a été nommé air nitreux déphlogistiqué par Priestley , qui l'a découvert en 1 774 , et oxide d^azote par Davy , jeune chimiste anglais qui en a beaucoup étudié les propriétés en 1 800. La production de Tun ou de l'autre de ces gaz dépend de la manière dont l'acide niti^ique est décomposé par les corps combustibles , -^

et de la quantité diverse d'oxigène que ces corps lui enlèvent* Lorsque cette séparation d'oxigène est complète, on n'ob« tient que du gaz azote .* tel est le cas où les combustibles très-abondans brûlent fortement, et s'enflamment même par le contact des corps combustibles. Quelquefois l'eau, qui accompagne toujours l'acide nitrique, étant décomposée en même temps que lui, son hydrogène s'unit à l'azote nitrique, et forme de l'ammoniaque , comme on le voit dans }a disso* lution de l'étain, du fer, etc., par l'acide nitrique. Mais le plus souvent les corps combustibles ne décomposent que partiellement l'acide nitrique , ne lui enlèvent qu'une portion de son oxigène, et cette portion enlevée variant encore, il en résulte formation et dégagement de l'un ou de Tautre des deux gaz primitivement cités, savoir d^ gaz oxide d'azote dans le cas où la désoxigénation est plus forte , et du gaz nitreux dans celle où elle est moins considérable.

C'est par l'examen approfondi de cette action réciproque de l'acide nitrique et des corps combustibles , que la nature de cet acide a été découverte ; elle a été confirmée par une expérience de Cavendish , qvâ a prouvé qu'en

électrisant un mélange d*âir atmosphéilque et de gaz oxi* gène,- ce mélange se condensait en acide du nitre. Ainsi cet acide est formé d'environ 0,80 d'oxigène et o,ao d'azote. La nature de Tacide nitrique une fois bien connue, il est devenu facile d'expliquer son action si énergique sur les corps combustibles. Le plus grand nombre de ces corps a plus d'affinité pour Foxigéne que n'en a l'azote. D'ailleurs , dans sa combinaison acidifiée avec l'oxigène, l'azote retient assez de calorique » ainsi que le principe acidifiant, pour que leur union ne soit pas facile' à détruire. De là l'action violente qu'exerce cet acide sur les corps combustibles ; de là la rapide combustion , l'înflamxnation même, de plusieurs de ees corps ; de là enfin la différence des phénomènes qui accompagnent cette combustion opérée par l'acide nitrique , et qui dépend , soit de son état de concentration , soit de l'attraction forte du «corps combustible pour l'oxigène, soit de sa quantité considérable, soit enfin de la température élevée à laquelle ces corps en contact sont exposés. Ainsi, par exemple, supposez toutes les circonstances favorables à cette décomposition nitrique réunies , *la grande combustilité et l'abondance du corps décomposant , la concentration de l'acide, la haute température, l'acide sera complètement décomposé , tout son oxigène lui sera enlevé ; le corps combustible sera tout à fait brûlé, oxidé ou acidifié, suivant sa nature , et il se dégagera du gaz azote pur. Supposez au contraire les conditions opposées à celle-là , un corps peu combustible et peu abondant, l'acide foible, la température J>asse ; alors l'acide nitrique sera peu décomposé , le corps peu brûlé, et il se dégagera un gaz oxide d'azote non dissoluble dans l'eau , qui éteint les corps en combustion , qui rougit à l'air et par le contact du gaz oxigène , et qui devient alors de l'acide nitreux en vapeur rouge. Cest le gaz nitreux dont on a cherché à tirer parti pour reconnoitre la pureté de Tair , et qui a le premier été employé par Priestley pour . remplir cet usage de l'eudiométrie. On juge de cette pureté ou de la proportion de gaz oxigène contenue dans l'air , par la diminution du volume qull donne ayec le gaz nitreux.

ACI ï9»

Choîaûsez ou faites naître des circonstances qui tiennent le milieu entre les deux extrêmes précédens , et vous n'au* rez ni une décomposition complète, comme dans le premier cas, ni une décomposition aussi foible que dans le dernier ; le produit gazeux sera, un autre oxide d'azote que le gaz nitreux, celui que Priestley aroit nommé air nitreux déphlogis tiqué , que Davy a nommé gaz oxide d'azote , et qui , remarquable et bien caractérisé par les trois propriétés réunies d'accélérer ou d^ugmenter la combustion comme le gaz oxigène, de se dissoudre dans l'eau comme le gaz acide carbonique, et de ne pas rougir ni diminuer par le contact du gaz nitreux , diffère de ce dernier par une moindre proportion d'oxigène et par plus d'isolement ou d'écartement entre les molécules de ses deux principes constituans.

A ces notions générales et positives sur ^la nature de l'acide nitrique, qui expliquent sa formation et' sa décomposition, il faut ajouter qu'il s'unit k l'eau en toutes proportions , qu'il s'échauffe en a^ unissant , qu'il se combine avec beaucoup d'oxides métalliques peu oxidés, et forme avec eux des sels ordinairement bien solubles et bien cristaflisables; que souvent il cède de l'oxigène k ceux de ces oxides qui n'en contiennent point leur maximum ; qu*il acidifie ceux qui en sont susceptibles ; qu'il est plus foible que l'acide sulfurique et plus fort que tous les autres ; qu'il est décomposé par l'acide muriatique , .qui lui enlève de l'oxigène, et qui passe ainsi à Tétat d'acide* muriatique oxigénéj que c'est l'action résultant du mélange de ces deux acides , qui produit ce qu'on nommoit autrefois , eau régale , dissolvant de l'or ; qu'il s'unit facilement et promptement avec toutes les bases salifiables, avec lesquelles il constitue les nitrates, nitres ou- salpêtres ; qu'il décompose un grand nombre de sels, dont il sépare les acides plus foibles que lui en s'emparant de leurs bases ; que , d'après cette action générale et forte, il doit être très -employé , et l'est réellement, comme instrument très-utile dans les opérations de chimie et dans celles des arts.

Il est aussi nécessaire, pour bien concevoir les propriétés de l'acide nitrique ^ de connqitre sa manière générale d'agir

sur les stibstaïK^es végétales et animales , d^autani plus qtie la chimie moderne a trouvé dans cet acide un instrument aussi neuf qu'avantageux pour déterminer la nature des composés organiques. Les matières végétales étant en géné« rai des espèces d'oxides à ladicaux binaires de carbone et d'hydrogène, ladde nitrique ^ en leui* cédant facilement de Foxigène, tend a brûler complètement leur carbone eit acide carbonique, et leur hydrogène en eau. Quelquefois il opère rapidement cette combustion en les enflammant ^ comme il fait pour les huiles ; mais le plus souvent il sépare peu à peu, et Fun après l'autre, leurs principes , de manière à changer continuellement leur proportion. Ceti dans ctf changement, porté à différens points, et comme arrêté a difTéren tes phases, que consistent les modifications produites dans les matières végétales par Tacide nitrique ; c'est ainsi qu'il acidifie la plupart d'entr'elles, qu'il en épaissit quel« ques autres f qu*il résinifie les huiles, etc. Pendant cette action de l'acide nitrique sur les végétaux , il excite une effervescence continuelle, due au dégagement de Tacide car« bonique formé. Le terme de cette action est la destruction totale de la matière végétale , et sa volatilisation en ga« acide et en eau.

Les composés animaux sont anssi détruits et modifiée par l'acide nitrique. Comme ils contiennent plus de prin« cipes primitifs dans leur composition, ils sont sujets à nu plus grand nombre de changemeos , avant leur destruction ^ et souvent des composés homogènes, comme de la chair ou de la peau, sont convertis en six, huit ou même dix autres • composés , avant d'être détruits : on voit surtout dans ces changemens se former une graisse, un corps jaune amer^ de l'ammoniaque , de Tacide prussique , outre Teau , Tacide carbonique et trois ou quatre acides végétaux. Il sera parlé plus en détail de ces modifications dans les articles relatifs aux composés animaux^

On conçoit, d'après ce qui vient d'être dit, que Tacidc nitrique tst un des agens les plus puissans et les plus ttti« les des arts; aussi est*'il employé avec tant d'abondance ^t si fréquemment dans les ateliers, qu'on doit le regarder comme l'un des instrumens principaux des laboratoirea

et des fabriques. On ne peut ni travailler les métaux^ ai préparer des teintures , etc., sans lui. Il sert à la préparation d'une foule de médicamens ; c'est le rékctif le plu^ usité des laboratoires de chimie.

Il est depuis quelques années, et diaprés les traraux de Guyton et du docteur Smith, d*un usage très-important en médecine. Dégagé en vapeur du nitre par l'acide sulfuri^ ^BT-, il donne le moyen le plus actif et le plus utile de détruire les miasmes contagieux, et de désinfecter les lieux imprégnés des virus morbitiques* Ainsi employé dans les hôpitaux, les vaisseaux , les chambres des malades , il arrête les progrès et diminue la mortalité des fièvres contagieuses, putrides et malignes. (F.)

Acide nitreux. (CUm.) Les détails cod tenus dans l'article précédent font voir qu'on ne peut traiter clairement des propriétés de l'acide nitreux qu'après avoir exposé celles de l'acide nitrique, dont il n'est qu'une modification, et dont il ne diffère que par quelques variations dans son action et son énergie. Quoique la dénomination de cet acide soit la même que celle de l'acide sulfureux , on ne peut pas ' comparer l'état nitfeux de cet acide par rappoft au nitrique , à celui du sulfureux par rapport au sulfurique i Tacide nitreux n'est pas identique et dans une proportion donnée de ses principes, comme le sulfureux. Il y a beaucoup de variétés dans le premier, et l'on ne connoft au contraire qu'une seule espèce d'acide sulfureux. Cela vient de ce que l'acide nitreux résulte de Funion du gaz nitreux avec l'acide nitrique ; union qui peut être faite dans toutes sortes de proportions , depuis une ou deux parties de gae nitreux sur quatre-vingt-dix-neuf ou quatre-vingt-dixhuit parties d'acide nitrique , îusqu'À celle de quatre-vingtdix parties de ce gas sur cent d'acide. Dans ce dernier cas il y a maximum de saturation réciproque entre les deux corps ; il j^n insulte cent- quatre -vingt -dix parties d'une vapeur rouge orangée, qui ne peut ^re condensée en liquide que très - di£Bicilement , qui n'est que très -peu soluble dans l'eau, et qu'on doit regarder comme le véri-r, table acide nitreux. Dans tous les autres cas où le gaz ni-^ treux est moins abondant » l'acide nitreux varie par •# 1 l'i

oouleur depuis le jaune jusqu'à l'orangé brun , et Toft conçoit qu'il peut 7 avoir plus de quatre-vingts variétés de cet acide, suivant la proportion de gaz nitreux depuis une partie jusqu'à quatre-vingt-dix de ce gaz sur cent partie» d'acide nitrique. Ainsi tout acide du nitre un peu coloré , qui, quand on le chauffe,- donne une vapeur rouge , est plus ou moins nitreux \ car , en le supposant même ne tenant que quatre ou cinq parties de gaf nitreux pour cent, dés qu'on l'expose au feu dans des vaisseaux fermés, il s'en dégage une vapeur rouge, formée d'un peu d'acide nitrique saturé de gaz nitreux : en sorte qu'on doit regarder tout acide nitreux comme des mélanges d'acide nitrique et de véritable acide nitreux ; celui-ci se volatilise en vapeur n)uge , et l'acide nitrique reste pur et blanc

Suivant la quantité diverse de véritable acide nitreux contenu dans un acide nitrique plus ou moins coloré, les propriétés de ces acides s'éloignent de celles de l'acide nitrique pur. En général , dans l<état nitreux cet acide a une odeur désagréable , il fume en rouge , il ne donne que peu ou point d'oxigéne par le contact de la lumière, il dégage de la vapeur rouge par la chaleur ; il agit avec force et rapidité sur les corps combustibles, il les brûle ou les enflamme mieux et plus vite ; il est plus foible que l'acide nitrique , qui le dégage en vapeur rouge de ses bases ; il s'unit difiBcilcment aux alcalis et aux terres ; il colore et décompose plus fortement les matières végétales et animales. Voilà pourquoi cet acide coloré a été si fréquemment employé dans les laboratoires $ pourquoi celui qui est coloré en orangé ou en brun , passoit autrefois pour étfe l'esprit de nitre le plus puissant et le plus fort ; pourquoi même on ne le connoissoit que sous cette forme et sous le nom d'esprit de nitre , en raison de sa volatilité.

Jamais cet acide nitreux , soit en vapeur nitreuse saturée et pure, soit en mélange d'acide nitrique et de gaz nitreux. n'existe dans la nature, parce que l'acide nitrique ne s'y trouve jamais que combiné avec des bases dans lesquelles il est fixé, et non décomposable par les circon* stances naturelleB. Il est toujours un produit de l'art , soit farce qu'il |irovient d'nn acide nitrique en partie décom«

posé, soit parce qu'on le fait directement en unissant du gaz nitreux à Facidé nitrique. ( F.)

Acide oxalique. {Chim.) On nomme acide oxalique celui '

qui est contenu dans le sel d'oseille et dans beaucoup d'autres matières végétales. On le trouve fréquemment uni à la chaux dans les composés du règne végétal, et quelque* fois même dans les concrétions calculeuses des animaux. On fabrique aussi cet acide artificiellement; on le fait de toutes pièces, en traitant le sucre, le miel, la farine, la gomme, la laine, la soie , la chair, la colle, etc., par l'a* «

cide nitrique. Cette fabrication d'un acide, en tout sem* blabie à celui du sel d'oseille , par des réactifs chimiques, ''

eit une des plus belles découvertes de la chimie moderne, et c'est parce que Bergman l'a d'abord préparé avec le éucre , qu'on a nommé cet acide, acide du sucre, avant que Schèele ait eu trouvé qu'il étoit absolument le même que l'acide de l'oseille.

' Les propriétés de l'acide oxalique sont bien caractérisées Jft

et bien différentes de celles des autres acides. 11 cristallise en prismes carrés à deltix faces alternativement larges et étroites. Il a une saveur aigre, piquante, et rougit bien les couleurs bleues végétales ; étendu d'eau , dans laquelle il est fort solublc, sa saveur est agréable et rafraîchissante. Au feu il se décompose difficilement, et se sublime en partie ; il donne de Teàu, de Tacide carbonique , et laisse un résidu gris peu charboneux. Il s'humecte à Tair humide et se farine à Tair sec. Les acides puissans, le sulfurique concentré, le nitrique et le muriatique oxigéné, ne le décomposent que lentement, et le convertissent en eau, en acide carbonique et en un peu d'acide acéteux. Ils s'unit à toutes les bases salifiables , de manière k former des sels particulier^ , qui seront décrits à l'article Oxalates. C'est dans la formation et la nature de plusieurs de ces composés salins que réside le caractère le plus prononcé de cet acide. Il forme en effet avec la chau^t un sel insoluble , et il enlève cette terre à tous les autres acides. Uni à iin tiers de son poids de potasse ou d'ammoniaque, il constitue des sels acidulés peu solubles, et Ton régénère ainsi, par la première de ces bases unie à l'acide oxalique , le sel

*i9^^ AGI

d'oseille. A raison de cette tendance à former dea acidu^ les, il décompose en partie les sels â base de potasse et d*ammoniaque les plus £oTis , quoiqu'il soit réellement beaucoup plus foible que les acides sulfurique , nitrique y muriatique, phosphorique, etc. Il dissout et oxide plusieurs métaux ; il forme avec la plupart de leurs oxides des sels très-peu solubles.

Une analyse exacte et pénible de cet acide nous y a fait trouver 0,1 3 de carbone , 0,10 d'hydrogène, et 0,77 d'oxigène. C'est un des plus puissans acides végétaux , et Tunç des dernières combinaisons végétales ; voilà pourquoi dads ^^ la décomposition des produits des plantes par des réactifs

chimiques , la formation de cet acide est un des derniers phénomènes (}ue l'on fait naitre. Au-delà de cette con- V version végétale , la matière ne passe plus qu'à l'état d'eau

et d'acide carbonique , dernier terme de la décomposition.

rf« L'acide oxalique est aujourd'hui fort utile aux chimistes ;

ils s'en servent pour reconnoitre partout la présence et même la proportion de la chaux, à quelque matière que celle-ci soit unie. Sous ce rapport il intéresse aussi les naturalistes , puisqu'il leur est utile pour reconnoitre cette substance terreuse ; mais il mérite encore plus d'intéresser ces derniers par son existence dans les végétaux, par sa formation comparée à celle des autres acides du même règne, enfin par sa présence dans plusieurs matières animales, notamment dans quelques espèces de concrétions calculeuses de la vessie humaine, et sans doute dans plusieurs autres concrétions animales. (F.)

Acide phosphoreux. {Chim.) Quoique les différences qui distinguentl'acide phosphoreux de l'acide phosphorique soient moins marquées et moins fortes que celles qui ont été observées entre les acides sulfureux et sulfurique, nitreux et nitrique, elles sont cependant asses sensibles pour qu'il soit nécessaire de le décrire en particulier.

On nomme acide phosphoreux, comme moins oxigénéi l'acide que l'on obtient en brûlant lentement le phosphore par sa seule exposition dans l'air sans élever la température. Pour cela on en met de petits cylindres dans de

petits tubes de verre tirés d'un côté a la lampe , que Von place au nambre de huit ou douze dans un entonnoir porté sur un flacon ; on recouvre ces vases d'une cloche qui porte sur une assiette couverte d'eau ; on renouvelle l'air de la cloche , quand le phosphore cesse d'y être lumineux la nuit et entouré d'une fumé« blanche le jour, soit en la soulevant, soit en en remettant une autre pleine de nouvel air; soit en introduisant cet air par des tubuhires latérales pratiquées sur cette cloche , bouchées d'abord avec des bouchons de liège, que l'onelilève de temps en t^mps. Le ^phosphore s'use peu à peu et semble se fondre ; la fumée blanche qui l'entoure, est l'acide phosphoreux, qui s'exhale dans l'air , s'y combine avec l'eau qu'il attire , et se résout en gouttelettes rassemblées peu à peu sur la tige de l'entonnoir, et conduites dans le flacon placé audessous.

Cet acide est sous la forme d'un liquide blanc, transparent, épais, lourd, un peu moins que l'acide phospho- ^ rique, d'égale consistance, d'une saveur très -aigre. Lorsqu'on l'expose au feu , il exhale en se concentrant une fumée blanche, épaisse, d'une odeur alliacée fétide, qui s'enflamme et brûle à la manière du phosphore. Lorsque cette flamme a disparu^ ce qui reste est de l'acide phosphorique; celui-ci ne présentant, lorsqu'on le chauffe , ni fumée ni flamme, il est évident que ces phénomènes sont dus au phosphore qui s'exhale , et que l'acide phosphoreux n'est que de l'acide phosphorique, tenant un peu de phosphore en dissolution. Aussi peut-on obtenir cet acide en dissolvant, par une chaleur douce et long-temps soutenue ^ du phosphore dans de l'acide phosphorique. On voit d'après cela pourquoi l'acide phosphoreux chauffé dans un appareil convenable, doit donner seul un peu de phosphore par la distillation, et en donner avec le charbon plus vfte et un peu plus abondamment que l'acide phosphorique.

L'acide phosphoreux ne se change en phosphorique à l'air qu'avec beaucoup de temps et de difficulté, ce qui prouve que le phosphore excédant qui y est contenu y adhère beaucoup et n'attire que foibl^ment l'oxigène atmosphérique. U n'est. complètement acidifié que par quelques

oxides métalliques y Tacide nitreuic, et surtout par Tacide muriatique oxigéné, qui y porte tout à coup roxigéae néces-> saire à cette acidification complète.

Le gaz hydrogène paroft contribuer à lui enlever à chaud le phosphore excédant qu'il contient Cest à ce phosphore excédant qu'est dû aussi le gaz hydrogène fétide alliacé , qu'exhale Tacide phosphoreux pendant son action sur les métaux les plus combustibles.

Cet acide forme avec les bases salifiables des sels parti-, culiers et differens de ceux que forme Tacide phosphorique. On les distingue par le nom de phosphites. Quoiqu'on ait encore peu examiné ces composés salins , on les a suffisamment comparés aux phosphates pour reconnoître qu'il existe entre eux des différences sensibles. On en parlera à l'article Phosphites.

•^. On sait peu de chose encore de l'action de l'acide phos-»

'^'>'^! phoreux sur les composés végétaux et animaux. On ne peut

( donc pas dire , quoique cela soit vraisemblable , qu'elle est

différente de celle de l'acide phosphorique.

L'acide phosphoreux est plus foible que les acides suI-> furique, nitrique, muriatique et phosphorique ; il est plu& fort que le sulfureux, le boracique , le carbonique, etc. Il ne paroft pas qu'il existe dans les composés naturels ; du moins on ne l'y a pas trouvé jusqu'ici. (F.)

AciDË PHOSPHORIQUE. {Ckim.) L'acide phosphorique , ou l'acide formé par le phosphore saturé d'oxigène, offre aux naturalistes un sujet bien plus important qu'autrefois , depuis que les chimistes le leur ont montré beaucoup plus fréquent et plus abondant parmi les productions de la nature qu'on ne lavoit trouvé avant les nouvelles découvertes de la chimie. On a reconnu aujourd'hui cet acide dans trois minéraux très -répand us au sein du globe, et très-variés. Cette connoissance est même une des preuves les plus sa il* lantes de l'influence et de la nécessité de l'analyse chi-r> mique dans la minéralogie , comme je le ferai voir aux ar^ ticles Phosphates de chaux , de fer et de plomb. Cet acide existe aussi dans les végétaux, et on le trouve dans la plupart de leurs cendres. 11 est enfin si souvent dissous dans les htimeurs, ou déposé dans les oi^an^s, on nsseni-»

blé dans let coaerëtiona morbifiques des animaui^, qu'on a cru pendant plu5 de soixante ans qu*il ëtoit exclusivement propre aux êtres de ce règne.

Il est donc nécessaire, dans Tétude de Thistoire naturelle» de connoitre les propriétés et les caractères de Tacide pho»phorique. Après avoir extrait cet acide des composés nar turela et salins qui le récèlent, ou après Tavoir fabriqué en brûlant. fortement du phosphore dans du gaz oxigène, ou de toute autre manière , on l'a sous la forme de flocons blancs ou d'un liquide très-aigre, suivant qu'on Ta produit •eus Teau ou obtenu par la combustion au-dessus du mercure. Les flocons neigeux produits par le dernier de ces procé» dés , attirent très-vite Thumidité de l'air , et se liquéfient par son contact. Cet acide liquide a une saveur très -plaquante, une pesanteur notable, la propriété de rougir forw. tement la plupart des couleurs bleues végétales , et celle de se fondre en verre très-fusible et très-transparent à la '7>

température qui le fait rougir. Ce verre est aussi déliquescent à la longue ,- avant de se liquéfier à l'air , il prend la forme de gelée.

L'acide épaissi en consistance d'extrait, ou à Tétat vitreux , avec du charbon , est décomposé à la chaleur rouge , et ri se convertit en phosphore. C'est par une pareille décomposition, faite dans des vaisseaux distillatoires, que l'on obtient le phosphore dans les laboratoires de chimie. La même expérience peut être tentée d'une manière trèsconcluante avec une petite parcelle d'acide concret, mêlé de charbon et chauffé dans une cuiller de platine ou dans le creux d'un charbon au chalumeau.

L'acide phosphorique s'unit facilement a l'eau , et forme avec toutes les bases salifiables des sels très-remarquables, indiqués et décrits au mot Phosphate. Il n'est point altéré paries acides puissans, qui le chassent de ses bases par «a voie humide, tandis qu'il les en sépare par la voie sèche a l'aide de sa grande fixité. Il n'agit que foiblement sur la plupart des métaux, et il s'unit bien à leurs oxides, avec lesquels il forme des sels peu solubles. Chauffé avec plusieurs métaux dans son état vitreux et dans une proportion triple de la leur, il forme des phosphores, métalliques mêlés

ioo AGI

d'un peu de phosphate. Il n'a aucune action, si ce n'est celle d*un dissolvant ifoible , sur le plus grand nombre de composés végétaux et animaux.

Cet acide a été trouvé dans l'un ou l'autre des trois régnes , combiné avec la magnésie , la chaux , la soude , l'ammoniaque 9 le plomb et le fer. Il y a lieu de croire qu'on le trouvera uni à plusieurs autres ^bases encore. Il est peu employé , si ce n'est en chimie. (F.)

Acide vaussiQv e. (Chim.) On donne le nom d'acide prussique à une matière particulière, formée parla décomposition des substances végétales et animales, qui colore le bleu de Prusse; espèce de composé découverte Berlin en 1710. Cette matière ayant la propriété de saturer les bases salitiables, et surtout les oxides métalliques, à la manière des acides, a été rangée parmi ces corps par Bergman, en 1776. Tous les chimistes se sont accordés à la laisser dans cette classe depuis la proposition de Bei^man.

Le bleu de Prusse, d'où Ton tire l'acide prussique, qui en a reçu son nom, est préparé avec une lessive formée par des alcalis fixes calcinés avec du sang, des cornes, ou d'autres matières animales, que l'on verse dans une dissolution de sulfate de fer rouge. Pour séparer l'acide prussique du bleu de Prusse, on suit le procédé de Schèele, qui con* aiste à chauffer dans six parties d'eau deux parties de ce bleu avec une partie d'oxide rouge de mercure : ces deux corps se décolorent en réagissant l'un sur l'autre ) il se forme du prussiate de mercure, qui reste dissous "dans la liqueur, et dç Toxide rouge de fer, qui reste au fond. £n distillant ce mélange, après y avoir ajouté une demi** partie de limaille de fer et un peu moins d'acide sulfurique, et en ne recueillant que le quart de la liqueur, on obtient l'acide prussique pur. J'ai trouvé qu'on pouvait aussi l'olv tenir dans la distillation de quelques substances animales, et surt:<ut de Tespèce de calcul de la vessie humaine, qu'on nomme acide urique (voyez ce mot), ainsi qu'en traitant plusieurs de ces substances, surtout le blanc d'œuf et l'albumine du sang coagulé, par l'acide nitrique foible.

De quelque manière qu'ait été fabriqué l'acide prussique 9 U jouit constamment ^^s propriétés suivantes, qu'on doit

A C I »oi

regarder comme de vrais caractères spécifiques. Il est ou gazeux ou liquide. Dans ces deux états il répand, à d*assec grandes distances, une odeur forte, piquante, toute semblable à celle des amandes amères.

Sa saveur est douceâtre d*abord, ensuite acre, amère et désagréable.

Il ne rougit pas les couleurs bleues, et précipite seulement les sulfures alcalins et terreux.

II se décompose par le contact de la lumière. Une chaleur forte et Taction des acides puissans le convertissent ^ en le décomposant, en ammoniaque, en acide carbonique , et en gaz hydrogène carboné.

Il est peu dissoluble dans l'eau , et s'en dégage sans cesse. Comme acide , c'est le plus foible de tous , puisqu'il est même dégagé par l'acide carbonique.

Il absorbe L'oxigène de l'acide muriatique oxigéné, et ^m

passe à l'état d'une sorte d'huile très-volatile et indissoluble ^^

dans l'eau.

Il ne s'unit que di£Bcilement et foiblement aux alcalis et aux terres, mais très-bien et très-fortement aux oxides métalliques, en même temps qu'aux bases alcalines. Quoique foible , ses combinaisons avec deux bases en même temps ne peuvent être détruites par les acides même très-forts.

On a long - temps eu une fausse opinion sur cet acide ; on le regardoit comme du phlogistique , et l'on donnoit aux alcalis qui en étoient saturés , le nom d'alcalis phlo-' * gistiqués.

Schèele, qui l'avoit produit en chauffant du charbon et du sel ammoniac avec des alcalis fixes, le croyoit formé par l'union du charbon et de l'alcali volatil.

C'est au citoyen Berthollet que l'on doit la connoissance la plus rapprochée de Ja nature de l'acide prussique. Il a trouvé que l'acide prussique contient de l'azote, de l'hydrogène et du carbone : il n'y admet pas la présence de l'oxigène , et il compare cette espèce d'acide à l'hydrogène sulfuré, qui rougit en effet les couleurs bleues, sature et fait cristalliser les alcalis, et présente par conséquent, quoique non oxigéné , des caractères acides encore plus prononcés qu'on n'en trouve dans 4'acide prussique. 'Mais

âoa AGI

Tanalyse de ce dernier n^a pas été faite avec assez de soin let d'exactitude pour pouvoir admettre cette conclusion sans nouvel examen ; et l'influence que les oxides métalliques ont dans la formation de Tacide prussique, ainsi que l'acide carbonique qu'il donne dans sa décomposition, tout présente pour moi des preuves de Texistence de Foxigéne dans cet acide. ^

Le naturaliste a deux intérêts 4 connoitre les propriétés

distinctives de Tacide prussique : Tun est relatif à son

existence dans la nature , à sa formation par les matières

animales en décomposition , et au rapport qui se' trouve

entre cette formation et les composés animaux en général ;

^ l'autre est la considération de ses usages comme réactif

/ pour reconnoître la présence, et quelquefois même déter-

* \ miner la proportion , du fer contenu dans beaucoup de pro-

tductions naturelles, spécialement les eaux minérales, les terres et les pierres, les mines, les terreaux. Mais comme ;^. on ne l'emploie jamais seul pour cet effet, il faut connoitre

les diverses espèces de prussiates qui servent À cet usage. 'Voyez les articles Bled de Prusse, Composés animaux et

PaUSSIATES. (F.)

Acide fyro ligneux. {Chim,) Toutes les fois qu^on chauffe assez fortement le bois pour le décomposer et le charbonner , même dans des vaisseaux fermés , il se dégage avec une odeur piquante une matière qui se condense en liquide ' rouge brun dans les récipiens, et qui, jouissant de carac» téres acides très-prononcés, a été nommé acide j;»>^ro/igiKux , comme provenant du corps ligneux décomposé par le feu. On obtient celte liqueur acide rougeàtre et piquante de tous les bois distillés à feu nu, de quelque nature qu'ils soient , pourvu que la ' chaleur soit assez grande pour les décomposer, en retirer de rhi^ile empyreumatique , et les convertir en charbon. C'est la vapeur de cet acide qui se dégage du bois, qur noircit et fume sans s'enflammer dans un foyer trop peu cluuffé. C'est à elle qu^est due le piquant de la fumée , qui excite de la douleur et fait couler les larmes lorsqu'elle frappe les yeux.

On a cru cet acide différent de tous les autres ; on en a décrit les propriétés et les combinaisons ; on a cherché les

AGI flos

mojens de le purifier pour en faire des composés : mais nous nous sommes convaincus , Vauquelin et mpi , que la liqueur distillée des bois n'est que de Tacide acétique tenant en dissolution une huile brûlée particulière 9 dont Todeuv fait le véritable caractère spécifique. Nous l'avons prouvé en unissant cet acide aux alcalis , et en reconnoissant dans ces composés toutes les propriétés des acétates. Ainsi il n'y a point d'acide pyroligneux dans le sens qu'on attachoit à ce mot en le supposant un acide particulier.

Cette espèce d'acide n'a presqu'aucune utilité } on s'en sert quelquefois pour colorer les bois, les plumes, les pailles ^ en rouge rosé. ( F.)

Acide rvao mu queux. (Chim.) On nomme acide pyromuqueux la liqueur rougeâtre aigre , piquante , d'une odeur de '^

caramel ou de brûlé agréable , que l'on obtient dans la distîl- '' ,• <

lation des mucilages , des gommes , du sucre 9 du miel , de l'a- ^k

midon , du papier , etc. Son nom vient des corps muqueux ^^

dont on le retire, et de l'action du feu nécessaire pour le produire. Il aecompagne la 'décomposition des mucilages par le calorique.

Il en est de l'acide pyrorauqueux comme de l'acide pyro* ligneux : ce n'est point , comme on l'a cm , un acide particulier ; nos recherches nous ont fait voir quïl n'est que de l'acide acétique, uni à une huile charbonneuse empyreuma* tique , provenant des mucilages décomposés par le feu. Nous Tavons reconnu par les propriétés des sels formés par cet acide, et qui ont tous les caractères des acétates. Il n'y a donc pas plus d'acide pyromuqueux que d'acide pyroligneux. L'usage de cet acide est presque nul. Il est colorant en rouge ou en rose foncé, comme le précédent. (F.)

Acide fyxotaiitareux. (C^'m.) X^ liqueur acide que donnent le tartre et lestartrites à la distillation, a été nommée acide pyrotartareux. C'est, comme on l'a vu pour les deux acides précédens, un acide acétique produit par le feu, et tenant en dissolution une huile brune: quelquefois il contient au^i un peu d'acétate ammoniacal.

On n'en fait aujourd'hui aucun usage. Il étoit autrefois employé en médecine sous le nom d'esprit de tartre. Ou

ao4 AGI,

le pnrifioii, et Pon sVn servoil snrtoul en topique oa ea frictions. ( F. )

Acide sacchaein. (Cfcîm.) Ob a donné pendant quelque temps ce nom à l'acide oxalique obtenu du sucre par Tacide nitrique, avant que sa nature fût exactement connue, et lorsqu'on le croyoit un acide différent de tous les autres , autant que particulier au sucre. ( F.)

Acide 3 ach lactique. (Cftim.) La nomenclature méthodique présent )it ce nom pour désigner l'acide peu soluble qu'oi» extrait du sucre de lait par l'action de Facide nitrique. Mais comme il ^est reconnu qu*on obtient cet acide de toutes les gommes ou mucilages fades, plus abondamment même qu'oit ne l'obtient du sucre de lait, >'ai changé le nom d'acide ^ sachlactique en celui d'acide muqueux , plus général et

' plus exact. Voyez les mots Acidb muqueux et Mugîtes. (F.)

^ ' Acide s^bacique. (CTu'ni.) Le nom diacide sébaciquea dési-

gné î.usqu'iei la liqueur aigre et d\ine odeur acre , piquante , qu'on obtient par la distillation de la graisse, du suif, de , la moelle, du beurre à feu nu. Ainsi ce terme s'applique

également, et au produit indiqué obtenu dans le laboratoire du chimiste, et à la vapeur acre, piquante, irritante, qui s'exhale de la graisse et du beurre , fondus et chauffés fortement avec le cotatact de Fair, surtout dans la préparation des alimens au beurre roux.

Mais cette vapeur acre, et cette liqueur acide piquante, qu'on a depuis soixante ans nommée acide sébacique, acide du suif ou de la graisse , qui est reconnue aujourd'hui pour être produite par le feu et pour ne pas exister dans la graisse avant l'action de la chaleur, malgré la longue erreur où les chimistes et lea naturalistes ont été à cet égard , n'est rien moins qu'un seul corps, et surtout que l'acide sébacique actuel des chimistes. Il y a tout à la fois, dans la vapeur et la liqueur indiquées, de Facide acétique, une huile volatile acre et très -odorante, quelquefois un peu d'acide muriatique, et enfin du véritable acide sébacique. Quand on. a pris ce produit mélangé pour l'acide sébacique , quand oïl a indiqtié les composés où il entre tout entier comme des sébates, on a été induit en erreur, et c'est cette erreur qui a fait naître tant de détails. op«

A C 1 aoS

posés, €0]itra«taii5 , contradictoires » dans les ouvrages des chimistes.

Pour obtenir r<icide sëbacique , maintenant connu d*après les dernières recherches de Thenard , on lave le produit de la graisse distillée ; on mêle Feau provenant de ce lavage ^ avec une dissolution d*acétate de iplomh : il se forme un précipité blanc , floconeux , qu'on traite dans une cornue avec, de Tacide sulfurique foible, et à une douce chaleur i on lave une matière d'apparence huileuse 9 qui se rassem-* ble à la surface du mélange , avec de Teau froide $ on la dissout ensuite dans l'eau bouillante, et il se précipite, par le refroidissement de qelle-ci, de petites lames allongées, brillantes et cristallines, qui sont l'acide sébaeique.

C^ acide, ainsi obtenu, est d'une saveur désagréable de iuif rance ; il se fond et se volatilise facilement ; il se dissout peu dans l'eau froide, el lui donne cependant la propriété de rougir la teinture dc/tournesol. Use dissout mieux dans l'eau bouillante, et se^ cristallise par refroidissement. L'alcool le dissout facilement, ce qui annonce sa nature huileuse. Il décompose les nitrates et les acétates de mercure, de plomb et d'argent. On ne connolt encore ni sa nature intime , ni sa composition , ni ses composés salins. Il n'est d'aucun usage, et il mérite d'être plus examiné qu'il ne l'a encore été. (F.)

Acide spathique. (Chim,) C'est le nom que Priestley avoît d'abord donné au gaz acide fluorique qu'il a découvert , en 1775, sous forme fluide élastique. Il le croyoit formé de l'acide sulfurique qu'il avoit employé pour l'obtenir, et qui étoit modifié par le spath. Voyez l'article Acide fluo-

KIQUE. (F.)

Acide su borique» (Chim.) On a nommé ainsi l'espèce d'acide concret en petites aiguilles cristallines , que Ton obtient lorsqu'on traite le liège par l'acide nitrique. La liqueur qui résulte de l'action dissolvante et décomposante de cet acide sur de petits morceaux de liège, après en avoir séparé l'espèce de résine jaupe citron qui se rassemble à la surface de la liqueur, fournit cet acide aiguillé et jaune fauve par l'évaporation.

Cet acide factice a une saveur austère $ il rougit le tour-

•Jl

ao6 AGI

nesol , se dissout dans cinquante parties d'eau froide y pluà dans Teau bouillante et dans Talcool. Il est volatil, et se sublime à un feu doux. On connoît peu encore ses composés salins et $e^ affinités. On ignore entièrement sa nature intime. Il parott avoir des rapports arec les acides bensoïque , gallique- et succinique.

Il n'est d'aucun usage. On ne le trouve pas dans la nature. Il ne présente donc au naturaliste d'autre intérêt que celui d'être le produit du liège et de l'épiderme de plusieurs végétaux traités par l'acide nitrique. ( F. )

AciDÊ succi^ iQUE. (Ck'im.) Il existe dans le succin , ou ambre jaune , un acide que l'on croit différent de tous les autres ^ fiuquel on attribue une nature particulière, et qui a été fiommé acide sticcinique ; avant cette dernière dénomination on l'avoit connu sous le nom de karabique , parce que le succin portoit aussi celui de karabé.

Cet acide intéresse les naturalistes , puisqu'il se trouve tout formé dans ce bitume, et puisque, comme production naturelle, il a des caractères qui peuvent servir à faire reéonnoltre et distinguer ce corps combustible fossile.

On extrait Pacide succinique, qui ne paroft point être à nu dans le succin , en chauffant le bitume concassé dans des yaisseaux fermés. Il se sublime et s'attache, sous la forme de petites aiguilles, à la voûte de la cornue où l'on fait l'opération. Il a une couleur fauve ou rousse après cette première sublimation. On le blanchit par plusieurs sublimations respectives ; mais on le rectifie mieux en le dissolvant plusieurs fois de suite dans l'eau bouillante, et en le faisant cristalliser. Cependant il reste constamment jaunâtre ou fauve , et c'est ce qui a fait penser qu'il contenoit une huile qui le coloroit, dont on a cherché en vain k le débarrasser sans altérer sa composition intime*

L'acide succinique, ainsi préparé, a une saveur acre, chaude et acide. Il rougit foiblement les couleurs bleues. Sur les charbons allumés il se sublime promptement en fumée avec une odeur forte de succin. 11 s'enflamme à une haute température : aussi le regarde-t-on comme un acide huileux. Il est peu soluble dans l'eau. Il parott être peu altérable par les acides puîssans.

On ne connott point encore sa nature intime et sa composition. On Fa comparé k tort à Tacide sulfurique ou à l'acide muriatîque, dont il s'éloigne également : à peine a-t-OB commencé à examiner les composés salins qu'il forme avec les terres et les alcalis. C'est donc seulement par sa volatilité , sa forme aiguillée , sa saveur chaude et forte j et surtout son odeur acre bitumineuse, qu'il est caractérisé jusqu'à présent

Il n'est au reste d'aucun usage en chimie ; on ne le prépare que pour en montrer les caractères, et c'est sous ce rapport que le naturaliste doit le connoftre et l'examiner pour faciliter ses recherches minéralogiques , d'autant plus qu'il y a lieu de croire qu'il existe dans d'autres corps bi- ' ^^

tumineux que le suecin.

On en a fait autrefois quelque usage en médecine 9 comme '^

4ïordial, béchique, incisif, antiseptique. 11 est entièrement abandonné aujourd'hui. (F.) v

Acide sulfuaeux. (Chim,) On nomme acide sulfureux celui qui se forme lorsque le soufre brûle légèrement en bleu , et en répandant une vapeur forte , irritante et qui fait tousser. On ne faisait autrefois cet acide qu'en brûlant ainsi le •oufre sous une cloche de verre qu'on imprégnait d^eau : on le nommoit pour cela esprit de soufre par la cloche. Aujourd'hui on prépare cet acide avec bien plus de facilité , de promptitude et d'économie , en chauffant l'acide aulfurique concentré avec des matières combustibles minérales ou végétales. Ce procédé est fondé sur ce que l'acide sulfureux n'étant que de l'acide sulfurique privé d'une partie de son oxigène , il suffît de lui enlever cette portion pour ramener à l'état d'acide sulfureux. Par la même raison on peut encore l'obtenir en dissolvant du soufre dans l'acide sulfurique, puisqu'en augmentant ainsi la proportion de son radical on diminue celle de l'oxigène.

Lorsqu'on prépare l'acide par la décomposition partielle de l'acide sulfurique, à l'aide de la paille hachée que l'on chauffe avec cet acide , on peut l'obtenir sous forme de gaz Ou sous forme de liquide. Pour l'avoir dans le premier état 9 il suffît d'adapter à la cornue un tube qui plonge sous des cloches pleines de mercure , placées dans une cuve remplie

2c8 AGI

du même mëUL Pmtr le préparer liquide, on conduit par les tubes ploii|;eaiit dans un flacon plein d*eaa distillée et froide , le gaz acide sulfureux , qui s'y condense et la sature. Indiquons ici les principaux caractères de 1 acide dans ces deux états.

Le gaz acide sulfureux a une odeur piquante du soufre

qui brûle. 11 est plus pesant que fair, au moins du double ;

il éteint les bougies allumées; il suffoque les animaux. 11

rougit et décolore les bleus régétanx tendres ; il enlève par

conséquent les tacbes de fruit sur le linge. Il se liquéfie k

un froid de 28*. L'hydrogène, le charbon et plusieurs autrea

cnrps combustibles, le décomposent à la chaleur rouge, et

ffig en séparent le soufre, qu'ils mettent à nu. Il décompose et

*> précipite les gaz hydrogènes phosphore et sulfuré, llsecon-

^ ver lit en acide sulfurique par le gaz acide mu ria tique oxi-

gêné et par ceux des oxides métalliques qui tiennent le.

* « moins à Toxigène. Il se condense par l'eau froide ; il fond

^ la glace qui labsorbe. Il se combine avec toutes les bases

salifiables, qui ne l'absorbent bien cependant qua laide

de l'eau dans laquelle elles sont délayées ou dissoutes.

L'acide sulfureux liquide , blanc , transparent « d'une odeur forte et suffoquante lorsqu'il est bien cuncentré, retient assez fortement le gaz qui y est uni à l'eau pour qu'il ne s'en dégage que lentemeut et difficilement, soit par la chaleur, soit par la soustraction du poids de l'air dans le vide, soit par l'exposition à l'air. La congélation ne Tcn sépare pas non plus. Il rougit et décolore les teintures bleues végétales ; il détruit la plupart des autres couleurs des plantes. Son gaz est dégagé de l'eau avec effervescence par les acides sulfurique, nitrique, muriatique, etc. Il n'absorbe que très -lentement de l'air Toxigène qui lui manque pour passer à Tétat d'acide sulfurique. 11 est plus foible que tous les acides minéraux, excepté le boracique et le carbonique. Il .s'unit à toutes les bases terreuses et alcalines. 11 dissout quelques métaux immédiatement ; il se combine de plusieurs manières différentes aux oxides mé- ^talliques, tantôt sans décomposition de leur part, quelquefois en leur enlevant de l'oxigène.

On croit l'acide sulfureux , à l'état sec , formé de quatre-

AGI ao9

vingt-cinq parties de soufre et de quinze d'oicigène : mais son analyse n*a point encore été faite assez exactement pour qu*on puisse compter entièrement sur ce résultat

Les usages de cet acide sont encore peu multipliés; mais on dioit prévoir qu'ils le seront quelque jour biea davantage 9 surtout dans les ateliers des manufactures.

Les propriétés et Thistoire de Facide sulfureux, intéressent les naturalistes 9 parce qu'il existe assez souvent dans la nature, parce qu'on le rencontre constamment dans les bouches des volcans allumés et dans tous les terrains sulfurés , où le soufre se volatilise sans cesse dans l'air par la chaleur même de ces terrains. ( F. }

Acide sulfueique. (C/iim.) Cet acide, qui étoit autrefois "Tf

connu sous le nom diacide vitriolique et d'huile de vitriol , n'existe point assez abondamment et assez pur dans la nature pour '^ les besoins et les usages auxquels il est nécessaire. On le fabrique en brûlant du soufre dans des bâtimens garnis en- ^ tiérement de lames de plomb , et que l'on nomme chambres de plomb. 'On obtient près de deux fois et demi le poids du soufre en acide sulfurique. On ajoute au soufre un dixième de nitre pour rendre sa combinaison plus rapide et plus complète ; on met de l'eau sur le sol de la chambre pour faire absorber l'acide vaporeux à mesure qu'il se forme. Comme après cette première fabrication il est coloré , on le concentre , on le rectifie , on le blanchit tout à la fois en le chauffant dans des cornues.

L'acide sulfurique ainsi obtenu est un liquide blanc , sans odeur , pesant presque le double de l'eau , d'une causticité très-grande, rougissant toutes les couleurs bleues végétales qui en sont susceptibles, noircissant et charbonnant les substances végétales qu'on laisse quelques minutes en contact avec lui. Une chaleur de 1 20 degrés le volatilise ; un * froid de 8 à 10 degrés le congèle. 11 absorbe l'eau de l'atmosphère, qui le fait augmenter de poids et l'afifûiblit. Il est décomposé à la chaleur rouge par l'hydrogène, le carbone , le phosphore et plusieurs métaux qui ont tous à cette température plus d'attraction pour l'oxigène que n'en a le soufre. Il contient environ 54 parties de soufre et 46 d'oxigène pour 100, dans son état sec.

Ueau y adhère si fortemenl qu'on ne peut Fen séparer que par le moyen des combinaisons solides ou pulvéru* lentes dans lesquelles on le fait entrer. On unit Tcau à cet acide dans toutes sortes de proportions.. Cette union est accompagnée de chaleur, méine quand on mêle 4 parties d'acide sulfurique concentré avec une partie 'de glace. L'eau liquide s'échaufie dans tous les cas et dans toutes les pro* portions avec cet acide ; elle perd l'air et les gat qu'elle peut contenir; elle de|'ient plus dense qu'elle n'étoit. On la sépare et on fait passer l'acide à son premier état de concentration , en chauffant l'acide affoibli dans une cornue ; on recueille l'eai\ beaucoup plus volatile que l'acide pur , et elle entraîne une petite portion de celui-ci dans les dernières portions qui se volatilisent

L'acide sulfuriqpie , généralement plus fort que tous les autres, les chasse de leurs composés et en prend la place. Il n'y a que l'acide phosphorique qui, en raison de sa grande fixité , peut le dégager en partie de quelques-unes de ses combinaisons à un très-grand feu.

Les propriétés qui vienneiit d'être énoncées, suffisent pour caractériser l'acide sulfurique et pour le faire sûrement et facilement distinguer de tous les autres. Ses usages étant très-multipliés en chimie , en pharmacie 'et dans les arts, il est indispensable d'en étudier les principaux caractères, les propriétés générales et distinctives. La nature le présentant quelquefois isolé et pur dans plusieurs grottes voisines des volcans ou de terrains anciennement volcanisés, il est nécessaire que le naturaliste sache le rcconnoitre , et il ne le peut pas sans avoir appris à déterminer aea caractères chimiques. Il faut encore qu'il apprenne à le retrouver dans un très -grand nombre de composés natureb dont il fait partie. Les sulfates terreux, alcalins et métalliques, sont répandus partout; ils se rencontrent presqu'à chaque pas dans les courses minéralogiques et géologiques. Quoiqu'engagé dans des bases, l'acide sulfurique doit être partout reconnoissable pour le naturaliste , et il ne l'est réellement que par des propriétés chimiques. D'ailleurs l'acide sulfurique exerce une action si forte et si utile sur un grand nombre de corps paturels qui se trouvent plus ou

moins bien caractérisés par cette action même , qu'il^seroit et ridicule et dangereux qu'un naturaliste ignorât, et le genre , et la cause, et le résultat de cette a^ction. Dans les généralités que son histoire comporte ici et indépendamment de celle des sulfates , qui sera traitée ailleurs , ou doit se le représenter comme un des agens les plus importans des phénomènes et des opérations chimiques qui se passent à la surface et dans l'intérieur du globe. ( F. )

Acide tabtaaeux. (CKim.) On nomme ainsi l'espèce d'acide végétal qui existe dans le tartre, et qui y est combiné avec une portion de potasse masquant en partie ses propriétés , comme on le verra à l'article Acidulé tartaredx.

La nature n'offre point l'acide tartareux pur dans les végétaux ; du moins il n'a point encore été reconnu jusqu'ici dans son état de pureté. On ne Ta trouvé qu'en partie saturé de potasse ou uni à la chaux. Pour l'obtenir pur, on sature le tartre de chaux; on décompose le tartrite calcaire insoluble qui en résulte parTacide sulfurique; on évapore la liqueur surnageante , et l'on a par refroidissement des cristaux très -réguliers, et souvent très -gros , d'acide tartareux.

« Cet acide ainsi préparé a une saveur aigre très-piquante, mais qui n'est ni amère ni désagréable , comme celle de son acidulé ou du tartre. Il rougit fortement les couleurs bleues; il se fond , se boursoufle , brunit , exhale une vapeur piquante, et se décompose en laissant un enduit charbonneux sûr un charbon allumé. Il donne par la distillation à feu nu un produit acide que j'ai reconnu pour de J'acide acétique sali par une huile empyreumatique. Cesi cette huile à laquelle il doit les caractères qui l'on fait prendre pour un acide particulier et nommer acide pyro-^ tartareux.

L'acide tartareux cristallisé attire Phumidité ; il est trèsdissoluble dans l'eau ; sa dissolution un peu étendue, gardée dans des vaisseaux mal bouchés, se trouble, se rem« plît de flocons , et se décompose à l'aide du temps. L'acide snlfurîque le charbone j l'acide nitrique le convertît en acides oxalique et acéteux ; une longue ébullition avec cet acide le change en eau et en acide carbonique. Il adhère

an AGI

plus à la bariie , ' à la strontiane et i la chanx j avec lesquelles il forme des sels insolubles, qu'à la potasse et à la soude. Uni à une petite portion de potasse , il produit un tartrite acidulé semblable au tartre d'où cet acide €$t tiré, et comme lui peu soluble dans Fean. Il forme avec la potasse , la soude 9 Fammoniaque , * en suffisante quantité, des sels particuliers très-décomposables par le feu , dont la dissolution est aussi spontanément décom<posable.

Un des caractères les plus prononcés de Tacide tartareux est encore de former des sels triples , soit alcalins , soit alcalino-métalliques , ou de s'unir tout à la fois, soit k deux alcalis, soit à un alcali et à un métal, comme dans ce qu'on nomme le sel de seignetU ou le tartre stAié,

Purifié et séparé de la crème de tartre , comme on l'a vu , l'acide tartareux peut servir et sert effectivement de médicament; on en prépare des boissons rafrafchissantes, antifébriles , antibilieuses. Il remplace avec avantage l'acide du citron' lorsque celui-ci est rare et très-cher. La plupart des préparations salines tartareuses sont cependant faites avec l'acidulé, et l'on ne prépare l'acide que pour des opérations chimiques et pour des boissons aigrelettes. (F.) •

Acide TUNflTiQDE.(Ch.îm.) On nomme acide tunstique un acide métallique qui a été découvert par Schéele , célèbre chimiste suédois , dans le minéral nommé tungstène en Suède» ou pierre pesante. Ce minéral blanc, cristallisé, spathique, est un composé de cet acide particulier et de chaux. En le traitant par Facide nitrique, il devient citroné à mesure que la chaux enlevée laisse l'acide tunstique à n\i; l'ammoniaque reprend ensuite cet acide : en traitant successivement par l'acide nitrique et par Fammoniaque le tunstate de chaux natif, on le décompose en entier et on le change en nitrate de chaux et en tunstate d'ammoniaque; on précipite Facide tunstique de ce dernier sel en versant di^ l'acide muriatique dans sa dissolution. On a trouvé ensuite l'acide tunstique combiné avec l'oxide de fer dans le wolfram.

L'acide tunstique est en poudre blanche , d'une saveur âpre, métallique, peu dissoluble dans l'eau, jaunissant par l'acide nitrique et par Facide muriatique ; il noircit e(

AGI ài5

pBMC à l'état métallique quand on' le chauffe avec du charbon. On ne connoft encore qu*imparfoitement la nature de cet acide, la propoi^tion de ses principes, ainsi que ses combinaisons. Les caractères indiqués ayant suffi , soit pour le faire reconnoître comme acide nouveau, soit pour le distinguer de tous les autres, c*est à ces caractères que le naturaliste doit spécialement s'attacher pour s'assurer de la pirésence de cet acide dans les minéraux , et pour déterminer l'influence qu'il a sur la nature et les propriétés distinctives des minéraux dont il fait partie. ( F.)

Acide urique. {Chim.) J'ai donné le nom d'acide urique à un acide qui n'a encore été trouvé que dans l'urine humaine , et qui fait la base d'une des espèces les plus fréquentes des calculs de la vessie humaine. Cet acide concret , peu soluble, insipide, se précipite spontanément de l'urine, soit presqu'aussitôt après qu'elle vient d'être rendue, soit quelques heures après sa sortie du corps ; il forme l'espèce de sable fin et rouge qu'on voit au fond de ce liquide refroidi, ou les cristaux orangés brillans qui adhèrent au ^ fond -des vases qui le contiennent. Les calculs urinaires qu'il constitue sont reconnoissables par la couleur jaune' de bois, de paille , ou rougeàtre de rhubarbe tw de garance, par la finesse de leurs couches, et par le beau poli qu'ils prennent

. Les caractères chimiques de cet acide animal , qui jus^ qu'ici parolt appartenir exclusivement à l'urine humaine, aont de donner à la distillation du prussiate d'ammoniaque et un résidu charbonneux assez abondant ; d'exiger plus de mille parties d'eau bouillante pour être dissous , même après avoir été réduit en poudre très-fine ; de se dépose? » tn grande partie de sa. dissolution bouillante par le re£roi-< dissement en petits cristaux aiguillés lameUeux, gris jau-. fiâtres, insipides» d'être inattaquable par l'eau froide lorsqu'il est en masse; de se dissoudre tout à coup' dans la lesaive de potasse ou de soude, d'où il est précipité en ppudre blanche par tous les autres acides , même par le carbonique ; d'être indissoluble dans les acides foibies ; d'être coloré en rouge fçncé pap l'acide nitrique fort ou. aidé d9> |a chaleur ^i le modifié en un autre acide%

Page 1