‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 3)Chapitre 85 sur 146 · A I G SU · texte numérisé non relu

A I G SU

qae$ heures dans le milieu du jouff, et se reposent le matin 9 le soir et la nuit.

Cet aigle place son nid dans les fentes de rochers escaiw pés, et le forme de petites branches arrangées en rond, dont il garnit Tintérieur avec des herbes 9 de la mousse et des plumes. Buffon dit , d'après A/Villughby » que ce nid se trouve aussi sur de gros arbres , dont le feuillage seul l'abrite par dessus. La femelle j pond deux ceufs blanchâtres à peu près de la même grosseur et de la même forme que les œufs d'oie. L'incubation a lieu au mois de prairial, et souvent il ne qalt qu'un petit. Ces oiseaux nourrissent leurs petits en jetant quelques lambeaux de chair dans le nid, que ceux- ci quittent aussitôt qu'ils peuvent assez voler pour suivre leurs père et mère , et partager leur chasse.

Aigle balbuzard, Aqvila Balbuzardw» Cet oiseau , décrit par Linnseus sous le nom de faleo haliœlus , et sous celui d'aigle de mer , par Brisson , est bien figuré , planche enluminée A ^ 1 , de la Zoologie britannique , et planche 5 de L«win. On le trouve aussi dans Catesby , tome I , planche a ; mais la planche 414 de Buffon, où il est Représenté avec les pieds Jaunes , est mauvaise. On lui donne , dans plusieurs départemens de la France, le nom de eraupécherot j qui aignifie corbeau*pécheur , et on l'appelle encore aigle nonette* Sa longueur n'est que d'environ deux pieds ; ses ailes , qui Repassent la queue quand elles sont pliées , ont cinq pieds trois pouces d'envergure. Son bec est noir, la cire bleue j les plumes du sommet de la tète sont brunes dans leur milieu et blanches yen leurs bords ; le derrière de la tête , 1a gorge et le cou , sont blancs , avec une grande tache brune à la partie supérieure du cou. Une longue bande d'un brun foncé descend de chaque œil sur les côtés du cou jusqu'aux ailes. Le dessus du corps est brun, le dessous est blanc. Les pennesvdes ailes et de la queue sont brunes « avec des raies blanches du côté intérieur : le tarse et les doigts sont couverts d'écaillés bleuâtres: les ongles sont noirs ; celui de derrière est le plus court.

Cette espèce, une des plus nombreuses des oiseaux de proie , est assez généralement répandue dans le milieu de la France , de l'Allemagne , et dans les .différentes contréei

de l'Europe , du nord ku midi ; elle se trouve également en Egypte, en Barbarie, à la Louisiane, et même k Tfle des Pins j dans la mer du Sud. Les balbuzards des roseaux , de la Caroline et de Calenne , ne paroissent être que des variétés de cette espèce, qui habite également la Pensylvanie, et à laquelle on a aussi donné le nom de piravera.

Les lieux que le balbuzard fréquente de préférence ne sont pas les rivages de la mer, mais les terres ^basses et voisines des étangs et des rivières , raison pour laquelle on pourroit Tappeler aigle des eaux douces. Perché sur un arbre élevé n et quelquefois du haut des airs , il guette au loin le poisson, fond dessus, avec la rapidité de la foudre, le saisit au moment où il paroit à la surface de Teau , ou même en y plongeant tout le corps, et l'emporte dans ses serres. Mais cette proie , dont la pesanteur rend le vol de Poiseaû plus lent et plus pénible^ n'est pas toujours son partage. Sur les bords de l'Ohio, où il vient se livrer à la pèche quand la basse de mer, perça oeellala , quitte TOcéan pour entrer dans le fleuve, habite aussi Taigle pygaigudi Quand celui-ci voit le balbuzard parvenu à la hauteur de son aire, il quitte ,1e sien, et le poursuit à tire d'aile jusqu'à Ce que le pécheur , convaincu de son infériorité , abandonne sa proie. Alors ce fier antagoniste, les ailes repliées, s'élance comme un trait ,' et avec une inconcevable adresse ressaisit le .poisson avant qu'il ait atteint la rivière. Arbitre souverain des grands comme des petits événemens , le droit du plus fort régit tout dans l'univers , au haut des airs comme sur la terre et sous les eaux : mais de même que le corsaire à qui un ennemi enlève sa proie à la vue du port, entreprend une nouvelle croisière dans l'espérance d'être plus heureux, le balbuzard recommence son exercice , et maître d'une nouvelle proie , il parvient enfin à la soustraire â son ennemi , surtout lorsqu'elle est moins pesante. Ces pêches et ces combats durent jusqu'à ce que la basse retourne à la mer; alors l'aigle pygargue se retire dans les montagnes, où il chasse le gibier, et le balbuzard se rend sur les bords de l'Océan, où il n'a plus de tribut à payer.

L'aigle balbuzard fait son. nid sur les plus hauts arbres

de forêts épaisses , du dans des crevasses de rochersi Suivant Lewîn ^ il le construit aussi par terre ^ au milieu des ro^ seaux. La ponte est ordinaii^ement de deux ou trois œufii blancs , tachetés de roux , et quelquefois de quatre.

Ces oiseaux se tiennent presque toujours par paires ; maià lorsque les eaux sont glacées, ils se séparent et vont au loin chercher des climats plus doUx et une nourriture plusi facile. Ils sent ordinairement très^gras ; leur chair a une forte odeur de poisson.

On prétend qull seroit facile de les dresser pour la pêche 9 comme on dresse les autres diseaux pour'la chasscà

En Sibérie 9 oh les aigles balbuzards sont communs , ils passent pour avoir dans lès serres |in venin qui donne la mort, et les habitans . superstitieux en redoutent beaucoup une simple égratignure.

. Aigle baepie, Aqmla harjjyia. Cet oiseau a été décrit par Mauduyt sous le nom de grand aigle de la Guiane , et par Daudin , sous celui d^aigle destructeur. Le vultur harpyia de Linnœus , le faleo harj^a , et le falèa Jaequini de Gmelin j dont les tarses sont nus , se rapportent à cet oiseaui Jjd fako cristatusf carraea de Sonnini^ n'en est peut-être qu'une variété , . et les aigles à^Orénoque et du Pérou sent^ hlent aussi être de la même espèce ; mais Vurutaurana ne peut lui être donné comme synonyme , puisqu'il résulté islairement de la description de Marcgrave 9 que cet aigle a les pieds emplumés jusqu'aux doigts et les ailes courtes.

La longueur de Taigle harpie est de trois pieds deux pouces. Le bec, très-arqué 9 est de couleur de corne, l'iris d'un jaune éclatant Le dessus et. les côtés de la tête sont jl'un gris noirâtre ; les pluines occipitales , plus longues que les autres , forment une huppe couchée , mais que VoU seau relève quand il est ému ou affecté. Ces plumes sont grises , à l'exception d'une qui dépasse et qui est noire , ter^ minée de gris. ' Le cou est de cette dernière couleur. Le manteau est noir, entremêlé de sônes grisâtres. Les pennes des ailes. sont noires ; elles s'étendent au-delà des deux tiers de la queue , qui est en dessus d'un noir lavé , entremêla de gris , et blanchâtre en-dessous , avec une bande noirâtre k l'extrémité. La poitrine et le ventre sont d*un blane salif

et grlsAtre: les cuisses sont couvertes de plumes blanches , traversées par des raies noires ; le haut du tarse j de plumes courtes blanchâtres ; la partie inférieure et les doigts sont nus, d'un jaune paie,* IfB ongles longs et trés-crochus sont de couleur de corne.

Mauduyt a observé , dans une collection autre que la ^^'•^ sienne, un individu moins gros dont la poitrine étoît noire et le plumage à^une teinte plus vive; il croit que c*étoif le mâle.

Si 9 comme on a lieu de le penser ^ l'oiseau décrit par lef auteurs sous les divers noms ci-dessus rapportés, est le même ^ avec les différences de taille et de couleur que l'âge a dft naturellement présenter, on le trouve au Brésil, à la nouvelle Grenade , à la Guiane , où il habite plus particulièrement les forêts de l'intérieur des. terres, et dans d'autres contrées de l'Amérique ; mais il est particulier au nouveau continent, qui possède ainsi le plus robuste et Ib plus puissant des volatiles , tandis que l'ancien est le séjour du plus ter-« rible des mammifères. Des voyageurs ont assuré à Mauduyt qu'il faisoit sa proie ordinaire de l'aï et de l'unau , et qu'il enlevoit souvent des faons et d'autres Jeunes quadrupèdes; il attaque aussi les aras et les gros perroquets, mais seules ment pendant leur vol.

Les lieux qu'habite cet oiseau , et ce que Ton sait de sa V manière de vivre , sont des motifs qui viennent à Tappui

de l'observation faite phis haut sur le peu d'importance qu'il faut attacher à la dénomination d'aigles - pécheurs ^ donnée en général à ceux dont les tarses gros et courts sont nus en tout ou en partie. Sonnini, qui est persuadé que cet aigle ne pêche point ,~ en décrit, sons le nom de grand aigle 4^ la Guiane^ un autre dont la taille surpasse celle de Faigle destructeur. 11 y a vraisemblablement iden* fi té d'espèce, et l'aigle destructeur, dont on n'a pas été à portée de constater le sexe, est peut-être le mâle, et celuici la femelle. Au reste , jusqu'à ce qu'on ait eu l'occasion de s'assurer du fait, il ne sera pas inutile de rapporter ici les principales dimensions mesurées par Sonnini luimême sur un individu qu^l venoit de tuer. Du bout du bec à celui de la queue ^ il avoit trois pieds et demi. Le bec

ëioit long de trois pouces , la queue d^un pied quatre pouces et demi} le «tarse de cinq pouces, et Tongle du doigt de <

derrière de deux perces et demi. La peau entre Tceil et le bec étoit dénuée de plumes, et seulement parsemée de quelques poils noirs ; cette peau étoit noire elle-même t ainsi que le bec et la cire. La huppe, placée comme celle de l'aigle destructeur , étoit plus longue , et tandis que celui* " *^'*>ci n'en a au milieu qu'une de quatre pouces qui dépasse ies autres , Sonnini en a trouvé deux de cinq lignes et demie k son grand aigle. Mais le nombre des paumes de la huppe ne peut pas être d'une grande considération dans un oiseau dont on a vu si peu d'individus et sans pouvoir les garantir intacts, et la nudité de$ joues sembleroit offrir une différence plus caractérisée. Cependant le foiid du plumage étant le même, et la huppe ayant la même place, les proportions du corps, si variables dans les oiseaux de proie, ne semblent pas suffisantes pour considérer comme nouvelle espèce l'aigle de Sonnini, qui fréquente, ainsi que le précédent, les contrées chaudes et humides de l'Amérique méridionale; et il est trop rare à laGuiane et trop éloigné des habitations, pour espérer d'avoir de long -temps des notions plus positives sur un piseau qui vit solitaire dans renfoncement des plus épaisses forêts.

Aigle vocifer, Aquila vociféra.' C'est Levaillant qui a découvert cet oiseau , décrit ensuite par Daudiu et Lathain ^'

sous le nom de faUfo vocifer. Il est tiguré dans l'Ornitho^ logie d'Afrique > pi. 4. Sa taille est celle de l'orfraie , et ses ailes ont près de huit pieds d'eavei^ure. La peau qui sépare l'œil du hee n'est couverte que de poils rares ; elle est Jaunâtre ainsi que la cire. Le bec est d'un bleu de eorne, l'iris d'un brun rouge. La tête, le cou et les épaules, ont les pliimes blanches à tiges brunes ; le bas du dos et les plumes qui recouvrent la queue, ^ont d'un noir mêlé de blanc sale ; celles . de la. poitrine sont blanches avec quelques taches rares , longitudinales , d'un noir brun ; on voit un duvet long et frisé vers le bas de l'œsophage. Les pennes des ailes sont noires, variées en dehors de blano et de roux. Les plus petites couvertures sont d'une couleur de rouille, .qui e»t plus prononcée sur le ventre et le3

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lu» AiglM 4e eeiie espèce îetlent fréqnemmest de graads eHs , par lesquels ils se féposdent entie eux de fort loin , percliés sur deê rochers on sur des troncs d*arbres renTenés. I^es niouremens qu'ils font de la téfe et du cou , pour pro* duSre ces accens ralriés, annoncent qulls oidgent des eU toriê. ÏjC son de leur roix éprouve des inflexions difle* rentes quand ils rolent $ leur ramage, qui a une certaine harmonie, peut alors être exprimé par les sjllabes'co-ho»' coucou ^ et quand ils le font entendre, ils ramènent teun ai Ici sous le corps au point de les faire presque toucher ensemble.

Cc% oiseaux, (rès-méfians, construisent leur aire sur le sommet des arbrci ou sur les rochers , et le garnissent in-^ t(^rit?ijrcmcnt de plumes^ de laine et d'autres substances jiiuUcsi sur lesquelles ils déposent deux ou trois ceufs

blancs f plus grù$ que ceux d'une dinde. Levaillant rap* porte cet aigle à la noue t te de Nigritie, dont parle Gaby, et que fiuffon a regardée comme notre balbuzard.

Aigle BtAcas, Aquila blagra. Cet aigle , que Daudin et Latham ont nommé fadco hlagrus, est de la taille de notre balbuzard; il en a toutes les habitudes, et pourroit bien être de la même espèce : mais levaillant, qui le premier Ta fait connoitre et en a donné la figure, pi. 5 de son Oi^ nithologie d'Afrique, assurant qu'il, est d'espèce différente, on se bornera à le décrire, sans entrer dans aucune dîs^r cussion à cet égard. Le bec est brunâtre , et la cire un peu jaune. L'iris est d'un brun foncé. Lbs plumes sont rudes au toucher, surtout sous le ventre. La icte , le cou et tout le plumage antérieur, sont d'un blanc s^iné ; le dos et les petites couvertures d9$ aile^ sont d'un .gris brun, ainsi que 1^ queue , dont le Innit est blanc Les grandes pennes des ailes sont noirâtres. -Les pieds sont jaunes et les ongles noirs* '

Le poisson est la principale nourriture de l'aigle blagre, -qui, perché sur un 4rbre ou un rocher, prés d'une rivière ou d'un lac , y passe * de» matinées entières à guetter les poissons, et les saisie en se plongeant même entièrement dans l'eau. Il a le vol très -élevé, et fond souvent d'une hauteur prodigieuse sur les poissons qui nagent à la surface •de l'eau. Sa chair a , comme celle des autres balbuzards , un goût insipide de poisson, et sa graisse, très-abondante 9 est d'une consistance huileuse.

A16LB BAT£LBu&9 Aquila eeaudala^ et Falco eeaudatus de Daudin'etde Latham. Sa grosseur est mitoyenne entre celle de Taigle orfraie et de l'aigle baÛiuzard. Son bec est noir et la cire» jaunâtre. L'iris est d'un brun foncé. La tète , le cou et tout le dessous du corps , sont d'un beau noir mat. Le dos est d'un roux foncé , ainsi que la queue , qui n'a qu'environ six pouces de longueur, et que les plumes du croupion et de l'anus recouvrent presque entièrement. Les petites couvertures des ailes sont d'un fauve Isabelle , et les pennes , qui sont très-longues et dépassent la queue d'environ huit pouces, sont noires avec une bordure d'un gris argentin. Les tarses et les doigts sont couverts de larges

écailles d'un bruii jaimàtre, et l6s ongles » peu afqués, sont noirs.

La femelle , d'un quart plus grosse , a les coulews moins foncées. Les jeimes en-l le ptUmage brun , pbia claîr sur la tête et le cou. Le bord êe teates leun pl^meti «st d'une. .- teinte plus foible.

On trouve dans VOrnUkol^^ d'Afiri^e , pi. 7 et 8 , la figure de l'aigle bateleUr^ à des âges différens.

Ces oiseanx sont trè»Minsiiins danfl tout le pays d^An* teniquoi, le long d^e la *cèie de Natal jusque* dana la Ca» frerie et prés de la baie de Lagea^ Ils planent en tour* noyant et laissent de temps en temps échapper des sons. Irès-rauques , dont l'un est d*une octave plus haut. D'après leur queue écourtée et la manière dont ils battent l'air en rabattant tout à coup leur vol, 01^ crotroit qu'ils se sont cassé une aile et vont tomber jusqu'à teihre ; mais c'est un Jeu que le mâle et la femelle , presque toujouvs ensemble , répètent à l'envi , et que Levaillant a comparé aux toan de force des bateleurs.

Les jeunes gazelles , 'les agneaux," le^* petits de l'Autruche sont la pâture ordinaire de «êtte espèce d'aigle, qui ne dédaigne pas même les charognes y et tfae sa manière de vivre rapproche ainsi des vautours plus que des aigles pêcheurs. On ne voit les vocifers eh troupes, que lorsqu'ils \ sont attirés par l'odeur de quelque cadavre'; mais le re^

pas fini chaque couple se retire dans les lieux o4 il a établi sa demeure.

Le nid des aigles bateleurs est construit «ur des arbres. Les colons ont assuré k levaillant que la Amélie y* pondoit ' trois ou quatre œufii blancs. Ces oiseaux, qui paroissent fort attachés à leurs petits, emportent dans leur jabot la nourriture , qu'ils leur dégorgent ensuite k lia mAnrière des vautours.

Troisième Sccitioif. Sous - Aigles»

Aigle 17 rut au 11 AVK^Aquïla urutaurarui. Les descriptions que MarcgraVe et Fernandez nous ont laissées des aigles connus au Brésil et au Mexique sous les noms d'umtouraiM et

û*izquauhtUy ne pennettent pas de. faire des ri^proehemens certains avec les espèces désignées plus récemment par di« vers voyageurs. Cependant beaucoup de circonstances portent à croire quHl y a identité entre l'aigle huppé du Brésil de Brisson, le moy^n aigle de la Guiane de Mauduyt» la harpie du Brésil , Tautour huppé de Daudin , et le u^joie autour de Leyaillant, gui Va figuré pi. 26 de son Ornithologie; et que les oiseaux décrits sbus ces divers noms se rapportent à rurutaurana, malgré les différences de taille et de couleur^ qui peuvent être attribuées à Tàge ou au sexe dans les individus observés.

Cet aigle, bien plus gros que l'autour , est plus petit que l'aigle commun. Ses ailes sont beaucoup plus courtes que la queue. Son bec est d'un noir bleuâtre. La partie supé« rieure de la tête est couverte de plumes d'un brun foncé. A l'occiput sont quelques plumes de différente longueur^ d'un brun noir en dessus et blanches en dessous, qui for-< ment une huppe redressable à volonté. Le cou est d'i^n blanc roussàtre en devant et d'un roux foncé en arrière. Le dessus du corps est d'un brun sombre avec des teintes noirâtres. La^ goi^e et le haut de la poitrine sont blancs , dvec quelques taches noires sur les c^tés. Le bas de la poitrine, le^ventre, les îatnbes et les pèeds- jusqu'à l'origine des doigts, sont couverts de plumes blanches, et barrés transversalement de plumes noires ayant la forme d'écaillés. hes petites couvertures des ailes, dont le fond est brun, se détachent l'une de Tautre par une bordure blanche. Les pennes, également brunes, sont rayées transversalem^t de noir. La queue porte de larges bandes noires , disposées «ur un fond brun. Les doigts sont .jaunâtres et les ongles de couleur de corne.

La seule différence remarquable qu'on trouve dans la description de Levaillant , comparée À celle de JMsson et de Mauduyt, c'est qu'une ligne noire, descendant du coin de la bouche sur les côtés du cou, séparoit le roux de la nuque et le blanc de la gorge dans L'individu décrit sous le nom d'autour huppe, tandis que ces endroits n'ofiVoient que quelques taches noires dans l'aigl^ huppé du Brésil, et que les taches du ventre, qui ont l'apparence d'écaillés

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dans ce dernier, préséntoient difTérèntes formes dans Paa« tour huppé et l'aigle moyen de la Guiane, déjà regardés parDaudin comme étant de la même espèce. Au reste, la considération des tarses entièrement emplumés de l'aigle dont il est, ici questiQn, sembloit devoir exclure la déno* mination d'autour, celui d'Europe les ayant nus. On no coanoît presque pas les habitudes de cet aigle, mais d*a» près la force de son bec et la grandeur de ses serres, il doit être un grand destructeur de gibier. Sonnini pense . que c'est Vouïra ouassou méri ou ouïra ouassou pena des nt^ turels du Para dans le Brésil. Voyez plus bas Mgle ealquii^.

Aigle HcrrÀ'R», Afwia occipitalis. Daudin etLatham ont décrit sous le poi|i de falco oocipitaUs cet aigle , qui pai rolt former un double enkploi avec le falco senegaUnsis du premier de ces naturalistes. On trouve dans l'Omitho* Jogie d'Afrique , n.^ d , la figure du huppard , et dans le voyage de Bruce en Abyssinie , celle de l'aigle noir ou du Sénégal, pL 52. Ces figures offrent les ménies rapports que les descriptions.

La taille de l'aigle huppard est celle d'une grosse buse; il a environ deux pieds de longueur. Son bec est de cou<r leur de corne, l'iris est d'un jaune- plus ou moins foncé» suivant Tàge de l'oi^au , dont la couleur général/e est d'nn brun sombre , plus clair sur le cou et la poitrine , \ et plus foncé au ventrç et sur tout le manteau. Les pluv

mes. occipitales , qui se prolongent de cinq à six pouces y forment une huppe flexible et légère, que le vent ou le moindre mouvement font jouer en tout sens. Les. pennes des ailes et de la queue sont noires, ondées de gris et de blanc. Les longues plumes des jambes- et le duvet qui ta«» pisse les tarses sont d'un brun mêlé de blanc. Les doigts sont jaunâtres, et les ongles d'un noir luisant.

La femelle , plus forte que le mâle , est -d'une couleur moins foncée et a la huppe moins longue. Sa tête est pafw semée de petites taches blanches, et elle a aussi plus de blanc sur les jambes.

Levaillant n'a rencontré cet ai^e que dans le pays d'Azir teniquoi et dans la Cafrerie. Le mâle et la femelle se pouye^t. tguJQurs ensemble et dans le même canton.^ 1^

construisent leur nid sûr les arbres et le garnissent de plu'^ mes ou de laine en dedans. La ponte est de deux œufs ta* chetés de brun-roux.

L*aigle huppart, fort silencieux, ne fait entendre des sons plaintifis que lorsqu'il est à là poursuite des corbeaux vautoûrins, qui osent Tattaquer en troupe pour se saisir de #a proie, et cherchent même à s*emparer de son aire pouf dévorer ses asuh ou ses petits. Quelquefois ils réussissent dans cette entreprise, mais elle coûte la vie a plusieurs d'entre eux.

Aigle Blanchard , Aquila alheseenset Faleo alhescens^ de Daudin et de Latham. Cette espèce, figurée dans l'Ornithologie d'Afirique , pi. 3 , a été trouvée par Levaillant vers le cap de Bonne-Espérance , dans les forêts , remplies de bauts arbres , du pays d'Anteniquoi. Moins grand d'un tiers que le grand aigle, le blanchard a la taille plus allongée et plus svelte. Ses ailes, quoique d'une envei^re assez grande relativement au volume du corps, ne s'étendent que jusqu'à la moitié de la queue , qui est fort longue. Le derrière de sa tète est orné d\ine huppe qtii est bien moins apparente que celle du huppard , surtout dans la femelle. Le bec est de couleur plombée, l'iris d'un beau jaune. Le plumage , doux au toucher, est blanchâtre , lavé de brun fauve sur le dos et les couvertures des ailes. Les ^ahdes pennes des ailes ont les barbes extérieures b^aàtres , et les barbes intérieures rayées. Les pennes de la queue ont des »aies transversales noires et blanches. Les tarses sont emplumés jusqu'aux doigts , dont la couleur «st jaune $ les ongles , très-forts , sont d'une couleur plombée.

L'aigle blanchard est remarquable par son intrépidité et son courage. Il écarte de son domaine tous les autres rapaces. Les forêts où il y a de distance en distance de trèsgrands arbres y sont les lieux dans lesquels il se tient de préférence, pavée que, tapi derrière de grosses branches^ il peut guetter aisément les oiseaux qui' font sa principale nourriture. Sa longue queue lui donne le moyen de se diriger avec facilité, et de paver aux reviremens fréquens des oiseaux qui cherchent à éviter ses serres. Les pigeons ^ramiers, et surtcmt l'espace nommée r^mron, doi^t le vol

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Sanaiai pféfnaie ^ac Taigie hkmé d'mm emmp de fiml par ■race 4Mmê le* kaate* ajoatafri de TAlijranaie, était de cette etpêce* Cet akcas aratt six picdi 4ijk poses d^eaveggafe i taa plwainy était d*ua blaae «aie, excepté k htmt de la léte et le doio* dcf ailet qa'tl avmt d%m biaa clair. D^abord pea foroucbe, il a fiai par attaqaer arce lurear let bonuact etlct aataMUZ qai s'appniekoteat de bu.

AïOLB Bava* BAI 4 A^mia yarfiafa Cette espèce y ^ae Dandin a pkeée parmi Icb laacoaf , a été décrite par Forêtetf t« 62 des TranBactioBt philoBopbi^iieBt «1 figarée par Peanaat, toat le nos de «kMc/ote falcon^ ^ 9, €^, a, de' •a Zoologie arctifaa. C'est le faleo yndicfat de patelin. Sa loagaear est d*an pied dix pouces 9 saa bec est abiràfre et la cire iBiine. Son pioaiage est en génétaL bras-bai ; lea c6iéB dtt rentre ^at blancs. Cette dennéie coufanir est Bitiisi celle des grandes comrcrtures des ailes et de la hmm des pennes latérales de la queue. Les jambes et les tarses •ont cmplitméfl jneqn'ausL doigts 9 <iui sont jaunâtres.

AIG . 365

Les canards sont la nourriture principale de cet oiseau , qui se trouve à la baie d'Hudson et dans l'île de Terre* neure.

QvATRiiME SscTfON. ÀigUs-atêiùurê.

Aigle urubiiinga^ Aquila uruhiUnga. Celte espèce est l'aigle du Brésil de fif isson y et le faie^ utrUbtUn^A de Lin* nsus. Sa taille est celle d'une oie de six oms ; aon bec est grand y épais et noir; la «rire est jaune. Le corps e&t cou* vert de plûmes d'un brUn noirâtre 9 avec un mélange et cendré sur les ailes. Le» pennes de la «pieue sont blanches et ont le bout noir, tenniaé d€ blanc; Le bas des jambes et Les pieds sont nus.

L'aigle du Muséum de Paris que Lacëpède a nommé unibitinga, a la peau orbitaire et celle qui est entre le bec et l'œii nues 4ivee quelques poâla coiffta et roide0« Le bec est de couleur de corne ; les plumes occipitales, fonnent une iiuppe courte 9 notre et marquée dans son milieu d'une tache blanche. Les peiines eaudttles , miîares au milieu 9 sont blanches a leur base et vers lé homt

Aigle de la Sbosvèlle Zéliaule y 'Afuiia nêvct ZtlandUt* Xatham, enclin et.Daudin ont décrit cet otaeau sous le nom de falco nQvcr Zeimndiœ , et le premier en a figuré la femelle 9 pi. 4. du Synopsis. Son bec bleu, qui n'est crochu qu*à l'èxtréjtnité, le place naturellement parmi les;aig;le8. La 'longueur du mâle est dVnvîron. seûee pouces. La cire est jaune et les orbites nues et bieuAires, ainsi que l'iris. Son corps eàt en génépi, d'tàu bnili ferrtiginelix ^ rayé ^e roux en dessous. Lea-. jambes aonA d^us cendhé foncé ; les penneiB de la queue «Tua ftis jaunâtre, avec des ttr^ ches plus daii^s ; les pieds jauaei. LasIè^eUe,. qui a vingttcois pouces de longueur, diffère du aofàle est ce que les -orbites sont jaunes, les plumes du cou ,. de l'abdomen et de- la queue, marquées de lignes blanchA^trea. Lea jeunes ont •le plumage plus ou. moina varié de hli^na' avec la queue quelquefois non banrée.

Ott trouve cet oiseau dans la baie de la Reine Charlotte f à la nouvelle Zélande.

Aicte BACHA 9 Aquila haclia. Cet oiseau , qui est ûgàri pi. 1 5 de rOmithologie d'Afrique y est le faleo -hacha de Daudln et de Latham. Quoique plusieurs circonstances semblent le rapprocher des busards , son bec peu courbé et sans dentelures le ranjge parmi les aigles, et sa queue courte, ses tarses longs en font un aigle autour, si la figure de Levaillant est exacte. Sa taille est celle de la buse commune. Son bec est de couleur plombée. La cire et la peau presque nue qui entoure Tœil, sont jaunes; Tiris est d'un brun rouge foncé. Le derrière de la tête eit orné d*une huppe formée de plumes blanches à pointes noires, qu'il étale horizontalement. Le sommet est couvert de plumes plus courtes, ayant les mêmes' couleurs. Le plumage est en général d'un brun terreux, plus foncé sur les ailes et la queue, et plus lavé dans le dessous du corps^ Depuis la poitrine |usqu'aùx tarses , toutes les plumes sont parsemées'de taches blanches à peu prés rondes, qui se trouvent aussi sur les couvertures des ailes. Les plumes anales

. et du bas-ventre sont rayées de blanc et de brun. Les pennes caudales, 'marquées vers leur milieu d'une lai^ bande d'un blanc fauve, sont terminées par une lisière blanche. Les tarses , longs et nus , sont , ainsi que les doigts et les serres , de couleur noirâtre. La femelle ne se reconnoît pas seulement à sa grosseur , mais à ses taches , dont le blanc est mêlé d'une teinte fauve.

L'aigle bâcha habite les montagnes arides de l'Afrique méridionale , où il est peu commun. Presque toujours perché sur des pointes de roches escarpées , il reste plusieurs heures de suite à la même place, immobile et la tête enfoncée dans les épaules ; de cette embuscade il guette le

«daman klipdas, et aussitôt qu'il l'aperçoit sur le bord de son trou, il fond sur lui comme un trait Quand ce petit quadrupède a eu le bonheur d'échapper, l'oiseau retourne à sa place, où il fait entendre des cris lamentables qu'oA

^ poat rendre par honi'hi — honi^hUhi — honi-fu* — hoiu-fci> hif et un instant ^rès il va s'établir dans un autre poste: mab lorsqu'il a réussi à se saisir d'un klip4as, les cris de ce petit animal jettent ' l'effroi parmi tous les damans du voisinage , qui s'empressent de rentrer 'dans leurs souter-

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rains, et le bâcha va dévorer sa Victime sur une plate-* forme voisine. Au défaut de klipdas il se nourrit de léiards et même d*insectes.

Ces oiseaux, farouches et sauvages comme le sol o& ils vivent, sont presque toujours. soU||iires, et ne se réunis^ sent par couple que dans la saisoiflKestinée à la reproduction des êtres. Leur nid consiste dans un amas de bran-» ches sèches, surmonté d'un lit de mousse et de feiiilles mortes, entassées sans ordre dans 'les trous des rochers* La femelle y pond deux ou trois œufs.

Il existe beaucoup plus dVspèces - d'aigles que celles qui Tiennent d'être décrites; mais la plupart sont encore moins connues , et l'on n'a pas en général des données suffisantes pour les classer en sections particulières. On se bomera^ donc à en présenter ici une simple notice , sans observer pour cela d'ordre méthodique , et sans même entrer dans des discussions sur l'identité du genre ni sur la réalité ou la distinction des espèces.

Aigle d'Astracan, Falco ferox de Gmelin. Il a, suivant cet auteur , deux pieds un pouce de long ; st^ paupières sont bleues , la cire verte \ son plumage est brun en général ; mais le dds, l'abdomen et le croupion, sont couverts de plumes blanches ayec des taches de couleur marron. Cet aigle , plus glouton que féroce^ se jette avidement sur les cadavres les plus infects.

A16LE austral ou des États, Fiilco australisy Gmelin. Il a environ deux pieds de long ; son plumage est brun , à l'exception des pennes de la queue » qui sont noires et pointillées de blanc jaunâtre à l'extrémité. Son cri imite le gloussement d'une poule.

Aigle cafre , Levaillant a le premier décrit cet oiseau, qu'il a trouvé dans la Cafrerie , et qui est figuré pi. 6 de l'Ornithologie d'Afrique. La forme de son bec et de se% serres le rapprochant des vautours , dont il diffère par sa tête emplumée, Daudin lui a donné le nom d'aigle vautourin , falco milturinus. Sa taille est celle du grand aigle. Ses ^iles pliées excèdent de -buit pouces la queue , dont les pennes 9 cfkidommagées par le îrotttmtutj sont usées i

leur bout. Tout le plumage est noir. Le bec, bleu à lorlgine 9 est i^uoàtre ji soa extrénjuté ; les tarse», sont emplumes , les doigts d'un jaujie terne 9 et les ongles noirs f foibjes et peu erocbus. Les aigles caires ne volent point par troupes, n»ais «rdînairenent par paires ; avant de s'élever de terre ils i^|rclient* quelque temps eomme lea vautours. Les sauvages ont assuré à Levailiant qn'iU nichoient dans lea rochers, qu'ils attaquoient les agneaux et les dévoroient /lur la place ; mais ceux que Levailiant a tués s'étoient précipités sur les débris d'un buiile par lui jetés à Técart; et il a jugé, d'après l'odeur insupportable qui s'est exhalée de leur corps à l'instant de la dissection, que ces oiseaux faisoient leur principale nourriture de cadavres.

AiG^K CALQuiN. ^olina, à qui cet oiseau du Chili a aemblé différer peu de VizquauhUi, du Mexique et -de l'uni-» iaurana du Brésil , lui donne pour synonyme le vultur "harpyaàe Linnsnis, et le décrit comme ayant la tète décorée d*un panache bleu , les plumes du cou , du dos et des ailes d'un noir bleuâtre , la poitrine blanche avec des points bruns , la queue rayée de brun et de ; noir. Son envergure est de dix pieds et demi.

Aigle caracca. Dillon , qui a vu et dessiné cet oiseau en 1778 dans la ménagerie du Roi d'£sp4|gne , dit qu'il est de la \'' grandeur d'un coq d'Inde, qu'il a une huppe noire, et que

son plumage est presque entièrement de cette couleur, i l'exception du ventre qui est blanc, et de la queue sur ' laquelle il y a quatre bandes cendrées. Jacquin , qui a trouvé dans les montagnes dç la Grenade cet aigle qu'on prétend avoir le bec assez fort pour fendre la tête dHin homme d'un seul coup, en a mal à propos fait un vautour. V. Aiglq

iZAAriE.

Aigle ch^^la, Falco oheeld de Daudin et de Latham. C'est un oiseau de l'Inde qui a là taille de Faigle, le beo bleu, l'iris jaune, une petite huppe sur le sommet de la tête , et dont le plumage est brun, avec des taches blanches aux tempes et sur les couvertures des ailes , et une large bande de la mcme couleur sur la queue.

Aigle, «ji^i^iway, Falco cluriway de Gmeljn, et Vultur

cheriiMiy de L&tham. La longueur de cet oiseau 9 trouvé par Jacquin dans Tile d'Aruba, près de la côte de Vucatzuela^ dans TAmérique méridionale, est de deux pieds et démit son bec est bleuâtre ; la cire et les joues sont nue^ et de couleur de rose :. la tête et le cou sont jaunâtres ; il a une huppe de couleur ferrugineuse ; les ailes noirâtres 9 presque aussi longues que la queue, qui est de la même couleur , avec des bandes transversales blanches. Le croupion est blanc, les pieds jaunes et les ongles noirs.

AiCLE de la Chine ^FaLeo sinenM, Gmel. et Latfa. Ce dernier en donne lafig. pi. 3 dn Synopsis, Taille du grand aigle ^ bec noir k cire jaune, iris fauve, tête d*un brun foncé» corps d'un brun' rougeâtre en-dessus et ,d*un jaune citron en-dessous ; bandes obscures aux couvertures des ailes et aux. pennes caudales, dont les ailes égalent presque la longueur; pieds couverts jusqu'aux doigts de plumes jaunes ^ ongjLes noirs.

Aigle couronné d'Afrique, Falco eororuUus^ Linn. Gel oiseau, qui est figuré dans les Glanures d'ffwards, et que Buffbn regard oit comme ne formant qu'utie espèce avec .l'aigle couronné d'Amérique, décrit ci -dessus sous le nom d'aigle urutaurana ^ est d'un tiers plus petit que les grands aigles d'Europe : le bec et la cire sont d'un brun obscur ; le front, le tour des yeux et la gorge, sont couverts de plumes blanches, parsemées de petites taches noires. Tout le dessus du corps e»t d'un brun foncé , tirant sur le noir. /

Les plumes du sommet de la tête s'élèvent en forme de huppe. Les pennes de la queue 9 d'un gris obscur en dessus avec des bandes noires , sont plus claires en dessous. La poitrine est d'un brun rougeâtre , avicc de grandes taches noires, trans* versales sur les côtés ; le ventre est blanc ; le dessous de la queue , les cuisses et lés jambes jusqu'aux doigts , sont couverts de plumes de la même couleur avec des taches rondes et noires. Les doigts sont couverts d'écaillés d'un jaune vif.

Aigle k gorge nue. Cet oiseau, qui est figuré n.^ 417 des planches enlum. de Buffbn soiis le nom d'aigle d^Amé^ rique, que Daudin a décrit sous celui d'* autour à gorge nue, et dont un individu est étiqueté, au Muséum national de Paris, autour , Américain , ne paroit pa^ être un véritable oiseau de proie. V. KancanCa*

AiCLE de GoîÛDgaéy Faloo glaueopis, Gniél. Cet oi^eaii^ que Merrem a trouvé dans les environs de Gottingue, et qu'il a figuré dans ses Icônes ^avium , avoit un pied neu£ pouces de longueui' ^ le bec verdàtre » les ouvertures des narines grandes et recouvertes par derrière de soies noires ; la langue et l'intérieur de la bouche couleur de rose, la cire d'un jaune citron, l'iris d'un blanc jaunâtre^ de petites taches brunes en forme de ci'oiâsant sur le iront, la tête et le haut du cou d'un blanc jaunâtre, la poitrine et le dos bruns , les ailes noires , la queue d'un brun rougeâtre en dessus , et d'un blanc sale en dessous avec six bandes noires , les jambes courtes , les tarses à demi - couverts d'un duvet laineux, les pieds d'un jaune citron, et les ongles noirs. .

AieLE des grandes Indes. Cet aigle, qui porte aussi les noms d'aigle de Pondichéry et des Malabares , falco ponUeerianus , L. , est figuré dans les pi. enlum. de Buffon , n4*^ 416.. Sa grdsseur n'excède guéres celle d'un fort pigeon^ sa longueur est d'un pied sept pouces, sa ailes ont trois pieds neuf pouces d'envergure. Son bec cendré a le crochet jaunâtre. La cire est de couleur plombée. Quelques poils garnissent la peau qui sépare le bec de l'œil; un camail de plumes larges et très -blanches, dont la tige a le noir brillant du jais, couvre sa tête, son cou et sa poitrine: N^ le reste du plumage est de couleur de marron lustra , k

l'exception du bout des six premières pennes des ailes , qui est noir* Les tarses , entièrement dénués de plumes , sont jaunes et les ongles noirs.

Ce petit aigle se trouve à Pondichéry, dans le royaume de Visapour et sur les terres du Grand-Mogol. On le voit souvent voler avec les milans au-dessus des villes . et des villages. Les Malabares lui rendent un culte , et c'est pour eux un heureux présage que de l'apercevoir en sortant de. leur maison pour traiter quelque afifaire. Les formes de .cet oiseau sont élégantes, ses mouvemens très -vifs, et son attitude est celle de la Qerté et du courage ; mais il n'attaque cependant que des animaux foibles , et , trèsvorace, il enlève quelquefois des entrailles d'animaux i demi-pourris V

Aigle de Java , Falco maritimus , L. Cet aigle a quatre pieds deux pouces de longueur et un pied cinq pouces de hauteur. Le corps et le bout' de la* queue sont blancs , les plumes des janibes sont d'une couleur mêlée de blanc et de rouge. On le trouve dans Tîle de Java, où il fréquente les bords de la mer. Quoique les poissons fassent sa prin« «

cipale nourriture, il dévore aussi des cadavres d'animaux.

Aigle de Japon, Falco japonicusy Latham, Daudin. Sa longueur est d'environ un pied huit pouces. Le bleu, le noir et le jaune, colorent les différentes parties de son bec; la cire est d'une couleur sombre; des plumes brunes et grisâtres vers leur extrémité, couvrent la tête et tout le dessus du corps. La gorge blanche, avec des raies noires, est entourée d'un demi -cercle de la même couleur ; les plumes de la poitrine et du ventre sont bordées de blanc jaunâtre. Les pieds sont jaunes et les ongles noirs.

Aigles à joues noires, Faico americanusj Gmelin et Latham. Cet aigle, d'abord décrit par Pennant, et gravé par Robert dans la Collection des oiseaux de la ménagerie de Louis XIV, se trouve dans le nord de l'Amérique ; il est de la taille de l'aigle conunun. Son bec est bleu et la cire jaune. La bande noire qui traverse les joues est le aigne qui le caractérise plus particulièrement. Les plumes de la tête , du cou et de la poitrine , sont d'un cendré obscur. Jje ventre, le dos, les ailes et la queue, sont noirs. Les y^

tarses sont couverts en entier de plumes fines et jaunes. ^

Aigle leucoryphb, Aquila Uucorypha ^ Pallas, et Falco Uuçoryphusj Daudin. Cet aigle, un peu plus grand que le balbuzard , a quelque ressemblance avec lui , mais les jambes sont plus longues à proportion. Le bec est noirâtre, la cire cendrée; la tête, d'un brun gris, est marquée en dessus d'une tache blanche , triangulaire ; le plumage , d'un brun sombre, est plus clair en dessous; les ailes, qui ont six pieds d'envergure , sont noires en dessus et blanches endessous. Les pennes de la queue sont d'égale longueur. Le haut des tarses est un peu emplumé ; les pieds sont blanchâtres et les ongles noirs et très-grands.

Aigle mansféni, Falco Anlillarum, Gmelin. Cet oiseau , dit Dutertre , a tant de ressemblance avec l'aigle , que la i 34

seule petitesse peut Ven faire distinguer. Il n^ett guèrcs plus gros qu'un faucon , mais ses griffes sont beaucoup plus fortes. Il n'attaque cependant que des ramiers , des tourterelles, des grives, d*autres petits oiseaux, et même des serpens et des lézards. Il se perche ordinairement sur les arbres les plus élevés. Sa chair, quoiqu'un peu noire, est bonne k manger. Sonninî présume que cet oiseau est le même que lespèce d'aigle pécheur nommée au Brésil auïra^oaussou panemaj qui plane presque toute la journée sur les bords vaseux de la mer, où il trouve en abondance les reptiles, qui 'forment scl principale nourriture.

Aigle mogilnik, Falco mogilnlk^ Gmelin. Sa longueur est de deux pieds trois pouces ; le bec noir , et la cire jaunâtre, ainsi que l'iris ; les paupières d'un Jileu pâle. Son. plumage est d^un gris noirâtre, obscur, mêlé de blanc sur le dos. Sa queue ^ composée de pennes d'égale longueur, est rayée transversalement de bandes d'un gris terne, et terminée de roux; les pieds sont garnis de plumes jusqu'à la naissance des doigts. Cet oiseau , qu'on trouve dans les déserts qui bordent le Tanaïs, ne fait la chasse qu'à des oiseaux foibles et sans défense, aux souris, aux mulots , etc.

Aigle de Monte -video. Commerson a laissé dans ses papiers la figure de cet aigle pécheur, que Sonnini a fait . graver, pi. 8 du 38.* vol. de son édition de Buffon. 11 a

quatorze pouces de haut sur seize à dix-sept de longueur. Le dessus du corps est couvert de plumes fauves ; les côtés de la tétc sont gris ; la poitrine est parsemée de taches en forme de larmes ; la queue est blanche en dessous avec des bandes étroites et transversales.

Aigle de la nouvelle Hollande. Cet aigle , vu par Forster sur les côtes de la nouvelle Hollande, est tout blanc : il a environ dix-huit pouces de longueur. Le bec et les ongles sont noirs, la cire et les pieds sont jaunes; l'ongle du doigt postérieur excède les autres de deux pouces.

Aigle ouïra ouassou. Sonnini a donné, t. 38 de son édition de l'Histoire naturelle de Buffon , p. 47 , une description de cet aigle d'après un manuscrit portugais de Laurent de Potfliz, et il Ta figuré pi. 7 du même volume. Sa taille est, suivant le manuscrit, du double de celle d^

l^ftigle commun ; sa X^it est ornée d*unê huppe en foï^me de casque. Son bec est long, et les ouvertures des narines sont grandes et garnies de poils. Les aileft sont très-étendues, et là queue fort large. Leurs plumes et celles du dos sont communément brunes , tachetées de noir et variées de lignes d'un blanc jaunâtre. Celles du ventre sont blanches , douces au toucher, et aussi belles que les plumes de l'aigrette. Les tarses et les doigts sont nus, 'écailleux et rougeàtres^ les ongles noirs.

Le port de cet oiseau est imposant, ^on vol est majestueux et rapide. Il met en un instant le plus gros mouton en pièces, et il ose même attaquer l'homme; mais les singes guaribas sont sa nourriture la plus ordinaire. Il habite les hautes montagnes du Brésil et plus particulièrement les bords de la rivière des Amazones. Son nid, qu*il construit sur les plus grands arbres , est composé de branches sèches , attachées avec àt% lianes. Ses œufs sont blancs et tachetés de brun rougeÀtre. Les pennes de ^t% ailes, dont les plus grandes ont environ une coudée, servent pour écrire, et les naturels de Cartoes font avec ses ongles des sifflets ^ qu'ils ornent de différentes plumes. /

Aigle plaintif, ¥alco flâneur ^ Gmel. , etVultur plancus^ LAth. Le capitaine Cook a trouvé sur les rochers de la Terre * de - feu cet aigle , que Sonnini croit être de la même espèce que celui qui a été observé par Pernetty aux fies Malouines. Sa longueur est de vingt-cinq pouces. Son bec est noir, mais recouvert presque en entier d'une cire jaune. La peau des joues , des orbites et du devant du cou , est nue et jaunâtre. Les plumes occipitales, plus longues que les autres , forment une huppe noire et inclinée. Le dessus du corps et la poitrine sont gris et ondes de brun ; quatre pennes des ailes sont blanches avec des bandes transversales et une bordure noires. Les pieds sont jaunâtres et les ongles noirs. «

Aigle thablU , Falco tharus^ Gmelin.fiet aigle, que Molina dit être assez commun au Chili , est de la grosseur d'un chapon* Cet auteur dit que la femelle est plus petite que le mâle , de couleur grise , avec une crête noire sur la tête; mais il paroit y avoir deux erreurs dans ce passage, les femellt:»

des oiseaux de proie étant en général pins grossjes, et ce que le traducteur nomme ici crête étant vraisemblableinent une huppe. Au reste Tindividu donné comme Je mâle, est blanchâtre, marqué de taches noires; il a une huppe noire en forme de couronne, dont les plumes des côtés sont les plus longue^; son bec blanchâtre rassemble à celui de Faigle commun ; ses pattes sont couvertes d'écaillés jaunes, et ses doigts armés d'ongles crochus. Les pennes des ailes et de la queue sont noires.

Le mâle, ditAlolina', marche avec un air de gravité, 14 tète droite, et lorsqu'il fait entendre sa voix désagréable, il tient la tête recourbée sur le croupion , le bec en haut. Quand les animaux vivanslui manquent, il se nourrit de cadavres. Si le rapprochement que Sonnini en fait de l'oiseau de proie connu dans la province du Para sous le nom de fauatoj est exact, il se plaît autour des habitations, et enlève les volailles avec beaucoup d'adresse. L'aîgle thani fait sur les arbres les plus élevés un nid construit de bûchettes , de plumes et de laine , dans lequel la femelle dépose jusqu'à cinq œufs blancs, tachetés de brun.

Aigle à ventre blanc, Falco leucogasten^ Gmelin. La longueur de cet aigle est d'environ un mètre. 11 a la tête, le cou, tout le dessous du corps et le bout de la queue %*^', blancs.' Le dos, les ailes et la queue jusque vers l'extré- ' mité, sont d'un brun obscur. Les pieds sont jaunes. On

ne connoft pas encore précisément le pays qu'habite cet oiseau , qui, selon Latham, se trouve dans l'Amérique septentrionale.

Aigle lagopède, Falco lagopusy Gmel. Cet aigle ^ <lu nord de l'Europe et de l'Amérique, a deux pieds deux - pouces de long : la tête, le cou et la poitrine, sont d'un* blanc jaunâtre et marqués de raies oblongues brunes.- Le rentre et les plumes anales sont noirs ; le dessus du corps est de la même couleur avec des taches blanches ; les pennes de la queue, blanches depuis lci*r origine jusqu'au milieu, sont noires dans leur seconde moitié, avec une bordure blanche .* les cuisses et les jambes sont blanches, . avec une tache longitudinale noire. Les tarses sont laineux y les doigts de couleur jaune. (Ch. D. )

AIGLE. (Poisson.) L'espèce de raie qui porte ce nom dans la plupart des ouvrages relatifs à Thistoire naturelle des poissons, paroft en effet n\ériter le aumom d*aigle, raja aquila, L^, à cause de ses grandes nageoires pectorales, qui sont terminées en un angle aigu, et qui- ont quelque rapport , par leur forme et par leur grande envergure 9 avec les ailes des aigles et des autres grands oiseaux de proie. V. Raie. (F. M. D.)

AIGLEDON , terme employé par corruption pour désigner I edrédon ou duvet de Teider. (Ch. D.)

AIGLEFIN, ou ^Bglefin. Ce poisson est le gade aiglefin des naturalistes. V. Gade. (F. M. D.)

AIGRE. {Chim^ Le mot aigre est appliqué par tous lea hommes à la saveur acide et piquante de beaucoup de fruits, de substances végétales en général ; ainsi il exprime et rap« pelle la légère acidité d'un grand nombre de matières, de liqueurs, et surtout, leur acidité agréable. Il s'applique peu aux acides minéraux ou aux liquides qui en contiennent

AIGRE DE CEDRE, suc tiré d'une espèce de citrons à demi murs des environs de San-Remo dans l'état de Géne&, d'où il est transporté , dit fomet , en différens endroits, et employé par les parfumeiirs. (J.)

AIGREFIN. Ce nom a été donné au gade aiglefin. V. Gade. L'aigrefin ou haddoh de Surinam ne diffère du f'i^ gade aiglefin d'Europe, selon le témoignage du voyageur Stedman, que parce qu'il est plus gros et un peu plus blanc. (F.M.D.) ,

AIGRELET. {Chim.) Ce mot, diminutif de celui d'aigre, ' ;signifie une très -légère acidité naturelle, qui existe dans une foule de substances végétales et animales : on dit, dans ce sens , que l'eau du coco est souvent aigrelette , que le suc de telle plante est aigrelet , que le petit lait ou le bouillon qui commencent à s'aigrir, sont aigrelets.

Quoiqu'il semble que le mot aigrelet soit synonyme du mot acidulé , en comparant bien les. circonstances où l'on emploie l'un ou l'autrç, on reconnoit que le mot acidulé est plus souvent appliqué aux liqueurs où l'on a mêlé quelqu'acide minéral » et que le mot aigrelet est réserva

sxT y.çxjfvn T^f^tkie» mm laâaaiK*. et

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OMVfri» 4ia«f la» tr'jxfiraa^ cecli^a 4r la Cwillr Lef ài;^rcib<^iae« ^cr&C UraU^ krrfaacécs cl

gfa»le»r luép^e : in:r» finir» soat ra tT-is Icrauaas. et thMcmme delJe» ea anioie de trois bracU"o = lr«r caliee crt â ctflq dhrisioBf t et eatc;«nr eslériiTtiat #"«1 avtir calice liraiflf^ o« hériué de petites pcnatet. La canlle crt à cia^ 'pét^e*; le* étzmtnet sost as aoflilvre de davae à râ^: ks deux 9vàtrt9 tout rannootés de «devx stries eC de deax hitpn^icê» Il lenr suceêde nue espèce de capsale fomée par le calice, et hérissée de peintes ciucLts ra cran»* née d'une frange- On compte on très-petit nombre d*cspèces dani ce genre; une d'entre elles est aasez cowmnne dans Jini climats.

• AfCsenoïKE ordinaire 9 Agrimonia enpaiorûi, L., Blakw. lab. 5. Cette plante s^ëlêre à enriron deux pieds de banieur; ses feniUes sont composées de folioles orales et dentées en scie ; ses fleun sont de coulenr janne ; le fmît e»t hérissé 'de pointes crochues. Elle est dn nombre des plante» détereiYCs, apérîtives, rafraîchissantes et vulnéraires. On remploie dans te traitement des maladies du foie et dans les inflammations de la gorge, pour les ulcères des reins et lorsque le sang sort par la voie des urines^ La dé* eociion de seê feuilles sert à laver les engelures ulcérées. On multiplie facilement Faigrcmoine, en remettant en terre leâ plants enracinés, vers le mois de Septembre* lorsque sei feuilles commencent à tomber : on peut aussi Tobtenir de semenccf. Son ancien nom latin eupatorium vient, suivant Pline y liv. sS^ chap. 6, du roiEupator, qui Tobserva ïc premier.

I<*AicaEM0iKE du Levant, Agrimonia repensj Lînn. , a la foliole impaire sessile; ses fruits sont velus.

l/ArcaRMOiNE à fleu rs en faisceau , Agrimonia agrU monoïdsi^ Linn., a les feuilles de sa tige teroées, les fleurs

en eoryinl>e terminal. Le ealîce extérieur est en cloche, et a plusieurs divisions. Le fruit est glabre et ne contient qu*uAe graine , ce qui Téloigne entièrement des autres espèces : elle pourroit bien , suivant Jussieu y être séparée de ce genre.

AgrimoTÛa vient, suivant Dalechamp et Linnœus,' d^arge^ monia^ ndfai donné aus^i à. une espèce de pavot, parce qu^elle passoit pour guérir les maladies des yeux. ( J. S. H. )

AIGRETTE. Plusieurs espèces de hérons sont connues sens ce nom, qui leur a été donné parce que leurs longuets plumes occipitales et scapuluires se placent comme aigrettes sur la 'tête des femmes. V- HÉaoN. (Ch. D. )

AIGRETTE ( Quadrup, ) , espèce de guehon qui porte un bouquet de poils sur le sommet delà tète 9 simia aigula^ L.

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