‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 3)Chapitre 93 sur 146 · A L G AH · texte numérisé non relu

A L G AH

èransmuiation. Il $eroit entièrement déplaeé de parler ici de rhistoire de ce prétendu art, qui a occupé beaucoup de fous , ruiné une foule d'hommes cupides ou insensés , et dupé une foule encore plus grande d'hommes crédules. Les alchimistes font remonter leur art jusqu'avant le déluge; ils associent à leurs travaux les personnages les plus grands fie l'antiquité , les rois , les patriarches , les philosophes , les prêtres, les médecins, les astronomes de l'Egypte, de la Perse , de la Grèce, de Rome et de presque tous les pays du monde. Ils voyoient leurs travaux et leurs résultats dans tous les mystères , dans les symboles ; ils les associoient k fout^ les religions, à toutes les sciences, à toutes lesgran« des entreprises , à toutes les histoires , k tous les grands événemens du monde. Cependant il n'y a aucun fait bien avéré qui prouve que le grand-œuvre ait jamais été pratiqué , qu'aucun homme ait jamais fait de l'or ou transmué les métaux ; et il y en a beaucoup qui démontrent la ^ayisseté , rimpudence, le charlatanisme des prétendus alchi- * mistes, et la simplicité ridicule de ceux qui les dnt crus. Tous les récits de prétendues transmutations sont pleins de détails absurdes , incompréhensibles , de prétentions exagérées , de résultats miraculeux, liés toutefois aux malheurs , aux persécutions , aux véritables misères des alëhimistes ; en sorte que si leur art étoit reconnu véritable , il ne le seroit pas moins que sa pratique seroit une source d'infortunes et de calamités propres à en détourner les hommes doués d*un peu de «agesse. Voilà en quelques lignes tout ce que comprend de vrai et d'utile Fhistoire dé l'alchimie. Ce que la raison indique de plus important sur^ ce prétendu art, c'est qu'il n'a jamais existé, qu'on ne eonnoft pas la nature ni les élémens de l'or, que tout prouve que ce métal est indécomposable , ou que si la nature y a fait entrer des principes , ceux-ci sont absolument inconnus : tant que cette notion ne sera pas acquise, il n'y aura aucune probabilité qu*on puisse imiter par l'art ce métal précieux. Il en est de même dé l'argent et de tous les autres métaux.

La cupidité seule, et l'envie de posséder des monceaux d'or, ont fait croire à la possibilité du grand-œuvre , et en

tourmentant un trop grand npmbre d'insensés , les a pou8S4!s k se livrer à des recherches longues , dispendieuses y stériles, qui les ont presque toujours ruinés et fait périr misérablement On a très-bien dépeint Talchimie dans cette phrase latine : ars cujus principium est lahorart^ mediunt mentiri, Jinis mendicare ; art dont le commencement est le travail, le milieu le mensonge, et la fin la mendicité.

ALCHIMILLE, Alchimillaj Unn. , Juss., genre de plantes de la troisième section de la famille des rosacées, et trèsvoisin des aigremoines. La tige e&t herbacée, et porte des feuilles palmées ou presque digitées. Les fleurs sont disposées en coiymbes axillaires et terminaux ; elles ont un calice tubuleux, à limbe ouvert et divisé en huit découpures , dont quatre alternes plus courtes ; elles n'ont pas de corolle : les étamines sont au nombre de quatre , et très-courtes j l'ovaire est unique, surmonté d*un style et d'un stigmate -y la graine est recouverte par le calice.

L'ÀLcâiMiLLE commune ou le Pied de lion, Alchimilla vulgaris , Linn. , FI. Dan. , t. 693 , est une plante qui s'élève à environ un pied : &es feuilles sont alternes et pétiolées; elles ont leurs bords festonnés ou partagés en six à dix lobes dentés. Elle passe pour vulnéraire et astringente ; on l'emploie contre l'hémorragie. Le suc de ses feuilles sert k arrêter certaines évacuations des femmes trop abondantes. On les pile et on Jes applique sur les seins pour les raffermir. On les emploie intérieurement contre les ulcères du poumon , la phthisie , en décoction ou en infusion. Cette plante se plait aux lieux humides ; on la trouve dans les prés montagneux et le long des vallées. On peut la mul^ tiplier» de plants enracinés , que l'on enlève en automne ; lorsqu'on veut l'obtenir de graines , il est à propos de les semer dans cette saison.

L'Alchimille argentée, Alchimilla argentea^ Lam. , Barr. le. 756, est une fort jolie petite plante, à feuilles composées de cinq à sept folioles, distinctes , placées en manière de digitation : elles sont vertes en dessus , soyeuses , luisantes et très -argentées en dessous. Elles le disputent au satin pour la blancheur et le brillant de leur duvet; on

la (rouTe sur les pelouses sèches des montagnes , au Puy-de- Dôme , dans les Alpes et les Pyrénées.

L'Alcbimille des champs où le Perce-fierre, >l^himi7/A arvensis^ Lam.^Aphanes arvensis , Linn. , est une petite plante très-commune dans nos champs : ses feuilles sont profondément découpées à plusieurs lobes étroits, et portées par de courts pétioies. Linnaeus en avoit fait un genre distinct des alchimilles : il lui donnoit pour caractère deux ovaires et deux graines renfermées dans le calice ; mais on en trouve presque toujours une seule , comme dans ce dernier genre.

VAlchimilU est ainsi nommée, parce que, selon Linnœus, les alchimistes employoient la rosée de ses feuilles. ( J. S. H. )

ALCHMINIER , nom donné quelquefois au néflier , au rapport de quelques auteurs. ( J. )

ALCHIMISTE. C'est ainsi que Geoffroy a nommé la noctuelle , leucomela, (CD.) ^

ALCIBIADIUM, Alcibion , anciens noms sous lesquels on désignoit la vipérine, echium vulgare ^ L. (J.)

ALCIDE. C^estle nom d'un grand scarabé des Indes, que Fabricius a placé dans le genre Géotrupe. Voyez Scahabé. (CD.)

ALCINA, Alcina^ Cav. , nouveau genre de plantes de Tordre des corymbifères , établi par Ca vanilles , et consacré k la mémoire d'un jésuite espagnol de ce nom , qui a écrit sur l'histoire naturelle des Philippines , où il avoit fait un long séjour. L'alcina a plusieurs rapports avec le poljmnia^ les chrysogonum et wedelia ; mais il diffère surtout du premier par son calice simple , et il se distingue facilement des deux autres par la forme de ses graines : on ne connoîC encore qu'une espèce de ce genre. • . ■ .

Alci?9a perfolié , Aleina perfoliata , Cav. , le. i , tab, i5. Cette espèce est cultivée depuis quelques années dans le jardin du Muséum d'histoire naturelle; elle croit naturellement au Mexique. C'est une plante annuelle, qui s'élève à deux ou trois pieds ; ses feuilles sont grandes , opposées , dentées, presque en fer de pique, et réunies à leur base comme dans les carvères. Lies fleurs sont solitaires, de couleur jaune , et portées sur de longs pédoncules : elles

ont un calice très-grand , à cinq folioles ouvertes; des fleurons hermaphrodites stériles, quinquefîdes , placés au centre, et des demi -fleurons femelles, ovales, échancrés, situés à la circonférence. Les graines sont surmontées de cinq dents ou tubercules- dont l'un est perforé ; leur réceptacle est liV3-petit, hémisphérique et garni de paillettes. (D. P. )

ALCK. Ce nom est donné au pingouin en Norwége et aux Iles Féroë, où on l'appelle aussi alla, (Ch. D.)

ATXO, variété de chiens domestiques chex les Américains avant Farrivéc des Espagnols. Nous ne les connoissons que par une figure qu'a donnée Recchi dans l'ouvrage de Femandez. Sa tête est d'une petitesse disproportionnée , le cou si court qu'à peine semble-t-il y en avoir un, le corps tout bouffi de graisse, le dos arqué, la queue courte et pendante, le ventre gros et tendu. Le poil du dos est long et jaune ; celui des membres et de la queue , blan- ."^k^Àitc. Une variété toute pareille est décrite par Fernan- ,dez même, sous le nom de michua canens, Recchi dit que celui qu'il figure se nommoit au Mexique j^zi^eninU-pozzotli^ et conjecture que ce devoit être Valco, (C)

ALCOOL. {Chim.) L'alcool , écrit comme on le voit ici , au lieu des mots alhohol ou allool, adoptés avant moi, est l'espèce de liquide inflammable qu'on nommoit autrefois esprit de vin ou esprit ardent. On le retire de l'eau-de-yie distillée, qui provient elle-même d'une première distillation faite sur le vin. On trouvera un précis des opérations qui servent à le former, à le séparer et aie purifier, aux articles Fermentation vineuse, Vik et Eau-de-vie: on èuppose donc ces articles connus pour l'intelligence parfaite

de celui-ci.

L'alcool, provenant originairement du vin, où il a été formé par un changement de la matière sucrée dû à la fermentation , est un liquide blanc , plus léger que l'eau , d'une saveur chaude et brûlante, d'une odeur fine et aromatique , qui a spécialement la propriété enivrante. Ce li- ♦quide bout beaucoup plus vite que l'eau , distille a un feu moins fort, et prend la forme gaieuse lorsqu'il est parvenu à une température de soixante-quatre degrés du thermomètre de Réaumur. Lorsqu'on en approche un corps

enflammé , il s'allume et brûle arec une flamme d*abord. bieue^ ensuite blanche, dont le produit est de Teau et de Tacide carbonique : voilà pourquoi il ne donne ni fumée, ni suie, ni odeur, quand il brûle bien. Lavoisier a obtenu dix-*huit parties d'eau de seize parties d'alcool brûlé ; ce qui fait voir la grande quantité d'hydrogène contenu dans ce liquide, dont il fait plus des quinze seizièmes. Le reste de ses principes parott être formé d'un peu de carbone et d'oxigène , puisque la quantité d'air nécessaire pour le faire brûler, ne suppose pas tout -à- fait celle d'oxigène qui entre dans la composition des dix-huit parties d'eau qu'il donne.

L'alcool se vaporise et se dissout dans l'air avec beau-' coup de facilité , et un vase qui en est rempli , ouvert très- largement au contact de Fair, se vide bientôt par cette évaporatton et d'autant plus vite que l'air est plus chaud cm plus agité* Cette dissolution d'alcool dans Tair ^'^QM, une espèce de gaz inflammable.

L'alcool se mêle en toutes proportions à l'eau, qui s'échaufi*e pendant ce mélange; on l'en sépare à l'aide de la distillation.

Parmi les corps combustibles simples , le phosphore et le êouîre sont les deux seuls qui s'unissent à l'alcool. Le. carbone et les métaux ne s'y unissent pas. Le gaz hydrogène phosphore et sulfuré s*y dissout.

11 y a des acides qui s'unissent sans altération réciproque avec l'alcool , tels que le carbonique , le boracique ; la plupart des autres acides à radicaux simples décomposent l'alcool, dont ils convertissent une portion en eau, et une autre en un autre corps combustible huileux , nommé éther. Cette décomposition est due à la grande tendance que ces acides ont pour l'eau. Voyez le mot ÉTHEa.

Les alcalis purs et caustique» se dissolvent bien dans l'alcool : celui-ci est employé pour préparer et obtenir la potasse et la soude daits leur état de pureté. Il n'y a pas d'union entre la barite , la strontiane et l'alcool. L'ammojiiaque s'y unit très-facilement Voyez les mots Potasse et Soude.

Des sels nombreux que Ton connolt aujourd'hui il n'y

a que ceux qui sont déliquescent que Talcool dissolve en plus ou moins grande quantité. Tous ceux qui n'y saint pas dissolubies, sont précipités de Teau par l'addition de l'ai» cool , et ils entraînent avec eux la portion d'eau néces* saire à la cristallisation , de sorte qu'ils se déposent en petits cristaux.

Parmi les sels métalliques , outre la dissolubilité de ceux qui sont déliquescens dans l'alcool , plusieurs, sans être déliquescens, s'y dissolvent en plus ou moins grande quantité, comine , par exemple, le muriate oxigéné de mercure ou sublimé corrosif.

C'est surtout parmi les substances végétales que se ren* centrent ûes matières susceptibles d'être dissoutes dans Talcool. Les extraits , plusieurs matières colorantes , les huiles volatiles et les résines , sont spécialement les composés végétaux qui se dissolvent dans l'alcool. Cette dis- ^. -^9nU)ilité sert d'une part à l'analyse végétale, de l'autre part, à la préparation de beaucoup de liqueurs de table et de composés médicamenteux : tels sont les teintures , les baumes spiritueux , les eaux distillées spiritueuses , sim> pies et composées, etc. Cet objet regarde spécialement la pharmacie.

Enfin , il y a parmi les substances animales plusieurs composés analogues à ceux dont il vient d'ûtre parlé, et sur lesquels l'alcool agit de la même manière.

On voit d'après cela que l'alcool doit être un réactif trèsutile ; et en effet, il est extrêmement utile dans les lahoratoires de chimie et dans les ateliers des fabriques. Dana Tusage économique , l'alcool sert k la fabrication des liqueurs , à la conservation de beaucoup de substances , k l'enlèvement des taches de graisse, de cire.

Dans les cabinets d'histoire naturelle, on se sert de l'alcool pour renfermer des poissons , des vers , des serpens , des chenilles, des fruits. Il faut boucher hermétiquement les vases et distiller de temps en temps l'alcool qui se colore.

11 faut savoir, relativement aux objets d'économie y. que Taddition de l'alcool dans les vins de fabrique ^ se reconnolt fort aisément par la distillation au bain -> marie :

donne d'alcool que par l'ébullition. (F.)

ALcooLa composé*. (Chim.) On donne aujourd'hui ce nom à des dissolutions de diverses substances dans l'alcool : on les noiDmoit autrefois taux diilillées ipirïtueuset , teintures, baamesspiritutiix,etc. Ce sont des dissolutiuns d'huiles volatiles, de baumes, de résines, de maiitri-s colorantes, faites à chaud ou à froid dans l'alcool. On les prépare pour la pharmacie, l'office, la toilette, quelquefois uiême pour tes arts. Sous ce dernier rapport, elles constituent la base des vernis à l'esprit de vin , etc. ( F. )

ALCORNËE , ^Ichorncd, genre de plantes des Antilles, publié par Swarti , contenant des arbrisseaux à feuilles alternes, à âeurs sans corolle, disposées en épis, mâles sur un pied et femelles sur un autre. Les premières ont un calice à trois ou cinq feuilles, et huit étamines dont les filets sont réunis en un seul. Le calice' des secondesTRl^ d'une seule pl^e découpée en cinq dents; son ovaire, ■urmoolé de deux ou trois styles, devient une capsule un peu charnue À deux ou. trois coques monospermes. 11 pa- Toft que ce genre doit appartenir & la famille des eupborbiacées. (J. )

ALCUfilGli nom sous lequel l'alouette cochevis, alauda eristata, L. , est désignée dans Gesner. (Ch: D. )

ALCYON (OrniJfi.), .^Icedo, Linn., et par d'autres auteurs^ Ispida. Le vol de cet oiseau , dans la rapidité duquel on a -trouvé quelque ressemblance avec celui du martinet , et la tnaniére dont il pourvoit à sa subsistance , lui ont fait donner les noms de martinet-ptcheur et martirt-péckeur, enl'rancc, 06 it est également connu sous ceux de pécheur, UirtaHa, urtre, monnier , bleuet, pivert-d'eau, péche-uiran, vire-vent, etc. Une erreur populaire sur sa prétendue propriété de conserver les étoffes dans les miigasins, où sa dépouille est elle-même attaquée par les teignes et les dermestes, l'a fait aussi appeler drapier et garde-boutique. Quoique le nom de marlin-pfcbeur se trouve aujourd'hui consacré par un asses long usage, c'est un mot composé; et toutes les fois qu'il existe des te'rmes simples pour exprimer les obiets généraux, 00 doit les préférer. Cette attention est surtout e»-

•entîelle en histoire naturelle 9 où le nom trivial qu'il faut accolera celui du genre pour la désignation des espèces, xnettroit dans la nécessité d'allonger extrêmement les dénominations individuelles, si le premier terme étoit luimême formé de deux mots. Les Grecs appeloient le martinpécheur alcyon .* pourquoi n'adopterions - nous pas ce nom si doux de l'épouse de Ceyx, avec lequel Tétude de la mythologie nous a d'ailleurs familiarisés P Le nombre des doigts, qui n'est que ^e trois dans une espèce, ne nous a pas non plus paru un motif suffisant pour séparer xelle-ci du genre , lorsqu'elle a tant d'autres traits de famille , et Ceyx restera près de la tendre Alcyone.

Ces oiseaux ont la tête grosse, le bec fort long, ^ trois angles , épais à sa base , et filé droit en pointe ; les narines petites et souvent recouvertes de plumes ; la langue chacu nue, courte et aiguë; les tarses très-courts ; quatre doigts nx pieds, dont trois devant, et un derrière , excepté dans une espèce à laquelle ce dernier manque ; celui du milieu des trois doigts antérieurs étroitement uni au doigt extérieur jusqu'à la troisième phalange, et jusqu'à la première seulement au latéral intérieur, qui est plus court que celui de derrière. Le corps dé ces oiseaux , toujours un peu gros proportionnellement à sa taille, est de forme oblongue et souvent terminé par une queue très-courte.

Les espèces très-nombreuses de ce genre sont répandues sur tout le globe : nous n'en possédons cependant qu'une seule en Europe ; mais , quoiqu'originaire de climats plus chauds, elle s^eai habituée à* la température di|. nôtre, et ce superbe oiseau y étale la richesse et Téclat des couleurs qu*on ne trouve que dans les pays où le soleil verse les flots d'une lumière plus pure. Les plus gros alcyons sont à peu près de la taille d'une corneille, et les plus petits n'excèdent pas celle d'un rossignol. Ils sont presque tous remarquables par la beauté de leur plumage, dont le bleu, le vert, le roux et le blanc forment les principales nuances. Quelques espèces ont le dessus de la tête orné d'une huppe, qu'elles couchent en arrière à volonté. Les alcyons ont des rapports de conformation avec les jacamars^ mais ceux-ci ont deux doigts en avant et deux en

sont diitrîbués et unis entre eux d une manière semblable ; mais ces derniers en différent par leur bec aplati en deuiu et en dessaus, et obtus à ion extrémité.

Les anciens aroicnt sur les alcyons une foule d'idées superstitieuses, et leur attribuoient des vertus imaginaires, telles que celles de n'être point sujets à la corruption et de renouveler même leur plumage à cbaque saison de mue» de repousser la foudre, de faire augmenter un trésor enfoui , de calmer la mer et de rendre la p£che abondante ; mais ce qui n'est pas moins singulier , c'est de retrouver des opinions aussi extraordinaires cbei les divers peuples modernes. En Sibérie, les Ostiaques se font avec la peau , le bec et les pattes de cet oiseau , un amulette qu'ils croient les mettre à l'abri de toute espèce de malheur -, et dans les tles de la mer du Sud on a également pour lui la plus grande vénération. "-fç

Tous les alcyons habitent sur les bords des eaux, et ils préfèrent les eaux douces aux rivages de la mer. Ils se nourrissent de petits poissons, qu'ils saisissent trés-adroîtemeot, et de vermisseaux. Ils oot le ventre spacieux et lâche comme les oiseaux de proie, et comme eux, ils rendent par le bec , sous la forme de petites boules , les aretes et autres parties indigestes. On a lieu de penser que les différentes espèces ont à peu près les mêmes habitudes, mais celle d'Europe a seule été bien observée; et afin de ne pas s'exposer à des erreurs en généralisant des faits particuliers, c'est après l'avoir décrite qu'on en peindra isolément les mœurs.

On a improprement donné le nom d'alcyon à l'hirondelle talangane et .au pétrel det UmpiUi. Quant à l'alcyon vocal d'Aristale, on ignore quel oiseau ce naturaliste a désigné tous ce nom, quoique Belon l'ait appliqué mal à propos it la rousserole, espèce de grive, turdut arundiaaceui , L.

Prehièbb SscTtON. Alcyons tétradactyles, tans huppe.

Alcyon d'Europe, Alctda iipida, L. , Buff. , pi. enl. 77. Cette espèce , qui se trouve en Europe et en Asie , est

dé la grosseur d^une alouette ; elle a six ou sept pouces de longueur. Son bec est noir, et Tîntérieur de la bouche d'un jaune de safran. Une bande rousse, qui s'étend des narines jusqu'aux yeux et descend des yeux-sur les joues, se prolonge en arrière et devient blanche à son extrémité. La tête , les côtés du cou et les couvertures des ailes , sont d'un vert foncé avec des taches de couleur plus claire. Le dessus du corps et de la queue est d'un beau bleu d'aiguemarine , qui présente des reflets changeans, suivant les positions. Les pennes de l'aile et de la queue ont la partie supérieure d'un bleu plus foncé. La gorge est d'un blanc fauve j la poitrine, le ventre et le dessous de la queue sont ^oux ; les pieds rouges et les ongles noirs.

Il n'y a peut-être point d'oiseau qui ai^ les mouvemens aussi prompts et le vol aussi rapide que l'alcyon ; cependant ses ailes sont très-petites à proportion de son corps : les

""^^scles qui les meuvent doivent être d'une force extrême. Perché sur des branches basses, ou, à leur défaut, sur quelque énilnence , d'où il guette les poissons, il change fréquemment de place. Comme il est très-sauvage , il part de loin , et file le long des ruisseaux en rasant leur surface et faisant entendre un cri perçant ki^ki- H-hi^ki» Lorsque de sa branche il aperçoit un petit poisson, il se précipite dessus avec l'impétuosité d'une balle de plomb entraînée par son poids ; et quand il est posé sur une simple hauteur , il s'élève d'abord à plusieurs pieds 2iu-dessus du point où le poisson a paru, et se précipitant perpendiculairement sur lui, il le saisit entre ses fortes mandibules, et l'emporte à terre, où il le déchire à coups de bec. La répétition très - fréquente de cet exercice donne lieu de

' penser ^ue l'alcyon prend aussi des insectes quand les poissons lui manquent, et que même il ne réussit pas toujours. JNos hivers rigoul^ux sont souvent funestes à ces oiseaux , qui, dans les temps de fortes gelées, ne peuvent chercher leor nourriture que par les trous qu'ils découvrent sur la glace.

Dès la mi-Mars on voit le mâle poursuivre vivement sa femelle en fai^nt entendre un chant particulier. Celle-ci pond six à huit œufs d'un blanc d'ivoire, dans des trous

Uemës sur les berges ombragées des ruisseaux et des rivières, par les rats d*eau ou les écrevisses. L'alcyon en «grandit où rétrécit l'ouverture, suivant le besoin, et ses œufs y sont déposés à nu. On ne sait pas s'il fait plusieurs pontes dans l'année. Les nids fameux du Tunquin et de la Cochinchine, que l'on a nommés nids d'Alcyon, ne sont pas Fouvrage de ces oiseaux, mais de .rhirondelle salangane.

On est parvenu à nourrir pendant plusieurs mois des alcyons, en leur donnant tous les jours de petits poissons frais ; mais quoiqu'on puisse assez aisément les attraper» à la glu et aiix raquettes, il est si difficile de les faire vivre 4

en captivité qu'on ne doit pas être tenté d^en dépeupler les rives dont ils font l'ornement. Leur chair a îine odeur de faux musc , et n'est pas bonne à manger ; leur graisstt est rougeàtre.

Alcyon aocx, Alcedo madagascariensis ^ Linn. , Buff., ptr --^ enlum. 778, fig. 1. Sa taille est la même que celle de l'alcyon d'Europe. Le dessus du corps est roux ; les pennes des ailes sont bordées de noirâtre et de roux en dehors ; la gorge est blanche , la poitrine et le ventre d'un blanc rousskirej le bec et les pieds rouges. Il vit à Madagascar*

Alcyon rouRPRé; Alcedo purpurea^ Gmel. , pi. enlum. de JSufifon , n.** 778 , fig. a. Ce petit oiseau de Pondichéry est un des plus jolis alcyons. Son bec est rouge; un beau roux aurore , nué de pourpre mêlé de bleu , lui couvrie la tête » le croupion et la queue; une tache d'un pourpre clair, qui prend à l'angle de l'œil, se termine en arrière par un trait du bleu le plus vif; le manteau est enrichi d'un bleu^ d'azur dans un noir velouté ; la gorge est blanche, et tout le dessous du corps d'un roux doré sur fond blanc. Les pieds sont rouges.

Alcyon bleu et roux, Alcedo smyrnensisy Lînn. Cet oiseau, figuré dans les planches enluminées deBuifon sous les dénominations de grand mariin-pècheur de Madagascar^ et de marlin-pêcheur de la côte de Malabar^ n.^' 232 et 8949 a plus de neuf pouces de longueur. Son bec , qui est rouge, en a deux et demi. La tête , le cou et le dessous du corps , sont d'un brun roux; la gorge néanmoins est blanche, |*ar

1 ' 'Jii

Yariété ou différence d'âge ou de sexe. Le dos, les grandes couverturçs des ailes , et la queue, sout d*un bleu changeauf , selon les aspects, en bleu de ciel et en bleu d*aigue-marine : les plumes scapulaires et les pennes des aiies noires. Cette espèce paroit se trouver dans les environs de Smyrne, au Malabar, au Bengale et à Madagascar.

AtcroH cEABiEa, Aleedo eancrophaga ^ Latham, pL enL deBufibn, n.** 334. Cette espèce, qui a été envoyée du Sénégal, et que Forster a vue aux îles du Cap vert, a un pied de longueur. Elle se nourrit de crabes. Le dos, le milieu des ailes et la queue, sont d'un bleu d'aiguë- marine, le haut et le bas des ailes noirs ; tout le dessous du corps d'un fauve clair ; le dessus de la tête de couleur dérouille, avec une bande noire derrière les yeuX; le bec et les pieds rouges.

Alcton a GR.OS BEC, Alctdo copensis ^ Gmel. , Buffon, pi. 'TnTQrn. n.^ 590. Cet oiseau, qui habite au cap de Bonne- Espérance, a quatorze pouces de longueur, et le bec, d'un rouge de vermillon, en a seul plus de trois et prè^ d'un pouce d'épaisseur à sa base. Sa tête est d'un gris clair, son dos et le dessus de la queue d'un vcrt-d'eau , les ailes d'un bleu d'aigue-marine , le dessous du corps jaune , les pieds rouges.

Alcyon a tête verte, Aleedo chlorocephaUij Gmel., Buff.) pi. cnl. n.** 783. Cette espèce, qui seroit plus convenablement appelée à collier noir , a tout le dessus du corps d*un vert qui prend sur les ailes et la queue une teinte de bleu d'aigue-marine, et tout le dessous blanc. Une assez lai^e bande noire, qui, part de l'œil, se rétrécit et s'étend comme une simple bordure sur le derrière du cou. Le bec. les pieds et le dessous de la queue , sont noirâtres. Cet oiseau 9 dont la longueur est de neuf pouces , a été trouvé par Commerson dans une des lies Moluques.

Alcyon a coiffe noire, Aleedo atricapilUij Gmel., BufT, pi. enl. n.° 673. Ce bel oiseau de la Chine, dont la longueur est de dix pouces, a le bec rouge et fort grand; une ample coiife noire couvre sa tête et la partie supérieure du cou. Un plastron blanc marque la poitrine , la gorge 9 et fait le tour du cou à sa partie inférieure. Le dos .

à rexception des épaules et de l'eKlrémlté dti pennes, qui sont noires. Le ventre est d'un roux clair, et les pied*

Alcyoi? de Java, Alcedo UucoctphaUi , Gmel. , Buff , pi. enl. n." 7S7. Sa longueur est d'un pied; son bec muge A près de fois pouces. Le cou, le devant et le dessous du corps, sont d'un blanc jaunâtre; de petites taches noires terminent les plumes du sommet de la tête , dont le fond est blanc ; le dos est d'un bleu d'aigue-marine, les ailes et la queue d'un bleu turquia foncé.

Ai.croN TAPAHAiiA, Alcedo cajennensU , Gmel. Cette espèce, de la grandeur de l'étourneau , n'étant pas la seule qui habite Cayenne, oîi l'on en trourC) au contraire, beau* coup d'autres, seroit mieux nommée en latin aUtdo taparara. Le demi- bec supérieur est noir, et fin fé rieur rouge. Le dessus du corps est bleu , avec une bande transversale noire à l'occiput, et le. dessous blanc. Les pieds sont rouges et les ongles noirs. Le cri de cet oiseau peut £tre rendu par came, came.

Alcyon matuiiui , Alcedo maculata, Gmel. Cet oiseau du Brésil, qui est delà même grandeur que le précédent, a été décrit par Marcgrave. Son bec rouge a la mandibule supérieure un peu plus longue que l'inférieure, et légèrement courbée à sa pointe. I.es plumes du dessus du corps, sont brunes , tachetées de blanc jaunitre , comme dans l'épervier ; la gorge est jaune; la poitrine et le ventre sont blancs, pointillés de brun. Les pieds et les ongles sont d'un cendré obscur.

AicvoH cir-ciF, Ahedo hrasîliensis , Gmel. Marcgrave a fait mention, sa«s lui donner un nom particulier, de cette espèce, qui habite aussi le Brésil, et dont le cri g'p-g>p ressemble à celui du petit de la poule d'Inde. Elle est de la même taille que l'alcyon d'Europe. Son bec est noir; la pince qui le sépare de l'ceil est brune. Le dessus de son corps est peint d'un rouge-bai ombré, mêlé de blanc. Tout le dessous est de cette dernière couleur. Les pieds sont noirs.

Alcyon veili et aodx, Alcedo ttcolor, Gmel., BuC, pi.

4«fl A L C

enlum. 692 , li.^' 1 et 3. Cet oiseau de Cayennfc a plus de neuf poucf^ de longueur. Son bec est noir; une raie rousse s'étend des narines jusqu'aux yeux ; tout le dessous du corps est de la même couleur dans la femelle. Le mâle a de plus un demi-collier également roux , et une bande pectorale blanche ondulée de noir. Le dessus est d'un vert sombre 9 avec des taches blanchâtres sur les aiies et la queue. Les pieds sont rouge&tres.

Alcyon veat et blanc, Alcedo ameriearuij Gmel.y BuffV, pi. enl. 591 y n.**" 1^ et 2, Cette espèce, qui se trouve aussi à Cayenne, n'a que sept pouces de longueur. Le dessus da corps est lustré de vert sur un fond noirâtre, coupé seulement par un fer à cheval blanc , qui , prenant sous l'œil 9 descend sur le derrière du cou , et par quelques traits blancs jetés dans l'aile. La gorge est blanche dans la femelle, et rousse, ainsi que la poitrine, dans le mâle. Le ' ventre, blanc dans les deux> a des taches vertes. Les pieds tout rouges.

Alcyon vert et oiiAN<^é; Alcedo superciliosa^ Linn. Cetfe petite espèce, qui est aussi de Cayenne, n'a qu'enviroa cinq pouces dé longueur. Le bec est noirâtre , excepté la base de la mandibule inférieure qui est rougeàtre. Le dessus du corps est d'un vert foncé, avec de petites taches rou>sàtres vers l'épaule et aux grandes pennes des ailes, qui sont bruneSé Tous deux ont un demi - collier orangé derrière le cou. La poitrine et le ventre sont de la même couleur dans le mâle et la femelle , qui ont aussi la gorge et l'estomac blancs ; mais le mâle a au bas du cou ^une zone d'un vert foncé. Les pieds sont d'un rouge foible et les ongles noirs*

Alcyon sacb.]£ , Alcedo sacra^ Gmel. La longueur de cet oiseau est de neuf pouces; son bec, de couleur plombée, • a une tache branche à la base de la mandibule inféHeure; son plumage est^ en général, d'un bleu d'aiguë -marine en dessus, et blanchâtre en dessous. Les yeux sont couronnés par un arc d'un roux pâle qui va jusqu'à la nuque. Une raie bleue s'étend en-dessous des yeux dans la même longueur. On connoît quatre variétés de cette espèce , dont l'une a les sourcils blancs , uue autre la tête noire ;

pi. 37, du Synopsis de Latham ; etSannerat a donflé, pi. 33, p. €7 , de son Voyage à la nouvelle Guinée, la figure et la description d'une quatrième, qui a un coU je r blanc.

On trouve cet oiseau aux iles de la Société, h la nouvelle Zélande, ofi il est connu, soui les noms de gkotarri, fcoafo-0-00, poopao, whoura-roa. La dernière variété existe aux Philippines. L'épitbèt« de sacré lui a été donné à rat., son du culte que lui portent les habîtaps d'Otahîli > c'est ' pour eux.une divinité qu'ils déaignent sous le nom d'Ealiia. L'alcyon d'Otahili, oliv&tre en dessus, à colliec noir ver-, d&lre, aleeda tuta, Gin«L , et l'alcyon d'Apye, l'uiie des tles des Amis* lequel est brun en dessus et pâle en dessous , aUedo vtnerata. , Gmel. , sont aussi en grAode vénération dans les-lieux qu'ils habitent

Alcyon a loncs brins, Alctdo d»a, Lrnn. Gel alçypo .. connu aussi sous le nom de ma rtin -pécheur de Temate , [le dans laquelle on Ifr trouve, est représentée dans les plaun ches enluminées de BulTot), n." 116, Il a treize pouces de. longueur; son bec et ses pieds sont orangé*. La tête, le dessus du cou «t les couvertures des ailes, sont d'un bieu turquin foncé ; le dos et les pennes des ailes sont noirs.. Tout le dessous du corps est blanc, ainsi que la queue imais il existe dans oelle^ci un caractère particulier à l'es- t

pèce : les deux plumes du milieu, qui ont près de leuP base une tacNe bleue, s'effilent en longs brins de cette dernière couleur, et reprennent k leur extrémité une petite, itarbe blanche.

Seconde Section. Alcyons tétradactyles-^ huppist .

Gn.^ND Alcyon hddx, Alcedo futeat GmeL ; Alctdo gl-y gantta , Lath. , BuS*., pi. enlum. n.°663 , et Sonnera t. Voyage, à la nouv. Guinée, pl> 106. Cette espèce ,. la ptus.grande de son genre, a seize à dix-huîf pouces de longueur; sa taillei est celle de la cor^ieille mantelée- La partie supérieure de son bec, un peu recourbée à son extrémité k avec uuq échancrure latérale, sembleroit éloignée cet oiseau du. j^çnre 4" alcyons pour le rapprocher de celui de» trarbus.

ce ^'#a aît 4« <«§■<«« ^;

(tercri ée Ir c«r3:i<rvcT d&as 1» p.

La cM!«-«r ^ t:(t7«> eit cHlr fin fart Bt la â«.;;« et les 44P» . le» cMéf et le éeri,:ii eu trm, la trr« Mrai é^mu blaae laJe. tiatcise for «crîriire». Le» gria^n ovrertaRS et I0 umt « aiAf i ^fve le enwpl4« . d'an rert braa « ^«i «' k le«r boaL La ^leae ett fart laagiie : la d4nil elle est conrpaoée. M^at J^i Texiréakifé, doat le foad est blaae : elles daas toate lear éteadae par de» raies acîiesu La baie sapérieare e»t braae, fiaférienre iaaaiire. et les pieds ipîtu 1^ feaM'Ile* qoi e»t pîos blaacfce soas le c«npa« a*a l^lai de bappe. Oa îmure cet oiseaa a la BoareUe Gaiaêe.

€fUA^9 Alcyon moccbfte* Alceti» mmrimm^ GwtéL pL eaUtiii. B.^ 6';^. Cette espèce , qui a feiie de laofoear, est â peo près de la auine grtMsear qae la préeédeofe. Soa plaasage sapériear, doat le foad est das bien d^ardoise^ rembruni sar le dos et les coarertiuTS des ailes, ett toot panemé de gouttes blaaehes. plas petites et jetées par lignes transrersalessnrle naatean. Ces tackes sont brunes et ont la forme de larmes sur la gorge et celle de croissant sur la poitrine, dont le fond est d*BA blanc rouMàtre. Ijc rentre et le dessous de la queue sont jPtinU d*iin roux clair et unL Les plumes de Foccipat, plas longues que les antres, forment une boppe en se relevant; une raie blanche s^'étend depuis Tœil jusqu*an bec, dont la couleur est grue ; les pieds sont faures.

Cet Alcyon est d^Afrjque. Buffbn pense qn*il pourrait être le même que celui dont Sonnerai a donné la figure, pL 107 de son Voyage â la nonrelle Guinée; mais Gmelin et Latham ont fait de ce dernier une espèce particulière sous le nom d*alcedo novœ Guineœ.

Au.Yon ALATL1 , Alccdo torquataj Linn. , Bufil, pi. enlum, n.^ 28/4. Cette espèce est de la même grandeur que la précédente, avec laquelle son plumage a aussi des rapports. Le gris bleuâtre domiae $ur tout le dessus du corps , e|

ches qu'offre l'extrémité des grandes et des petites couvertures de i'aile, et les bandes de la même couleur, doat le dessus de la queue est traversé. Les grandes pennes des ailes et les penoes latérales de la queue sont noirea, mais coupées ausji par des raies semblables. La gorge ett blaoche , et comme cette couleur s'étend sur les c6lés du cou , Nieremberg avoit nommé cet alcyon l'oiseau à collier. I^ poitrine est d'un roux clair , qui devient plus foncé soua le ventre.^ Le bec est d'un brun noir et les pieds rou* geâtres.

Cet oiseau ne passe qu'une partie de l'année dans les Goutrées septentrionjiles du Mexique , oii , suivant Fernandei, il porte les noms d'achalaiaclli et de miehalalaetli. On le trouve aussi aux Antilles et à la Martinique.

Alcyon )^Qv^c.\■tl, Aicedo alcyon, L. , et plus cqnvg^ nablemeot Aleedo jagûaeati. Celte espèce, de la taille d'une litorne, est figurée dans les planches enluminées deBufToii 11.°' 593et7i&, sous les noms de Martin - pèc^ur huppé de S. Domingue, et Martin-pècktur kupp^ de La. Louisiane. Marcgrave l'a décrite sous le nom brésilien de jaguacati-guacu , et sous celui de papapeixe , que lui donnent les Portugais. Le bec de cet alcyon est noir; les plumes de la tête, celles qui forment la buppe et qui couvrent tout le dessus du corps, ont le fond d'un gris ardoisé, qui est coupé par une tache blanche entre le bec «t l'œil, et un collier blanc. Les grandes couvertures des ailes, et leurs pennes, qui sont noires, on.t également leur extrémité blanche; des gouttes de la même couleur sont régulièremeut disposées sur les pennes de la queue. La gorge et le milieu du ventre sont aussi blancs, mais- les côtés sont roux, et la poitrine offre un plastron gris avec des franges rousses. Les pieds sont rouges.

On trouve cet alcyon en Amérique , depuis la baie d'Mudaon jusqu'au Brésil. Il se nourrit de poissons et de petits léiards ; sa chair est de mauvais goût.

Alcvon pie, Aicedo rudU , Linn. La longueur de cet oi- «eau est de dix à ouïe pouces. Son plumage n'offre pas d'autres couleurs que le blanc et le noir, agréablement mé-

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Quoique la beauté de» alefon» ait détenûié â cb dé- Bftrt on aMez |;nod nombre d*cspéecs daas ees dcvx sec* tioi>» y il en existe eneeee beanconp diantre» ; mais cet o»rrage n^éiinl pa» de»liné a présenter des ncnnendatnre» complète», et le» royageun ne donnant point de rensei* fnemen» iur le» mœon de ces cnbeanx, on croit les dereir pats^'^r êmiê Mente.

TROisiivs S^prxoir. Alcyons Iridactyles*

Alcyon ceyx^ Alcedo tridactyUt ^ Gmel. Ce petit alcyon ^ que Sonnerat a trouvé dans Tile de Luçon, et dont il a donné la figure, pi. 32 de son Voyage à la nouvelle Guinée? diffère des précédens en ce qu*il n'a que trois doigta; xnais celui qui lui manque étant l'intérieur de ceux de devant, déjà raccourci et presque inutile, il n'a point paru que ce fût encore le cas de former avec Lacépède le genre Ceyx , et l'on a pensé qu'il suffiiroit de l'établir quand la découverte d'autres espèces d'alcyops tridactyles pourroit rendre leur séparation avantageuse à l'étude de la science.

L'alcyon ceyz a la tête , le dos et la queue de couleur de lilasvfoncé ; les ailes d'un bleu d'indigo sombre, qui reçoit de l'éclat par le limbe d'un bleu vif dont chaque pluine[ est entourée; tout le dessous du corps e»t branc, le bee d'un .foible rouge de carmin , et les pieds rougeâtres.

Suîvanjt Gmelin , on trouve cet oiseau à Surinam, dans rinde et jusqu'aux iles de l'océan indien ; mais comme il existe d'autres espèces d'alcyons , également petites , il seroit nécessaire d'avoir des renseignemens plus positifs pour reconnoître s'il n'y a poin't ici d'application fausse* (Ch.D.)

ALCYON (Zooph,) ^^leyonîum y L. Les naturalistes comprennent actuellement sous ce nom un genre de zoophytes , qui tantôt s'étendent comme une écorce sur diffère ns corps , tantôt forment des masses plus ou moins arrondies , ou sont plus ou moins divisés en lobes ou en rameaux. Leur base 9 légère et friable, paroft composée, lorsqu'elle est desséchée, de fibres fines, roides , longitudinales ou di* vergentes suivant que les individus sont ramifiés ou qu'ils approchent «de la forme globuleuse* Elle* est recouverte 4'une croûte molle, variant en épaisseur, où Ton ne trouve point de particules calcaires , que la dessiccation rend ferme et coriace , et qui est percée de cellules qu'habitent les polypes. Les ouvertures de ces cellules se remarquent dans certaines espèces sur toute la superficie du polypier] çlles sont rassemblées, dans d'autres, sur des tubercules

iéparés ; il y ea a enfin dans lesquelles on ne les ofaserre qu^a Textrémifé des lameaiuL

On ToU quelquefois les poljpes s'étendre hors de lenr petite demeure, et développer leurs 'tentacules ciliés, împlantés en mjons autour de leur bouche, ou de Torîfice î du cylindre que forme leur corps.

\* Tous les alcyons rivent dans la mer, fixés aux corps

r solides, à l'exception d*nne seule espèce découverte par

Bosc dans un étang des environs de Paris ; mais cet auteur ,

qui a vu depuis de véritables alcyons, doute à présent

4 j quelle doive ^ire rapportée au même genre.

Comme la plupart Ae% zoophytes , les alcyons recouvrent de leur propre substance les coraux, les coquilles ou les autres corps qui ^y attachent

Nous distinguerons parmi ceux qui s'étendent comme ame écorce sur la surface de différens corps .-

1. L'alcyon mamelonné. {Alcyonium mammilosum,) / Cuv., TabL élément

Sa surface est charnue ; elle présente des mamelons serrés les uns contre les autres, et percés chacun d'une cellule cylindrique. Son intérieur contient une sorte de sable fin. Cet alcyon recouvre les rochers.

2 L'alci'On distome. {^Alcyonium distomum.)

Bnig. Encycl. Pall. , Spîcil. zool., fasc. lo. tab. 7, f. 4- A.

Sa surface est composée d^un grand nombre de petits tubercules percés de deux ouvertures. 11 recouvre comme une écorce épaisse, ferme et aussi compacte que du cuir, les rochers , les coquillages et même les tiges de fucus. On le trouve sur les côtes d'Angleterre.

3. L'alcyon fluvi.^tile. {Alcyoniumjluiriatile.) Ce sont des plaques de forme irréguliére, percées de pores pentagones et serrés, qui recouvrent les pierres et les tronçons de bois plongés dans l'eau. Chaque cellule renferme un polype blanchâtre, de forme cylindrique , et dont la bouche est garnie de tentacules très-courts et nombreux. Cette espèce, décrite par Bruguières (Encycl.), a été découverte par Bosc dans les eaux de la fontaine de Bagnoleti aux environs de Paris.

Les espèces suivantes forment, comme leur nom VïtL4 dique, des masses plus ou moins arrondies.

4. UoRANGE DE MER. (Alcyotiium, lyncurium j L.) • Donati, t. 10, n.®' 1 et 2.

Elle est de forme irrégulièrement globuleuse , vide à rintérieur , adhérente aux rochers par un point seulement. Sa surface jaunâtre et raboteuse est percée de beaucoup de l^

petits pores disposés en quinconce. On Ta trouvée dans la >féditerranée et au cap de Bonne-Espérance. ^ *

5. La figue db mer. { Alcyonium Jicus , L. ) Ellis , Corail, tab. 1 7 , f. 6. B. .

La couleur de cette espèce est olivâti^e, elle a la forme d'une poire ou d'une figue, sa surface est couverte de petites étoiles à six rayons. Elle est remplie intérieurement de petits grains jaunâtres , qu'EUis a pris pour de petHa^ sacs , contenant une humeur transparente et visqueuse ; leur sommet est terminé , d'après le même auteur, par un conduit cylindrique qui aboutit au centre de chaque petite étoile de la surface. La figue de mer adhère aux corps marins par un pédicule. Elle se trouve communément sur les c6tes de la Méditerranée. Elle existe aussi dans l'Océan et sur les eûtes d'Angleterre.

Enfin il y a des espèces qui sont plus ou moins branchues.

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