‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 10 sur 100 · ARI · texte numérisé non relu

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jirislolochia maxima^ Linn. , Jacq. Amer. 2 33, t. 146, est une plante qui grimpe sur les arbres jusqu'à trente pieds de hauteur; ses feuilles sont oblongues, acuminées, luisantes. On la trouve aux environs de Carthagéne dans la nouvelle Espagne; toutes ses parties sont légèrement odorantes.

UAristoloche a grandes feuilles 9 vulgairement l'Aristoloche de Virginie, en arbre, Aristolochia macrophylla ^ Lam., Aristolochia sypho j l'Hérit. Stirp. nov. tab. 7, a la tige sarmenteuse : ses feuilles sont' en cœur , arrondies , trèsgrandes ; ses fleurs sont deux à deux. Le tube de la corolle est courbe, ventru et terminé par un limbe ouvert, presque plane , situé obliquement et comme triangulaire , ou à trois lobes arrondis, assez égaux entre eux. C'est une très-belle ^plante, dont on peut tirer le plus grand parti dans les jardins d'ornement 11 y a peu d'années qu'elle est naturalisée en France.

L'Aristoloche od o haute y Aristolochia odoratissima, Linn.y $]oan. kiist. Jam. 1, p. 162, t. 104, f. 1, pousse une tige cylindrique , sarmenteuse et s'élevant à sept ou huit pieds de hauteur. Les feuilles sont en cœur^ presque triangulaires, et arrondies à leur base. Suivant Sloane, toute la plante exhale une odeur forte et a^éable : on l'emploie pour détruire les tumeurs et calmer les^ douleurs ; elle diminue les douleurs des fièvres intermittentes , fortifie l'estomac et le cerveau.

L'Aristoloche anguicide , Aristolochia anguioida^ Linn., Jacq. Ainer. 232 , t. 144, se rapproche beaucoup de la précédente : ses feuilles sont alternes , en cœur allongé et pointu , glabres des deux côtés ; leur pétiole est pubescent. Le suc de sa racine, mêlé à la salive par la mastication, engourdit un serpent de médiocre grandeur, si on en introduit dans sa gueule une ou deux gouttes , et l'on peut impunément pendant quelques heures le manier et le mettre dans son sein : une plus grande quantité lui donneroit la mort. Jacquin attribue à l'odeur de sa racine la faculté de faire fuir au loin les serpens lorsqu'on approche d'eux aVec cette plante. On lui a rapporté que ce suc', appliqué sur la morsure récente d'un serpent > ou pris à l'inté-

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rieur dans le moment même, gilérissoit immanqpiabl^ ment.

L'Aristoxoche sERTEîitAi k£ ^ Aristolochia serpentaHa^ Linn. , Pluck. Alm. 60, t. 148, f. 1 , vulgairement, la Serpentaire de Virginie , n^est point sarmenteuse comme les précédentes. Elle s'élève à sept ou huit pouces de- !iau<* teur; ses feuilles sont en cœur oblong, minces et chargées de quelques poils fort courts. Elle a, comme Tanguicide^ la vertu dèjnuire aux serpens , et on la recommande comme un spéci^ue très - certain contre la morsure empoisonnées du serpent nommé boicininga. On mâche la plante ; ^n en avale le suc d'abord après la mprsure , et on applique les feuilles filées sur la plaie. « 'Je l'ai employée fraîche, dit (e Bosc , pour guérir un nègre mordu par un serpent veni« ^< meux , et je crois qu'on peut la mettre au nombre des plus ^ actifs sudorifiques connus. Quelques gouttes d'eau "* dans #x laquelle j'en avois fait infuser, ont suffi pour exciter en « moi une transpiration abondante ; et le nègre en question, « qui en prenoit de fortes doses ^ étoit dans un état per"^ « pétuel de sueur. *

Cette plante est toujours solitaire et ne pousse ctue fort tard , de sorte qu'elle est très-difficile à trouver parmi les grandes plantes qui couvrent le sol des bois en Amérique $ et de plus ses feuilles sont presque toujours mangées par la chenille du papillon troïle : aussi sa racine est -elle chère, même dans le pays.

Lémery rapporte que les sauvages de l'Amérique septentrionale ont soin de mettre un morceau de cette racine au bout d'un bâton , pour le faire sentir à ce serpent lorsqu'ils vont en voyage et qu'ils peuvent le rencontrer. On dit aussi qu'elle guérit de la morsure des chiens enragés, et qu'elle empêche l'hydrophobie dans ceux qui ont été mordus. Il paroît que presque toutes les aristoloches de l'Amérique jouissent de cette faculté à un degré plus ou moins éminent. Cartheuser avertit de l'employer avec beaucoup de circonspection , car elle échauffe et irrite beaucoup. On l'estime néanmoins en médecine, comme fébrifuge et antihystérique.

L'AazsTOLOCHS ro$>D£ , Aristolochia rotunda , Lian*,

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Blackw. t. 2 56 , croit naturellement dans les provinces mé" rldionales de la France , en Espagne et en Italie. Ses feuilles sont presque sessiles, en cœur, obtuses et d'un vert foncé» Les fleurs sont situées aux aisselles des feuilles et solitaires. Cette plante est acre , aromatique , et laisse sur la langue une amertume désagréable.

L'AmsTOLoeHE longue, Aristolochîà longa, Lînn., Mill. le. t. 5i, f. 1 , a beaucoup de rapport avec celle qui la précède ; ses tiges sont grêles ; ses feuilles alternes , en cœur, obtuses, plus petites que celles de la précédente et d*ua vert moins< foncé. On emploie souvent ces deux plantes en médecine ; elles sont céphaliques , pectorales , hystériques , vulnéraires et alexipharmaques. On donne la préférence à la longue pour déterger, et à la ronde pour atténuer , dans les obstructions dé la rate ; mais la principale vertu de ces plantes consiste à exciter les mois et à faciliter les évacuations périodiques des femmes et celles qui accompagnent ' raccouchement. Hippocrate en recommande l'usage dans le livre des Maladies des femmes. Quelques médecins ordonnent rinfusion de feuilles d'ar|stoloche longue pour prévenir la phthisie ou l'ulcération des poumons qui a coutume de suivre le crachement de sang ; mais elle est désagréable à cause de sa grande amertume.

L'Aristoloche clématite, Aristolochîà clematitis^ Linn., Blackw. 1 255 , pousse des tiges droites , cannelées et s'é« levant k la hauteur de deux pieds ; ses feuilles sont en cœur et ondulées sur leurs bords; ses fleurs sont ramassées, trois à six ensemble, aux aisselles des feuilles. Elle croît dans les lieux pierreux et incultes de la France et de l'Allemagne. Son odeur est" forte ; sa saveur acre et trèsaipére. On la regarde comme sudorifique et vulnéraire , et on remploie quelquefois au lieu des deux autres ; mais ses vertus sont plus foibles.

Les anciens ont donné à ces plantes le nom d'ari5^o/oehiœ^ parce qu'ils s'en servoient dans le traitement de l'évacuation périodique des femmes. ( J. S. H. }

ARISTOLOCHES, ARISTOLOCHIÉE3 (Bo^), famille de plantes dicotylédones , apétales, à Staminés portées sur l'ovaire ; elle est la seule qui ofire ces caractères r^nis. On ne peut lui 5 8

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