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légers que les nôtres ; et , leur pâte étant généralemeni ïauins fine, les moulures et les arêtes sont toujours ]noin& vives.
Des alcarazzas ou vases à rafraîchir.
Dans plusieurs contrées chaudes de Tancien continent on se sert, pour rafraîchir Teau que Ton veut boire, de vases poreux dans lesquels on met ce liquide ; il suinte peu à peu à travers les pores fins et nombreux de ces vases, et se pl'ésentanl à Tair sous une grande surface , il s'éva-> pore promptement. Cette évaporation perpétuelle abaisse de quatre à cinq degrés la température de l'eau, celle de l'atmosphère étant de vingt à vingt-cinq. ^
Ces vases sont -connus en Espagne sous le nom d'a/corazzasy en Egypte sous celui de halasse; on en fait aussi usage en Syrie , en Perse , en Chine et en d'autres parties de l'Asie. Ils diifèrent .dans ces dififérentes contrées par leur forme , leur couleur , leur consistance ; mais tous sont fabriqués à peu près d'après les mêmes principes.
Ceux d'Espagne ressemblent à des bouteilles de grès , et peuvent être suspendus par deux petites anses : ils sont assez solides , assez durs ; leur pâte a de la finesse : mais ils sont mal faits.
Lasteyrie a publié le procédé de leur fabrication ; il assure que l'on fait entrer du sel dans la composition dé leur pâte. Nous avons essayé d'en fabriquer par ce procédé, sans pouvoir y réussir , tandis que nous y sommes parvenus par un autre moyen plus d'accord avec la théorie.
Les alcarazzas d'Egypte, nommés halasse y du lieu où on les fait, sont verdàtres, très- peu solides, et ressemblent à de l'argile plutôt durcie que cuite. On emploie pour les ' fabriquer une marne grasse, à laquelle on n'ajoute aucune autre terre : on les fait sécher au soleil, et on achève dé les durcir au moyen d'un feu de paille. Ces vases, d'un très« bas prix, sont envoyés dans toute l'Egypte, en Syrie et dans les îles de l'Archipel. (Denon, Voyage en Egypte.)
Fourmy a fait à Paris des vases à rafraîchir, qui rem^" plissent leur objet aussi bien que les précédens ; ils sont d'une pâte grossière et grenue, et d'un blanc sale. La porcelaine dégourdie, c'est-à-dire celle qui n'a reçu qu'ua
premier et léger degré de cuisson , laisse ti*anssuder Teau comme les alcarazzas, et la rafraîchit sans lui communi-> quer aucun goût. Ce refroidissement est même porté plus bas ; il fait descendre Teau jusqu'à cinq degrés au-dessous de la température qu'elle avoit, tandis que dans les mêmes circonstances je n'ai pu obtenir que quatre degrés des autres alcarazzas.
On peut deviner, d'après ce que nous venons d'exposer^ les principes de composition de ces vases. Ils doivent être faits aye^c une argile rendue poreuse et perméable par une forte a^l^dition de sable ou par une très-légère cuisson. Le sel n'y paroît point nécessaire. La chaleur que Ton donne à ces vases pour les faire cuire ^ n^est même pas suffisante pour volatiliser ce corpsi
Des faïences àommunesi
Nous rangeons sous ce titre toutes les 'faïences dont la pâte, ordinairement poreuse, est rouge ou jaunâtre, et dont la couverte est colorée ou d'un blanc opaque.
La composition^ de cette pâte est très-différente de celle de la pâte des faïences fines. C'est un mélange d'une argile souvent ferrugineuse, quelquefois calcaire, et d'un sable qui n'est pas non plus composé de silice pure^ mais qui contient de l'oxide de fer^ quelquefois un peu d'argile^ ou même de la chaux<
L'argile que l'on emploie est tantôt bleue et ferrugineuse^ tantôt verte et calcaire ; c'est une espèce de marne : quelquefois même, comme dans plusieurs manufactures de Paris ^ on y ajoute de la marne. Il paroît qu'elle produit dans la pâte un effet analogue au sable, en facilitant l'évaporation égale de l'eau 5 et s'opposant par cela même à la fente : mais je crois, avec d'Antic, que son principal usage est de faciliter la fusion de l'émail par sa propre fusibilité, et d'en augmenter l'adhérence.
Ces matières ne sont jamais broyées, et souvent elles ne sont lavées que grossièrement. Elles sont mélangées dans des proportions qui diffèrent dans chaque fabrique -. le terme moyen paroît être de trois cinquièmes d'argile et d^ deux cinquièmes de sable.
Les procédés de lavage et de pétrissage sont à peu près les mêmes que ceux mis en usage pour la fàï€nce fine ; mais on doit remarquer qu'il y a une grande difiTérence dans la composition des pâtes.
Cette pâte est quelquefois passée au tamis ; mais elle n*est jamais raffermie par l'évaporation à l'aide du feu, comme celle de la faïence fine. On se contente de lar faire séjourner dans des fosses creusées dans le sol , carrelées dans leur fond et planchéiées sur leurs côtés. La pâte s'y dépose ; on fait écouler l'eau par des robinets latéraux ; et cette pâte , exposée à l'air , s'y raffermit. On la met ensuite en ballons et on la place dans des caves jusqu'au moment de l'employer.
Les pièces de faïence commune se fabriquent exactement comme celles de faïence fine. Il n'y a de différence^ que dans le soin qu'on y apporte, et quelquefois dans la forme du tour que l'on emploie.
Ce tour, qui porte particulièrement le nom de tour du potier, consiste en une roue de fer horizontale, évidée et iwmblablé à une roue de carrosse qui n'auroit que quatre raies; elle est traversée d'un axe vertical, surmonté par une tête , sur laquelle on place la pâte. Le potier , assis sur un banc, a les jambes très-écartées , et les pieds appuyés sur des traverses de bois ; ce n'est point avec le pied qu'il fait aller sa roue, mais avec un morceau de bois pointu, qu'il quitte lorsqu'il a imprimé à la roue le mouvement nécessaire. On voit combien cette méthode eat %iéfectueuse j c'est l'enfance de l'art : elle est cependant encore suivie par beaucoup de potiers.
Le four dans lequel on cuit la faïence commune est trèsdifférent de celui qui sert à cuire la faïence fine : ce n'est plus un cylindre terminé par un dôme ; ce sont deux galeries voûtées , courtes et larges , fermées complètement à une de leurs extrémités , et posées l'une sur Taiitre. Il ressemble entièrement au four de ' porcelaine tendre, dont nous donnons la figure. Ses proportions sont seulement plus grandes. Les pièces en cru sont placées dans la gale* rie supérieure ; on les met dans des étuis ou gazettes. Quelquefois on les place les unes au-dessus des autres, en chapelle ou échappade ; elles sont alors seulenient séparées
et supportées par de grands carreaux octogones de ferre cuit«, portés eux-mêmes sur des piliers de même nature. ( Voyez la fi g. )
Dans plusieurs manufactures il n''y a point de voûte de séparation entre les parties inférieures du four où Ton met la couverte et la partie supérieure qui reçoit le cru..
Lorsque les pièces sont ainsi disposées dans le four, on en mure la porte avec des briques , et on allume le feu sous la voûte inférieure; la flamme passe par les ouvertures qui traversent le plancher de séparation des deusc voûtes, et* circule entre les pièces. Lorsqu'elles commeneent à rougir, on ne jette plus le bois sous la voûte, mais on le pose transversalement sur Touvertvre par tfù on le jetoît, jet on l'y dispose en talus .- la flamme plonge sous la voûte pour sortir par les ouvertures dont nous avons parlé ; la chaleur augmente rapidement!, et les pièces sont cuites en trente à trente -six heures. On les défourne ; elles sont alors bonnes à être mises en couverte.
Le four à poterie proprement dite est aussi défectueux •que toutes les autres parties de cet art; c'est une simple voûte : à son extrémité est une cheminée, et à Son entréfT se place la plus grande partie du combustible ; il est séparé des pièces par une cloison percée de trous. Les pièces sont mises les unes sur les autres dans ce four, sans gazettes; on y interpose du bois, de distance en distance : lorsque le four est plein , on en muraille la porte. ,
Nous avons dit que la pâte de la faïence commune était ordinairement rouge, ou au moins jaune; elle est d'ailleurs grossière et poreuse : elle supporte assez bien les j5assages alternatifs du chaud et du froid, surtout si on a fait entrer dans sa composition du ciment très -fin de cette même pâte, ou du sable -en grande quantité.
Cette faïence est presque toujours fusible à une haute température ; et quand elle contient beaucoup de fer et de chaux, elle est fusible à une température peu élevée, ou bien elle s'y boursoufle. Ces mauvaises qualités exigent une couverte très -différente de celle de la faïence fine .* il faut qu'elle soit très-fusible , et très-colorée ou même opaque.
La faïence très*commune , que l'on nomme ordinairement
poterie de ferre , et dont la conrerte est bnine , faïuie ou même rerdà tre, est de toutes les poteries la plus mauTaise : non -seulement sa pâte est grossière, poreuse et fragile, mais sa couverte est souvent dangereuse ; elle est presque entièrement composée d'oxide de plomb fondu et qpielquefois mêlé ou d'oxide de cuivre ou d'oxide de manganèse. Si on laisse séjourner dans de pareils vases des alimens acides, si on y fait chauffer fortement des graisses, la couverte en est attaquée, et le plomb communique aux alimens ses propriétés délétères.
Cette qualité nuisible de la couverte ajoute donc aux înconvéniens de cette faïence ; le seul avantage qu'elle présente, c^est d'aller facilement au feu sans se casser, et d'être à un prix très-bas : elle doit ce dernier avantage au peu de combustible qu'il faut employer pour la cuire, en raison de la grande fusibilité de sa couverte.
La préparation et l'application des couvertes dont on vient de parler, n'exigent pas de grands soins. On prend de l'oxide jaune de plomb (lithaige), ou même du sulfure de plomb, qui donnent une couverte d'un jaune transparent et sale : on ajoute quelquefois à ces substances de l'oxide de manganèse ou de l'oxide de fer, qui donnent une couleur brune , ou de l'oxide de cuivre , lorsque la litharge n'en contient/pas naturellement; c'est ce qui produit la couverte •u vernis vert de certaines poteries. On broie ces matières, on les suspend dans l'eau , et on y plonge les pièces.
L€6 potiers, qui ne font que des poteries fort communes et ordinairement très - mauvaises , emploient un procédé plus simple , sujet à bien des inconvéniens. Ils laissent simplement sécher leurs pièces, sans leur donner une cuisson préalable ; ils les trempent alors dans une eau qui tient de l'argile fine en suspension et qu'on nomme eau grasse : l'argile s'attache à la surface de la pièce ; on la saupoudre alors de vernis et on la porte au four. La pâte se cuit , et le vernis se fond au même feu. Ces procédés sont trèséconomiques ; mais les pièces sont remplies de défauts.
Lorsque les pièces ont reçu avant la couverte une première cuisson , les oxides métalliques dont nous avons parité et qui sont fixés à leur si^rface, se yitrifient a^i dernier feu»
et s'incorporent tout aussi bien avec la pâte qui aide leur vitrification.
Ces pièces mises en couvertes sont placées dans des gazettes- et soutenues par des pernettes, comme nous l'avons décrit en parlant de la faïence fine. Elles se cuisent dans le même four que le cru , qui prend après ce premier feu le nom très - impropre de biscuit ; mais elles n'exigent pas uûe température aussi élevée.
O faïence commune, moins grossière, mais dont la pâte est rouge , reçoit une couverte d'une autre nature : la blancheur opaque de cette couverte cache la couleur de la pâte et donne k cette faïence l'aspect de la porcelaine. Cette espèce porte essentiellement le nom de faïence; c'est à Rouen , à Nevers , qu'on la fabrique en plus grande quantité.
Cette couverte, qu'on nomme aussi émail, est composée de quatre parties de plomb et d'étain oxidés ensemble et que l'on nomme calcinés , de six parties de sable de Nevers, ou d'un sable quelconque incolore, mais fusible, et d'une partie de soude.
Ces matières mélangées sont placées sous le four où se cuit le^^iscuit; on les met, ou dans des creusets, ou dans un basêin fait avec du sable. Elles se fondent pendant la cuisson en une masse vitreuse , blanche et opaque ; c'est l'émail ou la couverte. On reprend cet émail, on l'épluche, on le broie très-finement dans des moulins que nous avons Récrits , et on le suspend dans l'eau par Tcigitation ; c'est dans cette eau que l'on plonge les pièces en biscuit.
Lorsque le biscuit est très-cuit, il est trop dur et l'émail s'y attache difficilement ; on l'enduit d'une couche mince d'argile très-divisée , et l'émail y adhère alors facilement. Cette espèce de faïence est -assez belle , surtout si elle a été fabriquée avec soin , si elle n'est pas trop épaisse , etc. Elle est d'abord inattaquable par les acides et par les graisses. Mais elle ne conserve pas long-temps cette belle apparence. Elle supporte difficilement le passage subit du froid au chaud. Sa couverte, devant ê ire assez épaisse pouj? cacher entièrement la couleur de la pâte, gâte toutes le$ formes ; bientôt elle se fendille , les graisses pénètrent 1^ pâte 9 et donnent aux alimens qu'on y prépare un goÀjt. dé^
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«agréable. Enfin, elle s'écorne, et laisse voir sa pâte rouge, qui contraste désagréablement avec la blancheur de la pièce.
On a paré à la plupart de ces inconvéniens en faisant la faïence fine , dont l'histoire devroit se trouver ici : nous avons exposé les raisons pour lesquelles nous avons décrit les procédés de sa fabrication au commencement de cette liistoire abrégée des poteries.
Des pipes,
Xa plupart des pipes sont faites avec la même pâte que les faïences fines ; elles n'en diffèrent que parce qu'elles yont moins cuites et toujours sans couverte.
La terre à pipe doit donc être une argile plastique , blanche , fine , facile à travailler et né rougissant point au feu.
On la prend, en France,' à Fossay, à Gouynay, à la Bel* lière et aux environs de Forge ; et celle que l'on emploie à Rouen vient de S. Aubin et de Bellebœuf. Celle de Hol<p lande vient d'Andenne près de Namur , des environs de Liège , etc. %
La terre doit être épluchée et lavée avec soin ,*bnsuite bien battue et bien divisée, enfin pétrie et corroyée avec plus de travail que pour aucune autre sorte de poterie. On n'y ajoute ni sable ni silex, mais seulement du ciment de cette même terre qui résulte de la trituration des pipes cuites et cassées.
On se sert en Hollande d'une machine particulière pour la diviser parfaitement. On la met dans une cuve dans laquelle tourne un arbre vertical , armé en fer de branches horizontales qui . portent des couteaux verticaux : par ce moyen toutes les parties de la pâte sont exactement mêlées.
L'art de façonner les pipes n'est pas aussi simple que le prix modique de ces objets devroit le faire supposer.
On fait des rouleaux de pâte à peu près du volume de la pipe. On leur laisse prendre de la consistance ; on les perce alors avec une brochette de fer, et on relève d'un coup de pouce l'extrémité qui doit former la tête ou fourneau de la pipe/
On met cette grossière ébauche dans un moule de cuivre graissé intérieurement; on ferme le moule, et on le met en presse. L'extérieur de la pipe est fait, et même marqué d'omemens, s'il y en avoit de gravés sur le moule.
Il faut creuser la tête ou fourneau. Cette opération se commence avec le doigt , et se finit avec un poinçon ou moule de fer nommé étampeux, la pipe étant toujours dans le moule et celui-ci en presse.
On retire alors la pipe du moule; on la répare k la main, en abattant les coutures et bavures. On la marque et on la polit ^ d'abord avec un morceau de corne (d'après Jars ) , ensuite avec des silex creusés de manière à recevoir dans le^iry rainures la tête et le tuyau.
l«s p^es se cuisent à peu près comme 'la faïence , et dans les mêmes fours. On les met dans des gazettes cylindriques bien lutées, ou dans des espèces de grands creusets : elles y sont disposées en pyramides; toutes les fêtes ou fourneaux placés en bas et circulairement, les tuyaux réunis , et appuyés sur un pilier de terre cannelé qui s'élève au milieu de la gazette et que l'on nomme chandelier. Ces gazettes sont mises au four; on en maçonne la porte , et on le chauffe au bois ou à la tourbe , à la manière ordinaire : le feu dure environ seize heures.
Lorsque la terre est un peu ferrugineuse, les pipes deviennent rougeâtres au feu. Roussel, manufacturier de S. Omer, assure pouvoir remédier à ce malheur par le procédé suivant.
Lorsque les pipes sont dans le four, il ferme toutes les ouvertures supérieures du four, et les enfume; il les fait ensuite rougir ; il répète cette opération toutes les heures pendant la cuisson : il prétend qu^elles deviennent par ce moyen d'un très- beau blanc.
Les pipes, étant sans couverte et peu cultes, happent facilement à la langue, VïTitachent aux lèvres et se salissent promptement : ce sont des inconvéniens que l'on évite en leur donnant une sorte de vernis. On fait dans de l'eau un mélange de savon, de cire blanche et de gomme arabique; on fait fondre le tout à la chaleur, et on mêle la cire par l'agitation ; on y plonge les pipes et on les frotte
ensuite arec urne flaTlIf : elles aeqviêrcBf «■ lastiv qn levr^donoe plus de propreté et plus de Talear.
On fait det pîpef de tontes sortes de aulièrcs. Kobs ae devont parier ici qmt de celles eomposces disse paie ar- ^leuse.
Les peuple* de TOrient fomect prcsqoe foas. Lesn pipa soBt d'une eonposition três-diflîénmte de celles qae Tenons de décrire.
ht3 unes sont laites arec nne matière lenease, jeniarquable , dont nons parlerons an mot Stéatite : ccsC nne terre légèrement onctueuse, nommée improprement éeume-de-mer , que Ton trouve à Kiltschik , à deux Hcues de Kooîe en Natolie. On la pétrit en sortant de la fone, et on la moule. Ces pipfs n'ont que le fourneau et point de tuyau; cette partie, faite d^une matière difierenle, j est ajoutée après : elles sont très - grandes. On les laisse sécher au soleil; on les cuit , jusqu^au rouge - cerise , dans un four semblable â ceux des boulangers; on les fait ensuite bouillir dans du lait, et quand elles sont sèches , on les frotte avec de la prèle, equisetum. Les Turcs a^aiment pas ee$ pipes ; ils les vendent aux Grecs, aux Russes, aux Polonois, aux Allemands : ib préfèrent des pipes moins grandes, d'un rouge brique très-vif. On fait ces dernières tantôt avec une argile ocreuse naturelle, comme à Trébisonde, à Poli, à Césaréc ; tantôt avec un mélange d'argile grosse, bien lavée, et de ciment de tuile tamisé. On les cuit; elles deviennent d^un brun foncé : on leur rend leur couleur rouge en les frottant avec du cuir et de la sanguine en poudre. Cest ainsi qu'on les fait à Constantinople et àTokat On voit beaucoup de • ces pipes dans tout l'Orient , en Egypte, etc.; elles sont souvent assez agréablement gravées, et même âo/éts, '
On fait au Sénégal des pipes rouges, assez semblables aux précédentes. L'argile qui entre dans leur composition
I. C#rf âétMïU sont extraits des Annales des arts et manufactures» t. 3 / p. 297. On dévireroit que de nouvelles observations assurassent Tetactitude det détails de celle-ci; car il est douteux qu'un mélange d« ciment de tuile et d'argile grasse puisse donner des pipes d'ua rouge «uMi vif ^ae celles que l'oit 9. rapportées d'Egypte*
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est une argile ocreuse, peu liante, mélëe de beaucoup de
mica jaune que Ton a pris pour des paillettes d'or. Ces
pipes sont d'un rouge vif, et d'une pâte moins fine que
celles d'Orient.
Des grès.
Nous étendrons un peu la signification de ce nom de poterie, et nous appellerons grès les faïences à pâte compacte , assez bien cuites pour n'être point rayées par le fer, et qui ne reçoivent pas ordinairement de couverte de plomb.
La base des grés est une argile trés-plastique et fine, peu ferrugineuse, qui contient naturellement une assez grande quantité de sable fin, mais qui ne renferme presque point de chaux. On peut prendre pour exemple celle de Forgeslès-eaux, département de l'Yonne, dont Vauquelin a fait J'analyse, que nous avons déjà rapportée pag. i5; celle-ci est une des plus ferrugineuses.
La préparation de l'argile consiste à la pétrir très -fortement avec les pieds, en y ajoutant encore un peu de 3able saupoudré d'un peu de chaux, dit Duhamel -Dumonceau; les pièces que l'on en fait sont fabriquées d'ailleurs comme celles des autres faïences.
La première différence des faïences de grès aux faïences communes et fines , consiste donc dans le choix de la terre, dont la finesse est intermédiaire entre celle de la faïence commune et celle de la faïence fine. La seconde différence vient du degré de cuisson. Les grès sont cuits à une température beaucoup plus élevée que les faïences à pâte rouge ; la plupart de ces dernières se foudroient, ou au moins se boursoufleroient à cette température , en raison de la chaux et du fer qu'elles contiennent en plus grande quantité que les grès.
Le four dans lequel on les cuit est assez semblable à celui des potiers, décrit plus haut : il en diffère en ce qu'il va en montant du foyer jusqu'au fond , qu'il n'a point de cheminée proprement dite, et que le foyer. ou la fournaise est plus grande. Le feu dure huit jours consécutifs , par conséquent beaucoup plus long-temps que pour la cuisson çle Jla faïçncç.
Les gris acquièrent par cette cuisson une grande solidité, et uD(f telle dureté qn^ils peuvent faire feu aTceUaeicr; ils deviennent compactes, et en tout analogues k la porcelaine : leur homogénéité est même telle qu^ils ne peurent aller sur le feu sans se casser.
Cette faïence étant très-compacte n*a pas besoin de courerte', cependant, pour plus de propreté, on met à quelques-unes une espèce de vernis.
Ce remis est tantôt produit par la ritrîfication de la surface même de la terre, tantôt par la vapeur du sel marin, qu^on jette dans le four quand il est rouge ; tantôt enfin il est appliqué particulièrement aux pièces. Il est fait avec des scories et du laitier vitreux de forge, pulvérisé; on trempe les pièces crues dans l'eau , et on y saupoudre cette couverte. Il n'y a donc qu'un seul feu pour cuire la pâte et sa couverte, qui devient par la fusion d'un brun marron.
Les faïences de grès les plus connues à Paris, sont celles de S. Fargeau, département de l'Yonne, de Savigny, S. Samson, et autres villages des environs de Beauvais; de Martin -Camp, près de Neufchâtel en Bray , département de la Seine inférieure, où l'on fait des grès vernissés; de Zimmerzen, à quatre lieues de Trêves, et de plusieurs autres endroits de la province de Luxembourg.
Nous verrons bientôt que les grès ne diiffèrent des porcelaines dures que par les matières colorantes que contient l'argile qui entre dans leur composition. Cette matière colorante , métallique, presque toujours ferrugineuse, empêche d'ajouter à la pâte la quantité de chaux nécessaire pour lui donner la demi -transparence qui caractérise la porcelaine; car cette addition de chaux feroit fondre le grès long -temps avant qu'il eût pu acquérir cette translucidité.
Il suit de ce principe que tous les grès doivent être colorés, et qu'un grès blanc qui peut devenir demi - transparent par une température convenable, est de la porcelaine dure sans couverte.
Cette identité du grès et de la porcelaine a été remarquée par plusieurs écrivains, et notamment par Bertrand,
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dans une^ note sur Tart de la porcelaine. ( Collection des arts et métiers, par l'académie, édition de Neufchàtel. )
^ous sommes arrivés par gradation à l'article de la porcelaine, dont nous traiterons lorsque nous aurons parlé de quelques espèces particulières de grès, remarquables par leur couleur ou leur texture. .
Les grès des environs de Beauvaîs sont jaunes, gris ou bruns; tels sont les pots à beurre dlsigny : ceux de Bretagne sont d'un bleu ardoisé : ceux de Lorraine sont gris de lin. <
On apporte du Japon des théières qui sont de grès* rouge sans couverte : on a fait à Musigny, avec l'argile du lieu , des poteries de grès rouge , un peu orangées , abso* lument semblables à celles du Japon. Elles diffèrent def vases rouges faits avec Targile d'Arcueil, en ce qu^elles sont imperméables à l'eau, quoique privées de couverte.
La poterie noire, faite d'abord en Angleterre par Wedgwood , est un véritable grès ; elle en fi la dureté et la compacité : elle est composée d'argile plastique du Devonshire, d'oxide de fer calciné au rouge violet, et d'oxide de manganèse; la pâte en est rouge, elle noircit au feu..<>
On a fait, dans les années dix et onze, à la manufacture nationale de porcelaine de Sèvres , de la poterie noire , aussi belle par sa couleur, sa dureté et la finesse de sa pâte, que celle d'Angleterre ; mais sa composition est un peu différente. On a employé l'argile de Montereau , l'oxide rouge de fer, l'oxide de manganèse; et pour dégraisser cette pâte y on y a ajouté un ciment résultant de la scoriâcation de l'oxide noir de fer avec l'argile d'Arcueil. La pâte de ce grès est noire et reste noire en cuisant.
Tous les grès dont nous venons de parler ont une pâte assez compacte pour être imperméable à l'eau ; mais leur surface n'est point encore assez lisse pour qu'on puisse les employer sans couverte dans les usages domestiques. Nous avons vu que ^quelques-uns étoient vernissés; ces poteries ^ pouvant subir une température élevée , reçoivent un vernis sans plomb , exempt par conséquent des inconvéniens qui accompagnent ceux qui en contiennent beaucoup. JBlles auroieut doçc tous les avantages que Ton peut
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rechercher dans ce genre d'ustensiles, si elles ' poaroient en même temps supporter faction alternative du chaud: et du froid ; mais , en raison de leur compacité , elles se brisent au feu avec la plus grande facilité. Fourmy" a proposé et fait une espèce de poterie qui réunit aux qualités des grés celle d'aller sur le feu sans se briser ? c'est un grès à pâte grossière 9 moins cuit que les grès proprement dits, et composé avec les argiles et les sables des environs de Paris ou avec ceux des environs de Beauvais. La couverte qu'il y applique est de la pierre ponce pulvérisée : elle donne un vernis moins cher à Paris que celui de plomb, et qui n'a pas ses dangers ; il est plus difficile à fondre que ce dernier, sans l'être autant que la couverte des grés ordinaires. Ces poteries ne peuvent jamais être belles; mais elles promettent d'être bonnes, solides au feu, résistant au choc, à bas prix, et exempte^ de tous les inconvéniens des poteries grossières des faubourgs de Paris et de tant d'autres lieux.
Second genre. Des porjtelaines,
La porcelaine est, comme nous l'avons dit, une poterie dont la pâte, fine, compacte, très-dure et un peu translu- (fide, se ramollit en cuisant. Sa blancheur ordinaire ne peut être précisément un caractère, puisqu'il y a des pâteâf de porcelaine diversement colorées.
11 y a deux espèces de porcelaine, très-différentes parleur nature, et dont il est essentiel d'établir les caractères dis'tinctifs; l'une est nommée dure, l'autre est ordinairement appelée tendre : c'est faute d'avoir fait cette distinction qiie la plupart des écrits très-incomplets, publiés sur l'art de la porcelaine, sont obscurs et souvent même inintelligibles. '
I. Le seul écrit exact que l'on ait publié sur l'art de faire la porcelaine , -est l'article Porcelaine du Dictionnaire de chimie de Macquer, 1769. Il est très - incomplet; mais ce que l'auteur dit est vrai et clair. Il y distingue la porcelaine dure de la tendre. Il est étonnant que tout ce qui a été publié depuis soit de beaucoup inférieur k cet article. L'art de la porcelaine par de Milly , *77*> *** ^^'^ rtanion incohérente de mémoires sur la porcelaine/ qui a'<mt sonveirt^
La porcelaine dure a tous les caractères que nous venons d^assigner à la porcelaine en général. Elle est essentiellement composée, premièrement d^une argile sableuse, infu* sible , et conservant au plus grand feu sa couleur blanche ; c'est presque toujours du kaolin : secondement, d'un fondant, composé de silice et de chaux; c'est presque toujours une roche feld-spathique quartzeuze, nommée pé-tun-zé. La couverte de cette porcelaine , également terreuse, n'admet aucune substance métallique ni alcaline.
La porcelaine tendre , nommée aussi porcelaine vitreuse , n'a aucun rapport avec la première par sa composition : elle est toujours composée d'une frite vitreuse, rendue opaque et moins fusible par l'addition d*une argile marneuse très-calcaire ; sa couverte est un verre ou cristal artificiel, dans lequel il entre de la silice, des alcalis et du plomb.
Cette porcelaine a une pâte plus vitreuse , plus transparente, un peu moins dure et moins fragile , mais beaucoup plus fusible que celle de la porcelaine dure. Sa couverte est plus moelleuse, plus transparente, un peu moins blanche, beaucoup plus tendre et plus fusible.
Nous traiterons particulièrement , quoique fort en abrégé,
/entre eux aucun rapport : il n'y est question que de là porcelaine de Saxe. Dans Tëdition de la Collection des arts et métiers, de rAcadémie, faite à Ncufchatel en 1777 > par le professeur Bertrand, il' y a, pour toute addition , une seconde copie du mémoire sur la porcelaine de la Chine, par le père d'Entrecolle ^ plus exacte, dit-on, que celle de de Milly , sans être beaucoup plus claire. L'article Porcelaine de l'Encyclopédie méthodique est une copie complète des ouvrages précédens, deMacquer même; mais on Ta abrégée, et on a omis cette .description claire et courte des procédés de fabrication des porcelaines dure et tendre , qui termine son article.
L'article Porcelaine du Dictionnaire des arts et métiers par Tabbé Jauhert ^ daté de 1801, par o!t d'abord original, mais la confusion n'en est que plus grande. On a confondu les procédés de fabrication de la porcelaine dure , e» ceux de la porcelaine tendre ; on les a mêlés et on a fait un article inintelligible , terminé par une copie littérale de de Milly. Cependant Montamy avoit très-bien distingué ces deux porcelaines dans un mémoire placé à la suite .de son Traité des couleurs pour la peinture en émail, publié eu 1765 et copié eu entier dan» l'Encyclopédie méthodique.
de la fabrication de la porcelaine dure : nous ne dirons que deux mots de celle de la porcelaine tendre ^ dans laquelle Targile n'entre presque pour rien.
Nous prendrons pour exemple les porcelaines de Serres, La série des procédés étant connue , ce 'que nous pourrons dire sur l'histoire de la découverte de la porcelaine et sur les principales différences qui se remarquent dans la fabrication des porcelaines de divers pays , deviendra plus intéressant , plus clair et en même temps plus précis.
Forcelaine dure.
La pâte de la porcelaine dure, faite à la manufacture nationale de Sèvres , est généralement composée d'argile kaolin et de la roche feld-spathique nommée pé-tun-zé. L'une et l'autre de ces matières viennent de Saint- Yriez-la-perche prés Limoges.
Le kaolin n'est pas envoyé brut à cette manufacture , c'est-à-dire, mêlé de son quartz et tel qu'il se retire de la carrière; il est préalablement lavé, et porte alors le nom de terre décantée.
Arrivé à la manufacture , on le lave encore avec soin : ce lavage se fait à peu prés comme celui de l'argile destînéç à la fabrication de la faïence fine. On retire du kaolin , pac ce dernier lavage , à peu prés un quart de son poids de sable ; le kaolin est alors préparé pour entrer dans la composition de la pâte. C'est lui qui en fait la partie liante , infusible et opaque; il s'agit d'y ajouter la substance qui doit donner à la pâte sa fusibilité et par conséquent sa, demi - transparence. Cette seconde substance porte le nonoi général de fondant: elle di£fère dans les différentes manufactures. C'est toujours un composé de silice et de chaux, et presque toujours une roche feld-spathique quartzeuse, qui doit être blanche ou tout au plus grise , et ne renfermer ni mica , ni fer oxidé ou sulfuré. Elle porte dans les manufactures le nom de spath ou de caillou, et rarement celui de pé-tun-zé , sous lequel les savaiis la connoissent. On la calcine pour la rendre friable ; on la pile sous des bocards, et on la broie finement dans des ihoulins qui sont les mêmes que ceux dans lesquels on broie le silex de 1a
faïence fine. On ajoute ce fondant au kaolin lavé et mis à part : il y entre dans les proportions de quinze à vingt pour cent j selon la qualité de porcelaine que Ton veut faire.
On mélange exactement le kaolin et son fondant, et on laisse séjourner cette pâte dans des cuves ou dans des fosses le plus long- temps que l'on peut ; on assure qu'elle est d'au-^ tant meilleure qu'elle est plus ancienne.
Lorsqu'on veut l'employer, on la place dans des coques ou moules de plâtre hémisphériques , qui absorbent promptement l'humidité surabondante ; alors on la divise en petites masses, et on la fait sécher complètement. On la pulvérise, on l'humecte ensuite un peu, et on la place sur un plancher, sur lequel un ouvrier la marche pied nu , en allant du centre à la circonférence et de la circonférence au centre. Il y a ajouté les coupeaux et rognures retirés des pièces quand on les façonne. Cette vieille pâte, plusieurs fois maniée, donne à la nouvelle plus de liant.
Lorsqu'elle est suffisamment màrchée, il en fait des masses de la grosseur de la tête , que l'on nomme ballons ; on les conserve à l'humidité pour s'en servir an besoin.
La pâte est alors en état d'être remise aux ouvriers qui doivent faire les pièces : elle est bien moins liante que celle de la faïence, ce qui en rend le travail beaucoup plus long et sujet à un grand nombre de difficultés ; c'est une des premières et des principales causes de la diffiérepce des prix des porcelaines et des faïences.
Nous décrirons rapidement ce travail, parce qu'il diffère très - peu de celui de la faïence fine , et nous suivrons la même division. ( Voyez ci-dessus , de la faïence Jine , pag. 63.)
Les plats ronds et les assiettes se moulent sur des moules de plâtre : mais tantôt la pâte est disposée en croûte , tan^ tôt elle est ébauchée sur le tour.
Quand on en fait une croûte , on étend sur une table de marbre une peau mouillée ; on étend sur cette peau la pâte de porcelaine avec un rouleau soutenu par deux règles. On transporte la croûte sur le moule de plâtre, en l'enlevant au moyen de la peau ; la pâte est trop peu liante pour qu'on puisse l'enlever sans cette précaution.
Quand on Tébauche au tour, on place une motte de pâte 3 6
ftnr ua disque rond de plâtre ou de bois, posé sur la fêle do îonr. Le tour est le même que celui du faïencier. Ou figure grossièrement Tassiette ou le plat en lui laissant beaucoup d^épaisseur.
On applique fortement la croûte ou Fébauçhe sur le moule de plâtre avec une éponge ; on forme le rebord qui doit faire le pied nécessaire aux assiettes de porcelaine, et on laisse prendre de la consistance à la pièce : alors on la détache du moule, on la replace sur le tour et on la tournasse en dehors , c*est-à-dire , qu^on la met à épaisseur et qu'on la finit complètement arec Foutil de fer très^oupant nommé toumassin. Un bon ouvrier fait à peu près quinze â vingt assiettes de porcelaine par jour , tandis qu'avec deux jeunes aides il en fait mille à douze cents en faïence.
Les pièces hautes et rondes , telles cpie saladiers , jattes , etc. , s'ébauchent et se tournassent comme celles de faïence ; mais leur fabrication est toujours plus longue et plus difficile , à cause du peu de liant de la pâte et des précautions qu'elle exige pour que les pièces soient bien faites^ qu'elles /le soient point gauches, point vissées ' , etc. Les pièces qui ne sont pas rondes se moulent dans des moules de plâtre , et se finissent a la main. Lorsque ces pièces sont trèsgrandes , comme cuvettes , saladiers , etc. , on fait une croûte sur la peau et la table de marbre , et on l'applique Sur le moule avec l'épongé, comme pour les assiettes; on finit ces pièces à la main.
Les pièces de garnissage, telles que les anses, les becs, les ornemens, se moulent et se réparent séparément; elles se collent aux pièces avec de la pâte délayée dans de l'eau , et nommée harlotine.
On voit par ce qui vient d'être dit, que les procédés de fabrication sont à peu de chose près les mêmes pour la porcelaine que pour la faïence : nous répéterons seulement
1. On dit qu'une pièce est vissée lorsqu'elle fait Toir après la cuiston des saillies en spirale, qui sont quelquefois peu sensibles. Les pièces très-élevëes et pointues par en bas sont plus susceptibles d'avoir ce défaut que les autre8%
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qu^îls sont toujours plus longs et plus difficiles, par les précautions qu'ils exigent Le moindre défaut dans la £sl* brication, la plus petite pièce ajoutée, une compression inégale, les coutures des moules, quoique bien réparées et lÉcfiacées, reparoissent après la cuisson. On doit laisser sécher les pièces lentement ; vouloir accélérer cette dessiccation, c'est s'exposer à les perdre. Lorsqu'elles sont bien sèches, on les porte au four.
Le four de porcelaine dure , dont nous donnons une £gure exacte , est une espèce de tour à deux étages , cons^* truite en brique réfractaire ; il ressemble beaucoup au four à faïence fine. Le combustible est du bois de tremble jeune, très-sec et très- finement fendu: on le place exté^ rieurement sur l'ouverture de quatre espèces de grilles noif» mées allandiers, qui s'ouvrent dans l'intérieur du four ^ cha^ que étage est fermé supérieurement par une voûte percée de trous nommés carneaux. Le tout est recouvert d'un toit à claire voie, placé à une assez grande distance de la se-*' €onde voûte. On voit qu'il n'y a point de cheminée pro*prement dite. Nous verrons tout à Theure quelle route suit le courant de la flsunme.
On met les pièces crues dans l'étage supérieur du four: elles y éprouvent une chaleur d'environ soixante degrés du pyromètre de Wedgwood , et un commencement de cuisson qui,. sans les déformer encore , sans leur faire prendre une retraite sensible , les dessèche complètement et leur donne assez de solidité pour qu'on puisse les manier avec sûreté.
L'argile a déjà perdu, par cette cuisson préliminaire, sa propriété de faire pâte avec l'eau. Les pièces sont alora propres à recevoir la couverte } on peut les plonger dans l'eau sans craindre de les briser.
La couverte de la porcelaine dure est^ ainsi que nous l'avons déjà dit, une roche feld-spathique. On la broie et on la réduit en une poudre très -fine, qu'on suspend par l'agitation dans de l'eau mêlée d'un peu de vinaigre. On plonge successivement toutes les pièces dans cette eau trouble ; on ne fait que les y passer : comme elles sont très* poreuses, elles absorbent l'eau avec avidité; l'eau, en les pénétrant, dépose à leur surface une couche de couverte
fcld-spathique, qui est sèche aussitôt que la pièce est sortie de Peau. On met au pinceau la couverte sur les parties saillantes ou sur les places qui n'en ont pas pris. Enfin , ou enlève la couverte de la partie sur laquelle la pièce doit poser , afin qu'elle ne s'attache point sûr son support Ces opérations faites , on reporte les '][)ièces au four pou^ les cuire complètement
On les met , comme les faïences fines , dans des gazettes ; et cette opération , que Ton nomme encastage, est une des plus délicates et des plus dispendieuses de la fabrication de la porcelaine.
Les étuis ou gazettes pour la porcelaine doivent être faits -d'une argile très-réfractaire , tres-solide au feu , et peu ferrugineuse. Celle dont on se sert à Sèvres est l'argile plastique d'Abondant,- dans la forêt deBreux. On la pétrit sans la laver. On y ajoute à peu près un tiers de ciment de ces mêmes gazettes.
Les pièces de porcelaine, se ramollissant au feu , ne peuvent se placer l'une sur l'autre, qua'nd même elles n'auroient point de couverte ; la même cause empêche de les cuire soutenues par des pernettes et plusi^rs dans un même étui , comme on le pratique dans la cuisson de la faïence : chaque pièce plate exige donc un étui particulier. £lles doivent en outre être placées sur une surface parfaitement plane, parce qu'en se ramollissant elles suivroient les inégalités d'une surface raboteuse ; or le fond des étuis tournés grossièrement est toujours inégal et ne peut être dressé sur un grès. Lors donc que l'on veut encaster une pièce quelconque , telle qu'une assiette par exemple , on place d'abord 4ans l'étui une plaque ou rondeau , parfaitement dressé sur un grès de même nature que cet étui , et on l'y assujettit en l'appuyant sur trois petits morceaux de lut. Le lut est un mélange d'argile et d'une grande quantité de sable. Lorsque le rondeau est placé de niveau, on le mouille, on le saupoudre de sable , ou bien on l'enduit d'argile réfractaire délayée dans l'eau, et on y place l'assiette avec précaution. Le sable empêche l'assiette de se coler au rondeau par Faction du feu.
Les petites pièces peuvent se placer plusieurs sur le même
rondeau, a c6fë Tune de Taufre, en prenant garde qu^elles ne se touchent. ^
Les étuis renfermant les pièces ainsi arrangées . sont placés dans le four les uns sur les autres. Ils forment des colonnes qui remplissent le four. On a soin de ne pas trop espacer ces colonnes, afin que le tirage soit rapide, de les espacer suffisamment, et surtout également, afin que le feu soit égal. Tout étant disposé avec les précautions que nous venons de rapporter et beaucoup d'autres, moins importantes , que nous sommes forcés de passer sous sileuce, on mure la porte du four avec trois rangées de briques , on y pratique seulement une ouverture carrée, d'environ deux décimètres de côté (8 pouces ) , par laquelle on peut pénétrer dans uix étui échancré d'un côté. On place dans cet étui des morceaux de porcelaine destinés à être retirés de temps en temps pour juger les progrès de la cuisson : on les appelle des montres. Cette ouverture des montres est fermée par un tapipon de terre eaite.
On commence le feu en jetant dans les grils ou allandicrs quelques morceaux de bois blanc assez gros. On continue le feu de cette manière pendant environ quinze heures , en le faisant monter peu à peu par l'addition d'une plus grande quantité de bois : au bout de quinze heures le fuur est rouge - cerise intérieurement. Alors on augmente beaucoup la chaleur en faisant l'opération qui s'appelle couvrir le fsu : au lieu de jeter les bûches verticalement dans les quatre foyers , on place horizontalement, sur l'ouverture de ces foyers , du bois de tremble bien sain et fendu très* menu , et on le dispose en talus ; la ilamme vive et longue qu'il donne plonge dans les allandiers, pénètre dans le four et circule entre les piles d'étuis. La chaleur croît rapidement, et au bout de douze à quinze heures de ce feu , J'intérieur du four est tellement blanc qu'on n'y distingue que difficilement les montres. Le tirage est si rapide à cette époque , que l'on peut placer la main sur les talus de bois sans éprouver une chaleur incommode: tout est brûlé, il ne reste point de braise, il ne se produit plus de fumée, et la cendre même est volatilisée. On sent que le four et les gazettes doivent être composés d'une argile bien
réfractaire pour résister à un pareil feu. La chaleur dans les fours de Sèvres monte jusqu'à cent trente-quatre degrés du pyrométre de Wedgwood.
Au bout de quinze à vingt beures de grand feu , c'està-dire, de trente à trente-six heures de feu, la porcelaine est cuite ; on s'en assure en tirant des montres et les examinant. On laisse refroidir le four trois ou quatre jours, et on défourne.
Le sable que Ton a mis sur les rondeaux pour empêcher les pièces de s'y attacher , est lui-même attaché à leur pied r on l'enlève en frottant cette partie avec un grès dur. C'est une opération qu'une femme peut faire à toute une fournée en moins de dix jours. C'est aussi la dernière que reçoit la porcelaine blanche , lorsqu'il n'est pas nécessaire de la faire retourner au grand feu pour y corriger des défectuosités.
£n observant avec quelque soin la suite des opérations qu'entraîne la fabrication de la porcelaine, on voit aisément par quelles causes son prix est toujours de beaucoup supérieur à celui des faïences les plus soignées.
hcs matières premières propres à faire de la belle porcelaine sont très - rares. Il n'y auroit aucun avantage à faire ^e la porcelaine bise avec des matières moins belles et peut-être un peu moins chères, car les autres causes de cherté que nous allons exposer , et qui sont prépondérantes , n'en existeroient pas moins, tandis que la porcelaine, perdant son éclat , perdroit toute sa valeur.
Sa pâte , qui nécessite un broyage assez long , est beauicoup plus difficile à travailler; il suffit, pour en prendre une idée, de jeter les yeux sur le rapport de fabrication entre les assiettes de porcelaine et celles de faïence fine, qui est à peu près de un à quatre - vingts. On doit faire observer queFassiette est toujours prise, avec raison, dans l'art de la poterie, comme le terme commun de comparaison. Les assiettes de porcelaine exigent chacune une gazette ; douze assiettes occupent dans le four un espace en hauteur dans lequel on placeront au moins trente - huit assiettes de fuïence.
La terre à gazette pour la porcelaine devait être sihso^
lument rëfractaire , est plus rare et plus chère ; les gazettes durent aussi beaucoup moins.
Enfin la température qu^exige la cuisson de la porcelaine entraîne une dépense de combustible qui augmente conaridérablement le prix de cette denrée.
On peut avec quarante stères de bois cuire complètement douze mille assiettes de faïence , c'est-à-dire en biscuit et en couverte , tandis que la même quantité de bois ne cuiroit que mille assiettes de porcelaine au plus.
A ces causes de cherté , qui sont constantes et pour ainsi dire essentielles , il faut ajouter les accidens nombreux auxquels la porcelaine est exposée dans tous les instans de sa fabrication , et surtout au four ; ce& accidens donnent près d'un tiers des pièces défectueuses , et souvent beaucoup plus lorsqu'on risque des pièces hardies et de grandes dimensions.
Il nous semble , d'après ces réflexions , que c'est un trèsmauvais calcul que de chercher à faire de la porcelaine à bas prix, en employant des argiles qui, se colorant au feu , sont moins rares et à meilleur marché ; la cuisson à une haute température, qui est la cause principale de la cherté de cette matière, subsistant toujours, quelle que soit la nature de la pâte.
Porcelaine tendre.
Nous devons rappeler que la porcelaine tendre, est faite avec une frite vitreuse , rendue moins fusible et opaque par une addition de marne blanche.
On doit donc préparer d'abord la frite : c'est une composition faite à Sèvres avec du nitre, un peu de sel marin, de soude d'Alicante, d'alun et de gypse, et beaucoup de sable siliceux. On fait éprouver à toutes ces substances une fusion pâteuse ; on les brasse afin de les mêler exactement : elles donnent une frite spongieuse très-blanche. On la pulvérise et on y ajoute une parti* sur trois, de marne blanche d'Argenteuil ; ce mélange, finement broyé, donne lapàto de porcelaine tendre.
Cette jpâte , n'ayant aucune ténacité ^ ne pourroit se trarailler : on j ajoute un mucilage de gomme ou de savon
noir, qui lui donne un peu de liant; mais elle n'en a ja-> mais assez pour être ébauchée. Aussi est-on obligé de mouler les pièces à la presse, entre deux moules de plâtre. On leur laisse plus d'épaisseur qu'elles ne doivent en avoir ; lorsqu'elles sont séchées , on les finit sur le tour avec des instruxnens de fer.
On les fait cuire complètement dans ce premier état et avant de leur mettre la couverte. Mais comme pendant la cuisson cette porcelaine ramollit beaucoup plus que la porcelaine dure, il faut la soutenir de toutes parts. On y parvient en faisant cuire sur des moules de terre les pièces qui en sont susceptibles, telles que les assiettes , soucoupes , compotiers , etc. On les renverse sur ces moules ; elles y prennent leur retraite sans se déformer. On met aux autres pièces des supports de même pâte, qui prennent en cuisant la même retraite que les pièces , et qui ne peuvent servir qu'une fois.
Nous venons de dire que les pièces ^'avoient point de couverte ; par conséquent ces supports ne peuvent s^ attacher ; on les encaste d'ailleurs dans des gazettes comme les porcelaines dures.
On obtient donc par cette première cuisson des pièces complètement cuites , mais sans couverte ; on dit alors qu'elles sont en biscuit.
Le four de porcelaine tendre est absolument semblable k celui de la faïence commune , mais il est k deux étages ; et tandis qu'on cuit le biscuit dans l'étage inférieur, on cuit Ja couverte dans l'étage supérieur, ce qui procure une grande économie de combustible. Nous donnt>ns dans nos planches la figure de celui dans lequel on cuit cette porcelaine à Sèvres.
La couverte de la porcelaine tendre est un verre ou cristal préparé exprès : il est composé de silex , de sable siliceux, d'un peu de potasse et de soude, et d'environ deux cinquièmes de plomb. On fait fondre ce mélange dans des creusets, sous le four de porcelaine tendre. On broie le cristal qui en résulte ; on délaie cette poudre avec de l'eau et du vinaigre, jusqu'à la consistance d'une bouillie claire ; on en couvre toutes les pièces de biscuit, en versant cette houillie dessus: le biscuit, n'étant point absorbant comme
le dégourdi de la porcelaine dure, ne pourroît point prendre la couverte par immersion.
On encaste de nouveau les pièces, chacune dans un étui séparé 9 mais on ne les supporte plus; la chaleur qu'elles doivent éprouver dans l'étage supérieur du four, quoique assez forte pour faire fondre la couverte, ne Test plus assez jour ramollir le biscuit.
Comme cette première couche de couverte n'est point très - égale 9 on en remet une seconde j et on reporte les pièces au four pour la troisième fois.
On voit que cette cuisson est l'inverse de celle de la porcelaine dure : dans cette dernière , les pièces , mises en couverte et portées au four pour la seconde fois , éprouvent le feu le plus violent, celui qui les ramollit et les cuit complètement; la porcelaine tendre, au contraire, est cuite au premier feu et avant d'être mise en couverte.
Le travail de la porcelaine tendre est plus long et plus difficile que celui de la porcelaine dure ; sa pâte est plus chère, quoique les matières premières se trouvent partout: elle donne encore plus de rebut que cette dernière porcelaine; beaucoup de pièces se fendent, se gercent, se déforment au feu de biscuit, malgré les supports : d'ailleurs cette porcelaine vitreuse est toujours plus jaune; elle est plus transparente ; elle ne peut supporter les passages brusques d'une température à une autre ; la chaleur de l'eau bouillante suffit pour la faire casser. Elle a quelques avantages pour la peinture; mais elle a aussi dans ce cas d'aytrès inconvéniens , dont nous parlerons à la suite de l'article MéTAL , lorsque nous traiterons de la préparation et de l'emploi des couleurs retirées des oxides métalliques.
11 nous reste à dire quelques mots sur l'histoire de la porcelaine et sur quelques porcelaines étrangères.
Notes historiques sur les porcelaines.
Il S'en faut beaucoup que la fabrication de la porcelaine soit aussi générale et d'une aussi haute antiquité que celle de la poterie, qui est probablement aussi ancienne que l'existence des sociétés.
U paroît reconnu que c'est au Japon et à la Chine que
les premières porcelaines bien déterminées ont ëlé fabriquées. On parle de petites figures de porcelaine tronrées en Fgypte dans les plus anciens menumens; mais la pâle dont elles sont formées est presque entièrement silieensc . et n'est point une véritable porcelaine comme celle delaCltine.
Cette prétendue porcelaine d'£gypte -est absolument infusible, je dirois même inaltérable au feu de porcelaine dure ; car elle n'y prend aucune retraite , ne se déforme pas , ne se glace ni ne se boursoufle ; et ce qu'il j a d'assez remarquable , c'est que le remis vert dont sont recouvertes ces petites idoles égyptiennes, n'est point entièrement dé* truit par l'action violente de ce feu ; il y perd seulement de son brillant et de son intensité.
Nous n'entrerons dans aucun détail sur la fabrication de la porcelaine à la Chine et au Japon ; ce que l'on sait k ce sujet est trop vague et exigeroit trop de discussions pour trouver place ici : nous nous bornerons aux remarques suivantes, qui doivent être facilement comprises au moyen des principes de fabrication que nous avons exposés plus haut.
Les mots de hao-lin et de pé-tun^zé sont chinois. La nature des deux substances que ces noms indiquent paroit avoir été exactement 'déterminée j les matières terreuses auxquelles nous les avons appliqués, paroissent être les mêmes que celles qui sont généralement employées à la Chine pour la composition de la porcelaine : il faut seulement observer que, d'après le récit des missionnaires, pé-tun-zé n'est point le nom de la roche feld-spathique employée comme fondant, mais celui des carreaux que l'on forme avec cette roche pulvérisée , lavée et séchée ; elle est préparée ainsi sur le lieu de son exploitation , et vendue sous cette forme aux fabricans de porcelaine.
On fait entrer dans la composition de certaines porcelaines plus légères, plus difficiles à cuire et par conséquent plus chères , une matière terreuse qui est blanche , savonneuse, et que l'on nomme hoa-ché. Il n'y a point de doute que cette substance ne soit une stéatite ou un talc.
On doit avoir remarqué que certains vases de la Chine , d'un ton verdàtre, portent des ornemens blanchâtres, qui
ont un peu de relief, quoique placés sous la couverte. On assure que ces dessins sont faits au pinceau avec la stéatite nommée hoaché et avec la substance nommée ché-kao , dont nous allons parler.
, La pâte préparée avec les ingrédiens lavés soigneusement, est fortement pétrie ; et il paroi t , d'après les dessins qui nous viennent de la Chine, qu'on la fait marcher par des bœufs , comme nous l'avons déjà fait remarquer. On la garde long-temps avant de l'employer.
La couverte blanche ne contient pas d'oxides métalliques ; elle est faite principalement avec du feld-spath , auquel on ajoute de la chaux, peut- être un peu de potasse et trèssouvent de la chaux sulfatée calcipée (gypse). Cette dernière substance est désignée dans les récits des missionnaires sous le nom de ché-kao. Montamy, d'après la description qu'en a donnée un médecin chinois, l'a très-bien reconnue pour du gypse.
On a quelques raisons de croire, d'après le récit des voyageurs et l'examen des porcelaines de la Chine, que la couverte est mise sur le cru et non sur les pièces dégourdies. Lorsque les pièces ont été mises en couverte par immersion ou par aspersion , on les reporte sur le tour pour enlever de leur pied la couverte , qui sans cette précaution colleroit la pièce à son étui. Cette partie du pied est alors coupée nette et très-matte, ce qui n'auroit pas lieu si la couverte eût été mise sur le dégourdi. '
Comme la porcelaine se fabrique en grande quantité, le travail de chaque pièce est divisé entre un grand nombre d'ouvriers, ce qui apporte de l'économie dans la fabrication.
Les porcelaines de la Chine et du Japon sont donc des porcelaines dures. Elles résistent bien au feu des fours de Sèvres , mais leur pâte est beaucoup moins blanche que
1. On doutoit de la possibilitë de cette fabrication, parce quW pensoit que leg pièces crues dévoient se briser en les plongeant dans la couverte; je me suis assuré. par expérience qu'elle étoit très -praticable : mais notre procédé est plus sûr et exige moins de précau» tions.
celle des porcelaines actuelles d*£urope. Leur couverte est toujours verdàtre et quelquefois tressaillée. On nomme porcelaines truitées celles qui ont ce défaut ; et les hommes qui ont la manie d'aimer les choses uniquement parce qu'elles viennent de loin , ont attaché ydu prix à cette porcelaine défectueuse. Les formes des porcelaines des Indes sont baroques , sans goût , sans pureté de style ni de dessin ; les peintures en sont mauvaises et les couleurs crues : mais elles sont d'une grande légèreté, on en voit des pièces qui sont extrêmement minces ; on doit remarquer que ce sont des tasses sans anses.
On distingue la porcelaine de la Chine de celle du Japon , parce que les couleurs des ornemens sont en saillies dans la première, tandis qu'elles sont de niveau avec la surface dans la seconde.
La porcelaine de Meissen près de Dresde, en Saxe, et celle de Frankenthal dans le Palatinat, paroissent être les premières porcelaines dures qui aient été faites en Europe. On attribue la découverte de celle de Saxe à un phar^ macien de Berlin nommé Boetticher. Un autre chimiste y appelé Tschirnhausen , perfectionna cette découverte, et introduisit la composition de la pâte que l'on emploie aujourd'hui en Saxe.
Nous n'avons point d'autres renseignemens sur la fabrication de cette porcelaine que ceux que de Milly nous a transmis dans la Description de l'art de faire la porcelaine, imprimée en 1771. La pâte est composée de kaolin, qui ne paroît pas fort blanc en sortant de la carrière , ainsi que nous l'avons dit , et d'un fondant qui est composé lui - même d'un quart de gypse et de tessons de porcelaine • ces mêmes substances, mélangées dans d'autres proportions , forment la couverte.
La pâte n'est employée que long-temps après sa fabrication ; les pièces sont faites comme nous l'avons décrit : il paroit seulement que toutes les petites pièces sont moulées çt tournées.
Le four est très-différent de celui dont nous avons parlé : c'est un rectangle voûté. A une extrémité est la grille où se met le bois , à l'autre est placée la cheminée : la flam-
me fraverse donc le four d'une extrémité à Tautre. On juge d'après cette disposition que les pièces placées prés du feu ont beaucoup plus de chaleur que celles qui sont placées près de la cheminée. Pour rendre la cuisson aussi égale qu'il est possible avec une semblable construction, on fait trois compositions de pâtes de différente fusibilité ; la plus dure se place près de la grille , et la plus tendre à l'autre bout du four : chacune a sa couverte particulière.
La pâte de la porcelaine de Saxe est la plus belle connue ; elle est d'un blanc éclatant : on n'y trouve point cette transparence bleuâtre et vitreuse qui , loin d'être une qualité, indique une pâte peu susceptible de résister aux passages du froid au chaud. Sa cassure est luisante , ce qui tient à la finesse de son grain. Les couleurs qu'on y applique sont belles, mais crues et rarement fondues ensemble.
La découverte de la porcelaine de Saxe, plus solide et plus belle que celle de la Chine et du Japon , excita l'émulation de tous les chimistes d'Europe. On ne parvint en France à cette découverte que par la route la plus longue et la plus difficile. On fit de la porcelaine tendre d'abord à Saint-Cloud : il paroît que ce fut la première manufacture de ce genre établie en France; elle date de i6^5, et en 1698 elle faisoit déjà des pièces remarquables. On en ût ensuite à Chantilly, à Orléans, à Villeroy; cette porcelaine étoit lourde , vitreuse , bise , et semblable à celle que l'on fait encore à Tournay.
Ce fut en 17À0 que des ouvriers de la manufacture de Chantilly obtinrent de M. de Fulvy un laboratoire au château de Vincennes, pour y faire de nouveaux essais de porcelaine tendre. Une compagnie y forma bientôt une manufacture, qui obtint d'abord quelques privilèges. La porcelaine qu'elle fit acquit une assez grande réputation pour fixer l'attention du Gouvernement. Le Roi prit un intérêt . dans la manufacture et lui donna le titre de Manufacture royale. Elle fut transférée à Sèvres en 1756, dans un vaste bâtiment construit exprès pour elle.
En 1760 le roi la prit entièrement à son compte. Le» chimistes les plus célèbres furent chargés de faire tous les essais convenables pour en perfectionner les travaux. -
Hellot y avoit été appelé en 174^5 lorsqu'elle étoit encore à Vinceunes ; il n'a point connu la fabrication de la porcelaine dure. Montigny et Macquer lui succédèrent , et Darcet remplaça Macquer.
On n'a donc fait à Vincennes et à Sèvres, jusqu'en 1767, que de la porcelaine tendre 9 plus belle , il est vrai , que toutes les porcelaines de ce genre fabriquées ailleurs.
Un Strasbourgeois , nommé Hanong, vendit a la manufacture de Sèvres, en 1761, le secret de faire la porcelaine dure , telle qu'on la fabriquoit à Frankenthal. Mais comme il employoit le kaolin de Passau, et qu'on n'en connoissoit point encore en France 9 on ne put faire usage de son procédé.
En 1765, Gueftard lut à l'Académie un mémoire daos lequel il annonça qu'il avoit découvert en France des terres propres à fabriquer de la porcelaine semblable à celle de la Chine ; il y rend compte des essais de porcelaine qu'il a faits assez en grand dans un four construit par ordre du duc d'Orléans, et il rappelle qu'il avoit déjà annoncé l'existence de ces terres en 1761. Le kaolin qu'il employa venoit des environs d'Alençon ; mais il dit qu'on en trouve aussi près de Limoges.
En 1765, Macquer reconnut ce kaolin dans des échantillons de terre que Villaris, chimiste de Bordeaux, avoit recueillis aux environs de Limoges. On en faisoit des poteries grossières : on en fit de la porcelaine , et cette découverte fut constatée par plusieurs chimistes.
De Lauraguais et Darcet cherchèrent, de leur côté, la composition de la porcelaine dure : le premier présenta à l'Académie, en 1766, des échantillons de porcelaine dure^ qui furent trouvés semblables à celle de la Chine ; mais chacun gardant pour lui le secret de son procédé , on peut dire que cette porcelaine fut trouvée en même temps par plusieurs personnes.
Néanmoins il paroit certain que c'est Macquer qui introduisît à Sèvres, vers 1768, la fabrication de la porcelaine dure. Elle se fit alors concurremment avec la porcelaine tendre; mais ce ne fut guère qu'en 1774 V^^ cette fabrication devint active.
^Les manufactures se multiplièrent alors dans toute l'Europe : il n'y apoîntactuellement de pays qui n'ait la sienne. On peut dire sans prévention nationale, que jusqu'à présent la porcelaine de France, et principalement celle de Sèvres , l'emporte sur toutes les autres par la beauté de la pâte, l'élégance et la pureté des formes, le bon goût de décoration en or et en peinture : ce qui confirme ce jugement, c^est qu'il n''entre plus en France aucune porcelaine étrangère, tandis que Paris seul envoie tous les ans, pour des sommes considérables, de ses porcelaines dans toute l'Europe et même en Amérique.
La fabrication de la porcelaine tendre est presque entièrement abandonnée.
L'Angleterre possède , dans la province de Cornouailles , des 'kaolins qui paroissent fort beaux ; on ne fait cependant avec ces kaolins que de la porcelaine tendre , dont la pÂte est grisâtre. Il paroît que la difficulté, et peut- être même Timpossibilité, decuire la porcelaine dure avec de la houille, est la raison qui a forcé les Anglois à renoncer jusqu'à présent à ce genre de porcelaine.
Il y a des manufactures de porcelaine à Vienne , à Louisbourg, à Berlin , à Copenhague , à Pétersbourg, à Naples , à Florence, à Madrid. La plupart, peut-être même toutes, ne font que de la porcelaine dure. Quelques-unes, telles que celle de Copenhague , emploient des kaolins de Limoges. La manufacture de Pétersbourg tire son kaolin de Sibérie.
Nous terminons ici ce qu*il nous a paru utile de faire connoître sur les applications des argiles, dans un ouvrage où les arts ne peuvent être regardés que comme une partie accessoire. Nous parlerons de l'emploi des couleurs et de l'or sur les poteries à la suite de Tarticle Métal. Voyez ce mot. ( B. )
ARGILE ENDURCIE, {Min, ) Werner , Kirwan , etc. , ont donné ce nom à des pierres qui ne font en aucune manière pâte avec l'eau, et qui ne présentent aucuns des caractères extérieurs que nous avons assignés aux argiles. Nous ne pouvons donc les réunir à cette espèce sans entrer en contradiction avec les principes de classification que nous avons adoptés. Ces pierres ont quelques analogies avec les
pctrosilex ; niais en général elles ne peuvent encore se rapporter à aucune des espèces que nous connoissons. Nous devrons donc les désigner par un nom particulier, et pour ne point en faire de nouveau , noiis adopterons celui d*argillolite, proposé par Saussure, quoiqu^ii soit susceptible d'être critiqué. Voyez Aegillolite. (B.)
ARGILE. (Cfeim. ) L'argile, terre qu'on trouve trés-abondamment et très-fréquemment dans la nature , et dont les lithologistes distinguent un grand nombre de variétés, suivant leur finesse et leurs couleurs , est pour les chimistes , et d'après l'analyse , un mélange d'alumine et de sable , auquel sont souvent ajoutés des oxides de fer et de manganèse en plus ou moins grande quantité. On y trouve aussi fréquemment du carbonate de chaux, des sulfures métalliques , des huiles bitumineuses , des fragmens de diverses pierres, enfin des traces ou des portions de plantes et de coquilles.
Le plus ordinairement les couches ou lits de cette terre , qui ont plusieurs mètres de hauteur, varient entre elle» par leur couleur , leur liant, leur mollesse, leurs nuances, leur pureté. Toutes ces différences, qui en constituent des variétés , les rendent propres à divers usages , aux diverses espèces de poteries , depuis les plus grossières jusqu'à la porcelaine la plus précieuse , depuis les couleurs les plus fines jusqu'aux enduits les plus communs, depuis le tripoli jusqu'aux simples pierres à détacher.
L'argile sert à une foule d'arts, et c'est une des matières les plus utiles qui existent ; elle fait la base des terre» fortes. (F.)
ARGILITES. {Min.) Delamétherie a donné ce nOm aux combinaisons de l'alumine et aux mélanges de cette terre avec les autres. L'Argile native de Halle est pour lui de Targilite carbonatée ; le Schiste tegulaire, un ferruginoargilite ; le Schiste bitumineux, un argilite bitumineux, etc. Voyez ces premiers noms. (B. )
ARGILL, Voyez Argala.
ARGILLETTE (B^^) , nom consacré par Bridel aux plante» du genre Phascum , parce que plusieurs espèces de ce' genre croissent sur les terres argileuses. (P. B.)
ARGILUTE. ( Miner.) Kirwan a donné ce nom au schiste argileux , Thonschiefer de Werner , espèce qui renferme le» ardoises. Voyez Schiste t^gulaire. (B. )
ARGILLO-CALCITE. {Miner,) C'est le nom générique que Kirwan a donné aux Marnes* Voyez ce mot, et lés articles AaciLE et Chaux garbonatée. (B. )
ARGILLOLITE. (Mbiér.) Saussul*e a désigné sous ce nom Fargile endurcie de Werner ; il motive ce changement sur la préférence qu'il donne à un nom simple sur un nom composé. Nous l'adoptons , parce qu'il ne dit pas ^ comme celui de Wefner, que les pierres dont il va être question sont des argiles , et qu'il nous laisse la liberté de les placer ail-^ leurs ^ue dans cette espèce.
L'ai^lolite ou l'argile endurcie de Werner présente î dans ses variétés, des différences si grandes qu'il est asses difficile de généraliser ses caractères» Elle est généralement dure au toucher, quelquefois même elle a l'apparence d'un grès , d'un petrosilex, ou plutôt encore de la chaux carbo* natée compacte.
Elle a toutes les couleurs ; mais ies couleurs sont sales ^ ternes et ordinairement disposées par taches ou par zones parallèles.
Sa cassure est compacte , quelquefois écailleuse ; sa struc-^ ture est également compacte , ou même feuilletée, comme celle d'un schiste^ Quelques - unes de ces variétés , surtout de celles qui ont la plus grande ressemblance avec le pétro^ silex , sont translucides dans leurs parties minces.
L'argillolite se divise dans l'eau , mais n'y prend aucun liant.
Elle se trouve, d'après Werner, dans les filons ou en couches puissantes. Elle forme souvent la base des porphy-^ res, surtout en Saxe. Ce gisement la range parmi les pro-» ductions minérales primitives. Kirwan lui attribue un gisement si différent que je doute qu'il ait voulu parler de la même pierre. Il dit que l'argillolite alterne souvent aveô des couches de chaux Carbonatée $ de chaux sulfatée et de grès, et qu'elle renferme des débris de corps organisés, des coquilles , etc. Ce mélange et ce gisement feroient supposeï^ qu'elle a une origine beaucoup plus moderne que celle de l'argile endurcie de Werner^
a» ARG
On en frouve presque partout, mais nous citerons plus particulièrement celle de Chemnitz en Saxe : elle ressemble à une pierre calcaire grossière , grise : elle ne fait aucune efiervescence avec les acides: elle répand Fodenr argileuse; elle se fond en un verre gris, transparent an grand feu de porcelaine dure.
On en trouve une autre dans le même lieu, qui est marquée de taches rondes, semblables à des fruitar; ce qui lui a fait donner aussitôt le nom de FruchtsUin.
Wemer cite une autre variété d'argillolite , de Frohburg près Penning, qui est dure au point.de rayer l'acier. Elle est ruban née de rougeàtre , mais elle perd cette couleur au feu de porcelaine : elle ne s'y fond point.» Elle ressemble parfaitement au grès quartzoïde.
On voit que ces pierres n'ont presque auéun des caractères des argiles, et que ce seroit à tort qu'on augmenieroit les embarras de la détermination des variétés de cette espèce en les y plaçant. (B. )
AROrrAMÊ {Bot.) , Argytamnia , arbrisseau de la Jamaïque , qui paroit appartenir k la famille des euphorbiacées , et n'a point encore habité nos serres. 11 est monoïque. Les fleurs mâles sont à huit divisions profondes, dont les quatre internes, prises pour pétales, sont les plus courtes et ciliées , avec des glandes intermédiaires et quatre étamines saillantes ; au centre , un rudiment de pistil. Ses fleurs femelles n'ont point un double calice, mais seulement des divisions égales, au nombre de cinq; l'ovaire velu, et le style profondément divisé en trois ; les stigmates bifides et déchirés -, la capsule est divisée en trois loges à une seule graine. Les mâles ont quatre étamines' à longs filets. Les feuilles sont alternes.
Le dehors des feuilles et des calices, et leurs pédoncules , sont garnis d'un duvet soyeux et long. Voyer la figure de Brown, 1. 1, p. 86, f. 3.
L'arbre est blanchâtre dans toutes ses parties, et c'est ce que Brown a voulu annoncer par son nom, qui signifie blanc -buisson.
Adanson a réuni au même '■genre Vateramnus de Brown. (D.deV.)
ARGOLASÉ DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE (Bo^), Ar^ golasiaCapensis , herbe d'Afrique, dont la racine estfibfetise^ la tige simple, droite, garnie de feuilles alternes, et terminée par une panicule de fleurs toute couverte de longs et gros poils blancs et plumeux. Celte plante, connue par Linnaeus sous le nom de h^acirUhus plumosusy et par Alton soua Celui de lanaria plumosa^ sert de type au genre Argolasia^ établi et placé par Jussieu dans les genres voisins de la famille des iridées. Voici son caractère : fleurs hérissées de poils à Textérieur et munies de spathes simples ; calice adhérent à l'ovaire, et formant au-dessus de lui un tube coloré à l'intérieur, et divisé à son bord en six parties ^ à la base de chacune desquelles est attachée une étamine, dont l'anthère vacille sur le filet ; ovaire terminé par un style, surmonté d'un stigmate fendu en trois; capsule couronnée par le calice et divisée en trois, loges contenant chacune detix ou trois graines.
Selon l'opinion de Jussieu , appuyée par celle de Michaux , la plante dont Gmelin a fait le genre Heritiera appartient au genre Argolasia , quoiqu'elle n'ait que trois étamines. (Mas. )
ARGONAUTE (Mo/^) , Argonauta^ Linn. Ce nom rappelle une des productions les plus admirables de la nature , cet animal révéré des anciens , auquel ils courent devoir l'art de la naviga^on ; dont les poètes ont chanté les manœuvres en vers élé'gans, dont les historiens naturalistes ont décrit les mœurs en style non moins harmonieux. Ils l'ont appelé nauticon, nautilos^ pompilos ^ et les modernes l'ont désigné le plus souvent sous le nom de nautile-papyracé.
Dans l'état actuel de la science, on en fait un genre, dont les espèces se distinguent des nautiles par des caractères bien tranchés. Voyez le mot Nautile. 11 appartient à l'ordre des mollusques céphalopodes, et à la division de ces derniers qui comprend ceux pourvus d'une coquille, ou les céphalopodes testacés. Voyez Céphalopode.
Dès les temps les plus reculés on n'a pu méconnoitre la grande ressemblance de l'argonaute avec les poulpes. Le corps est en forme de sac, comme dans les poulpes : la tête, arrondie et séparée du reste du corps par un rétrécissement assez marqué, porte deux grands yeuxj elle est
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couronnée de longs tentacules coniques , qui entourent la bouche, et sont garnis dans toute retendue de leur face interne de suçoirs ou espèces de ventouses. Deux de ces 'bras cependant s'écartent, dans Targonaute, de cette forme commune et fournissent un caractère important : ils sont •élargis, dans une partie de leur longueur , en june membr^^ne ovale qui s'étend jusqu'à leur extrémité ; l'animal la roule ou la déroule à volonté.
Aucun organe particulier et bien distinct ne paroît des** iiné à fixer l'argonaute à sa coquille. Cette observation jointe à ia difficulté d'expliquer comment il pouvoit la construire , et les occasions rares que l'on avoit eues de la trouver avec son animal, ont fait penser à quelques modernes , parmi lesquels se trouvent des naturalistes célèbres, qu'elle lui étoit absolument étrangère, et qu^elle xlevoit être construite par un autre animal encore inconnu. Mais une observation attentive des deux individus qui se trouvent dans, la collection du Muséum d'histoire naturelle, «ne peut laisser aucun doute sur l'erreur d'une pareille opi^ jiion. On voit, dans celui conservé dans les galeries d'anatomie comparée, une suite de sillons qui s'étendent transversalement sur les flancs de l'animal, et qui répondent évidemment à ile semblables sillons imprimés sur les côtés de sa coquille. Les empreintes sont trop fortes, trop durables , pour faire penser qu'elles ne sont dues qu'au séjour momentané de l'animal dans une demeure qui lui seroit étrangère .- il est impossible de ne pas se persuader» en les voyant, qu'elles existent, ainsi que la coquille, dès la naissance de l'animal, et que l'accroissement de l'un et de l'autre a été simultané. On n'en peut plus douter, lors-qu'on observe les œufs du même individu; on peut voir en effet que les petits qu'ils renferment ont déjà leur coquille, comme l'ont remarqué Cuvier et Denys-Montfort» Voyez l'Hist. natur. des mollusques de ce dernier, t. 3,
La coquille des argonautes a une seule cavité large et
; profonde , et n'est composée que de deux ou trois tours
de spire contigus, formés dans le même plan, et dont le
dernier est beaucoup plus grand que tous les autres; la
carène, cette espèce de saillie plus ou moins large qui Végne sur le dos de la coquille f depuis le sommet de la spire }usqii'àla bouche, est cannelée ou bordée de dentelures ou de tubercules plus ou moins saillans, d'où s'étendent en travers, sur les côtés, un nombre égal de rides. La substance de cette coquille est mince' et flexible , d'un blanc mat ou laiteux, quelquefois grisâtre, jaunâtre ou roussàtre, du moins dans certaines parties; elle est transparente et si délicate qu'elle semble devoir se briser au moindre choc : aussi observe - 1 - on dans les mœurs de l'argonaute, qu'il évite avec grand soin les récifs; il préfère les hautes mers, à fond sablonneux. 11 se promène sur leur sable mouvant au moyen de ses huit membres : les suçoirs dont ils sont garnis lui servent à s'attacher aux corps solides. C'est de la profondeur des mers qu'il s'élève sur les ondes, lorsque le temps est calme. On prétend que, pour le faire avec facilité, il renverse sa nacelle et la vide d'eau. Arrivé à la surlace des ondes , il la redresse^, déploie aussitôt ses huit bras : il en abaisse six sur les flancs de la nacelle ; ceux-ci lui servent de rames et de gouvernail : les deux palmés s'élèvent ; leur membrane se déroule , se distend , se gonfle comme une voile parle soufile du vent; et l'argonaute vogue tranquillement sur la plaine azurée. Doit- elle être agitée par la tempête, ou conçoit -il la moindre crainte P aussi prompt que l'éclair, il replie ses voiles, rentre ses rançies, fait chavirer sa nacelle et se précipite dans l'abyme.
Rumphius , qui a observé cet animal dans les environs de l'île d'Amboine, dit que les pêcheurs regardent comme un grand bonheur depouvoir s'en emparer. Il faut, poury réussir, arriver dessus avec le vent, et le saisir en passant avec la plus grande vitesse quelque instrument par-dessous lui.
L'argonaute parolt vivre solitaire. On ne sait rien sur son genre <ie nourriture, sur les moyens qu'il emploie pour se la procurer. Au reste il a trop de rapports avec les poulpes , dans les organes du mouvement et de la manducation , pour que sa manière de vivre puisse différer beaucoup du genre de vie de ces derniers : bien plus, comme l'on n'a jamais disséqué d'argonaute, on peut conclure de ]a grande ressemblance dans la conformation de ces or-
loa A R G
ganes, que ceux de la digestion, dé la circulation, des sécrétions et même de la génération , ne peuvent s'écarter que très -légèrement 9 dans ces différens animaux, de la forme commune. Le même Kumphius cité plus haut dit que Targonaute est pourvu d'une vessie , d'où sort une encre d'un brun bleuâtre.
On a trouvé de ces animaux dans plusieurs parties de la Méditerranée, dans la mer. des Indes, dans la partie du nord de S. Domingue, sous le tropique. Il paroît qu'il est étranger aux mers du Nord ; car nous ne pensons pas que l'on puisse rapporter à ce genre l'animal décrit par O. Fabricius sous le nom d'argonaute arctique , N.** 384.
Nous n'entrerons pas dans le détail des espèces assez nombreuses dans la plupart des livres de conchyliologie ; ce ne sont en grande partie que des variétés de l'espèce suivante.
L'Argonaute papyrac^ , Argonauta argo^ Linn. La coquille est munie d'un double rang de dents ou* de tubercules*.
Variétés. A. Argonaute à carène étroite , List. Synops. tab. 656, N,* 7; Rumph. Thés. tab. 18, litt. A; Favan. Conchyl. tab. 7, f. A-2, A-4, A-&, G; Schaw, of the natu^ ralist's Miscell. N.** 33 : carène étroite, rides serrées et bifurquées. C'est à cette variété qu'il faut rapporter l'individu du iMusêum d'histoire naturelle ( Galeries d^anat. comparée) , qui est femelle. Ses œufs réunis en paquet sont jaunâtres et un peu plus petits que des graines de navet ; chaque œuf renferme un petit embryon muni de sa coquille^ De la Mé-^ diterranée. B. Argonaute à tubercules, Rumph. tabl. 18, f. 1 ; jpavanne, Conchyl. tab. 7, f. A-7 et A- 9 : tubercules ar^ rondis sur la superficie de la coquille. C'est à cette variété ^ qui habite les grandes Indes, etc., que se rapporte l'autre individu conservé au Muséum et provenant du cabinet du Stathouder. Il est représenté dans l'Histoiire des mollusques par Denys-Montfort, t. 5, pi. 37 et 38 C. La galère ; Rumphius, tabl. 18, f. B; Favanne, t. 7, f. A-6 : coquille moins. > comprimée , moins tuberculeuse , ojiverture presque carrée. Grandes Indes, golfe Persique, cap de Bonne-Espé^ rance. (Duv,)
AB.G0PH1LLE {Bot.) y Argophyllumj bel arbrisseau de la
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nouvelle Ecosse , qui n'a point encore été cultivé en Europe ; il paroît appartenir aux éricinées, dans La section de l'airelle. - ^
Suivant le caractère établi par Fors ter, le calice tient l'ovaire à demi-engagé : une corolle prc^ondément divisée ou composée de cinq pétales ; un tube intérieur pentagone, rétréci et frangé, désigné comme nectaire , renferme des éta* mines, courtes , qui ne sont point bicornes comme dans les autres genres : l'ovaire , adhérent au calice, devient une capsule à trois loges, ouverte en trois par le haut.
Ses feuilles sont alternes, et ses fleurs en panicules axillaires. Le duvet argenté dont les unes et les autres sont couvertes , lui afait'ûonner le nom générique d^argophyllum, et le trivial nitidum. (D. de F".)
ARGOURHI {MAmm.) , nom de l'agOuti chez les Caraïbes , selon le père Labat. Voyez Cabiai. (C. )
ARGOUSSIER (Bot.) y Hippophae^ Linn., Juss. , Lam. 111. pi. 808; genre de plantes de la famille des^halefs ou osyridées, distingué par les caractères suivans : fleurVtouteâ mâles sur un individu, composées d'un calice à deux divisions profondes, arrondies et contenant quatre anthères ; fleurs toutes femelles sur un autre individu, composées d'un calice tubulé un peu fendu en deux au sommet , et contenant un ovaire terminé par un stigmate saillant hors du calice. L'ovaire devient une baie globuleuse à une seule graine. Voici les deux espèces gui composent ce genre.
L'Argoussiea bhamnoïde, ou simplement l'Argoussier, Hippophaerhamnoides,hinn.,FLDaii. t. 266, arbrisseau épineux et grisâtre, commun sur le bord de la mer, dans les sables des dunes. 11 est haut de trois ou quatre pieds dans l'état sauvage, et de douze à quinze lorsqu'il est cultivé. Ses nombreux rameaux s'étendent irrégulièrement, et sont, garnis de petites feuilles étroites, alternes, épaisses et blanchâtres en dessous. Ses fleurs sont sans éclat, petites et groupées aux aisselles des feuilles, à la base des jeunes pousses. Les épines, placées également aux aisselles des feuilles, sont très-roides, d'abord courtes, et puis s'allongent en rameau : les baies sont jaunes. Si l'on examine la surface des jeunes rameaux, des feuilles et des fleurs, on
la voit couverte de petites écailles. Son bois est très -dur et presque incorruptible. Cet arbrisseau est employé , même lorsqu'il est mort, à construire des haies^ à quoi ses épines et la nature de son bois le rendent très -propre. I^es baies ont une saveur acide et désagréable : on lit cependant dans Linnœus que les Lapons en préparent un rob qui sert d'assaisonnement au poisson et à la viande dont ils se nourrissent.
L'Argoussier du Canada, Hippophae Canadensis ^Linn* Il ne diffère du précédent que par ses feuilles ovales. (Mas.)
ARGUENILLéA {Bot.) , nom que porte au Chili unç espèce de plante du genre Jovellana, (J.)
ARGUENITA ( Bot. ) , nom donné dans le Chili à quelques espèces de calcéolaires. (J.)
ARGUILLE ( OrnitTi. ) , nom vulgaire du motteux, mota^ cilla œnanthe^ L., qu'on appelle aussi artille. (Ch. D. )/
ARGUS ( Ornith. ) , espèce de faisan qui habite en Chine et à Sumatra, phasianus argus ^ L. Voyez Faisan. (Ch. D. )
ARGUS ( Entom. ) , nom de plusieurs petits papUlons de .jour, que Geoffroy tivoit nommés bleu , brun, vert ou aveu* gle, satiné, etc. Voyez Hes PÉRI E. (CD.) '
ARGUS {MolL)f espèce de coquille. Voyez Porcelaine, gen. ( Duv. )
ARGUS {Ichtjrol.) , les naturalistes modernes ont donné cette épithète à plusieurs espèces de poissons , entre autres , a un Chetodon , à un Lutjan , à un PisuRONECTE. Yoycé ces mots. ( F. M. D. )
ARGUS D'AMÉRIQUE. {Rept.) C'est une espèce de lézard voisin de l'améiva. Voyez Lézard. On donne aussi ce nom è une couleuvre. Voyez Couleuvre. (C.)
ARGUS FAClÉ.{MolL) Voyez Pourpre. (Duv.)
ARGUSE {Bot. ) , Messerschmidia y genre de plantes borra* ginées , dont les fleurs, fort petites , ont le tube court, un peu dilaté à la base ; les étamines non saillantes ; le stigmate capité ; le fruit en baie sèche , ayant deux noyaux qui semblent partagés en trois loges , dont l'intermédiaire est vide, et dont les deux latérales n'ont qu'une graine chacune : les cotylédons sont remarquables par leur forme eblongue et presque cylindrique.
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La première espèce connue n^est qu^une plante vivace, trouvée par un botaniste de Dantzick , nommé Messerschmid, dans la Tartarie orientale, sur les collines voisines de la rivière d^Argun. Amman avoit tiré de cette habitation le nom d^argusia^ en proposant toutefois de lui donner celai du voyageur ; ce qui a été fait par Linnaeus. Elle est figurée dans les Mémoires dePétersbonrg, 1763, 1. 11. Cette espèce est difficile à conserver vivai^te : les fleurs ont Ji^odeur du muguet.
Deux arbrisseaux des Canaries se sont depuis trouvés congénères de cette plante du Nord ; Tune à feuilles plus larges, messerschm. fruticosa , L.; l'autre très-peu différente, mess, angustifolia.On les élève dans les jardins de botanique en }eur faisant passer l'hiver dans la serre tempérée. {D.deV,)
ARGYODONTE. {IchlyoL) Ce nom a été donné par le poëte grec Marcellus à la sciène ombre , pour indiquer la blancheur de ses dents. Voyez Sciène. (F. M. D. )
ARGYREIA (JBo^),Lour.', Juss. Mss. , genre de plantes de la famille des liserons 0:1 con'wolvulacées , composé de trois espèces d'arbrisseaux de la Cochinchine. Il a pour caractères, 1.* un calice coloré, velu, persistant, prenant de l'accroissement après la floraison , et divisé en cinq découpures , dont deux extérieures plus grandes; 2.^ une corolle monopétale, dont la base est un tube terminé intérieurement par cinq crénelures, et le sommet un limbe plissé et divisé à son bord en cinq découpures ; 3.° cinq étamines , dont les filets sont épais, attachés à l'entrée di^ tube de la corolle, et terminés par des anthères en forme de flèche ; 4.° un ovaire libre et surmonté d'un style simple et d'un stigmate en~ tête ; 5." une baie arrondie , sèche et divisée en quatre loges contenant chacune une graine. Pa^mi les trois espèces qui composent ce genre, deux sont de petits arbustes grimpans comme le liseron, garnis de feuilles alternes, couvertes d'un duvet argenté et terminées par des fleurs blanches disposées en panicule. Tous les ^ux, selon Loureiro, sont employés comme astringens. La troisième espèce est un arbrisseau non grimpant, haut d'environ huit pieds ; Mes, rameaux sont étalés, garnis de feuilles rudes, comme celles des boi^raginées , et terminés par des-grappes de fleurs
lofi A R G ^
jaunes. Cet arbrisseau est cultivé dans la Chine et danf la Cochinchine, où ses racines et ses feuilles sont d'un grand usage , en forme de cataplasme , contre les inflammation^ extérieures et les tumeurs des mamelles. ( Mas. )
ARGYRÉIOSE. {Ichtjyol.) Ce nom, tiré du grec, signifiç argenté; Lacépéde Va. donné à un genre de poisson qu'il a séparé des zées et qui a les caractères suivans.
Caract, gén. Il a le corps et la queue très-comprimés, une seule nageoire dorsale ; plusieurs rayons de dette nageoire terminés par des filamens très-longs, ou plusieurs piquans, à chacun de ses côtés ; une membrane verticale placée transversalement au-dessous de la lèvre supérieure ; les écailles très-petites, les nageoires thoraciques trèsallongées , des aiguillons au devant des nageoires dorsale et anale-
1.® Arcyréiose vomer, Argyreioms vomer j Z^us vomerj Linn. Ce poisson a onze rayons aiguillonnés et vingt -un articulés à la dorsale, un rayon aiguillonné et vingt articulés à Tanale , deux aiguillons au devant des nageoiçef dorsale et anale , la caudale fourchue.
B. — 7. D. — 32. P.— 18. Th. — 6. A. — 21. C — 19.
Longueur , quinze ou seize centimètre;^.
Ce poisson , qu'on prétend exister également dans la mer de Norwège et du Brésil , est d'une belle couleur argentée avec quelques reflets bleus sur le dos et les nageoires. U se nourrit de petits crustacés et de différens mollusques : sa chair est excellente.
J'invite les naturalistes à s'assurer si Targyréiose de Norr wège est le même poisson que celui du Brésil : je crois qu'on peut en douter provisoirement.
Les argyréioses sont des poissons osseux thoracins. (F. M. D.)
ARGYROCHÊTE {Bot.)^ Argyrochata, Cavanilles, dans ses Icônes planlarum , vol. 4 , p. 64 , t. 378 , décrit et figure sous ce nom la plan.te connue depuis long -temps sous celui de parthenium liyslerophorus , - L. , ou absinthe d'Amérique i mais comme le caractère du parthenium j donné par Linr naeus, étoit incomplet, l'auteur espagnol, trouvant dans sa plante des parties omises dans la description de Lin«
nvtus ^ a pu croire qu'elle étoit différente et en former un genre nouveau. Nous sommes forcés de le supprimer 9 en profitant de ses notes pour compléter le caractère générique du Paathenium. Voyez ce mot. (J.)
ARGYKOCOME {Bit.) ^ Argyrocoma^ Gaert. t. 167, genre de plantes de la famille des curymbiféres , établi par Gaertner sur quelques espèces séparées des genres Xeranthemum et Cru^halium de Linnaeus, et auquel il assigne pour caractère, 1 .° des fleurs flosculeuses , les unes mâles, les autres femelles, mêlées ensemble; 2.** le calice commun, formé ^d'écaillés imbriquées, sèches, luisantes, les intérieures plus longues et formant un rayon coloré autour des fleurons ; 3." le réceptacle nu ; 4.* les aigrettes entièrement plumeuses, ou seulement au sommet. Les espèces réunies de ce genre sont presque toutes du cap de Bonne - Espérance : elles sont semblables aux gnaphales , et leurs fleurs conservent après leur dessèchement , comme celles de l'immortelle , Téclat qu'elles avoient dans leur état de fraîcheur. ( Mas. )
ARGYROPÉE. ( Chim. ) C'étoit un des anciens noms de la chimie, lorsqu'on la regardoit uniquement sous le rapport de la fabrication artificielle de Tor et de l'argent , ou même sous ceux de la purification et de l'alliage de ces métaux précieux. Cette dénomination étoit donc , comme celle de chrysopée, bien voisine de celle d'alchimie. ( F. )
ARIA ( Bot. ) , nom ancien de l'alisier ordinaire. ( J. )
ARIA-BEPOU {Bot.), nom malabare de Tazedarach de l'Inde , melia azadirachta , L. , figuré dans Rhèede , Malab. 4 9 t. 62. (J.)
ARIANE. ( Entom. ) On nomme ainsi une espèce de Papillon. Voyez ce mot. (C. D. )
ARIA-VEELA {Bot.), nom malabare du mozambé visqueux, cleome vise o sa , L. , figuré dans le Hort. Malab. v. 9 , t. aS. Rhèede lui attribue desv^vertus très-étendues. Selon lui , le suc, pompé par les^ narines ,. soulage la iHe et la préserve des effets du poison ; mêlé avec de l'huile et insinué dans l'oreille, il diminue la surdité : les feuilles, prises à l'intérieur, spnt fortifiantes , stomlachiques et dissipent les vents;
pilées et mises sous les aisselles à rinvasion d'un accès de fièvre 9 elles diminuent • et même suppriment ie frisson; leur simple application adoucit beaucoup le mal de tête.
ARIEL (Ornith.)y nom arabe du héron butor , ardta sUllarisj L. (Ch. D.)
ARIGNAN-OUSSOU ( Ornith. ), nom brésilien du dindon, que Coréal nomme aussi arignon-aussou, et Laet, ari^aousou. ( Ch. D. }
ARILLE. {Phys. végét.) L'arille est une extension et un développement du cordon ombilical; il n'existe que dans quelques espèces : il forme autour de la graine .une enveloppée très-souvent incomplète, et n'a aucune adhérence avec elle.
Cet organe disparoît quelquefois après la maturité des semences, comme nous avons eu occasion de Tobserver suv le manioc à feuilles de cotonnier, jatropha gossypifolia ^ , Jacq. Dans cette plante , Tarille recouvre la graine en totalité ; il est très-mince , excepté au point où s'attache le cordon ombilical : là, il forme une sorte de bourrelet en capuchon ; mais à mesure que le volume de la graine augmente , ce bourrelet diminue et Tarille se dessèche, à tel point qu'il finit par disparoitre entièrement. Dans d'autres plantes, au contraire, on peut observer l'arille sur la graine parfaitement mûre.
L'arille du muscadier est connu dans le commerce sous le nom de macis; c'est une enveloppe charnue, odorante, d'un rouge éclatant, découpée en lanières épaisses. Celui du ravenala . arbre voisin des bananiers , est une membrane frangée et d*un beau bleu de ciel. Celui des oxalis est blanchâtre ; il a la forme d'un petit sac ; a l'époque de la maturité , il se crève à son sommet , et se retournant de dedans en dehors avec élasticité, il lance au loin la graine qu'il recouvroit d'abord.
Nous pensons que l'arille est une sorte de corps glanduleux , dans lequel sont élaborés les sucs qui servent à nourrir et à développer la graine. Cette opinion paroît prouvée par le dessèchement très-visible de cet organe, à mesure que la graine et ses cotylédons prennent de l'accroissement. (B. M.)
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ARIMANON ( OrniU.) , petite perruche de Tile d'Otahiti, fsîUacus laitianus , L. ( €h. D. )
ARIN-DRANTO. (Bot.) Suivant Flacourt , c'est un arbre de Madagascar, dont le bois étant pourri rend une odeur mer^ veilleuse en brûlant , et qui fait un fort bon parfum. Le même auteur parle ailleurs de l'arandrato, qui est peut-être le même que celui-ci , et dont la décoction sert à faire de Tencre dans le pays. { A. P. ) >
AJIISARON {Bot.) y nom d'une espèce de gouet , arum arisarum^ L. Voyez Gouet. (J. }
ARISTÉE BLEUE (Bo^), Aristea eyanea. Ait. Hort. Kew. p. 67 , herbe du cap de Bonne-Espérance , qui a la racine fibreuse, les feuilles courtes , linéaires et ramassées en faisceau ; la tige placée au centre du faisceau , haute de sept à huit pouces, et terminée par une tête de fleurs bleues , embrassée chacune par une spathe composée de deux pièces blanches , membraneuses et finement déchirées sur les bords. Cette petite plante , connue par Linnœus sous le nom d'txia africana^ et par Lamarck sous celui de moraa aristea, sert maintenant de type au genre Aristea , établi par Alton et placé dans la famille des iridées. Son caractère est d'avoir la spathe de deux pièces; le calice (corolle, selon Alton) épanoui au-dessus de l'ovaire et divisé profondément en six parties un peu inégales ; trois étamines courtes ; u^ ovaire surmonté d'un style courbé en arc , dont le stigmate tst évasé en entonnoir et frangé à son bord. La capsule est éblongue et trigone. Deux espèces de morées , le morœa earw- Ua et le morœa spiralis^ appartiennent à ce genre, selon Willdeno^v. La plante nommée tehel par Adanson lui appartient .encore , selon Joissieu. L'aristée bleue est une plante d'ornement, qu'on cultive en Angleterre dans les jardins de Kew. (Mas.)
. ARISTIDE { Bot, ) , Aristida , Linn. , genre de plantes de la famille des graminées. Son caractère est d'avoir des fleurs toutes hermaphrodites^ composées' d'une glume à deux Valves , qui ne renferme ordinairement qu'une seule fleur, dont le calice est univalve et rarement bivalve, terminée par trois barbes. L'ovaire est surmonté de deux styles capillaires;^ les stigmates sont velus. Ce genre contient ^n«
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viron quinze espèces , toutes exotiques et dignes d'attention par la longueur de leurs arêtes ou de leur barbe. Les plus remarquables sont : ' .
L'Aristide de l'Ascension , Ar'^lida Ascensionis j Linn. ^ dont les fleurs forment une panicule allongée et resserrée. Cette plante croît dans Tîle de l'Ascension. C'est une de» quatre qui composent, selon Osbeck, toute la Flore de cette île. Les autres sont la rubéole ligneuse , l'euphorbe à feuilles d'origan , et le pourpier.
L'Aristide d'Amérique, Aristida Amerîcana, Linn. Se» fleurs paniculées sont disposées en épis filiformes. Les pédoncules supportent de petites fleurs purpurines , alternes , dont quelques-unes sont sessiles.
L'Aristide CAPiLLACés, Aristida capillacea, Lam.JU, Elle a le port d'un agrostis ; ses tiges sont peu élevées ; ses fleurs disposées en une panicule serrée , capillaire , à pédoncules ramifiés.
L'Aristide géante, Aristida gigantea, Linn. fil. Supp. Se» tiges sont très -hautes, glabres et rameuses; sa panicule étalée , unilatérale ? ses calices glabres , bleuâtres , uniflores. Cette plante est originaire de l'île de Ténérifife. (P.)
ARISTOLOCHE (Bot.), Aristoloehia ^ Linn., Juss., Lam. llhist. pi. 773 ; genre qui donne son nom à la famille de» aristoloches et dont les fleurs sont axillaires : le calice est en tube renflé à la base, élargi à son orifice et se terminant en languette plus ou moins allongée. Les plantes qui le composent n'ont point de corolle;* les anthères, presque sessiles et au nombre de six, sont posées au-dessous des divisions du stigmate , qui est fendu en six. L'ovaire est adhérent et surmonté d'un style très -court. La capsulé a six loges qui s'ouvrent à leur base , et les semences sont attachées à l'angle central des loges. Les feuilles des aristoloches sont alternes. Comme le nombre des espèces est assez grand, on peut les diviser en deux sections : dan» la première , on comprendra celles dont la tige est voluble ou grimpante , et dans la seconde , celles qui n'ont pas cette faculté de s'attacher aux arbres et aux corps qui le» avoisinent.
L'Aaistoi.ocu£ a gros fruit, vulgairement le Capitan p