‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 18 sur 100 · A RS · texte numérisé non relu

A RS

changement de Pàcid^ arseiiieux en acide arsenique, opéré par Tacide nitrique'; et comme cet acide est excédant dans le résidu indiqué ou dans le sel neutre arsenical de Macquer, ce sel doit porter le nom d^arseniate acidulé de potasse. 11 est très -acre, il rougit les couleurs bleues végétales, il cristallise en prismes quadrangulaires , terminés par une pyramide à quatre faces. Il est trés-soluble dans' reau y inaltérable à l'air , indécomposable par le feu ,. décoinposable par les attractions doubles. A Thistoire de ce sel se trouve donc attachée celle de deux découvertes importantes, -celle de Macquer et celle deSchèele (F.)

Arseniate d'ammoniaque. (Chim.) Pelletier a découvert '^u'en décbruposant à l'aide de la distillation le nitrate d'ammoniaque par l'acide arsenieux , il restoit un sel ou arseniate ammoniacal , dont le caractère est de perdre , par 4'action continuée du feu , son ammoniaque , et de passer ainsi à l'état d'acide arsenique pur. Cette distillation , qui doit être faite avec précaution , est donc un moyen d'obtenir l'acide arsenique pur , sans avoir besoin de distiller une grande quantité d'acide nitrique sur l'acide arsenieux.

ARSENIC. (Cfeim.) L'arsenic est une matière métallique,

cassante et volatile , qu'on rangeoit autrefois parmi les

-^emi-métaux et qu'on nommoit alors régule d'arsenic : "le

mot arsenic seul signifioit alors l'oxide blanc et vitrifié de

•ce métal.

L'arsenic se trouve le plus souvent dans un triple état au sein de la terre, ou natif et métallique, ou oxidé en blanc, ou uni au soufre, en sulfure jaune ou orpiment , et en sulfure rouge ou réalgar. Il se rencontre aussi très -souvent uni à d'autres métaux en même temps qu'au soufre » dans les mines de bismuth, de cobalt, de nickel^ etc. ^ On ne travaille pas les mines d'arsenic pour en extraire le métal , mais pour en obtenir l'oxide blanc sublimé et vitrifié, 'qui a les véritables caractères d'un acide et que je nomme acide arsenieux : en le chauffant avec de l'huile ou du savon dans un vaisseau bien fermé , le charbon huileux enlève l'oxigène , et réduit le métal, qui se sublime au haut de l'appareil ; il y est en couches minces j noires au

dehors, très-cassantes, briUantes^ métalliques et dW gris foncé dans leur cassure.

Quand on chauffe ce métal sur un charbon ardent, il répand au jour une fumée blanche, d^une odeur acre, fé-* tide , aillacée ; la nuit on voit une flamme bleue , sensible , qui précède cette vapeur : ainsi Tarsenic est très-combus« tible. Lorsqu'il a ainsi brûlé , son oxide volatilisé , qu'on nomme arsenic blanc dans les boutiques, est un acide foible, rougissant un peu le tournesol, d'une saveur acre, désagréable et très -délétère, soluble dans l'eau, volatil, cristallisable , précipitant en jaune les sulfures et les hydrosulfures , susceptible de s'unir avec les alcalis , etc. ( voyez les articles Acide arsenieux et Arsenites) ; enfin, ayant la propriété de s'acidifier plus fortement par l'acide nitrique et par les nitrates : ce dernier acide est connu sous le nom d'acide arsenique. Voyez les- articles Acide arsenique et Arseniates.

L'arsenic métal s'unit au phosphore et au soufre ; il paroit être soluble dans le gaz hydrogène et Jui donner avec une odeur fétide une manière de brûler particulière : il s'allie facilement à un grand nombre de métaux et les rend cassans. Il sert à faire quelques alliages blancs, durs et sonores. Ce métal est dangereux pour la santé , et il doit être éloigné avec soin de tous les usages de la vie. ( F. )

ARSENIC. (Miri^r.) Il est aussi fmportant d'avoir de bons caractères pour distinguer les substances nuisibles qu'il faut éviter , que pour reconnoltre celles qui sont utiles. On ne peut donc trop multiplier les caractères dis ti ne tifs de l'arsenic.

Ce métal se présentant dans la nature sous diverses formes, et étant même engagé dans des matières qui masquent ses caractères extérieurs , il faut lui chercher un caractère qui se présente constamment dans ces différens états. La propriété qu'il a de répandre une odeur d'ail très -piquante, lorsqu'il est chaufie sur des charbons, sert à manifester sa présence dans quelque lieu qu'il 'se trouve et quel que soit son état : on le reconnottra facilement par ce moyen • et lorsqu'on a senti déjà son odeur, on ne peut le confondre avec aucune autre substance. L'antimoine oxidé donne , ij[

est vrai, uoe odeur analogue; mais avec un peu d'habitude on saura les distinguer. Cependant, cette habitude n'étant point acquise par tout le monde, il faut ajouter quelques caractères plus précis à ce premier signe. La grande volatilité de l'arsenic sous forme de fumée blanche, volatilité telle que ce métal est sublimé avant d'être fondu, le distingue suffisamment de l'antimoine; enfin, l'oxide de ce dernier métal déjà préparé est fixe, celui d'arsenic est au contraire très -volatil.

A Taide des caractères que nous venons de donner , on peut reconnoitre l'arsenic sans jamais l'avoir vu; mais sll se présente en masse et avec toutes ses propriétés, il est encore plus reconnoissable. C'est un métal extrêmement fragile et même friable, d'une couleur noire, brillante lorsque sa surface est renouvelée par une cassure fraîche , mais elle se ternit promptement par le contact de l'air. Sa cassure est grenue , quelquefois un peu lamelleuse ou écailleuse. La texture de Farsenic du commerce est lâche et comme poreuse.

La pesanteur spécifique de Farsenic préparé est, suivant Bergmann , de 8,5o8.

Son oxidc ne donne au verre aucune couleur.

$• 1.^^ Espèces de mines dT arsenic.

1.^ Arsenic naiif. Il a tous les caractères que nous venons de donner à l'arsenic, mais il m'a paru avoir toujours une texture plus compacte ; il est aussi moins friable. Sa pesanteur spécifique , donnée par Brisson , est cependant très-inférieure à celle de l'arsenic préparé ; elle est de 5,7» à 5,76. Il ne se présente jamais cristallisé. Ses diverses modifications sont:

a ) Arsenic natif concrétionné. Il est en masses mamelonées ou tuberculeuses, composées de lames convexes, à recouvrement les unes sur les autres , à la manière des lames qui composent les coquilles ; c'est ce. qui lui a fait donner le nom d'arsenic testacé. On trouve quelquefois au centre de ces tubercules un noyau d'argent antimonié.

b) Arsenic natif spéculaire^ Wnll. Il est étendu en couche

mince, etairant le brillant métallique, à la surface de différentes pierres.

Les pierres sur lesquelles on le voit, sont toujours des portions de salbande et d'épontes de filon; et on diroit que cette mine a reçu son éclat du frottement des parois du filon contre la roche.

On révoque en doufe l'existence de cette variété décrite par Wallerius, et que Bergmann a regardée comme une va* lié té de cobalt sulfuré. J'en ai examiné àea échantillons qui avoient les caractères extérieurs que je viens d'énoncer : ils répandoient au chalumeau la fumée blanche et Todeur d'ail de l'arsenic ; ils ne coloroient point en bleu le verre de borax, comme l'eût fait le cobalt; enfin ils ne laissoient sur le charbon aucun bouton métallique. Tous ces caractères sont bien ceux de l'arsenic natif.

On le trouve a Annaberg en Bohème. Waller.

c) Arsenic natif amorphe. 11 est en masse sans forme , mais sa texture varie. 11 y en a de parfaitement compacte ; d'autre qui a'ia texture aiguillée : plus ordinairement il est composé d'une multitude de petites écailles; on lui donne alors le nom d'arsenic écailleux.

L'arsenic natif est rarement pur ; il contient ordinairement un peu de fer, qui reste en scorie lorsque Tarsenic a été volatilisé.

Il ne se trouve presque jamais en filons particuliers; il accompagne ordinairement l'argent sulfuré , le cobalt gris et arsenical, le cuivre gris , le fer carbonate, le nickel arsenical f et ne se rencontre que dans les montagnes primitives.

On le trouve en France, à Sainte-Marie-aux-mines , département du haut-Rhin ; il y est en gros mamelons : en Saxe , àFreyberg, en boules composées de couche» concentriques et contenant quatre pour cent d'argent ( de Born ) : en Bohème, à Joachimsthal : en Angleterre , dans les mines de Comouaille : en Sibérie, dans la mine d'argent de Zmeof; Patrin a remarqué que les mines de Sibérie se terminoient dans la profondeur par des minerais arsenicaux. Enfin , on le rencontre dans presque tous les lieux où se trouvent les autres espèces d'arsenic dont nous allons parler.

2.° Arsenic oxioé. Il est en oxide blanc, transpareift) entièrement volatil, avec odeur d'ail, et dissoluble dans l'eau. Sa pesanteur spécifique est de 3,70 ; ou même cinq , d'après de Born.

On en distingue trois variétés :

L* arsenic oxidé prismatique , en prisme quadrangulaire. Il se trouve à Joachimsthal , en Bohème j sur de la baryte sulfatée.

L'arsenic oxidri aciculaire^ en aiguilles ordinairement divergentes, '

Uarsenic oxidé pulvérulent. Cette espèce est assez rare. Elle se rencontre en eiHorescence dans les filons des mines d'arsenic , ou sublimée par Faction des feux souterrains, dans les fentes des montagnes vi9lcaniques.

On trouve Tarsenic oxidé au Hartz, à Andreasberg; en Saxe , à Raschau ; en Hongrie , à Schmœlnitz ; dans les Pyrénées espagnoles , dans une mine de cobalt de la vallée de Gistan. ( Sage. )

L'oxide d'arsenic cristallise artificiellement en octaèdre, Tnais ses cristaux s'effleurissent à l'air , tandis que ceux de la nature restent transparens.

3.** Arsenic sulfuré rouge. Cette espèce est remarquable par sa couleur, qui est souvent d'un beau rouge ti^ rant un peu sur l'orangé. Sa poussière est orangée , et c'tst ' ce qui la distingue du mercure sulfuré dont la poussière est d'un rouge vif. EUç est très -tendre, se laissant briser par l'ongle : sa cassure est vitreuse et conchoïde.

L'arsenic sulfuré rouge est entièrement volatil au chaluimeau ; il répand alors une odeur d'ail et de soufre : il perd «a couleur dans l'acide nitrique.

Il acquiert par frottement, et sans avoir besoin d'être isolé, l'électricité résineuse ; enfin, sa pesanteur est de 3,35, et cette grande légèreté suffit seule pour le distinguer au premier moment di; plomb chromaté , dont la couleur est la même.

L'arsenic sulfuré est donc une espèce très - caractérisée. Elle est susceptible de cristalliser : sa forme primitive paroit être la même que celle du soufre^ c'est un octaèdre à triangles scalènej^. Ses variétés dç fpfmçs secondaires

sont, au contraire, assez différentes; elles se rapprochent de la forme prismatique. Les sommets pyramidaux de ces prismes sont composés de faces parallèles à celles de roctaédre primitif. Nous choisirons pour exemple,

U arsenic sulfuré rouge diootaèdre , figuïé dans nos planches.

Les terrains volcaniques sont le gisement le plus ordinaire de ce minerai ; on le trouve sublimé dans les fentes des laves et vers les cratères des volcans.

Il existe aussi dans les montagnes primitives, en masse, en veine , en cristaux, ou en efflorescence dans les filona qui renferment de l'arsenic natif.

On trouve Farsenic sulfuré rouge des terrains primitifs au S. Gothard, dans la chaiix carhonatée (Dolomieu) ; en Transylvanie, dans les mines d'or de Nagyag; en haute Hongrie, à Felsoebanya; en Bohème, à Joachimsthal ; en Saxe , à Marienberg. De Born cite un filon de .cette mine de trois décimètres ( \in pied ) d'épaisseur , mais terreux et friable , trouvé dans la Buchovine , entre la Galicie et la Transylvanie.

Celui des terrains volcaniques se trouve h la Solfatare près de Naples : sur l'Etna , en Sicile ; au Vésuve , dans le courant de lave de 1 794 ; il y est cristallisé : dans le volcan de la province de Bungo, dans l'île de Xîmo , au Japon (Rome de Lisle) : à la Guadeloupe, où il est connu sous le nom de soufre rouge.

L'arsenic sulfuré rouge porte communément les noms de réalgar ou réalgal , de rubine d'arsenic , d'orpin rouge. Les anciens le désignoient sous le nom de sandarac. Il paroît que le sandyx étoit un autre nom de cette substance ou d'un mélange dans lequel il entroit dans une grande proportion. Ce minerai est composé de soufre et d'oxide d'arsenic ; et d'après Bergmann il contiendront quatre-vingtdix parties d'arsenic et dix de soufre.

Comme sa poussière est d'un beau rouge orangé, il est employé comme couleur. On en fait en Chine des pagodes et des vases purgatifs, dont on se sert en y mettant infuser des acides végétaux, que l'on boit ensuite; en Sibérie* on l'administre sans crainte contre les lièvres intermittentes.. -Quoique ses effets soient moins prompts que ceux de l'oi^id^e

d'arsenic, il est toujours un poison trés«actif lorsqu'il nVst pas dosé avec prudence. ^

4.** Arsenic sulfuré jaune. On le nomme ordinairement orpin , orpiment : Werner Tappelle réalgar jaune. Sa couleur est le jaune citron, souvent très-vif, et même éclatant : lorsque sa texture est lamelleuse , la surface des lames offre des reflets d'un jaune doré ; ces lames sont translucides, très-tendres et m^ême flexibles • elles se séparent trèsfacilement à la manière de celles de la chaux sulfatée.

Cette espèce d'arsenic se volatilise au chalumeau en répandant une odeur d'ail et de soufre ; elle acquiert par le frottement l'électricité résineuse. Sa pesanteur spécifique est 3,45.

On ne l'a pas encore trouvée cristallisée : tantôt elle se présente en grandes lames, tantôt en petites lames ; ce sont ises seules variétés. L'arsenic sulfuré jaune appartient plutôt aux montagnes stratiformes qu'aux montagnes primitives en masse; il accompagne assez souvent l'arsenic sulfuré rouge.

On en trouve en Hongrie, à Moldava dans le Bannat, dans un filon de cuivre pyriteux (de Born); à Thajoba, près de Neusohl, en cristaux octaèdres peu nets, engagés dans une argile ferrugineuse (de Born) ; en Transylvanie, à Ohlalapos , en globules testacés , agrégés ensemble comme les oolithes calcaires ( de Born ) ; en Géorgie , près de Gumischcana; en Valachie; en Natoliè et dans le reste de l'Orient.

L'arsenic sulfuré jaune du commerce vient du Levant.

Il est employé dans la peinture sous le nom d'orpin. Wallerius dit qu'on l'emploie pour teindre en jaune les bois blancs et leur donner l'aspect du buis.

Les Orientaux en font un dépilatoire, que les Turcs nom* ment rusma.

Les minéralogistes ne sont point encore d'accord sur les véritables différences de composition entre l'arsenic sulfuré Touge et l'arsenic sulfuré jaune. Plusieurs ont dit que le rouge contenoit moins de soufre que le jaune ; Kirwan et Westrumb sont de cet avis. Ce dernier dit que l'arsenic sulfuré jaune est composé de quatre-vingts parties de sou*

fre et vingt d'arsenic , et que la proportion de ces substances est inverse dans le rouge. Vauquelin et d'autres chimistes pensent que ces deux espèces d^arsenic doivent leurs différences aux diverses proportions d'oxigéne , et que ce corps est en plus grande quantité dans le jaune que dans le rouge.

Nous ne suivons pas ici l'exemple de beaucoup de minéralogistes qui ont placé parmi les mines d'arsenic le mispickel ou fer arsenical : nous adopterons l'opinion d'Haiiy, qui le place parmi les mines de fer.

* $• 3* Métallurgie de l' arsenic*

On n'exploite pas les mines d'arsenic , qui sont d'ailleurs rarement isolées. L'arsepic du commerce, qui est de l'oxide blanc d'arsenic, s'obtient dans le traitement des mines de cobalt et dans celui de quelques mines d'étain. Lorsqu'on grille la première espèce de miiie, elle donne toujours de l'arsenic oxidé , que l'on recueille presque sans frais.

Le cobalt est placé sur l'aire d'un petit fourneau de réverbère chauffé par dififérens procédés, qui seront décrits k l'article Cobalt. La cheminée de ce fourneau, au lieu de mpnter verticalement à sa sortie du fourneau , est prolongée horizontalement aune très -grande distance; cette cheminée est souvent construite en bois. C'est dans l'intérieur de ce long canal que se condense l'oxide d'arsenic qui se dégage dans le grillage du cobalt. Lorsque le fourneau est bien refroidi , on ouvre des espèces de portes pratiquées sur les côtés de cette cheminée horizontale , et on recueille l'oxide d'arsenic. Cette opération est extrêmement dangereuse pour les hommes qui la font ; et Sage dit qu'en Saxe on n'en charge que des criminels condamnés à mort.

L'oxide d'arsenic obtenu par cette première sublimation provient de la décomposition du fer arsénié ( mispickel ) , qui a lieu dans le grillage des mines d'étain ; de la fabrication du bleu de cubait, ou du grillage du minerai de cobalt arsenical : il est impur et demande à être sublimée encore uiîe fois , et quelquefois même à être encore grillé avant cette dernière sublimation. Cette opération se fait de la manière

suivante à lamine de Mauriz-zéche près d*Aberdam, dam la contrée de Joachimsthal en Bohème.

Le fourneau de sublimation consiste en un massif de maçonnerie , long et carré. 11 y a deux foyers , un à chaque extrémité ; les cheminées se réunissent dans une voûte commune qui donne issue à la fumée. On place sur le foyer de ces fourneaux cinq vaisseaux sublimatoires , composés chacun d'une cucurbite et d'un chapiteau conique eu fonte. Ces deux pièces sont lutées avec de l'argile. On ne met l'arsenic dans les cucurbites que lorsqu'elles sont rouges. On y fait entrer ce métal par un trou qui est percé au chapiteau, et que l'on rebouche aussitôt. On y jette à la fois quinze livres d'arsenic, qui mettent environ deux heures k se sublimer: on en introduit de nouveau, et par la même ouverture, quinze autres livres, et ainsi de suinte jusqu'à cent cinquante livres. On laisse bien refroidir le fourneau avant de détacher l'oxide blanc d'arsenic qui est sublimé dans les chapiteaux. Cet arsenic se vend environ cinquante francs le quintal.

Quand on veut faire de l'orpiment, on ajoute une partie de soufre sur deux parties d'arsenic , et on opère de la même manière que pour l'oxide. Cette matière se vend alors environ cinquante-huit francs Je quintal.

L'oxide d'arsenic ainsi sublimé est vitreux, et a d'abord la transparence du cristal: il perd cette qualité par le'coiw tact de l'air. '

Fragoso, qui a décrit cette opération, assure que les oi*vriers qui la font n'en sont point incommodés et qu'ils vivent aussi long-temps que les autres ; ils ont soin seulement de se mettre un mouchoir sur la bouche lorsqu'ils jettent l'arsenic dans les cucurbites et lorsqu'ils le détachent des chapiteaux.

Cet oxide métallique est un objet de commerce en Saxe, en Bohème et dans la SiJésie prussienne. (B. )

ARSENIEUX.. ( Chlm. ) J'ai nommé farsenieux l'acide d'arsenic qu'on obtient par l'oxidation de ce métal chauffé jusqu'à l'inflammation , et qui avoit été nommé avant mai oxide d'arsenic ou arsenic blanc. Voyez l'article Acide ar-

SENIEUX. (F.)

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ARSENIQUE. (Chim.) Ce mot ne s'applique qu'à l'état de forte ou de complète acidification que contractent l'ar«< senic et l'acide arsenieux par l'action de l'acide nitrique ou de l'acide muriatique oxigéné. Voyez l'article Acidb

AR8ENIQUE. ( F. )

ARSENIQUÉ. {Chim.) On emploie quelquefois cette expression pour désigner la présence de l'arsenic dans quelques composés , ou, sa dissolution dans quelques fluides : ainsi l'on a dit étain arseniqué , gaz hydrogène arseniq^é. (F.)

ARSENITES. (Chim.) Les arsenites sont des sels formés par l'acide arsenieux uni aux bases salifiables. On nomnoit autrefois quelques -^uns d'entr'eux foies d'arsenic, et Macquer les couiparoit aux foies de soufre ; mais il ne savoit pas que l'oxide d'arsenic fût un véritable acide. Les arsenites diffèrent beaucoup des arseniates : ils sont bien plus décomposables ; le feu en chasse seul l'acide ; tous les acides en séparent les principes; ils ne cristallisent point, et prennent la forme visqueuse» ou gélatineuse. On ne les emploie que très-peu, et en chimie et dans les arts. L'arsenite de cuivre forme le vert de Schèele. ( F. )

ARSIS. ( Bot. ) Loureiro ( PI. de la Cochin., p. 409) donne ce nom à un arbrisseau de la Cochinchine , haut de cinq pieds, chargé de nombreux ram6ftux garnis de feuilles alternes, ovales , lancéolées , ridées et terminées par des grappes de fleurs blanches. Chaque fleur offre, 1.** un calice à cinq feuilles; 2° une corolle à cinq pétales ; 3.° un ovaire libre, élevé sur un long support et surmonté d'un style et d'un stigmate ; 4.° environ cinquante étamines attachées au support de l'ovaire ; 6.° un fruit charnu et n'ayant qu'une graine. La famille de cet arbrisseau , dont Loureiro fait un genre , nçsi pas encore déterminée. ( Mas. )

ARTÉDIE ÉCAILLEUSE {Bot.) , Artedia squammata , Linn. , Camer. Hort. t. 16. C'est une très-belle plante , la seule espèce de son genre , dç la famille des ombellifères. Elle est particulièrement remarquable par ses fruits orbiculaires , aplatis , composés de deux semences planes , entourées d'une membrane scarieuse, transparente, divisée en huit ou dix lobes arrondis. Ses feuilles sont finement découpées , portées €ur de^ pétiolçs mçmbiraneux e^ copcavçs. Les fi.eur5 ^ou^t

blanches, îrrégulîères , ayant les pétales extérieurs beaucoup plus grands que les autres. Les fleurs du centre sont stériles et portées sur des pédoncules plus courts. Les folioles de la collerette sont assez semblables aux feuilles de la tige. Cette plante croit en Syrie sur le mont Liban. (P.)

ARTEMISE. (Bot.) Voyez A&m ois e.

ARTENNA. ( Ornilh. ) L'oiseau qu'Aldrovande désire sous ce nom est le pétrel puffin, procellaria pujginus^ L. (Ch. D.)

ARTERE ( P^5. animS) , vaisseau sanguin , qui distribue le sang aux parties, et dans lequel le fluide marche des troncs vers les branches; tandis que dans les veines, qui ramènent le sang des parties, il marche des branches vers les troncs.

Dans tous les animaux à sang chaud , on peut considérer les artères comme formant deux grands arbres, dont l'un part du ventricule gauche du cœur, pour se distribuer » toutes les parties; Tautre du ventricule droit, pour aller au poumon. On pourroit y ajouter la veine- porte hépatique, dans laquelle le sang suit la même marche que dans les artères , maïs où il ne vient. pas immédiatement du cœur. Voyez Veine porte.

hes autres animaux présent At des dififéreiures dont nous parlons ailleurs. Voyez Aorte et Circulation.

hes artères diffèrent en outre des veines ,' par la structure , parla direction, par la position et par l^s phénomènes , 'pendant la vie et après la mort.

Quant à la structure, on remarque dans les artères trois tuniques : une fibreuse , qui en fait la partie principale et qui leur donne la solidité et l'élasticité qui les caractérise ; une membraneuse , qui tapisse la fibreuse par dedans , et qui donne aux parois intérieures le poli nécessaire à la liberté de la circulation ; et une cellulaire , qui recouvre la fibreuse par dehors et l'attache aux parties environnantes. Celle-ci est moins une tunique particulière qu'une expansion de cette cellulosité générale qui fait la base matérielle du corps,

La tunique fibreuse participe presque en tout à la nature des muscles, et. jouit en particulier d'une irritabilité très-

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approchante de la leur. Cest elle qui, par ses contractions, continue Faction du cœur et achève de pousser le sang jusqu'aux plus petits rameaux du système artériel.

Les intervalles des tuniques sont remplis d'une cellulosité fine, et il y rampe une multitude d*artérioles et de venules, qui y forment des réseaux déliés. On y voit aussi des vaisseaux lymphatiques et des nerfs , qui y deviennent d'autant plus nombreux que les artères sont plus petites : c'est même aux artères que la plupart des nerfs du corps se distribuent; et il n'est pas douteux qu'ils ne jouent un très-grand rôle dans toutes les fonctions de ces vaisseaux. Les artères n'ont point de valvules, si ce n'est à leur sortie même du cœur, tandis que les veines en ont dans presque tout leur cours.

Quant à la direction et à la position , on remarque que les artères suivent assez les veines^ mais qu'elles sont situées plus profondément, comme si la nature avoit prévu que leurs blessures étoient plus dangereuses. Elles se distribuent plus régulièrement, avec moins d'anastomoses : lorsqu'elles ne se divisent point, elles demeurent cylindriques, e^ les bouches des rameaux, prises ensemble , forment une aire* plus grande que celle du tronc dont ils sont nés.

Le phénomène le plus remarquable qui soit propre aux artères pendant la vie, est le pouls, ou cette pulsation que l'on éprouve quand on touche une artère. Le pouls est produit par le sang chassé du cœur. Le pouls et la contraction du cœur sont donc simultanés ; et comme c'est lors de cette contraction que le cœur frappe les côtes, les pulsations du cœur et des artères arrivent à la fois. Voyez Pouls et Cœur.

Cette violence de contraction, jointe à l'action du cœur encore dans sa force, fait que le sang sort d'une artère ouverte avec beaucoup plus d'impétuosité que d'une veine, et qu'il est souvent presque impossible d'arrêter ces sortes d'hémorragies.

Dans le pouls l'artère est non seulement dilatée en tous sens ; il paroît qu'elle est aussi déplacée , et qu'elle tend à se redresser autant que le permettent les liens qui la retiennent en place.

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Après la mort , les artères, se soutiennent par leur élasti^ cité , et ne s*afifaissent point comme les veines ; elles se vident de sang, parce que, dans les derniers momens de la vie , leur action chasse tout le sang dans le système vei« neux, qui, étant d'un tissu plus foible, oppose moias de résistance. Les anciens croyoient d'après cela que les artères ne contenoient que de rair,.et c*est de là que vient leur nom.

Les dernières petites branches des artères se terminent, 011 dans les veines , ou dans les vaisseaux sécrétoirés , ou dans les vais^^aux lactés , ou dans les parties qu'elles nourrissent. Les deux premières terminaisons sont certaines, mais non les deux autres ; car il seroit possible que les molécules qui vont s'intercaler entre celles qui composent les parties et celles qui entrent dans les radicules des vaisseaux lymphatiques , eussent transsudé au travers des pores mécaniques des artères. '■

U est probable que la manière dont les artérioles communiquent avec les vaisseaux sécrétoirés est moins directe que leur terminaison dans les veines. (C.)

ARTHANITA {Bot.)j nom ancien du cyclame, cyclamen europœum , L. ( J. )

ARTHETÏQUE. {Bot. ) On trouve dans Dalechamps, sous ce nom ancien, l'ivette musquée, espèce de germandrée, teucrium iva^ L., qui est employée à l'intérieur dans les douleurs de goutte et de sciatique. (J<)

ARTICHAUT (Bot,) , Cinara , Linn. , Juss. , genre de plantes herbacées , vivaces , à fleurs ilQsculeuses , qui fait partie de la famille des cinarocéphales , à laquelle il a donné son nom. Il est composé de six espèces, originaires d'Afrique et de l'Europe méridionale.

Les feuilles des artichauts sont grandes , ordinairement épineuses et pinnatifides : leurs fleurs sont composées d'un grand nombre de fleurons quinquéfides, tous hermaphrodites ; leur calice commun est très -grand , ventru , formé d'écaillés nombreuses, imbriquées, charnues à leur btse , terminées par une pointe épineuse. Le réceptacle est charnu , garni de soies. Les graines sont couronnées d'une aigrette sessilC} simple ou plumeusCt

Aetichaijt commun, Cinara scolymus , LInn. , Blakw. Herb. 9 tab. 468. Cette plante croit naturellement dans les régions méridionales de l'Europe ; on IVlève dans nos jaiNdîns potagers pour l'usage de la cuisine. Sa racine est longue, épaisse, en forme de fuseau; elle pousse une tige droite , cannelée, cotonneuse, garnie de quelques rameaux, et haute de deux à trois pieds : ses feuilles sont très-gran* des , armées d'épines qui disparoîssent par la culturç , profondément découpées , presque pinnées , à découpures dentées ou pinnatifides ; leur surface supérieure est d'un rert eendr^, l'inférieure est blanchâtre et un peu cotonneuse : sa fleur est pourpre bleuâtre, souvent solitaire; les fleurons sont irritables.

Ce sont les fleurs non épanouies de cette plante que l'on sert sur nos tables sous le nom d'artichaut; les seules parties que l'on en mange sont la substance charnue qui forme la base des écailles du calice , et le réceptacle, appelé communément cul d'artichaut ou porte - feuille." Ce réceptacle ne sert de nourriture qu'après que l'on a enlevé le foin , c'est-à-dire, les soies et les fleurons naissans qui le couvrent Les artichauts encore jeunes et tendres se mangent crus à la poivrade; lorsqu'ils sont plus gros, on les fait Cuire et on les sert préparés de diverses façons.

La racine de l'artichaut commun est diurétique et apéritive ; ses tiges ont une saveur amère, très - désagréable. Le fruit nourrit médiocrement et se digère avec facilité ; il est stomachique, augmente le cours des urines, et passe pour aphrodisiaque. L'infusion des fleurs dans l'eau froide, k laquelle on ajoute un peu de sel, coagule le lait, sans donner de mauvaises qualités au petit-lait

L'artichaut transplanté dans nos jardins a, comme toutes les plantes potagères, produit un grand nombre de variétés, dont l'existence et la conservation ne sont dues qu'à la culture et même au climat. Les principales variétés sont :

1.^ L'Artichaut vert ou commun, Cinara scolymus viridis. On le cultive de préférence dans les climats du Nord. Lorsqu'il est dans une bonne terre, son fruit devient très-gros j il y en a dont la base a jusqu'à cinq pouces et même plus de diamètre : se& écailles sont ouvertes, pointues et très*

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vertes. Il a deux sous- varié tés. L'une dont les écailles sont plus courtes, terminées par une pointe aiguë et un peu moins ouvertes ; sa chair est jaunâtre , tendre et excellente^ L'autre a ses écailles raccourcies , obtuses , presque arron-, dies et très - peu ouvertes ; il est plus charnu , mais moins tendre : on le nomme artichaut de Laon, artichaut camus.

2.* L'Artichaut violet, Cinara scohymus violacea. Son fruit est d'une médiocre grosseur et plus allongé que celui du précédent; ses écailles, dont le fond de la couleur est vert, sont lavées de violet à leur pointe, qui se termine, par une petite épine : il est aussi bon et £russi tendre que l'artichaut vert, mais bien moins productif.

3.** L'Artichaut rouge, Cinara scolymus ruhra. Il est moins gros que le précédent , en forme de pomme ; ses écailles extérieures sont d'un rouge pourpre ; le. cœur est jaune, sa chair est délicate. On le mange cru ; mais il n'est bon que lorsqu'il est jeune : quand on le laisse un peu grossir, il devient dur et indigeste.

4.** L'Artichaut blanc , Cinara scolymus albida. Le fruit est très-petit; ses écailles sont blanchâtres, terminées or* dinairement par une épine. C'est le plus tendre et le plus hâtif j mais il est très -délicat à élever, et ce n'est qu'avec de grands soins qu^on peut le conserver l'hiver : c'est pourquoi on le cultive peu.

5.** L'Artichaut sucré de Gênes , Cjynara scolymus ita» licaj ainsi nommé parce qu'il a effectivement un goût fin et sucré ; il est très-délicat , et n'est bon à manger que cru. Son fruit est petit , d'un vert pâle ; sa chair est fort jaune. On tire les œilletons de Gênes : il est sujet à dégénérer dès la seconde *année, et il faudroit en faire venir tous le^ ans pour le manger dans sa perfection.

Une sixième variété , qu'on cultive dans le département des Landes et près de Perpignan, mérite d'être connue: son fruit est rougeâtre foncé, d'un diamètre de trois pouces environ , aplati par le haut et par le bas ; ses écailles sont courtes , très-serrées ; sa chair est blanche , son goût fort et relevé. Toutes ces variétés se cultivent de la même manière: on peut les élever de graines, ou les multiplier par le moyen des œilletons ou filleules.

n y a deux manières de semer les graines^ ou en place» ou sur une couche. Lorsque l*on sème en place 9 la terre doit auparavant avoir été bien préparée , bien défovcée et fumée. En Avril on ouvre , de trois pieds en trois pieds , de petits creux disposés en échiquier et garnis de terreau : on met dans chaque crtux trois ou quatre graines, séparées entre elles de quelques pouces , que Ton recouvre de plu* sieurs pouces de terreau. Quand les graines auront germé et poussé quelques feuilles V on ne laissera qu'un seul pfed 9 et on arrachera les autres. Si l'on veut jouir plus promptement, il faut semer sur couche et repiquer les plantes un mois ou six semaines après ; néanmoins la pre-* mière méthode est préférable, parce qu'elle épargne une opération, et parce que le plant souffre toujours un peu de la transplantation , s'il n'a pas été levé en motte et avec toutes ses racines. L'artichaut élevé sur couche donne du fruit dès l'automne; quand on le sème à demeure, il n'en produit ordinairement que le printemps suivant. La graine conserve la faculté de germer pendant trois ou quatre ans } on préfère la vieille à la nouvelle : un jardinier prudent doit en recueillir avec soin chaque année , parce que la gelée détruit quelquefois presque tous les plants , comme il est ar* rivé dans les hivers de 1740, 1742, 1776 et 1789; il est trés-di£Bcile alors de se procurer des œilletons. On laisse sécher en place les têtes d'artichauts que l'on réserve pour la graine ; et pour éviter qu'elle ne pourrisse en mûrissant » on pique un échalas à un pied environ de la plante vers le nprd , et on y attache chaque tête dans un sens incliné , afin que Içs pluies , qui viennent ordinairement en été du x côté* du midi, ne puissent y pénétrer.

Si l'on multiplie par les œilletons , cette opération doit avoir lieu à la fin de l'hiver , lorsqu'on découvre les artichauts , ou au commencement d'Octobre ; on peut même œil* letonner pendant toute l'année , excepté pendant la saison froide. On déchausse les vieux pieds jusqu'aux racines; on éclate ensuite avec le pouce , ou mieux Ton sépare avec un couteau les œilletons qui se trouvent autour de la souche principale. Il faut choisir les plus beaux, les plus sains et les mieux enracinés ; couper à trois ou quatre pouces 3 u

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les feuilles extérieures, et ne conserver que les îeunes. S'ils ont été détachés sans racines, il faut, i.^ retrancher la partie ligneuse du talon et ne pas les en-terrer trop profondé*, ment, car, si le cœur est couvert, il pourrit; 2.® appliquer fortement la terre contre leur talon,, afin que leur poids ou les arrosemens qui doivent succéder après la plantation, ne, les renversent pas. t

Le terrain que Ton destine pour planter les œilletons, ■doit être défoncé à la profondeur d'un pied «t demi ou deux pieds; si la terre est bonne, il est inutile d'y ajouter du fumier. Toutes les plantes fumées sont plus belles , il est vrai, mais le goût de leur fruit est moins délicat: aussi l'artichaut cultivé dans les terres légères est -plus tend^ et a plus de :goût que dans les terres fortes, où il est ordinaire^ ment chancreux^

On dresse ensuite les planches, qui doivent avoir six pieds, compris le sentier, et on marque, la place des oeilletons en échiquier, à trois pieds de distance en tous sens; on met une poignée de terreau à èhaque place, et on plante deux œilletons à six pouces l'un de l'autre, pour être plus sûr d'en avoir un qui reprenne : si tous deux viennent à Ixien , on enlève le plus foible trois semaines ou un mois après. Dès que le plant est mis en terre, il faut l'arroser et continuer pendant plusieurs jours, jusqu'à ce qu'iL ait repris. Il est bon de mettre autour de chaque pied une poignée de menu fumier, pour empêcher que les arrosemens ne batr lent la terre et pour conserver sa fraîcheur. Il est aussi très-utile, si l'on veut faciliter et même accélérer la reprise du plant , de le garantir de la trop forte impression du soleil, en le couvrant légèrement avec de la paille ou des feuilles que l'on enlève chaque soir, afin de le faire jouir de la fraîcheur de la nuit. Les œilletons, plantés de bonne heure et arrosés fréquemment pendant l'été ,' donnent du fruit en automne, ou la seconde année quand ils ont été plantés tard.

L'artichaut a le double avantage de se cultiver aisément dans sa naissance et de donner promptement son fruit : mais l'hiver est une saison redoutable pour lui ; il résiste dijQicileinent aux gelées , et plus difiicilenieat encore à une;

hutnidité surabondante, surtout quand elle est occasîonét par une succession de faux dégels. En effet, on. a vu deft -carrés d'artichauts, abandonnés aux rigueurs de l^hiver , ne point en souffrir, tandis que d'autres, protégés par de la litière ou des feuilles ^ ont péri à la suite d'hivers mous. Nous allons indiquer les moyens qu'on doit employer pour garantir cette plante du double inconvénient des gelées ei de l'humidité.

Dans le courant de Novembre ou de Décembre, plus.t6t ou plus tard, suivant la force des gelées, il faut d'abord retrancher les feuilles mortes des artichauts, rapprocher les autres avec un lien de jonc ou d'osier, sans trop les i'esserrer , ou les couper à sept ou huit pouces au- dessus du teçrain ; ensuite les butter, c'est-à-dire, élever autour de chaque pied sept à huit pouces de terre, que l'on prend eAtre les rangs et le plus loin qu'il est possible, afin de ne pas découvrir les racines* Mais si la saison devient plu^ vieuse et douce après les premiers froids , il est à craindre que les pieds ne pourrissent, surtout quand ils sont plantés dans une terre forte. « Ne vaudroit-il pas mieux , dit Ro- « zier, dont le nom sera toujours cher à tous les agrôno-» ^ mes, employer, au lieu de terre , la balle (g Zuma) du blé^ « que dans quelques pays on nomme bourrier? L'eau ne la « pénètre point lorsqu'elle est à une certaine épaisseur: la ^ partie supérieure seule est humectée ; elle forme une « croûte qui garantit la partie inférieure , la terre et le « pied de la plante. * * ^

Lorsque l'intensité du froid augmente, l'usage le plus commun est de recouvrir les artichauts, les buttes et tout le terrain, de litière sèche, de fumier ou. de feuilles d'ai^bres* Les maraîchers de Paris emploient le fumier courf qui sort des Qouches et qui n'est pas bien consommé : ils s'en servent pour envelopper chaque pied ; et quand les grandes gelées, surviennent, ils les couvrent tout-à-fait avec de la litière sèche, dont ils augmentent la charge suivant la rigueur du froid. Si l'hiver est sçc, la plante résister mais s'il est humide, la litière^ le fumier ou les feuilles^ pénétrés d'eau, pourrissent ordinairement l'artichaut.

Four ^parer à cet inconvénient , le meilleur moyen coa«

siste à couvrir chaqîje pied, après l'avoir légèrement butté , d'une cloche de paille ou d'une vieille ruche, que Ton charge de litière dans les hivers rigoureux. Cet abri favorise récoulement de' Feau dans l'intervalle qui se trouve entre les artichauts , et les préserve de l'humidité. Lorsque le temps est doux et sec, on élève les cloches, afin de donner de l'air aux plantes et les empêcher de blanchir y et on les remet exactement dès que le froid reprend.

Il est bon aussi d'enlever en automne quelques pieds , et de les enterrer dans une cave sèche ou dans une serre, afin d'avoir une provision de réserve si les autres plantes sont détruites dans la terre.

Vers la fin de Février ou dans le courant de Mars , suivant la température de la saison, on découvre les artichauts: on détache les liens qui resserroient les feuilles ; oh enlève celles qui sont pourries, et on détruit les buttes. Dix ou douze jours après, lorsque les plantes ont reverdi, on les déchausse ; on coupe ou on éclate les œilletons jusqu'à leur naissance : on ne conserve que deux ou trois des plus beaux ; ceux qui naissent trop près du collet de la plante, c'est-à-dire, à fleur de terre, doivent être retranchés, parce que le fruit qu'ils produisent n*^^st]jamais aussi beau. On nettoie la souche et on coupe en nç/ême temps le pied des vieilles tiges de l'année précédente ; un la regarnit de bonne terre , qu'on presse contre les œilletons conservés ; on laboure et on dresse le terrain ; on arrose au besoin.

Un carré d'^tichauts dure plus ou moins long -temps, suivant la nature du terrain : en général, il se maintient en bon état pendant trois ou quatre ans; passé ce temps, il faut le renouveler et le transporter dans un terrain différent.

Il est facile de tirer parti du carré d'artichauts qu'on ss propose de détruire. Dans les départemens méridionaux, on enterre les pieds, comme les cardons, dans de petites fosses creusées exprès et qu'on recouvre de terre. Là, le tronc et les côtés des grandes feuilles blanchissent, comme les cardons , et servent aux mêmes usages ; ils sont mênie plus délicats. Dans les départemens du Nord, on ne laisse en été qu'un seul œilleton sur chaque pied ; au commen-*

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cernent d'Octobre , on lie les feuilles , pn les^mpaille , et un mois après les pieds sont bons à manger : mais pour faire durer plus long -temps ces jouissances, il ne faut en empailler qu'à proportion de ses besoins. On peut même en garder jusqu'aux grandes gelées ; on les emporte dans la serre, où on les fait blanchir, le pied dans le sable, avec de la paille sèche entre cha'^ue rang.

Nous terminerons cet article en faisant connoitre les procédés en usage pour conserver secs les fruits de l'artichaut.

On éclate de force les fruits de leurs tiges, et on ne les coupe pas; la tige retient ainsi les filets qui la lient avec le réceptacle, ce que l'on ne pourroit faire avec le couteau : on [ette ensuite ces fruits dans l'eau bouillante , où on les laisse cuire à moitié ; retirés de l'eau et un peu refroidis, on arrache toutes les feuilles , c'est-à-dire, les écailles du calice ; le foin est enlevé avec une cuiller. , On eoupe les culs en dessous , de l'épaisseur d'un écu , et de suite on les jette dans l'eau froide : après les y avoir laissés deux ' heures environ , on les range sur des claies pour les mettre au four , en observant qu'il n'y ait qu'une petite chaleur ; on ne doit les retirer que lorsqu'ils sont bien secs et durs comme de la corne, et on les renferme dans un endroit où^ il n'y ait point d'humidité. Pour s'en servir, on les jette dans l'eau chaude pçndant quelques heures , et ils reprennent leur première forme.

On peut aussi conserver les artichauts entiers avec leurs feuilles ; voici comment II faut choisir les plus tendres , les faire cuire à moitié, -les retirer, les laisser égoutter, et arracher le foin avec Une cuiller, sans toucher ni déranger les feuilles. On les jette ensuite dans l'eau froide, ojù ils restent pendant une heure ou deux ; puis on les renferme dans un pot de grès , en versant dessus de Teau bien salée à laquelle on a joint un peu de vinaigre. On recouvre le tout d'huile d'olive bu de beurre fondu, à la hauteur d'un pouce environ ; on ferme le pot hermétiquement et on le place dans un lieu sec. Avant de se servir des artichauts préparés de cette manière, on les met dessaler dans l'eau froide. On peut en garder toute l'année $ la

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seule attention qu'ils exigent est de les changer une ou deux fois.

Artichaut cardon, Cinara cardunculus^ Linn. , vulgairement la Cardonette. Cette espèce est aussi originaire des régions méridionales de TEurope } elle est encore trés-cominuçe dans le royaume d'Alger. Sa tige est droite, cotonneuse, garnie de quelques rameaux, et s'élève à la hauteur de quatre à six pieds; ses feuilles sont grandes, pinnati- £des , plus longues que celles de l'artichaut commun ; munies d'une longue épine, jaunâtres à l'extrémité de chacune de leurs découpures, d'un vert blanchâtre en dessus, trèsblanches et cotonneuses en dessous. Les fleurs sont bleues^*' terminales, un peu moins grosses que celles de l'espèce précédente ; les écailles de leur calice sont peu charnues ^ terminées chacune par une épine très-aiguë et assez longue.

On a obtenu par la culture deux variétés constantes de cette espèce : l'une est nommée par les jardiniers cardon d'£spagne, pays ou elle est plus généralement répandue i l'autre est connue sous le nom de cardon de Tours, parce qu'elle vient originairement de cette ville , oà elle est cul-* $ivée avec le plus grand succès.

La première est sans épines , moins haute et moins étalée : la seconde au contraire a ses feuilles armées d'épines longues et très-aiguës, qui la rendent incommode à cultiver; cependant on la préfère, parce qu'elle est moins. sujette à monter, et que ses côtes sont plus grosses , plus tendres t% }>eaucoup plus délicates à manger.

La racine et la côte des feuilles de ces deux variétés sont les seules parties dont on fasse usage dans la cuisine : on les sert sur nos tables sous le nom de cardons ; c'est un alignent facile à digérer, rafraîchissant et apéritif. Les fleurs,; séchées à l'ombre, ont la propriété de faire cailler le lait; ce que Ton attribue à leur suc mielleux, qui devient acide en séchant : on en met une pincée , plus ou moins forte , suivant la quantité du lait.

Le cardon d'Espagne et le cardon de Tours se multiplient de graines et se cultivent de la même manière. Vers le mi^ lieu d'Avril, ouvrez dans un terrain bien défoncé de petites fosses espacées, de quatre piçds en tout sens , que Von

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remplit de terre légère et substantielle; semez dans chacune trois ou quatre grûines, à la distance de trois à quatre pouces. Lorsque les jeunes plants auront acquis quatre ou cinq feuilles , ne laissez que le plus beau pied dans chaque fosse , et arrachez les autres. Ces plants, levés avec soin , serviront à remplacer ceux qui seront lahguissans dans les autres trous, ou à garnir les places dont les se* ' menées n'auront pas germé.

Jusqu'en Octobre , les soins se réduisent à arracher les mauvaises herbes -, à serfouir les cardons deux ou trois fofs pendant l'été ; à leur donner de fréquens arrosemens pour augmenter leurs progrés et les empêcher de monter en graine : alors, les plantes ayant à peu près atteint toute leur croissance 9 on commence à faire blanchir les plus beaux pieds. Deux hommes, en face l'un de l'autre, saisissent toutes les feuilles d'un cardon , chacun avec une fourche de bois qu'ils font glisser jusques vers l'extrémité ; ils serrent ensuite les deux fourches contre la plante, et les fixent en terre par l'autre bout. Les feuilles étant ainsi rassemblées, ils les attachent avec trois ou quatre liens de paille, et les enveloppent de paille neuve .ou de grande litière , qu'on retient pareillement avec des liens de paillé ou d'osier bien serrés. Environ trois semaines après , le cardon est blanc et bon à être employé ; si on attendoit plus long-temps, il ne tarderoit pas à pourrir.

On continue à en liei^ et en empailler d'autres tous les huit jours. Lorsque les gelées commencent à se faire sentir, on' les lie tous sans les empailler, et on les butte de sept à huit pouces. Voyez. Articiocco. ( D. P. ) . ARTICHAUT. (Agric.) On multiplie les artichauts par semence et par œilletons. La propagation par semence n'est usitée que lorsque le froid ou les trop grandes pluies ont fait périr les anciens plants. Pour qe pas être pris à Fimprovistcy on laisse chaque année plusieurs pi^ds monter eii graine, et on la recueille avec soin. Voici comment on procède à cet ensemencement.

Dans une terre labourée profondément et bien préparée, on marque, à trois pieds de distance en tout sens, de petits creux que Ton garnit de terreau. Après la, mi -Avril

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jusqu'au quinze Mai , et , même plus tard dans les terrains frais et les printemps froids, on sème dans chaque creux quatre ou cinq graines, à deux ou trois pouces d'intervalle Tùtie de Tautrc} on les re^^ouvre d'un d^mi -pouce de terreau; on arrose de temps en temps : les graines germent , et lorsque les plants ont acquis la longueur de quelques pouces; on lève ceux qui sont superflus , pour les repiquer ailleurs , et on ne laisse en chaque place qu'un seul pied , qui , étant cultivé avec soin et surtout mouillé fréquemment pendant Fêté, donnera du fruit à l'automne. Il est préférable de semer, en Février ou Mars, les graines d'artichaut dans des pots qu'on enterre dans une couche : on met le plant en terre en Avril ou en Mai, s'il est assez fort et si la saison le permet.

Four multiplier les ai'tichauts par œilletons, c'est-à-dire» par les bourgeons qui s'élèvent des racines des vieux pieds i on commence par séparer les œilletons des racines mères. Cette opération se pratique le plus communément à Ih fin de l'hiver ou après que la plante a donné son fruit, ou au xnois de Septembre. On peut même œilletonner pendant toute l'année, excepté dans la saison froide. Il vaut mieux séparer l'œilleton du tronc ^principal au moyen du cou^ teau , que de l'éclater avec le pouce, comme le font quelques jardiniers. Avant d'œilletonner, on découvre la plante jusqu'à ses racines ; par ce moyen on a la facilité de choisir l'œiUeton qui doit rester en place, si le tronc principal est mauvais, et d'enlever les œilletons destinés à regarnir les places vides, et ceux que l'on destine pour former un nouveau carré. Les œilletons les meilleurs sont ceux qui ont le talon blanc et garni de petites racines; mais cette dernière condition n'est pas essentielle.

Pour former une artichaudière ou carré d'artichauts, on èéfonce le terrain à la profondeur d'un pied et demi. Si la terre est bonne, il est inutile d'y ajouter du fumier; si elle n'est pas bonne , il faut la bien amender. On peut par-t lager cette terre en planches, ou la planter dans son entier, ou enfin la diviser par sillons, suivant la coutume des provinces méridionales.

ART ih

• L'habillement des œilletons doit précéder leur plantation. Pour cette opération , on choisit les œilletons les plus sains et les plus beaux : on coupe , à trois ou quatre pouces de leur naissance , tQutes les grosses feuilles , et on ne conserve que les jeunes : on retranche aussi la partie ligneuse du talon. Les œilletons étant ainsi préparés, on les plante avec la précaution de n'enterrer que le talon, et on espace chaque plant ^e trois pieds ; on arrose surle-champ, et on réitère les arrosemens suivant le besoin. On met quelques œilletons en réserve ou en pépjLnière , ou on les laisse sur les vieux pieds, pour remplacer en cas de besoin ceux que des accidens peuvent détruire. Si la. plantation se fait dans un temps sec et chaud, il est nécessaire de couvrir ou d'abriter les œilletons pendant dix ou douze jours : une poignée de paille, de fougère , de bruyère, jetée sur quelques baguettes, ou un pot renversé sur chaque œilleton et élevé sur une fourchette du côté du nord, suffît pour le garantir. Il est bon d'arroser le plant pendant l'été; cependant hors le temps des grandes sécheresses on peut s'en ' dispenser. Les jeunes artichauts craignent le froid : c'est pourquoi , dès le commencement de Novembre, il faut amasser à portée du carré les matières destinées à les couvrir; vers le quinze, retrancher de . chaque pied toutes les feuilles sèches ou pourries, et couper les autres à sept ou huit pouces ; aux premières gelées fortes, qui arrivent ordinairement vers la fin de ce mois dans le climat de Paris , butter de six ou sept pouces chaque pied avec de la terre que Ton prend entre les rangs, pour y former une petite 'tranchée propre à recevoir les pluies et à les éloigner du pied de Partichaut. Dans les terrains très-humides, il vaut mieux butter avec le fumier court des vieilles couches , ou avec des feuilles d'arbres ou d'autres matières qui puissent se serrer et se presser de façon qu'elles ne laissent passer ni le froid ni la pluie. Enfin, lorsque les gelées deviennent très -fortes, il faut couvrir ces buttés et les feuilles d'artichauts qui les çurpassent , avec de la litière sèche ou avec des feuilles d'arbres, ou des barbes et bâles de grains, etc. L'artichaut, enseveli dans tputes ces couvertures , pourroit pourrir dans

les hivers humides , si Ton n'avoit ratténtîon de le découvrir du côté du midi pendant les temps doux.

Vers la mi-Mars, ou au' commencement d'Avril, et, suivant le climat , un peu plus tard s'il n'y a pas lieu de craindre des retours de froid rigoureux, on découvre la plante par parties, afin de l'accoutumer peu à peu aux variations de l'atmosphère. Huit ou dix jours après, on détruit les buttes et on laisse les artichauts reverdir >usqu'à une époque plus ou moins avancée , suivant la température de la saison et l'état du plant. Il faut alors déchausser chaque pied, l'œilletonner , unir et nettoyer toute la souche 9 la regarnir de la terre la plus meuble , former autour un petit bassin , donner une mouillure abondante , labourer le terrain, arroser souvent, à moins que la saison ne soit pluvieuse. Environ un mois après, les tigfcs s'élèvent et. forment leur tête. On peut retrancher tous les rameaux des tiges, afin que , chacun ne portant qu'une seule tête , celle-ci «oit plus grosse ; mais , dans les fonds humides , on n'en retranche aucun.

Après que le fruit est cueilli, il faut couper les tiges k ras de terre , ou même au - dessous. Si le plant est encore en bon état, lorsque les œilletons qu'il pousse après la récolte sont un peu fortifiés, on découvre de nouveau la souche; on supprime tous les œilletons, excepté un ou deux des plus forts et des mieux placés ; on regarnit le pied de nouvelle terre ; et en l'arrosant fréquemment pendant l'été, on se procure une seconde récolte pour l'automne : mais si le plant doit être détruit, on peut borner ces soins aux pieds q\iî.ont produit les premiers et qui montrent encore de la vigueur; différer d'œilletonner les plus tardifs ; ne laisser qu'un œilleton à chaque pied ; le mouiller peu et rarement pendant l'élé, afin qu'il ne donne pas de fruit. Lorsqu'en Septembre ou en Octobre il a acquis la force convenable, il faut le butter, le lier, rempailler, etc. ; alors il fournira des cardes que plusieurs préfèrent à celles d'Espagne et de Tours.

Les ennemis des artichauts sont le mulot, la mouche et le puceron. On préserve l'artichaudière des dégâts que souvent les mulots y font pendant l'hiver , en plantant entre

les artichauts de la poirée, dont les racines tendres sont préférées par ces animaux. A Tégard de la mouche et du puceron , on n'y a pas encore trouvé de remède ; mais on remarque que les fréquens arrosemens les détournent quelquefois, et que les terres fortes y sont moins sujettes que les légères.

La durée ordinaire de l'artichaut est de trois ou quatre ans : après ce temps il ne périt pas entièrement, mais il ne donne plus que du fruit misérable ; il faut en replanter d'autres et choisir une autre place. (T.)

ARTICHAUT. (Bot.) Ce nom est donné non-seulement à l'artichaut ordinaire , qui est une bonne nourriture et que Ton cultive partout, mais encore à plusieurs plantes qui ont avec lui des rapports, soit par leur saveur, soit par la conformation de quelques - unes de leurs parties. Le topinambour , espèce de soleil, helianthus tuberosus ^ L. , est r^tichaut de terre , ainsi nommé parce que sa racine a le goût d'artichaut : on lui donne aussi le nom d'artichaut de Jérusalem, La patate , espèce de liseron ou de quamoclit , est nommée , peut-être pour la même raison , artichaut des Indes. Une espèce de courge d'Amérique , k fruit couronné de tubercules, est en quelques lieux l'artichaut de Jérusalem ou d'£spagne. La joubarbe ordinaire, dont les feuilles sont disposées comme les écailles du fruit de l'artichaut ordinaire , est noinmée vulgairement artichaut' sauvage. ( J. )

ARTICIOCCO. ( Bot. ) Les Italiens nomment ainsi l'artichaut appelé ailleurs articocum ou alcocalum. C'est le cactus des anciens, dont la portion du calice que Ton mange est nommée par eux scalia suivant Théophraste , ascalia suivant Pline, et ascaleron suivant Athénée. (J.)

ARTICLES (Entom,)^ Articuli, On nomme ainsi, dans les insectes, les différentes portions des membres qui peuvent se mouvoir les unes sur les autres : ainsi le corps est divisé en un nombre d'articles très -variable. Les mille -pieds sont ceux qui nous (en offrent le plus grand nombre : viennent ensuite les polygnathes , ou la famille des quadricornes. Dans la plupart des autres ordres, on distingue la tête, le ^corselet, la poitrine, l'abdomen : les premiers ne sont formés «rdinairemènt chacun que d'un seul article ; l'abdomen

Yest ordinairement de douze à treize 4e formes trés-rarîa]bles« Les antennes, les pattes, sont aussi constituées par un nombre différent d'articles, dont la figure est diverse. Les pattes sont ordinairement composées de quatre articulations principales : la hanche, la cuisse, la jambe et le tarse. Cette dernière partie offre tant de variétés, que Geoffroy y a découvert un moyen de diviser parfaitement certains ordres, d'après le nombre des articles aux tarses qu'offrent constamment dans leurs espèces certains genres. Le nombre des articles des tarses intermédiaires est toujours le même que celui des tarses des pattes antérieures. Dans les coléoptères, on n'a encore trouvé que quatre combinaisons : dans la première sont rangés ceux qui ont cinq articles à tous les tarses; dans la seconde, ceux qui ont cinq articles aux tarses antérieurs et intermédiaires, et quatre seulement à ceux de derrière ; la troisième comprend ceux qui ont quatre articles à tous les tarses ; et dans la quatrième,' enfin, sont rangés les coléoptères qui n'ont que trois articles aux tarses. Cette considération est moins importante dans les autres ordres; cependant elle nous est encore fort utile dans celui des névroptères. Nous indiquons le mouvement des articles au mot Articulations. (C. D. )

ARTICULATION {Anat.), jonction de^ *08. U y en a de plusieurs espèces : I.^ La jointure immobile, ou synarthrose, qui se divise,

1.* En suture, lorsque les os plats sont joints par leurs bords. Elle est à son tour, a,) Dentée, lorsque les deux os donnent et reçoivent une multitude de petites proéminences qui engrènent les unes dans les autres ; telle est l'union des os pariétaux entre eux : b,) Harmonique, lorsque les deux bords des os se touchent simplement, sans s'entamer ni se recouvrir; telle est l'union des os du nez : e.) Écailleuse, lorsque les bords amincis des os se posent l'un sur l'autre ; telle est l'union des os des tempes avec les pariétaux : d.) Composée, où il entre des parties semblables à deux ou trois des précédentes ; telle est l'union des 08 pariétaux avec le sphenomaxillaire. . 2.^ £t en Gomphose, lorsqu'un os entre profondément dans

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«n autre, comme uir clou enfoncé dans une planche ; c'est ainsi que les dents tiennent aux mâchoires.^

Daus rhomme et dans les quadrupèdes , il n'y a de synarthroses en général qu'à la tête; mais, dans les poissoiis et les reptiles, on eh trouve daus d'autres parties : ainsi, dans la carapace de la tortue, les côtes sont unies ensemble par suture dentée, etc.

n.* La jointure demi-mobile ou amphiarthrose. Elle peut se faire ou par des ligamens cartilagineux, et se nomme alors symphjTSe ; telle est celle des os pubis entre eux' : ou par un vrai cartilage, et se nomme synchondrose ; telle est celle de la première côte avec le sternum et des pièces du sternum entre elles.

III.** La jointure mobile : lorsque les os sont simplement suspendus par des ligamens, sans se toucher par des facettes articulaires, on la nomme syndesmose; quand il y a de ces facettes, Tin la nomme diarthrose. Il y en a de cinq espèces :

1.^ L'articulation serrée , qui exige un effort pour être mise en mouvement ; telle est celle des os des carpes.

2.^ La rotation , lorsque l'un des os tourne sur son axe ; telle est celle du radius avec le cubitus, et de la première vertèbre sur la seconde.

3.^ Le gynglime, lorsque , les facettes articulaires ayant plusieurs saillies et plusieurs creux, le mouvement ne peut se faire que dans un seul sens ; telle est l'articula tion du cubitus avec Thumérus.

4."* L'arthrodie, lorsque les deux facettes sont des portions de surface sphérique peu profondes, et permettent le mouvement en tout sens ; c'est ainsi que l'humérus s'attache à Tomoplate.

5.* L'énarthrose ne, diffère de l'arthrodie que par l'^endue de la portion sphérique qui la constitue, et qui va au-delà de la demi-sphère , de façon que la partie convexe d'un os est enfermée dans la concavité de l'autre ; telle est Tarticulation du fémur avec l'os innominé.

On trouve dans les poissons deux espèces de diarthrose, qui n'existent point dans les autres animaux : i.* La diarthrose écailleuse, dans laquelle les bords aplatis des m

glissent les tins sur les autres comme des écailles ; elle se •remarque dans quelques parties de la tête : 2.^ La diarthrose en anneau, où les os sont joints ensemble con»me les anneaux d'une chaîne ; les épines dorsales dé plusieurs silures et chétodons en sont un exemple.

On trouve encore "dans les poissons une articulation qui est, à la volonté de l'animal, mobile et immobile : telle est celle des épines pectorales de plusieurs silures.

Quelques auteurs font encore des espèces particulières d'articulation, de la synostose, qui réunit à un certain âge les épiphyses à leurs os (voyez Epiphyse), et' de la syssarcose, où un os est uni à d'autres par des muscles seule* ment, comme l'omoplate l'est aux côtes. (C.)

ARTICULATIONS DANS LES INSECTES. (En^om.) On entend par ce mot la partie du corps qur est articulée avec une autre, ce que nous avons fait connoître au mot Articles ; ou bien la manière dont les pièces sont reçues et se meuvent réciproquement Ikine sur l'autre : c'est sous ce point de vue que nous allons traiter ici des articulations , en les considérant d'une manière générale dans chacune des parties du corps des insectes sous l'état parfait.

1.** A la tête. Il n'y a que deux sortes de mouvemens , I'uh sur des parties solides,, et l'autre au moyen de ligamens et de membranes qui tiennent seulement les pièces rapprochées : c'est ce qu'on voit ordinairement dans les larves des insectes à métamorphose complète, comme sur celles des coléoptères, des névroptères, des diptères. Quelques insectes parfaits ont la tête articulée à peu- près de la même manière : tels sont le plus grand nombre des orthoptères et quelques névroptères. Chez la plupart de ces insectes, la tête est très-inclinée en dessous , et beaucoup plus libre du côté de l'abdomen que du côté du dos, où elle est arrêtée dans ses mouvemens par une avance du corselet qui fait comme un capuchon : c'est là ce que l'on voit facilement dans les grillons, les sauterelles, les termites et les phryganes*

Quand la tête se meut sur des parties solides, ou il n'y a qu'un seul point, en forme de genou convexe et sphérique, reçu dans une cavité correspondante, et le mouvement est d'autant plus libre que le cou qui supporte

tette sorte de tête est plus long, et que la cavité est ellemême plus large (on observe cette conformation dan% la raphidie tête de serpent, dans la famille des coléoptères rostricomes et dans le genre Réduve):ou la tête, articulée aussi sur des parties convexes , s'articule et se meut princi* paiement sur la partie du corselet qui correspond à la gorge, psfr une ou deux éminences convexes (ce que nous voyons dans presque toutes les familles de coléoptères, mais plus particulièrement dans celle des pétalocères et des xylopbages) ; alors la tête est très -gênée dans ses mouvemens de latéralité, quoiqu'elle puisse très-bien agir dans Taxe du corps, pour se fléchir ou s'étendre, mais non pour opérer les mouvemens de fronde ou de circumduction que nous avons vu être faciles dans le premier mode d'articulation. £n troisième lieu , vient une sorte d'articulation qui est assez rare et dont nous ne trouvons que deux exemples parmi leè coléoptères ; c'est une sorte de genou , mais dont la cavité, n'étant échancrée qu'en dessus et- en dessous , ne, permet de mouvement que ceux d'extension et de flexion : telles sont quelques espèces du genre Attelabe, et principalement celle du coudrier. Enfin, dans la quatrième sorte de mouvemens que nous voyons exercés par la tête sur des parties solides, nous rangeons celles qui ont lieu par glissement sur des surfaces plates, quelquefois un peu concaves ou convexes ; et c'est ainsi que nous voyons la tête articulée dans les demoiselles, un très -grand noçibre d'hyménoptères et chez presque tous les diptères.

2.** Au corselet ou thorax. Cette pièce varie beaucoup danS les diverses sections qui partagent la classe des insectes, et elle s'articule d'une manière différente avec la pièce qui vient immédiatement après , et à laquelle on a donné des noms particuliers et différens dans plusieurs ordres. Dans les coléoptères, c'est toujours, comme dans les orthoptères et la plupart des hémiptères, une pièce distincte, qui vient immédiatement après la iête^ et qui supporte les deux premières paires de pattes. Dans les hyménoptères, les diptères , et surtout dans plusieurs familles des aptères , on ne distingue plus le corselet /tantôt il paroît du côté dii dos, comme dans les abeUles; tantôt il est confondu

avec les anneaux de l'abdomen, comme dans les jules, les cloportes, les scolopendres; tantôt avec la tête, comme dans la famille des aranéides : on le nomme alors syncéphale.

3.^ A la poitrine. C'est ordinairement aussi une pièce unique qui compose cette partie : elle présente dans son intérieur une sorte de charpente cornée y pour l'attaclie det muscles qui doivent agir sur les deux paires de hanches placées sur la face inférieure. Dans les coléoptères , la poitrine est cachée par les élytres, ainsi que dans les orthoptères et les hémiptères. Jusqu'ici on a nommé corseleé la partie qui lui' correspond dans les hyménoptères et les diptères. Dans ces derniers ordres l'abdomen est ordinairement distinct par un étranglement ou par un anneau rétréci, qui s'y meut tantôt en genou , tantôt en charnière , mais d'une manière très-distincte, surtout dans les espèces qui ont l'anus armé d'un aiguillon, tandis que Tarticulation qui unit la poitrine à l'abdomen est extrêmement serrée et sessile dans la plupart des genres des autres ordres.

4. ^. A l'abdomen. Les articulations sont ici très-diffîèrentes encore, suivant qu^on les étudie dans les insectes qui ont l^ ventre protégé par des élytres, ou dans ceux qui Font absolument à nu. Dans les premiers la partie dorsale est ordinairement formée de segmens mous , très-flexibles , qui n'ont de consistance et qui ne sont même bien distincts que du côté inférieur : tandis que chez les hyménoptères , par exemple, et dans tous les insectes qui ont l'abdomen pédicule, les anneaux, au lieu de se toucher seulement par les bords, sont emboîtés réciproquement les uns dans les autres , à peu près comme les diflerens tubes d'une lunette d'approche ; de telle sorte que non- seulement l'abdomen peut s'allongeret se raccourcir, mais encore que dans un très -grand nombre la figure de ces cerceaux plus ou moins sphériques leur permet d'agir latéralement les uns dans les autres, de façon que par leurs mouvemens partiels, très-bornés, ils en produisent un général de latéralité, fort étendu.

5.° Aux membres. Comme la quantité des pattes ne varie que dans Tordre des aptères, nous trouvons dans tous les autres insectes une disposition articulaire analogue pour le nombre de parties qui constituent les pattes : savoir^ la

hanche) la cuisse, la jambe et les articles des tarses, dont le nombre seul varie. La manière de vivre semble se înanifesterdansla forme particulière des pattes, etsurtoutdans le ibouvement qu'elles exercent les unes sur 1^ autres : ainsi , lorsque L'insecte doit nager, nous trouvons les hanches larges } épaisses, mais soudées et immobiles dans la poitrine^ les tarses aplatis latéralement, inflexibles dan^ leurs parties , excepté dans le sens de Tadduction ou de Tabduction ; telle est la disposition des pattes dans les dytiques^ les hydrophileSi L'insecte doit- il fouir la terre P nous lui trouvons des hanches grosses , presque sphériques du côté de la poitrine ou du corselet , aplaties du côté de la cuisse ; celle-ci grosse ^ courte, n'agissant que dans le sens de l'adduction; les jambes larges, longues^ triangulaires, tranchantes' et dentelées sur leur bord externe : c'est ce que nous voyons dans les scari tes, les scarabées, les trox, les opatres, les taupes-grillons. Si l'insecte se sert de pattes pour la progrès^ sion i les hanches Sont sphériques ; la cuisse porte à sa base un appendice plus ou moins prononcé ; la jambe est cylindrique^ le tarse formé d'articles aplatis, veloutés en dessous, terminés par deux ongles crochus. Enfin chacune des habitudes semble s'être caractérisée dans la forme de certaines parties des membres : ainsi les hanches très-aplaties, en forme de lames embriquées, nous indiquent ^li insecte dont la mai'che est très -vive; les blattes, les forhicines, nous en offrent l'exemple. Une cuisse allongée ou très-épaisse dans sa .partie moyenne paroît être destinée à produire le saut ^ comme nous le remarquons dans les sauterelles, les altises, les cynipsj les puces. Une jambe trèsaplatie 9 ciliée, est l'apanage des insectes nageurs et plongeurs, par exemple, des dytiques, des naucores et de toute la famille des hydrocorées. Enfin la forme particulière des articles du tarse ^ leur nombre même , suffisent pour faire reconnoître la manière de vivre de l'insecte, ainsi qu'on pourra s'en convaincre en parcourant les familles que nous avons établies, et à la formation desquelles nous avons été pour ainsi dire conduits par la simple observation de ces organes du mouvement.

NoUs ne parlons point ici des articulations des antennes^

dont le véritable usage n'est point encore, connu ; au reste voyez le mot Antennes. (CD.) ^

ARTICULATION (PJ'ijK^.v^g^^) , pointoùdeux partîesd'unc plante s'emboîtent l'une dans l'autre $ le terme est emprunté des membres des animaux, dont l'idée suffît pour fixer la si- |[nification du terme. II ne faut pas confondre l'aïticulation avec le noeud ; moins encore appeler articulation l'e&pace qui se trouve entre deux nœuds. Voyez Physiol. véc. {L. P. Rad.)

ARTIFI ( Bot. )-y un des noms anciens donnés au cercifi cultivé, tragopogon porrifolium f L. (J.)

ARTILE ou ARTILLE ( Ornith,)^ nom vulgaire du moteux y mbtacilla œnanthe ^ L. (Ch. D. }

ARTIMON ENTORTILLÉ (MolL), espèce de coquille. Voyez Sthombe. (Duv.)

ARTISONS, Artoisons, Artusons. (Entom,) Sous cea trois dénominations on a voulu indiquer des insectes qui mangent les éioffes, les pelleteries, les matières animales ou végétales- Voyez les articles Ant^ rênes, Der-

MESTES , PaOQUES , TerMITES , TeIGNES , FOEBICINES.

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