‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 6 sur 100 · ARG I · texte numérisé non relu

ARG I

^*aux argiles impures et ferrugineuses ; que c*est au fer oxidé qu'elles contiennent qu'on doit l'attribuer en grande partie , et que des pierres qui ne contiennent pas du tout d'alumine , le possèdent également-; telle est la calcédoine pulvérisée.

Enfin la plupart des argiles sont douces au toucher, se laissent couper au couteau et même polir par le frottement du doigt.

Nous venons d'exposer les caractères des argiles à peu près dans l'ordre de leur importance. Il y a quelques variétés de ces substances qui en présentent d'autres, mais ils sont étrangers à l'argile; ils tiennent aux matières qui les souillent , et serviront à distinguer ces variétés entre elles : ces caractères sont les couleurs , l'effervescence par les acides, la grande fusibilité.

Les matières qui altèrent la pureté des argiles sont la silice, le fer oxidé, la chaux carbonatée, la magnésie, le fer sulfuré , les combustibles végétaux en partie décomposés.

La silice leur donne de l'àpreté , et leur enlève quelquefois leur liant , leur ténacité.

Xfi fer les colore , tant à froid qu'à chaud , et leur donne arlsL fusibilité lorsque les argiles sont impures et <yi'il est' en quantité suffisante.

Les sulfures de fer, en se décomposant, y introduisent l'oxide de fer, matière colorante et fondante des argiles.

La chaux carbonatée, en quantité suffisante, leur donne la propriété de faire effervescence avec les acides, et leur communique une grande fusibilité.

Enfin , la magnésie leur imprime quelquefois un carac* tère particulier d'onctuosité , mais ne les rend pas fusibles , comme on l'a cru. C'est la substance qui s'y trouve le plus rarement

§. 2. Division des argiles ; leurs variétés.

Nous essaierons de classer les exemples que nous allons choisir parmi les nombreuses variétés des argiles ; nous les disposerons d'après les propriétés différentes que leur don^*

nent les matières étrangères qui les altèrent ^ et nous les* /séparerons en quatre divisions.

* Argiles apyres.

Argiles fusibles.

Argiles efî'ervescentps.

ArgUes ocreuses.

* Argiles apyres*

Ces argiles peuvent résister sans se fondre à la chaleur ^es fours de porcelaine, dont le maximum est environ 140 du pyromètre de "Wedjgwood , instrument imparfait , mais le seul' dont on fasse un usage un peu général. Le chalusneau peut très-bien remplacer ce moyen, qu'on n'a pas toujours en son pouvoir.

Ces argiles ne font point effervescence avec les acides jelles prennent une retraite assez considérable par la cuisson 1 quelques -unes. sont peu liantes.

Elles donnent à l'analyse, ou beaucoup d'alumine sans terres étrangères, ou beaucoup de silice, toujours très-peu de chaux et de fer ; aussi se colorent-elles au feu beaucoup moins que lès autres. Quelques-unes y conservent leur cou* leur blanche, ou même acquièrent cette couleur lorsqu'elles jie l'avoient pas : on doit alors juger qu'elles dévoient ?a teinte grise qu'elles ont perdue à des corps combustibles que le feu a détruits.

Ces argiles sont employées dans la fabrication des porce* laines dures , ées> poteries nommées grès , des faïences blanches à couverte transparente , nommées faïences fines , enfin dans celle de tous les vases qui doivent subir une violente action du feu sans se colorer ou sans se fondre, ^ous prendrons pour exemple, dans cette division, les va<« riétés suivantes,

1. Argile native , Kîrw. L'existence réelle de cette argile ans la nature a été mise en doute. On l'a trouvée à Halle en Saxo , en petites masses mamelonées et disséminées dans Ja première couche de terre. On ne l'y trouve plus actueU lement que très-rarement. Cette circonstance et le voisinage d'une grande pharmacie avoient fait soupçonner qu'elle ^^it un pfiPduit de ïuvi : mais Bdnich , qui en a donné à

l'ourcroy 9 fait observer que cette pharmacie est à plus d*un kilomètre (Si3 toises) du lieu où on a trouvé cette argile 9 et qu'elle en est séparée par une muraille très-élevée. On dît ravoir aussi trouvée à Magdebourg dans la basse Saxe 9 en Silésie, à Polinier, près de Vérone et en Angleterre.

Cette argile est d'un blanc pur. Elle est maigre, quoique douce au toucher : examinée au microscope 9 elle paroit composée, dit Schreiber, d'une multitude de petits cristaux prismatiques et transparens ; caractère qu*on ne retrouve pas dans Talumine artificielle : elle happe fortement à la langue, mais ne fait point pâte avec Feau : elle répand l'odeur argileuse et fait quelquefois effervescence avec les acides. Kirwan ne pense pas que cet effet soit dû à une terre étrangère, mais il l'attribue à la combinaison propre de l'alumine avec l'acide carbonique ; il pense aussi que c'est à cette combinaison qu'il faut attribuer le toucher maigre de cette argile. CependantThéodore deSaussiire assure ^ d'après des expériences directes, que cette argile ne contient point d'acide carbonique, et même que Talumine n'est point susceptible de former de carbonate solide.

Schreiber a trouvé dans cette argile quelques particules de chaux carbonatée , de fer et de chaux sulfatée.

2. Argile collyrite. C'est une argile blanchr , assez tenace, laissant suinter l'eau par la pression ; elle retient ce liquide avec une si grande force qu'il lui faut plus d'un mois pour se sécher , quoique réduite k une petite masse : elle se sépare par la dessiccation en prismes basaltiques , comme de l'amidon ; elle a perdu alors la moitié de son poids et est devenue très-légère.

Elle est absolument infusible, et se dissout sans effervescence dans l'acide nitrique.

Elle absorbe l'eau avec sifflement et devient transparente a la manière des opales , en tout ou en partie , selon les variétés que l'on essaie.

Friesleben l'a trouvée a Weissenfels en Thuringe, dans un filon de grès de onze centimètres , qu'elle remplissoit entièrement. Le docteur Townson l'a observée dans les mines de Schemnitz en Hongrie.

Cette argile présente la plupart des caractères extérieurs

4e ralufninç pure 9 et on Ta voit méipe prise pour cette Uirre, L'analyse de lUaprotd ^ .fait connoître sa yé^it^ible nature $ celle de Schemnitz est composée de

45 parties d'alumine,

)4 de silice, et

43 d'eau,

3. ^RGiLE iCAOLiN , terre ou argile à porcelaine , Wall. , iWernerdans Brochant, Kirw. ; Feldrspath argiliforme , Haily,

Les kaolins sont remarquables par <}es caractères assez distinctifs , pris dans leur nature même. Ils sont friables et ^aigres au toucher, çt font difficilement p4te ayec l'eau. Séparés des parties grossières et évidemment étrangères à, leur mélange ordinaire, ils sont absolument infusibles au feu de$» fours de porcelaine, et n'y acquièrent point de couleur : ils s'y durcissent comme les autres argiles et peutêtre encore plus qu'elles ; mais i}s n'y acquièrent point de solidité, du moins lorsqu'ils sont à peu près purs.

Il est utile d'analyser beaucoup de kaolins pour détermine]^ Içs principes constituans de cette argile : mais ces analyses absolues ne peuvent êtrç prises comme (Caractères ; ellea «ont trop diflférei^ tes l'une de l'autre. 11 parolt qu'en général les kaolins sont essentiellement composés de silice et d'alumine dans dçs proportions presque égales. Les vrais kaolins sont presque tous d'un beau jïlanç : quelques - uns tirent sur le jaune ou le rouge de chair; plusieurs de ces 4erniers acquièrent par le feu une teinte grise, qui ne permet pas de les employer dans la fabrication de la belle pçrcelaine : la plupart présentent de^ particules de mica , qui décèlent leur origine.

Cette origine peut encore être regardée com^ie un de leurs caractères distinctifs les plus remarquable?. Presque toutefi ces argiles sont évidemment dues à la déçoipposition des feld-spaths , des granits , et principalement des roches composées de feldfSpath et de quartz , npmpi^^s roches ou granits graphii^ues. La plupart des kaolin^ que j'ai vus étoient dus à la décomposition de cette roche. Aussi, ne les trouvet-on quç dans les montagnes primitives» au milieu des

bancs de granits, et formant des couches interposées entre ces bancs. On retrouve encore dans ces couches le quarts et le mica, parties constituantes des granits; on y remarque surtout quelques morceaux de kaolin, qui conservent encore la forme des feld-spaths.

Plusieurs kaolins sont précédés par des couches dWe roche micacée de la texture du gneiss , mais rouge et trés-friable. Cette disposition assez remarquable a été observée dans les carrières de kaolin de la Chine , dans celle d*Alençon , par Guettard , et dans celle de Saint^Yriex prés Limoges.

Les kaolins les plus connus se trouvent :

A la Chine et au Japon. Diaprés les échantillons que Ton a reçus de ces pays , il paroît qu'ils sont assez blancs , plus onctueux au toucher que ceux employés en France, et plus micacés.

£n Saxe. Le kaolin employé dans la fabrication de la porcelaine de ce pays , a uhe légère teinte de jaune ou d'incarnat , qui disparoit au feu ; ce qui prouve, comme l'observe Wallerius, que cette couleur n'est point due à une matière métallique.

En France , à Saint-Yriex-la-Perche , à environ quatre iinyriamètres (lo lieues) de Limoges. Le kaolin y est en' couche ou même en filon, au milieu de bancs de granit, ou plutôt de cette roche feld - spathique que l'on nomme pe-tun-zé. On y voit cette roche dans toutes les nuances de décomposition. Le kaolin y est généralement blanc, quelquefois cependant un peu jaunâtre , à peine micacé. Il est âpre au toucher, et quelques bancs renferment encore de gros grains de quartz : les manufacturiers le nomment alors terre caillouteuse ; cette variété, étant broyée peut donner, . sans addition d'aucun fondant , une porcelaine très-transparente. Quand il ne renferme que du sable quartzeux on le nomme terre argileuse ; il faut pour le convertir en porcelaine y ajouter un fondant. Voyez les détails de cette fabrication à la suite du mot Argile, chapitre II, §. s, second genre , des Porcelaines,

Dans les environs d'Alençon , è Maupertuis et à Chauvigny : il a été découvert par Guettard , et il paroît que c'est Iç premier qui a été cpnnu en France. Il n'est pas aussi

beau que celui de Sàint-Yriex. J'ai ramassé dans les environs de cette ville une autre sorte de kaolin , mais tellement mêlé de mica, de quartz et d'oxide de fer, qu'on ne pourroit remployer à la fabrication de la porcelaine. On en fait de fort bonnes briques.

Prés de Bayonne. Ce kaolin , nouvellement découvert, est un de ceux qui prouvent le plus clairement que cette argile tire son origine du feld-^path ; il conserve souvent la structure lamelleuse de cette pierre. La roche qui le donne est composée uniquement de quartz et de feld-spath ; c^est un . granit graphique ; on le trouve dans tous les degrés de décomposition,

Prés de Cherboui^ , aux environs du bourg des Pieux.

A îdiederschœffolsheim dans le département du Bas-Rhin»

On a encore trouvé des kaolins dans les Cévennes ^ près de Saint-Jean de Gardonnenque. Chaptal en a fait quelques; pièces de porcelaine.

A Saint-Bonnet, département de la Loire. On croit que c^est celui dont on se servoit dans la manufacture de por-» celaine de Lyon.

En Angleterre , dans le comté de Cornouaille. Ce kaolin f^st très-blanc, plus onctueux au toucher que ceux du continent d'Europe qui viennent d'être mentionnés. Il est éga-» lement dû à la décomposition des feld-spaths , des granits^ et se trouve au milieu de ces roches. Wedgwood y a trouvé soixante pour cent d'alumine.

4. Argile cimolitue. La nature de cette terre, dont. Pline a parlé, est encore peu connue : ce n'est que depuis peu de temps que les minéralogistes modernes s'en sont occupés. Elle paroît , d'après ses caractères chimiques et son gisement, avoir de grands rapports avec les kaolins , et c'est ce qui nous engage à la placer ici.

Elle est d'un blanc gris de perle ; elle rougît un peu par le contact de l'air; sa texture est un peu feuilletée. Elle est assez tendre, quelquefois douce au toucher, et a même dans quelques points l'aspect gras: Elle happe assez fortement à la langue et n'est j^as facile à casser. Sa pesanteur spécifique, d'après Klaproth , est de 2 , l'eau étant 1. Elle blanchit au chalumeau , mais ne fond pas. Elle est souvent

mélangée de grains de quartz très • sensibles , qu'il faut en séparer par le lavage.

Les anciens tiroient cette argile de Tile de Cimolis, aujourd'hui TArgentiére, près celle de Milo; c'est de là que lui est venu le nom de cimblithe : ils remployoient à dégraisser les étoffes. Les habitans s'en servent encore aujourd'hui pour cet usage , et elle leur tient lieu de savon pour laver le linge : cela fait , comme l'observe Toumefort , une lessive d'autant plus mauvaise que les grains de sable qu'elle contient usent et percent le linge.

Hawkins en a rapporté de cette Ile ; il a constaté qu'elle hlanchissoit les étoffes aussi bien que la meilleure terre à foulon. Klaproth a analysé les échantillons que lui a remis ce voyageur î il y a trouvé :

Silice 65,oo

Alumine 23,oo

Oxide de fer... 1,25

Eau 12,00

Olivier a rapporté du même lieu une roche qu'il regarde eomme de la terre ^imolée ; il Ta ramassée au sud et à l'ouest de TArgentière : elle diffère c. pendant beaucoup de la précédente, en ce qu'elle est friable, assez douce au toucher. C'est une véritable roche en décomposition , dont la pâte est rose avec des fragmens anguleux blancs. £lle ressemble, comme le dit Olivier, à un porphyre rouge en décomposition; elle répand une odeur argileuse très-forte» et c'est presque le seul caractère argileux qu'elle présente, Vauquelin en a analysé des échantillons , et y a trouvé :

Silice • • •••#.•• 79,00

Alumine .••••••.•••• 5,oo

Chaux. ••••••••1. . •• 4,00

Muriate de soude..*. 2,00

£au«... ••••• 10,00

La grande différence qui existe entre cette analyse et celle de Klaproth , nous confirme daiis l'opinion qu'il en existe aussi beaucoup dans les matièrcfs analysées,

12 ÀRG

L'argile cimolithe ne peut d'ailleurs être placée parmi lefi terres à foulon ; elle n'en a ni l'onctuosité ni les autres caractères.

Les anciens attribuoîent à cette terre des propriétés médicinales qui n'ont aucune réalité.

5. Argile plastique. Les argiles dont nous allons 'donner l'énumération et que nous réunissons soùs ce nom commun , ont toutes Jes qualités suivantes.

Elles sont compactes, douces et presque onctueuses au toucher ; elles se laissent même polir par le doigt : lorsqu'elles sont sèches elles prennent beaucoup de liant avec l'eau, et donnent une pâte tenace, que les ouvriers nomment longue ; quelques-unes même acquièrent dans Teau un peu de translucidité.

Elles sont toutes înfusibles au feu de porcelaine et y prennent une grande solidité ; cette propriété , qui tient à leur nature , les distingue des argiles fusibles , servant comme celles-ci à la fabrication des poteries et faïences grossières.

On les nomme aussi argile ou glaise à potier; mais comme on comprend encore sous cette dénomination des argiles qui , par leur grande fusibilité , indiquent une con^posîtion différente , nous avons préféré leur donner un noin plus caractéristique.

Werner les nomme argile à pipe. Celles qu'il a envoyée» sous ce nom au Conseil des mines ont tous les caractères que nous venons d'énoncer.

Parmi ces argiles les unes restent blanches, ou même acquièrent cette couleur au feu de porcelaine ; les autres deviennent d'un rouge quelquefois assez foncé. Nous commencerons par celles qui restent ou deviennent presque blanches au feu. ^

Argile plastique d'Abondant , près la forêt de Dreux, On trouve, aux environs de cette ville et dans la forêt même , des couches irrégulières d'une argile d'un blanc grisâtre, très-onctueuse au toucher, compacte, se desséchant en grosses masses non friables , faisant fort bien pâte avec Teau et y acquérant quelquefois une demi - transparence remarquable. Cette argile est souvent mêlée de rognons d'une autre argile d'un beau blanc, qui conserve parfaite-

ARG i5

ment sa couleur au grand feu , en y prenant une grande solidité. Uargile grise, qui est la plus abondante, cuite dans des étuis, à l'abri de la flamme, ne prend que peu de couleur; elle contient, d'après l'analyse de Vauquelln:

Silice 0,80

Alumine. • • • 33,2o

Chaux 3,5 o

Fer.... 1,00

Eau i8,oo

99î2o L^argile des environs d'Houdan est a peu près de même nature. Elle prend un peu plus de couleur.

L'une et l'autre sont employées , en raison de leur infusibilité , à faire des étuis ou gazettes pour cuire les porcelaines. Ces étuis ont l'avantage de résister assez long- temps à l'action du feu sans se fondre, de ne point s'affaisser, et de jeter peu de grains pierreux sur les pièces qu'on y enferme.

Argile plastique du Devonshire en Angleterre, C'est de cette province que viennent presque toutes les argiles employées à la fabrication des poteries que l'on fait dans le Staffurdshire et aux environs de Newcastle-sur-Tyne , en Northumberland.

Elle est grise , moins onctueuse que celle de Dreux , et par conséquent plus friable ; elle ne fait point effervescence dans l'acide nitrique , mais elle s'y délite promptement et y prend plus de couleur ; elle devient blanche au feu de poterie , et conserve sa blancheur sans se fondre au feu de porcelaine. Cette propriété permet d'appliquer sur cette ai^ile une couverte vitreuse moins fusible , et qui contient par conséquent moins de plomb ; on ne craint pas que la chaleur employée pour la vitrifier colore la pâte. La plu^ part des argiles de France employées au même usage ont l'inconvénient de rougir par un .feu un peu fort : on est obligé , pour leur faire conserver leur blancheur, d'employer une couverte dans laquelle on met beaucoup de plomb pour la rendre plus fusible. Nous reviendrons sur cet objet en traitant des poteries.

Argile plastique noire de Colehrookdale , dans le Shropshire en Angleterre, Cette argile est remarquable par ses propriétés :

un y voit des âéhris de végétaux ; elle est d'un Brun foncé presque noir. Elle offre un exemple frappant de ce que 210US avons dit^ que cette couleur étoit souvent due à la décomposition des corps organisés, car elle perd sa couleur au feu de couverte de porcelaine dure. Elle résiste trés^bien à ce feu, sans même se ramollir.

Cette argile est dure, mais friable; elle n*éprouve aucune altération -de la part de Tacide nitrique ; elle ne se délaie point d'elle-même dans l'eau. Il faut, pour la pétrir, la réduire en une poussière très - ténue et la battre fortement- On fait avec la pâte obtenue par ce moyen des étuis ou gazettes qui sont d'une trèis-bonne qualité.

Cette argile s'éloigne un-peu , par ses caractères apparens , des variétés de cette division ; mais elle y appartient par ses caractères essentiels et ses propriétés.

Argile plastique des environs de Mauheuge. Elle est d'un gris blanc et très-liante : elle ne change 'point de couleur au grand feu; elle y est très-réfractaire et y acquiert une grande dureté. C'est arec cette argile que se font les poteries de grès de la Flandre, qui sont ordinairement ornées " de peintures grossières en bleu.

Argile de Montereau' sur Yonne» Cette argile est grise, assez friable, moins tenace que les précédentes, quoique très-liante. La meilleure se tire d'une carrière située sur le chemin et à la montagne de Moret. Elle est assez brune lorsqu'elle est hiimide, elle devient grise en séchant, et blanchit par un feu médiocre; mais au grand feu elle reprend de la couleur et devient d'un fauve sale.

Cette argile est employée, tant à Montereau qu'à Paris, pour faire ces faïences fines et blanches, qu'on appelle terres blanche , terre à pipe ou terre angloise.

Argile plastique de Gournay. Elle se trouiw aux environ» de Gournay , de Doudeauville et de Gisors. Elle est d'un J)rHn tirant sur l'ardoise. Elle devient blanche à un feu modéré, mais elle rougit au grand feu. Comme elle résiste très - bien à la plus forte action du feu , on en fait de» pots ,ou creusets de l'errerie. r

Argile plastique de Savigwy près Beauvais, C'est une de» plus anciennement connues en France par sa bonne qualité.

Bernard Pallâsj la cite comme propre k faire des vaisseaux légers , trés-compactes et portant avec eux un vernis naturel; en efifèt, c'est avec cette argile que Ton fait cette espèce de faïence trës«cuite , que Ton nomme grés.

Argile plastique de Forges^les^aux, On extrait cette argile non-seulement aux environs de Forges , mais depuis Savigay jusques auprès de Neufchâtel en Bray. On en fait dans le pays, et notamment à Beauvais, des poteries de grès. On remploie aussi pour les pots des verreries. La manufacture des glaces de Saint - Gob^n tire son argile de )a commune de Fossé prés Foires.

Yauquelin y a trouvé i

Alumine •••••.. 1 6,00

Silice 63,oo

Chaux. •••••• • i^oo

Fer.. 8,00

Eau évaporée.. 10900

98,00 Perte > • a,oo

100,00 et Uassenfratz , 57 d'alumine et 63 de silice.

Cette argile , trés-ré frac taire , prend au feu de la couleur^ k cause du fer qu'elle contient.

On exploite des argiles semblables à Montcenis, départemeut de Sa6ne-et-Loire, composées , d'après l'analyse de Has» senfratz, de 45 d'alumine et 55 de silice:

A Villentrand près Montmirail :

A Dèvres, département du Pas-de-Calais:

Dans les environs de Port-Louis, département du Morbihan :

A Audunes près de Namur :

A Autroche prés de Saint-Guillain :

Dans les environs de Tournay ; elle contient , d'après Hassenfratz, 78 d'alumine et 22 de silice ?

6. Argile lithomarce, quelquefois Moelle pe pierre. Cette variété est difiicile à distinguer des argiles smcctiques et de l'argile endurcie de Werner et de Kirwan. Nous j^ommes obligés de copier exactement les caractères que leur ent donnés ces minéralogistes.

Cette argile varie du blanc au jaunâtre, au rouge et au bran 9 et elle présente toutes les nuances intermédiaires. On peut dire qu'il y en a de toutes les couleurs. Sa cassure est terreuse et k grain fin ; elle est très - tendre , douce , prenant de Téclat par la raclure ; elle est onctueuse au toucher, happe à la langue ; elle est assez légère et facile à casser.

Elle se délite dans l'eau sans former pâte avec elle. Ce caractère la distingue des argiles plastiques et figulines ; celui de happer à la langue la distingue des argiles smectiques. On ne connoît point encore sa composition. Napione dit y avoir trouvé beaucoup de magnésie. Enfin elle est infusible au chalumeau, d'après Widenmann et Emmerling. Cronstedt, etKirwan, d'après Cronstedt, disent cependant qu'elle est fusible en masse «pongieuse. Ehrmann dit aussi qu'elle est fusible , mais avec le chalumeau à air vital.

Le gisement de là lithomarge est un de ses meilleurs caractères. Cette argile paroît appartenir aux terrains primitifs : on la trouve en rognons dans les basaltes , dans les roches amygdaloïdes ; elle remplit des filons dans les porphyres , les gneiss , les serpentines ; on la rencontre avec l'étain, avec les topases, etc.

On en trouve en France -,

En Bohême , à Luschitz ;

En Saxe , à Planitz près de Zwickau. Celle-ci est remarquable, et connue sous le nom de terre miraculeuse de Saxe. Elle est nuancée des plus belles couleurs , 'parmi lesquelles domine le bleu violet. Elle repose sur des couches de houille.

Werner cite la lithomarge dans les brèches qu'il nomme grauwaVktj à Zellerfeld au Hartz. •

Trebra a trouvé au Hartz une lithomarge phosphorescente par le frottement.

^^ Argiles fusibles*

7. Argile saponifoRtME , -^^g- saponiformis ^ Savon de montagne ; Wern. Broch; Nous n'avons point vu ce minéral, qui est extrêmement rare ; peut-être doit -il être placé parmi les pierres que nous nommerons stéatitt ou taie.

Les minéralogistes allemands qui Vont décrit disent que sa cassure est terreuse, à grain fin. Il est trés-tendre, gra» au toucher comme du savon , et prenant par la raclure un éclat gras ; il happe très-fortement à la langue ; il a ce que Wemer appelle la propriété écrivante.

On a trouvé cette pierre à Olkutsck en Pologne et en Angleterre.

8. Argile smectique, Argillasmectisj 'W&\L;Talcumful'* /oiM*m j Wem. ; Terre à foulon. Cette variété, qui formera peut-être une espèce lorsque les parties essentielles en seront déterminée^ ^vec plus de précision , a deux caractères distinctifs assez bons : i."* elle est grasse au toucher, et se laisse polir avec l'ongle ; 2.® elle se délite promptement dans l'eau , y forme une espèce de bouillie , mais ny ac'^ quiert pas unf?. grande ductilité. 3.^ Elle contient souvent de la magnésie ; quelques-uns de ses caractères extérieurs paroissent être même une suite de la présence de cette terre» qui communique ordinairement une sorte d'onctuosité aux pierres dans lesquelles elle entre en certaine quantité.

Les couleurs de cette argile sont très- variables. La plus ordinaire est le gris jaunâtre et le vert olive ; il y en a aussi de brune, de rouge de chair. Sa cassure, toujours facile , est aussi très -variable , tantôt raboteuse , tantôt schisteuse, quelquefois conchoïde.

£Ile est assez compacte et happe très - peu à la langue. Plusieurs variétés d'argile smectique noircissent par unpre*mier feu et devienj[ient blanches par un feu plus violent ; ce qui indique la présence d'une matière combustible t enfin 9 elles se fondent à i:^n feu plus violent. ' La terre à foulon jaune de Woburn en Angleterre se fonda 120^ du pyromètre de Wedgwood, en une masse pâteuse d'un brun rouge ; elle ne fait aucune effervescence avec l'acide nitrique , mais elle s^ réduit sur-le-champ eu poudre.

Là terre à foulon n*a encore été analysée que par Bergmann ; cette analyse a été faite sur celle du Hampshire en Angleterre : elle donne de silice 61, d'argile 26, un peu de chaux et de magnésie carbonatée. Cette terre ne fait point effervescence avec les acides $ Bergmann pense quç.

la chaux et la magnésie n'y sont pas simplement mélangées ^ mais intimement combinées. Quelques terres à foulon font cependant une légère effervescence ; mais, comme Tobserve Kirwan^ ce ne sont pas les meilleures.

La terre à foulon est employée, comme Ton sait, pour enlever aux étoffes de laine la graisse qui appartient à la laine. Cette opération se fait en foulant ces étoffes , avec Teau et Targile smectique, dans des espèces de mortiers de bois ; de lourds pilons de bois , mus par Teau , refoulent perpétuellement Tétoffe, en tombant obliquement dessus.

Ce n'est ni à la chaux , ni même à la magnésie , que les terres à foulon doivent la propriété qu'elles possèdent d'enlever la graisse des étoffes de laine ; l'argile suiEt pour cela : mais toutes les argiles ne sont cependant pas propres à cet usage. 11 faut qu'elles aient la propriété de se laisser diviser facilement et promptement par l'eau , propriété qu'elles perdent lorsqu'elles sont trop onctueuses. 11 faut aussi que la silice qui y est mélangée soit extrêmement fine : sans cette condition elle useroit ou perceroit même les étoffes: Ces qualités et surtout la finesse se reconnoissent au poli assez vif qu'elles acquièrent par le frottement de l'ongle. Une trop grande quantité de fer et surtout de pyrites nuit beaucoup.

Les terres k foulon les plus célèbres se trouvent :

En Angleterre, en Staffordshire près Brick-hill, en Bedfordshire près de Woburn , en Surrey près de Riegate ; dans le comté de Kent, près de Maidstone, de Nulley et de Petvrorth ; dans l'Ile de Skye en Ecosse. Elles sont situées sur des bancs de grès ou de sable. Ces terres contribuent tellement à la beauté des draps , qu'on en a défendu l'exporu ^tation sous les peines les plus sévères.

Celle de Saxe se rencontre presque à la surface de la terre , à Rosswein, à Schomberg près Gorlitz en Lusace , à Jobann-Georgenstadt.

En France , à Rittenau en Alsace.

En Suède, à Osmundberg, etc.

9. Argile figuline. Ces ai^iles ont presque toutes les propriétés extérieures des argiles plastiques; beaucoup sont, comme elles, douces au toucher, et font avec l'eau une pâte

usscz tenace: mais elles sont en général moins compactes, plus friables ; elles se délaient plus facilement dans Teau. Je n'en ai point vu qui possédassent la propriété d'acquérir dans l'eau ce commencement de translucidité que présentent plusieurs des précédentes. Plusieurs aussi sont très - colorées, et loin de perdre cette couleur par la cuisson , elles deviennent souvent d'un rouge très-vif; enfin elles ont une cassure irrégulière, raboteuse et nullement lamelleuse. Quoique douces au toucher, elles n'ont pas ordinairement l'onctuosité des argiles à foulon. Quelques-unes font une eflervescence légère avec les acides , et ces dernières se rapprochent tellement des marnes qu'il est difficile de les distin- ^er.

Cest la chaux et le fer que ces argiles contiennent qui les rendent fusibles à une chaleur souvent fort inférieure à celle que les argiles précédentes peuvent supporter sans altération.

Il paroît que c'est à ces argiles que Werner a appliqué particulièrement le nom d'argile à potier. Les échantillons qu'il a envoyés sous ce nom au Conseil des mines ont tous la fusibilité des argiles qire nous nommons figulincs.

Ces argiles sont employées dans la fabrication des faïences et poteries grossières , à pâte poreuse et rougeâtre ; étant plus répandues que les précédentes, et moins recherchées, il n'y a presque point de. localité remarquable que l'on puisse citer.

Argile Jiguline brune â*Arcueil, Cette argile est d'un brun bleuâtre, mêlée de veines et de taches rouges. Elle fait avec l'eau une pâte très -tenace, ne fait aucune effervescencle avec les acides. Elle devient d'un rouge assez vif par la cuisson et ne se fond qu'à une haute température ; celle des fours de porcelaine la fait un peu boursoufler quand elle contient beaucoup de fer , mais ne la fait point fondre.

Elle se trouve au midi de Paris, dans les environs de Vaugirard, de Vanvrcfs, d'Arcueil, etc. Elle est souvent mêlée de sulfure de fer : ce mélange augmente sa fusibilité, surtout dans les parties où se trouve ce sulfure. Elle est placée au - dessous d'un premier lit de, chaux carbonatée

grossière. D'aprcs l^analyse de Gazeran ; elle contient 32 d'alumine, 63 de silice et près de 4 de fer.

Elle est employée par les sculpteurs pour modeler, et par les fabricans de fourneaux; elle entre dans la composition des faïences grossières que l'on fabrique dans les faubourgs de Paris. Elle sert à glaiser les bassins pour y retenir Teau , et porte même ordinairement le nom de terre glaise. Argile Jiguline de Saxe ^ Argile à potier, Werner. Cette variété, placée sous le n.^ 168 dans la collection envoyée par Werner au Conseil des mines, a le grain grossier, la texture caverneuse ; elle est jaunâtre et très-micacée ; elle renferme des fragmens d'amphibole. Elle ne^fàit poinft effervescence avec l'acide nitrjque , et fond , au feu de porcelaine-, en une masse vitreuse d'un brun rougeâtrie.

10. Argile feuilletée. Ses couleurs varient comme celles âe toutes les argiles , mais sa texture remarquable est son caractère distinctif. Elle est composée de feuillets qui se sépaTent avec la plus grande facilité par l'action alternative de la sécheresse et de l'humidité. Cette texture feuilletée H^e&t pas cependant toujours aussi tranchée : ses feuillets sont quelquefois ondulés et comme noduleux ; ce qui paroiC 3û aux rognons siliceux qu'elle renferme.

EHe a d'ailleurs 'tous les caractères des argiles. Elle se délaie dans Teau et fait pâte avec elle ; c'est ce qui la distingue des schistes proprement dits.

On la trouve à Montmartre près Paris , entre les bancs de chaux sulfatée impure, en grands feuillets très-droits, semblables à des feuilles de carton.

On la trouve aussi à Menil -montant, renfermant la variété de silex nommée menillte. Cette argile est seule rapportée comme exemple du Polierschiefer de "Werner. «Sa pesanteur spécifîcpie, d'après Klaproth , est de 2,080. Elle Tenferme , suivant ce chimiste , ' '

Silice •••••• 66,5o

Alumine • • '7,00

Magnésie i,5o

Chaux • • .'•' • 1,2^

Oxide defer...» 2,60

£auf •«•«•• •«•«• 49,00

IjCS d^ux soiis-yariétés d'argile feuilletée qxïe nous venons de rapporter font k peine effervescence avec Tacide nitrique ; elles se ramollissent au feu de porcelaine , y fondent presque et s^ colorent en brun marbré. Les échantillons de schiste à polir , Polierschiefer , envoyés par Werner au Conseil des mines, sont âpres au toucher, ne font aucune effervescence avec les acides, n'éprouvent aucune altération de la part du feu de porcelaine. Ils y restent friables et âpres au toucher, et n'y durcissent pas à la manière des argiles.

Ces différences assez importantes me font soupçonner que c'est à tort que Ton a donné l'argile feuilletée de Menilmontant comme exemple du schiste à polir de Werner : nourseulement cette argile- n'a jamais été employée pour polir, mais elle ne paroit pas même susceptible de cet usage ; tandis que le Polierschiefer de Werner paroît pouvoir y être employé, en raison de la finesse et de la dureté de ses molécules. Il se rapproche beaucoup des tripolis , auprès desqaeb ce savant minéralogiste le place actuellement.

,11. Argile légèrb. Dans une classification fondée sur les principes constituans , cette pierre ne pourroit pas rester parmi les argiles ; elle ne contient que douze parties d'alumine sur cent: mais elle a quelques-uns des caractères argileux les plus importans pour les arts ; elle en a même les usages.

Elle est remarquable par sa légèreté. Sa pesanteur spécifique, d'après Fabroni, est 1,372: quelquefois elle est encore plus foible, 0,362. £lle surnage l'eau tant qu'elle n'est pas imbibée de ce liquide. Elle est sèche au toucher ; sa poussière très-fine est cependant fort dure et très-propre à polir l'argent. Elle a les qualités de la terre pourrie des ouvriers ; il paroît qu'elle les doit à la grande quantité de silex extrêmement divisé qu'elle contient. Elle 'se délaie difficilement dans l'eau et n'a presque pas de liant : mais, elle résiste parfaitement au feu ; elle y perd un huitième de son poi4s. Elle ne se fond point au feu de porcelaine , elle jr acquiert une grande dureté et y prend 0,23 de retraite, sans cependant acquérir une grande densité \ elle ne fait aucune effervescence avec les acides.

On connoît plusieurs variétés de cette argile. Une a été trouvée près Santa-Fiora dans le Siennois , entre Arcidorsv et Castel-del-piauo : elle est en masse , peu fissile , d'un blanc cendré, avec quelques nuages jaunâtres; on y voit des impressions de plantes. Fabroni en a fait des briques . qui flottent sur Teau. Je ne sais pourquoi on a nommé cette terre, farine fossile et agaric minéral : les substances décrites sous ces noms , plus propres à tromper qu'à éclairer , sont des variétés pulvérulentes et spongieuses de chaux carbonatée ; elles peuvent contenir quelquefois de la magnésie, mais celle-ci n'y est point essentielle : leurs caractères sont d'ailleurs absolument différens de ceux de l'argile légère.

Fabroni a publié l'analyse suivante de cette pierre:

Silice 0,55 ~

Magnésie • • • 0,1 5 £au.« •••••• 0,14

Alumine. ••• 0,12

Chaux o,o3

Fer. .••••••• 0,0 1

Faujas a trouvé dans les monts Coirons, département de l'Ardéche , sur la route de Loriol au château de Roche- Sauve , des argiles que l'on peut regarder comme des soùsvariétés de l'argile légère. Elles sont au moins aussi légères que la première , également âpres au toucher , et ne font avec l'eau qu'une pâte très-courte : elles peuvent servir à polir l'argent 11 y en a deux sortes assez dififérentes. L'une est d'un gris cendré ; sa texture est très-feuilletée , et elle renferme entre ses feuillets des feuillet de plantes d'espèces extrêmement nombreuses et très - semblables aux végétaux et surtout aux arbres de notre climat; elle est fusible au feu de porcelaine en un émail brun roussâtre , et cependaut ne fait aucune efifervescence avec l'acide nitrique.

L'autre est moins feuilletée , plus blanche, plus ^liceuse , ne renferme qiie peu d'empreintes de végétaux ; elle fait une violente eRtirvesccnce avec l'acide nitrique ^ et cependaut ne fond point au plus grand feu.

Ces argiles s^ëloîgnent beaucoup des véritables argiles ; elles se rapprochent des tripolis. Nous n'en parlons ici qu'à cause des usages auxquels on les a employées.

On a fait aussi avec cette argile des briques légères , dont nous parlerons & la fin de cet article, au chapitre II ^

DES USAGES OB l'aRCILE. §. 1.

^ ^ ^ Argiles très-effervescentes j vulgairement marnes

argileuses^

On désigne, sous le nom de marne , des mélanges naturels d'argile et de chaux carbonatée dans diverses proportions. Ces proportions très-vaHables donnent à ces mélanges des * caractères et des propriétés si différentes , que nous placerons les marnes, dans deux espèces, parmi les argiles et & la suite de la chaux carbonatée. Nous imiterons en cela Kirwan et les auteurs qui ont traité des marnes particulier rement, tels que le docteur Withering et Andréas. Cet deux sortes de marnes font efieryescence avec les acides t mais les premières font assez bien pâte avec l'eau; les secondes s^y déliteût quelquefois, mais ne font jamais pâte avec elle. Nous ne parlerons ici que des premières.

12. Argile MARNE, Marne terreuse, CalcareusMargafriom hilis , Werner, Argile calcarifère , Hatiy. Cette marne varie en eonsistance, mais elle n'est jamais assez dure pour ne pouvoir point se délayer dans l'eau ; elle est au contraire plus ordinairement très - friable et même quelquefois pulvérulente. Le passage de l'humidité à la sécheresse suffît souvent pour en désunir les parties ; elle tombe en poussière dans l'eau , et forme avec elle une pâte qui n'a point de liant.

Elle fait une violente effervescence avec l'acide nitrique, et souvent cet acide dissout plus de la moitié du mélange. Elle se fond facilement au chalumeau.

Sa cassure est toujours terreuse, sa texture est souvent feuilletée, et dans ce cas elle ne se distingue de l'argile feuilletée que par l'action de l'acide nitrique et par sa fusibilité facile.

Argile marne de Virojlay. Elle est en masse friable, d'un )aune sale tirant sur le vert pâle; elle devient d'un jaune

pâle au feu de 60 du pyrométre, et se fond à 120* en un verre d^un jaune sale ou d'un brun brillant, qui est très - liquide et perce les creusets de porcelaine peu épais.

Elle sert à faire les gazettes dans lesquelles on cuit la porcelaine tendre ou frittée.

Elle se trouve ^ Viroflay entre Sèvres et Versailles.

Argile marne verte de Montmartre. Elle est d'un vert pâle , mais peu déterminé ; elle se délite facilement en petites pièces parallélipipèdes , et fait une violente effervescence avec l'acide nitrique.- Elle se trouve sur les hauteurs de Montmartre , de Menil-montant et de plusieurs autres col* Unes au nord de Paris.

Elle entre dans la composition de la faïence commune de Paris. Elle se boursoufle à 60^ du pyromètre de Wedgwood, et se fond complètement, à 120 , en un verre noirâtre très-rhomogène.

Cette sorte d'argile est une des plus connues, et il n'y a point de lieu où l'on ne puisse espérer d'en trouver. Gazearan y indique 19 d'alumine, 66 de silice, 7 de chaux, 6 de fer. Elle fond avec une grande facilité.

Argile marne d^Argenteuil, C'est presque une marne calcaire ; elle est blanche , compacte , assez solide , mais elle se délaie facilement dans l'eau. ,

Elle est la base terreuse de la porcelaine tendre ou frittée de Sèvres,

Argile marne marbrée de Montmartre, Cette marne est grise , marbrée de brun. Elle est assez douce au toucher et fait très-bien pâte avec l'eau, mais elle fait effervescence avec l'acide nitrique, et fond en un émail jaunâtre et cristallin. On la vend à Paris soiis forme de petites briques ci sous le nom de pierre à dégraisser. Elle enlève en effet assez bien les taches de graisse.

Argiles ocreuses.

'argile ooreuse, Haûj; Alrgilla holus, Wall.; Bole , Kirv.; Bol,

Wem.

Les argiles ont des points de contact avec un grand ombre de substances, et c'est ce qui rend leur clas-

sifi cation et leur détermination si difficiles. Elles se confondent avec les schistes par les variétés feuilletées , avec les talcs par les variétés smectiques, etc., avec la chaux carbonatée par les marnes, et avec les mines de fer par les bols. Tous les bols ou argiles ocreuses contiennent une quantité assez considérable de fer oxidé , pour recevoir de ce métal les couleurs tranchées, souvent très -vives, qu'ils présentent, et quelques mines de fer argileux, pauvres , mais exploitées, contiennent à peine plus de fer que certains bols.

Les caractères des argiles ocreuses seront .donc pris des changemens que Toxide de fer apporte dans les argiles. Haûy les a parfaitement fait ressortir. Elles happent a la langue, se divisent en poudre. dans Teau sans y faire pâte, donnent des étincelles très - sensibles lorsqu'elles sont en communication avec un conducteur électrisé, deviennent rouges ou plus rouges par l'action du feu, et acquièrent ordinairement le magnétisme polaire.

i3. Argile ocreusë rouge. Elle est d'un rouge de sang, quelquefois mêlé d'une légère nuance orangée. La couleur nommée ocre rouge contient quelquefois une si grande quantité de fer (vingt- cinq pour cent au moins) qu'il est plus convenable de la placer parmi les minerais de fer; il reste alors dans cette sous-variété les exemples suivans.

La sanguine ou Crajyon rouge ; Argile ocreuse rouge graphique, Haiiy ; rubrica^ yVa]l.;ferrum ocrœum argile laceum , Rubrica , Wern, Sa structure est schisteuse , sa texture compacte , sa cassure est facile et terreuse ; elle est d'un rouge de brique assez vif, et laisse facilement sur les * doigts et sur le papier des traces vives et durables de cette couleur. ,

Cette pierre n'étant jamais exploitée tomme mine de fer, nous la^ laissons parmi les bols, à l'exemple d'Hafiy. Si, comme le dit Wallerius , elle contenoit soixante et dix à quatre-vingts pour cent de fer, ce seroit une mine trèsriche ; mais il y a certainement erreur dans cette évaluation.

Il ne faut pas confondre cette argile ferrugineuse avec }4 n^ine de fer oxidé , nommée hématite.

is6 A K G

Elle se trouve en petites couches ou en amas au milieit des schistes argileux : '

En Allemagne , à Thalliter dans la Hesse. Elle s'y rencontre en assez grande quantité pour y former un objet d'exploitation.

En Bohème.

Dans la haute Lùsace..

' A Blankenbourg et, à Kœnitz en Thuringe.

En Sibérie.

On extrayoit aussi de la sanguine de Tile de Lemnbs ; on la nommoit rubrica en latin. Elle se distinguoit du bol liommé particulièrement terre de Lemnos, en ce qu'elle n'étoit pas sigillée.

On taille la sanguine pour en faire des crayons ; toais ùe& crayons sont souvent graveleux , ce qui gêne dans' leur emploi. Lomet a essayé d'en faire d'artificiels , qui n'avoient point ce défaut. Il broie la sanguine , la délaie dans beaucoup d'eau et décante l'eau encore trouble. II laisse déposer la sanguine pure qu'elle tient en suspension , et mêle ce dépôt avec une dissolution de gomme arabique. Il donne au mélange la consistance d'un^ pâte , en l'évaporant sur le feu et le brassant continuellement. Il le moule alors en baguettes en le passant dans une presse à filière. Ces crayons doivent sécher lentement et à l'ombre ; mais avant de s'en servir il faut racler leur surface, pour enlever une pellicule dure qui les empêche de marquer.

Lès crayons d'une dureté moyenne sont composés ,

de sanguine sèche* •••••• lo grammes.

de gomme arabique. . • • . • 0,441 ou de colle de poisson ••••« • 0,622

En y ajoutant du savon on les rend plus bruns et plu^ moelleux, mais les traits deviennent luisans lorsqu'on repasse dessus.

L^s proportions sont dans ce cas

Sanguine • 10 grammes.

Gomme o,38o

Savon blanc desséché. ••• 0,519.

i\Arménie, Il ressemble beaucoup à la sanguine >

^ais il est plus compacte et d'un rouge moins yif j il ne peut se laisser tailler comme elle.

Son nom indique le lieu d'où il vient; il jouissoit autrefois d'une grande réputation comme dessiccatif et astringent , et c'est à cause de cette célébrité que les habitanâ de l'île de Lemnos portoient à Constantinople la terre de cette île, qui est aussi un bol de la même couleur, pour le vendre comme bol d'Arménie. Ce bol entre encore dans la composition de la thériaque. La terre de Lemnos, dont la couleur est à peu près semblable , a été regardée par les anciens comme un antidote puissant. Le soin de la recueillir et de la préparer étoit confié aux prêtres de cette île : ils la lavoient pour en séparer le sable , en formoient des espèces de grosses pastilles , et pour s'opposer à toute faU sifîcation, ils y apposoient le sceau de Diane, qui reprélentoit une chèvre ; de là le nom de terre sigillée qu'on a donné à ce boL Les Latins le nommoient alors sphragis. Aujourd'hui on imprime sur cette argile ocreuse le sceau du grand-seigneur , ou celui du gouverneur de l'île.

La Urre dt Bucaros. £lle se trouve en Portugal j dans le voisinage de la ville d'£stremos en Alentejo.

On fait avec cette argile ocreuse rouge des vases poreux , dans lesquels on met rafraîchir de l'eau et du vin \ ces liquides y prennent une saveur particulière qui plaît, aux femmes du pays. Cette argile bolaire a même un goût qui leur est si agréable que plusieurs femmes contractent l'habitude d'en mâcher \ elles éprouvent une grande privation quand elles ne peuvent satisfaire cette habitude.

Argile ocreuse jaune. Ces argiles sont d'un jaune plus ou moins foncé ; elles portent dififérens noms , qui sont pour les arts autant de sortes différentes.

Ocre jaune. On place quelquefois cette substance parmi les mines de fer; mais comme elle ne contient jamais assez de fer pour être exploitée comme telle , nous la laisserons parmi les argiles ocreuses.

Elle est d'un jaune assez déterminé pour servir d'exemple de couleur dans la terminologie Wernérienne ; elle est friable et tachante , et a tous les autres caractères des argiles ocreuses. ^

L'ocre jaane se trouve en couches ordinairement peu épaisses. On en trouve en France , dans le ci-devant Berry, à huit kilomètres de Vierzon , sur les bords du Cher , dans le terrain de la paroisse de Saint- Georges ; dans le département de la Nièvre , paroisse de Bitry, entre Saint- Aipand, Saint- Vraîn et Argenton.

Le Bol jaune de Vierzon esf en couches j qui varient de seize à quarante-neuf centimètres d'épaisseur; ces couches sont situées à six ou sept mètres de profondeur, sous un banc de grès, et immédiatement après une petite couche de sable. Elles renferment du fer géodique. Cet ocre est exploité par des puits , au bas desquels on perce une gal^erie principale et ensuite des .galeries latérales.

D'après les expériences de Sage , il paroîtroit que ce bol jaune, calciné convenablement, donneroit une qualité de rouge connu dans le commerce sous le nom de rouge d'Angleterre et rouge de Prusse ; c'est celui que Ton emploie pour mettre en rouge les carreaux d*appartemens , pour imprimer quelques papiers , et quelquefois même pour polir les glaceSv Il nous semble que ce rouge ne peut être le même que celui connu sous le nom de rouge d'Angleterre , qui sert à donner le dernier poli aux bijoux d'argent et d'or. Le piyix de ce dernier est beaucoup trop considérable pour qu'on puisse l'employer aux mêmes usages que le premier ; sa préparation est aussi très-différente. Il paroît que c'est un oxide de fer pur, en particules très-fines, et amenées à cet état de finesse et de dureté par des moyens qui ne sont pas de notre sujet Voyez Bulletin des sciences, par la Société phil., 5.' année, n.** 67.

VOcre jaune de Taunay en Brie est également recouvert par des glaises et des grès. Le banc d'ocre n'a que vingtun à vingt-quatre centimètres d'épaisseur, il est porté sur un sable qu'on ne perce pas.

Ces bancs sont assez homogènes, et ne renferment , dit Guettard, aucune substance d'une nature différente de l'ocre.

Voere de Bitry^ département de la Nièvre , est à dix mètres de profondeur; les matières qui le recouvrent sont:

j .*" Un banc de sable ;

2.** Deux bancs d'argile figuline, l'une bleuâtre, l'autre rouge ou violette ;

3.** Une couche de grés très -mince y de huit, à onze centimètres au plus.

Il est placé sur un banc de sable , en couche assex épaisse.

Une partie de cet ocre est vendu en gros avec sa couleur natureUcy qui est le jaune ; une autre partie est amenée à l'état d'ocre rouge par la calcination. Cette calci* nation se fait dans un fourneau semblable à celui des tuileries , et dure trois jours. '

VOere de Moragne^ à vingt-trois kilomètres au nord-est de Bourges. Cette ocrière ^ près de deux kilomètres d'étendue. La couche est située à quatre mètres de profondeur, au - dessous d'une argile bleuâtre , et immédiatement audessus d'un banc de sable.

Ces quatre observations , faites par des naturalistes instruits , présentent des analogies remarquables dans le gisement de l'ocre jaune. On voit quUl se trouve dans les terrains se^ ctfndaires, et surtout dans ceux qui, d'après leurs caractères, paroissent avoir été formés les derniers.

On exploite encore de l'ocre à Saint-Pourrain , & douze kilomètres d'Auq^rre. Il est d'un beau jaune. Il y en a aussi de brun. On le calcine dans des fourneaux de réverbère , pour en faire de l'ocre rouge , qui est très-estimé en France et surtout dans les pays étrangers. Cet ocre calciné contient^ id'après l'analyse de Merat-Guillot :

Silice 65

Alumine • • • ^ • . • • 9

Chaux 5

Fer oxidé ••••••. 20

Le même chimiste a analysé l'ocre jaune de Bitryi et y »

trouvé ;

Silice 9^)35

Alumine i ,9 1

Chaux. ••••• •• 3,2$

Per oxidé. • • « • 2,61

3o AR G

La proportion considérable de silice qui existe dans ces deux ocres est un fait remarquable. Si cette proportion est i peu près la même dans tous les ocres , il faudra retirer ces pierres de l'espèce Argile pour en établir un^ particulière.

Terre de Sienne , en Italie.

Terre da Strigau, à Liegnitz et à Strîgau en Silésie.*

Terre de Patna^ sur les bords du Gange , au Bengale. Elle est d'un gris jaunâtre. On en fait , dans cette partie de l'Inde, des bouteilles extrêmement légères, nommées gargoulettes ; l'eau y contracte un goût particulier, qui plaît assez aux femmes de ce pays. On prétend même qu'elles imâchent cette poterie avec une sorte de plaisir.

$• 3. Gisemens des argiles»

Les argiles plastiques et figulînes sont , à l'égard des substances terreuses , par leurs usages multipliés et importans, ce que le fer est aux substances métalliques. Elles sont, comme ce métal, répandu dans la nature avec une bienfaisante profusion : il y a peu de cantons d'une certaine étendue où l'on n'en trouve. Leur manière d'être dans les diverses sortes de terrains est assez difiTérente.

Elles sont plus rares dans les terrains primitifs. On n'y trouve, comme nous l'avons dit, que les argiles kaolins et « les lithomarges. Ces dernières se trouvent dans les filons , où elles accompagnent les minerais métalliques.

Les argiles disposées en collines sont situées sur les confins des chaînes primitives, dans' le passage de ces chaînes aux pays secondaires. Elles sont peu élevée^s , leurs contours sont arrondis, et elles sont surtout remarquables par leur aridité ; aucune ^plante ne croît sur les collines purement argileuses, et on peut dire que cette^ terre, lorsqu'elle est seule , est encore moins propre à la végétation que la craie ou le sable. La colline argileuse au sommet de laquelle est bâtie la ville de Saint-Marin, offre un exemple frappant de cette stérilité.

Ces collines se trouvent aussi , et même assez fréquemment, au milieu des grandes vallées calcaires; elles y ont été formées, comme l'observe Dolomieu, postérieurement

i Fouverture de la vallf^e. La correspondance des couches calcaires des deux côtés en est la preuve.

Cest dans les collines argileuses de cette espèce que se trouvent des débris de corps organisés , assez bien conservés et appartenant' aux règnes végétal et animal. Les débris de végétaux sont différentes plantes herbacées , des roseaux, quelquefois des arbres presque entiers. On remarque que ces arbres sont comprimés, ce qui annoncerait , dit Dolomieu , une longue macération.

On 7 trouve aussi des dépouilles des grands animaux terrestres, et des corps marins très - différens les uns des autres.

On remarque que ces dépouilles appartienneiit à des espèces dont on ne retrouve plus nulle part les analogues vivans dans la nature, et à des genreit dont les espèces congénères existent dans des climats très - éloignés et trèsdifférens en tout. Cette observation intéressante de Dolo*» mieu n*est point particulière aux fossiles des couches argileuses ; elle sera développée et généralisée au mot Fossiles.

On observe ensuite que les fossiles végétaux et les fossiles animaux sont quelquefois mêlés dans la même couche d'argile ; que dans d'autres circonstances ils sont déposés dans des couches distinctes.

La disposition que nous venons de décrire se présente dans les collines d'argile du val d'Arno en Toscane, et dans celles des environs de Sienne ( i ).

Les argiles de cette espèce sont plus dures, se délaient plus difiScilement , et ne font presque point pâte avec l'eau. Elles ont aussi la texture schisteuse. Elles se délitent facilement à l'air, et il ^t très -difficile de marcher sur les . penchans de ces collines dès qu'ils sont un peu rapides.

Dans les terrains secondaires , plus modernes que ceux dont nous venons de parler , et surtout dans les terrains de transport, les argiles affectent une disposition tout-à-fait différente. Elles sont rarement à la surface du terrain:

(i) Dolomisu , NqI. pour les voyageurs autour du monde. Jouro. de pHjs. 1791.

So ARG

lA proportion considérable d It» prcfonce -rf t niiside-

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I ,1. .u .li.» Il n.»»».-* w.ilc«iti'i> NccoiuLriH'N, et de ceux d'atâ. 1 1 1 iii-inci'U C6l la plu* aburnl.iiite . %'\-yi .isifi^si celle que l'on ( iiiiiUtic k' 'j.'i''» C'jin:niiaemeaL il.ias U-s liitlcreus arts qui tout «"»*i^*.' '■ • '.vtt^r terre. F.lli* ioue i!,iîi> la uature un rôie nsM'f. ïm[j(jrttri\ Ki. *'M qiiolquelois lu cause de phënouieiies

C'est tïit: f{ il f^u^i-\f au-dessus et au-dessous de ses bancs les eaux qui. «niil (,'*•''' s dans les terres, y circulent de tontes part%: 'jm loi rfiriHuit presque .«tans perte à des distances r.nfis\(\(ri\\f\f'% . qui les maintient dans une sorte de couipres.sion au-riessons Hu niveaii qu'elles devruient prendre si elles étoient abandonnées a leur propre directiuu. Il résulte de cette espèce de compression . que dès que l'oo.

mais elles ne sont pas non plus à des profondeurs cônsidé* râbles ; rarement elles dépassent cinquante à quatre-vingts mètres. Ces argiles sont en bancs ou en couches horizontales ; ces bancs , qui sont souvent d'une grande étendue , SQnt ordinairement recouverts de sable , de chaux carbonatéie grossière, de silex molaire. Les bancs d'argile des falaises de la côte de Weymouth en Angleterre , sont audessous de la chaux carbonatée grossière et crayeuse.

Quelquefois l'argile ne forme dans ces terrains que des amas d^une forme irrégulière , et placés çà et là , mais à peu de distance les uns des autres.

Les argiles en couches de ces terrains renferment aussi d^s débris de Corps organisés ; ce sont assez ordinairement des coquilles. On reiqiarque que les argiles que nous avons nommées figulines , en renferment plus ordinairement que Celles qui ont été appelées plastiques. Ce sont surtout les marnes argileuses qui contiennent le plus de cette sorte de fossiles. Cela peut s'observer dans les couches marneuses qui sont vers le sommet de la colline de Montmartre , au nord de Paris.

£lles renferment en outre, i.** des masses de pyrite ou fer sulfuré , qui , quoique séparées les unes des autres , sont ordinairement disposées sur une même ligne horizontale i 2.^ de la chaux sulfatée, cristallisée régulièrement; 3.^ des morceaux, quelquefois même des amas de jayet, de Fespèce que nous nommerons lignite.

L'argile des terrains calcaires secondaires, et de ceux d'atterrissemeut, est la plus abondante ; c'est aussi celle que l'on . emploie le plus communément dans les différens arts qui font usage de cette terre. Elle joue dans la nature un rôle assez important , et est quelquefois la cause de phénomènes remarquables.

C'est çlle qui retient au-dessus et au-dessous de ses bancs les eaux qui , infiltrées dans les terres , y circulent de toutes parts ; qui les conduit presque sans perte à des distances considérables ; qui les maintient dans une sorte de compression au-dessous du niveau qu'elles devroient prendre si elles étoient abandonnées à leur propre direction. 11 résulte de cette espèce de compression , que dés que V.oa

perce la couche d'argile, Teau qu'elle retenoit remonte avec rapidité pour gagner 'son niveau; elle remplit tout k coup les puits que Ton creusoit, et avec une telle vitesse qu'elle ne laisse quelquefois pas aux ouvriers le temps de s'échapper. On observe ce phénomène lorsqu'on veut creuser des marniéres dans un canton de la Normandie où plusieurs rivières se perdent, et notamment aux environs d'Épinay, de Bresay^ de Bordigny près Breteuil, de Glatigny, etc. (Guett. )

Deluc a observé un phénomène semblable aux environs de Londres, du c6té de Kew. L'eau coule sur un sable trèsfin, au-dessous d'un banc d'argile , et remonte presque au niveau du sol lorsqu'on perce ce banc. On a trouvé dans ces argiles des ossemens fossiles de grands mammifères , et notamment une défense d'éléphant. Elles contiennent aussi des concrétions argileuses qui i^y sont formées , et que nous ferons connoitre au mot Lu du s.

Quelquefois même ces eaux remontent assez haut pour sortir sous forme de jets à la surface du terrain: Telles sont les fontaines jaillissantes que l'on fait à volonté aux environs de Lillers en Artois. Voyez -en la description au mot Source.

Les géologistes regardent avec raison l'argile comme une des causes principales de la* formation des sources et de la durée de leur existence. Toutes les eaux qui s'infiltrent au travers des terres et des rochers calcaires ou argileux secondaires, sont retenues par les couches djargile qu'elles rencontrent; elles coulent sur ces couches et sortent dans le fond des vallées. BuiSbn a fait remarquer qu'elles conservoient fréquemment une humidité protectrice des végétaux, dans les plus grandes sécheresses de l'été.

L'argile se trouve aussi dans les terrains volcaniques ; elle y est assez commune. On attribue son existence dans ces lieux à la décomposition des laves compactes , et on a été même jusqu'à supposer que la plupart des collines et des bancs argileux avoient une origine volcanique. Il est vrai que, dans quelques circonstances, des montagnes analogues aux volcans- vomissent, au lieu de laves, des torrens de vase ai^ileuse 3 tels SQnt les volcans vaseux de 3 3

Maccalubà en Sicile , décrits par Dolomieti : il est possible * alors que les autres collines argileuses de ces contrées doi- ./ vent leur formation à des éruptions volcaniques analogues , . 'comme le pense Patrin '; mais il nous semble que c'est trop .* 'généraliser cette cause que de lui attribuer la formation de toutes les collines argileuses.

L'argile cimolithe et quelques sortes d'argiles analogues , qui peuvent également servir de terre à foulon , paroissent . appartenir exclusivement aux terrains volcaniques.

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