‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 7 sur 100 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Nature y propriétés et usages des argiles.

On peut dire que les chimistes modernes out contribué 'aux progrés de la chimie, autant parleurs découvertes que par le soin .qu'ils ont mis à distinguer ce que l'expérience a fait connoitre et ce qui n'est qu'hypothétique. D'après les principes de cette sage réserve, ils n'ont proposé aucune iJiypothèse sur la nature et la formation des argiles ; ils ont -prouvé que les argiles de la nature n'étoient jamais pures, "qu'elles étoient formées de plusieurs terres non décomposées , et que l'une d'elles , l'alumine , étoit celle qui leur ^onnoit les caractères que nous lui avons reconnus au commencement de cet article. Les hypothèses sur la nature des >argiles n^ont donc plus pour nous aucun intérêt, surtout quand elles sont fondées sur des expériences- évidemment •fausses , et lorsqu'elles sont présentées sans les prestiges du «tyle et du génie.

Nous n^exposerons ici ni l'opinion de Bùfifon (fui regarjdoii l'argile comme le verre primitif ou la terre vitrifiable extrêmement divisée, ni celle de quelques chimistes qui t:onsidèrént cette terre comme essentiellement composée d'acide sulfurique, ni même celle de plusieurs géologues qui la regardent comme un produit des végétaux. Cependant, si l'on veut ne point appliquer cette dernière hypothèse à la formation de toute Targile du globe , elle devient moins vague que les premières ; elle peut même , dans certains cas ^ être éiayée par quelques observations , auxquelles on pourroit néanmoins reprocher de n'être pas asses pré-

clsés : mais il est plus important d'étudief les propriétëi des argiles , Faction de Tair , des terres et deâ autres agens sur elles, et d^appliquer ces connoissances aux arts qui enaploient cette terre, que de discuter Fhypothèse la plut vraisemblable.

Plusieurs des propriétés des argiles ont été examinées |iu commencement de cet article; mais elles n'ont été considérées que comme caractères dis tinc tifs. On y a traité plutôt des propriétés extérieures des argiles que de leur influence sur les dififérens corps de la nature avec lesquels on les met en contact.

Humbolt a observé que les terres argileuses, privées des matières animales qui y sont souvent mélangées , avoient la propriété d'absorber Toxigène de l'air atmosphérique , et dfc le séparer de l'azote. Il attribue cette propriété singulière à l'alumine. Il a remarqué que l'air de9 galeries des mines de sel gemme, dans lesquelles la pierre argileuse étoit à nu, se vitioit très -promptement, sans qu'on pût attribuer cette altération de l'air au boisage % puisque ces galeries n'en avoient pas.. Si l'observation de Humbolt se confirme par d'autres expériences, car on a jeté quelques doutes sur l'exactitude des premières , cette propriété de l'alumine jettera un nouveau jour sur l'utilité des labours : on verra ^ dans ces premiers travaux de la culture, la nécessité de renouveler les surfaces des terres cultivées , pour y combine]^ plus d'oxigène , de ce fluide qui p^oît si utile à la germina* tion et à la* végétation.

L'argile employée dans les arts agit de deux manières , soit par l'alumine qu'elle contient, soit comme argile , c'e^t' à-dire comme mélange terreux.

L'argile agit par son alumine seule danâ la fabrication de Talun. . C'est peut - être le seul cas où l'action des autresi terres , mêlées à l'alumine , soit à peu près nulle.

L'alumine ne se trouvant point isolée dans la nature, ses caractèj^es et ses propriétés sont du domaine de la chimie > et nous n'en parlerons qu'autant qu'il sera nécessaire pour

1. On nûmitae. ainsi les pièces de bois et les planches ^ui réties;* licnl les terres dans les galeries d<i8 minets

slhle de, les apprécier toutes. Les principales ^ont Tinégalité dans l'épaisseur et la dessiccatipn plus prompte sur un côté. Lorsque les pièces d'argile 9 même les plus délicates , ont pris toute leur retraite, on peut les exposer de nouveau au feu sans craindre qu'elles s'y déforment sensiblement; ce qui prouve que c'est bien au mouvement de la retraite que la déformation est due particulièrement

On s'oppose en partie à la retraite des pièces d'argile, et par conséquent à la plupart des inconvéniens qui en résultent , en mêlant à l'argile des terres qui ne soient pas susceptibles de cette diminution de volume. C'est le sable que ^ l'on emploie pour cet objet , «t mieux encore de l'argile très« cuite , pulvérisée grossièrement. Cette dernière matière . porte le nom de ciment. Son introduction , en quantité convenable, dans les pâtes argileuses, donne aux vases que l'on en fait une plus grande solidité ; ils résistent plus longtemps au choc et aux changemens fréquens de température. Les grains de ciment , interposés dans la pâte , peuvent être considérés comme autant de solutions de continuité qui arrêtent les petites fissures.

Les observations précédentes établissent les principes sur desquels sont fondés les différens arts qui emploient l'argile pour la façonner et la cuire. Ces arts sont nombreux ; les^ applications des principes que nous venons d'énoncer y i|ont très-variées .V Nous allons les décrire .-brièvement, en commençant par les plus simples , par ceux qui se servent ^e presque tontes les argiles, et qui les emploient à peuples telles qu'on les trouve dans la nature-

J. 1." JDçs terres cuites non lavées»

Des hriques,

.. Il y a peu de pays qui ne puissent fournir de l'argile. pix> pre à faire des briques. Les pays d'attérissement, dans lesquels on ne trouve point de pierres , sont prédisément ceux qui offrent le plus constamment cette argile.

En Hollande on ramasse, avec des filets en forme dC/ poche, le limon qui se dépose au fond et sur les bords de la rivière d'Yssel ; on le fait entrer dans la composition de^ briques qiie l'^n fabrique à GoUd^.

L*argîle plastique ne peut être employée seule pour faire . des briques; elles se- déformeroient par la dessiccation ou la cuisson : d'ailleurs il n'est pas toujours nécessaire de choisir pour cette opération une argile aussi infusible.

Lorsque Targile est trop tenace , il faut la dégraisser par une addition assez forte de sable. Si l'argile que Ton em* ploie n'est ni calcaire ni trop ferrugineuse , et que le sable que Ton y ajoute ne soit point calcaire, on fait des briques qui peuvent être cuites à une haute température sans se ibndre. Elles acquièrent une telle dureté qu'elles font feu avec les instrumens d'acier; elles sont d'une longue durée 9 et sont les seules qu'on puisse employer dans la construction des fourneaux qui doivent éprouver une violente action du feu : telles sont les briques dites de Bourgogne, faites avec une argile plastique, celles de Perpignan , etc.

La terre franche, c'est-à-dire, la terre végétale jaunâtre la plus commune, qui est composée de sable, de craie et d'argile, peut servir dans beaucoup de lieux à faire des briques, mais ces briques sont friables, poreuses, durent très-^eu, et ne pourroient supporter une haute température sans se fondre.'

Les briques qui sont employées à la construction de presque toutes les maisons de Londres , sont faites avec la terre du lieu même sur lequel on bâtit. On l'extrait en faisant les fondations de la maison. Cette ttrre peu argileuse le paroît encore trop, puisqu'on y ajoute des cendres de bouille passées au tamis.

L^artf de faire les briques et de les cuire est très -simple. Nous décrirons les procédés les plus généraux , avant de parler de ceux qui sont particuliers à certains pays.

Nous avons dit que toutes les terres argileuses é toi ont bonnes pour faire de la brique , quand on ne cherche pas i^ en fabriquer de première qualité , et lorsqu'on y fait les additions de sable convenables ; il faut aussi avoir soin d'en extraire les fragmens de craie qui pourroient s*y trouver, et surtout les morceaux de sulfure de fer qui se rencontrent fréquemment dans les argiles. . Lorsque la terre est extraite, on la laisse ordinairement pendant plusieurs, mois k Taiir ; elle y est exposée à \^ ge^

répand entre la sixième et la septième assises une couche

^ de houille. On met le feu au bois placé 'dans les canaux

ou foyers, et on allume le fourneau dès ce moment même.

* L'ehfourneur continue d'élever le fourneau en y plaçant de nouvelles assises de briques , et de npuvelles couches de charbon , qu'il répand également de trois en trois assises. Il a soin de construire les parois ou les paremens du four*

' neau avec une grande régularité, pour qu'ils ne s'écroulent pas à mesure qu'il les élève; il les revêt extérieurement d'un placage d'argile mêlée avec beaucoup de sable, afin qu'il ne se fa^de pas trop. Voyez dans les planches le des-* sin de ce fourneau.

Les briques des assises inférieures cuisent donc pendant que l'enfourneur place celles des assises supérieures. Cette - pratique rend son travail et celui de ses aides tellement fatigant qu'il est obligé de se reposer très - souvent ; mais on doit remarquer qu'il est difficile d'employer le combustible avec plus d'économie, puisque la chaleur s'en dégage au milieu même de la masse qui est à cuire.

Ce fourneau étant construit en plein air, çst assez diffî-^ cile k conduire ; les coups de vent lui nuisent : on l'abtite autant qu*il est possible en l'entourant d'une haute muraille de paillassons portés sur des perches , en ouvrant ou fermant , seloii le besoin , les canaux ou foyers inférieurs dans lesquels on a placé le bois qui a servi à allumer le charbon, etc.

Les briques de l'intérieur étant toujours plus cuites que celles des bords ou paremens, et prenant plus de retraite, le fourneau s'affaisse davantage dans- son milieu que sur ses bords : l'enfourneur, pour rétablir l'équilibre , élève les bords moins que le milieu ; ce qu'il fait en inclinant ou en mettant à plat les briques voisines du parement, tandis qu'il met de champ celles du milieu.

Une fournée est composée d'environ quatre cents milliers de briques ; il faut vingt à vingt-^cinq jours pour la cuire.

• La cuisson des briques au moyen du bois se fait d'une ipanière tout-à-fait différente. Ce combustible * brûle trèsbien par un courant d'air latéral ; il donne peu de cendre, mais il a besoin d'être renouvelé souvent pour donner la

même chaleur que la houille : il doit donc se placer dans des foyers particuliers , et au - dessous de la masse à cuire.

Ce fourneau peut être divisé, comme la plupart des fourneaux , en deux parties , pelle où Ton place le combustible et celle qui reçoit la matière soumise à son action.

Les foyers sont inférieurs et même enfoncés dans le sol ; ils consistent en deux ou trois canaux, selon la grandeur du fourneau, voûtés et parallèles. La voûte de ces canaux, au lieu d'être pleine, est composée de neuf à douze arceaux transversaux , qui laissent entre eux une fente assez large. C'est par ces fientes que la flamme du combustible mis dans les foyers doit pénétrer dans le corps du fourneau. Le corps du. fourneau, placé directement au-dessus des foyers , est un prisme à quatre pans. Ces pans ou murailles sont construits solidement en briques cuites. Il y a quelquefois une double muraille extérieure , et l'espace entre les deux murailles est rempli de matériaux divers. Cette disposition concentre la chaleur. Le corps de ce fourneau est rempli des briques à cuire ; elles y sont placées de champ , et laissent entre elles un peu d'espace .* les briques de chaque assise croisent celles de l'assise inférieure. On élève ordinairement la masse des briques à cuire d'un mètre ( 3 pieds) environ au-dessus des murs qui forment les parois du fourneau. 'Voyez dans les planches la figure de ce fourneau.

On commence par faire très -peu de feu dans les foyers j on l'augmente ensuite jusqu'à faire devenir blanches les ouvertures de ces foyers. Le feu dure en tout environ trois ou quatre jours.

Le rédacteur de l'article Briqueiier de l'Encyclopédie méthodique dit avoir appris de Schreber , savant suédois , qu'on peut construire des fourneaux semblables au précédent, en terre à brique mêlée de paille, pétrie en grande masse et le plus ferme possible. On les bâtit à la manière des maisons faites en pisé. Les fourneaux construits d'après cette méthode coûtent moins et sont plus durables que ceux b^tis en briques , qui ont besoin de fréquentes réparations.

On cuit aussi en Hollande des briques avec de la tourbe.

Le fourneau dans lequel on les place n'a ni foyer', ni toit, ni cheminée; c'est un bâtiment à peu prés carré, de cinq mètres ( 1 5 pieds ) environ , formé de quatre murailles perpendiculaires , qui ont deux mètres ( 6 pieds ) d'épaisseur, et qui sont faites en briques. Une porte est ouverte dans Tun de ces murs -, les deux murs placés à droite et à gauche de la porte sont percés , vers leur base, de six à huit ou même douze ouvertures longitudinales, situées exactement en faoe l'une de l'autre.

On place sur le sol du fourneau quelques assises de brigues cuites ; elles y sont posées de champ. On laisse vis-àvis des ouvertures un canal qui va de l'une à l'autre, qui se rétrécit vers le haut, et qui est transformé- à la dernière assise en une voAte en ogive très-étroite ; ces voûtes sont les foyers destinés à recevoir la tourbe. Lorsque le fourneau est chargé complètement , on muraille la porte , et on ferme toutes les ouvertures des foyers du même côté ; on y introduit alors la tourbe , qui est celle de Frise , à gros brins : elle donne une flamme plus longue et plus claire , et produit moins de cendre que les autres qualités de tourbe.

Lorsque le c6té du fourneau par lequel on jette la tourbe^ est suffisamment chauffé, on ferme les ouvertures de ce côté , et on ouvre celles du côté opposé , par lequel on introduit alors le combustible. Le fourneau est en feu pendant trois ou quatre semaines ; on le laisse refroidir trois autres semaines , et on défourne les briques.

Les briques perdent de leur poids en se séchant et en cuisant. Cette perte doit être très - di£férente selon les diverses qualités. On peut évaluer la perte qu'éprouvent certaines briques en passant du moulage à une dessiccation complète, à 0,2 3, et à o,o5, en passant de cette dessiccation k une cuisson parfaite.

Les bonnes briques sont sonores , sans boursouflures ni vides ; elles doivent être assez dures pour faire feu avec les instrumens d'acier.

• Les usages des briques sont extrêmement multipliés. Elles tiennent lieu de pierres dans tous les lieux où ces matériaux manquent. On en fait une consommation prodigieuse it Londres y dans une grande partie de. l'Angle terre et en

^Hollande. Dans ce dernier pays on les emploie a tout, même à paver les chemins. Ces briques à paver portent le nom de lUnker : elles sont plus petites que les autres , plus jaunes et plus dures ; on les place de champ. On a calculé qu'on faisoit aux environs de Gouda au moins quatre-vingt* huit millions de briques par an. Le Gouvernement hoUan- .dois a fait des ordonnances sur la fabrication de ces matériaux pour en assurer la bonne qualité. On ne peut en mouler que pendant vingt semaines, qui finissent au huit Septembre, parce que l'on a remarqué que les gelées qui peuvent survenir alors, nuisent à la bonté des briques.

Il paroît que les briques ont été les* premiers matériaux employés par les hommes , lorsqulls ont commencé à bâtir. Elles entrent dans la construction de la plupart des bâti* men^ les plus anciens, surtout de ceux que Ton trouve dans les plaines de l'Asie, aux environs du Tigre et de l'Euphrate, où l'on suppose que se sont formées les premières, sociétés. ^

Plusieurs de ces , anciennes briques sont très -grosses, en comparaison des nôtres , et ne paroissent pr.înt avoir été cuites au feu -, elles ont été simplement séchées au soleils pour leur donner plus de solidité, on ajoutoit à l'argile sablonneuse dont elles étoient composées , de la paille hachée et même des fragmens'de joncs, et d'autres plantes de marais.

Telles sont les briques de l'Egypte et de l'ancienne Babylonie. On avoit aussi employé , dans la construction de Babylone, des briques cuites, et même vernissées, ou émaillées de couleurs assez vives ; elles étoient faites avec la terre retirée des fossés de la ville : il paroît qu*elles étoient employées dans le revêtement des quais et dans celui des murailles intérieures.

Les briques des édifices romains qui nous restent sont d'une grande solidité. On remarque qu'elles portent la marque du fabricant ; et lorsqu'elles étoient faites par les légions , elles en portoient le numéro. Ces briques étoient souvent triangulaires. Les Romains ont aussi employé des briques crues ; mais on n'en voit dans aucun des hàtlmens qui subsistent encorcv

Pline, Vitruve et d'autres écrivains de rantiqiiité , ont parlé de briques assez légères pour surnager ; on les fabri* qaoit en Espagne et dans une île de la mer de Toscane. Fabroni a cherché à en falire de semblables avec une espèce, de terre du territoire de Sienne , que nous avons nommée argile légère. Faujas a trouvé, comme nous l'avons dit, une. arjgile semblable dans le département de l'Ardèche. Les .. briques que Ton fait' avec cette argile peu liante se mo1^- . lent difficilement; il faut y ajouter un peu d'argile plasti*- . que ou £iguline. Elles ont en effet une grande légèretés leur pesanteur est à celle des briques ordinaires comme 57:3&9, c'est-à-dire*, environ comme un lest à six. Celles de Faujas )Sont infusibles au feu de porcelaine, mais elles. y -prennent une retraite considérable , qui égale presque 0,2? de leur volume; elles 'deviennent alors compactes, pesantes et très -dures.

Tant que ces briques sont peu cuites , elles sont légères- . Cette qualité les rend très-propres à entrer dans la construction des voûtes qui doivent avoir peu de poussée ; elles .sont aussi u« très -mauvais conducteur du calorique. Elles peuvent ^tre utilement employées pour enfermer des objets que Ton veut garantir de l'action du feu , tels que des archives, et surtout pour envelopper la soute aux poudres des navires : l'expérience a prouvé qu'un vaisseau pouvoit brûler et couler bas avant que la chaleur les ait traversées , et ait mis le feu aux poudres qu'elles renfermoient.

Des tuiles^ des carreaux et autres terres cuites.

La fabrication et la cuisson de la tuile ont de grandes res^ ^ semblances avec celles de la. brique. Les principales opérations sont les mêmes.

La terre préparée pour la brique peut également servir pour la tuile .* elle a seulement besoin d'être plus fine ; il n'est jamais nécessaire qu'elle soit infusible. , Dans quelques parties de la Hollande on emploie la terre des prairies ; on la broie dans un moulin semblable à celui où se prépare la pâte de la faïence , et que nous décrirons plus bas.

Cette préparation ne suffit pas. Eversmann rapporte qu'on

met cette pâte dans une boUe carrée faite en J}ols ; sept , couteaux, placés horizontalement et dans une hauteur d'un mètre ( 3 pieds ) sur un axe perpendiculaire qui traverse la. boîte , sont mus par un cheval , et coupent en morceaux . l'argile qui y est enfermée. On fait sortir ces morceaux par une portelatérale de la botte ; ils sont pétris par des femmes j et réduits en plaques qui sont portées aux mouleurs.

Quand le mouleur veut former une tuile plate et rectangulaire , il place sa terre , préparée , dans un moule de bois formé de quatre règles : celle d'une des extrémités a une . . échancrure carrée. La tuile , moulée . comme on l'a décrit pour la brique , est glissée sur une palette de bois que présente un ouvrier : la saillie produite à l'un de ses bouts par Téchancrure du moule est relevée avec le doigt par l'ap- ., prentî; elle devient le crochet que l'on remarque à toutes les tuiles , et qui sert à les attacher aux lattes de» couvertures.

On porte ces tuiles sur l'aire de l'atelier pour leur faire prendre un commencement de dessiccation. Lorsqu'elles * ont acquis la consistance nécessaire, un ouvrier placé à cheval sur un banc les bat l'une après l'autre sur le plat et sur le tranchant, et les dispose en haie de la même manière que les briques.

On fait subir aux carreaux les mêmes opérations : mais pour rendre leurs côtés égaux et leurs arêtes vives, on les applique, lorsqu'ils ont été moulés et qu'ils sont presque secs , contre un modèle ou forme en bois, dont les bords so^t revêtus d'une lame de fer ; on enlève avec un instrument tranchant tout ce qui excède ces bords.

Les tuiles et les carreaux se cuisent au bois, et se disposent dans le fourneau de la même manière que les bribes, et toujours de champ. Les premières assises, qui sont les plus voisines des foyers, sont faites avec des briques crues , qui cuisent en même tentps.

Le four dans lequel on les fait cuire, en Hollande, avec , de la tourbe , ressejnble entièrement au four pour cuire les briques au bois ; il 'n'en diffère qu^ parce qu'il est fermé par une voûte percée de trous carrés qui correspondent aux ouvertures des arceaux transversaux des foyers. Ces four*

neaux contiennent, d'après Jars, quinze à seize milliers de tuiles. Il faut quarante heures pour les cuire , et trois jours pour laisser refroidir le fourneau.

Quand on veut donner aux tuiles ou aux carreaux cette couleur gris -de -fer qu'on leur trouve en Hollande, on les enfume. Lorsqu'elles sont suffisamment cuites , mais pendant qu'elles sont encore rouges, on jette dans le foyer de petits fagots de bois vert de veme ou d'aune , munis de leurs feuilles ; on muraille aussitôt les ouvertures du foyer, et on ferme toutes les ouvertures supérieures avec des carreaux ; on recouvre le tout d'une couche épaisse de sable mouillé ; on ne défourne qu'au bout de dix jours t les tuiles^ .ont pris, alors la teinte gris-de-fer qu'on veut leur donner.

La forme ordinaire des tuiles est presque un carré ; cependant cette forme varie dans quelques circonstances. On en fait de trapézoïdales pour couvrir les toits circulaires des tours et des colombiers ; on les nomme tuiles gironnéc^. On en fait en forme de gouttières , que l'on nomme faîtières et qui sont mises sur Taréte des toits.

Enfin , on en fait aussi qui ont une double courbure inverse en forme d'S ; elles se mettent à recouvrement l'une sur l'autre , de manière à se servir mutuellement de gouttière. La façon de celles-ci est plus compliquée; après les avoir moulées planes dans un moule carré ordinaire, on les transporte sur un moule qui a la fdrme qu'on veut leur donner.

La porosité est pour les tuili^s un 'double inconvénient; les météores atmosphériques les détruisent plus promptement , et les mousses y croissent avec facilité : pouç s'opr poser à cette double cause de destruction , on les vernisse. "^C'est surtout en Hollande qu'on leur donne cette façon. On {>rend yingt parties de litharge broyée et trois de manganèse ; on y ajoute de l'argile délayée dans Teau, de manière à faire du tout une bouillie assez épaisse pour qu'uùe petite balle d'argile ne s'y enfonce point. On verse de cette composition sur une des faces de la tuile crue et bien sèche ; mais on a soin de n'en point mettre dans les endroits où les tuiles doivent se toucher dans le four: on le^ place dans la. partie du four où il y a le plus de chaleun.

A RG 4»

Les tuiles se placent ordinairement sur |es toits, de manière que leurs bords soient horizontaux et perpendicu» laires; le recouvrement est tel qu'il n'y a qu'un tiers de la tuile d'apparent. Un architecte , M. Cathala , les a fait faire carrées et les a fait poser diagonalement : le crochet doit être alors à un des angles, qui devient le supérieur. On gagne par ce procédé prés de moitié de la tuile ; et comme le bâtiment est moins chargé, la charpente peut être beaucoup plus légère.

Les Romains faisoient en terre cuite beaucoup d'autres matériaux de construction, tels que des corniches, des bas-reliefs , etc. Ils employoient aussi cette matière ppur. dessécher les terrains humides sur lesquels ils vouloient bâtir. Ils formoient avec leurs mains de petites masses d'ar^ gile, de toutes sortes de formes; ils les faisoient cuire, et les entassoient pèle - mêle dans les terrains sur lesquels ils vouloient bâtir. Ce massif porte le nom de briquetage; C'est sur un massif semblable que la ville de Marsal a été fondée.

Des fourneaut , réchauds , elc,

La qualité essentielle aux fourneaux de terre dont ou se sert dans quelques arts, notamment dans les pharmacies et dans les laboratoires de chimie, est de résister au feu sans se fendre ; la pâte doit donc être poreuse et très •• grossière.

On se settj pour les faire, de la glaise la plus commune ; pourvu qu'elle ne contienne ni chaux ni sulfure de fer , là couleur n'y fait rien. On y ajoute du gros ciment de grès ou d'autre poterie dure, et quelquefois des escarbilles ou scories de verrerie ; on pétrit le tout ensemble. Les fourneaux, réchauds, etc., sont façonnés à la main par le fouriialiste : il ne se sert point de tour.

Lorsque le fourneau a pris une certaine consistance , l'ou-^ vrier tasse la terre en la battant avec une palette de bois, et ensuite il l'unit.

Les fourneaux, ne recevant qu*une demi - cuisson , se cuisent dans un four particulier. C'est un rectangle voûté et ouvert seulement par un bout ; à quelque distance du sol Mt une forte grille de fer sur laquelle on place les four- 3 4

Tieaux : lorsque le four est rempli , on le ferme en élevant aine muraille de briques, qui part de dessus la première Larre de la grille et ne va pas tout-à-fait jusqu'à la voûte; on met le bois dessous la grille , la flamme circule entre les fourneaux, etirort par Touverture antérieure laissée entre le bord supérieur de la cloison et la voûte.

J. IL Des poteries»

Nous appliquerons cette dénomination à tous les vases faits df ttrre argileuse cuite, quels que soient d'ailleurs leurs s usages , la finesse et la beauté de leur pâte , leur couleur , c^t la nature des vernis ou couvertes qui les enduisent.

On sent que nous réunissons suus ce titre des arts bien idifférens, mais qui sont presque tous fondés sur les mêmes principes : ce sont ceS' principes de fabrication , communs à toutes les poteries, que nous devons exposer avant de parler de chaque espèce de poterie en particulier.

Les poteries sont toutes essentiellement composées de terre argileuse et de silice; il entre quelquefois de la chaux et du fer dans leur composition. Les proportions très -variées de ces quatre substances sont cependant renfermées dans de certaines limites, au-delà desquelles il ne seroit plus possible de faire de poterie : on peut facilement juger de l'influence qu'exerce chacune de ces substances dans ia composition des poteries , d'après ce que nous avons dît plus haut de leurs propriétés et de leur action les unes sur les autres.

La première préparation que l'on fait subir à presque toutes les terres à poterie , est de les laver pour en séparer les parties grossières , et surtout l'excès de silice ; la seconde est de former la pâte par le mélange convenable des diverses espèces de terres ou de cimens ; la troisième est de laisser macérer la pâte, de la broyer, de la corroyer*, pour lui donner du liant et de l'homogénéité ; la quatrième^ de former les pièces ; la cinquième , de les cuire.

La cuisson, en faisant prendre de la retraite aux pièces ,

les rend aussi plus compactes et plus denses. Cette densité

1. Corroyer la pâte, c'est l'étendre en la comprimant, et la replier sur elle •mâme plusieurs fois.

ARG Si

M d'autant plus grande que la pâte est plus fine et la tuisson plus forte. Les pièces deviennent alors plus dures ^ plus solides ; on peut leur donner plus de légèreté et d'élégance ; les contours en sont plus purs et les arêtes plus vives : mais elles sont aussi plus susceptibles de se casset par l'action alternative du froid et du chaud.

Quelles que soient d^ailleurs la finesse de la pÀte et sa dureté, si les poteHes que Ton en fait sont destinées aux usages domestiques , elles se salissent promptement , s'emprègnent dégraisse et deviennent d'un usage désagréable, quand on ne les recouvre pas d'un vernis particulier que l'on nomme couverte.

On appelle ordinairement terre cuite, grès ou biscuit, les poteries d'ornement ou même d'usage, qui n'ont point reçu ce vernis ; elles sont les moins nombreuses. Comme toutes les poteries sont susceptibles de rester dans cet état, nous n'en ferons point un ordre à part dans la division que nous allons établir.

Les vernis ou couvertes que l'on met sur les poteries pour les rendre imperméables , sont des verres métalliques ou terreux; leur composition, très -variable, est appropriée aux poteries sur lesquelles on doit les placer. Ils doivent être très-fusibles , pour s'étendre également , et sans se fendiller , sur les poteries , dont la pâte ne peut éprouver un iiaut degré de chaleur : le plomb oxidé ( la litharge ou le minium) est le corps qui leur donne généralement cette faculté ^ mais il les rend en même temps susceptibles d'une altération désagréable et souvent dangereuse.

Tantôt ces vernis sont transparens, tantôt ils sont colorés en brun , en vert , en blanc opaque , etc.

La difficulté de la fabrication des couvertes consiste à y réunir des qualités qui sont rarement compatibles : telles sont Féconomie, la beauté, la dureté, la salubrité, et une fusibilité propre à l'espèce de poterie qui doit les recevoir; il faut surtout qu'elles soient en rapport de dilatation et de contraction avec ces poteries, afin de ne point se ftndiller.

Presque tous les vernis ou couvertes se mettent par immersion : les pièces, rendues plus solides et plus absorbantes par une demi - cuisson préliminaire , sont plongées dans une

5i ARG

«ax qui tient la conreitcen suspension: l'eau, en lésinétrant . les eaurre d*ane couche ^ale de courerte.

Çneiriues-uns se mettent aussi par raspersion du Ternis ' ' réduit en poudre. Enfin il en est d'autres , en petit nombre , qui se mettent an pinceau : tontes les retouches de vernis , arant on après la cuisson, se donnent par ce dernier moyen.

n T a encore une espèce de courerte commune à beaucoup de poteries, dont Tapplication est entièrement difiërente de celle des précédentes : c'est le sel marin. On Ternisse arec ce sel plusieurs espèces de laîences peu fusibles , et notamment les grès. Nous décrirons , à la fin de l'article de la FûE^rcE fi^e, le procédé que Ton emploie pour appliquer ce remis.

La connoissance des propriétés des terres atigileuses tt de leur mélan^ avec les autres terres ; celle âes opérations communes â la fabrication de toutes les espèces de poteries et de coorertes, forment, comme nous Tarons ru, la base de l'art du potier. Nous derons maintenant faire l'appli- <catîon des principes que nous renons d'établir à la fabrication des diverses espèces de poteries : mais ces espèces étant très-nombreuses, il faut chercher à les classer, afin de généraliser autant qu'il est possible les règles de l'art du potier , et de parvenir à en établir la théorie.

Toutes les poteries peuvent -être placées dans deux classes qui nous semblent très-distinctes, les faïences et les porcelaines.

Les faïences, qui comprennent les poteries proprement dites, les terres cuites, les grès, etc., ont pour caractère ^Ustinctif d'avjjr une pâte toujours opaque, et de se cuire % conrenablement sans éprouver de ramollissement. ,

Les porcelaines ont des caractères presse -opposés ; leur p4te se ramollit en cuisant et acquiert une certaine demitransparence.

Chacun de ces genres de poteries renferme des espèces différentes, dont nous traiterons successivement

Paemiea genre. Des faïences.

Nous renons de donner les caractères distînctifs de ce genre de poteries -, ses espèces sont très-nombreuses.

Les unes ont la pite ^ossiére , poreuse et colorée :

D'autres ont une pâte blanche et fine :

Une troisième espèce a la pâte compacte , très-dure , assez fine ; ce sont les grès , très-voisins des porcelaines.

Chacune a des qualités et des inconvéniens dififérens.

Les premières sont poreuses, fusibles, et ont besoin d*étre recouvertes d'un vernis de plomb également très- fusible et souvent malsain , ou d'un émail blanc grossier, sujet à se fendiller dans tous les sens : mais aussi cette porosité leur donne la faculté de résister assez bien au passage subit du • chaud au froid. Leur prix est d'ailleurs très-modique.

Les secondes sont plus légères , plus agréables à l'œil par leur blancheur; mais la conservation de cette couleur est souvent accompagnée de difficultés qui entraînent, comme nous le verrons , de gradds inconvéniens. '

La troisième espèce de faïence, d'une couleur sombre, peu agréable, est beaucoup plus compacte que les précédentes , et se brise dans les passages un peu brusqîies d'une • température à une autre.

Un grand nombre de procédés de fabrication sont communs aux diverses espèces de faïence. Pour ne point tomber dans des répétitions trop fréquentes, nous prendrons une de ces espèces pour exemple ; nous choisirons la faïence fine,>parce que les procédés de sa fabrication, qui n'ont point encore été décrits complètement , sont intéressans à connoître : nous les décrirons donc d'abord avec détail ; nous ^éprendrons ensuite la description des autres espèces , ^ dans l'ordre que nous avons adopté, c'est-à-dire, en allant des plus grossières aux plus fines , et il nous suffira alors d'indiquer pour ces espèces en quoi leur fabrication diffère de celle-ci.

Faïence Jine à couverte transparente.

Cette poterie est blanche, fine et légère; elle est également connue sous les noms de poterie fine , de terre angloise, terre blanche, terre de pipe. Lorsqu'elle est bien faite, elle remplit presque toutes les conditions e^f^igées dans Tifle bonne poterie. ^-^

Elle est légère, et assez solide j elle va assez bien aii feu,>.

elle est susceptible du fini le plus parfait ei des formes les plus élégantes ; elle flatte Fceil par sa couleur et peut être décorée de quelques omemens en peinture. Quoique sa couverte renferme beaucoup de plomb, elle n*a pas, quand elle est bien faite, les inconvéniens qu'on lui a attribués et qu'on a même exagérés. Enfin , elle peut être d'un prix à la portée de la plupart des consommateurs. Ces raisons nous ont engagés à choisir cette espèce pour exemple , quoique ses procédés de fabrication soient assez difi*érens desi autres. • ,

Cette faïence est essentiellement composée d'une argile plastique blanche et de silex broyé-

Le choix de cette argile est d'une grande importance y puisque c'est d'elle que dépend presque entièrement le succès dnne fabrique.

. Elle doit être liante, înfusible, et ne point contenir une grande proportion de sable ; mais il faut surtout qu'elle soit exempte de fer : il faut aussi qu'elle puisse éprouver une chaleur de près de cent degrés du pyromètre deWedgwood, «ans se colorer sensiblement Les argiles les plus blanches , en sortant de la carrière , ne sont pas toujours les meil<r leures : souvent elles rougissent au feu , tandis que des a<v giles très-grises y blanchissent ; telle est l'ai^ile grise de Pevonshirc , employée dans les faïences angloises.

L'argile est exploitée en grosses briques. On les laisse sé« cher, ensuite on les concasse et on les épluche avec soin, pour en enlever les cailloux et les fragmens d'argile colorée gui pourroient y être mélangés.

On la porte alors dans une grande cuve nommée gàchoir» TJn arbre tournant, placé perpendiculairement au milieu de la cuve et armé de bras de bois horizontaux, y gâche en effet la terre. On y mêle une quantité d'eau suffisante pouc l'amener à l'état d'une bouillie claire.

Un réservoir est pratiqué au-dessous du gàchoir ; l'argile , réduite en bouillie, y tombe, en passant au travers d'un tamis qui retient les parties grossières , et surtout le gros sable et les cailloux qui ont échappé à Tépluchement.

Le réservoir est percé, cinq centimètres (2 pouces) audessus de son fond , d'un trou par lequel l'eau qui tient l'ar-

pie en suspension s'échappe doucement, tandis que le sable , plus lourd , reste au fond du réservoir.

L'eau chaînée d'argile tombe dans un second réservoir placé au-dessous du premier , en traversant un second tamis plus fin que le premier.

: Elle séjpume assez dans le second réservoir pour y déposer encore une partie du sable qu'elle contient.

Enfin, l'eau, toujours chargée d'argile plus pure, passe dans un troisième et dernier réservoir, en traversant enpore un tamis plus fin que les précédens.

L'argile est préparée par ces lavages ; il faut alors y ;a jouter le ^ilex , qui doit la dégraisser.

Dans quelques fabriques on mêle tout de suite le silex k l'argile gâchée : on ne la lave pas ; on se contente de faire passer la masse au travers de tamis très -fins.

Le silex employé est le silex noir, des crayéres , le silex pyromaque d'Haily , silex igniariusj Wall. On le fait calciner ; il devient beaucoup plus friable , d'un blanc opaque : alors on le pile sous le boccard-' , et on le réduit en une poudre très-fine, dans des moulins particuliers qui servent dans la fabrication de presque toutes les espèces de poteries.

Ces moulins sont composés de deux meules horizontales de grès dur. L'inférieure est immobile et sert de fond à un baquet qui est percé , sur un de ses côtés , d'un trou que Ton ouvre à volonté. La meule supérieure est tantôt ronde et profondément échancrée , tantôt ovale ; elle est mue par dififérens moyens , selon les circonstances.

C'est dans ce moulin que se met le silex avec une quan-* tité d'eau sufi^ante. On peut le broyer , aussi bien et plus économiquement, à sec dans un moulin k farine ordinaire.

On compose alors la masse ou pâte de la faïence , en ajoutant le silex broyé à l'argile lavée , à peu près dans la proportion d'un cinquième de silex. On mélange exactement ces deux parties constituantes de la pâte; mais cette pâte, trop liquide , a besoin d'être affermie par l'évaporation de

1. Voyez au mot Miite^ article Préparation du minerai, la description de cette machine.

Fean. On ne peat scn fier an temps ponr cette évaporation , elle seroît soorent trop lon^e ; on raccélère par deox moyens.

On coule la masse on pâte dans nne longue focse chauBée -par dessous , et on met le tout en ébullition , ayant soin de remuer cette niasse , afin que le silex ne se sépare pas par sa pesanteur ; ce premier moyen est assez dispendieux , â cause du combustible qu'il exige. Dans le second procédé on place la niasse dans des espèces de moules cm caisses de plâtre bien sec , d'enriron yingt centimètres ( 7 pouces ). de diamètre ; le plâtre absorbe rhumidité excédante de la pâte, et elle prend promptement la consistance nécessaire : on la retire des moules , qu'il faut faire sécher au grand air cm au solçil , sous des hangars. Ce procédé n'a d'autre inconvénient que d'exiger une grande quantité de moules , et^ de rasies hangars.

La pâte, amenée au degré de consistance nécessaire, doit être fortement pétrie ayant d'être façonnée. On la bat avec des masses; on l'étend sur un parquet et on la marche^ C*est*â-dire qu'un ouvrier marche dessus les pieds nus à plusieurs reprises, en décrivant une spirale du centre à la circonférence et de la circonférence au centre. En Suède, on la fait marcher par des bœufs : il paroît qu'on suit la même méthode en Chine, à en juger d'après les dessin» chinois qui représentent la manière de faire la porcelaine, dans ce pays. On la pétrit ensuite à la manière de la pâte de farine.

Enfin , pour lui donner plus de liant, on la réunit en. niasse et on l'abandonne pendant plusieurs mois dans des caves humides .- elle y éprouve une espèce de fermentation ; elle noircit et répand une odeur fétide. On a remarqué que les pièces faites avec de la pâte ainsi fermentée se fendoient et se déformoient moins fréquemment que celles faites avec de la^pâte neuve.

Après toutes ces préparations la pâte est bonne à étre> employée.

Les procédés pour faire les pièces de faïence diffèrent en raison de la forme de ees pièces, et peuvent être divisées, en quatre classes:

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