‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 4)Chapitre 60 sur 100 · SA6 BAC · texte numérisé non relu

SA6 BAC

Duham. Arb. i , fab. 35 , Vulgairement le Séneçon en arbie. Cette espèce croit sur le bord des eaux dans la Virginie et lu Caroline. C'est un arbrisseau de dix à douze piedi de haut, qui se divise en plusieurs branches grêles, trèsramifiëcs. Ses feuilles sont ovales, deltoïdes, rétréeîet en pétiole à leur base, crénelées dans leur partie supérieure, et d'un vert glauque; leur superficie est parsemée de points blancs et argentés comme celles de Farrocbe balime. Les fleurs commencent à paroitre en Octobre : elles sont blanchâtres, et les écailles de leur calice sont ordinaire- ' ment teintes de pourpre; ce qui produit un effet assez agréable. On cultive dans plusieurs jardins cette espèce, qui passe les hivers en pleine terre, mais il faut la couvrir de paille dans les fortes gelées. On la multiplie aisément de marcottes et de boutures.

S.** Baccante du Brésil, Baccharis hrasiliana, Linn. Elle a le port d'un grenadier : ses feuilles sont ovales, entières, rudes au toucher et d*un vert foncé ; ses fleurs naissent en grandes panicules rameuses. Les Brésiliens emploient ses feuilles pilées pour dissiper la douleur et la rougeur des yeux : quand on les écrase, elles répandent Fodeurdu storax. ( D. P. )

BACCAREOS. ( Afamm. ) Gmelli Carreri dit que Ton trouve dans l'Indostan des animaux qui portent ce nom, et qui ressemblent au daim. Sont-ce des axis ? (F. C)

Bx\CCAUR£A (Bo^). genre de plantes établi par Lonreiro sur trois espèces d'arbrisseaux à fruit, de la Cochinchine. Ils ont les feuilles éparses, ovales, allongées, trèsentières à leurs bords, et les fleurs sans corolle, disposées en épis pendans. Leur calice, divisé en cinq parties, contient, sur un individu, six à huit étamines avec un ovaire qui avorte, et, sur un autre, un ovaire à stigmate concave . qui devient une baie divisée ordinairement en quatre ou cinq loges.

Le Baccacrea ramiflore, Baccaurea ramijlora^ e^i l'espèce la plus cultivée. Ses fleurs naissent sur les rameaux et produisent des baies longues d'un pouce environ, couvertes d*une peau lisse, de couleur d'or, et remplies d'une pulpe douce , quoiqu avec un peu d'àcreté.

Le BaccahIiea caûlt^lore, Bdcùaureet ùauliftord^ pùttt les fleurs sur la tige. Ses fruits, moins estimés que les pré« «édeus , sont ronds , d'un noir pourpre , et acides.

LeBAC(^AUREA DES BOIS, Baccaurea sjlvestris^ Se distitigud des deux premiei's, par ses fruits, dont la surface est Velue. Cette espèce n'est pas introduite dans les jardins; ses baies ^ qui flattent le goût lorsqu'elles ont mûri dans les bois^ deviennent aigres et désagréables par la culture. (Mas.)

BACCHANTE {Entom.)y nom donné par GeofiFroy à une espèce dé papillon de jour* Voyez Faitlion DÉJANiAfi4 CCD.)

BACCHAfllS. {Bot,) Voyez Saccau^tè. .

BACCHUS. {Entom,) C'est le nom d^une espéde d*attë- Ifbe 9 nommée par Geoffroy becmare. Voyez Attélabe, l'espèce ù.** 5. (C. D.)

. BACCILAIRE { Zooph. ) , nom doïiuë par Roth à 'un animal infusqire. Voyez Zooï>hVtës. ( F. C. )

.BACCIVORES. (Ornith,) Sous cette épîthète on désigne leè oiseaux dont le fond de la nourriture consiste danâ des baies. ( S. G. )

BACCOUCOUHAKECHA , BAcotidou (Bol.)^ noms ca-l'aïbes du bananier, suivant 5urian et Desfoutaines. (J.)

BACËLLO' {Ornilh,) C'est le nom italien du hobereau. (F.C)

BACHA { Ornilh. ) , Lath. , oiseûU de proie qlie Daudiii A placé patmi les aigles, sous le nom d'aigle badha, ef ^ue Levaillant a rangé parmi les buses $ dans le genre des faucons. Voyez Aigle. (Ch. D. )

BACHA DE MER* {îchtjoL), notii Vulgaire doiiné par» Commerson au triure Boùgainvilliets. Voy. Triu re. ( F. M. D.)

BACHALA (Bo//), nom arabe de l*atnarante oléracée et 4e quelques espèces congénères, suivant Dalechamps, (J.)

BACHAS. {Bot.) Voyez Bacau.

BACHE (Bof.), palmiçr de lat Guiaiie, dont îe ifotit^ kaut de trente pieds environ sui' deux pieds de diamètre dans toute sa longueur , est couronné d'un faisceau de grandes feuilles (ailées) larges d'une toise^ et porte ^ ati ^centre du faisceau, sur uh grand régime très-ràmifié ^ des Irnits gros comme de petites pommes ^ couverte d^écailles

rougeutres. Le sagoutier et les rotangs sont les seuls genres de la famille des palmiers qui aient l'envMoppe du fruit ëcailleuse , et c'est vraisemblablement au sagoutier que le palmier bâche doit être réuni. Aublet nous apprend que, dans la Guiane , la nation des Mayés construit ses habitations avec le tronc et les folioles de cet arbre ; se& canots avec ses pétioles, qui sont gros comme des branches; ses hamacs et ses pagnes avec des réseaux fibreux, produits par le prolongement des bords de la base des feuilles. Ses fruits contiennent une amande propre à faire du pain : avec ces amandes nourrissantes, lorsqu'on s'égare dans les forêts, on est certain d*étre à Tabri de la famine. Le» perroquets en sont friands, et se rendent tous les matins sur les palmiers bâches ; c'est là que les caraïbes leur tendent des pièges. (Mas.)

B ACHEBO. ( Ornith, } Suivant Saleme , on donne , aux environs de Metz, ce nom, qui signifie beschebois ^oa becquebois, au pic vert, picus viridis, L. (Ch. D.)

BACHI-BACHT. {Bot.) On nomme ainsi à Madagascar une espèce de muscadier. (J.)

BACHFORE {Icht^ol,)^ nom donné par quelques pécheurs allemands au salmone truite. Voyez Salmone. (F.M.D.)

BACILE (Bof.), Crithmum^ genre de plantes de la famille des ombellifères, dont le caractère est d'avoir une collerette à plusieurs folioles simples ; cinq pétales entiers, presque égaux , réfléchis à leur sommet ; des semences ovoïdes, comprimées et striées. Une seule espèce appartient à ce genre.

Bacile maritime, vulgairement Passe -pierre ou Percepierre ou Crête marine, Crithmum maritimumy Linn., Lob. le. 392. Ses tiges sont dures, vertes, garnies de feuilles charnues, deux fois ternées, composées de folioles étroites, linéaires, lancéolées, très-entières. Ses fleurs sont blanches et forment des ombelles médiocres et planes. Cette plante croît ^ur les rochers des bords de la mer, en France, en Barbarie, etc. Elle a une saveur salée, piquante, aromatique, assez agréable. On fait confire ses feuilles dans le vinaigre , comme les cornichons ; elle sert d'assaisonnement aux salades d'hiver. On choisit de préférence, comme plus

fendre, celle qui croît dans les terrains que la mer arrose fréquemment de ses eaux. Ces feuilles passent pour diurétiques et apéritîves. (J.) •

BACINET. {Bot.) Voyez Bassinet.

BACKELYS (Mamm.)^ nom que les Hottentots donnent & une espèce de bœuf qu'ils emploient à la garde de leurs troupeaux et à la guerre. Voyez Bœuf. (F. C. )

BACKER ou Béqdeteur. {Ornith.) On connoit sous ce nom , en Eiland ou Œlande , partie de l'ile de Gothland en Suéde, un oiseau palmipède, du genre des Hirondelles BE MER (Voyez ce inot). (à. G.)

BACKRA {IchtyoL)^ nom donné dans quelques contrées de Suéde à la truite. Voyez Salmone. (F. M. D.)

BACLAN. {Ornith,) Les habitans de la Sibérie donnent ce nom au cormoran, pelecanus carhoy L. , qu'ils appellentaussi baglan ou baglane. (Ch. D.)

BACOPE {Bot,) ^ Bacopa j Aubl. , Juss. , genre de plantes de la famille des^ portulacées , compris dans la section de celles qui ont le fruit uniloculaire. Les fleurs des bacopea; naissent solitaires aux aisselles des feuilles, et sont accompagnées de deux petites bractées vers le milieu du pédoncule : elles ont un calice à cinq divisions inégales, la di« vision supérieure plus grande que les autres. La coroUe est monopétale, périgyne ; son limbe est découpé, et son tube court. On trouve cinq étamines attachées au sommet de la corolle, et terminées par des anthères, en fer de flèche. L'ovaire est attaché à la base du calice ; il est surmonté d'un style, et d'un stigmate en tête. Le fruit est une capsule qui renferme un grand nombre de petites semences.

LaBACOFE AQUATIQUE, Bacopa aquatica^ Aubl. 129 , tab. 49 y est une petite plante, observée par Aublet sur les bords des ruisseaux de l'île de Caïenne : ses feuilles sont oppo* sées , disposées en croix , réunies par leur base et embras* sant la tige. Les habitans de Caïenne appellent cette plante herbe aux brûlures , et prétendent qu'appliquée sur la partie malade elle la guérit en peu de teJtnps. (J. S. H.)

BACOVE {Bot.), fruit d'une espèce de bananier. (J.)

BACTRIS {Bot.), genre de plantes de la fam'ille des paliniers, établi par Jacquin sur deux espèces d'Amérique,

5i)« BAC

confondues par Lînnseus avec les cocotiers. Elles sont épi-» neuses et d'une petite taille, Leur tige est coupée de distance en distance par des nœuds, à chacun desquels est attachée une fouille ailée. Entre les feuilles supérieures sont placés des régimes, dont la spathe est d'une seule piéce^ et qui portent des fi ours niàles et des fleurs femelles. Leur calice est à six divisions , trois extérieures profondes , et trois intérieures (corolle) moins profondes. Il contient six étaniines dans les fleurs màlcs , et dans les femelle? un Qvairc à trois stigmates, qu'il accompagne dans sa maturité, et qui devient un fruit charnu semblable à une cerise. Le noyau est percé, à son contour, de trois trous, et renferme une graine qui a trois cavités correspondantes 'aux troua de la coquille. L'embryon est placé sur le côté de la graine j au lieu d'être situé à I9 base, comme dans les cocotiers.

Le hactris minor de Jacquin, nommé cocos guineenàSf cocotier de Guinée, par Linnaeus , et avoira canne par Aublet, croît au bas des collines, sur la lisière des prairies naturelles de la Guiane , et aux environs de Carthagène. Ses racines tracent sous la terre et produiseqt une grande quantité de tiges, droites, grosses comme le jpouce, et ]iautes d'environ six pieds ; elles sont enveloppées par les gaînea épineuses que forment les feuilles. Celles •••ci, placées de distance en distance sur toute la tige, sont longues d'eqviron trois pieds; et leur pétiole, épineux comme la gatne, porte de chaque côté des folioles étroites comme des lames d'cpée. La spathe , après la floraison , accompagne les régi-' mes, qui se courbent sous le poids des fruits. Ceuvci, d'une couleur noire pourprée, sont un peu aigrelets et gros comme une cerise : on les mange pqur se désaltérer, et on en préparc, par Ja fermentation, une boisson vineuse. C'est avec la tige de ce palm'ier qu'on fait les cannes noueuses, noires et luisantes , connues en Europe sous le nom de cannes de Tabago. Leur préparation consiste , après avoir dépouillé Jes tiges des gaines des feuilles qui les revêtent comme une éçorçe, à les enfouir pendant quelque temps dans de I4 vase , et à les fn>tter ensuite pour leur doniier le poU»

Le hactris* major de Jacquin croît, comme le précédent,

Au^ environs d^ C^rthagèqe ; à h grandeur près 9 qui çsi

une fois plus considérable, il offre les mêmes caractères. Ses fruits sont gros comme un œuf de poule et servent aux mêmes usages. ( Mas. )

BACULITE {MolL), Baeulites ^ Lam. Lamarck rapporte à ce genre qu'il a institué, le fossile publié par Faujas ^8ous le nom de corne d'Ammon droite, et figuré dans son Histoire naturelle de la montagne de S. Pierre de Maè'stricht , t. 2 1 , f. 2 et 5. Le même auteur pense qi^e Ton peut y réunir les fossiles représentés f. 3i3 jusqu'à 3i6, t. 49 du Traité des pétrifications de Bourguet. Les spondylolites ou fausses vertèbres ne sont que des portions séparées de ce fossile, qui, empilées et articulées les unes sur les autres, forment un moule de coquille droit, à peu près cylindrique , légèrement conique , à parois internes articulées par des sutures sinueuses. Les cloisons transverses sont imperforées , caractère qui les distingue essentiellement de celles des ammonites ; mais elles sont, comme dans ces dernières, lobées et découpées dans leur contour. Les baculites se rencontrent beaucoup moins fréquemment que les ammonites. ( Duv. }

BADA, Badas. {Mamm,) Voyez Abada.

BADALWANASSA {Bo^), nom d'une espèce de lycopode, dans nie de Ceilan. (J.) «

BADAMIER {Bot.) , Tcrminaiia, Lin n. , Juss. , Lam. IlL pi. 848 , fijpnre de plantes de la famille des mjyrohalanus , composé de cinq espèces d'arbres ou arbrisseaux des deux Indes , remarquables par la beauté de leur port et par leurs usages. Ils ont de grandes feuilles entières , placées sur les nœuds ou à l'extrémité épaissie des rameaux, où elles forment des touffes avec de longs épis de petites fleurs. Cellesci n'ont point de corolle ; leur calice, adhérent, divisé par le haut en cinq parties étalées en étoile, contient dix étamines, et un ovaire inférieur surmonté d'un style terminé par un stigmate simple. La plupart des ovaires avortent ; les autres deviennent des espèces de noix un peu aplaties, et entourées d'un rebord relevé d'un côté de manière à les faire paroître concaves. Le noyau renferme une graine dont l'embryon est roulé en spirale.

Le Badamieh de IVL^labar, Terminalia Catappa^ Linn.'^

Khéed. Mal. vol. 4) p- 5, t. 3 et 4 , grand arbre, d^une forme pyramidale comme les sapins , nommé acLamaran sur la côte Malabare. Ses branches, étendues horizontalement, partent en étoile, d'étage en étage. Leurs feuilles, longues d'un demi- pied, oV^les et surmontées d'une pointe, ont le bord crénêfé et leur surface inférieure velue : elles forment sur les rameaux des touffes très - rapprochées , et sont entremêlées d'épis de fleurs blanchâtres. Dans le Malabar, où cet arbre croit naturellement, on le cultive pour la décoration des jardins. On sert les amandes de ses fruits sur les meilleures tables de l'Inde; elles ont la saveur des noisettes. Rhèede nous apprend qu'on en exprime une huile comparable pour la bonté à celle d'olives , et qui a sur cette dernière l'avantage de ne point rancir. On en fait aussi des émulsions , comme avec nos amandes douces. Les Indiens emploient le suc des feuilles , mêlé avec de l'eau de riz, contre la colique et les maux de tête qui ont pour cause une mauvaise digestion.

Le Badamiër des Moluques, Terminalia moluceanaj Lam. Encyck, a été long -temps confondu avec l'espèce précédente. Il en diffère par ses feuilles, quisobt polies sur' les deux faces et entières à leur bord. On l'emploie à Ba* tavia pour la décoration des places publiques. Ses amandes sont très-bonnes t^i manger.

Le Badamiër benjoin, Terminalia henzqin ^ Linn. f. SuppL Ce badamiër a reçu différens noms. Il se trouvé', dans les Species de Linnaeus, sous le nom de croton benzoe ; dans Jac» quin , sous celui de terminalia angustifolia ; dans l'Herbier de Commerson , sous celui d^aristotelia resinaria : et , seloa Du-Petit-Thouars, qui a observé cet arbreàl'Isle-de-France, le terminalia mauriliana de Lamarck n'est que l'individu déjà vieux du terminalia henzoin. Cet arbre est le plus gros et le plus gr^nd de l'Isle- de- France et de l'île Bourbon (la Réunion). Son feuillage d'un vert jaunâtre contraste, d'une manière remarquable, avec le vert sombre dont les végétaux des tropiques sont en général colorés. Ses feuilles sont longues d'un demi-pied, oblongues, lancéolées et ré* trécies insensiblement en pétiole. Son bois est préféré à tous les autres dans le pays, pour faire d*es pirogues. Il

produit une résine odorante, connue sous le nom de fauxbenjoin, et employée dans les églises en place d'encens. Le vrai benjoin n'est extrait , comme on Fa cru successivement, ni de cebadamier, ni d'une espèce de laurier, mais d'un aliboufier, décrit et figuré récemmentparDryandcr, Act. Angl. vol. 77 , p. 3(i8, t. 12 , sous le nom de styrax benzoin.

L'arbre du vernis , arhor vernicis , Khuniph. Amb. 2 , p. 359, t. 86, connu à la Chine sous le nom de tsi-chu^a été rapporté par Lamarck au genre Badamier : c'est le badamier au vernis, terminaliavemix. Ses feuilles oblongues , linéaires, dépourvues de poils, le font distinguer des autres badamiers avec lesquels il a*la plus grande analogie. Cet arbre erolt sur les mvmtagnes de plusieurs provinces méridionales de la Chine et des Moluques. 11 contient dans toutes ses parties un suc laiteux très-caustique, qui rend ses exhalaisons dangereuses. Lorsque le tronc a acquis une certaine épaisseur, ce suc en découle par des crevasses naturelles ou par des fentes qu'on y fait. A mesure qu^il s'épaissit , sa couleur devient brune , et lorsqu'il a toute sa consistance 9 il est noir comme de la poix. Pendant qu'il est encore liquide, les Chinois, après y avoir mêlé quelque autre substance, «n enduisent tous leurs meubles : ceux qu'on porte en Europe y portent improprement le nom de meubles de laque. Le principe caustique du vernis se volatilise à mesure que ce dernier se dessèche : on boit sans aucun danger dans les vases qui en sont enduits, et l'on peut encore manger les graines rôties. ( Mas. )

BADASE {Bot,) y nom languedocien de la lavande ordinaire. (J.)

BADASSO ( Bot. ) , nom provençal d'une espèce de pulicaire, psyllium cynops^ J. , plantago cjynops ^ L» (J.)

BADE {Ichtyol. ) , nom donné par les insulaires de Rot* terdam ou Anamoka, et ensuite par Bonnaterre, à une espèce de poisson que Lacépède rapporte au plcuronecte argus. Voyez Pleu ron ecte, ( F. M. D. )

BADELGIAN. {Bot.) Voyez BadIndj an.

BADGEil (Alamm. ), nom anglois du blaireau. (F. C.)

BADHAMU {Bot. ), espèce de millet de Ceilan. (J.)

BADIANE ( Bot, ) , lllicium , Linn. ,.Juss. , genre de plantes

de I4 famille des tulipiféres, composé de trois espèces. Ce sont des arbrisseaux toujours verts, qui ont le port du laurier , et dont toutes les parties , mais surtout les fruits , répandent une odeur très-aromatique. Les fleurs sont composées d un calice de six folioljes , dont trois intérieures , plus étroites; de dix à trente pétales, disposés sur trois rangs, les intérieurs plus courts ; de dix à trente étamines, dont les filets élargis et comprimés sont moins longs que les pétales ; de dix à viiigt ovaires , terminés chacun par un «tyle et un stigmate oblong et latéral Le fruit est formé de plusieurs capsules bivalves, monospermes, disposées en étoile j les graines sont luisantes.

Badiane de la Chine, Illicium anisatum j Linn. , Kaempf. Amœn. 880, tab. 881. C'est un arbrisseau originaire de la Chine et du Japon , qui s'élève à environ douze pieds de hauteur. Sou bois est roux, dur, fragile , et a Todeur d'anis, ce qui l'a fait nommer bois d'anis ; il est propre aux ouvrages de tour et de marqueterie. Les feuilles sont lancéolées , éparses autour des rameaux , ou rappt*ochées en rosettes vers leur sommet. Les fleurs sont jaunâtres. Les capsules, connues depuis long- temps en Europe sous les noms de badiane des Indes, d'anis étoile de la Chine, d'anis des Indes , ont le goût du fenouil et une odeur semblable , mais plus pénétrante : les graines qu'elles renferment sont blanchâtres et revêtues d'une coque mince, d'un gris roussàtre; leur saveur est vive , agréable , analogue à celle du fenouil et de l'anis.

Les Orientaux préfèrent les graines de la badiane à celles de l'anis et du fenouil ; elles sont stomachiques , carminatives, diurétiques. Les Chinois en mangent souvent, après le repas , pour faciliter la digestion et pour se parfumer la bouche ; ils en font une infusion avec la racine de ninsin » éïum ninsi, L. , et ils la boivent comme du thé, pour rétablir les forces abattues. Ils sont encore dans l'usage d'en mêler avec le café , le thé , le sorbet et les autres boissons qu'ils veulent rendre plus agréables. Les Indiens infusent les fruits dans l'eau, et en retirent, par la fermentation, une liqueur vineuse fort estimée. £h Europe 9 on les emploie à faire d'excellentes liqueurs*

« Les Japonois et les Chinois regardent l'anîs étoile com- « me une plante sacrée; ils l'ofirent à leurs Pagodes, en « brûlent 1 écorce comme un parfum sur leurs autels, et « en placent des branches sur les tombeaux de leurs amis.

« £n Chine, les gardes publics pulvérisent l'écorce de « cet arbrisseau , dont ils remplissent de petites boites „ 4c allongées en forme de tuyau , lesquelles sont graduées à « l'extérieur de distance en distance. Ils mettent le feu à « cette poudre par une des extrémités du tuyau : elle se « consume très - lentement et d^une manière uniforme ; et « lorsque le feu est parvenu à une distance marquée, ils « sonnent une cloche, et par le m(Jtyen de cette espèce « d'horloge pyrrhique annoncent l'heure au public. ^ Rozier, Cours d'agric. 1 , p. 563. — Thouin , Dict. d'agr. 2 , p. 11.

Badiane rouge, Illioiumjloridanum^ Linn. , Ellis, Act. Angl. 1770, vol, 60, t. J2. Cette espèce croît naturellement dans la Floride occidentale, sur les bords de la rivière de S. Jean et aux environs de Pensacola. Sa tige est rameuse et haute, de cinq à six pieds. Ses feuilles sont ovales, lancéolées, très -entières, et pointues aux deux bouts. Les fleurs sont solitaires , axillaires, d'un pourpre foncé j elles ont environ un pouce et dqpai de diamètre.

Badiane parviflore, Illicium parviflorum , Mich,, Vent. Descr. des pi. du jard. de Cels,pl. 22. Cet arbrisseau croît également dans la Floride, sur les bords du lac S. Georges , où il a été découvert par Michaux. 11 s'élève à douze ou quinze pieds de hauteur, et se distingue de la badiane rouge par ses feuilles moins allongées , et surtout par ses fleurs , qui sont d'un jaune pâle et très-petites.

Cette espèce et la précédente sont cultivées dans le jardin du Muséum d'histoire naturelle , et se multiplient facilement de marcottes ; on les élève dans des pots , que l'on rentre l'hiver dans l'orangerie. Il paroît vraisemblable que ces arbrisseaux pourroient s'acclimater dans nos départemens méridionaux, comme les myrtes, les orangers, ete. Leurs fruits, qui sont presque aussi aromatiques que ceux de la badiane de la Chine, deviendroîent bientôt un objet de commerce intéressant, soit pour les liquoriites 1 soit pour le« parfumeurs, (D, P,)

BADINÂGE. (Ornith.) Cest ainsi que /dans plusieurs départemens de la France, on nomme une chasse aux canards qui est très-amusante : elle consiste en ce que , au moyen d'un ou de plusieurs bateaux que Ton a couverts de ramées et mieux encore de roseaux verts, on s'approche le plus lentement possible des canards qui sont disséminés çà et là sur la surface des eaux des étangs ou des lacs , en ramant sans bruit à l'arrière du bateau. Four les rassembler on 14che un petit chien dressé à cet exercice : il file, en silence et à la nage, vers ces oiseaux, qu'insensiblement la crainte d'un ennemi fait fuir et se rassembler , et il les dirige ainsi , sans qu'ils s'en doutent , du côté des bateaux , dont la verdure leur fait illusion. Cest à ce moinent qu'on les. tue de deiix manières , ou un à un et sans bruit, avec une forte sarbacane; ou bien on tire sur la troupe, lorsqu'elle est rassemblée à une distance trop grande pour que la sarbacane puisse les atteindre, avec un fusil à gros calibre qui, en écartant le plomb meurtrier qu'il lance, tue ou blesse un grand nombre de ces animaux :,maîs ce dernier moyen ne peut avoir lieu qu'une seule fois; car les canards, qui ont une sorte de mémoire, d'un danger ^rtout auquel ils ont échapp4| reconnoissent le piège qui les a trompés , et ils ont soin d'en éviter de nouveau l'approche.

Dans certains pays on faisoit jadis cette chasse d'une autre manière. On fabriquoit en terre , sur le bord des grands étangs , des trous que l'on recouvroit d'une espèce de toiture inclinée d'avant en arrière , et tellement dîspo* sée qu'elle ne laissôit au chasseur, dont la tétc^ seule surpassoit le sol , que la liberté de manier son arme. En automne on couvroitla toiture de cette fosse avec des roseaux verts, et en hiver on répandoit dessus de la neige , lorsque la terre en étoit couverte. Alors le chasseur, en embuscade dans cette loge et armé d'un fusil à deux coups , tiroit son premier sur la troupe qu'un ou deux bateaux , couverts à la manière ci-dessus indiquée, avoient fait filer vers lui ; il tiroit son second coup sur les canards que la première explosion avoit mis en fuite dans les airs, et rareme;n€ cette chasse étoit sai^s succès : mais elle ne duroit que quel*

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ques jours, parce que bientôt ces oiseaux défîans reconnoissoient le piège et ne vouloient plus en approcher. Eu hiver la ressource ^es bateaux étoit ordinairement impossible , à raison des glaces qui couvroient la surface de Teau ; mais , dans ce cas , on établissoit sa loge prés de la source de quelque fontaine qui alimentoit l'étang , et on étoit sûr d'y tirer des canards qui ne manquoient jamais de s'y rabattre. ( S. G. )

BADINDJAN (Bo^}, nom arabe de la melongène, solarium melongena^ L., selon Forskal. Sloane, dans son Histoire de la Jamaïque , indique comme synonymes de ce mot deux autres mots arabes, bendingian et hathleschaian y dans lesquels on reconnoît eu effet le même nom différemment orthographié.

D'Herbelot (Bibliothèque orientale) comprend sous les noms arabes de badelgian et badingian le fruit du solarium pomiferum, que nous connoissons sous les noms de verangénes et pommes d'amour. 11 regarde ces mots arabes comme formés par corruption du persan badinghian , dont les Espagnols ont fait verangenas et berangenas; les Italiens, mêlant zanaj et les botanistes anciens mala insana. Cette dernière dénomination n'a donc p^s son origine dans la propriété qu'auroit ce fruit de produire la folie d'amour, et c'est à tort qu'on' en a tiré le nom françois dé pomme d'amour. ( A p. )

BADOK-BANKON. (Bot.) On nomme ainsi à Java une plante qui est le ballota disticha, Burni. Ind. , p. 126. (J.)

BADULAM. {Bot,) On nomme ainsi à Ceilan un petit arbre de la forme d'un cerisier (Burm. Zeyl. 222, t. io3 ) , qui est Vardisia humilis des botanistes, et dont les fruits sont administrés avec succès sous forme de rob dans les fièvres ardentes. (J. )

BADURA. {Bot.) Voyez Bandura.

BiiEKER - K-<î:R.>îi:S. {Ornith.) Corneille Lebruyn, tom. 4, p. 46 de ses Voyages, parle, sous ce nom, d'oiseaux plus grands que la perdrix grise, mais qui ont de la ressemblance avec elle,, quoique leur ventre et leurs ailes soient blanchâtres. Ils volent de compagnie, assez haut, et se plaisent dans les terres labourées. Lebruyn, qui en a

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vu beaucoup en Perse , en a tué et leur a trouvé un goût délicieux. ( Ch. D. )

BJESAK {lehtyoL)^ nom d'une espèce de bddian appelé ycan hœnak au Jaipon* Voyez Bodi an. (F. M.D.)

BJEK {Mamm.), mot allemand qui signifie ours. (F.C)

BAETOËN ouBoETOEN. {Rept,) Forskal a décrit sous ce nom , dans $a Faune d'Arabie , une espèce de vipère ta^ che tée de noir et de blanc, dont la morsure peut faire périr en un moment, en produisant l'enflure générale du corps. La description de ce serpent n'est point assez complète pour qu'on en puisse bien assigner le caractère : Linnams l'a ce* pendant décrite suus le même nom , Lacépède n*a fait que rindiquer. ( C. D. )

BiiLVTLLA (Bot.), espèce de guimauve de Ceilan. (J. }

BAGADAIS {Ornith.)^ Columba domestica, Linn* Syst nat. edit. i5, gcn. 104 ; espèce de gros pigeon de la race des mondains, qui portent au-dessus du bec un tubercule charnu , d'un volume considérable , et qui ont les yeux entourés d'une peau rouge fort large, qui, dans la vieillesse 9 leur tombe sur les yeux et les empêche alors de voir. Cest plutôt par curiosité que Ton nourrit ces pigeons, qu'à raison du profit qu'on en retire ; car, outre qu'ils ne produisent que rarement, c'est qu'il arrive le plus souvent que de deux œufs que la femelle pond, ou il n'en éclot qu'un petit, ou bien ils sont l'un et l'autre inféconds. (S. G.)

BAGASSE. ( Bot. ) Ce mot est passé des langues du midi de l'Europe , dans nos colonies ; il vient de haga , baie , le lacca des Latins. Bagaça est Tenveloppe des graines des raisins ou des olives, dépouiirée de son suc par le pressoir f et formant le marc. On l'a appliqué dans nos fies à la canne à sucre qui a passé par le moulin , et , par une plus grande extension, aux tiges d'indigofère retirées de la cuve après la fermentation.

La bagasse de canne sert k nourrir les bestiaux quand elle est fraîche, ou à chaufifer les fourneaux lorsqu'elle a été séchée au soleil. Vo>ez Canne,. Sdcre.

La bagasse d'indigo fait un bon engrais , lorsqu'on lui a donné le temps de vieillir : on l'entasse à cet effet dans de» fosses: il croît dessus un champignon qui, cj^uoique fort

ressemblant à Vagaricus Jimetarius, est regardé comme trésdélicat à l'Isle - de - France.

Il paroit que la double fermentation de la cuve et de la putréfaction ne détruit pas la faculté germînative 4^s graines d'indigo ; car de la bagasse provenant de plantes avancées et montées en graine ayant été portée , au bout de cinq ans d'enfouissage , sur les terres, en peu de jours le sol se trouva couvert de jeunes plantes d'indigofères en m^8si grand nombre que si on* les eût semées exprés. (A. P.)

BAGASSIER ( Bot. ) , Bagassa , grand arbre laiteux , à feuilles composées, qui a été établi comme genre par Au- ])let, dans sa Flore de la Guiane , t. 376 ; mais les caractères de sa fleur n^ayant pas été observés , on ne peut que le . présumer appartenant à la famille des urticées. Le fruit est une sorte de baie sphéjrique, à écorce granuleuse, composée d'une pulpe molle au dehors et ferme dans le centre^ où sont nichées un grand nombre de semences pointues. Ce fruit est bon à manger.

L'arbre est du nombre de ceux qu'on creuse pour en faire des pirogues. ( J. )

BAGATBAT ou Pacapate {Bot,) ^ nom donné dans les Philippines à un arbre décrit par Camelli et Sonnerat, et connu maintenant des botanistes sous celui de sonneratia. Voyez Pagapate. (J-) -

BAGLAFECHT {Ornith.) , Loxia philippina^ Linn. Lorsqu'il s'agit de la classification d'un oiseau quelconque, il m'est personne qui ne désireroit que les méthodistes s'accordassent entre eux sur le rang que chaque individu lioit occuper dans la série de ces animaux qu'ils distribuent symétriquement, d'après des rapports caractéristiques qui devroient être invariables pour tous : cet accord n'a pas lieu pour la classification de l'oiseau dont il est ici question ; car les anciens en font une espèce particulière du ^nre des gros- becs, qui sont de la famille des passereaux, et les modernes n'en font qu'une simple variété du toucnam courvi, qui est aussi de la même famille. Bufifon , le premier des modernes qui a parlé de cet oiseau , qu'il dit se trouver en Abissinie , a pris un terme moyen, et semble avoir prévu ce conflit d'opinions j il a fait du baglafecht

une espèce particulière qu*il a placée à la suite des grosbecs , en disant que cet oiseau a beaucoup de rapports avec lé ToucNABi coTjRvi (voycz ce mot), dont il diffère néanmoins, soit par les nuances et la distribution des couleurs de son plumage , soit par les habitudes qui lui sont propres. Xn effet, la tache noire que l'on ne remarque que sur les deux côtés de la tête, au-dessous des yeux du iouenant courviy s'élève jusqu'au-dessus de ceux du baglafecht : la marbrure jaune et brune du dessus du corps est beaucoup moins marquée dans celui-ci : les grandes côaverturet des ailes sont brunes, bordées de blanchâtre dans le toùcnam courvi , et elles sont brunes verdâtres , bordées de jaune dans le baglafecht : les grandes pennes des ailes et de la queue, dans ce dernier, sont de même couleur et bordées de mênfe que les couvertures, tandis que dans l'autre elles sont brunes, légèrement frangées de fauve clair. Le baglafecht a l'iris jaunâtre; le bec, ainsi que les pieds, bleuâtres, et les ongles noirâtres : lorsque ses ailes sont ployées, elles atteignent k peu près la moitié de la longueur de sa queue.

Le baglafecht se rapproche encore du^oucruLm courvi par la manière dont il fait son nid, et en lui donnant une forme différente, il décèle un degré de plus d'industrie. Les précautions qu'il prend pour construire ce petit édifice annoncent en lui un instinct tout particulier : soit qu'il ait l'intention de soustraire sa progéniture aux recherches de ses ennemis , soit seulement pour la garantir de l'humidité, il suspend toujours ce nid, qu'il roule en spirale , à peu près comme un nautile , à Textrémifé d'une branche foible que le vent agite à son gré, au-dessus d'une eau dormante, et il a la précaution d'en placer l'entrée dans la partie inférieure, qui est constamment tournée du côté opposé à la pluie. (S. G.)

BAGLAN. {OrnUh.) Voyez Baclan.

BAGRE. (Ichtyol.) Ce poisson rangé jusqu'à présent dans le genre des silures, forme maintenant une espèce particulière du genre Pimélode , établi par Lacépède dans son savant et immortel ouvrage sur l'histoire naturelle des poissons. Le nom de bagre a été donné par Marcgravs

B A G 4oi

» iroîs poissons du Brésil qui ont beaucoup de rapports avec les silures. .Voyez Pimélode. (F. M. D.)

BAGUE, Bogue (IchtyoL), noms d'une espèce ^e spare quî se trouve dans la Méditerranée. (F. G.)

BAGUENAUDIER {BoL), Colutea, Linn., Juss., genre de plantes de la sixième section des légumineuses , qui comprend des arbrisseaux et des plantes herbacées. Leurs fleurs sont disposées en épis axillaires et* terminaux : cha- 'cune d'elles a un calice en cloche, à cinq découpures et |>ersistant. Le stigmate est crochu et velu en dessous. Le fruit est une gousse assez grande , vési'culeuse , membraneuse, et qui renferme plusieurs semences.

LcBaguenaudier ordinaire, vulgairement le Baguenaudier à vessie., le Faux- séné ^ Colutea arhorescensy Linn., Duham. Arb. i, p. 178, t. 72, est un arbrisseau qui s'élève k huit ou dix pieds de hauteur. Ses feuilles sont ailées avec une impaire, et composées de neuf ou onze folioles ovales, arrondies, un peu échanerées à leur sommet, vertes et glabres en dessus et d'un vert glauque en dessous. On coupe ses branches tous les ans en été, et on les fait sécher pour être employées en fourrage pendant l'hiver; on les recèpe aussi de temps en temps pour tirer parti de son bois. Ses fruits servent en quelques pays à engraisser les J>rebis, et leur donnent beaucoup de lait. *

Le Baguenaudier du Levant, Colutea orienlalisj Lam«, est un petit arbrisseau qui ne s'élève qu'à six ou sept pieds de hauteur. Ses feuilles sont d'un rouge de sang, avec une double tache jaune à la base de leur étendard. Ses folioles sont en cœur, glabres des deux côtés, et d'un vert glauque.

Les baguenaudicrs peuvent former de jolis arbrisseaux d^ornement : les fleurs, de couleur jaune ou rouge, parois- ^ent pendant une grande partie de l'été. « On fera bien , « dit Duhamel , d'eu planter dans les remises ; car pour peu « que la terre y soit bonne , ils ne manqueront pas de s^y « multiplier d'eux-mêmes. ^ Les feuilles et les gousses du baguenaudier sont purgatives ; on pourroit substituer ses feuilles à celles du séné .- cependant on ne les emploie pas Â. cet usage , parce qu'il faudroit augmenter beaucoup 3 2G

la dose ; sans cela elles purgeroîent trop lentement. On multiplie facilement ces arbrisseaux de semences et de rejetons, et ils s'accommodent bien de toutes sortes de terres. Outre les deux espèces mentionnées ci- dessus, on connoît encore quatre ou cinq baguenaudiers peu remarquables : le plus intéressant est celui d'Alep. Le nom de colulea est formé d'un mot qui signifie mutiler. (J.S.H.)

BAGUETTE. {Bot.) Voyez Bois- baguette.

BAGUEriE DIVINATOIRE. {Minér,) Voyer Rhabdo-

HANCIE.

BAGUNTREN. {îchtyol) C'est le mulle surmulet Voyex MuLLE. (F. M.D.)

BAHASE. {Ornith, ) C'est le nom qu'en Turquie oti donne, à la Petite mouette cendrée. Voyez ce mot. (S. G.)

BAHELr6CHULLI (Bo^.), arbrisseau épineux de la côte Malabare , figuré par Rhèede , vol. 2 , t. 46 : il est apéritif et hydragogue, suivant cet auteur. 11 croît dans les lieux humides. C'est une espèce de barrelière , harUria Ion* gifolia^ JL (3.) 9

BAHEL-TSJULU DES MALABARES. {Bot.) C'est la même plante que l'on nomme à Java pajtjar ^ ayer. Elle est figurée dans le Hort. Malab., vol. 9, t. 87. Burmann l'a regardée comme» un sésame ; Linnaeus en a fait une colomnée : Vahl, qui l'a trouvée différente de ces deux genres , par sa corolle presque régulière , à quatre lobes , et par sa capsule à deux loges, l'a nommée achimenes sesamoides. Elle est herbacée : ses feuilles sont opposées et lancéolées ; ses fleurs sont en espèce de grappe terminale. (J.)

BAHO {Bot,) y variété du manguier, cultivée dans les Philippines, que l'on distingue, suivant Camelli , par son fruit plus petit, moins charnu^ et dont le noyau est à proportion plus gros. (J.)

BAHOBAB. {Bot. ) Voyez Baobab.

BAHOO. {Bot.) Voyez Baio.

BAIAPUA ou Bayapua. {Rept.) Séba a décrit sous ce nom (Thés. 11, tab. 82, N.**2) une espèce de serpent ou de couleuvre d'AfriqujB, qui paroît être la couleuvre boTga, aoluher àhœtula. Voyez Couleuvre. (CD.)

BAI-BAX9 Bai- BAI BA {Bot,)f noms caraïbes d'un md'

BAI V 4o5

pighia spîcataj Cavan. Monad. 8^ P-4o99 t. 237, qui est aussi le bois dyssentérique des Antilles. (J.)

BAÏCALIÏE ou Baïkalits. (Miner.) C'est une variété Tcrdàtrc de la grainmatite : on l'a ainsi nommée parce qu*on l'a trouvée, pour la première fois, près du lacBaïkal en Sibérie, gouvernement d'Irkoutsk. VoyezGaAMMATixE. (B.)

BAÎE. [Phfs, végét.) Voyez Fruit. '

BAIKAL {lchtyol,)j nom spécifique d'un poisson du genre Coméphore, qui vit dfins le lac Baïkal, et que Linnaeus avoit placé, ainsi que Bdnnaterre, parmi les callionymes. Voyez Coméphore. (F. M. D.)

BAILLARD. {Agric.) On appelle de ce nom, dans' le cîdevant Boulonnois et le Calaisis, département du Nord, une orge de printemps 4 plusieurs rangs de grains couverts ; dans d'autres endroits, ce nom est donné à une orge à deux rangs, mais aussi de printemps. Voyez Orge. (T.)

BAILLARGB ( Agric, ) , nom donné dans quelques dé« partemens, entre autres dans le cî-devant Poitou et le cidevant Limousin , à une orge de printemps. Il paroft que les noms de hœyade^ haillard^ laillarge^ et je crois aussi haillorge ^ expriment la même chose; ils ne diffèrent peutêtre que parce qu'on les écrit mal. Voyez Orge. (T.)

BAILLÈRE {Bot,), Bailleria, Aubl. , Juss. , genre de plantes qui appartient à la famille des corymbifères , et qui a des rapports avec l'iva et la clibade. Il est composé de deux espèces originaires de la Guiane, à fleurs flosculeuses et à feuilles opposées. Le calice commun, formé de quatre ou cinq folioles égales, renferme quatorze fleurons, dont sept, placés au centre, sont ou mâles, ou hermaphrodites stériles ; les autres sont femelles , plus courts , et occupent la circonférence : tous ces fleurons ont leur limbe partagé en cinq découpures. Le réceptacle est char^ de paillettes arrondies et charnues, et les graines ont un Tebord membraneux, qui se termine par deux petites pointes.

Bail LE aE franche., Bailteria aspera^ Aubl. Guîan. talr^ 3i7, vulgairement le Oonani franc des Créoles, le Cou-^ iouhou des Galibis. C'est une plante vivace, qui pousse lie sa racine plusieurs tiges droites, branchues, noueuses,

%o4 BAI

élevées de cinq à six pieds : elles sont garnies à chaque nœud de deux feuilles ovales, dentées, rudes au toucher, opposées alternativement en croix. Les fleurs sont de couleur blanche, disposées en panicule terminale, et ont leurs fleurons très -petits.

On trouve cette espèce dans les lieux incultes des habitations de Caïenne et de la Guiane. Toutes ses parties ont une saveur très-amère, et une odeur analogue a celle du céleri, mais qui est moins vive. Elle a la propriété d'ienîvrer le poisson : les habitans dcr cette partie de TAmérique l'emploient à cet usage; et par ce moyen ils parviennent en peu de temps à rendre leur pèche abondante. ( D. P. )

SAILLET {Mamm.)^ nom que Ton donne au poil du cheval, lorsqu'il est d'un roux tirant sur le blanc. (F. C)

BAILLON. {IchtyoL) Lacépède a décrit sous ce nom un cassiomore découvert par Commerson, afin de témoigner sa reconnoissance à Bâillon d'Abbeville, dont Buffbn a consigné le juste éloge dans diverses pages de ses œuvres y pour les nombreux objets dont il a enrichi le Muséum ^'histoire naturelle lorsqu^il en étoit le correspondant La mort l'a enlevé il y a quelques mois; mais l'estime et la ^ recommandation de deux hommes illustres, Buflbn et La* cépède, rappelleront à la postérité tous les services qu'il ^ rendus aux sciences. Voyez CifisioMoas. (F. M. D.)

BAIN. {Chim.) On nomme en général bain en chimie un liquide ou un milieu quelconque , dans lequel on ehaufle un vase. Cette opération est opposée à celle qui se fait à feu nu. ( F. )

Bain de cendre. Quelquefois on chauffe un vase contenant quelque matière, dans un autre qui est rempli de cendre chaude. C'est ordinairement pour donner une chaleur douce et long -temps continuée, qu'on emploie iiktte pratique : elle est fondée sur ce que la cendre s'en- 4retiènt long -temps chaude, parce qu'elle est un mauvais 'conducteur du calorique. {F.)

Çain de fumier. On plonge quelquefois un appareil -dans du fumier échaufle par la putréfaction qui s'y développc^Cette chaleur douce étoit autrefois beaucoup plus ^imployée qu'elle ne l'est aujourd'hui ; elle servoit surtout

BAI ^o5

îdans les opérations d'alchimie : on y a presqiie renoncé actuellement (F.)

Bain de sable. Cette espèce de bain, qui consiste h placer du sable très-fîn dans une capsule de fer placée sur un fourneau plein de charbon , et à enfoncer les vases dans le sable, est le plus employé, et il sert et une foule d'opérations dans les laboratoires de chimie. On remploie toutes les fois que le vase où l'on veut chauffer les matières pourroit se briser s'il étoit placé sur les charbons immédiatement. On donne toute sorte d^e degrés de chaleur au bain de sable, depuis quelques degrés au-dessus de zéro, jusqu'à la température qui fait rougir les vases. La nature elle-même semble donner le premier exemple du bain de sable, en faisant éclore les œufs et germer 4^s graines dans les sables chauds de beaucoup de contrées.

Bain -MARIE. On appelle bain - marie le vase plein

d'eau chaude , dans lequel on plonge et par lequel on échauffe les vases et les matières qu'on ne veut chauffée que jusqu'à la température de l'eau bouillante ou au-des» sous : c'est ordinairement pour évaporer ou distiller dès matières qui seroient altérées par une température supérieure à cent degrés du thermomètre centigrade, comme des acides légers, des sucs et des sels végétaux , des liqueurs aromatiques, alcooliques. (F.)

BAIO, Bahoo (Bot.), noms malabares de l'arbre qiii fournit la casse des boutiques, cassia Jistula y mentionné par Rhèede. Le fruit est nommé hava, et, suivant Clusius ^ havasimga, ( J. )

BAITARIA {BqL), genre de plantes établi* par Ruiz et Pavon, sur une herbe du Pérou, dont on ne connoît que les caractères de la fructification. Le calice est formé de quatre folioles , dont deux, attachées sur le^ pédoncule plus bas que les autres, sont beaucoup plus étroites, "et ressemblent à des bractées. La corolle est monopétale, tubulée et divisée à son limbe en cinq parties. Les étamines, au nombre de quatorze à dix-huit, sont attachées et cachées dans le iuife. L'ovaire est libre et terminé par un style surmonté d'un stigmate divisé en trois : il devient une capsule SLCCom*

pagnée par le calice , et d irisée en trois loges remplies par plusieurs graines lenticulaires ; elles sont attachées aux cloisons contiguès chacune avec la paroi de chaque Talve. ( Mas. )

BAJAD ( Ichtjrol. ) , nom d'une espèce de pimélode , rangé parmi les silures, et découvert par Forskal. Voyez Bagatxe et Pimélode. (F. M. D.)

BAJASAJO {Bot,)^ nom brame d'une plante herbacée de la côte Malabare, figurée dans le Hort Malab. 8, t;27y sous le nom de JctuUci-vaUi; dont le port et la fmctifica« tion présentent les caractères d'un liseron, mais qui en diffère par les vrilles qui accompagnent ses feuilles. (J.)

BAJET. {MolL) C'est une espèce d'huître, décrite et figurée par Ad.anson, Coq. du Sénégal, pi. 14, fig. 4. Voyes au mot HuiTEE. (Duv.)

BAK ou Bak-cudzoziemski. (Ornith.) Les Polonois nomment ainsi le Pélican. Voyez ce mot. (S. G.)

BAK ou BuNK. (Ornith.) Cest le nom polonois du bu* tor. Voyez Héron. (S. G»)

BAKACZ. ( Ornith,) £n langue illyrienne on nomme ainsi le butor. Voyez Héron. (S. G.)

BAKKAMUNA ( Ornith,) ^ Strix hàkkamuna^ La th., figuré, pi. 3 , dans la Zoologie Indienne de Rheinhold Forster. Cet oiseau se trouve , quoique assez rarement , à Ceilan , où les insulaires, que Ton nomme Chingulais, l'appellent hahka^ ' muna : il est du genre des Chats -huants, et conséquemment de la famille des Oiseaux de proie nocturnes. Voyez ces mots. ( S. G. )

BAICH.ANG (Bot.)^ liane de Mad^ascar, mentionnée par Kochon sans autre indication. (J.)

BALA ( Bot, ) , nom malabare du bananier. ( J*. )

BALADOR {Bot.) y nom arabe de l'anacarde des bouti» ques. { J. )

BALAI. {Bot.) Voyez Herbe a balais.

BALAI ( Ornith. ) , terme de fauconnerie sous lequel on désigne la queue d'un oiseau de proie ; ainsi on dit d'un faucon qu'il a un beau balai , lorsque l'on veut exprimer qu'il a une belle queue. (S. G.)

BALAI DOUX, Herbe a balai {Bot.)^ noms que Von

donne , dans les Antilles et dans la partie Françoise de S. Domingue, à la scopaire, scoparia dulcis, L. , parce que. les noirs, lorsqu'ils ont besoin de balai^ emploient une poignée de cette herbe, tré^-comihune dans le pays, et qu'ils vont cueillir au moment même de s'en servir. Dans la partie de S. Domingue où la scopaire est plus rare , elle est remplacée pour cet usagé par Vurena lohata , L. , appelé cousser par les colons , ou du sida americana , que , dans quelques quartiers , on afppelle fleur de douze heures , parce que ses pétales ne commencent à s'épanouir que vers midi et se referment deux ou trois heures après. (P.B. )

BALAKZEL. ( Ornith. ) C'est le nom sous lequel le héron est connu en Turquie. Voyez HiaoN. (S. G.)

BALAM PULLI {Bot. }, nom malabare du tamarin, figuré dans le Hort. Malab. 1, t. 2 3. ( J.)

BALANA-BONE (5o^) , nom caraïbe de la sensitive épineuse, suivant Nicholson. (J.)

BALANCE - FISH. ( Ichtyol. ) Les Anglois donnent ce nom au squale marteau. Voyei Squale. (F.M.D.)

BALANCES. (CTiim. ) Les balances sont des ;nstruraens dont on ne peut se passer danis les opérations de chimie. Comme unp grande partie des travaux chimiques concerne les proportions des principes constituans, on est obligé de travailler sur des quantités bien exactes ; aussi a-t-on besoin dans les laboratoires^e balances très-exactes et très-* délicates. Lavoisier est le premier chimiste qui , par le choix de balances infiniment supérieures à celles qu'on emplpyoit avant lui, a porté une très-grande précision dans les résultats de cette scienee : c'est un des bienfaits qu'elle lui doit ; mais c'est en même temps une des plus fortes difficultés qu'il ait fait naître pour l'art des expériences.

BALANCIERS ( Entom, ) , Haltères , Lihramenta , parties du corps des insectes à deux ailes, qui ont été regardées^ ainsi que le nom l'indique, comme propres à maintenir l'équilibre dans le vol. Ce sont de petits appendices, grêles, très -mobiles {stjlus)^ terminés par une' petite tête ou bouton ( capitulas ) , placés à la base de l'aile et dans l'angle de la réunion de l'abdomen avec le corselet jquelquQ^

'4o8 ^ BAL

fois entièrement à découvert ^ mais le plus souvent csLchéê sous le cuilleron.

Fabricius a regardé les balanciers comme les rudimens des ailes inférieures. On ignore 'absolument leur usage : celui qu'on leur a attribué est évidemment ridicule 9 quand on réfléchit à Taction de l'aile dans le vol (voyez Vol des insectes); tout au plus cet organe pourroit-il servir de contrepoids à l'aile , lorsque , après avoir agi sur l'air , elle tsi ramenée à sa situation naturelle et horizontale. Encore moins pourroit-on croire que le balancier seroit destiné , en frappant sur le cuilleron ou sur l'écaillé concave qui le protège 9 à produire ce bourdonnement que font entendre les diptères lorsqu'ils volent. Il est vrai que ce balancier vibre toutes les fois que ce bourdonnement se fait entendre ; mais il ne se produit pas moins un son q[uand le balancier n'existe pas , et même lorsqu'on Ta coupé.

On n'a point tiré de caractères de la forme 9 ni de l'absence ou de la présence des balanciers. Cependant ils sont très^^ longs et non cachés par des cuillerons dans la famiUe des hydromies , comme chez les tipules : ils sont en général plus courts dans celles des sarcostomes ou proboscidés <; beaucoup plus allongés dans les sclérostomes 9 comme chez les asiles 9 les taons ; enfin ils sont excessivement courts dans les œstres et les hippobosques. (CD.)

BALANES {Moll.)j que l'on a aussi nommés Glands àt mer :Vpe sont des mollusques qui ont la plus grande ans-» logie avec les Anatifes (voyez ce mot); aussi Linnaeus les avoit-il réunis sous le même nom générique 9 malgré les grandes différences qui existent dans leur enveloppe. Oa remarque dans. les balanes, comme dans les anatifes, douze paires de tentacules articulés, un tube transparent entre les bases des deux paires les plus élevées; une bouche ayant la même position dans les uns et les autres, entourée d'ailleurs d'organes analogues : une organisation intérieure absolument semblable pour ressentie!. Les œufs , comme dans les anatifes, viennent se placer, à certaines époques, dans les replis du manteau. Celui-ci est formé d'une membrane . extrêmement mince , qui tapisse l'intérieur de la coquille , et dans laquelle serpentent des vaisseaux; iiinombrables»

Deux appendices de cette membrane , placés de chaque côté de ranimai, dans lesquels on remarque un large canal, rem-* pli d'une humeur lactée, qui se ramifie dans un corps frangé de couleur pourpre , forment, suiyanfPoli, les bran-* chics des balanes : nous avons peine à croire qu'elles diffèrent autant de celles des anatifes, que nous, ayons décrites d'après Cuvier. Quatre dents , rangées par paires au-dessus l'une de l'autre , et surmontées d'un nombre égal de palpes crustacés , hérissés de soies , arment la bouche à l'extérieur. Le canal intestinal fait le tour du corps, remonte en ar«. rière vers la base de la trompe^ et se termine, dans cet endroit, par une ouverture ovale, au fond de laquelle on voit battre le cœur. Cest aussi vers la trompe que remonte le petit bout des testicules, qui sont deux sacs en forme de massue , placés de chaque côté du corps. Ils se continuent avec un canal qui serpente dans la trompe, que Poli a> vu se remplir d'une liqueur blanchâtre et opaque , semblable à celle que renferment les testicules, et d'où découloit cette même liqueur lorsqu'il comprimoit ces derniers. Le même auteur pense que la fécondation des œufs a lieu hors du corps, au moyen de cette trompe qui s'incline pour les arroser de la liqueur spermatique.

La coquille des balanes a, dans la plupart des espèces, une forme ovale ou arrondie, qui lui donne quelque ressemblance avec un gland ; de là la dénomination générique sous laquelle nous les décrivons. Six valves, qui se touchent par leur base et s'écartent vers leur sommet, Composent essentiellement cette coquille : on n'enconnoît qu'une seule espèce où il n'y en ait que trois. L'intervalle qu'elles laissent entre elles sur leur sommet est rempli de lames testacées, dont les sillons, les cannelures Ouïes stries sont ordinairement dans un sens opposé à ceux des premières. Elles tiennent ensemble par les dents de leur bord, qui s'engrènent les unes dans les autres , ou par une suture écailleuse. Leur structure est quelquefois tubulée et très-remarquable. Elles reposent, dans le plus grand nombre des espèces, sur une base de même nature, plus ou moins épaisse, aplatie ou creusée en godet, qui tient fertement aux corps sur lesquel:^ V^nimal a l'habitude de se fixer.

4io BAL

Cette ba&e est de nature coriace dans un petit nombre, tels qiue les balanes diadème et des tortues ; ou semble manquer tout-â-fait et n'être que la continuation du manteau , ce qui est certain, suivant Poli, pour le balane déprimer enfin, un opercule ordinairement pyramidal et formé de deux ou de quatre valves, ferme Touv^rture supérieure; il est relevé ou abaissé par cinq muscles diflférena, et tient aux valves par une membrane tendineuse, assez ample pour permettre le jeu des premiers. La forme des ralves, celle de l'opercule , et même de la base , rarient dans les différentes espèces. La plupart se réunissent comme les anatifes, en groupes plus ou moins nombreux , où l'on rencontre des individus de toutes grandeurs. Souvent cette agglomération ne permet pas à tous de se développer également, et empêche la coquille de prendre sa figure naturelle. Il n'y a que le balane da tortues et celui des baleines qui vivent isolés. On en trouve des espèces dans toutes les mers connues, et plusieurs sont répandues dans des mers fort éloignées. Leur fécondité est presque au-* dessus de ce que peut concevoir l'imagination. Ils pondent leurs œufs en été, et les petits qui en sortent sont remplis , au bout de quatre mois , suivant l'observation de Poli, de semblables œufs prêts à édore. Leurs manœuvres . pour attirer à eux leur nourriture , sont les mêmes que celles des anatifes. Ils élèvent à chaque instant leur opercule, sortent leurs bras, les meuvent avec une grande vitesse , et les rentrent de même, ce qui a lieu dès qu'ils sont avertis du moindre danger. Les anciens pensoient qu'ils se cramponnoient plus fortement aux rochers lorsqu'ils sentent . qu'on veut les en arracher ; et la difficulté que l'on éprouve alors a servi de comparaison à Aristophane , pour exprimer celle que l'on a à détacher une vieille femme d'un jeune homme dont elle est éprise. Les balanes servent d'a- Jiment à plusieurs peuples.

Parmi les espèces de ce genre, nous indiquerons particulièrement :

1.° Le Gland de mer ûlbvé , Lepas halanus ^ Linn.; Poli, t. 4, f. 5 — 22 ; Fabr. Faun. Suec, n.**423 : coquille conique à six ysLÏyeSf sillonnées longitudinalement et marquéei

BAL 4u

transversalement de stries fines. Uopercule est ierminé en pointe recourbée ; il est de couleur jaune , les valves d'un jrose'pàle et les sillons blanchâtres : celles-là sont réunies ; par dta dents qui s'engrènent les unes dans les autres ; ' une semblable articulation les unit k la base, qui est très* épaisse et percée de plusieurs rangs de cellules quadrangulaires, qui communiquent entre elles. Des canaux creusés longitudinalement sur la face interne des valves viennent s'aboucher avec les plus superficielles des cellules qui entourent la base. Cette structure remarquable , qui est loin d'être la même dans toutes les espèces, a été décrite avec beaucoup de détails par Poli. L'animal n'offre aucune particularité ; il vit par groupes nombreux {ïx.és aux rochers , aux coquillages et autres corps marins, dans la Méditerranée et l'Océan , sur les côtes de l'Angleterre , de la Hol« lande et du Groenland.

2,** Le Gland de mer HAvé , Lepas halanoides^ Linn. ; Poli, t. 5, f . 2 , 3, 4 9 7; Fabr. Faun. Suec. n.** 424: coquille tronquée , à six valves lisses , couleur de rose » marquées, dans leur longueur , de lignes pourpres; l'ouverture presque carrée, l'opercule légèrement obtus, la base très-mince. Cette espèce est plus rare dans la Méditerranée, suivant Poli, que la précédente ; Fabricius l'a trouvée par contre beaucoup plus fréquemment sur les côtes du Groenland : elle se rencontre aussi sur les côtes de la Hollande et de l'Angleterre, réunie par groupes entremêlés avec ceux du gland de mer élevé.

3.*^ LcBalanë tu LIFE, Lepas tintinnabulum ^.hinn. jVolij t. 5 , f . 1 , coquille à six valves , presque tétragone , rose et tachetée de blanc; ouverture ample, quadrangulaire , égalant la base ; opercule prismatique , légèrement obtus. Les plus grands individus ont ordinairement un pouce et un quart de hauteur : on les trouve agglomérés en grand nombre sur les rochers, les coquillages, les zoophyCtjS et , autres corps marins, dans la Méditerranée, l'Océan d'Europe, les côtes de l'île d'Amboine, et la Jamaïque. Rumphius rapporte que les Chinois font de ces animaux un mets délicat, apprêté avec du sel et du vinaigre : ils sont rouges et blanchissent par la coction ; leur goût est semblable h

celui de nos écrevîsses. Cette espèce s'attache dfe préférence aux navires, dont elle ralentît quelquefois la znafcliey en S'y accumulant en quantités innombrables.

4. LcBalane fistoleux, Lcpas Jistulosa y Poli, t. Syî.if 2. Les valves, de couleur pourpre, ainsi que l'opercule, qui se termine en pointe recourbée , ressemblent beaucoup aux mêmes parties dans le balane éleyé : mais la base de cette espèce s^élcve en forme dé tuyau presque cylindrique , blanchâtre et marqué de stries transversales. Cette espèce se rencontre par groupes, mais assez rarement parmi ceux de la première.

5. Le Balane éponge, Lepas spongites ^ Toli f t, 5, fJ3,4r 5 , 6. Cette espèce , beaucoup plus petite que la précédente, a, comme elle, une base creusée en formé de calice , dont la structure est spongieuse : elle est percée de plusieurs séries longitudinïiles de pores, et embrassée par six valves triangulaires , de couleur pourpre , ridées transversalement ; le moindre effort les disjoint. Le balane éponge se tient fixé par sa base dans les cellules des éponges les plus molles ; on le trouve dans l'éponge officinale de la Méditerranée.

6. Le Balane diadème , Lepas dkidtma, Linn. , Lepas halœnaris^ Fabr. Faun. Suec. 426, vulgairement le Pon de baleine, le Diadème : coquille presque conique, à six valves marquées extérieurement de trois ou quatre côtes élevées, formant une sorte de cône en relief sur chaque valve. L'opercule membraneux s'ouvre antérieurement et est muni a sa partie postérieure de deux petites dents testacées. Une cloison horizontale , percée au centre , partage la coquille en deux cavités, une supérieure qui renferme l'animal, l'autre inférieure, divisée en dix-huit cellules principales par des lamelles testacées, qui se fixent^ ainsi ^ue la circonférence des valves, sur la peau de la baleine. Fabriciuè a vu , dans les plus gros individus de cette espèce , de petits sacs membraneux sortir par l'orifice des cellules j chacun de ces petits sacs renfermoit un embryon .qui rcssembloit parfaitement à l'animal adulte. Celui-ci ne paro it pas différer des autres espèces de balanes. 11 se fixe de préférence dans les sillons de la poitrine et près des nageoûpes

BAL 4iS

)»ectorales de la jubarte, halasna-hoopSj L. Sa blancheur^ -seikiblable à l'ivoire, le fait reconnoître facilement des pécheurs. 11 se retire promptement dans sa coquille loi^squ4l aperçoit le harpon , et produit , sur la peau de la baleine 9 une sensation qui peut, suivant Fabricius, l'avertir à temps du danger qui la menace. Si cette observation, racontée par un témoin oculaire, est exacte, on ne pourra s'empêcher de trouver fcflrt singulier qu'un animal pourvu de bous yeux soit averti plus tard de l'approche d'un corps, que celui qui n'a que le toucher pour l'en instruire.

7. Le Balane des toaIues, *Lepas lestudinaria^ Linn. ç Poli , t. 6, f. 8 , 9 , f o, 1 1 ; EUis , Phil. trans. a. 17S8 , s. 34 , f. 1 2 : coquille à six valves , suborbiculaire , blanche , avec un opercule de même couleur , ovale , en forme de carène. La base est plane et membraneuse ; l'intérieur est garni de lames verticales , hérissées de pointes. On rencontre fréquemn[ient cette espèce attachée à la carapace de diiré<! rentes espèces de tortues, dans la Méditerranée, la mer des grandes Indes ^ etc. £lle vit isolée et ne se réunit pas en groupes. Elle s'attache aussi aux baleines , aux écrevisses de mer et à d'autres corps marins.

8. Le Balane déprimé, Lepas depressa ^Voll^ t. 5, f. 12 , i3, ^4,,i5, coquille à six valves, de couleur blanchâtre à l'extérieur, quelquefois cendrée ou verdàtre, violette à l'intérieur , de forme piano - convexe , suborbiculaire , lisse ; l'ouverture carrée , l'opercule obtus ; point de base , ou plutôt celle-ci n'est que la continuation de la membrane mince et délicate qui revêt l'intérieur des valves. Une parlie des œufs parviennent jusques à cette membrane; et lorsqu^on arrache les coquilles de dessus les corps sur lesquels elles sont agglutinées, ce qui est difficile sans disjoindre les valves, ces mêmes œufs restent avec la base à l'endroit où celle-ci -étoit collée. L'animal de cette espèjce est blanchâtre , tandis qu'il est rouge dans toutes les précédentes. Poli, qui l'a observé dans les mers du royaume de Naples , n'a compté que quinze articulations aux premières paires de bras, et il n'a pas trouvé, à la l)ase de la trompe , ces éminences pyxamidales qu'il avoit observées dans les autres espèces. , ^ '

4i4 BAL

9. Le Balane en étoile, Lepas sUllataj Poli, t 5, f. 18, 20. Tl n'y a pas de base testacée dans cette espèce, ninsi que dans les trois précédentes. Les valves sont an nombre de six, marquées de côtes longitudinales, élerées. La coquille a une forme conique. L'animal a dix-sept articulations aux tentacules, dont chacune est marqaée d'une tache fauve à sa partie supérîeu^fe. Pour le reste, il ne

•diffère en rien du balane déprimé, et il habite les-mémes lieux.

10. Le Balane verrue, Brug. EncyL i3 ; Ltpas iferùea, Spengl. Schrift. der Bérlinisch. Gesellsch. tom. I, p. 101, tab. S,f. I9 2, 3, 5. Cette espèce est très -petite, déprimée , à trois valves ; l'opercule en a deux. , qui sont jointes par un pli oblique, x'ÇÇu dans une cavité semblable de l'autre pièce. Elle a été trouvée dans les mers da Nord et dans les environs du cap Horn. ( Duv. )

BALANG-HAS {Bot.), espèce de sterculîe de GeilsB, sUrculia halanghas, L., figurée dans le Horf. Malab. 1 , t. i^,et dans la Monadelphie de Cavanilles, f. ^4?. (J.)

BALANITE. ( MolL) Ce nom, qui désignoit ci-devant les balanes , est réservé à présent aux balanes fossiles. Voyez Balane. (Duv.)

BALANOPHORE (Bol.), Balanophora, Forst., plante des îles de la mer du Sud ou grand ' Océan , qui croit dans les forêts, sur les bois pourris ou sur le terreau, ou snr les racines des autres plantes, comme l'orobanche, dont eUe s un peu le port. Elle est fongueuse, charnue, garnie de tubercules à sa base , divisée au -dessus en plusieurs rameaux écailleux, disposés en main ouverte. Ces rameaux sont terminés par une tête de fleurs femelles , petites, trèsserrées, portées sur un spadice ou axe central, entourée à sa base par deux ou trois rangs de fleurs mâles, pins grandes et moins rapprochées. Cette tête présente la forme d'un gland sortant de sa capsule, d'où vient le nom du genre. Ses fleurs mâles ont un calice à quatre divisions , profondes, renfermant une seule étamine, dont l'anthère est allongée et sillonnée d*un côté. Dans les femelles on n'a« perçoit que des petits réceptacles couverts de germes encore plus petits , et formant , par leur réumoii > la tête tenu-

BAL 4i5

nale. Chaque germe ou ovaire , dénué de calice apparent ef surmonté d'un seul style, devient un fruit, que l'on croit devoir être rempli d'une seule graine. Forster, qui décrit ce genre , est le seul qui l'ait observé ; il l'a nommé bala- TËûphora fungosa, et donne la figure des fleurs dans son Oenera, t 5o. On a ajouté ici à sa description imprimée quelques détails tirés d'un de ses manuscrits. Cette plante paroit avoir beaucoup d'affinité avec lé cynomorium , dont il deviemtra peut-être une espèce lorsque tous deux seront mieux connus. On ne peut rapporter ni l'un ni l'autre à aucune famille connue. ( J. )

BALANOPTERIS. ( Bot. ) Gœrtner a ainsi nommé ( vol. 2 , p. 94 , t. 99 ) le molavi des Philippines , qui est Yhêritiera Uttoralis d'Alton et de Lamarck. Voycfz Mollavi. ( J. )

BALANn (Bot.), petit arbre des îles Philippines , remarquable par ses feuilles ombiliquées , assez semblables à celles du bînonga des mêmes îles , qui est le ricinus mofpa , X. Caibelli dit que ses semences ressemblent aussi à celles du ricin ; il ajoute que ses racines sont employées dans la dyssenterie. (J. )

BALANUS {Bot,)^ nom donné par quelques anciens auteurs au ben , moringa oUifera. Voyez Ben. (J. )

BALAOBOUCOUVOU ( Bot.), nom caraïbe du mancenillier. (J.)

BALAON. {IchtyoL) C'est ainsi qu'on appelle aux Antilles l'ésoce espadon , qui fait partie de mon genre Orphie. Voyez Orphie. (F.M.D.)

BÀLARÏNA ( Omith,) , nom italien de la lavandière. (F.C)

BM^SBAS. (Bot.) Voyez Antoianc.

BALASSEN, Balessan {Bot.), noms égyptiens du baume de Judée , suivant Prosper Alpin. ( J. )

BALATANA {Bot.), nom caraïbe des grosses bananes.

BALATAS. {Bot.) Plusieurs arbres étrangers portent ce nom. Préfontaine, dans sa Maison rustique de Caïenne, parle du balatas blanc, du balatas rouge et de celui à grosse écorce. Il détaille leurs usages pour les constructions , mais H ne donne pa& aux botanistes hè moyens de les recon-»

4i« BAL

aïoître. Son balaias blanc est probablement le conratarîdei ■Galibîs , qu^Aublèt nomme de même dans ses Plantes de la Ijuiane, p. 724, t 290, en ajoutant qu'on fait des cordes avec son écorce. Le balatas rouge est, selon Nicholson, connu à S. Domingue sons le nom de sapotillier marron. Aublet cite encore une espèce de sapotillier qu^il nomme achras halata, ou bois de natte. On possède dans les collections de fruits , sous le nom de balatas , une graine asses grosse 9 lisse comme les sapotilles , et conformé* de même que Clusius l'a figurée dans ses Exoticorum , p. S6, L'arbre qui la produit n'est pas connu ; mais son genre , ou an moins «a famille, est facile à déterminer. Voyez Sapotillier,

COURATAM*» ( J. )

Poupée Desportes parie sous ce nom d'un arbre de S. Domingue, mais la description qu'il en donne -est, comme celle de Nicholson , trop incomplète pour pouvoir le rapprocher des noms de Linnœus ou d'autres botanistes. 11 est à remarquer que de tous les naturalistes qui ont parcouru le pays pour en connoître les productions , Poupée et Nicholson sont les seuls qui aient parlé de celle-ci. Le surnom de sapotillier marron , joint à son caractère d'avoir uiie giande fleur pourpre et une écorce mucilagineuse et filamenteuse comme les malvacées, tout semble nous indiquer que cet arbre a été mal observé ; ce qui est d'autant plus à regretter que Poupée Desportes Tindique comme fournissant un bois compact , bon à bâtir et à faire toutes sortes d'ouvrages. ( P. B. )

BALATONASSO<Bo^), arbrisseau mentionné dans l'Histoire des plantes des lies Philippines, par Rai, pag. 70, et dont Camelli a donné la figure , pi. 36. Si l'on e^^ juge d'après la figure, cette plante paroit voisine du ricinus mappa, Linn., figuré dansRumphius, Amboin. vol. 3, pLio8; mais ses feuilles, quoique peltées, sont en cœur, arrondies et entières à la base, et terminées en pointe au sommet, avec des dentelures sur les bords : ces feuilles sont alternes ; les deux supérieures sont opposées. Les fleurs mâles ou femelles naissent dans l'aisselle des feuilles supérieures et en grappe ; les mâles offrent une masse globuleuse d'étamines, et les femelles , dont on ne voit que lé îrmtf

«Ont à la partie inférieure de la grappe. l.e fruit est arl'ondi et, selon Rai, à quatre loges^ ce qui éloigneroiit cette plante du g^nre Ricin : mais par Tensemble de ses caractères , il n'y a nul doute qu'elle ne soit une plante de la famille des euphorbiacées. (Lem. )

BALAUSTëS. ( BoL ) Dans la matière médicale on donne leé ttôin au^ fleurs desséchées du grenadier^ qui est aussi nommé balaustier dans quelques lieux, et particulière* ment en Provence. Voyez Grenadier. (J. )

BALBOUL. ( Ornith. ) Forskal a décrit sous le nom arabe ée balboul une variété de la safcelle d'été, que Grnelih regarde comme une espèce distincte. Cet oiseau est Vanas haU ^u^ de Linnaeus. Voyez C^nard^ (S. G.)

BALBUZARP) Aigle pêcheur {Ôrnith.)^ Fdtca hùlioê" toSj L. Voyez sa description soUs le mot Aigle. (Ch. D.)

BALDOGËË. {Miner,) Saussure a donùé ce nom à une matière terreuse, verdâtre, qu'il a remarquée dans- des gi^èîi rougeàtreS} porphyri tiques, du mont Baldo^ sur le chemiii de Nice à Fréjus : c^est la substance noiitimée GriineMe pal^ Wcrner. Elle doit se rapporter à l'espèce de lu chlorite^ liaractérisée 9 comme on' le dira^ par le fer quVllé contieni et qui lui donne toutes ses propriétés distinctives. Voye«

ChLORITE ZOGRAPRiQtJE. (B. )

BALE. {Bot.) Voyez Bois'-bale^

BALEINE {Mamm*)^ Balcènà^ I^nii.^ geure de mammi^ fères de Tordre des cétacés^ qui vit au sein des mets^ et dont les dimensions immenses sont telles que^ parmi le« animaux terrestres, comme l'hippopotame^ le rhinocéros ^ et l'éléphant même 5 qui préeente à nos yeux uUe taille démesurée ) aucun ne peut servir de terme de comparaison^ et que, pour saisir le rapport de sa longueur^ il faut né* cessairement avoir recours aux jplus grandes des mesures terres très w

Le genre des baleines se partage éii deux graûdes sec**' iions : dans la première on a placé les baleines propre* ment dites ^ qui oût leS mâchoii'es absolument dégarnleà de dents ; et dans la seconde on a rangé ceu^ de ces animaux dont les mâchoires sont armées de dents i ces deN jiières conservent le nom de Cachalot. Voyez ce mot

4i8 BAL

La baleine offre donc , pour caraetéres distinctifs , des fanons en place de dents , une peau nue et de direnes couleurs, des mamelles, des évents,des nageoires au lieu de bras, point d'extrémités postérieures, le sang rouge et chaud, deux ventricules et deux oreillettes au cœur, des vertèbres et des poumons.

Il n'existe sans doute 9ur la surface du globe aucun objet plus digne de fixer l'attention de l'homme et du naturaliste surtout, que la connoissance de cet être qui, par sa stature colossale, étonne et saisit d'admiration.

Nous nous garderons bien de parler ici de ces monatres hyperboréens , dont l'existence fabuleuse , enfant de la ter. Tcur et d'une imagination exaltée par l'effroi, fascina jadis Ifis yeux de certains pécheurs, au point qu'ils crurent Toir sur rpcéan un mQnstre, qu'ils ont nommé kraken, qui avoit, selon eux, {Plusieurs milliers de mètres de longueur; qui, lorsqu'il s'étendoit coiftme un long banc de sable, présentoit l'image d'un amas de rochers; qui, en s'agitant, ainsi qu'un polype gigantesque , relevoit ses bras comme autant de mats démesurés ; dont les pores répandoient un liquide abondant qui attiroit sa proie; qui, enfin, en agissant comme un volcan sous -marin, entr'ouvroit son large dos pour y engloutir, ainsi que dans un gouffre profond, des légions de poissons et de mollusques.

Sans avoir recours à un merveilleux chimérique qui n'exista jamais, la baleine est plus que suffisante ?|;{ar*eUe« même pour nous étonner et nous surprendre. .

En effet, lorsque le temps n'a pas manqué à son entier développement, cette reine dominatrice des ondes présente des dimensions effrayantes ; car il n'est nullement douteux qu'on n'ait vu de ces animaux, à de certaines époques et dans de certaines mers, de la longueur de près de cent mètres (trois cents pieds), et dont le poids excédoit plus de cent cinquante mille kilogrammes (trois cent noille livres ),

Parmi les individus de ce genre que l'on rencontre k une grande distance du pôle arctique, il s'en trouve encore aujourd'hui qui ont depuis vingt jusqu'à quarante mètres (de soixante à cent vingt pieds) de longueur, et dont la

ciriîonférencc , dans Tendroit le plus gros de leur corps > surpasse la moitié de leur longueur totale^

On se tromperèit néanmoins li Ton s'imagînoit que toutes les espèces du genre des baleines ont reçu de la na<» ture des dimensions aussi considérables ; il s'en trouve parmi elles qui n'ont que huit à neuf mètres (de tingt^ quatre à vingt-huit pieds) de longueur : leur forme d'aiU leurs est dillérente, suivant les différentes espèces.

Les unes présentent l'image d'une sorte de cylindre immense et irrégulier ^ dont le diamètre est à peu prè» égal au tiers de la longueur totale ; les autres offrent un^ forme plus épaisse à Fendroit seulement de l'insertion de la tête avec la queue ; enfin , il y en a d'autres dont le corps ne pàroit être autre chose que deux cônes accolén l'un à l'autre "par leurs bases { et on peut dire que, géné*« ralçment parlant, l'ensemble de la baleine est une ellipse ^lus'ou moins parfaite.

Les deux mâchoires des différentes espèces de baleines ne dont pas conformées de même dans toutes. Dans les unes , elles sont à peu près de même longueur ; dans les autres , tantôt c'est la mâchoire supérieure qui dépasse l'inférieure, et d'autres fois c'est l'inférieure qui est la plus longue : il y en a qui $e terminent en pointe, tan-* dis que les autres ont leurs bords arrondis et comme festonnés. L'ouverture de la bouche de certaines espèces ^ telles que la baleine franche, est si vaste que, suivant Duhamel -Dumonceau, un de ces individus, pris dans la baie de la Somme, en 1726, et qui n'avoit encore que vingt -quatre mètres (soixante - dix pieds) de longueur, avoit la bouche si grande q}ie deux hommes pouvoient y entrer sans se baisser. La capacité de la bouche de plu-* «ieurs espèces du rorqual est immense j elle s'ouvre à un , tel degré que quatorze houimes peuvent se tenir debout dans son intérieur, et que , au rapport de Sibbald, on a vu une chaloupe et son équipage entrer dans la gueule ouverte d^un de ces animaux échoué sur le rivage de l'Océan. L'une et l'autre des deux mâchoires des baleines sont absolument dégarnies de dents, et, à leur place, la supérieure est occu-' pée par des lames que l'on a désignées sous le nom de fanons.

. Chacun de ces fanons est - composé de poils , ou,'pouf mieux dire, de crins, placés les uns à c6té des autres, dans le seûs de leur longueur; ib sont très-rapprochés, réunis et comme collés ensemble par une substance butineuse, qui, en se séchant, donne à la surface de chaque fanon une couche unie, luisante et à peu près.semblabk à celle de l'écaillé ou de la corne : ils ont presque toutes les propriétés de cette dernière substance.

Tous ces fanons, pris en particulier, sont allongés et ontlt forme d'une lame.de faux : ils se courbent un peu dans leaf longueur comme cet instrument ; ils diminuent insensiblrment en hauteur et en épaisseur, de la base à la pointe. Leur bord, inférieurement tranchant, est un peu concaTtf; ce même bord est garni, de bas en haut, d'espèces de crias désunis , qui offrent à la vue une sorte de frange , d'autadt plus touffue et plus longue qu'elle approche davantap de l'extrémité du fanon. '*

La couleur ordinaire de ces lames cornées est d'un noir marbré par des nuances moins foncées : néanmoins il ai^ rive assez fréquemment que ces fanons étant cachés soils un épiderme grisâtre , ils en présentent extérieurement h couleur.

Dans l'intérieur de la bouche de la baleine s^tend, depuis le bout du museau jusqu'à Kentrée du gosier, un-os qui est recouvert d'une substance blanche et ferme, à laquelle on a donné le nom de gencive : c'est le long et de chaque côté de cet os que les fanons sont situés, daai une foible inclinaison d'avant en arriére.< La base de ckscun d'eux entre dans cette gencive, la traverse et va pénétrer jusque dans l'os de la mâchoire , tandis que la partie convexe de chaque lame s'applique contre la voûte da palais , qui semble alors comme hérissée de poils trisdurs, et dont la longueur, en dépassant les lèvres, y forme une espèce de barbe ; ce qui fait qu'on donne souvent cette dénomination aux fanons. %

Le palais des baleines étant ovale , on conçoit faéîlement que les fanons , qui sont situés dans le milieu de la longueur de cette partie de la bouche, doivent être d'aotant plus longs qu'ils sont plus voisins de son plus grai^

diamètre 9 ,et que les plus courts doivent nécessairement être situés à l'entrée du, gosier et vers le bout du mu-: seau.

Il y a de ces lames qui ont jusqu^à cinq mètres (vingt* cinq pieds) de longueur; leur base, qui pénètre dans la gencive jusqu'à - quatre ou cinq décimètres (de deux à quatre pieds) de -profondeur , a deux ou trois centimètres (un pied ou un pied et demi) d'épaisseur, et l'on compte, de chaque côté de ch^acun des os de la mâchoire, trois ou quatre cents de ces lames.

. Outre celles dont il est ici question, on remarque encore, au-dessous de l'extrémité de l'os du palais , d'autres lames de .même nature, qui sont très -petites, et qui sont couchées en recouvrement les unes sur les autres;, dé la même manière à peu. près que le sont les écailles qui revêtent le corps de la plupart des poissons : il parolt que l'usage auquel la nature a destiné ces demi^ères lames , a été de s'opposer à ce que l'extrémité de iVniâchoire, quelque, mince et quelque tranchante qu'on puisse la^upposer, blessât la lèvre inférieure.

Chacune de ces lames élastiques est accompagnée dans son développement par d'autres lames, qu'on a nommée» intermédiaires , parce qu'en effet elles sont placées entre les. fanons, qu'elles séparent Tun de l'autre. On juge sans peine que ces lames étant, formées dans le même temps , et ne faisant qu'un seul et même corps avec les fanons , elles doivent nécessairement les renforcer et lesi maintenir à leur place.

Toutes les espèces de baleines cependant n'ont pas leurs fanons aussi longs que ceu^ de la baleine franche , dont nous venons de parler; quelques-unes les ont si courts qu« souvent ils n'ont pas un tiers de mètre (un pied) de hauteur : mais dans toutes , ces lames sont également bor-^ dées de crins touffus , de diverses couleurs , inégaux éi souvent très -longs.

. La langue des baleines est ordinairement épaisse , charnue, grasse, molle et spongieuse. Sa longueur surpasse quelquefois neuf mètres (vingt-sept j^ieds), et sa largeur. est de trois ou quatre (de neuf à douze pieds ) ; elle peut'

donner plus de six tonneauic d^huile. Dans ({uelques espèces elle ii*est recouverte que d^uue peau mhice et lisse, tandis que dans d'autres elle est entièrement hérissée d'as* pérîtes; sa couleur est presque toujours blanche 9 tachetée de noir sur les côtés.

Quoique adhérente à la mâchoire inférieure, cette langue est néanmoins susceptible de quelques mouvemens ; cer« taines espèces peuvent même, dans plusieurs circonstances) la soulever, la gonfler, pour ainsi dire, et retendre jusqu'au bout de leur museau.

La base de cet organe est, dans quelques individus^ recouverte d'une pea^ lâche qui se porte, vers la racine, sur Torifice du gosier, et en rétrécit l'entrée an |>oint que des poissons un peu gros ne.pourroient pas y passer.

Le gosier de la baleine franche est beaucoup plus étroit qu'on ne seroit tenté de l'imaginer en voyant Tétenduë immense de la gueule de ce monstrueux animal. Son eoiophage, qui est intérieurement revêtu d*une membrane glan<« duleuse et plissée« a cependant plus de trois mètres (neuf pieds) de longueur.

Le gosier de labaleinoptère àmuseau pointu a aussi très-pea de laideur; on#y remarque cependant un organe partira* lier, qui est une espèce de grande poche ou vessie aérienne, placée dans l'intérieur des deux branches de la mâchoire d'en bas, et qui s'étend le long du dessous du corps. Cette poche, que Ton peut considérer comme une sorte de vessie natatoire, que ce cétacé a la faculté de gonfler quand il le veut, en la remplissant de l'air atmosphérique qu'il* reçoit par ses évents, est susceptible de donner à cet animal un diamètre de près de trois mitres et demi (onse pieds); ce qui lui imprime nécessairement une légèreté extrême.

Un des organes des baleines, qui mérite le plus de fixff l'attention, est, sans contredit , l'œil de ces animaux: nom examinerons les rapports de sa structure avec la nature de Télément liquide qu'ils habitent, en traitant ^ ci-aprèst de leurs dififérens sens, et de ceux de la baleine fraocke en particulier; qu'il nous suffise de jeter ici un coup d'd rapide sur U lieu seulement que cet organe occ«pe«tf

Dans presque toutes les espèces de baleines Fœil est éga-^ lement éloigné des évents et de l'extrémité du museau ; il est placé sur une sorte de petite convexité qui s'élève au-dessus de la surface des lèvres, et qui permet à l'animal de diriger cet œil de manière à pouvoir considérer un objetun peu éloigné et de le voir de ses deux yeux à la fois. Cet œil, très-écarté de celui qui lui est opposé, est situé immédiatement au -^dessus de la commissure des lèvres,' conséqiiemment très-près de l'épaule. Son cristallin, sphérique, est absolument conformé comme celui des poissons: il est garni de paupières semblables à celles des autres mammifères, dont elle's diffèrent cependant en ce qu'elles sont presque immobiles, à raison de la quantité de graisse hui-^ leuse qui en gonfle l'intérieur ; ces paupières sont d'ailleurs dénuées de cils.

Les yeux des baleines sont généralement très - petits , eu égard à l'énorme volume du corps et même de la tête de ces animaux; car, dans la baleine franche, qui est la plus grosse espèce de ce genre, le diamètre de cet organe n'est guère que la cent quatre-vingt-douzième partie de la longueur totale de son corps.

Le défaut d'oreilles extérieures, qui lie les baleines et tous les cétacés en général avec les phoques, les éloigne parla de tous les autres mammifères : ce caractère pourroit même être placé avantageusement pamii ceux qui distinguent d'une manière particulière les animaux qui passent la plus grande partie de leur vie dans le sein des eaux douces ou. salées.

La disposition intérieure de cet organe présente des particularités intéressantes , que nous développerons en traitant de chacun des différens sens de ces animaux; ici nous nous bornerons seulement à l'examen de la position de son orifice extérieur, qui, dans la baleine franche comme dans toutes les autres espèces de ce genre, n'est antre chose qu'un canal cartilagineux très-mince, qui part du tympan, serpente dans la couche de la graisse, jusqu'à la surface de la peau, et s'y ouvre à l'extérieur un petit trou presque imperceptible, qui n'est terminé par aucun vestige de. conque ou d'oreille externe.: ce canal perce l'os maxillaire

42/f BAL

supérieur, et vient aboutir au-dessus de Tévent par un ori« 6 ce qu*une valvule rend impénétrable à Teau que cet évent lance avec la plus grande force.

On a cru que les baleines conservoient après leur nais« sance le trou ovale qui est ouvert dans les mammifères , avant qu'ils ne voient la lumière, et au moyen duquel leur sang peut passer d*une partie du cœur tians Tautre sans . circuler par les poumons : cette opinion est fausse, et il est constant que les cétacés ne peuvent se tenir entièrement sous Feau que pendant un temps assez court, qu'ils sent même forcés jie venir fréquemment à sa surface pour y respirer Fair atmosphérique au moyen de leurs évents.

On donne le nom d'évents à deux ■ canaux situés ren le milieu de la grande voûte de la tête, un peu en arrière de la partie où s'élève une bosse sur laquelle leur orifice est placé/ ils partent du fond de la bouche y parcourent i obliquemè^nt et en se courbant, l'intérieur de la tête, et aboutissent vers le milieu de sa partie supérieure. Ces op-, ganes respiratoires n'ont ni la même forme ni la même, situation dans les différentes espèces de baleines : chez les unes, ils représentent deux petits croissans, un peu sépa* Tés l'un de l'autre, et dont les convexités sont opposées; dans les autres ce sont deux ouvertures absolument circulaires , quelquefois assez éloignées l'une de l'autre , et d'autres fois si rapprochées qu'elles semblent ne former qu'un seul et même orifice , dont, le diamètre extérieur est ordinairement le centième environ de la longueur totale de l'individu.

Les évents servent à rejeter l'eau qui pénètre dans l'intérieur de la gueule de la baleine, ou à introduire jusqu'à çon larynx, et par conséquent jusqu'à ses poumons, l'air nécessaire à la respiration de ce cétacé, lorsque, nageant entre deux eaux, il n'a pu aspirer l'air sans aspirer en même temps par la bouche une trop grande quantité do ce fluide.

La baleine fait sortir par ses évents un- volume d'eau si considérable qu'il suffit pour remplir en un instant un canot Elle lance ce fluide avec tant de rapidité, surtout lorsqu'elle est agitée par quelques afiections violentes', telle

BAL, 42i

que la douleur occfasionëe par quelques blessures , que le bruit s'en répand fort au loin, et qu'il effraie ceux qui l'en* tendent pour la première fois : on prétend que l'eau que la baleine franche fait jaillir de ses deux évents s'élève à plus de treize mètres (trente -neuf à quarante pieds) de hauteur, et qu'elle communique à la surface de la mer itn mouvement que l'on aperçoit à une distance de plus de< deux mille mètres (six mille pieds).

L'organe par lequel la baleine fait ainsi jaillir l'eau audessus dç sa tête, par ses évents , consiste dans deux grandes poches membraneuses couchées sous la peau, au-devant de ces orifices , avec lesquels elles communiquent : des i$bres charnues, très-fortes, partant de la circonférence du crâne, se réunissent au-dessous de ces poches, et les com« priment violemment à la volonté de l'animal. . Lors donc que ce cétacé veut se débarrasser de la quantité d'eau superflue qu'il a dans sa bouche, il l'avale] mais, comme* il ferme en même temps son pharynx, il force ce . jQ.uide à remonter dans les évents, où il soulève, parle mouvement qu'il lui imprime , une valvule charnue placée dans l'évent même et vers son extrémité supérieure, au-dessous des poches : l'eau pénètre donc dans ces poches ; la valvule se referme alors et empêche que ce liquide ne rentre dan4 la J^Pi^che lorsque l'animal, en comprimant ces mêmes, poches avec violence, le faîÉ jaillir dans l'air à une hauteur proportionnée à la forée de compression de ces bourses.

Les baleines sont de véritables animaux bipèdes , ou plutôt ^Is sont sans pieds , et n'ont que deux bras , dont ils se servent pour ramer, se battre et soigner leurs petits. Ces deux bras peuvent être comparés aux deux nageoires pectorales des poissons, dont ils dififèrent, cependant, en ce qu'au lieu d'être composés, comme celles-ci^ de rayons liés entre eux par une membrane , ils sont formés d'os , de muscles, de chair tendineuse, et recouverts par une peau épaisse, mais dont Tensemble présente une espèce de sac aplati, arrondi dans la presque totalité de sa circonférence, et terminé en pointe : ils sont plus ou moins longç et plus ou moins larges suivant les différentes espèces, ayant dans toutes assez d'étendue pour faire l'office de rames très-agi-

les et très -fortes. LUnsertion de lent base avec le corps est plus ou moins près de la' commissure des lèvres.

Indépendamment de ces deux nageoires pectorales , la plupart des espèces de baleines ont de commun avec les poissons une nageoire dorsale, qui affecte diflférentes formes et qui est située plus ou moins près de Torifice des érents ou bien de Textrémité de la queue : la baleine franche en est absolument dépourvue.

La queue des cétacés , longue , forte 9 flexible et rapide dans ses mouvemens , est agrandie, à son extrémité, par une large nageoire horizontale, composée de deux lobes ovales, qui par leur réunion produisent un croissant échancré , et dont chacun peut offrir un mouvement très-rapide, un jeu fort varié et une action indépendante. Ces lobes sont si longs, dans quelques espèces de baleines, que, du bout de Tun à Fextrémité de l'autre, il y a yne distance des trois septièmes environ de. la longueur totale de ranimai. C'est cette queue, si puissante pour leur natation, si redoutable dans leurs combats, qui remplace ks extrémités postérieures qui manquent absolument à ces mammifères.

Si la présence de ces trois nageoires donne à la baleine un trait de ressemblance avec les poissons y et semble Féloigner par là des mammifères, elle Fen rapproche parles organes qui lui servent à perpétuer son espèce.

Le mâle est pourvu d'un balenas , long de trois mètres ( neuf pieds ) - à peu près , et large de deux décimètres (huit pouces); il est renfermé dans une double peau, et intérieurement il est composé de branches, d^un corps caverneux, d'une substance spongieuse, d'un urètre, de muscles érecteurs et de muscles accélérateurs : cet organe est accompagné de deux testicules , placés à côté Fun de l'autre et situés au-dessus des muscles abdominaux.

De chaque côté de la vulve de la femelle , qui est pourvue d'un clitoris, d'un méat urinaire et d'un vagin, on distingue, k une petite distance de l'anus, une mamelle placée dans un sillon longitudinal plissé, dont la peau est nioius dure et moins serrée que celle qui revêt le corps de cet animal : cette mamelle est aplatie et peu apparente s si

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ce nVsf dans le temps où la baleine allaife; alors ce réservoir lacté s'étend de manière à équivaloir à prés du cinquantième de la longueur totale de ce cétacé. Le lait de la baleine ressemble beaucoup à celui de la vache , mais il contient plus de crème et une plus grande quantité dé âubstance nutritive.

Uorifice de Fanus , qui consiste dans une ouverture ronde . , ou ovale , est situé entre les parties de la génération et l'extrémité de la queue. v

La peau de la baleine, dénuée d'écaillés, de tubercule^ et de poils, est très-^forte, quoiqu'elle soit percée d'unç multitude de grands pores; elle a, dans certaines espèces, Jklus de deux décimètres (huit pouces) d'épaisseur.

L'épiderme qui la recouvre est très-lisse, très-poreux et eomposé de plusieurs couches ; il est luisant parce qu'il est enduit et pénétré d'une sorte d'huile qui, aux rayons du ipleil, le fait paroître resplendissant comme un métal poli; Cette huile dont il est imprégné , outre qu'elle diminue la rigidité de la peau, la préserve des altérations que le séjour alternatif de la baleine dans l'eau et à la surface des* mers pourroit lui faire éprouver.

Le tissu mùqueux qui sépare l'épiderme de la peau est plus épais que dans les autres mammifères ; sa couleur, qui se communique à celle de la peau la plus extérieure, ou à Té.* piderme, varie beaucoup, non r seulement dans les difiTérentes espèces de baleines , mais souvent aussi dans la même, à raison de l'âge, du sexe, et peut-être de la température du séjour habituel de ces animaux. Dans les uns elle est quelquefois d'un noir pur et profond, d'autres fois d'un noir nuancé de gris : plusieurs espèces sont moitié brunes et moitié blanclfes ; il s'en trouve qui sont jaspées ou rayées de noir et de jaunâtre; souvent le dessus du corps est brun ou noir, tandis que le dessous est d'une blancheur éclatante. Presque toutes les baleines du Spitzberg sont entièrement blanches ; il y a de ces cétacés qui Sont marqués irrégulièrement de blanc sur un fond noir ou gris, parce que les diverses cicatrices qu'iU ont reçues produisent ordinairement sur leur peau une tache blanche,

Ia chair qui est au-dessou9 de Vépiderme et de la peau

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est rougeâtre, grossière 9 dure, sèche 9 coriace » et d^antant moins agréable au goût, qu'elle exhale une odeur rebutante.

Entre la chair et la peau on trouve un lard quelquefois épais de plus de trois décimètres ( plus d*un pied ) sur la tête et sur le cou ; une partie de la graisse ai si liquide que souvent elle s'écoule et forme une huile qui flue , même sans expression.

La quantité de sang qui circule dans la baleine est plus considérable à proporticfn que celle qui coule dans les veines des quadrupèdes ; le diamètre de Taorte excède souvent quatre décimètres ( treize pouces. )

Le cœur de ce cétacé est large et aplati ; cet animal a un véritable caecum, un foie très - volumineux , une rate peu étendue, un pancréas très -long, une vessie de grandeur, médiocre et de forme allongée. L'estomac dç la baleine présente une conformation qui lui est particulière ; au lieu des quatre cavités que l'on voit dans celui des ruminans^ il en offre cinq bien distinctes et bien séparées.

Si de l'examen des parties molles , soit extérieures , soit intérieures de la baleine , nous passons à celui de ses parties solides internes , à la charpente osseuse qui les soutient en les consolidant; ces masses énormes nous inspire» ront autant de surprise que d'admiration.

Pendant que l'animal est encore très -jeune, les pariétaux se soudent avec les temporaux et avec l'occiput, et ees cinq os réunis forment dan^ la tête une voûte de plusieurs mètres de long , sur une largeur égale à plus de la moitié de sa longueur totale. Si on ouvré le crâne, on voit que l'intérieur de sa base est presque de niveau : si on en considèrcle dehors, on remarque que les deux ouvertures que l'on nomme trous orbitaires interne, antérieur, qui font communiquer la cavité de l'orbite de l'œil avec le creux nommé fosse nasale, sont dans la baleine franche très-petits et recouverts par des lames osseuses. Trois ou quatre trous servent à la communication de la cavité de l'orbite avec l'intérieur de l'os maxillaire supérieur.

Les deux oS' de la mâchoire inférieure forment, par leur réunion , une portion de cercle ou d'ellipse , qui a commu-

Hëment plus de huit ou neuf mètres (de vingt- quatre k vingt-huit pieds ) d*étendue.

On voit dans la galerie d'anatomie du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, trois os maxillaires j^'une baleiné, qui ont environ neuf mètres (27 à 28 pieds) de longueur.

L'occiput arrondi s'articule, à son extrémité postérieure , Bvec l'épine dorsale , par de larges condyles.

Des vertèbres du cou , qui , comme dans l'homme et dans la plupart des mammifères, sont.au nombre de sept, la première , que l'on nomme l'atlas , est soudée avec la seconde , que Ton appelle axis.

On compte en tout soixante-trois vertèbres dorsales , dont la réunion, dans une baleine de vingt-quatre mètres (72 pieds) de longueur, pouvoit être co|jiparée à une grosse poutre de quatorze à quinze métrés (de 42 à 46 pieds) d'étendue, et dont la dernière , celle qui étoit la plus voisine de la nageoire caudale, avoit un demi -mètre (18 à 19 pouces) de dianfître. »

La baleine a de chaque côté de l'épine dorsale quinze côtes, dont chacune a quelquefois sept mètres (21 pieds) de longueur sur un demi-mètre ( 18 à i9poiuces) de circonférence.

Le sternum , avec lequel les premières de ces côtes s'articulent, est large, surtout en avant; mais son épaisseur n'est point considérable.

Les clavicules de la baleine n'ont aucun rapport d'analogie avec celles des mammifères.

On voit dans la même galerie d'anatomie du Muséum , une omoplate provenant d'un de ces cétacés , qui a trois mètres (9 pieds) de longueur.

L'humérus ou os du bras, qui est très-cour^, eu égard à la masse énorme de l'animal , est arrondi vers le haut, et comme marqué par une petite tubérosité.

Le cubitus et le radius , ou ce qui est la même chose , les deux os de l'avant-bras , sont très-comprimés ou aplatis latéralement.

La main proprement dite , ou le carpe , est composée de cinq os très-aplatis et presque ious l^exagones , qui sont dis-

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pnsé» sur deux rangées , l'une de trois et l'autre de deux pièces. .

Les os du métacarpe sont aussi très - aplatis , soudés les uns aux autres , et hss cinq doigts n'ont pas le même nombre de plialanges.

Tous ces os qui concourent à former les bras ou nageoires pectorales de la baleine, sont articulés de telle sorte qu'ils ne peuvent se mouvoir les uns sur les autres, comme ceux des extrémités antérieures de l'homme; car, outre qu'il n'y a aucuns muscles propres à tourner Tavant-bras, c'est que ces os sont réunis entre eux par des cartilages très-longs , qui quelquefois recouvrent la moitié des os qu'ils joignent l'un A Tautre, et ne laissent que peu de souplesse à l'ensemble qu'ils contribuent à fornier.

Tout concourt donc à ce que les bras de la baleine soient plutôt de véritables rames puissantes et élastiques , que des organes propres à palper, saisir ou retenir les objets.

11 est bon d'observer , avant de quitter la charpente os* seuse de cet animal, que tous ces os dont nous v^ons de parler présentent une compacité, un tissu particulier et surtout une sorte d'apparence onctueuse qu'ils ne doiveiit qu'à la substance huileuse dont ils sont pénétrés pendant qu'ils sont encore frais.

Dans les temps reculés où l'histoire naturelle, au ber* ceau de sa tendre enfance, étoit encore ombragée des ténè* bres épaisses de rignorance ou de la crédulité, les premiers hommes qui s'en occupèrent ne manquèrent pas, sans doute, de substituer en place de la réalité des rêveries merveilleuses, qui, loin de concourir aux progrès de la science , ne servirent qu'à en retarder la marche.

La succession des siècles produisit enfin de ces génies féconds , laborieux, peu susceptibles d'une crédulité aveuglement populaire, toujours actifs, infatigables dans la recherche du vrai, dont le zèle éclairé par des observations nombreuses autant que par les erreurs de leurs prédécesseurs , portèrent le flambeau de la lumière la plus éclatante dans toutes les parties de l'histoire naturelle, dont ils reculèrent les bornes au point qu'on seroit tenté de croire aujourd'hui que la nature , -jusqu'alors si avare de ses secrets •

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s'est enfin déterminée à confier la clef de ses trésors à un petit nombre de ses enfans privilégiés , afin qu^ils illustrasjsent notre siècle.

De toutes les parties de la zoologie aucune n'avoit .éprouvé plus de retard dans sa marché que Thistoire des jcétacés ; et elle sembloit réservée pour le génie de Lacépéde, qui vient de combler , sur ce point , les désirs des savans.

Cet article, qui est wa extrait de son ouvrage, ne peut perdre de son prix qu'en ce qu'il est tracé par une main trop foible et chancelante.

Nous divisons donc, d'après Lacépède, le genre des ba«leines en deux familles , qui renferment les huit espèces connues jusqu'à présent.

Dans la première famille nous plaçons les baleines pro* prement dites ^ halœna^ qui ont pour caractères généraux la mâchoire supérieure garnie de fanons ou lames de corne et point <le dents ; les orifices des évents séparés et placés vers le milieu du sommet de la tête, et point de nageoire dorsale.

Nous sous-divisons cette première famille en deux tribus : dans la première i>n trouve ceux de ces animaux dont les caractères distinctifs consistent en ce qu'ils n'ont point de hosse sur le dos. Cette première tribu contient deux espèces.

La première est la baleine franche , halana myslicetus , qui a pour caractères particuliers le corps gros et court, la queue courte.

Lia seconde espèce est la baleine nord - caper , halana nord'-oaper, dont les caractères particuliers consistent en une mâchoire inférieure très-arrondie , très-hautp et trèslarge , en un corps et une queue allongés.

Les baleines de la seconde tribu présentent pour caractères distinctifs une ou plusieurs bosses sur le dos. Cette tribu ne renferme aussi que deux espèces.

La première a pour caractères particuliers une seule. Lofise sur le dos, et les nageoires pectorales blanches : c'est la baleine noueuse, balœna nodosa,

La seconde espèce est la baleine bossue , halana gilhasa j

dont les caractères' distinctifs consistent en cinq eu six bosses sur le dos, et des fanons blancs.

Dans la seconde famille nous rangeons les baleinoptèreS) lalanopUrœ ( c^est un genre nouveau formé récemment par Lacépéde)) outre qu^elles ont, comme les précédentes, pour caractères généraux, la mâchoire supérieure garnie de fanons ou lames cornées, et point de dents, les orifices des évents séparés et placés vers le milieu de la par* tic supérieure de lia tête, elles ont encore une nageoire dorsale.

Nous sous - divisons ^ussi cette seconde famille en deux trD)us.

La première tribu se distingue en ce que la seule espèce qu'elle contient n'a point de plis sous la gorge ni sous le ventre. Cette espèce est la baleinoptére gibbar , balœnoptera gibbarj dont les caractères particuliers consistent dans sei mâchoires pointues et ses fanons courts.

I«a seconde tribu est composée de ceux de ces animaux qù offrent pour caractères distinctifs des plis longitudinaux sous la gorge et sous le ventre. Cette tribu renferme trois es* pèces ; savoir :

1.*" La baleinoptére jubarte, haUtnopUra jukartes : ses cà" ractères particuliers se tirent de sa nuque , qui est élevée et arrondie ; de son museau avancé , large et arrondi ; des tubérosités presque demi - sphériques qui sont placées au" devant de ses évents, et de sa 'nageoire dorsale,' qui est courbée en arrière.

2."* La baleinoptére rorqual , halanoptera rorqual : cette espèce présente pour caractères particuliers , une mâchoire inférieure plus avancée et beaucoup plus large que celle d'en haut ; une tète courte à proportion du corps et de la queue.

3.*" La baleinoptére museau pointu, halanoptera acutth Toslrata : ses caractères particuliers consistent dans ses deux mâchoires qui sont pointues , et dans ceUe d'en haut qui est plu3 courte et beaucoup plus^ étroite que celle d'en bas.

PREMIÈRE fAMILLE.

Les Baleines proprement dites , Balaense.

CaracL gén. Poiht de nagebire dorsale.

PBEMiiRE TRIBU. Bolclnes sans bosse sur le dos*

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