‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 5)Chapitre 17 sur 53 · VIII. Opinions sur l'exiHence et la non-existence des sexes · texte numérisé non relu

VIII. Opinions sur l'exiHence et la non-existence des sexes

dans les Champignons»

Vouloir plier la nature à nos idées, c'est nous ûter les jouissances que peut nous procurer l'étude impartiale de ce que nous nommons ses écarts. Voilà pourquoi, en histoire naturelle; tout raisonnement qui n'est pas appuyé sur des faits devient une hypothèse nuisible aux progrès de la science. C'est ce dont on se convaincroit aisément en lisant ce qui a

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^té écrii ]K>tit mr eôtîre l'existence àès sexes , bu à^organes. sexuels , dans les cryptogames , et particulièrement dans les champignons.

Les anciens, dont les connoissances en physiologie Végétale ëtoient fort bornées, avoient néanmoins très -bien compris que 9 dans les végétaux, les graines sont destinées par là nature à perpétuer Tespèce, et qu'elle avoit tout disposé pour les faire parvenir à la perfection. Ils regardoient donc les graines comme essentiellement nécessaires. Elles sont visibles dans tous les végétaux à fleurs : ils auroient donc dû les supposer dans tous les autres. Cette conclusion bien naturelle n'a pas été tirée par eux; et, comme nous l'avons dit, les champignons passoient dans l'antiquité pour des régénèrescences ou des produits de la putréfaction : c'est ce que croyoient Théophraste , Dioscoride, Pline, Galien, etc. Mais^ dès le quinzième siècle, cette opinion se détruisit pour faire place à celle qui fait notre conclusion ; et , si Lancisi et Mar* sigli ont voulu soutenir l'ancienne idée, l'Ecluse, Boccone, Mentsel , Tournefort, Mîcheli, puis Battara , Gleditsch , Adanson , Hill , Batsch , Linnœus , Haller , Hedwig , Persoon , Buliiard, Paulet, Link, etc., etc., se sont déclarés pour l'existence des graines. Quelles sont ces graines P comment sont fécondés les corpuscules qu'on prend pour elles P Ce sont les questions à résoudre , et auxquelles on nVpas encore répondu d'une manière satisfaisante.

La découverte des sexes dans les végétaux , faite par Lînnasus ; l'importance de la fleur ; les fonctions des étamines et celles des pistils reconnues, et , plus encore, l'établissement du brillant et merveilleux systènie de Linnseus, créé confme par enchantement, renversèrent en un instant toutes les idées qu'on avoit eues Jusque-là sur les champignons. Micheli , enthousiasmé, voulut voir des fleurs mâles et des fleurs femelles dans les champignons, et avança avoir vu germer lea séminules des champignons. Il veut que le rebord frangé des lames des agarics, des tubes des bolets , soit l'organe mâle. Hedwig prétend, au contraire , que c'est un stigmate , et que lea filets succulensqui forment le réseau , dans les mailles duquel* sont logées les séminules , font les fonctions d'étamines : ce qui n'est prouvé par aucune expérience directe. Buliiard pense.

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Avec plus 4e simpliste , que le fluide iicfméapt est ou lîbr^ €t en contact immédiat avec les embryons 9 pu qu'il est d'abord contenu dans des vésicules membraneuses qui crèvent ensuite.

M. de Beauvois croit même pouvoir fixer la position des deux organes mâle et femelle. Il a observé au sommet des clayaires un mamelon, d'où sort une poussière qui sans doute fé» conde les globules situés à la partie inférieure, puisque ceux-ci ne prennent d'accroissement qu'après cette sortie, et qu'ib se flétrissent si l'on supprime le mamelon supérieur avant son développement. Avant M. de Beauvois , Bulliard avoit reconnu da 4:lavaires monoïques. Plusieurs de ces clavaires rentrent dans le genre Sphaeria , qui n'appartient plus à cette famille.

A est tellement dans les idées reçues qu'il n'y a pas de plantes sans graines , et qu'il n'y a pas de graines fertiles sans fécondation , qu'on ne peut pas s'empêcher d'être séduit par tout système qui est favorable au maintien de ces idées, surtout lorsqu'il s'annonce appuyé sur des expériences. C'est précisément la position dans laquelle les travaux de M. de Beauvoir sous mettent. Mais, pour donner le dernier degré de certitude à ce qu'il avance, il nous resteroît à savoir si ce qu'il regarde ^omme les graines en sont réellement. Dans les vesse-loups ^ teite poussière qui les remplit et qui en sort comme de la fumée , ne peut être un assemblage de sémînules , comme on le croit ; si cela étoit , la terre entière seroit bientôt couverte de ces végétaux. Regarder cette poussière comme une poussière fécondante comme une sorte de pollen, cela n'a rien qui répugne. Kolreuter ùàt la remarque que le pollen d'une seule anthère de ketmie est composé de cinq mille globules environ. Chaque fleur de cette plante monadelphe contient plus de cent étamines ; c'est donc plus de cinq cent mille globules de pollen pour la fécondation d'une seule fleur. La poussière des vesse-Ioups est un assemblage prodigieux de petits glo* ]?uLes( et Ton a calculé qu'un individu de Ijcoperdon en coûte* noit quatorze millions) : si c'est un pollen, il n'y a rien qui ctonne ; si c'est une réunion de séminules, quelle prodigalité ! quelle surabondance ! Les vraies sémînules des vesse-loupa doivent donc être différentes des globules qui composent la poussière ; peut-être soni-ellesadhérentesau réseau filamenteux dans les vides duquel est contenue la poussière : c'est ce qu^

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d^heureuses esfpérf eoces doivent prouver, enrenvaiewAtmiew les observations de M« de Beauvois.

M. Bosc nie l'existence des organes mâles et des organeu femelles dans les champignons ; ii soutient avec Gaprtner que les champignons se reproduisent pa^ bourgeons. « Aujourd'hui (1817) , dit-il, que j'ai vu un plus grand nombre d'iiir dividus de ces deux classes (champignons et polypes); que je me trouve appuyé de l'opinion d'un homme aussi célèbre que Gaertner 9 je dois tenir , et en effet je tiens plus que jamais à cette idée. Je dis doue que les graines des champignons sont de véritables bourgeons , ou , mieux , ne sont en réalité que de$ plantes excessivement petites , qui se développent par l'action végétante , sans changer de nature. On en voit la preuve dans les nidulaires, cyathus^ où les prétendues semences prennent souvent une ligne de diamètre. * Les générations des champignons ne seroient donc en ce sens que les produits d'une succession perpétuelle de développement , ou bien un àé^w*» boitement continuel. Les champignons auroient alors quelques traits de ressemblance avec les polypiers. Lichenstein, Aker» mann , Treviranus , Kœler, etc. , ont même cru reconnoître plus d'analogie entre les champignons et les polypiers qu'entré les premiers et les végétaux parfaits; ils ont proposé de faire des champignons un quatrième règne, celui desp/i^tozoês , intermédiaire entre les végétaux et les animaux. Avant eux, Linnseuâ {Mundus irufisibilis) crut un moment qu'on pôuvoit considérer les champignons comme des polypiers. Les expériences de Munchausen , mal expliquées , l'avoient sans doute séduit. Si l'on met des séminules de vesse-loup sur de l'eau,- on aperçoit un mouvepoient sensible occasioné par la légèreté du rëteau> qui tend à le faire flotter, et par la pesanteur des séminules ^ qui tend à l'entraîner au fond. Ce mouvement, que Liuk a reconnu dans beaucoup de champignons, avoit été pris pour un effet de vitalité animale. Lînnaeus, cependant, abandonna sa première opinion , et dans soif Mémoire sur les coraux de la Baltique (Amœnitates academicœ) , en décrivant uu polypier fossile d'une structure absolument semblable à celle du bolet amadouvier, il se borne à les comparer sans tirer de conclusion. Néanmoins, des considérations intéressantes peuvent se déduire des parallèle» des champignons avec les

polypiers ; par exemple , les J>olets et les agarica, qui 8on^ter• restres, d'une xonsîstance non pierreuse, et dont la partie fructifère eii en^dessous, peuvent être opposés aux coraux qui vivent plongés dans l'eau, qui sont piçrreux, à cellules polypifères situées en-dessus ,* les bysses, légers, délicats, fu* faces , aux éjpongea dures , cornées , persistantes , etc.

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