‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 5)Chapitre 19 sur 53 · X. Principes qui composent les champignons · texte numérisé non relu

X. Principes qui composent les champignons

Les champignons étant la nourriture à laquelle certains peuples se trouvent quelquefois réduits, renferment done un principe nutritif : les effets prompts et actifs de quelques espèces sur l'économie animale annoncent des princijies prp» près à ces espèces. Dans ces derniers temps, la chimie a. cherché à découvrir ces principes : quelques essais ont donné des résultats intéressans ; et, réunis aux résultats de nouvelles expériences, ils pourront conduire à des considérations tr^importantes sur les champignons en général. La chimie fait connoitre que ces cryptogames sont composés essentiellement d'une substance propre, lafongine, principe mollasse ^ fade, subélastique, alimentaire, et qui jouit de propriétés qui lui sont particulières (voyez Fôngine). L'analyse complète de diverses espèces de champignons y a fait découvrir en outre plusieurs acides nouveaux , de l'albumine , de l'adipocire, de l'osmazone, principes azotisés. On en retire encore une sorte de sucre qui se cristallise, et divers principes propres. Ces découvertes sont dues aux recherchés de M. Bra* connot. Les expériences de cet habile chimiste portent k conclure que les champignons sont de tous les végétaux ceu3C qui offrent le plus de principes animalisés , ou , pour être plus éiair , de principes azotisés. Les' champignons expirent du

iH CHA'

gaz asote, du gaz acide carbonique, du gaz hydrogène ; sous. Feau, ils ne donnent pas de gaz oxigène. Ainsi tout concourt à former des champignons une famille distincte de celles des autres végétaux*

' XI. Conclusion^

De tout ce qui précède il est abé de juger que l'étude des champignons n'est pas une étude stérile, qu'elle n'est pas dénuée d'attraits, même pour les gens du monde, et qu'elle est digne de fixer notre attention. Aussi existe-t-il un grand nombre d'ouvrages sur les champignons , et nous pourrions citer ici beaucoup d'auteurs ; mais il suffit d'indiquer les principaux , ceux que Ton peut consulter avec le plus d'avantage : tels sont Micheli , qui nous dévoila le premier la structure des champignons ; Batsch , Battara , Schœffer , Sowerby , Bulliard , importans à cause du nombre et de l'exactitude des figures ; M. Persoon, dont le Synopsis fungorum ^ ouvrage fondamental , est digne, par sa précision et le nombre des espèces qui y sont décrites , d'être consulté par tous les naturalistes ; le Traité du docteur Paulet , qui borne l'étude des champignons à celle des champignons , ainsi nommés vulgairement, mais qui fourmille d'expériences curieuses, et doot les figures sont remarquables par leur fidélité. Enfin, le voile qui couvroît Thistoîre des champignons microscopiques, soulevé par Micheli, et que Tode, Persoon, Bulliard, ont dé* chiré en partie, l'est presque complètement par Link, dont les observatioïis nombreuses et intéressantes se trouvent consignées dans les volumes 3 et 5 du Magasin de Berlin , et dans divers ouvrages périodiques allemands.

Ceux qui voudroient borner leur étude à la connoissance des champignpns de la France, doivent essentiellement consulter 4e Traité des champignons, de M. le docteur Paulet; l'Herbier de la France , par Bulliard ; et la deuxième édition de la Flore Françoise , par MM. de Lamarck et Decandolle. (Lbm»)

Champignons acres. Micheli donne ce nom à quelques champignons qui ont un goût acre ; tel est l'agaric poivré ou girolle 'blanche, qui se mange néanmoins dans bien des lieux.

Champignon agaric^. Cesoat les champignons subéreux des genres Agaric et Bolet,

CHA *2î»

Champignons a iIail* Voyez. AiiuEa»

Champignon ailé. C^est Vagaricus ely thrioï'des de Scopoli. Ses fejuillets ne touchent que par un point au chapeau , comme les élytres des insectes à leur corselet.

Champignon amer , de FEcliise^ Espèce qui fait partie des champignons que Pauiet nomme Grands-Foivrés, dont VAga^ ricus piperatus , Linn. , est le^type.

Champignon andbosacê. Voyez .Androsacbs,

Champignon .db l'appaeeil des feactuabs. Voyez Digital humain.

Champignon ANONYME, de l'Ecluse. Cesile pezizaUntifem, Linn., qui fait le^enre Cyathoïdes de Michéii , détruit pac Linnaeus , et -rétabli depuis , sous les Qoms de eyathus et de nidularia, Schaeffer donne ce même nom à un agaric que Pauiet regarde comme une espèce particulière ; c'est celle . qu'il nomme la touffe^tahac'd' Espagne ^ à cause de sa couleur et de sa manière d'être. . . ' . .

Champignons aeboebscens. Rai nomme ainsi les .champignons qui croissent sur les arbres ; il en forme l'un des trois groupes qui , dans sa méthode , comprennent tous les champignons.

Champignon d'aemas. Voyez Beb^ngozzino.

Champignon aromatique. Voyez Sure\utier.

Champignon artificiel. On nomme ainsi les champignons bons à manger, que l'on fait croître au moyen de procédés particuliers. Les anciens avoient quatre macères principales de faire venir les champignons. Ménandre rapporte- la première : elle consiste à couvrir une souche de figuier avec du fumier, et à l'arroser souvent; on voit naître au bout de quelques jours, des champignons qui ne sont point malfaisans« La deuxième manière est indiquée à l'article JEG£RiTA.La troisième, indiquée par Tarentinus, consiste à arroser avec dç l'eau , et en plein air , les cendres de plantes qu'on a brûlées. La quatrième est celle des couchés à champignons, qui étoient connues des anciens'. En effet, Dioscoride assure que, pour avoir des champignons toute l'année, on .répand sur. une couche de terre bien fumée , de l'écorce de peuplier , et que cela suffit pour produire de bons champignons.

Champignons oe i.'aub]&pinb. Plusieurs agarics portent* ce

nom; ils forment le groupe ou la petite famille des lèles rousses , établie par Paulet , qui comprend Vagarieus UUeritius de Schœifer, et Vagarieus amarus de Builiardw

Champignon de l*aunb» Champignon du genre Agaric, qui a une odeur forte et virulente , analogue k celle d'un mélange d'odeur de Bonfre et de moisi. Il est malfaisant; on le recon* noit à sa couleur de safran et \ sa chair couleur de soufre. Il naît au pied de l'aune , en touffe de cinq ou six individus, haute de trots pouces. ( Voyex Paulet. Champ., pL

CaAMFiONON^uao&B Dfis AJiBEES , l'uu dcs troîs agarics qui composent la petite famille des caiotins établie par Paulet. It croît au pied dps chênes , des bouleaux , des noyers , et se distingue par la belle couleur aurore de son chapeau , qui ressemble à une calote un peu péluchée ; par ses feuillets d'un roux vif; par sa tige d'un beau jaune; et par sa chair d'un jaune encore plus foncé, fade, mais qui ne paroît point malfaisante. On trouve ce champignon à Fontainebleau. Il ne faut pas le confondre avec l'aurore {agarieuscjraneusy Bull.).

Champk^nons a bouasb. Ce sont ceux qui ont une volva, tels que les Amanites.

Champignon a la bagob, nom donné aux pemes.

Champignon ns la balxinb. Petit agaric de couleur fauve , d'une substance adipeuse , et d'une odeur forte ; il naît sur les os de la baleine. Michel-Ange Tiliy en donne une figure , pi. 3 de VHoHus Pisanus.

Champignon blanc. Voyez Colombbttb. «

Champignon blanc et Columelle blanc , Agaricus ovoïdeus , Decand., FI. £r. , n.® 662. Il porte ce nom à Montpellier, où on le mange. C'est un champign^^n des plus délicats, qui diffère de la véritable oronge par la couleur entièrement blanche de toutes ses parties. M. Decandolle le nomme oronge blanche i Paulet, CoQCBMELLB. Voycz ce mot, Oaonge et Amanite.

Champignon bleuissant. Voyez Pa&asol blanc bleuissant.

Champignons des bois. Ce sont principalement ceux qui croissent sur la terre dans les bois.

Champignons des bouleaux. Voyez MôucBSTés ou GaiVEutes.

Champignon de bruyèbb. Voyez Boùlb db nbige*

Champignon bulseuxt Voyez Bulbeux.

Chai^pignon de CA:!7fi. Il croît naturellement dans les caves humides. Paulet en donne une £gure pi. 1 32 de son Traité» C'est un agaric voisin du champignon de couches.

Chami>ignon de cëaf. Plusieurs champignons portent ce nom , soit à cause de leur ressemblance avec la corne de cet animal y telle, est la claykire coralloïde: soit parce qu'on iet a regardés comme un effet des accldensdu rut du cerf jtel est le phallus y ou satyre: soit, enfin, parce que Ton croyoît que les cerfs en mangeoîent comme stimulant ou aphrodisiaque , tels sont les truffes et le petit champignon connu sous les noms de mouton et de petit mouton , à cause de sourchapeau pelucheux. Sterbeeck nie les qualités aphrodisiaques de celui-ci , qui est un agaric acre et laiteux, couleur de ehamoîs. C'est probablement Vagaricus rufescen^ de Schaeffer. Paulet le reconnoit en celui qu'il figure dans son Traité, pi. 72 , fig. 5,6^ qui croît dans nos environs et qu'il nomme champignon du cerf. Il ajoute qu'en Allemagne on le yen doit comme aphrodisiaque chez les pharmaciens. Il ne paroît pas être le même que le champignon fleur-de-pécher que les Russes mangent cru en salade. Tous les champignons cités dans cet article portent le nom d^hirchschwamm (champignon de cerf ) , en Allemagne.

Champignon ghabane. Voyez Chabane.

Champignon changeant. Voyez Changeant.

Champignon chapeau cannelle. Voyez Cbapbau cannelle.

Champignon chartreux. Voyez Chartreux»

Champignon du chêne. Espèce d'agaric figurée pi. 40 du Traité des Champignons par Paulet; il est In'un en-dessus et rosàtre en-dessous ; on le trouve sur les racines du chêne. Le champignon de chêne sojeux^ autre espèce d'agaric, croît en touffe au pied des chênes. Il est d'abord rôussàtre, puis brun ou marron ; ses feuillets sont d'un roux plus foncé; Son cha* peau , porté sur une tige verdàtre , se fend sur le bord ; sa suiv face est un peu soyeuse ou pelucheuse; sa saveur est d'abord assez agréable j mais elle finit par laisseï^ une sorte d*âpreté ou d'astrictioii à la gorge : néanmoins ce champignon n'in-< commode pas les animaux que l'on force à en manger. On le trouve dans nos environs. (Paulet, tom. 2 , pag. Soa , pi. 14^^ fig- >i a, 3.)

Champignon chenibi. Voyez Chenier.

Champignon A CHENILLES. Sterbeeck donne ce nom à un petit agaric , parce qu'on rencontre ordinairement dessus de» chenilles qui y filent leur coque, ou qui sont suspendueâf après* Il est blanc en-dessus et aurore en-dessous. Paulet le met au iioii\bre de ses petits chapeaux*

Champignon chevelu. C'est l'agaricM* atricapillus deBatsch, tab. i6, fig. 76. Il est brun en-dessus, rose-pàle en-dessous; le chapeau et le pédicule sont filamenteux.

Champignon de la chicorée. Petit agaric de la famille des ^TEiGNOias d'bau OU HYDROPHOREs dc Paulct , qui se résout en une liqueur noire aqueuse. Son pédicule blanc et fistu-' leux, soutient un chapeau fort mince, rayé, d'un„ blanc brunâtre , plus clair ou même blanc dans le cent^ ; les feuillets sont blancs. On trouve ce champignon sur la chicorée

qui se pourrit.

Champignon-cinq-parts ou ACiNQL0BES.C'estragarfctf5ftffnftfc partitus^ Linn. Son chapeau se divise en quatre ou cinq lobes ; il a trois pouces de diamètre ; sa surface est d'un jaune-grisÀtre et un peu visqueuse ; les feuillets sont blancs. Il se trouve en Suède. La description ci-dessus est celle des individus que M. Paulet a observé dans la forêt de Senard. (Paul., t. 2 , pag, 348, pi. 63, fig. 2,3.)

Champignon comestible, nom que l'on donne à tous les champignons qui se mangent, tels que les Champignons de couche, FOrongb franche , les Mousserons , les Cèpes , la Truffe , etc. Voyez ces mots , et Amanite , Foncé , Clavaire.

Champignons coquilliers. Voyez Coquilliebs.

Champignons de couche. Ce sont les champignons qu'on fait croître artificiellement sur des couches de fumîer de cheval. On les nomme encore champignons du fumier^ cam" paroi j ou des champs, et paturons, où potirons , parce que les meilleurs viennent dans les pâtures. M. Paulet en distingue six espèces, qui composent sa petite famille des Encriers secs* (Voyez ce mot. ) La 1." est le champignon de couche franc , ç'est-à-dire, l'agaric comestible (voyez Fungus). La 2.*, le champignon découche bâtard , agaric à chapeau blanc , lavé de brun , et dont la peau s'écaille inégalement ; les feuillets sont couleur de chair tirant sur le souci. Ce champignon , qu'on ne mange

^as, croît à lombre des arbres au bois de Ëoulégne, La 3/ le Champignon des eaux. La 4.* > la Boule de neige. La 5/ , le Paturon BLANC (voyez ces mots) j et lit 6^.*, le champignon de couche marron» Son pédicule , haut de quatre à cinq pouces, finement écailleux et pieté* de brun, est du reste couleur de marron-clair, comme le dessus du chapeau. Ses feuillets, d'abord couleur de corail, noircissent bientôt» Cet agaric croit dans les bois, à l'ombre; lorsqu'il est frais, il ne le cède, en rien, pour les qualités, au champignon de couche franc, dont il a l'odeur , mais dont il diffère par une saveur de morille qui lui est propre. Tous ces champignons noircissent et se sèchent sur. pied , sans se résoudre en liqueur noire.

Champignon du coudrier. Voyez Grivelé.

Champignon a croissan. Voyez Croissan et Coccichue a

CROISSAN*

Champignon des dames. Agaric mentionné p^r Paulet, d'après l'Ecluse et Sterbeeck, qui croît en Hongrie et dan^ toute l'Allemagne. Il y est fort recherché pour l'usage. La délicatesse de son goût l'a fait nommer Cho^pignon des dames ; c'est Yagaricus virescens , Schœff. tab. 94.

Champignon d'épice. Deux agarics à chair molle et à odeur forte , forment la petite famille que Paulet nomme ainsi. Ces deux agarics sont la Tér^enthine et le Moutardier, Voyez ces mots.

Champignon feuillet^* Les champignons qui portent ce nom sont les agarics de Linnaeus. Voyez Fungus et Amanites.

Champignon DBS FOSSÉS. (Paulet, lirait, pi. 71, fig. 1,2.) Cet agaric se trouve sous les châtaigniers et dans les fossés des bois aux environs de Paris* Il ^ trois ou quatre pouces de hauteur, et son chapeau quelquefois sept pouces de diamètre» Celui-ci-est d'abord bombé, puis il s'aplatit, et finit par prendre la forme d'un entonnoir. Sa couleur est grise ou roussàtre , ses feuillets sont jaunâtres. Cet agaric ne parolt pas malfaisant.

Champignon du fumier* Paulet en distingue deux: l'un, farineux, à chapeau blanc de lait^ strié de gris, saupoudré d'une poussière farineuse blanche, et dont les feuillets sont roux dans la jeunesse, puis noirs* Il a été trouvé sur le fumier, aux environs de Paris, par Vaillant* L'autre est le champignon 8. 9

du fumi€r ëcailleux , mentionné par Mîchelî : il est blanc ; la peau de «on chapeau «e lève par écailles aiguës et frisées. Pauletfigure le premier, pL 124, fig. 1,2, 3, 4, et place les dçux dans ,1a famille des Encrib&s farineux. Voyez ces mots, et Champignons db couche.

Champignon glaireux. Voyez Glaireux.

Champignon hémorroïdal. Petit agaric pourpre-violet, vis* queux et k feuillets blancs, qui a été découvert en Angleterre par Richardson, et mentionné par Rai ; sa couleur ressemble à celle d'un bouton hémorroïdal. M. Paulet le rapproche de Vagaricus integer de Linnseus.

Champignon hépatique, ou la Langue db bœuf; c'est le hoUtus hepaticus , Pers. , ou la Fistuline de BuUiard.

Champignon bu houx. Agaric d'une chair fine, délicate, 4'un parfum et d'une saveur agréables ; c'est un des meilleurs qu'on connoisse. Il porte aussi le nom de grartde girolle et d^oreilU du houx,

-Champignon d'ivoire, ( B^anc d'iVoire, Paul., 69 , fig. 1 et 2. ) Agaric suspect, d'un blanc d'ivoire, langueté sur les bords. Il ne faut pas le confondre avec le blanc éTîvoire ( agarieus ehiémeus , Bull. ). On le trouve en automne dans les lieux in<- Gttltes.

Champignon lavure de chair. (Paul, pi. 42 , fig. 5,' 4.) Il est lilas ou légèrement incarnat ; ses feuillets sont inégaux et de même couleur, ainsi que sa chair; celle-ci est un peu piquante; quoique suspecte au premier coup d'œii, elle n'est pas malfaisante. Cet agaric a «été découvert par Vaillant aux environs de Paris. -

Champignon mascarille. Voyez Mascarillb.

- Champignon mithridatb ( Fungillus mitkridaticus , Welsch ,

,Ephem, Nat, cur, dec. 1 , ann. 3', ic. Agarieus mucory Batsch ,

Elench, tab. 17, ûg. 82. Agarieus epiphyllus , Pers.). Welsch

nomme ainsi un très-petit agaric qu'il découvrit sur une

plante de son jardin , qu'on avoit apportée de l'ancien royaume

jde Pont, où régna Mithridate : sa tige', semblable à un fil lilas ,

a deux ou trois pouces de long; elle porte un petit chapeau

gris conoïde de deux lignes de diamètre. Il est particulier

à nos contrées, et rien ne prouve qu'il soit venu d'Orient.

■ Çtf amfignon a mouche, ou Tue-mouchb, Voyez Fausse oronge.

Cr AMnGKON DU MURIER. Agaric d'une couleur rousse , sem-» Iblable k celle de Técorce du mûrier, arbre au pied duquel il croit : il a quatre à cinq pouces de haut; il est trés*bon 4 manger, et recherché par les amateurâ de champignoos* On Je trouve dans le midi de la France , ainsi que le champignon du mûrier gru. (Paul., pi. 146, iig. 1, ?•) Celui-ci naît en touffe de cinq ou six indiridus réunis ensemble au pied de divers arbres, et surtout du mûrier blanc. Il a trois pouces de haut ; son chapeau est d*un gris roussàtre , plus clair en« dessous, visqueux et sujet à se fendre ; sa chair est rousse, d*une saveur âpre. U paroit suspect. On le trouve en Pro*» vence.

Champignon NATUKBL. On nomme ainsi les champignons que Ton recueille dans les endroits où ils croissent naturellement, et que Von mange. V

Champignon nygtalofiqub. Voyez NrCTALonQVEk

Champignon ordinaire. Voyez Champignon de couchi. Champignon de l'olivier. Voyez Oreiu.e pe l'olivier, Aga^ ricus olearius , Decand. , et Fungus.

Champignon d& l'qiimç. (Paule^, pi. 91, ûg. 1 , 5, is'i.) Agaric suspect, couleur de noisette , ou roiix tendre à feuillets lilas ; U c^oit ordipf^ircQieAt en touffe sur les troncs de Torme, et répand une pdeiir de fj^rinç de froipe.nt récente*

Champignon pu p^plibr. Voyes Pbvpx.?^i^«

Champignon rH09PHOR^9i7B. {FQly9!\yce9 phosphoruf^ Battara^ t. i3 , fig. A, B, et tiih« 14» fig« £•) 0^ trouve cet agaric le plus souvent en touffe au pied de ToUvier ; il est couleur de. feu , 4 pédicule couleur de safrtu ; «ei feulUets font l'effet du phosphore. Il passe pour être bon  injSnger. Cette description convient jusqu'à un certain point à l'aggrio de l'olivier (voyez Oreille de l'olivier), qui, di^n, jHte^ lonqu'iise gâte, une lueur phosphorique : il e^t véééneux^

Champignon poreux. Ces champignons son^ les bolets , et tous les champignons qui sont munis de ^ubes' de pores , ou de cellules.

Champignon prun^de-monsieur. Paulet figure sous ce nom (planch. 53, fig*^) nn agaric d'un violet -brun à feuillets blancs , et qu'il regarde comme l'espèce qu'il désigne dans

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•a synonymie sous les noztis de ehaiirtux ou velucati de Vaîl>: lant,' et à^agavicus Uuçophausj Scopoli. Cet agaric paroît un; peu suspect.

CHAMPiGNON-uéGLissE. Agaric qui ne paroît point dangereux; U est d'une couleur de réglisse dans toutes ses parties* On le trouve aux environs de Paris. ( Faulet, pi. 96, fig. 3, 4.)

Champignon ROUo^-BoaD. Agaric que Ton trouve en automne^, dans les bois : il a la forme d'un entonnoir ^ jl est visqueux et couleur de vin rouge ou de laque en-dessus, et à feuillets blancs, ainsi que le pédicule, lequel a quatre pouces de hau-^. teur. U ne paroît pas malfaisant. ( Paulet, Tr. 2 , p.. 1 55 , t. 60 ) le rapporte à une espèce de champignon citée par Michel! (p. 1 53 , n.*' 6) , que les ItaUens mangent , et qu'ils nomment Urdajolo.

Champignon SkAiNT-GsoRGB. Voyez Mousseron Saint-Gsorgs» Champignon du saule. Deux champignons portent ce nom : l'un est un agaric ( voyez Coulemelle ) ; l'autre , le bolet odo^ rant , qui sent l'iris ou l'anis , et qui croît sur le saule ( boletus suave olensj Linn.). Ce champignon paroît être une espèce de dœdalea. Dans le nord,' beaucoup d'hommes portent sur eux cette plante pour se rendre plus agréables à leurs mai* tresses. Ce fait est rapporté par Linnaeus.

Champignon du sureau. Petit agaric, un peu suspect, qui croît sur le tronc du sureau. Son chapeau est mince , blanc «t garni en-dessous de feuillets également blancs , mais tous différens , inégaux ; les plus grands dépassent le bord du chapeau : ^pédicule blanc-verdàtre. On nomme aussi champignon de sureau la pezize oreille-de-Juda , p'eziza auricula.

Champignon sous-TERRESTRB. Ces champîgnoi^ sont ceux qui, comme la truffe; croissent sous terrci^ • •

Champignon souci-DUr-NorBU. (Paul., pi. 40, fig. 2.) Petit agaric qui croît sur les troncs du noyer; son: chapeau est couleur de ^ouci en»dessous, à lames 'rousses , et porté sur um pédicule blanc. 11 passe pour très-bon à manger.

Champignon terrestre. Rai nomme ainsi les bolets et les Agarics qui croissent à terre.

Champignon-tue-mouches. On désigne sous ce nom la fausse oronge , agaricus musearius , Linn. , et plusieurs de ses variétés» L'Ëpiuse ea cite deux ; U dit qu'à Francfort sur le Meia on

Tend ces champignons aux marchés, pour les mettre dans ' les appartemens où il y a be<aucoup de mouches , ce qui fait périr ces insectes quand ils s^ attachent. Voyez Amanite.

Champignon typhoïde. Paulet met sous ce nom plusieurs agarics, agaricus ovatus , cylindrious et porcellaneus j Schaeff*. ; et mitella , Batsch. WiUd. , qu'il regarde comme appartenant à une 6eule espèce , caractérisée par sa forme d'abord ovoïde , qui en ' s'alongeant devient celle du typha , ou massette ; son chapeau , k surface sèche et finement écaiUeuse , varie du blanc au violet etaulilas. Les feuillets , d'abord blancs, puis rougeàtres , finissent par devenir noirs. Ce champignon se réduit promptcment en une liqueur noire. Il est solitaire aux bords des eaux , dans les allées des jardins. M. Paulet , qui en distingue deux variétés principales, la blanche et la violette, fait obser-ver qu'on )peut en manger sans inconvénient avant leur ma-^ turité, mais qu'il faut s'en abstenir lorsque les feuillets corn- «nencent à rougir.

\ Champignon uni. Paulet donne ce nom à un petit champignon blanc, qui paroît être unepezize, et qu'il a trouvé sur un agaric (la rougeotte) , qui se gâtoit.

Champignon d'armas. Voyez Berlingozzino.

Champignon a vache, Agaricus mammosus y Linn. Voyez Bonnet de matelot. (Lbm. ) -^

CHAMPIGNON DE MALTE. (Bot.) On désigne quelquefois sous ce nom le cynomore , cynomorium ^ parce que cette plan te singulière, qui croît en plusieurs lieux dans la mer ^ sur les racines des arbres placés le long des côtes , est surtout abon« dante autour de l'ile de Malte. (J.)

CHAMPIGNON DE MER { Polyp. ) , nom vulgaire employé d'une manière vague par le peuple , sur les bords de la mer , ou par les marchands d'objets d'histoire naturelle , pour dési* gner des corps souvent fort différens, et. dont la forme se rapproche plus ou moins de celle des champignons. (DeB.)

CHAMPLUM. ( Erpétol. > Voyez CflAMPsès. ( H. C. )

CHAMPSAN. {ErpétoL ) Voyez Ch ampses. ( H. C. )

CHAMPSES* {ErpétoL) C'est un des noms que les anciens donnoient au crocodile du Nil. Hérodote, après avoir dit que les habitans d'Eléphantine en mangent la chair, ajoute: JLit^t»vlAi Si tf zpoKoSitXot A^à ^dfjL-^cti^^On rie Utjf appelle

point crocodiles , mais chanpjpsès ) , ce qui sembleroit indiquer que le mot champsès est égyptien , d'autant plus qull assure ensuite que crocodile est ionien. C'est de champsès sans doute que vient le nom de champlum, qui est encore celui du crocodile aujourd'hui en Egypte, et de champsanij qu'on donne dans quelques ouvrages, comme synonyme du nom de cet animal* Voyez CaocopiLB. (H, C. )

CHA-MU. {Bot.) Arbre de la Chine, cité dans le Recueil des Voyages, sans description, comme employé t>ar les habi« tans des provinces méridionales de ce pays pour la construction des vaisseaux « des barques et des édifices* ( J.)

CHAN. (Omith.) C'est le nom de l'oie , en dorique. (Ch. D.)

CHANAS {Bot.) y espèce de figuier d'Arabie , ^cui chanas de Forskaèl. (J.)

CHANCELAGUE. {Bot.) (Voyez Cachen-Lagcew.) C'est la Hiéme plante que le gentiana peruviana , Lam., Dict. , n.* 29 , qui, depuis, a reçu le nom de gentiana caclten^lagua ^ Molina; chironia chilensisy Willd. , Spec. (Poir.)

CHANCHO-NALAK. {Omith.) Le tadorne, anas tadomaj Linn. , est ainsi appelé par les Kalmoucks. (Ch. D.)

CHANCHUNGA. {Bol.) On nomme ainsi à Quito un arbre à feuilles vèftes en-dessus et blanc;hes en-dessous, et à fleurs îàunes rassemblées en tête , dont on trouve un dessin incomplet parmi ceux de Joseph de Jussieu. Il est aussi nommé quixval dans d'autres lieux du Pérou. On est porté à croire que c'est une espèce de^bulèje, huddleia^ très-voisine du p€Llquin du Chili , buddleia glohulosa. Joseph de Jussieu dit qu'on emploie ses fleurs dans les teintures , et que dans les assaisonnemens elles imitent la couleur du safran. (J.)

CHANCIE, Chancissurb. {Bot.) Voyez Moisissure etBoTRVTis. (^Lem.)

CHANDANA. {Bol.) Les Portugais nomment ainsi le Tsjenz>AM des Malais, qui est le S and al. Voyez ces mots. (J.)

CHANDEL {Bot.)^ nom hébreu de la coloquinte, suivant Mentzel. (J.)

CHANDRALIA, Chandras» {Bot.) Ces noms, employés par Théophraste, et par Gaza son traducteur, désignent, suivant Adanson , la chondrille. (H. CaSs.)

CHANFR£U^.(Orn ith .)0d nomme ainsi l'ensemble des plumçs

CHA. i35

effilées, et en général assez rudes, qui, placées à là base du bec, se dirigent d'arrière en avant, et couvrent partiellement ou en totalité les narines, comme on le voit aux oiseaux des genres Corbeau, Ani, Barbu, Couroucou, etc. (Ch. D.)

CHANG-CUU (Bot,) , nom chinois du camphrier de la Chine , inférieur à celui de Bornéo. ( J.)

CHANGEANT (J5o^.), espèce d'agaric qui croit en Bavière, etdontSchaefieradonné une figure, agarieus mutahilis^ SchœfT. Fung. , t. 9. Il est fauve ou couleur de tabac. On en fait usage sans inconvénient en Bavière. M. Persobn le nomme agaricus caudicinus, et lui rapporte Vagaricus annulœris de Bulliard. ( Lem. )

CHANGEANT (Erpg'É.) , Trapelus.M. Cuvîcr a désigné sous ce nom un genre de reptiles sauriens de la famille des euznérodes, et voisin des agames.

Les changeans ont la forme générale et la tête renflée des agames ; mais leurs écailles sont toutes très-petites , lisses et sans épines. Leurs dents sont. les mémeà que celles des stellions.

On n'en connoît encore qu'une espèce :

Le Changeant d'Ecyptb , Trapelus œgyptiacus. Cet animal, d*une petite taille , est remarquable par la rapidité avec laquelle il change de couleur, en quoi il l'emporte beaucoup sur le caméléon. Il a été découvert par M« Geoffroy de Saint"^ Hilaire , et représenté dans le grand ouvrage sur l'Egypte , pi. V, fig. 3 et 4. Voyez Trapelus et ëumêhodbs. (H. C.)

CHANG-KO-TSE-CHU (Bot.)^ nom chinois qui signifie l'arbre au long fruit, et -que l'on donne à la casse des boutiques , dont le fruit est en effet cylindrique et long de quelques pieds. (J.)

CHANGOUN. (Omith.) C'est par erreur que Sonnini , dan» son édition de Bufibn, et ceux qui l'ont copié, ont ainsi écrit le nom du vautour dont M. Levaillant a donnéladeseription, t. L", pag. 32 de son Ornithologie d'Afrique. Voyez Chac-

GOUN. (Ch. D.)

CHANI. (IchthjoL) Suivant Forskaé^^ c'est le nom arabe du lahrus chanus de Linnaeus.

D'après le même auteur, chanl est encore le nom arabe d'un poisson deia mer Rouge, très-semblable à l'anged, mais plus petit des deux tiers. Voyez Aug^m et C«anos.(H. C.) •

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CHANLUNGJAN. (Bot.) Voyez Chalûngan. (J,) CHANNA. {IchthjoL) On trouve sous ce nom, dans le Bjrstema ichthyologiœ Blochii de M. Schneider, un genre de poissons qu'il place dans sa classe des pentaptérygiens, ordre des achîres. Ce genre appartient à la famille des pantoptères de M. Duméril. Ses caractères sont les suivans :

Corps arrondi , eompriméj couvert d^ écailles larges; nageoires impaires , non réunies; mâchoire inférieure plus longue; dents trèS' petites y nombreuses , confusément semées sur les mâchoires et l&

• palais; opercules écailleuses; une seule nageoire du dos,

ATaide de ces notes, on distinguera facilement ce genre de ceux des anarrhiques et des coméphores, dont il se rapproche par quelques caractères.

Le Channa, Channa orietUalis , Schn., tab. 90, fig. 2, Teinte générale d'un brun châtain; caudale arrondie; nageoires san& aiguillons.

C'est un poisson des Indes orientales, décrit d'abord par Oronou , Zooph. i35, n."* 408, t* 9, fig. i. (H, C.)

CHANNO. ( IchthjroL) Sonnini (Voy. en Grèce , 1. 1 , p. 1 8 1 .) sous appfçnd que les Grecs modernes donnent ce nom au

• lutjaD serras. Voyez Lùtjan et Serran. (H. C»)

CHANOS (IchthyoL) , nom . d'un genre de poissons de la . famille des Lépidofom£s( voyez ce mot), que M. de Lacépède , a séparé deamugils de Linnaeus, et dont le& caractères, faciles; à étai^lir, sont les suivans :

Nageoires pectorales non prolongées; nageoire dorsale unique > . sans appendices; les côtés de la queue garnis d^ ailes membraneuses;, point de derits^

Le Chanos d'Arabie : Chanos arabicas , Lacëp. ; MugU chanosy, I^prsk., Lina. Tête plus étroite que le corps, apktie, dénuée de petites écailles., et d'un vert mêlé de bleu ; la lèvre supéviipieure échancrée et avancée; le& écailles larges, arrondies., ^rgentéea et brillantes..

Il y a des individus de ce poisson de la mer d'Arabie qui 4tteignçnt la. taille de douze pieds; d'autres n'ont que quatre pieds de longueur. Les Arabes les désignent par des noms différens. Voyez Ange» et Chaj^i. (H. C^)

CHANSARET-EL-ARUSI. {Bot.) Aux environs du Caire ^ suivant FojTskael; on nomme ain;ii Vattragalus triméUri^, C'est.,.

• CHA i37

selon M. Delîllc, le "khansar-el-arousek y c'est-à-dire, le doigt de Fépouse, ainsi nommé à cause de la forme, de sa gousse» (J.)

CHANSONNET. (Omith.) Da^s certains endroits du département des Deux-Sévres, on donne ce nom au sansonnet, ou étourneau commun, sturnus vulgaris , Lînn. (Ch. D.)

CHANT. ( Ornith. ) Tous les animaux qui ont des poumons, peuvent exprimer leurs affections par la voix: mais la faculté de chanter, c'est-à-dire, d'accompagner l'émission de là voix de sons cadencés , de ces inflexions qui constituent la mélodie , est l'apanage exclusif des oiseaux ; et les familles chez les^quelles cette faculté s'exerce de la manière la plus remarquable , appartiennent à l'ordre des passereaux. Les nuances dans les intonations ne permettent pas de douter que la voix ne soit , dans tous les temps , un langage au moyen duquel les diverses espèces correspondent entre elles , et expriment leurs besoins réciproques; mais, l'amour étant le premier de ces besoins , c'est au printemps que les mâles , dont les désirs sont plus vifs, chantent avec plus de force et de continuité. La musique est un attribut qui dépend de leur nature. En liberté, chaque espèce a son chant particulier; et quoique les moqueurs aient l'habitude de faire succéder à leur chant ordinaire une imitation des cris qu'ils entendent le plus fréquemment, les oiseaux, en général, ne réussissent à articuler des paroles et des phrases qu'en domesticité , et par un effet de l'influence de l'homme sur les différens êtres. Les perroquets, dont la langue est épaisse et ronde , la glotte flexible , le bec concave et voûté, sont ceux qui produisent, avec le plus de facilité, des sons semblables à la voix humaine. Viennent ensuite la pie, la corneille, le geai, le merle , l'étoum^au , etc. Enfin , beaucoup d'autres ont des chants et des prononciations variés , suivant les circonstances dans lesquelles ils se trouvent, et que l'on peut diviser en chants amoureux , chants joyeux, cris de rappel , cris de surprise ou d'épouvante ^ et ces différences sont si grandes , qu'afin de s'exprimer avec plus de justesse en traitant de chaque oiseau en particulier, il faudroit ne pas perdre de vue que le bouvreuil siffle^ le dindon glousse ^ le dindonneau jimu/e y les gobe-fournûs iintent ou earillonmnt , la mésange

i38 CHA-

pipe j le pigeon mâle roucoule , le coucou d'Europe coueoule , )a tourterelle gémit ^ le corbeau croasse^ le coq coquerique , la poule caquette j le perroquet crie et parle ^ la cigogne claquette^ l'agami crépite ^ le râle râle^ la fonlque flûteuse^tlte, le butor mugit f le flammant trompette^ la pintade cr^c«r«//«, la tourte* relie à collier et quelques mouette^ ricanent^ d'autres mouettes criaillent , le chardonneret gazouille , etc.

Le mécanisme à l'aide duquel les oiseaux tirent de leur gosier tant de sons divers , est nécessairement plus compliqué que cçlui des mammifères , et il a été l'objet des recherches de plusieurs anatomistes. Les uns ont prétendu que le volume de 1^ voix prenoitsa source dans les grands réservoirs d'air situés dans leur ab^iomen et leur poitrine , et qu'au-dessus du larynx supérieur , à la bifurcation de la trachée , se trouvoit un second larynx suspendu au milieu d'une cavité remplie d'air ^ et tapissée par une membrane bien tendue sur un os élastique ^ ce qui faisoit résonner la voix avec plus de force. D'autres ont aussi fait sentir que la voix des oiseaux pouvoit éprouver beaucoup de modifications dans l'intérieur de la trachée , où elle étoit produite ; cet organe , qui imite le corps d'un instrument musical , étant très-varié dans ses dimensions ^ tandis que la trachée des quadrupèdes ne pouvoit influer sur leur voix , qui ne se formoit qu'à son issue» Mais M» Cuvicr a jeté un plus grand jour sur cette matière difficile, dans deux Mémoires insérés au Magasin Encyclopédique , 2 / vol. de la i.** année, p. 350, et 2.* vol. de la 4.*^ année, p. 162. Après avoir posé en principe, que pour produire un son dans le conduit où l'air passe , il faut un corps ou une lame susceptible de vibrer , ce savant a fait observer que la trachée des oiseaux étoit munie , sur ses bords intérieurs , de membranes qui pouvoient produire cette vibration vers l'endroit où elle se rétrécit et où elle se partage en deux branches pour pénétrer dans les poumons ; de sorte que cette partie peut être comparée, pour ces usages, à la glotte des mammifères^ M. Cuvier conclut des nombreuses recherches par lui faites à ce sujet, d'une part, que la trachée n'est pas seulement un conduit pour l'air, mais aussi pour le son,-^ et, d'une autre, que c'est vers sa partie inférieure que se forme le son , le larynx supérieur étant dépourvu de glotte, et Tinférieur étant, au con^

traire , plus compliqué que chez les aiammifères , à cause de ses anneaux entiers, de sa longueur, de ses circonvolutions, et de sa forme si variée chez les divers oiseaux.

On peut comparer à Tanche des instromens k vent Touverture de la trachée-artère des oiseaux , laquelle est memhranense et formée par un repli de la peau intérieure du bronche , dont le rebord libre et élastique est dirigé vert le haut. Les deux bronches sont composés d'anneaux brisés , et une membrane sans cartilage ferme le côté par lequel ils se regardent* Les anneaux voisins dé la trachée sont souvent plus grands et toujours mdins courbés que ceitx qui se rap^ prochent du poumon, à Tentl^ée duquel ils sont presque en<tiérement clos ; et l'espace membraneux du bronche , très» étroit vers le poumon » s'élargit plus ou moins promptement, et prend, vers la bifurcation, une forme ovale plus ou moins grande* L'air, bhasaé du poumon et des réservoirs contre cette membrane, doit donc y produire une résonnance à peu près semblable à celle que l'air renfermé dans un tambour , ébranlé par la partie supérieure , produit sur Tinfé-* riçure. Le son est ainsi modifié^ tant en raison des degrés d épaisseur , d'élasticité ^t de tension de la membrane tympaniforme , que par l'état de Fouverture du bronche j qui représente les anches d'un instrument à Vent. Des muscles ser-^ vent à alonger ou raccourcir cette membrane^ à l'élargir ou. à la rétrécir, et le son est plus grave ou plus aigu , selon le& modifications que présenté }a forme de la trachée , dont les oiseaux peuvent d'ailleurs tenir Tôrifiee èupérîeur eatière* ment fermé, oU plus ou moins entr'oUvert*

Le larynx inférieur , que M. Olivier a trouvé dans tous les oiseaux par lui disséqués 4 excepté dans le roi des vautours* vullur papa^ Linn., dans l'urubu, vuUur aufa^ fait partie de la trachée-artère, et il consiste ordinairement dans une saillie membraneuse provenant de chacun des côtés de Terifice de la trachée, lequel est séparé en deux par une traverse Osseuse dirigée d'avant en arrière , ou seulement par l'angle de réunion des deux bronches, qui, au lieu des anneaux complets de la trachée, n'ont que des arcs cartila^neux^ et susceptibles d'une couibure plus ou moins forte, suivant les sons qu'Us sont destinés à] produire.

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' Il y â de deux sortes de larynx inférîears. L'es uns sent sans muscles propres , et tantôt avec des dilatations ou cavités latérales , comme chez les canards et les harles , tantôt sans dilatations , comme chez tous les gallinacés. Dans le premier cas , la traverse du bas de la trachée est au niveau de la membrane saillante qui en double l'intérieur ; dans le second cas , cette traverse est située au-dessous du derniei^ anneau , auquel elle tient. Le caractère constant d'aigu ou de grave dans la voix de chaque espèce paroît tenir à la compression latérale .du bas de la trachée et au rétrécissement de la glotte qui en résulte. Les larynx inférieurs à muscles propres n'ont qu'un seul muscle de chaque côté dans les faucons, les foulques , les râles , les bécasses , les chevaliers , et autres oiseaux de rivage à bec foible: ils en ont trois chez les perroquets, et cinq chez les oiseaux chanteurs.

Le larynx supérieur des oiseaux est placé à la base de la langue et à l'extrémité supérieure de la trachée-artère; il est , en général , garni de tubercules plus ou moins gros , plus ou moins nombreux; les oiseaux chanteurs en sont tous pHvés.

M. Cuvier, après beaucoup d'autres détails sur les divers organes de la voix des oiseaux, établit ti^is propositions principales, i .® Le son est produit dans l'instrument vocal des oiseaux comme dans les cors, les trompettes , ou dans les tuyaux d'orgue nommés jeux d'anches. 2.'' Il est modifié, relativement au ton , par les variations de la glotte , qui correspondent à celles des lèvres du joueur, ou de la lame de cuivre des jeux d'anches ; par les variations dansia longueur de la trachée, qui correspondent aux différentes longueurs des tuyaux d'orgue , et par le rétrécissement ou l'élargissement de la glotte supérieure , qui correspond à la main du joueur de cor, et à la fermeture ou aux cheminées des tuyaux d'orgue. 3.** La voix des oiseaux est d'autant plus susceptible de variations , que les trois sortes d'organes destinés à faire varier le ton , c'est-à-dire la trachée-artère et les larynx, ont un plus haut degré de perfection. (Ch. D.)

CHAJSTERELLE (J5oi.), CarUharellus , champignon qui doit son nom à une sorte de ressemblance entre sa forme et celle de la tête d'un coq lorsqu'il chante. C*est pour cette raisoiiL que les Italieiiâ le uomn^ent gaîlinacio.

CHA Ht

Unnxiis en a fait une espèce de son genre Agaric, agariçus, marUharellus ; mais les botanistes le comprennent actuellement dans le genre Merule, meruliusj dans lequel il est le type d'une section, celle des espèces dont le chapeau est pédicellé et concave. Cette section constitue le genre Cantherelles de M. de Lamarck, le même que le chanterel d'Adanson. Le canthfirellus de Jussieu répond au merulius , Fers.

La chanterelle est un champignon bon i manger : elle sera décrite à son genre. Voyez Mûrule et Girole. !(Lem.)

CHANTERELLE. {Chasse.) On fait, au soleil couchant et à la pointe du jour, une sorte de chasse aux perdrix et aux cailles mâles, en les attirant dans des filets que l'on a tendus, par le moyen de femelles de leur espèce, qu'on transporte dans des cages, et qui sont alors désignées sous le nom de chanterelles. Cette chasse se fait aussi à d'autres petits oiseaux*; l'on nomme appelaas les ''individus dont on se sert, et k défaut de ceux-ci on emploie l'instrument connu sous la dénomination d'appeau. (Ch. D.) -

CHANTEURS. {Ornith,) Tous les oiseayx qui se font remaïV quer par un chant plus ou moins étendu,^ par une voix plus ou moins mélodieuse , sont compris sous cette dénomination générale. M. Vieillot a donné proprement le nom de chanteurs , canorij à la vingtième famille de son ordre des oiseaux sylvains 9 et de la tribu des anisodactyles, en lui assignant pour caractères un bec comprimé, le plus souvent échancré, rarement à bords finement dentelés, fléchi en arc, ou droit et courbé à la pointe, et l'ongle postérieur quelquefois plus long que le pouce. Le nom de chanteur a été d'ailleurs appliqué spécialement au pouillot ou chantre, motacilla trochilus^ Linn.» au. petit chanteur de Cuba,/riiigi7Za lepidaj Gmel., au chanteur patagon , motaxiUlapatagonica^ Gmel. , lequel est décrit tom. s , in-S.'^^pag. 288, de la traduction du Voyage de Dixon, et figuré pi. 20 du même ouvrage. (Ch. D.)

CHANTRANSIE ( Bot. ) , Chantransia. Ce genre appartient à la famille des algues , section des conferves. M. Decandolle , en l'établissant, y rapporte toutes les conferves d'eau douce qui sont filamenteuses, cloisonnées, et dont l'intérieur contient une matière de forme indéterminée, composée de séminales très-nombreuses I fort petites , sortait de leur loge , ou

germant dans l^inférieur même : les plantes sont aînrî prolifères.

Ces caractères ramènent dans ce genre un nombre considérable d'espèces généralement très-difficiles à caractériser j il n'est même pas constant qu'ils appartiennent exclusivement aux chantransies, et qu'un grand nombre d'espèces de conferves marines , placées dans le genre Ceramium , ne les offrent pas, Nous voulons parler ici des ceramium verts, dans lesquels on n'a pas encore vu ces tubercules ou bourgeons particuliers aux ceramium cornés. Les naturalistes ont senti Tavantage de diviser les conferva de Linnseus en plusieurs genres. Le chantra'nsia est un de ces genres qui , lui-même , demande à être subdivisé. M. Bory de Saint-Vincent a proposé de réunir en un seul groupe les chantransies dont les articulations renflées aux deux bouts sont unies les unes aux autres par un m solide et intérieur. Ces articulations ne sauroient être mieux comparées qu'à une suite de bobines enfilées. Ce groupe constitue un genre reconnu par la plupart des botanistes. (Voyez Lemanea.) Ilneresteroitdansle genre Chantransia que des espèces vertes , finement capillaires , souvent d'une délicatesse extrême , dont les articulations , en général , comprimées alternativement dans un sens opposé, ne présentent point le fil central àes lémanées , et dont la matière verte qu'elles contiennent n'est point en étoile ou en spirale, comme elle se montre dans le genre Conferva , tel que les botanistes l'adoptent actuellement.

hes phantransies offrent en outre, de distance en distance , des bourrelets d'où partent quelquefois des articulations qui se développent en ralgieaiix ; ceux-ci naissent aussi des cloisons m^mes de la plante , ou bien ils font leur intervalle.

Les cbantransies se plaisent dans les eaux courantes ou agitées ; on en trouve aussi dans les eaux tranquilles. Une grande agitation ne paroît pas arrêter leur développement ; nous avons souvent recueilli des chantransies sur les rouages àes moulins,, sôus des bateaux continuellement en mouvement , et dans des ruisseaux/d'un cours très-rapide. Ces chantransies sont du nombre de celles qui vivent fixées par un petit empâtement qui n'est qu'use touffe de filamens micros-

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"copîqiies , péirëtrant le bois*, la pierre ou la plante même ^ui lui sert de soutien.

Elles ne tirent aucune nourriture de ces corps, et des filamens détachés par une cause quelconque végètent librement. Lorsqu'elles sont amenées dans des eaux* dormantes, elles s^ développent et s'y multiplient même avec une plus grande facilité , au point de former des tapis nageans , fort étendus , d'abord verts, puis vert-jaunâtre, et enfin blanchâtres lorsque la plante est morte; on a cherché à tirer parti de ces chan* transies , mais sans succès. On a tenté en vain à en fabriquer du papier, même du papier pour enveloppes. On a cru que les chantransies concouroient à la fétidité des eaux sur lesquelles elles séjournent. Il est présumable , au contraire , que ces plantes contribuent à assainir ces eaux putrides, remplies d^animaux et de végétaux en décomposition. L'expérience doit nous apprendre comment les conferves opèrent cette purification : l'on sait qu'elles exhalent de Toxygène.

Les espèces de ce genre sont très-nombreuses ^ et il n'existe pas de travail qui les fasse connoitre. Il seroit à désirer que quelque naturaliste portât son attention sur elles, et en* donnât une monographie. £n attendant , on peut prendre pour tyipe de ce genre les espèces qui suivent : 4

Chantransie pelotonnée : Chantransia glomerala , Dec. , FI. fr., n.* 121 yConferva glomerata, Linn. ; Pofysperma glomerata,' Vauch. , Conf. , 1. 1 o , f . 4, 5. Verte ; filamenis très-rameux , surtout vers l'extrémité où ils forment des pinceaux ou des espèces de pelotons ; articulations oblongues , renflées dans le milieu. Elle est très-commune dans les eaux pures , les canaux, les rivières : elle forme des touffes de trois à 'dix pouces de longueur, et d'un vert jaunâtre ou d'un vert d'herbe.

Chantransie bes ruisseaux : Chantransia rivularis , Dec. , Fi. fr. , n.* 123 ;' Conferva riyfularis , Linn. ; Proliféra rivutaris, Vauch., Conf., p. 129, t. 14» f« i« D'un beau vert Ou d'un vert foncé , filamens très-longs , garnis d'espace en espace de bourrelets d'où sortent de nouveaux filamens; articulations beaucoup plus longues que larges. Cette espèce est fort commune dans les ruisseaux et les étangs : elle y forme des tapis serrés et flottans; les filament ont jusqu'à deux pieds de longueur.

Ce genre a été dédié par M. DecandoHe k M. Glrod-Chad' trans, auteur d'un ouvrage intitulé Recherches chimiques et mi-« croscopiques sur les Conferves, Bysses et Trémolles, etc. , i roU in- 4**, ]8o2, dans lequel l'auteur s'efforce à prouver que ces végétaux sont de vrais polypiers; mais, comme Ta fort bien fait observer M. Bosc , il est tombé dans cette erreur en prenant pour les animaux des conferves , des volvox et des cercaires qui vivent dans les mêmes eaux et dans les mêmes circonstances^ Voyez PoLYSFE&MB, PaouFERE, Lémanjée. .(Lbm.)

CHANTRE ( Ornith* ) j un des noms du Pouillot , motacilla trochillus , Linn • ( Ch. D. )

CHANVRE (Bot,) , Cannabis^ linn., genre déplantes dicotylédones, apétales diclines , de la famille des urticées, Juss.^ et de la dioécie pentandrie <, Linn., dont les principaux caractères sont d'avoir des fleurs dioïques, conformées ainsi qu'il suit : chaque fleur mâle est composée d'un périanthe caliciforme à cinq folioles oblongues ; de cinq étamines un peu plus courtes que le périanthe , et dont les anthères sont tétragones et oblongues : chaque fleur femelle consiste en un périanthe d'une seule pièce , oblong, caliciforme , s'oùvrant d'un côté dans toute sa longueur; en ui\ ovaire supérieur, surmonté de deux styles subulés et velus. Le fruit est une petite capsule crustacée , presque globeuse , bivalve , recouverte par le calice , et contenant une seule graine.

On ne connoît que deux espèces de ce gen^e.

1.* Chanvre^cultivè i Cannabis satiVa, Linn. Spec, 14575 Lam. Illust, t. 814. Sa tige est fii'oite, simple, un peu quadrangulaire, légèrement velue, haute de quatre à six pieds , et quelquefois plus ; ses feuilles sont opposées , pétiolées , découpées en cinq folioles lancéolées , dentées en scie. Les fleurs, dans les individus m41es, sont disposées dans les aisselles des feuilles supérieures , en petites grappes lâches y d'une couleur herbacée : dans les individus femelles, les fleurs sont également axillaires , mais presque sessiles ^ peu apparentes , et remarquables seulement par leurs styles. Le chanvre cultivé est une plante annuelle , qui croît naturellement dans les Indes et en Perse ; miais comme elle est d'une grande utilité , on l'a transportée depuis long-temps en Europe , où elle est presque naturalisée dans plusieurs de ses parties méri-

dionaZes, et on la oultiye même avec succès. dam ses récîMs les plus septentrionales.

La plante entière a une odeur forte , qui est enirrante exhilarante et narcotique. 11 suffit, dit -on, de se livrer, a» sommeil dans le voisinage d'une chenevière (on aj^pelle ainsi lia champ dans lequel on cultive du chanvre) pour éprouver ^ en s'éveillant , des vertiges , des éblouissemens et une sorte d'ivresse. Dans le nord, selon Bergius, le chanvre n!a pas ]a propriété exhilarante qui se trouve dans celui du midi* Ses feuilles font la base d'une préparation connue dans tout rOrîent sous le nom de hasohi$ch , et que l'on emploie de différentes manières , soit en liqueur , soit sous forme de confection ou de pastilles édulcorées avec des substances sucrées , soit même en fumigations. L'ivresse produite par le haschisch jette dans une sorte d'extase pareille à celle que lea Orientaux se procurent par l'usage de Topium j et , d'aprèa le témoignage d'un grand nombre de voyageurs , les hommes tombés dans cet état de délire s'imaginent jouir d'une félicité dont l'acquisition leur coûte peu , mais dont la jouissance trop souvent répétée altère leur organisation, et les conduit au marasme et à la mort.

A la Cochinchine et dans les Indes, les habitans mêlent les feuilles de chanvre avec celles du tabac à fumer, et ils se procurent par ce moyen une gaieté et une sorte d'ivresse dont les effeU sont à peu près les mêmes que ceux du haschisçhi d'Orient, et dont l'usage immodéré et trop fréquent produit la stupeur, l'hébétement, la consomption et la perte de la vie*

La graine de chanvre, à laquelle on donne vulgairement l^ nom de chenevis , est très-bonne pour engraisser la volaille^ Les poules auxquelles on en donne pour nourriture, pondent, plus abondamment. Ûans les villes , on en fait une conspmmation assez considérable pour les oiseaux de volière. On en retire par expression une huile qui est très-bonne à brûler, et qu'on emploie dans la peinture, ainsi que dans la fabrication du savon noir. Plusieurs animaux domestiques mangent avec avidité les tourteaux formés par le inarc qui reste après l'expression de cette huile. Le chenevis paroît participer jusqu'à un certain point des propriétés narcotiques du chanvre lui-même ,• quelques médecins assurent l'avoir employé avec avantage en

5r4€ CÏfÀ

^^mulsîoh, dans plusieurs maladies^ et principalement d'ans^lk^ Èlennorrhagie inflammatoire.

£n Europe, c'est principalement sôus le rapport de ses pro- J^'étés économiques, que le Chanvre est une plante précieuse. Les filamehs qu'on retira de son écorce, et qui sont connus «ous le nom de filasse, sont employés à faire des cordes, des toiles de toute espèce, dont l'utilité et les usagés sont infini- JHieht variés. La récolte du chanvre est d'un grand profit pour «certains départemens dé la France , et il est en général peu de cantoris dans lesquels cette plante ne soit plus ou moins* cultivée. Sbus tous ces rapports, elle mérite que nous entrions^ dans quelques détails sur sa culture , et sur les diverses préparations qu'on hii fait subir pour en retirer la filasse.

La graine de chanvre, comme la plupart des semences '«eléaginétises, ne conserve qtie d'une année à l'autre sa faculté ^erminatlve. Cette raison doit faire apporter une grande attention dans le choix de celle que l'on veut semer , car il est eifôentiel de n'en j aurais employer que de la dernière ifécdlte ; lorsqu'on n'a pas la certitude qu'elle en soit, il faut s'en assurer en en prenant une poignée au hasard, et en en écrasant quelques grains avec les dents, afin de pouvoir goûter la petite amande qu'elle contient. Quand la. ^aine est" bonne , cette aihande est douce , et elle a un ^îpetît goât de noisette; lorsqu'au contraire elle a une saveur Acre, c'est qu'elle a déjà rancS, et qu'elle n'est plus propre à "germer. Toute graine dont l'écorce est blanche ou d'un vert ^àlcj est vide en dedans, ou son amande est mal nourrie,, et n'est pas non plus bonne à semer. Quand l'écorce est brufiâtre ou luisante , on doit présumer que l'amande est bienconformée, et que le germé en est bon. ■ Le chanvre demande une terre bien meuble et en même temps très-substantielle; aussi réiissît-îl parfaitement dans les nouveaux défrichemens des prairies, et surtout des bois, parce qu'il a fallu travailler profondément la terre pour arracher les souches des arbres, et que la décomposition des feuilles des arbres ou des herbes de la prairie a formé depuis Ibng-temps des couches de terre végétale.

Les meilleurs engrais pour les terres dans lesquelles on veut temrec du chanvre , sont des fumiers à demi consommés ^

fcHl , . ,'47

Répandus avaiit Thiver iur le terrain de là cheiiéyière , et enterrés aussitôt par un profond labour , ' afin ^u^ils aient> pendant rhiver, le temps de se décomposer entièrement. La nature du sol indique la quantité de labÀUro nécessaires. $ mais ils doivent être profonds, et renouvelés jusqu'à ce qat^ la terre soit parfaitement meublç , et. qu'il ne vésie pluâ de

inottes.

Le temps convenable pour seinet est celui ôùTon ce^^ iç craindre les fortes gelées*, mais il vaut mieu^ç en général sçmeiè un peu de bonne heure qu un peu plus tard, p^rce que^ lorsque les semailles sont faites avani la an de l'hiver , ItÉ graines lèvent mieux et profitent davantage, à cause despluiefl^ qui sont assez ordinaires à cette époque et a l'équinoxe du printemps» On peut d'ailleurs se précautiônner contre les gelées tardives, en gardant Une quantité de graines égalé à celle que l'on aura semée , pour réparer la perte qu'elles auroient pu causer. Si les semailles n'ont éprouvé aucun dommage , et que ces graines soient par conséquent de reste, elles pe seront point perdues pour le cultivateur; il pourra les employetà la nourriture de jeunes poulets ou de jeunes pigeons.

La graine se sème clair ou épais, selon l'usage auquel on. destine le chanvre : s'il doit être employé a fabriquer de$ toiles, la graine doit être semée épais ^ parce que , dans ce cas, l'écorce plus fine, produit une filasse plus fine, plus douce ^ plus soyeuse, et qui blanchit plus . facilemeift. Lorsque Iç chanvre doit servir à- faire des cordes, il faut que la grafne Éoit écartée , parce qu'alors elle produira des tiges beaucoup plus élevéeà, beaucoup plus grosses, dont la filasse sera gros^^ fcière et en longj^ brins.

On ne .doit pas trop enterrer la graine, parce qu'alçirs elle pourrit sans lever : U ne faut la irecouvrir que d'une légère couche de terre. Une petite pluie survenant peu aprè? J'ensemencement, fera germer et levpr promptement les graines. Dans le cas de sécheresse, il sera \ prCfpos, si l'on est dans léi voisinage de l'eau, de fa^re dçs ^atrosemens , soit par irriga*^ tion, si Ton a cette facilité , soit m^ine avec des arrosoirs, si le premier moyen est impraticable;..

Lorsque le çhanvrç est sprti 4.e.te|:'Tp, et qu'il a deux ou trois pouces de hauteur^/ c'est le moment de le faire sarclet

j4« CHA

et de rëclairdr sHl a ëtë semé trop épais* Le sarclage est essentiel et indispensable pour empêcher les mauvaises herbes qui, croissant souvent en grande abondance dans une terre l)ien préparée , pourroient étouffer le chanvre : mais il suffit que cette opération soit faite une seule fois ; car, dès que les liges du chanvre sont parvenues à une certaine élévation , elles né permettent plus aux autres herbes de croître, ou elles les font périr promptement en leur interceptant Fair et la lumière.

Là récolte du chanvre se fait le plus ordinairement en deux fois : dans le premier travail on n'arrache que les pieds mâles que les gens de la campagne nomment presque partout chanvre femelle; et lors du second, le chanvre femelle, qu'ils prennent aussi mal à propos pour le chanvre mâle.

Le moment convenable pour arracher le premier chanvre est quelque temps après la floraison, lorsque les pieds mâles, ayant répandu leur poussière *sur les femelles, ont rempli leur destination en fécondant la graine de ces derniers. Ces pieds ne tardent pas alors à se dessécher ; le haut de leur tige jaunit, et le bas blanchit. Les ouvriers qui sont employés à cette opération, communément ce sont des [femmes, doivent faire attention , en enlevant les pieds de chanvre mâle , à ne p^ endommager les femelles, qui, selon le climat et la chaleur de la saison, doivent encore rester cinq à six semaines , jusqu'à ce que les graines aient acquis leur parfaite matudté.

' Les pieds mâles, arrachés, sont mis en petits faisceaux, portés au-delà du champ , oii l'on doit , avec un instrument tranchant, couper toutes les racines un peu au-dessus du collet , ce qui se fait alors d'une manière très-expéditive , le chanvre étant encore vert; si l'on attendoit qu'il fût sec, il faudroit la moitié plus de temps. Il faut aussi supprimer et abattre toutes les feuilles qui garnissent la partie supérieure des tiges, et qui, si on les laissoit, occasîoneroient une fermentation nuisible à la plante. Après cela on fait ordinairement sécher les bottes de chanvre mâle pour les garder jusqu'à ce qu'on ait fait la rétolte du chanvre femelle , et pour lesmettre à rouir ensemble ; mais, l'expérience ayant démontré que le chanvre qu*on met dans l'eau aussitôt aprè^

qu^il est arraché , vaut mieux que celui qu^on laisse sécher pendant quelques jours, il est inutile d'attendre que le chanvre femelle soit récolté, pour faire subir au chanvre mâle la pré* paration du rouissage, dont nous parlerons plus bas au sujet du chanvre femelle.

Dans quelques cantons on arrache tout à la fois le chanvre mâle et femelle, en réservant sur les bords du champ une certaine quantité de pieds femelle^ pour se procurer les graines nécessaires aux semailles suivantes. Cette méthode est mauvaise, en ce que le cultivateur se prive par là d'une récolte abondante de graines qui auroient pu lui servir i nourrir de la volaille , ou dont il au roi t pu retirer de l'huile ; et outre cela, les pieds femelles n^ayant pas acquis toute la perfection k laquelle ils ne parviennent qu^à Tépoque de la maturité des graines, la filasse qu'on en retire n'est que d'une qualité inférieure , et la toile qu'on en fait e^t de peu de durée.

Tous les oiseaux granivores sont très-friands de la graine de chanvre ; plusieurs petits quadrupèdes rongeurs , comme les campagnols et les mulots , en font aussi un grand dégât. Il faut chercher à écarter tous ces ennemis dès le moment où l'on a fkit le semis , et il faut renouveler ces précautions lorsque les graines approchent de leur maturité. C'est alors surtout que, pourécarter les oiseaux, il faut multiplier les fantômes, les changer de place, mettre même des enfans qui se promènent autour du champ en agitant et en frappant l'une contre l'autre deux lattes de bois, ou autres objets propres à faire du bruit. Quelques coups de fusil tirés par intervalle , trois à quatre fois par jour, sont encore un très -bon moyeii d'écarter les oiseaux.

Les pieds de chanvre mâle sont toujours en bien plus petite quantité que les pieds femelles, et communément ils sont trois fois moins nombreux. Dans leur jeune âge ils sont plus grands que les femelles; mais quand ils approchent de la floraison ^ ils s'arrêtent, ne croissent plus que fort peu, et les femelles ne tardent pas alors à les atteindre et à les dépasser.

Lorsque le temps de récolter les pieds femelles est enfin venu , les ouvriers occupés à ce travail doivent avoir la prépsmUon d'arracher les plantes sans les secouer^ et de ne point

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renverser ni incliner leur tête. Quand Us. auront rassemblé unef certaine quantité de tiges y ils les mettront en bottes d'une grosseur de proportion à pouvoir être tenue dans les deux mains.

Beaucoup de cultivateurs font sécher rapidement leur chanr vre , en appuyant les bottes contre un mur exposé au soleil ; mais par là ils arrêtent subitement un reste de végétation qui, continué encore pendant quelques jours, tourne au perfectionnement de la filasse et de la graine. Il est donc préférable, lorsque la récolte est terminée, de mettre > dans le champ même , toutes les bottes en meule , tête contre tête , en couvrant de paille le sommet de ce tas, afin de garantir I9 graine de la pli|ie et de la voracité des oiseaux : la graine achève ainsi d'arriver à sa parfaite maturité. Mais il est à propos , lorsqu'il est survenu de la pluie qui a mouillé le tas, de profiter des premiers rayons de soleil pour donner de J'air aux bottes, et les faire sécher, car la pourriture et la moisissure pourrqient altérer la qualité des graines et de la filasse.

On ne se sert point du fléau pour battre les graines du chanvre , parce qu'il les écraseroit. Dans quelques cantons on étend de grands draps dans les champs, et on frappe avec des bâtons sur les sommités des bottes de chanvre femelle appuyées sur un banc ; dans d'autres, on secoue fortement la partie supérieure de ces bottes en la frappant sur le bord d'un tonneau défoncé par un de ses bouts, et dans lequel les graines tombent par ce moven.

Quel que soit celui de ces deux procédés qu'on ai| employé , on vanne la graine a6n de la dépouiller de tous les débris de la plante, et surtout des calices qui se sont mêlés avec elle, on la porte ensuite dans un lieu sec , exposé à un grand eourant d'air j on l'étend sur un plancher, où elle est remuée et changée de place jusqu'à ce qu'elle ait perdu toute humi* dite surabondante : alors .seulemeat on peut l'amonceler sans courir les risques que la fermentation s'y développe , ce qui 3a feroit noircir, et lui feroit perdre sa l'acuité germinative, en sorte qu'elle ne seroit plus bonne à rien.

Quand on a recueilli les graines du chanvre, on retranche ses radnes et le sommet de ses tiges, pour faîre subir à ces

CHA. ^^x

dernières une préparation qu'on nomme le rouissage. Cette ppéparatioB a pour but de décomposer le ^uten qui unit les fibres de Técorce les unes arec les autres et à la tige , et d'ob« ienir ce qu'on appelle de la filasse.

L'endroit où l'on met rouir le chanvre, s'appelle routoir* La plante est plus tôt rouie dans une eau dormante que dans une eau courante; et l'opération est encore d'autant plus tôt terminée , que la saison est plus chaude. Dans le climat de Paris, il faut communément, dans un routoir isolé, quatre k cinq jours pendant les mois de juillet et d'août, six à huit ea septembre , et neuf à quinze en octobre. Dans les «aux cou* rantes, dans celles de source , celles qui sont trop profondes 4)u trop étendues, dans celles qui sont séléniteuses ou salées, le rouissage est plus long.

Pour rouir le chanvre à Peau , soit dormante , soit courante, il faut auparavant Pavoir mis en bottes assujetties par deux liens , l'un placé près de la base , du côté où étoient lei racines , et l'autre aux deux tiers de la longueur de la botte. On range ensuite jtoutes les bottes -ou javelles dans Peau , les unes à côté des autres; on en forme plusieurs lits, et on^ charge le tout de pièces de bois et de pierres, de manière k tenir la partie supérieure k environ six pouces au-destous dt la surface de l'eau.

Dans cette sorte de rouissage, les javelles de la partie -supé-^ rieure sont toujours plus tôt rouies que celles placées plus profondément dans l'eau, en sorte qu'on feroit bien de retirer le» ' javelles successivement, et de laisser les inférieures lin jour ou deux de plus que les supérieures; mais on n'est pas dans cet usage : aussi s'ensuit-il que le chanvre est presque toujours inégalement roui. Quoi qu'il en soit, on reconnaît i[ue Topé* xation du rouissage est-achevée lorsque, après avoii^ retiré quelques brins séparément , et les avoir fait sécher, les ti^esy en les pliant, se rompent facilement en fragmens, et que l'écorce ou filasse s^en détache d'un bout à Pau^e. Ces fragmens, ainsidépouillés de leur écorce, «e nomment alors ehènèvotte. '

Quand on met rouir le chanvre dans une eau dermlânte, îT n'a pas besoin d'être assujetti autrement que^par la charge dont on le couvre pour Penfoncerdans Peau ; mais, quaiid on fait* /C£jite opératipn dans des ruisseaux d'eau courante , on com- '

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prend qu^l est nécessaire d'assujettir les javelles au moyen de piquets enfoncés dans le sol du fond de l'eau , pour les empé^ cher d'être entraînées par le courant

Aussitôt qu'on a reconnu que le chanvre est sufi^mmenf roui , il faut le retirer de l'eau , en le lavant à mesure. Il seroit très-avantageux de faire ce lavage sur le bord d'une rivière et dans une eau courante ; mais les inconvéniens qui peuvent en résulter pour les poissons, et même pour les hommes et les l)e$tiaux,. empêchent souvent de le faire, et l'on est obligé de se contenter de le laver en jetant dessus une grande quantité d'eau.

L'eau dans laquelle on a fait rouir du chanvre prend une paveur ei^traordinairement désagréable , et elle contracte une odeur infecte. S'il y a du poisson dans cette eau , il commence d'abord par être enivré; mais, à mesure que la fermentation absorbe tout l'oxygène de l'eau , le poisson finit par périr. Non seulement cette eau paroît contracter des qualités nuisibles , ^ais encore les émanations qui s'en échappent peuvent occasioner des maladies graves dans les lieux Qu'elles avoisinent: aussi les magistrats chargés du soin de la salubrité publique ont-ils presque partout défendu, par de sages réglemens, de pratiquer cette opération dans l'enceinte des villes, dans le voisinage des habitations , et dans les rivières ou les eaux cour riantes qui servent à la boisson des hommes et des bestiauic.

Aujssitôt que le chanvre est retiré de l'eau et lavé , il faut -le faire sécher promptement , en déliant les bottes , en les diyi^ant en plusieurs petits paquets , ou seulement en ne leur laissant qu'un lien dan$ la partie moyenne, et en écartant pap le pied , et en rond , les brins de chaque botte , de manière qu'on puisse le$ dresser par ce moyen sur le sol en les exposant en plein air ; ce qui vaut mieux que de les placer contre vn mur, à la chaleur du soleil, qui colle contré la chenevotte la filasse qui n'est pas çi^core jtjotalement débarrassée de tout spn gluten.

Le rouissage da^is l'eau (e9t celui qui est le plus généralement en usage; cependant, dans quelques pays, les loca-? lités QC permettant pas de l'employer , on est obligé de fairq xpuir le chanvre par d^ax autres procédés , à l'air et dan^ ^ t^rre.

Pour rouir à Fair , on étend le chanvre sur le terrain d'une prairie dont on a coupé le premier foin. Ce chanvre doit rester sur la prairie pendant la nuit seulement, et dés le matin , aussitôt que le soleil paroît , et avant qu'il dissipe la rosée, on relève complètement tout le chanvre, et on l'amoncèle en tas qu'on recouvre de paille. Dès que le soleil est couché , on étend de nouveau le chanvre sur la prairie , et on le relève de même le lendemain , en continuant tous les )ours le même procédé jusqu'à ce que le rouissage soit complet. Si l'on avoit une ou plusieurs journées pendant lesquelles ou eût des pluies presque continuelles , on pourroit se dispenser de relever le chanvre chaque matin , et l'opération en avaneeroit davantage ; dans le cas d'une trop grande sécheresse , au contraire, et de l'insuffisance des rosées, on pourroit l'accélérer en faisant, le soir, des arrosemens sur le chanvre. Onvoit, d'après cela, que, quoique cette opération s'appelle rouissage à l'air , c'est bien évidemment l'eau des rosées , des pluies oa des. arrosemens, qui en est le principal agent. L'eau est également le principe du rouissage en terre , ainsi qu'on va le voir.

Pour rouir en ferre , on creuse , à la portée id'un puits , une fosse d'une largeur proportionnée à la quantité de chanvre qu'on a récoltée ; on y arrange ses bottes ou javelles comme dans un routoir ; on les recouvre d'un pied de terre , et on arrose abondamment une seule fois : car on retarderoit la fermentation, et par conséquent l'opération, en jetant de Feau dans )a fo^e à plusieurs reprises. Il faut , pour opérer le rouissage de cette manière , le double de temps que dans Feau ; au reste , on s'assure du moment où il est au point convenable , en visitant tous les deux jours une des bottes supérieures , et en examinant Fétat du chanvre.

Lorsque^ le chanvre est roui , retiré de Feau , lavé et séché , on le serre au grenier ou dans un autre lieu sec et aéré, jusqu'à ce qu'on lui fasse subir deux dernières préparations après lesquelles il est enfin propre à être mis en œuvre. Ces dernières préparations consistent à le tiller et à le peigner* Far la première , on en rompt les brins Fun après l'autre par le groa bout , pour détacher des chenevottes la filasse dans |oute ça longueur» C'est ordinairement dans les veillées des

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«longues soirées d^hîver que les gens de la campagne se livrent à ce travail, qui est le partage des femmes et des enfans ; mais^ comme il demande beaucoup de temps , on ne le met en pratique que dans les cantons où la culture du chanvre est tré&* bornée* Dans ceux , au contraire , oh cette plante est cultivée plus en grand, on se sert d'un instrument qu'on nomme mâche, mâchoire ou brayoire« C'est une sorte de machine <;omposée de plusieurs petites planches posées de ehamp, fixées par une traverse à chacune de leurs extrémités, et séparées les unes des autres par des intervalles vidçs. Cette partie <le la machine est immobile, etmontée sur quatre pieds, à dçmi* hauteur d'homme, ou fixée par chaque bout *ur un tréteau- La seconde partie, ou la supérieure , est garnie d'un manche à Tune de ses extrémités, et retenue par l'autre au moyen d'une cheville qui la traverse, ainsi que la pièce inférieure, en lui laissant le jeu d'une charnière* C'est sur cette cheville ou axe que cette mâchoire supérieure se lève et s'abaisse au moven du mouvement que lui imprime l'ouvrier; et les contipartimens dont elle se compose sont divisés de telle manière <jue, lorsque celui-ci baisse le bras, ils s'enclav<en^t dans le» iatepvalles de la pièce ou mâchoire inférieure.

L'ouvrier qui fait agir cette machine, abaissant rapidcr ment, avec la main droite, la mâchoire supérieure sur les tiges de chanvre dont il tient de l'autre main une poignée ^u'il fait passer successivement et à plusieurs reprises , dan« toute sa loi^gueur , entre les mâchoires de l'instrument , la chenevotte est brisée en fragmens menus qui quittent la filasse, et tombent à terre.

Quelle que soit la manière qu'on ait employée pour tiller le chanvre , il reste encore à le peigner. Cette dernière opération se fait au moyen d'un instrument nommé seran ou seran- •çoir. C'est une petite planche d'un pied de longueur ou environ, sur deux à trois pouces de largeur, chargée d'un ^rand nombre d'aiguilles de fer formant des dents comme nne sorte de peigne à plusieurs rangs. En passant à différente» reprises la filasse à travers le seran , on la fait plus fine ou plus grosse , selon que les dents de cet instrument sont plus ou moins fines et serrées , ou grosses et écartées. Ainsi , pour donner à la filasse beaucoup de douceur et de finesse^ ejt l4^

CHA lii

rendre propre à faire du fil très-fin , il faut peigner le chanvre à plusieurs fois , en le faisant passer successivement par différens serans , en commençant par les plus gros , et finissant par les plus fins. Lorsque le chanvre a été tillé et peigné , on le met par peignées en bottes et en paquets -, il est alors bon à être mis en vente , et à être employé aux usages auxquels il est propre.

Les ouvriers qui sont employés à tiller le chanvre au moyen de la mâche, et ceux qui le peignent , sont très-sujets à des maladies qui attaquent particulièrement les organes de la respiration y et qui paroissent être moins Teffet des exhalaisons qui peuvent se dégager de cette plante, que de la poussière fine et menue qui s'en échappe dans les manipulations qu'on lui fait subir. Cette poussière est formée de petites paillettes imperceptibles que leur légèreté tient suspendues dans Tair, ^t qui pénètrent avec celui-ci à travers la trachée-artère, les bronches, et jusque dans leurs dernières ramifications pulmonaires, où leur présence excite une toux plus ou moins fréquente , des douleurs de poitrine qui conduisent ces ouvriers à d'autres affections plus graves, comme l'inflammation et \3L suppuration du poumon, auxquelles ils succombent infailliblement. Pour prévenir ces accidens, les chanvriers doivent prendre les précautions suivantes : travailler dans des lieux vastes; avoir attention de se mettre le dos au vent ; se laver souvent le visage et la bouche avec de l'eau et du vinaigre; se purger ou se faire vomir de temps en temps, toutes les fois que des nausées, des maux de tête, la perte de Tappétit, des douleurs de l'estomac les avertissent du mauvais état* de ce viscère.

Les funestes accidens qui sont trop souvent la suite de la manière ordinaire de travailler le chanvre , ont porté plusieurs personnes à chercher de nouveaux moyens de préparation qui fussent exempts des inconvéniens attachés aux méthodes ordinaires. Dans un ouvrage imprimé en 1780, et ayant pour titre : Analyse pratique sur la culture et la manipulation du chanvre, par Bralle, on trouve l'indication de moyens particuliers, propres à remplacer avec avantage la pratique habi* tuelle. Nous allons extraire sommairement ce que ce procédé présente de nouveau. Aussitôt que le chanvre est recueilli,

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il faut le mettre , encore vert , après en avoir retranché les

racines çt les têtes, par couches séparées, clans une fosse de

seize pieds en carré et de huit pieds de profondeur , qu'on

remplit ensuite d'eau , et qu'on entretient en la renouvelant

sans cesse, mais lentement, par un petit filet d'eau continu.

Quand le rouissage est achevé par ce moyen, on place le

chanvre, poignée par poignée, dans un auget rempli d'eau,

où il est retenu par des pointes qui sont dans le fond, et

par deux cordes, chargées d'un poids, qui passent par-dessus.

On retire ensuite par le gros bout la chenevotte brin à brin ,

et la filasse reste seule j enfin ou lave celle-ci dans une eau

courante , et elle est très-blanche et de bonne qualités

Les chenevottes servent dans bien des endroits à chauffer le four ; dans plusieurs cantons où l'on tille le chanvre à la main, on en fait des allumettes.

Les Romains n'employ oient le chanvre qu'à faire des cordes et des filets de chasse. Sous les empereurs , tout le chanvre nécessaire aux emplois de la guerre, se ramassoit dans deux villes de l'empire d'Occident , à Ravcnne en Italie, et à Vienne dans les Gaules. Celui qui en avoiti'intendance endeçà des Alpes, étoit appelé te procureur du linifice des Gaules , et avoit son établissement à Vienne.

On fabrique aujourd'hui des toiles de chanvre aussi fines que celles de lin, et qui durent davantage. La manière d'en faire ne paroît pas être très-ancienne , puisque l'histoire remarque, comme une nouveauté, que Catherine de Médicis , femme de Henri II, avoit deux chemises de toile de chanvre.

Outre l'usage des fils et des toiles auxquels on emploie le chanvre, on en fait encore quantité de choses, comme ficelles, cordes, câbles, filets de chasse et de pêche, voiles et autres agrès de vaisseaux ; des sangles, des échelles ; enfin des souliers que les Espagnols appellent alpargaUs , et dont on faisoit encore , il y a quelques années, un grand commerce aux Indes, jusqu'à en charger des navires.

Sous tous ces rapports , les bénéfices qu'on peut retirer de la cuîture du chanvre sont d'autant plus grands, que la plupart des manipulations qu'il exige sont de menus ouvrages qu'on fait faire à loisir par des femmes et des enfans , on dans^ les mortes saisons.

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Le Chanvre des Indes : Cannabis indiea ^ Lam. » Dictionn. encycL, 1. 1 ^p. 696. Cette espèce diJSere du chanvre commun en ce qu'elle acquiert le double de hauteur, jusqu'à quinze pieds dans nos jardins ; mais surtout parce que ses feuilles sont toutes constamment alternes. Les folioles de celles-ci sont trè»-étroites, linéaires-lancéolées, acuminées, au nombre de cinq à sept sur chaque pétiole j dans les individus mâles ; mais ceux qui sont femelles n'en ont communément que trois sur leur pétiole , et même les feuilles du sommet sont entièrement simples* Elle croit dans les Indes orientales.

Cette plante, ayant la tige dure etl'écorce mince, n'est pas, comme le chanvre cultivé^ propre à fournir de la filasse; mai» ses autres propriétés sont les mêmes. Les Indiens fument ou mâchent ses feuilles sèches , mêlées avec du tabac , pour se procurer une ivresse agréable. En exprimant le suc des feuilles vertes et des graines, et en le mêlant avec l'écorce, ils en composent une boisson enivrante ; et en ajoutant au suc dont il s^agit un peu de muscade , de gérofle , de camphre et d'opium, ils en forment une composition qu'ils nomment majuh, et qui, selon Clusius, est la même chose que le malack des Turcs. Cette composition fait éprouver des rêves agréables, ou procure un profond sommeil ; mais son usage trop fréquent doit causer les mêmes accidens que nous avons dit plus haut être la suite de l'abus des préparations dé chanvre commun, prises ^ l'extérieur. . ( L. D.)

CHANVRE AQUATIQUE (JBot.), nom vulgaire du hidens tripartita , Linn. Voyez Bidint. ( H. Cass. )

CHANVRE DE CRÊTE. (Bot.) On donne ce nom k la cannabine, daliseay qui a le port du chanvre, dont elle diffère d'ailleurs beaucoup par sa fructification. ( J.)

CHANVRE DES INDIENS. {Bot.) C'esJ ainsi qu'on nomme , dans quelques colonies, l'agave, dont les feuilles fournissent un fil propre aux mêmes usages que l'écorce du chanvre* ( J.)

CHANVRIN {Bot.) , nom vulgaire d'une espèce de galéope, gaUopsis tetràhit^ Linn. (L* D.)

CHAOS. {Bot. ) Voyez Charbon Dfis blés. ( Lem. )

CHAPE. ( Chim.) Cest le dôme du fourneau de fusion. Il est plus élevé que celui du fourneau de réverbère. Une large porte mobile, par laquelle on introduit le combustible

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dan« le foyer, se trouve sur le côté antérieur; la partie supérieure se termine en un tuyau cylindrique, sur lequet on place d'autres tuyaux lorsqu'on veut augmenter le tirage. (Ch.)

CHAPEAU {Bot.), f iléus. Dans les champignons gymnocarpiens on donne le nom de chapeau au péridion , lorsque ce réceptacle des corps reproducteurs termine le pédicule sous la forme d'un disque , d'une calotte ou d'un renflement quelconque. Le chapeau est garni en-dessous de lames rayon* jiantes, ou de tubes , ou de pores, ou de pointes , qui servent de support (placentaire) aux corps reproducteurs (séminules). Avant son développement, le chapeau est uni au pédicule par une membrane dont les lambeaux prennent le nom d'anneau lorsqu'ils restent attachés au pédicule, et le nom de cortine lorsqu'ils restent attachés au chapeau. Voyez Champignon. (Mass.)

CHAPEAU CANNELLE (Jîo^), espèce d'agaric qu'on trouve aux environs de Champigny, prés de Paris. Toute la plante a la surface sèche , une saveur et une odeur d^ bon champignon ; aussi eft-elle recherchée pour l'usage. Elle est très^délîcate et de bon goût ; c'est même , ajoute Paulet , un des Aiéilleurs champignons que Ton connoisse. On trouvé cet agaric par groupe de deux individus , ayant deux pouces et demi de hauteur. Le chapeau , quelquefois finement gercé, est couleur de cannelle claire j ses feuillets sont blancs et serrés ; la tige a près d'un pouce d'épaisseur. Paulet, Trait, i , p. i35, pi. 40. Voyez Jumeaux. ( Lem. )

CHÀreAU D'EVÈQUE (Bof.), nom vulgaire de l'épiinède des Alpes. On donne le même nom au fruit du fusain d'Europe. (L.D.)

CHAPEAU (Grand) TERRE D'OMBRE:(Bo^) C'est l'agar ici/s atrotomentosus , Batsch^ Elench. pi. 8, f. 32 , dont le chapeau et les feuillets sont couleur de suie ou de terre d'ombre. Son pédicule est noir. Ce champignon est le premier de la section des pleuropus , du genre Agaricus, de Persoon, Syn. , P..472 , n.* 416. Voyez Fungus. (Lem.)

CHAPEAU (Petit) D'ARGENT (Bpt.) , espèce d'agaric décrite par M. Paulet , Tr., 2 , p. 232 ^ pi. 1 1 1 , f. 3 , et qui ne paroît point malfaisante. Elle naît en tonSé de quatre ou cinq indi-

Vîdus 9 Blancs partout. Leur petit pédicule a un poiice et demr de longueur, sur une ligne de diamètre contenu avec le cha^ peau. Celui-ci , relevé à son centime en bossette, et garni en-; dessous de feuillets très-fins et inégaux , n'a que six lignes de diamètre. Voyez Serpentins. ( Lbm»)

CHAPEAU (Petit) DE SENARD (5o^). M. Paulet figure, pi. 53, f. 1, de son Traité des Champignons, une espèce d'agaric qu'on trouve en automne dans la forêt de Senard, et qui paroît mal-^ faisant. Il est haut de trois à quatre pouces ; le chapeau est de couleur de marron , garni de feuillets blancs, inégaux» Voyez PiEDBOTS. (Lem.)

CHAPEAU ROUX. ( OrmU. ) Sparrman a donné, sous le n.® 44 de son Muséum carlsonianum ^ là figure et la description d'un oiseau par lui rapporté au genre Bruant , et nommé emheriza ruticapilla. Cet oiseau , remarquable par sa coiffure d'un rouge éclatant et bordée de noir ,' est de la taille du pinson : il a le corps brun en-dessuS ,' et cendré en-dessous.^ C'est Vemberiza rujieapilla de Gmeïîn, et lefringilla ruticapilla de Latham, Le naturaliste suédois ne paroissant point avoir vérifié si cet oiseau a au palais le tubercule caractéristique du genre Bruaiit, on ne peut encore lui assigner sa véritable place. (Ch. D.)

CHAPEAUX (Petits). (Bot.) M. Pa4ilet admet sous ce nom deux familles d'agaric. L'une sera mentionnée àl'artide Mous^ SERON d'eau; la seconde se divise en quatresections. La première section comprend des champignons à chapeaux plats, dont res-* pèce la plus remarquable, petite et toute bleue, a été décrite par J. Bauhin, cap. 69, p. 846, ic, Fungus parvus omnino ca» ruUus, La deuxième section renferme des espèces à chapeaux hémisphériques jVagaricus ermineus ^ Scop. n.** 1659, en fait partie. Latroisièmesectioncontientdes champignons à chapeau en cône obtus, gris cendré, dont les fungus n.°* 22 et 33 de Vaillant font partie. Enfin, la quatrième section est constituer sur un agaric à chapeau oval , blanc , décrit par J. Bauhin ^ cap. 73 , p. 847 , icon^Fungus albus pileolo iruferso, ( Lem.)

CHAPELET. (Erpétol. et IchtJvyoL) C'est le nom par lequel M. de Lacépède désigne une espèce de Couleuvre ( voyez ce mot), et un labre du grand golfe de l'Inde, découvert et dessiné par Commerson. Voyez Labre. ( H. CX

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CHAPELETS DE SAINTE-HÉLÈNE- (jBof,) Il est dîtj dans le Recueil des Voyages , que les Espagnols de la Floride nomment ainsi la racine semée de nœuds, ou boulettes rondes et velues, d'une plante qui est Vapoyomalsi ou patzisiranda du pays. Dans cet ouvrage, la description imparfaite semble indiquer une espèce de jonc noueux : c'est le même qui est nommé apoyomatli^ ou phatzisiranda au Mexique, et que Hernandez décrit et figure sous ce nom. Celle-ci paroît être une espèce de souche t, cjperus articulalus* Ces l'acines sont estimées dans la Floride : on les coupe, et on les fait sécher et durcir au soleil. Elles sont aromatiques , chaudes et astringentes. Les François les nomment patenôtre. Les sauvages du pays broient les feuilles entre deux pierres, et en tirent un suc dont ils se frottent le corps après s'être baignés , dans la persuasion qu'il fortifie la peau, et lui donne une odeur agréable*

CHAPELIÈRE (Bot,) y nom vulgaire du tussilago^ petasiUs j Linn. Voyez Tdssilagb. (H. Cass.)

CHAPERON. {Fauconnerie.) On appelle ainsi le morceau de cuir dont on couvre la tête des oiseaux de proie. Cette sorte de bonnet se nomme chaperon de riist , lorsqu'on s'en sert pour des oiseaux non encore dressés, et le faucon^ qui supporte patiemment le chaperon est dit bon chaperonnîer. (Ch.D.) \

CHAPERON (Eniom.), Clypeus. Cesi le nom par lequel on désigne la partie la plus avancée du front des insectes, celle qui touche immédiatement la bouche ou la lèvre supérieure. On trouve dans quelques familles de très-bons caractères dans la forme constante du chaperon.Nous avons employé avec quelque avantage cette considération dans la distribution des genres de notre famille des pétalocères ou lamellicornes.

Quelques auteurs ont traduit le mot latin clypeus par bouclier, de sorte qu'ils ont appliqué la même dénomination à la partie supérieure du corselet dans quelques^insectes , et en particulier à ceux de la famille des hélocères , qui comprend lessilphes, boucliers, nécrophores, etc. (CD.)

CHAiPITEAU. (Chim.) C'est la pièce supérieure de l'alambic. (Ch.)

CHAPON. {Omith,) On appelle ainsi le poulet mâle auquel

to a enlevé les testicules, et qui porte le noïA de chaponneatt lorsqu'il est encore jeune. (Ch. D<)

CHAPON D£ PHARAON. (Qrnith.) L'oiseau auquel on a donné ce nom et celui de pouU de Pharaon , est le vautour oti sacre d'£g3rpte , vuUur percnopterks ^ Linn. ^ neophron percnopte^ rus, Savig.; et de Maillet s'est évidemment trompé en croyant y reconnoître l'ibis, lorsque lui-même rapporte que cet oiseau, suivoit pendant plus de cent lieue» les caravanes pour se re« paître de charogne. (Ch. D.)

CHAPPAVUR. {Bot.) Voyez Chayaver. (J.)

CHAPP£. {Entom.) Quelques entomologistes françois ont désigné sous ce nom un genre d'insectes lépidoptères dont les larves vivent dans les fruits, et qui, sous l'état parfait, portent des ailes larges, en toit, qu'on a comparées à une chappe^ sorte de vêtement dont les prêtres se servent dans l'exercice de leurs fonctions. Voyez Pyralei (C D.)

CHAPPËRON ou CoQUELUGHON DB MoiNB (Bot*) f nom ancien vulga;ire de l'aconit napel, suivant Daléehamps, donné proba^ blement à cause de la division supérieure de son calice, qui a la forme d'un capuchon. (J.)

CHAFPO. {Bot.) Marsden, dans son Histoire de Sumatra^ indique sous ce nom et sous, celui de sauge sauvage, une plante qui a la couleur, le goût, l'odeur et les vertus de la saugi? d'Europe. £lle s'élève à la hauteur de six pieds ; ses feuilles sont grosses , longues et dentelées ; sa fleur ressemble à celle du séneçon. Ce dernier caractère éloigne entièrement cette plante de la sauge , et l'oja ne sait à quel genre la rapporter* {Ji)

CHAPRKEUR. {Bot.) Dans le Recueil des Voyages on trouve sous ce nom une racine de Virginie employée dans les tein-* tures , sans autre indication. (J.)

CHAPTALIE {Bot.)^ Chaptalia. [Corymbifèrts , JTuss. ; Syngé^ nésie polygamie superflue ? Linn. ] Ce genre de plantes , de la famille des synanthérées , appartient à notre tribu naturelle des znutisiées. Voici les caractères que nous avons observés , dan» l'Herbier de M. Desfontaines , sur une espèce de chaptalie.

La calathide est discoïde-radiée , composée d'un double

disque multiflore , équaliflore , labîatiflore , l'extérieur andro-

gyniflore, intérieur masculiflore, et d'une double couronne

féminiflore , l'extérieure Ugi^liflore , l'intérieure abortitLore*

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X.e përiclîne, égal aux fleurs du disq[ue j est formé de squamei irrégulièrement imbriquées, linéaires -lancéolées, foliacées^ «dembraneuses sur les bords, tomenteuses extérieurement* Le clinanthe est nu , un peu alvéolé. L'ovaire est subcylindraté , alongé , atténué aux deux bout», non collifère , nervé, >glabre , muni d'un bourrelet apicilaire dilaté horizontalement, •et d'une aigrette composée de squamellules nombreuses, inégales , filiformes , barbellulées. L'ovule est complètement avorté dans l'ovaire des fleurs mâles* La corolle des fleurs du disque a son limbe divisé supérieurement en deux lèvres ^ l'extérieure profondément tridentée , presque trilobée ; l'intérieure bifide jusqu'à la base. Les étamines ont de longs appendices apicilaires linéaires, arrondis au sommet, entre-greffes inférieurement , et de longs appendices basilaires sétiformes, Hbres. L'article anthérifère est long et grélc Les fleurs de la couronne externe ont la corolle ligulée , composée d'un tube court et d'une languette largement linéaire , épaisse , plus longue que le style. Les fleurs de la couronne interne ont la -corplle demi-avortée , composée d'un tube long , étroit , et d'une languette irrégulière , mince , plus courte que le style.

Le genre Chaptalie a été fondé par Ventenat , dans sa description des plantes du jardin de Cel» , sur une seule espèce ,. qu'il a nommée chaptalie cotonneuse , chaptalia tomentosa , et que d'autres botanistes nomment tussilago integrifoUa,

C'est une plante herbacée , à racine vivace , très-commune dans les grands boi» de la Caroline. La racine est fibreuse ; les feuilles sont radicales» disposées sur deux ou trois rangs , lan- 4;éolées , un peu obtuses au sommet , munies sur les bords de quelques glandes , étrécies^ à la base en un pétiole très-court , lequel est dilaté et engaine le collet de la racine : les feuilles, -extérieures sont horizontales, roides, glabres, et d'un vert foncé en-dessus , cotonneuses en-dessous ; les intérieures sont plus petites , dressées , molles , cotonneuses sur les deux faces : entre les feuilles naissent deux ou trois hampes dressées , un peu courbées au sommet , cylindriques , cotonneuses , terminées chacune par une seule calathide inclinée, dont la couronne est d'un violet tendre , et le disque blanchâtre.

M. Persoon n'admet le genre Chaptalie que comme sou»genre du genre Tussilago , et il le compose de sept espèces.,.

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éùnt les une ôat là ejrpséle cdlliféte, et dôni les auU«eft n'offrent point ce caractère. M. Decandolle , laissant dans le genre Chaptalîe les espèces a cypsèle non-coUifère ,' forme un genre particulier des espèces dont la cypsèle se proloni^ supérieurement en un col , et il le nomme lerioé

Les éhaptûlia , Uria ^ onoseris ^ établissent nne affinité inco]|<a testable entre nos tribus naturelles des mutisiées et def tussi* laginées, (H. Cass.)

CHAQAQËL. (BoL)M. Delile dit que le panicaut ordi-« naire , eryngiam campestre, eat ainsi nommé duisTEgyptCé (J^)

CHAQUËUE, ou Queue de Chat {Bot.) ^ noms vulgaires i0 la prèle des champs , equisetum arvense. (Lem* )

CHAR. ( ConchyU ) C'est le nom françois que Brugtiières A cru devoir donner au genre Gioenia , établi par le chevalin Gioeni , pour un corps organisé dont il décrivit la forme, les mœurs et les habitudes, quoique ce ne îiii que Testomac d'unje espèce de bulle, huila liguaria^ comme l'a fait voir. Drapai^ saud. Voyez Bulle. (De Bé )

CHARA. ( Bot. ) M. Thîébaut de Berneau pense que Vè chara dont parle Jules^César, et dont on mangeoit la racine^ est le craqibe de Tartarie. Les botanistes nomment actuelle-^ ment Chara un genre de plantes. Voyez Charagns« (Lem.)

CHARA. ( OmitK ) Les Kalmoucks désignent par ce nom les corbeaux. ( Ch. D. )

CHARACH. ( Omith.) Voyez Ckarah. ( Ch. D. )

CHARACHËR (Bot.) y Charachera^ nom arabe adopté pal* Forskaël, pour désigner un arbrisseau dont il faisoitun genre nouveau , mais qui , examiné ensuite par Vahl , eat, seloi^lui^ une espèce de eamara qu'il nomme larUanavihurno'ùUs* EUe est distinguée par ^es tiges sans épines , ses feuilles velues , lancéolées , âpres en-dessus , veloutées en-dessous ) ses tétea de fleurs alongées , en épis. On la nomme encore yresra» dans l'Arabie- ( J. )

CHARACIN {IéhthyoL)y Characinus. Gronou, Artédi et plusieurs autres ichtbyologistes , M. 4^ Lacépède en partlcui lier , ont réuni sous ce nom un certain nombre de poissooji voisins des saumons , et , comme eux , de la famille dea der^ moptères.

Le caractère prindpal de ce genre est ^ ainsi f»c le faîl

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reniarquer M. Duméril (Zoolog.analyt) , difficile à observer, ' puisqu'il réside dans le petit nombre des rayons de la men»brane des branchies , qui ne doit pas être de plus de quatre ou cinq. M. Cuvier trouve que les formes , et surtout le» dents des poissons qui le composent , varient assez pour donner lieu à plusieurs subdivisions , dont quelques-unes ont déjà été indi- ' quées par M. de Lacépède , ou d'autres naturalistes ; ce sont : les CuRiMATEs , les Anostomes j les Serra-Salmes , les Piabuques ,

les TéTRAGONOFTERÊS , ICS RaDS , ICS HyDROCINS , leS CiTHARINES ,

les Saures , les Scopèles , les Aulofes , les Sbrfes. ( Voyez ces différens mots. }

Dans tous ces poissons on trouve des cœcum nombreux , comme chez les saumons , et une vessie natatoire étranglée et bilobée , comme chez les cyprins. Aucun n'a de dents sur la langue , comme les truites. ( H. C. )

CHARAD) Chodara {Bot,)^ noms arabes d'une plante que Forskaèl nomme valeriana scandens, ( J.)

CHARADRIUS {Ornith.) ^ nom donné par Linnœus et par la plupart des naturalistes aux pluviers, d'après celui de cha^ radrioâ , qui , dans Aristote , avoit déjà été rapporté au pluvier à collier, et qui est conservé» parScopoli, comme terme générique, dans son Introductio adHistoriam naturalem, (Cv. D,) i CHARAGNE {Bot.) , Chara^ Linn. Ce genre renferme des plantes qui croissent dans les marais et les eaux stagnantes* : ce sont des herbes qui pullulent dans les canaux dont les 'eaux ont un cours très - lent. Quelques espèces répandent une odeur fétide et limoneuse, avec un certain fond d'àprêté. Elles iusti6ent complètement le nom de chara que leur a donné Vaillant, qui vient d'un mot grec signifiant }oie, plaisir , et rappelant qu'elles jouissent ou se plaisent daiîs l'eau. Les naturalistes qui ont précédé Vaillant, les nommaient hippuris et equisetum» En effet , les charagnes ont des rapports avec les prêles^ equisetum, eiVhippuris , par la dispo- •sition de leurs rameaux , et même par les stries qui les sillon- • nent quelquefois. Néanmoins, les charagnes ont un port tout ^-^particulier qui les fait aisément reconnoître : leurs tiges " menues, striées ou lisses, nues ou garnies de papilles , opaques ou diaphanes , articulées ou non articulées , émettent de nom-* ^ bteiix rameaux de même so^e, et disposée en anneaux autour

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xtvjk même point ; ces rameaux: en produisent d'autres semblablement disposés; et tous sont garnis quelquefois d'écaillés , subulées ou obtuses , qui leur donnent leur rudesse. C'est sur les dernières ramifications et sur le côté qui r<egarde les rameaux qui les portent, et qui sont arqués en dedans comme les branches d'un lustre, que naissent les fleurs dans l'aisselle de dentelures épineuses. Celles - ci échappent à la vue simple; oii n'en reconnoît l'existence que lorsque les fruits ont pris toute leur croissance: aussi les naturalistes sont-ils fort peu certains de la structure de ces fleurs , et, par conséquent , indécis sur le classement du genre Charœ dans l'ordre naturel. On voit qu'ils l'ont placé dans la famille des fougères, dans celle^ presque détruite, des naïades, et dans celle des hydrocharidées ; il y a même des botanistes qui ont réuni les charagnes avec les batrachospermes ^ genre de la famille des algues^ section des conferves : mais le genre Chara n'a que des rapports éloignés avec toutes ces familles ; les diverses places qu'on lui a fait occuper prouvent Tignorance où nous sommes sur ses vrais caractères. '^

Linnsus, qui nous paroît avoir examiné avec quelque soin les fleurs du chara , est porté à le classer dans la monoécie moaandrie , c'est-à-dire, au nombre des plantes qui offrent sur le même pied des fleurs femelles et des fleurs mâles à une étamine. Ces caractères seroîent : fleurs monoïques , calice et corole nuls; fleurs femelles à ovaire couronné par cinq sfigmates sessiles; fleurs mâles, constituées chacune par une anthère globuleuse , sessile , située quelquefois au bas de l'ovaire, et quelquefois hors de la fleur femelle; le fruit est une baie polysperme. Voilà les caractères donnés par Willdenovi*- , auteur de l'édition la plus récente du Species plantaruni de Linnseus : nous sommes loin de les regarder comme justes. Suivant M. de Jussieu, les fleurs femelles ont un calice (supérieur, Vaill. ) , à quatre ou cinq feuilles tournées en spirale, et fortement appliquées contre l'ovaire , qui est turbiné. Nous n'oserions point entrer en discussion sur cet objet , si le hasard ne nous avoit point mis à même d'observer les fruits du chara pour une recherche d'abord étrangère à ce genre. J^pus avons fait voir , dans une note insérée dans le Nouveau BiUleiin de^ Sciences, parla Société philomathique , j?t dan«

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un Mémoire inséré dans le Journal des Mines ^ que ees fossiles , ^i communs dans nos calcaires de formation d'ean douce, et appelés gjrrogoniUs , n'étoient que des fruits de chara fossiles* Maintenant nous allons nous servir de la gyrogonite pour chercher à acquérir de nouvelles lumières sur la structure du chara. Il suffira de jeter la vue sur les figures qui accompagnent les Mémoires cités ci-dessus, pour voir qu'au sommet de la syrogonite est un trou central, place évidente d'un seul style ; que de ce trou partent immédiatement cinq spirales qui sont coupées un peu après par un profond sillon , marque restante du point d'insertion de ce qu'on a nommé les cinq stigmates. Les spirales continuent ensuite leur évolution autour de la gyrogonite, et lui ont fait donner ce nom par M* de Lamarck qui croyoit voir en eux un genre de coquille. Des fruits du chara vulgaris ont été examinés par nous , et nous ^vons reconnu non-seulement les faits ci-dessus, mais encore que ce qu'on nomme stigmates , sont de vraies divisions d'un périanthe fortement collé sur le fruit : celui-ci n'est qu'une inembrane mince très-délicate , qui contient une multitude 4e graines noires plongées dans une matière mucilagîneuse. P'après l'examen des gyrogonites, lesquelles sont toujours entières , et constamment munies de leur trou au sommet , nous disons que les graines sortent du fruit par le trou que laisse le style après sa chute.

Nous nous proposons de pousser plus loin nos observations sur le genre Chara ; nous croyons seulement devoir faire observer ici que les ileuij^ du chara npus paroissent composées 'ainsi qull suit :

Deux , quatre ou cinq bractées , ou écailles subulées , situées a la base de l'ovaire , et l'enveloppant ; périanthe à cinq divisions spudées par leur base , et s'enroulant autour de l'ovaire qu'elles serrent étroitement , et croissant avec lui ; étamines 5P autant que de divisions du périanthe , lesquelles offrent chacune un pli longitudinal qui semble indiquer la place d'une étaminé ; un seul style ou stigmate ; fruit recouvert par le périanthe endurci , uniloculaire polysperme indéhiscent ; graines sortant par l'ouverture que laisse le ^tyle lors de sa chute , et enveloppées d'une ii^at|ére pucil^*; ginense,

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. Diaprés ces caractères , l'on voii que le chara se rappro » «heroit des onagraires et des litraires , comme beaucoup d'autres genres de la famille des naïades qui en font même partie. Le chara nous semble devoir faire, en ce point , une famille particulière à laquelle le nom à^éléodées conviendroit*

Haller , Gsrtner et Roth nient que les disques orbiculaires rouges , entourés d'un anneau , que Linnaeus et Hedwig regarddent comme des anthères, soient des organes mâles; peut-^étre «ont-ils des organes sécrétoires , ou même des fleurs avortées»

hes espèces du genre Charagne , quoique peu nombreuses^ «ont cependant très-difficiles à caractériser. On en compte une vingtaine , dont quelques-unes ne sont réellement que des variétés. La plupart croissent en Europe. On n'en connoit que très-peu de l'Afrique , de l'Asie et de l'Amérique. Voici les plus remarquables , et qui peuvent le mieux, donner une idée des autres espèces.

Chaeagne vulgaire ou FÉTIDE *: CHora vulgaris , Linn. ; Willd. , FI. Dan. , t. 1 5o ; Lem. , J. des Mines , n.*^ 191, tab. 8 , fig. 3. Tige très-rameuse , lisse , striée , fragile ; rameaux, cinq à six par verticilles , nus à la base , garnis de trois à quatre fieurs ; fruits ovales , verts , puis jaunâtres , plus longs que les bractées qui les entourent : la tige est rude, et quelquefois enduite d'un limon qui ajoute à sa rudesse ; elle rampe au fond de l'eau , ou s'élève en buissons touffus. l)anâ les eaux qui déposent beaucoup de calcaire : celui-ci se fixe sur la charagne , et l'on obtient ainsi de très-jolis buissons pierreux ^ de la même ibrme que celle de la plante; on en voit des échantillons dans tous les cabinets des curieux. Cette espèce de charagne est très-remarquable par son odeur fétide qui décèle sa présence dans les marais. On en connott de nom« breuses variétés , que plusieurs botanistes regardent comme autant d'espèces. On lui donne le nom de girandole d'eau , de lustre d'eau, à cause de la disposition de ses rameaux , d'herbe à grenouille, de oharapot ou de charapat. M. Bosc fait observer que les poissons, et surtout les carpes , semblent se plaire dans les eaux où croissent les charagnes , et qu'ils y prennent plus de volume , sans doute en se nourrissant des graines de charagne , ou des animaux qui vivent dans les touffes que forme toc^e fiante*

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La charagne fétide est employée dans quelques endroits pour nettoyer la vaisselle ; elle porte alors assez communément le nom d^herbeàécurer,

. Chailagne to menteuse i Chara tomentoscu^ Lînn. ; WiUd. ; Moris. Hist. S. i5 , tab, 4, f. 9. Tige rameuse , fragile, cylindrique, striée, d'un aspect poudreux ou cotonneux. Ses rameaux sont au nombre de cinq ou six à chaque verticille, et articulés ; ils offrent de petites dentelures épineuses. Les fruits ; un peu plus obtus ou ventrus que ceux de la charagne fétide , naissent dans les aisselles des dentelures.

Charagne hérissée : Chara hispida , Linn. : Willd. ; Lam, IlL 376, f. 3. Elle est plus grande que les précédentes, épaisse et entièrement couverte d'aiguillons déliés , groupés en fais-^ ceaux , ou disposés en portions de verticilles ; elle devient blanche lorsqu'elle est desséchée. Ces trois espèces croissent abondamment dans nos,marais ; elles sont annuelles.

Chaeagne i^LExiBLE : Chara Jlexilis , Linn. ; Willd. ; Vaill. Act. par. 17199 pag. id, tab. 3, fig. 8 et 9. Elle est deinitransparente , eu même diaphane. Sa tige est longue , rameuse , flexible , luisante , d'un vert d'herbe. Ses rameaux sont deux ou quatre ensemble , en verticilles incomplets ; les fruits naissent sept ou huit ensemble , aux articulations des rameaux, et sont plus longs que les petites bractées qui les accompagnent. Cette plante croît dans nos marais ; elle est plus rare que les autres espèces que nous avons décrites. ( Lem. )

CHARAH (Ornith,) , nom que l'on donne au Bengale à l'oiseau qu'Edwards a appelé (dans ses Glanures , part. 1 , pag. 35 , pi. 226) pie-grièche rousse huppée, et qui est le lanius cris» tatusj Linn. (Ch. D.)

CHARAI-PANNAI {Bot.) , espèce d'amaranthe de la côte de Coromandel. (J.)

CHARAMAIS. {Bot.) Voyez Chbramélibr. (J.) CHARANÇON. {Entom.) Voyez Charanson. (C. D.) CHARANDA {Omith.)^ nom des hirondelles, en langue kalmouque. (Ch.D.)

CHARANSON (Efi^om.), Curoulio. On a écrit aussi ChausNçoN, Charançon. Ce nom, dont l'étymologie est obscure ^ p^ latin comme en françois , a été appliqué de toute anti**

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