‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 5)Chapitre 33 sur 53 · HA · texte numérisé non relu

HA

^rlétés Aes mortiçrs. C^tte espèce ie pUtfe est beaucoup plus ferme qi|e celui qui est fait avec de, la chaux sulfatée pure; mais celui-ci est plus fin et plus blaoc, e% tfés-propre pour les objets de sculpture que Ton coule daoi les moules/

Le plâtre sert dans plusieurs pays à amender les terres f principalement les terrains trop humides p dans lesquels oa reut cultiver du trèfle»

On fi^it avec le plâtre un enduit particulier d'un grai» trési»^ fin , susceptible d'être diversement cploré , et de recevoir u« poli très-beau. On le noinme stuc. On prend du pMtx*e cbotn et <fuit avec soin; on y ajoute ^ en le fàci^ant, we pr^pontion convenable de colle de Flandre; on y introdvil^ eni'applîquant, les couleurs que Ton veut lui doi^iuer^ H qm ont jeté broyée/ à Teau.

Lorsque l'enduit fait avec ce plâtre est sec, 09 h polit , d*abord avec la pierre ponce , ensuite avec une pierre à aiguiser , puis avec du tripoli. On lui donne le dernier lustre , en le frottant fortement avec un morceau de chapeau et de Teau de savon, et enfin avec de Thuile seule»

On fait aussi du stuc avec de la chaux pure*

4.* Espèce. Chaux SULFATÉE anhydre, anstpaitb* (Chaux ar^ hyàrù sulfatée. — Muriacite. — Spath cubique. — Karste^tt^ Ha» berti.) Cette substance est beaucoup plus dure que 'U chaux siilfatée ordinaire , puisqu'elle raye le marbre ; elle #^ ^cissi beaucoup plus pesante, 8% pesanteur spécifique étant de 3,964. Elle ne blanchit point, et ne s'exfolie point au feu comme eHe : enfin, elle se divise très-néttement en fragmens qui sont des prismes droits à base rectangulaire ^ dans lesquieis Iç grand c6té est au petit , comme 1 6 est i 1 3t

Elle est composée , d'après Tanalysé qu'en a faite Vauque- Un, de 40 parties de chaux, et de 60 d'acide sulfurique. I| B*y a point d'eau de cristallisation^ comme dans la chaux sulfatée ordinaire , et c'est à Tabsence de ce corps 9 que M« Haily regarde comme un principe , qu'il attribue les ca^ ractèKS très-diiférens que présente cette substance : c'ei^t aussi ce qui Va, fait nommer Chaux anhyâtro^sulfatée et afihj>* àrit£. Elle {ouït de l.a réfractioà double à un haut degré.

On n'est pas encore assez fondé pour réunir cette substance air4i la soude muriatée gypsifère ; mais , dans tous les cas , il

faut éviler de la confondre avec cettie espèce de soude muriatée , trouvée dans les mines de sel du Tyrol.

Gn peut reconnoître quatre variétés principales dans l'espèce de ce sel pierreux,

i/* Variété. L'An^hydrite spathique, dont la structurç çat lamellaire et comme ténùlaîre , et qui se présente en masse , dont les cavités renferment quelquefois- des crista\ix qui sont tant6t d^ prismes à quatre pans, tantôt des prismes péri^ octaèdres; elle a un éclat vif, quelquefois un peu nacrée ; elle est ou translucide, même transparente et sans couleur, ou presque opaque laiteuse , ]K)ussâtre , bleuâtre ou violâtre,

2.* Variété. L'Anhydrite fibreuse. Sa structure est fibreuse, à fibres très-déliées , très-alongées , très-serrées , et ayant souvent l'éclat soyeux, sa cassure transversale et presque vijtreuse* Ses fragmens ont souvent la forme de baguettes.

Ses couleurs principales sont le rouge ou le bleuâtre. 3.' Variété. VAîinYDKiTB concrétionnbb (Vulg. Pierre de tripe.) On l'a prise long -temps pour de la baryte sulfatée; mais l'analyse deKlaproth a prouvé que cette singulière pierre étoit une variété d'anhydrite^ composée de 0,42 de chaux, de o,S6 diacide sulfurique, et souvent d'un peu de sel marin-. Sa pesanteur spécifique'^est de 2,9 ; elle se présente en masse d'un gris 'ayant une légère nuance de bleuâtre, composée de zones ou rubans blanchâtres , repliés plusieurs fois et d'une manière inverse sur eux-mêmes. Ces zones sinueuses d'anhyûrite sont séparées par de l'argile grisâtre assez dure. Sa structtrre est compacte , et son aspect est mat.

On ne Fa encore trouvée que dans les mines de soude muriatée rupestre de Williczka.

*4.* Variété. Anhydrite qdarzïfere. (Vulg* Pierre de VuU pirîo.) C'est une pierre composée de 92 parties do chaux sulfatée sans eau , et de 8 de silice. La présence de la silice , qui paroît être ici dans l'état de combinaison , modifie les propriétés tie la chaux sulfatée anhydrite, en sorte que cette pierre est beaucoup plus pesante , sa pesanteur spécifique étant 2,8787; elle a la texture granuleuse des marbres salins, et quelquefois la structure un peu lamellaire ; elle est un peu phosphorescente par l'action du feu , et très-fusible au fta-

lumeaii; Son éclat est assez vif, un peu nacré. Elle est traos* lucide.

Les échaniilloD« de cette pierre que M. Fieurian it^ vus , et qu'il a fait conooitr« le premier, sont d'un blanc grisâtre, uniforme^ ou veiné de gris bleuâtre ; ils sont trangittcides sur lelirs bords. On ne connoît point encore leur position gë^o^ gique ; on sait seulement qu'on les trouve à Vulpino , à quinze lieues au nord de Bergame.

On emploie cette pîerre , à Milan , pour faire des tables et des revétemens de cheminées. On l'y connoît sous le nom de marbre de bariiglio de Bergame*

L'anhydrite, et presque toutes ses variétés ^ se trouvent dans les terrains qui renferment de la soude muriatée et du gypse ; elle est disséminée en messe plus ou moins volumi* lieuse, dans les masses de sel, ou bien elle les parcourt en veinules ornées de toutes les couleurs qui lui sont propres* '

On la trouve abondamment dans les mines de sel du pays de Salzbourg , dans les salines de Bex , dans les cavités des gîtes de miserai argentifère de Pesey, en SaVoie. Elle est souvent intimement mêlée avec le sel mariç. -On sC fait quelquefois de ce mélange u|ie variété, à laquelle on a donné le nom de chaux anhydro^sulfatée muriatifirSé

L^anhydrite, exposée dans les fissures des montagnes à Hniluence de l'eau qui les suit , reprend de l'eau de crîstalli* sation , et passe , sans changer de forme ni de structure , aià gypse ordinaire; c'est un mode particulier d'altération auquel Mé Haîiy a donné le nom d^épigénie, (B,)

CHAUX (C/iim.) , Oxide de Cal^iam^ Voyez Caicïum , Snppl. (Ch.)

CHAUX. {Chimi) Jusqu^à Lavotsier , les chimistes donnoîent à

ce mot une acception trés-étendueicar ils l'appliquoient à toutes les matières , terreuses ou métalliques , qui avoient éprouvé de la part du feu ou de celle d'un autre agent, une altération sensible, et en même temps une diminution dans la cohésion de leurs particules. Ils distinguoient principalement les chaux pierreuses et les eh.aii;r métalliques; celles4à étoî en t obtenues par la calcination des pierres calcaires ^ et celles-'ci provenoient des métauK ealcinés avec le contact de Taîr, ou deà

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métaux qui avoient été dissous dans des acides* Ib consîdé* roient les chaux métalliques comme des matières terreuses *" qui, unies au principe inflammable, censtituoient les métaux* Mais aujourd'hui il est démontré que ^ loin d'être d'une nature plus simple que les métaux, elles ont au contraire une composition pins compliquée , puisqu'elles résultent de l'union d'un métal avec l'oxîgéne : de là le mot oxide métallique , qui remplace celui de chaux métallique* iÇ»^)

CHAVANCELLË. (J?o£.) Les habitans de la Sologne nomment ainsi un champignon poreux du genre Bolet (^oletus Soloniensis ^ Decand. , FL, Fr. 6, n.^ 809 ) , qu'ils font re« cueillir en automne sur le tronc des arbres pour en préparer l'amadou qui se vend à Orléans. Il est demi-circulaire , latéral et sessile ; il atteint un pied de diamètre ; sa surface supérieure est brune , et çà et là comme déchiquetée ; il est jaune en-dessous ;' sa consistance, de nature sèche, est plutôt charnue que ligneuse* (Lbm.)

CH AVANT. (Ornithé) Suivant Salerne, on donnoît en Sologne ce nom et celui de chatmiant commun au chathuant, strix stridula y Linn.(CH. D.)

CHAVARIA. ( Ornith. ) Voyez Chaïa. ( Ch* D. )

CHAVARITA ( Ornith. ) , nom chaldéen de la cigogne , éirdea ciconia , Linn. , ( Ch. D. )

CHAVAYER. {Bot.) Voyez Chayaver. (J.)

CHAVOCHE ( Omilh. ) , un des noms vulgaires de la chouette , ou gpande chevêche , strix ulula , Linn. ( Ch* D. )

CHAW ( Ornith, ) , nom hollandois du choucas , ccirvus monedula , Linn, ( Ch. D. )

CHA-WGA. ( Bot» ) Arbre de la Chine , mentionné dans le Recueil des Voyages , qur a le port du laurier , les feuilles toujours vertes, et qui, couvert de fleurs dans la belle saison, est un des ornemens des jardins. (J.) . CHAYAVER. {Bot.) Cette plante de Tfnde a une racine employée dans les teintures, sur la côte de Coromandel, comme la garance l'est en Europe ; elle appartient de même à la famille des rubiacées, sous le nom d^oldenlandia umbeU lata. On trouvé dans le Pinax de C. Bauhin , sous celui de ehappavurj ou de rubia virginea^ une plante de Virginie | dont I9 racine est employée dans les teintures* C'est peut-être

la tAème que le chayaver dont le nom et le pays auroient été mal indiqués à C. Bauhin. ( J. )

CHA-Y£U {Bot^) y nom donné p^r les Chinois , suivant Duhalde , à Fhuile tirée du fruit d'un arbre qui a quelque ressemblance avec le thé. Il est de hauteur médiocre , et croît sans culture sur le penchant des montagnes et dans les vallées pierreuses. Sou fruit vert, d'une forme irrégulière , contient un noyau osseux. . ( J. )

CHAYOTE, ( Bot. ) Dans l'île de Cuba on donne ce nom , suivant Jacqu in , à une plante cucurbitacée , qu'il nommoit sycios edulis , et qui est le sechiam edule de M. Swartz et de .Willdenow^ Son fruit est bon à manger. Ou en distingue deux espèces, ou plutôt deux variétés, l'une à fruit lisse de la. grosseur d'un œuf de poule ; l'autre à fruit plus long et couvert de pointes molles. ( J.)

CHAYOTILLO {Bot.)^ nom espagnol donné, dans le Mexique , au calboa , genre de plantes cucurbitacées , publié par Ca vanilles. ( J* ) ;

CHAYQUARONA. (ErpétoL) Seba, Thés. 1 1 , ^aJ. 9, n*^ i, a, appelle ainsi un serpent orné de très -belles couleurs, qu'il dit venir du Brésil. C'est la couleuvre chayque de M. de Lacépède , ou coiuber stolatas de Linnaeus. Sa véritable, patrie est la côte de Coromandel. Voyez Couleuvre. (H, C. )

CHAYR.(Bot.) L^orge ordinaire , hordeum vulgare , est ainsi nommée dans FEgypte , suivant M. Delile. £lle est nommée ^œir par Forskaëi. ( J. )

CHÉ, ou Xe {Mamm.)j nom chinois du musc , mosc/i</s mos^ chifems , Linn. , suivant Novarette. ( F. C-)

CHEB-EL-LEYL (Bot.)^ nom arabe de la belle de nuit, Tfvyctago , suivant M. Delile. ( J. )

CHËBET {BaU ) , nom arabe de l'aneth , aneùium graveoUns ^ suivant M. Delile. Ses graines sont nommées c/i^amar. (J.)

CHEBETIBA (Bo^) , nom caraïbe du cupania^ cité dan^ l'Herbier de Surian..( J, )

CHEBULE {BoL)^ un des cinq mirobolans mentionnés dan^ les livres de matièremédicale et de pharmacie; c^estlç nvyro-halanu$ chebulus de Vesliijig , que Linnœusrapportoit à son genre JCimtniaj sous le nom de ximenia œgjrptiaca^ et dont M.Delilç U fonné un genre distinct sous celui de balanUei^ qui a quelques

rapports eittérieurd avec Vagihalid Àe Prosper Alpiâ , mais qui j^aroît en différer. ( J. )

CHECANÏ. {Bot. ) Vdyez Chacani. ( J.)

CHECCA-SOCCONCHE. (Bot.) Ce nom péruvien est celui du gardoquia incana , genre de plante labiée , de la Flore du Pérou , qui a le calice du thym et la fleur de la sauge. Sa saveur est agréable ; on la méie dans des assaisonnemens , et on emploie son infusion comme cordiale. (J.)

CHECHISHASHISH ( Omith. ) , nom sous lequel est connu , à la baie d^Hudson, le chevalier grivelé, trmga maoulariaf Gmel. (Ch.D. )

CHEDEK. (BoL) Dans quelques livres anciens on trouve sous ce nom la mélx>ngène , solanum mèlongena^ qui est encore désignée dans le Levant , suivant Rauvolf, sons ceux de me^ lantsana, batleschaim , et une de ses variétés sous celui de htdengiam» Le ehadec ^ espèce d'oranger, est aussi nommé ckedec, par corruption, dans quelqucii lieux. (J.)

CHEEK {Bot,)j nom qu*on donne en Laponie kYosmunda struïhiopteris , Lînn. , fougère particulière aux contrées du Nord. (Lbm.)

CHEELA. ( Ornith. ) Voyez la description de cet oiseau à la fin du mot Aigie. ( Ch. D. ) •

CHEF-CHOUF (fîoi.), nom arabe ou égyptien de Yaristîda lanata de Forskaèl , ou aristida plumosu de Linnseus ^ suivant M. Delile. ( J. ) *

CHEILANTHES. (Bot. ) Ce genre , deia famille des fougères, differt très-peu de celui des adiantes ; il a été nonnné eheilan^ ihes par Swartz , et aliosuras par Bemhardi. La fructification consiste en des points très^cartés, marginaux^ recouverts chacun par une membrane ( indusiam ) en forme d^caille qui tient au bord de la fronde, et qui s'ouvre de dedans en dehors ; les capsules qui composent la fructification , s'ouvrent irrégu* lièrement,- et sont "munies d^un anneau.

Les espèces de ce genre , adopté par un grand nombre de {botanistes , s'élèvent à environ vingt-cinq. Mé Poiret pense ^u'on doit les laisser dans le genre Adiahte. Il est vrai que beaucoup d'entre elles ont été regardées comme des espèces de ee genre; mais 3 W doit dire qu'elles forment un groupe distinct y -mémesà rwl j île edui^es adiantes , dont elles m^oiit pas

toujtiurs la délicatfsse': le& autres espèces avBÎeirt ^é placées dans les genres Pterisyl,onokitis ^ Aspidium^ Polypodiurriy Nephro^ dium , jicrostichum et Trichomanes, Ces diverses mutatioiM pTouvefit que 1^ cheilanthes a des 7*appf>rts avec tous le»genreiC que nous venons de nommer , et qu'il est un de ce^ genrea tolérés pour placer certain^i^ espèces de ibtfgéres qui , par leurs caractères ambigus , se trauveroient mal placées dana tout autre. Voyez Fougères.

Les espèces de cheilanthes se trouvent da^sTancien et d^ns le nouveau continent; leur froBxie est ordinairement peu élevée ^ et 4eux f treî^ ou qi:^ti*e fois, ailé^ : on n'en connoît qu'une qui soit simplement ailée. L^ plus remarquables sont : Le Cheilanthes FLOEï ; Cheikknlhes^mierop^eris.j Sw..^ fil. 53.4* t« 3 , f. 5. C'est l'espèce à fronde » siapplçiïiçnt.ailée ou peniïée 4. les pennules sont arrondies , velues et à contour sijaueux .crén nelé. Elle croit aux environs de' Qi^itOr

Le Cheilanthes odoaant; CheUantlies odora^ Sw. , Schkuhsr, Çrypt. tab. i23. Cette jolie petite fougère, remarquable par l'odeur agréable qu'elle «xhale , surtout lorsqu'elle est sèche , et qu'on la froisse entre les doigts , croît en Europe , et principalement en Italie, en Suis^, en Tyrol, et dans les îles «fHi ères, sur les rochers y dans les vignes, etc. Ce n'est ^oint le poljpodium fragrans de Linnaeus , comme on l'avoit cru , Içquel croît dans les Indes orientales^, et constitue aussi une e^èce de ce genre {cheilanthes fragrans , Svv.). Ce n'est pas non plus le polypodium fragrans de M. Desfontaines, qu'on trouve dans les fentes des rochers en Natolie et en Barbarie , mais qui est encore une. espèce du même genre [cheilanthes suaveolens , Svv.). Toutes ces espèces sont les vrais types du genre Cheilanthes. , et du nombre de celles qui aut été réunies au pteris , à Vadiantum et au polypodium.

Le cheilanthes odorant est une fougère qui n'a pas plus de trois à quatre pouces de haiiteuf : ses pétioles sont bruns , un peu velus : les frondes viennent en touffes ; elles sont glabres , deux fois et même presque trois fois pennées : les dernières pennules sont oblongues, obtuses, sinueuses , et à lobes entiers, arrondis et obtus.

Le Cheuantes davallioides; Bory, Willd., sSp, 6, p. 461, Très-belle fougère de trois à quatre pieds de hauteur, décou*

verte, daas les îles de France et de Saint-Maurice , par Boiy de Saint-Vincent. Les frondes sont trois fois ailées, à pennules ovales oblongues , entières et obtuses , portant à Textrëmité la fructification, dont la forme est oblongue^ et la membrane qui la recouvre, brune.

Le nom de cheilanthes vient de deux mots grecs, qui signifient ^eur etlèi^re» Ce genre est ainsi nommé à cause de l'aspect de ses points fructifères. (Lem.)

CHÉILI^E {Ichthyol,) , CKeitinus. On appelle de ce nom un genre de poissons de la famille des léiopomes , qui a été établi par M. de Lacépède, et dont les caractères sont les suivansr Un seul rang de dents ; nageoire dorsale unique; muêeau com* frimé; lès^re supérieure très-grosse ^ extensible ; de grandes écailles ou des appendices à la haàe de la nageoire caudale ou sur les calés de la queue.

Les dents maxillaires des chéilines sont coniques ; les antérieures mitoyennes sont plus longues ; il y a des dents pharyngiennes cylindriques et mousses, disposées en forme de pavé : les supérieures sur deux grandes plaques ; les inférieure^ sur une seule, qui correspond aux deux autres.

L'organisation intérieure est semblable à celle des labres. La ligne latérale est interrompue vls-^à-vis la fin de la nageoire dorsale.

Ce genre de poissons est facilement distingué des Ch^tloi>iPTÈRES, qui ont deux nageoires dorsales; des Labrçs, dont la nageoire caudale est dépourvue d'appendices et d'écaillés; des OPHicéPHALiïs et des Chéilions , dont le museau est déprimé ; des GoMPHOsES , qui ont une sorte de bec , etc. Voyez ces divers articles.

Le mot Chéiline est tiré du grec ^tiXoç , îabrum , et indique le volume de la lèvre supérieure de ces animaux.

Le Cheiune scARE : Ch-ei/intis s«an/5 , Lacép.; Labrus scarvs^ LinJi.Pes appendices sur les côtés de la queue; dents émoussées; teinte blanchâtre , mêlée de rouge ; écailles très-grandes , trans* parentes ; taille d'environ un pied.

Ce poisson habite la Méditerranée, et se montre surtout près 4^s côtes de la Sicile et delà Grèce ; aussi a-t-il été connu des premiers naturalistes grecs : Aristo te en parle, ainsi qu'Athénée , Elien et Oppien , sous le nom de wKcipoç. Lors dei

premiers siéc^les de Tére chrétienne , il s^avançoit dans la mer de Carpathie , jusqu'au premier promontoire de la Troade. Sa célébrité étoît des plus grandes chez les peuples anciens , qui ne négligeoient rien pour s'en procurer. •'

Sous Fempire de Claude , Optatus £Iipertîus , commandant d'une flotte romaine , en apporta plusieurs vivans , qu'il répandit sur la côte de la Campanie 9 où ils multiplièrent promptement, parce que pendant cinq ans on faisoit rejeter à la mer ceux que les pécheurs prenoient dans leurs filets.

Dans le temps du grand luxe des Romains , le chéiline scare faisoit les délices des tables les plus somptueuses. 11 entroit dans la composition de ces mets fameux pour lesquels on réunissoit les objets les plus rares , et que l'on servoit à Vitellius , dans le plat nommé bouclier de Minerve,

Les entrailles de ce poisson , au rapport de Rondelet ^ ont une odeur de violette. Aussi étoit-ce la partie que les anciens recherchoîent particulièrement en lui , et qu'ils regardoient comme un mets divin, ainsi que nous l'apprend Athénée.

Hic scarus, œquoreis qui venit obesus ab undis, Viiçeribus bonus est, estera vile sapit.

Martial. Epig. 84, lib. XIII.

Le chéiline scare vit, en troupes nombreuses j dans les trous des rochers qui bordent les rivages des îles de l'Archipel 5 il en sort difficilement , et les pêcheurs grecs assurent qu'en tête de chaque troupe il y a constamment un chef. On ne le prend qu'à la ligne: lorsqu'un de ces poissons a mordu àThameçon , on l'attache à un fil et on le laisse dans l'eau ; ses compagnons abandonnent leurs retraites ténébreuses pour l'entourer, et finissent par se prendre eux-mêmes.

Dans tous les temps, on a remarqué que le chéiline scare n'étoît point Carnivore comme les autres poissons en général ^ mais qu'il paissoit les fucus et les algues qui poussent sur les rochers au fond de la mer; il recherche aussi les végétaux ordinaires , et on emploie avec succès , pour l'amorcer , des feuilles de pois ou de fèves.

Plusieurs naturalistes lui ont accordé la faculté de ruminer, c'est une erreur.

D'autres assurent qu'il a une voix : autre erreur aussirPeut-

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être foît-il eoteftérc ^{u^lque bruit par ses mouvement. Maîi( q^uei est le poisson qui puisse jouir de la voix P ^ '

Le CaÉfLiNB TRitOKÉ ; Cheiiinas trilohatas , Lacëp. Dcut lignes latérales; la nageoire de la- queue trilobée, très-large, Recouverte à sa base et de chaque cMé par trois ou quatre écailles, très-consid érables , libres et Qôttantes par la plus grande partie de leur circonférence ; les nageoires dorsale et anale prolongées en pointe vers la queue ; couleur générale d'un brun bleuâtre, relevé, sur latête, la nuque et les opercules , par des taches ou des points rouges , blancs ou jaunes ; les pectorales sont jaunes ; les catopes ont une teinte nuancée de rouge. Ce poisson , d^i volume d'une carpe ordinaire à peu près , ^ été observé par Coxnmerspn dans ^a mer de l'Ile de France et de Madagascar^

Le CôéilinIb FAScié i Cheilinus fkscîaèus ; Sparus fascxatus , ]pioch , 267. Nageoire caudale en croissant; ligne latérale double ; àeiiis coniques , molaires petites et arrondies ; les liageoires anale , dorsale et caudale , garnies en partie de petites^ écailles ; teinte générale jaunâtre; six ou sept bandes, transr versales brunes : une bande noire sur la nageoire .caudale , dont l'extrémité est d'ailleurs très-brune. Il vient du Japon.

Le Chéii^ine quedb-verte : Cheilinus chlorourus ; Sparus, ^Jilorourus , Bloch , a 60. Nageoire caudale trilobée ; une seule ligne latérale; corps et queue comprimés; écailles larges et ifhinces; l'opercule terminée par une prolongation arrondie à ton extrémité ; les catopes et les nageoires caudale et anale d'un vert foncé; la teinte générale verte.

De la mer des Antilles et de celle du Japon. (H. C. ) ÇHÉILION {Ichthyol.) , Cheilio. Commerson a donné ce nom à un genre de poissons de la famille des léiopomes , lequel a été conservé par M. de Lacépèdç. et par M. Ruméril. Voici ses^ caractères ^

Dents en rang simple^ fort petites ; nageoire dorsale unique^ dasse et très^longue; museau déprimé , lèi^res grosses et très-periyt. âantes ; corps et queue fort alongés ; écailles petites»

Il est assez facile de. distinguer ce jgenre de ceux qui corn* posent la famille des Léiopomes, Voyez ce mot.

CKéilion est une expression grec<{ue > qui indique leyoli^.^ des lèvres îj^«/Aof, ia^rwm^

I^e CnéïLiON ©ORé ; Cheilio auratus. Tout le corps d'ua jaune doré ; quelques points noirs, répandus sur la ligne latérale; taille d^envîron quinze pouces; liageoire caudale l^rrondie.

Il a été trouvé par Commerson à Tîle Maurice , où il est si commun que &a chair est négU|;ée , quoiqu'elle soit blanche et agréable au goût.

Le Chéiuon brun ; Cheilio fuscus. Teinte générale d'uijt brun livide ; catopes blancs ; taches blanches sur les nageoires du dos et de Tanus ; les pectorales transparentes j taille d'à peu près onae pouces. J)es mers de l'Inde. (H. C.)

CHEILOCOCCA. {Bot.) Salîsbury, dans s^n Prodromus^ pag. 412, a nommé cheilococca apocynîfolia la plante qui, depuis , a reçu le nom de platylohiumformosum. Voyez Platyi tOBE. (PoiR.)

CHÉILODACT\"LE. {Ichthyol ) M. de Lacépède a ainsi appelé un genre de poissons de la famille des dimérèdes, et dont les caractères sont les suivans :

Une seule nageoire du dos; des rayons lihres au-dessus de chaque nageoire pectorale; la lèvre supérieure grosse et très-extensihU; lô torps et la queue très-comprîmés ; catopes un peu en arrière despecn torales) dents en velours,

hç mot chéilodactyle est grec, et indique le volume de \% lèvre et la séparation des rayons pectoraux (;t«ÎAoç, lahrum^ çt J'aiitfvXot ^ digiti).

Le Chéilodactyle fascié : Cheilodactylus fasciatus , Lacép.; Cynœdus , Gronov. ; Cichla macroptera , Schneider. Nageoire dorsale étendue depuis la unque jusqu'auprès de la queue; anale falciforme; taches foncées, sur les nageoires du dos et de la queue; écailles grandes.

Des mprs de la Nouvelle-Zélande. Les indigènes le pêchen^ avec des hameçons, pour s'eu nourrir. (H. C.)

CHÉILODIPTÈRE. {Ichthjol.) Ce. genre de ppissons, de la famille des léiopomes, a été formé pour la première fois par M.,de Lacépède, aux dépens des genres Labre et Sciène desi (lutres auteurs. Ses caractères sont les suivans :

Deux nageoires dorsales; point de dents incisit^es ni molaires;^ opercules sans piquans ni dentel/ures ; lès^re supérieure grosse ef

La présence des deux nageoires dorsales suffit pour éloigner ce genre de ceux qui l'entourent immédiatement.

Le nom qu'il porte indique d'ailleurs parfaitement ses caractères les plus remarquables , le volume de la lèvre , et l'existence de deux dorsales ( ;^6iXoç y labrum, etJ^lTrJtpoÇfbipinnatus),

§. \," Nageoire caudale fourchue ou en croissant,

La CHÉiLODiFfèaK hbptacanthe î Cheilodipterus heptacan^ Ûiusj Lacép. Sept rayons aiguillonnés et plus longs que lamem- Lrane à la première nageoire du dos; caudale fourchue; mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure ; opercules couvertes d'écaillés semblables à celles du dos.

Il se trouve dans la mer du Sud , où il a été observé par Cornmerson. Voyez Temnodon.

Le Chrysoptbre ; Cheilodactylus chrysopterus , Lacép. Mâchoires égales ; caudale en croissant; seconde dorsale , caudale , anale , et catopes dorés ; couleurs très-belles ; dos d'un noir violet ; sur chacun des côtés neuf grandes bandes transversales de la même teinte sur un fond d'argent; quatre raies lougitudinales dorées^ de chaque côté aussi.

11 vit dans les eaux de la Martinique , où il a été observé^ décrit et figuré par Plumier.

Le CHéiLODiPTÈaE rayé ; Cheilodipterus lineatus , Lacép • Dents longues , crochues , séparées ; huit raies longitudinales de chaque côté du corps ; une bande transversale laihge. et courbe auprès de la caudale, qui est en croissant.

Del'Océan équatorial. M. Cuvier le rangé dans le genre Apogon. Voyez ce mot.

Le Maurice : Cheilodipterus Mauritii ^ Lacép. ; Sciœna Mau' ritii, Bloch» Caudale en croissant; tête et opercules alépidotes; teinte générale argentée y sans bandes, ni raies , ni taches ; dents petites, aiguës.

Ce poisson a été décrit par Bloch^ d'après un dessin et un manuscrit du prince J. Maurice de Nassau-Siegen , qui, au commencement du dix-septième siècle , gouverna une partie du Brésil.

Il vit dans les eaux du Brésil, où il atteint le volume de la perche.

§ 2. Nageoire caudale arrondie ou rectiligne.

Le Cyanoptèrb ; Cheilodipterus cyanopterus\ Lacép.; SciamB' cirrhosa. Caudale rectiligne ; les deux dorsales et la caudale bleues ; mâchoire supérieure plus avancée que Finférieure , qui est garnie d^un barbillon.

Des mers de l'Amérique méridionale , où il a été observé et décrit par Plumier.

L'AcouFA ; Cheilodipterus acoupa , Lacép. Caudale arrondie > mâchoire inférieure plus avancée ; plusieurs rangs de dents «crochues et inégales ; plusieurs rayons de la seconde dorsal» terminés par des filamens.

Même patrie que le précédent.

" Le BoOFS : Cheilodipterus hoops y Lacépèd.; Lahrus hoops^ Houttuyn, Linn. Les yeux très-grands ; la mâchoire inférieure plus avancée 5 opercules écailleuses , comme le dos.

Du Japon.

L'Aigle de mer : Cheilodipterus aquila ^ Lacép. ; Sciœna aquila^ Çuvier. Caudale arrondie ; mâchoires égales, armées de deux rangs de dents ; teinte générale blanchâtre. Il atteint éidq pieds de longueur ; sa vessie natatoire produit de chaque côté plusieurs prolongemens coniques et branchus.

Féché sur les côtes de la Manche, en i8o3.

Les naturalistes décrivent encore quelques autres chéiiodip-' téres. ( H. C.)

CHEIRANTHOIDES. (Bot.) La famille des plantes crucifères se divise en deux sections caractérisées par le fruit, qui est siliculeux, c'est-à-dire, court dans Tune, et siliqueuxoCi alongé dans l'autre. Quelques auteurs forment $ dans chacune, des subdivisions, et distinguent dans la seconde les erueaeées ou erucoïdesj dont la silique se prolonge en un bec au-delà des valves , et les cheiranthoïdes , qui n'ont qu'uiae pointe très-courte au sommet de la silique. ( J.)

CHEIRANTHUS {Bot.)^ nom latin des giroflées. (L. D.)

CHEIRI, Kbiri , AtKBiRi {Bot.) , noms arabes cités par Dalëchamps, de la giroflée, et principalement de l'espèce à fleur j anne ^ ' cheiranthus cheiri. Il est devenu, avec l'addition d'un autre mot, le nom générique donné pnr Linnaeus, qui signifie fleur de cheiri. ( J^

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CHEIROMIS ( Mamm,) , nom latin donné par M. G. Cuvîcr au genre Aye-Aye de M. Geoffroi. 11 vient de ftSç, rat, et de ^ùp , main. Voyez Aye-Aye. (F. C.)

CHEIROPTERES, ou Chauve-souris. (Mamm.) De la première impression, au sujet des mammifères, et du mode de leur locomotion , on est arrivé à l'idée et au nonf de quadrupède. Eu effet, quatre supports sous un tronc attaché vers le milieu de l'être, paroissoient la combinaison la plus heureuse pour que chaque chose existât dans des convenances réciproques.

C'est donc par suite d'anomalies que quelques mammifères manquent à ce plan primitif, et qu'il en est parmi eux, l'homme par exemple , qui n'emploient au mouvement progressif qu'une paire d'extrémités: l'autre paire, dans ce cas, tombe nécessairement dans des usages secondaires, et est mise à profit, suivant de nouvelles destinations, et dans autant de chances qu'il y a de sous-genres hors de la loi commune.

Si c'es^ là déjà une considération curieuse , combien, à plus forte raison , n'avons-nous pas de motifs pouir nous récriera la vue d'un développement qui provient de cette anomalie, quand ce développement a lieu hors de toutes proportions et de toutes» règles ! Le plan primitif toml>e alors dans le plus violent écart « et il en résulte des combinaisons dont on s'él^^igae comme de productions monstrueuses.

Telles sont les sensations et les idées que firent naître dès Torigine des choses la rencontre et la vue des chauve^souris : on se prévint contre elles ; on fut révolté de leur difformité et de leur laideur; et, les idées s'exhaltant dans cette direction, on alla jusqu'à les dire impures; de façon qu'on ne se I>orna pas à éviter de les toucher , on s'abstint de les connoître.

Les écrits des naturalistes attestent Tignorance où l'on fut d^abord à leur égard-,

Aristqte les définit des oiseaux à ailes de peau : il ne sait au Juste af ce sont bien des volatiles , à cause de leurs pieds ; majs , d'un autre c6té , il ne peut se déterminer à les regarder cornue des quadrupèdes, ne les voyant pas pourvues de quatre pieds bien distincts. Ses réflexions sur leur défaut de queue et de croupion le conduisent à des idées théoriques dont aucune n'est appuyée suç unç observation positive •

t'iîitp n'en parle que pour remarque^ qu'il y a des oiseaux qui engendrent leurs petits vivans, et qui les allaitent au mejeude mamelles.

A la renaissance des lettres en Europe ^ on se borna d'abord à copier les anciens.

Aidrovande commença le premier à s'étendre davantage sur les chauve-souris : cédant toutefois aux préjugés de son siècle, il en fit une même famille avec Tautruche , et ia raison qu'il ea donne 9 est que ces dçux espèces d^ oiseaux participent égale* ment de la nature des quadrupèdes.

Scaliger , de son côté , fait de la chauve-souris un être toutà-'fait merveilleux ; il lui trouve et deux et quatre pieds; elle marche sans pattes , et vole sans ailés ; elle voit lorsqu'il n'y a ' pas de lumière ^ et cesse de voir quand l'aurore parolt» C'est, afoute-t-il, le plus singulier de tous les oiseaux, puisqu'il a ^es dents , et qu'il est privé de bec.

' Si plus tard on donna enfin quelque attention aux chauves souris, ce ne fut pas d'abord pour en étudier rorganisation.; on y regarda qu'autant qu'il le fallut pour parvenir à *les -comprendre dans des distributions méthodiques, ou plvtôi Ou n'alla consulter en elles que les points de leur ainform^tion qui eorresp ondoient aux base» sur lesquelles ' on avoit fait rouler l'échafaudage des ^tèmes zoologiqiiies.

Toutefois il arriva qu'on eut de bonne heure «ne idée exacte des affinités des chaave-«ouri« ; c'e&t qu'on «voit Jbri heureusement choisi pour le point de départ de ces sortes de travaux , des caractères extérieurs correspondans à des caractères anatomiques plus généraux et plus profonds.

Dès ce moment on ne sépara plus les chauve •«souris dos quadrupèdes vivipares : une étude plus approfondie de leur organisation, confirma les indications fournies par la considération de leurs dents.

En eSet, les chauv«-souris ont, comme les quadrupèdes vivipares , le cœur biloculaire , les poumons ceUulebx , si|#« pendus et enfermés dans la plèvre, un diaphragme muaculeu^t, •interposé entre la cavité du thorax et celle de l'abdomen; un cerveau ample et ramassé , le crâne composé d'autant 4és pièces , et de pièces également enchevrètées. C'est le même système sensitif , et ce ê^mi les mimes appareils pour ia tii*

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gestion et les sécrétions. Leurs dents sont aussi de trois soties ; 'tout leur corps est également couvert de poils ; et ce qu'on savoit depuis long-temps sans en avoir tiré la même consé» quence que de nos jours, elles enfantent également leurs petits vivans, et leur donnent le lait de leurs mamelles. Leurs os , leurs muscles , leurs vaisseaux , tout en elles est comme dans les quadrupèdes vivipares; cette ressemblance est telle ^ que les moindres détails de leur organisation suifiroient' seuls et séparément, pour montrer que ce sont de vrais mammifères, et qu'on ne sauroit se dispenser de les comprendre dans la même classe.

Mais il y a loin cependant de ce résultat aux vues hardies deLinnœus, qui les rangea danii un même ordre avec l'homme et les singes, et qui ne craignit pas de donner aux uns et aux autres un nom semblable ; tantôt celui d^antromorplue ( êtres à visage humain ), tantôt celui de primates (animaux de pre-^ mier rang). Toute extraordinaire que parut cette classification , le grand nom de son auteur la consacra. ' Toutefois il survint peu après une opinion qui ne pouvoit s^en accommoder : ce fut celle d'une nouvelle école qui admettoit entre tous les êtres des rapports suivis et gradués, et une marche progressive du simple au composé. Dans ces circonstances, des animaux constitués comme les mammifères, et manœuvrant dans les airs à la manière des oiseaux , foumissoient un exemple de transition dont on ne manqua pas de se prévaloir.

C'étoit, jusqu'à un certain point, confondre l'effet avec Is cause, et implicitement reconnpître que la faculté du vol, dans les oiseaux et les chauve-souris, résultoit, au fond, d*une même organisation.

On examina ce point de fait , et l'on ne fut pas long- temps sans demeurer convaincu que , si les chauve-souris se rencontrent dans les régions del'atmosphère avec les oiseaux , elles s*y portent en y employant des instrumens différens ; donc , toutes les anomalies dérivent du type des mammifères.

Les parties qui correspondant aux doigts sont, dans les oiseaux, presqu'effacées ; elles n'y existent que rudimentaires, atténuées et soudées les unes aux autres^ d'où il résulte que la main des oiseaux n'est qu'un moignon; l'aile existe au-delà.

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appuyée et ajusté^ sur cette extrémité du membre , et consistant dans ses longues pennes terminales, c'est-à-dire, qu'en der- Siière analyse la portion la plus utile n'est , au fond , composée que de tiges ou d'élémens appartenans au système épidermique. Dans la chauve-souris , au contraire j c'est le membre luimême et principalement la main qui sont extraordinairemen t agrandis. Qu'on se figure la main d'un singe, dont les parties solides auroient passé aune filière, et s'écarteroient du carpe, comme les rayons d'un segment de cercle , et l'on aura une idée nette de la construction d'une main de chauve-souris.

Le pouce seul n'éprouve pas les mêmes modifications : il reste court, dégagé de toutes entraves, et susceptible de mouyemens très'variés ; tel est encore le pouce des singes : comme il n'est pas employé en organe du vol , qu'il conserve sa fonc* tion ordinaire , et qu'il reste doigt quaiit à l'usage , il est maintenu dans toute son intégrité, c'est-à-dire, qu'il reste pourvu de sa dernière phalange et de son ongle*

Les quatre doigts , au contraire , que leur longueur démesurée change en instrument du vol , passant à un emploi étranger , ne sont plus susceptibles de leur service habituel , dès que c'est en se tourmentant et se fatiguant beaucoup que, par fois, les chauve-souris parviennent seulement à s'en servir pour se traîner «ur un plan horizontal , ou pour tenir leurs petits embrassés.

Une autre anomalie rend en outre ces quatre doigts dignes d'attention : ils n'existent plus en leur entier; ce ne sont plus que des doigts sans ongle, et, chose remarquable, comme si la phalange qui les termine , et qui se montre partout ailleurs avec une forme calquée sur celle de l'ongle en devoit suivra ' toutes les conditions , elle manque là où l'ongle a disparu. Aussi , si le nom de phalange onguéale n'avoit déjà été donné à cette partie de la main , $eroit-ce le cas de le^ créer pour rappeler une subordination aussi constante.

Les longues phalanges des chauve-souris ne sont à leur aile que ce que sont les baguettes d'un parachute à l'ensemble de cet instrument, c'est-à-dire des supports destinés à fixer une étoffe qui puisse résister à l'air. Celle-ci ne manque pas dans les chauve-souris ; elle est produite par un prolongement de la peau des flancs 7 le dos et le ventre fournissent chacun' un

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feuillet 5 comme on s'en assure en séparant en deux coticbêS semblables Tépaisseur de la membrane des ailes. Toutefois , malgré que cette membrane soit formée d,e deux peaux accolées l'une à l'autre, elle ne se manifeste à nous que sous l'apparence d'un réseau mince, transparent et léger.

Ainsi, de même que les os de la main ne sont alongés qu'ea diminuant d'épaisseur; de même aussi le système légume» taire ne s'est étendu autant sur les flancs , qu'cQ s'amincissant dans yne égale proportion. Or, il est à remarquer que ce qui est ici l'effet d'une loi générale de l'organisation, complète merveilleusement les moyens de vol des chauve-souris , puisque des os plus compacts et une membrane plus épaisse et pluâ dense 9 surtout à une aussi grande distance de la force motrice., enssenl ajouté au corps de ces animaux un poids que tous leurs efforts ne seroient sans doute pas parvenus à vaincre.

Cette analyse de l'aile de la chauve-souris , en nous montrant un bras et une main de mammifère , dont les métacarpes et les phalanges sont unis par des membranes , suffit pour établir qu,e non-seulement l'aile de la chauve-souris n'est nullement comparable à l'aile d'un oiseau , mais de plus, que pour Inen concevoir ses étranges anomalies, il convient de «'attacher à la considération des extrémités les plus favoralement disposées pour saisir, et les plus profondément divisées.

Or, les mammifères aux digitations les pi us profondes, sont les quadrumanes. En. retrouvant les chauve-souris plus voisines en cela de ce groupe que d'aucun autre de la classe des mam-* mifères , nous sommes par là ramenés à reconnoître que Lin<* nœus avoit bien jugé de leurs aiSînités.

Nous sommes encore mieux. conduits à cette conséquence^ par Texamen des autres traits qui les distinguent.

1»^ Les mamelles. Plus nous nous éloignons du groupe des quadrumanes , qui ont leurs glandes mammaires situées sur le thorax, plus nous Voyons ces glandes redescendre de la poitrine à i'abdomen. Toutes les chauve-souris , à l'exception des rhinolophes, ont exactement les mamelles semblables à celles des quadrumanes, pour le nombre et la position.

2.** Les organes de la génération. Les chauve-souris ne sont encore, sous ce rapport, comparables qu'aux quadrumanes; leur pénis est de même gros,, ramassé, visible au^dehors , et pen-

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4àttt 4ur les testicules* S'il falloit stiivre lei itepports de ces êtres jusque dans la conformité de leurs habitudes^ nous verrions fncore les chauve-souris ressembler, amx quadrumanes par des inspirations désordonnées^ et l'enchaînement d'une brutalité révoltante. Oa sait, d'après M. Koch, que les chauve^ouris s'adonnent de même, en domesticité , à user seules des^organes de la génération..

3/ Lei dents^ Ce caractère nous mène encore mieux à l'idée que c'est le type des quadrumanes que la chauve*souctS: rfeprb» duit ; car , sans cela , comment concevoir cette exacte répétition de formes dans des parties aussi compliquées et aussi peu essentielles à la vie, que le sont les dents incisives P Cepcii«> daut ,.les roussettes ont ces dents comme les singes, et les vea* pertilions, comme les makis; les molaires sont dans les mêmes rapports^ c'est'à'dire , formées dans ceux-ci par une couronne hérissée de pointes , et dans ceux-là par une tranche nette.

é^J^JLes abajoues,. Presquç toUs les singes de l'ancien mondes présentent une dilatation très-grande des muscles buccinateur», dans une convenance parfaite avec leur gloutonnerie et leur caractère inquiet. Ce sont là aussi des faits de l'histoire des cbaUve-souris ; elles ont aussi des abajoues qu'elles remplissent d'insectes dans leurs chasses, se réservant de faire' curée à leur retour dans leurs retraites.

^ Tant de rapports eiitre la chauve-souris et les quadrum'anes nous prouvent queLinnœus, en plaçant son genre Vtspèrtilio à la suite des makis, a vraiment présenté les chauve-sotiris dan^ l'ordre de leurs affinités naturelles; mais il à été plus loin , comme nous l'avons vu i .il a jugé ces rapports si intimes, qu*il n'a plus fait des uns et des autres qu'une seule grande famille, ou l'ordre unique des prfma^c^.

Il eût fallu peut-être se borner à dire que ces familles dérîvoien't les unes des autres; mais en même temps il convenoit de constater ce qu'une si grande anomalie, qu'on avoit sous les yeux , pouvoit exercer d'influeuce sur l'organisation : le bras, tombé dans de moindres utilités dans l'homme, d'ordinaire puissant moyen du mouvement progressif pour les allures à terre, prend tout à coup , dans les chauve-souris, une grandeur . démesurée. Dans une circonstance d'anomalie * déjà gî remarquable , la nature trouve lefouds et les ressources d'ano* 8. i3

malles encore plus fortes et plus étranges ; maïs bien quMl y ait ici déduction de formes , il n'y a plus conservation rigou* reuse du même plan; car, avec une grandeur considérable » le bras des chauve*sourîs acquiert une influence immense. Cette partie de Torganisation , ailleurs subordonnée évidemment » dans ce cas dans l'homme , passe dans les chauve^souris ati rang des plus grands organes ; elle y devient dominatrice , et l'est réellement dans ce sens , que c'est alors une donnée principale, une donnée qui soumet à elle impérieusement, et exige la corrélation de toutes les autres parties organiques.

Pans ce cas , la famille des chauve-souris se présente comme un ensemble qui a des limites distinctes , ou comme un de ces groupes qui , sous le nom d'ordres , forment les premières coupes àe la classe des mammifères.

Montrons qu'en eflFet les caractères qui appartiennent exclusivement aux chauve-souris exercent une assez grande influence aur leur économie, pour justifier cette nouvelle manière de les envisager.

Une des choses les plus dignes de remarque que présente leur organisation , est cette disposition du système cutané à se prolonger au-dçl'à des contours de l'animal , et à procurer aux prganes des sens plus d'étendue et plus d'activité.

On n'a peut-être pas donné assea d'attention à la manière 4opt se fait çeltç extension. La peau des flancs ne se porte pas neulement |ur les biPas, pour de là se distribuer entre les phalanges des métacarpes et des doigts ; elle embrasse aussi les extrémités de derrière , et , en se prolongeant entre les jambes , elle aç répand le long de la queue, de manière à former autour des chauve-souris une surface qui est réellement hors de toute proportion avec la petitesse de leur corps.

Il n'y avoit en effet qu'une surface aussi considérable qui pût offrir les organes d'un toucher si parfait et d'un tact a exquis , que Spallanzani , qui en a observé les phénomènes, les attribuoit à un sixième sens.

Les oreilles externes participent tellement à cette tendance du système cutané à s'agrandir , qu'il est de ces oreilles prolongées sur le front, et réunies en partiq , et qu'on en connoit un exemple , le vespertilio auritits , où elles égalent en longueur l'animal lui-même; elles participent en outre à cette tendance

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