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iS*ùnt manière plus cnrietfse ; étant doubles dans la plupart des chauve-souris. Eïi eifet, indépendamment de la conque externe qui ne différé ^ë-rôreillé dèfs autres animaux que par plus détendue , il en est une seconde qui borde le méat auditif.'
Quoiqu'on rieti'ôuvé cette petite oreille, ou Yoreiîlony qûé dans les chauve JôuHs, ce n^èst pas un organe dont il n'y ait aucune trace ailleurs : la nature n'opèk^ qu'^aveç un certain nombre de matériaux qui varient seulement entre eux de dimension ; roTciflon en est utie preuve ^ il dérive du tragùs; ou plutôt c'est le tragns lui-même qu'on est ^enté de prendre •jpour une partie distincte, à cause de son étendue et de ses usages. - .'•' ^ , . ^ .
Cette susceptibilité des tégumëhs a saillir en dehors se fjjt remàrcjuck*' de même aux a:bords d'autres cavité des organeil des sens. Il est, en effet, beaucoup de chauve-souris qui bht le ne« bordé de crêtes et de feuilles formées par une' duplîcàture dé la peau : ces' membranes sont dbp'oséés eh -éktôh^^ hoir dont le fond sert Centrée aux fesses nasale^. m :
' Il eil est doiré ^é' l'organe 'de Todbrat comme de celui de l'oulê : l'un en'aùtre sont poTurvus de conques ou coriièâextéH rieurs/ ■ ' ;•' *''• '' - ■', '>••'' '• '-■- y'o:: ,-;:..:.'
Hes membVâilcii atrssr étendues et ^iél itifaftï^lî'ééMfe i^u*' Vent exister Saus^fexercer une gtairde înflliettée ; àtissi voyons-^ nous que le monde extérieur des cbaure-soiiHs en estiigrândîi
li est évident ,'*J!ar exemple, qt/eîles aoquièrentla notion 3e beaucoup de corpuscules qui ne sont sensibles pour aucun autre animal/ *lfeS ôbsérvfiftofns'tle SpaBâïntanî ndiA appren-^ beht tfùe si elles Àfe' décident suîp ¥mBîcatton dri toucher, c'ès! le plus souvent sah^ recourir à'îin; contact immédiat, etqii'il leur suffit, pbuif étr^'avertî^s dëli^pi'éseniJe des objets corporels, de palper raîrSnterpôsfé entre elles* et ces objets, et d^apt ' précier la manfèrè dont il réagit lut là înetaofbrânè et lèuri ailes. ^ A ^ . . . . .. > r -
On en trouve une autre pretiVe dans ces vastes entortîerôfrs placés au-devant des organes de l'ouïe et du toucher: ce sont la autant d'instrumens perfedâdnnés' ^ui donnent aux êtres qui en son^ poùTVus, ïa faculté^ au j^us haut degré, de percevoir les plus petites particules du sàn et les moindreaémlnations odotânties.' . . -
^ ,^vec ces moyep^ de se ïeiidre aUcutivei^ ^t prêtes à totile espèce de perceptions , les chauve-souris ont en outre la faculté, de. s'y. soustraire y ^acul^é sans^doute indispensable^ puisque autrement elles eussent été accablées sous une aussi gfpBude^ perfection de Torjgane^ 4^^^^.^^* L'oreillon est placé sur le bord du méat auditif, de. manière qu'il devient à volonté ifiie soupape qui en ferme Hefitréc : il suffit pour cela d'une^ foible inflexion de Tp^'eJLlle,. et même, dans quelques indivi; du^ du froneemjent et. du, s^ul, abaissement des cartilages.. .. £^t comme aus^i ies replis et.l.es.bo,urrelets..des feuilles na-: aales reii^£l^ent le même objet à l'égard des; narines, il est par-là manifeste que ce n'est point sans profit pour les cbauve- ^ouris que le sj^tèmc cij^an^<prend un aecroissemeiit si con- |i(^érable.,Le9 prgane^odes&ensy jg^nent ainsi plus.de volume «kd^^jerfeçtion.,.; , ,j, . ., ^ . . i . ..... *
. D'un autre côté, l'excessive, étendue de la main des chauveaourU a. vraiment exercé une sorte de réfictîon, nQih-seulemen.t sur les organes quilafontmouvoir*, maisen outre sur d'autre^ pc^rties d'un ordre plus élevé,, et partout a^lçurç, soui|[iettant 4 elles tous les autres matériaux de l'organisation. Cette ano« malle, hors de toutes proportions, hors de toutes régies^ qu'on. jo^e. .trouve nulle part élevée à^ ce dçgré , est devenue un £ar^cjl;è.r^ c^ominatçur, ppmme.elle procifre à l'animal des fpnc.tions inusitées dans touç les autres, maminifères. Les organes df es sens;, presque pa^^t aiileijrs iretei^us dans dès limites trèf xresser|*^es , offrent dans lès cliauyersoùris les çompljici^ tioj^ljcs plus singulières, et leur çœyir lui-mépe éprouve une soft^ de 4ép.lacement, et est chez (elles bien plus haut placé. \s^ mi^sc^es pec.torau> épf cuvent, à plus ;(prté raison., cette influence : ils sont plus yoli9p:i^|ieu^^ et; ils.ç^nt en.même.tempf leur. siège çtleur^ attaches sur un^stern^um formé de. pièces remarquaBles à^la fojis par leur^ grand<çur .et leur parfaite ossiCfcation. On sait, au contraire^ que le sternum des quadrun^anes est généralement foible , petit ^ et presque, entièrement cartilagineU|X« .' , , ". ' • ,
^ .Dans, ceux-ci, les os de.l^avant-^ras sont susceptibles des mouvemens dits de pronaiion et ^de supination i ce qui est utie très-grande perfection à l'égard die ces .animaux , qui demeurent comme appeadwi toute la Vie aux broncl^ages des
trb¥eÂVèf qtfi-iie^pfetiiêitt*preBdi^'aucim soin p6iiif "se cod* ÉferVfer/sflns titf'iticbe geiênteontraints à saiàir', fetmeréit iilk ^ràve iilcontvémeiit dans -les chauve «scKtis','' qui, à ehaqi'ie battement :de' l'aile, auroiént à redouter que la ré^stance de Pair ne causât la rotation de leur inain. Elles ne sont l^mst- heureusement susceptibles de ce mouvement de pronation, et il a sulH , pour cela faire, du sacrifice d^un des deux os de l'avant-bras, dwsacriice 'en cubitus , qui cependanfi ne dispardlt pas entièrement vil en testé le tiers humerai, et cette portion, soudée au radius, contribue à donner à celuici- assez de force et de solidité pour soutenir le carpe et toute la main.
On peut calculer de combien les extrémités antérieures se trouvent agrandies dans les chauve-souris , en les comparant à celle9 de derrière , restées dans les dimensions ordinaires. Celles-'ci ne sont en outre qu'en partie engagées dans la membrane des flancs. Le pied est libre. La membrane a ses der^ itières attaches sur le tarsie, dont un des osselets, saillant en dehors, prend la forme d'une épine, et rend à la menrbran* interfémorale le service de la maintenir, lors de son développement.
' Lesdoigts postérieurs sont petits, comprimés,' égaux entre eux, et toujours au nombre de cinq: le pouce ne' s'en dis- *tingue pas. Tous sont terminés par des griffes ou de petites lames cornées , faites em quart de cercle , fort acérées à la pointe, et remarquables par leur égalité et leur parallélisme.
Il faut que cette conformation des doigts entre d*une manière bien nécessaire dans le plan constitutif des chauve-souris , car elle n'éprouve nulle part de modification ; et, dans le fait , si Ton y réfléchit bien , la chose ne peut manquer d'être ainsi.
Les fonctions ailleurs départies aux doigts , se trouvent , danajarchauve^oùnsv comme concentrées dans ceux de derrière , 0^ seulement il existe de véritables doigts : nous avons vu qu'en avant anseul reste conservé^ les quatre autres n'étant, « proprement parler, quedes brins solides^ propres séulementN 'étendre ou à.ptisaer la membrane.
Telles sont les seules ressources de la chauve-souris pour la lobosinotion ,. quand éllen'estpas dànsle voL A les considérer, on o^e supposeroit pas qu'elle pût aisémentles mettre. en^ œuvre pour changer de place à la manière des quadrupèdes: ccpcn-.
dast, quand cela lui est uUle ^ elle .sait en tirer un parti îrèêm avantageux. Ses ailes, reployëes, deviennent au besein dea jambes de devant : elle pose alors sur quatre pieds ; elle marcàe enfin , et se traîne même avec assex de vélocité pour qu'on puisse dire qu'elle court avec vitesse.
Mais pour cela, que de peines, que d'efforts,, combien d'actions diverses! On la voit d'abord porter en devant et un peu de c6téson bout d'aile ou ihoignon, se cramponner au sol, en y enfonçant l'ongle de son pouce; puis, forte de ce point d'appui , rassembler ses jambes postérieures sous k ventre , et sortir de cet accroupissement , en s'élevant sur son train de derrière, et faisant dans le même temps exécutera toute sa masse une culbute qui jette son corps en avant ; mais comme elle ne se fixe au sol qu'en y employant le pouce d'une des ailes^ lesaut qu'elle fait a lieu sur une diagonale, et la rejette d'abord du côté par où elle a'éioit accrochée ; elle emploie pour le pas suivant le pouce de l'aile opposée ; et, culbutant en sens ce»traire, elle finit, malgré ces déviations alternatives y par cheminer droit devant elle.
Cet exercice finiipar la fatîguerbeaucoup:aussi,pottr qu'elle s'y livre , ou il faut qu'elle jouisse dans son antre d'une^sécurité parfaite, ou qu'elle y soit contrainte par une suite d'àceidena qui l'aient fait tomber sur un plan horizontal..
Toute chauve-souris qui est dans ce dernier cas , a'y soustrail aussitôt, parcequ'illtti est alors presque impossible de s'élever etde reprendre le vol rses ailes ont trop d'étendue; et les efforts quelle peut faire n'aboutissent le plus souvent qu'à heurter le sol, et à lui procurer une nouvelle chute* Si, au contraire, elle parvient à gagner un lieu élevé, ua arbre ou même un tertre, elle se remet facilement dana la seule situation qui loi convienne.
Cette situation , c'est le vol. Ce n'est que dans iea airs que les ehauve-souris se c&mplâisent, parce que c'est là seulement qu'elles jouissent de toute liberté , qu'elles mettent à profit toutes leurs ressources , et qu'elles ont une. confiance san» bornes , quelquefois même jusqu'à s*emporter et aller braver des dangers réels.
Mais ces courses ne peuvent être con tinueHes : le repos doit les suivre* C'est pour ce moment crilîquc que les chauve^souns
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réservent tauf e leur prudence : le aentiment des dangers aux* quels elles sont alors exposées^ les porte à recherch er les retraites les plus profondes et les plus inaccessibles, et leur fait prendre la précaution de se suspendre à la voûte des cavernes , la tète en lias. Simplement accrochées par les ongles de derrière , elles n'ont plus qu'à lâcher prise, pour se dérober, par le vol, à une attaque imprévue.
Nous entrevoyons maintenant les motifs de cette position inverse à laquelle il étoît remarquable qu'il n'y eût que les chauve-souris d'astreintes : en effet, nulle autre situation ne les rendroit aussi promptement à l'industrie qui leur est la plus familière ; nulle autre ne leur fourniroit plus de facilités pour échapper et aller se perdre dans Tiuimensité des air^. -
Les chauve -souris, prêtes à se lancer, ayant à déployer^ l'embarrassant manteau que forme la membrane de leurs ailes ^ et ne pouvant le faire qu'en se procurant sur les e6tés un espacer proportionnel à son étendue, ne pouvoient, pour rencontrer toutes ces chances de succès, que tomber d'un lieu élevé.
hes pieds de derrièredes chauve-souris dévoient donc, pour fixer ces animaux au plafond de leurs retraites, avoir une forme appropriée à cette destination ,* dés lors il devient facile de se rendre compte du parallélisme et de l'égalité de leurs doigts, aussi bien que de la courbure et de la pointe acérée de leurs ongles : et, en effet, si ces pieds, dont nous n'avions pas d^abord rattaché lés formes au plan deis chauve-souris, corn* plètent ainsi leur système (ce qui donne aux diverses parties des organes de la locomotion des usages qui se correspondent, et qui sont dans des relations nécessaires) , nous ne nous étonnerons plus de l'invariabilité des formes de ces extrémités.
On n'entre point dans les souterrains des chauve-souris , qu'ont ne soit d'abord affecté par l'odeur de leur fiente: on la trouve rassemblée en monceaux souvent très^-considérables sur le sol, Xers le centre des espaces qu'elles occupent; et de plus, on ne peut se méprendre sur le lieu d'où proviennent ces produits excrémentiels : c'est de la voûte du souléirràin.
C'est que c'est là le rendez-vous des chauve-sourisj c'est là effectivement qu'elles s'assemblent côte à c6te : mais il ne faut pas oublier qu'elles y demeurent suspendues par les pieds de derrière, et alors, comment concevoir qu'elles puissent se
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'vider dans.. uoe* attitude si peu convenable à cet objet P' Je vais dire, CQmment elles y procèdent : je raconterai ce que j'ai vu,
. Une chauve-^souris , dans ce cas, met d'abord une' de se$ pattes en liberté d agir, et en profite tout aussitôt pour heurter' la voûte, ce qu'elle répète plusieurs fois de suite. Son corps, que ces efforts mettent en mouvement, oscille et balance sui^ les cinq ongles de l'autre part, lesquels forment, parleur égalité et leur parallélisme, une ligne droite, comme seroit l'axe d'une charnière. Quand la chauve^souris est parvenue au plus haut point de la courbe qu'elle décrit, elle étend le bras, et cherche sur les côtés un point d'appui pour y accrocher l'ongle qui le termine, celui du pouce de l'extrémité antérieure. C'est le plu; souvent le corps d'une chauve-souris voisine qu'elle i*en« contre, d'autres fois un mur sur les flancs, ou bien un autre objet solide; mais, quoi que ce soit, elle a atteint son buti elle s'est mise dans une situation horizontale , le ventre en bas, c'est<"à*dire^ dans la situation qui lui convient pour se vider , et pour le faire en prenant soin de sa robe.
. Ceci nous rappelle que nous avons encore à faire connoître les organes delà digestion des chauve-souris. Il semble, au pre^ ipier aperçu, qu'en admettant la nécessité de relations intimes entre toutes les parties de. ces animaux , l'anomalie dominatrice qui les distingue, et qui met à leur disposition l'usage d'un tout a\itre monde , auroit bien pu s'accommoder de tous les modes de nourriture qui sont propres aux mammifères ^ • et c'est ce que nous ne trouvons pas ; précisément parce qu'il y avoit alors indiffj^rence à cet égard , l'ascendant du sous<»type dont les chauve-sourisi sont comme une déduction, ae fait sen« ^If^j. tous les traits des quadrumanes^ sous ce rapport, sont reproduits, et, ce qu'il y a de singulier, le sont avee de légères inpdiQcatiqn& , qui se rapportent toutes , ou au moins se com-» biiient avec de fort légers changemens dans la manière dont l'aile se tenpine^.
Le plus grand nombre deschauve-«souris vit d'insectes ; leur çs^tomac est petit , sans étranglement ni. complication ;. le canal intestinal, d'un, diamètre a^e4 égal, est coiiri, et lecoBcum vas^nque entièrement.
Les. dçnts répondent à c^tecdre de^^choses : les incisives sont
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lo1»ëes', les" canines longues et aigucfs , et lès molafres Hérissées de pointes.-
Quelques chauve-souris , qai vivent de fruits , ont les dents eti.es intestins un peu différemment conformés ; elles n'ont pas le derme aussi prolongé ; aussi sont-elles chauve-souris au plus petit titre possible.
Les dents aiguè's du plus grand nombre sont les seules armes et moyens pour attaquer , saisir et déchirer les insectes dont elles font leur nourriture ; elles ont , pour les atteindre au vol , une facilité qu'on ne leur avoit pas remarquée : cVst la gran-^ deur de leur bouche; ce sont^ à cet égard , de vrais engoulevents.
La commissure des lèvres ne s'étend pas , chez les mammî* fères, au-delà des dents canines : on diroit que la lèvre supérieure suit le sort des intermaxillaires ^ qu'elle lui est subordonnée , et qu'elle en est la coiffe. En effet, la bouche n'est large et bien fendue, que chez les auimaux^ont les intermaxillaires sont très-longs , et se trouve au contraire d'une étroitesse extrême da ns ceux qui ont les os très-petits.
hes chauve-souris, du moins celles qui se nourrissent d'in* sectes , sont la seule exception à cette loi que je connoisse : la commissure de leurs lèvres est très-reculée en arrière , et correspond à la pénultième molaire. On peut regarder leurs abajoues comme la cause de cette anomalie ; caries joues que ces poches rendent flasques, se déplissent et s'étendent avec le^ lèvres, et dès-lors la mâchoire inférieure peut s'écarter de la supérieure , jusqu'à former avec elle un angle droit.
Enfin , les chauve-souris ressemblent aux petits mammifères insectivores par les habitudes tristes, la vie nocturne , la susceptibilité des organes des sens qui les force de fuir le bruit et k lumière, et leur moindre chaleur spécifique; elles passent l'hiver, ou plutôt la plus grande partie del'annéedans Uengonrdtsscment; extrêmement sensibles aux plus petites impressions du froid et de l'humidité, elles ne jouissent d'une pleine activité , et ne sortent de leurs retraites que dans les belles soirées d'été j mais alors, vivement excitées, elles ne sont attentives à rien** occupées de leur chasse avec une ardeur sans mesure, oiJI elles deviennent à leur tour une prnie facile pour les oiseaaîC de proie de nuit, ou elles donnent dans les pièges qu'on le»i>
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tend ; elles tombent dans des filets qu'on agite sur leur route 9 ou sont prises à la ligne , parce qu'elles happent avec trop d'avidité tout ce qu'elles voient voltiger dans l'air.
Les chauve-souris, ainsi dérivées du type des quadrumanes , et offrant en outre d'assez nombreux rapports avec la petite famille des carnassiers insectivores, se présentent donc à nous comme constituant un ordre qui a des limites tranchées, et ^i est tout à fait distinct.
Telle est la question que nous nous étions proposé de traiter dans cet article Chéiroptères, Avant de renvoyer, pour chaque genre , à des articles spéciaux et à leurs lettres respectives , j'examinerai ce qu'en ont pensé les principaux auteurs systématiques , et comment ils ont pu classer ces aiiinfaux , en se bornant k l'emploi des seules considérations zoologiques qui étoient pour lors en usage.
Belonest le premier qui figura une chauve-souris , l'oreillard ; Aldrovande en reproduisit la figure, ety en ajouta uneseconde , la grande espèce d'Europe. Bel on avoit, en outre, assez bien signalé ime troisième espèce qu'il avoit vue en Egypte.
On apprît, dans la suite, par des voyageurs et des naturalistes iconographes, que chaque pays avoit, en quelque sorte, ses chauve-souris. Si cela ne fut dit d'abord bien précisément , c'est du moins ce qui résultoit des publications de Clusius, Fison, Bontius, Flaccourt, Séba et Edwards.
On possédoit ces nfatériaux dès 1 748 , qu'on necroyoit encore qu'à l'existence de cinq espèces de chauve-souris : le Catalogue de Linnsus ne fait pas mention d'un plus grand nombre.
Mais au moins, on avoit été jusque là d'accord sur l'établis-, sèment de la famille des chauve-souris : c'étoit un de ces genres qu'on avoit fait d'instinct avant l'invention même des méthodes.
D'autres principes dirigèrent Brîsson en 1756; il avoit rangé les quadrupèdes suivant l'ordre numérique des dents incisives* Dès qu'il s'aperçut que les chauye-souris se séparoient, d'après cette considération , en deux séries , il se crut obligé de les partager-également en deux genres, et il leur donna les noms de pteropm^ ^t de vespertilio. On avoit alors si peu d'égard aux affinités naturelles des êtres , que personne ne fut choqué de voir ces deux groupes éloignés l'un de l'autre , et leur interyaUe rempli par des animaux autres que des chauve-sourjs^.
Comme ob étoit daxu cette fausse rouie, Saubenton cher« choit des animaux pour son aoatomie comparée t il vint à trouver ep France quatre chauve ^scmris, qu'on n*y avoit pas encore observées , et cette découverte rengagea à revoir ce qui avoit été fait avant lui sur ces mammifères , et à en donner une Monographie* Son Mémoire 9 monument pré- , cieux , surtout si Ton se reporte àTépoque de sa publication^ fut imprimé dans le Recueil de TAcadémie des sciences , pour Tannée 1759. La Monographie de ce célèbre naturaliste fut aussi enrichie , tant de plusieurs espèces étrangère» trouvées k Paris dans des collections publiques, que de celles qu'Adansoa avoit dernièremcn:t rapportées du Sénégal.
Dès. ce moment, la famille des cfaauve^souris fut établie sur des bases solides; on eut un guide qu'on apprécia e^ qu'on suivit.
Linnseus en donna le premier l'exemple , mais non pas ea toutes occasions, puisqu'il retira de son genre Vespertilio la ehauve-souris de Feuillée , ou le bec-de-lièvre , pour en faire, dans la douzième édition de son Systemay le genre N oc tilio de ses glires»
On s'étolt jusque-là si bien trouvé de l'emploi des dents incisives pour l'établissement des geure^, qu'il étoit naturel de beaucoup compter sur la valeur de ce caractère; on fut donc étonné d'apprendre 5 d'abord par Brisson, et ensuite par Daubenton , que les, chauve-souris diSéroient entr'elles sous ce rapport.
Le nombre de ces animaux n'étoit pas encore considérable , et on donnoit déjà plus d'attention, aux affinités des êtres ; néanmoins on continua , à l'exemple de Daubenton , à corn* prendre danj^ un seul genre toutes les cbau ve*souris connues ; et, pour s'ea excuser en quelque sorte , on. affecta d'insister sur la discordance de. leurs caractères.génériques, etsur l'idée que ces êtres étoxent comme fr^q^pés d'anomalies inexplicables*
Il n'y eut qu'ErxlebexL qui reproduisit la division^de Brissoi^, pteropus eivespeFtiHo , et! qui se montra en cela un compilateur peu judicieux; car il détruisit l'essence du genre Vespertilia en le définissant comme Brisscm,. et eay faisait entrer les nou* velles chauve-souris de Daubenton, auxquelles cette, définitioa ne convenoit pas.
On ne fit plus , dans la suite , que se copier les uns les autres : d'ailleurs j^ on s'en tint à un seul genre, etTon crut satisfaire à
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ce 'qu'cxîgcoit l'étafaelà science , en dotinant , darts des âiw»-
tations , rénumératiôn des dents incisives de chaque espèce.
C'étoit «e caractère qui, entendu de diverses manières | àvcyit motivé ces dififérentes façons de classer les chauve-souris. y y donnai attentionv
Je m^aperçus d'abord qu'une des circonstances de ces dents (elles sont le plus souvent crénelées)avei't donné lieu à quelques 'erreurs, même de la part de nos plus habiles observateurs. Fallas avoit compté à la mâchoire inférieure du vesp. pictus , huit au lieu de six incisives qui y sont réellement ; et Daûbenton n'en avoit point remarqué en haut au vesp. ferrum equinum. *
Je pus aussi apprécier une autre circonstance de ces dents, 'source d'autres erreurs : c'est qu'étant pl^s petites que leurs alvéoles, elles s'en détachent facilement, et manquent dans quelques individus.
Enfin, une troisième observation expliqué encore mieux leurs nombreuses anomalies ; c'est la dépendance dans laquelle elles sont des organes qui les avoisinent.
Ailleurs que dans les chauve-souris , il n'y a g^ère qu'une seule manière d'être pour les organes des sens qui ont Leur siège auprès des dents incisives. Ils sont en général contenus dans de certaines limites, et ne nuisent pas au développement dé l'os intermaxillaire , qui lui-même fournit à son tour aux inci^ sives tout l'emplacement et la solidité convenables. Rien ne troublant cet arrangement , les dents incisives croissent dans leur alvéole selon l'action qu'exercent sur elles les élémens dont l'être est constitué : effets, en quelque sorte ^ du concoun de beaucoup de causes très-disséminées , et la plupart occultes'; ces dents peuvent alors être employées à indiquer ces causes d'une manière générale , et c'est dans ce sens qu'eUes sont appréciées comme un excellent caractère générique.
Le contraire a lieu dans les chauve-souris : leurs organes des S9nsse compliquent de cette tendance du derme à acquérir ua accroissement considérable; l'organe de l'odorat, entre autres-, 'est souvent obstrué par des espèces de soupapes ; mais comme il n'arrive presque jamais de développement extraordinaire en un lieu, que cela ne devienne ailleurs un obstacle, les dévéloppemens des fosses nasales influent sur l'interniaxillaire : ceiui-ci devient d'autant plus petit; que celles-là s'étendent et
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Se prolôn^eni.dâv^to^^ ; il est quelquefois rapetissé au point de i|*être plus qu'un p4>iikt o$«eux qui nage et 41 perd^dans le derme i quelq^efoîft eafîn il se perd entièrement. ;. ' Les incisives qui en suivent nécessairement toutes les condir. tioos/et qui: deviennent petites , on manquent avec lui ^ sont alors trs^vecsées dans leur développement par une influenee. spéciale-: n'obéissant plus à une impulsion de toute Vorgani*. sation, elles- n'en rendent plus le même compte; elles varJient au contraire avec l'intensité de l'action locale qui pèse sur elles y et^ dans ce. cai, elle&sont un caractère d'une valeur moindre que dans les autre» faïkiilles. où leur croissance n'est en nen contrariée^ . l . . : , ,
Mm ai elles le cèdent^ pour Timportance, aux organes des sc^n^^ qurfl hts^iorMiûttki ^ elles deviennent de nouveau un* objet dig^ye*. de oonsidératiônTiea relation avec ces organes,,. elles peuvent du moins nnns en faire apprécier les modifications diverse* f, ^lies'x;onc6ureât avec eux à établir les caractère»de quelques, groupes particuliers ou petits, genres:; et, attendu que cet di*-*! fers arrangement sont aussi simultanés avec d'autres mo/UfiçatilMis qui affectent, soit les organes de La digestion , soit lea^ ailes,' la queue etla membrane interféniorale^ ilsmtquenoust' avms une certaine j quantité xle caractères* d'un ràngencore: asscE relevé, ponr ordonneriez chauve-souris dans des divisioniT tiancbées/ et lés dispose? en très^petites' familles natureUes..,. r - Nous donnerons lés caractères de ces petites familles »ou ^e, ce» genres aux mot8suivahs;>GLosaoPHAGEyMé6APE«.ME, McfiiOT-) v(ft.ANT 5 MrofvÈRfi i NocTiuoM , Nyct^e , Nycxinome , . OasH.*:
LXàl>, FHTtLOSVOldâV RlkVNeLOEHE, RHINOrOttB; BODSSBTTE, Sti^
fîODERME ^ Taphien , et Véspertilion. ( Ge. s. h.) ' '.,. ,
' CHÉIROSTÉMONBA FEUHXES Ï^E PLAJA2«E (Bon) , Cfe^ir^jteiitoit p^/ïiii;dl«{e»|Hnmb^'etBonpl., PLéq., i , p» 82 , t, 24r« Arbre découvert ^àr MM;.HumboIdt et Bonpland» à la Nou«r veUe-Espajgne , daans le» forêts* de la province de.Guattmala s il foime senl un genre pantieulier,. voisin de la famille desr nialvacées, appartemant à la monadMlphie.pentandrit de Lin-» nœus, distingué par un caHcecoIoné, à cinq découpures ; t^imbractées alternes kjâ base dn calice; point. de. etroUe ; cin^ fflamiens. rëimis en tube; les anthère» linéaires- $ uu stjlei une capsule à cinqfjoget* . . - .
Cet aft>re s^élève à la hauteur d>nviron quinte pieds ^ soutenant une cifie touffue; ses branches sont tortueuses ^ étalées horizontalement, chargées, vers leur extrémité, de feuilles alternes, pétiolées, fauves et tomenteuses en^dessous. glabres en-dessus, échancrées en coîurâ leur base, divisées en sept lobes, légèrement dentées k leur contour, accompagnées de stipules lancéolées caduques. Lesfleurssont grandes, [solitaires, pédonculées, opposées auxieuilles, d'un beau rouge, situées à Textrémité des jeunes rameaux *, le pédoncule est tomenfeux, unîflore, muni à son sommet de trois bractées lancéolées velues: le calice a l'apparence d^une belle corolle campanuiée , charnue, longue d'un pouce et demi, à cinq découpures pro- Ibndes ; rouge en-dedans , il estre vé tu en dehors d'un duvet f^os* làtre; à la base ^e chaque découpure ^ un tubercule arrooét^ eorrespondantà une fossette intérienreneetariflère, caractère qni pourroit faire soupçonner que ee qu'on prend ici pour eaHce est une véritable corolle. Les filamens sont colorés^ Kbres et ouverts en itiain à leur partie supérieure ; l'ovaire pubescent ; le style plus long que le tube des élamines. Le fruit eonMSte en une capsule ligneuse, couverte d'un duvet noirâtre ^ liong^e de trois pouces, à einq logea, ^> cinq, angles sâHImos^ s'ottvrant snr les angles, depuis le sommet iuaque veraie itti- Keu, en cinq valves; les réceptacles anguleux, couverts de poils roux ; les semences attachées pi» un pédicelie &ur les e6tés de l'angle interne de chaijue cloison, «unies d'une caroncule près de leur sommet, an-dessoua 'duquel se trouye un ombilic alongé; le périsperme.dc.mfzne forme que la se* mence; les cotylédons ovales, fiiliaoéaf. la- radicule courte, ovale. (PoiR.) .. '.- ..'.,.'.
' CHEIS AK AN , CnEiSAa ÇBai.)^ nom&a/itBhès y auivant Kumph , d'une espèce de rotang cité par oet auteur t iskrèmAmh.^. viol. âj p. 97, t* 5i, et que Loureira nataxatxtiHmu^f^lrmii^* (J.)
CHEKAO. (Min.) C'est le nom d'un .des. composans 4e la l^orcelaine de la Chine/ On ne; sait.. pas Me^ sûreipfient quelle est cette substance , qui entre dans l'a .€m»f9Q»4ion de la cou« verte en émail , et qui sért-.jnéme, difr'on^ kij, di^sainer des ornemèns en relief. Il parait cependant,; d'âptè^ les d^criptions qu'on en donne, et l'opinion màm^ de.pluveura ypya^e«rS| sue c'est du gypse , ou chaux sulfatée* (K)^
CHEKEN {Bot.) 9 espèce de myrte du Chili, décrit par FeuUlëe. (J.)
CHELAPA, ou Cblapa. (Bot.) C. Bauhin dit qu'on avoit envoyé deTInde occidentale, sous ceâ noms, une plante qu'il nomme hryonia mechoacan nigricans , dont la racine , semblable k celle du mechoacan, diffère par sa couleur noirâtre en dehors et roussâtre à Fintérieur. Il ajoute qu'à Alexandrie et à Marseille on le regarde comme un mechoacan noir, et on le nomme jaZopiiim ou ge^piû. 11 paroit évident que ce mechoacan noir est le vrai jalap, convqlvulus jcdapa j dont l'usage, en £ivrope, est postérieur à celui du mechoacan vrai, et qui n'y a été introduit que vers i66o, peu avant le temps où C. BauhiM en a fait mention. ,( J.)
CHELIBS {Conch.) , nom latin du genre Célibe. (De B.)
CHÉLIDOINE, ou Fie&re d'hironixelle. {Min,) On nomme ainsi de petits cailloux presque lenticulaires, très-polis, de nature ordinairement siliceuse , appartenant aux agathes , et peut-être aussi au calcaire compacte. On les trouve dans le Ut de certains torrens : on en recueille surtout dans les grottes de Sassenage, près Grenoble, où coule, comme on sait, un torrent rapide. Il paroi t qu'ils doivent leur forme et leur poU au mouvement des eaux. On croyoit qu'ils venoient des nids d^hirondelles. On les emploie pour chasser de dedans les yeux les poussières ou corps étrangers qui s^y sont introduits. A raison de leur petitesse , de leur forme et de, leur poli , il^ peuvent glisser entre la paupière et 1^ globe de Tceil sans Tirri^ ter. Voyez Pierre] d'hirondelle. (B.)
CHÉLID01NE(jBoe.), CheUdonium , Unn. Genre de plantei dicotylédones , polypétalçs , hypogyneç , de la famille des pa* pavéracées de Jussieu , et Aels. polyandrie monçgynie deLinnaeuS;, dont les principaux caractères sont d'avoir un calice de deux folioles .caduques, une corolle de quatre pétales caducs , deç étamines nombreuses ; un ovaire cylindrique, à stigmate ses* sile ; une silique linéaire , à une loge polysperme.
En rétablissant le genre Glaucium de Tournefort , que Liihnaeus avoit réuni aux chélidoines, les botanistes modernes n'ont conservé que trois espèces dans ce. dernier genre.
Grande Chéudoine, vulgairement Éclavms : Cheliéonium majai ^ Linn» ^ Spec* , 723 ; FUdan. , tab. 54a.,S» tige est rameuse»
BS9 CHË
haute d^un à deux pieds ; ses feuilles Sent aîlëei , colnpojféel de folioles lobées ; ses fleurs sont jaunes , pédiculées et dispo-* sées , au nombre de quatre à huit ensemble ^ en ombelles portées sur un long pédoncu Je opposé aux feuilles. Cette plante fleurit en mai et juin , et se trouve fréquemment dans les haies , les^ buissons , et au pied des murs.
Toutes les parties deia grande chélidoîne exhalent une odeur forte et nauséeuse , et il en découle , à la moindre blessure , un suc propre, abondant , jaune, acre , amer et même caustique. Si quelques gouttes en tombent sur la peau , elles y laissent des taches qu'on' ne peut que difficilement enlever. On s'en «ert ordinairement pour faire passer les verrues. Les anciens ont préconisé l'emploi de la chélidoine pour les maladies des yeux, et c'est de là que. lui est venu son nom d'éclaîre. Tout ce qu'on peut raisonnablement croire à ce sujet , c'est que son suc ait fait quelquefois disparoitre les taies qui se forment sur les yeux; mais son application doit exiger les plus grandes précautions;
Employée à l'intérieur , la grande chélidoîne est un stimulant très ^énergique ; une cuillerée de son suc pur agit comme émétique et comme purgatif: sa dose ne doit être que d'une cuillerée à café dans un véhicule adoucissant; ce qu'on, peut répéter deux fois par jour. La décoction de la racine peut se préparer avec deux à quatre gros de celle-ci pour, une pinte d'eau , et l'extrait de toute la plante se donne à deux y -trois et quatre grains , en augmentant graduellement. Toutes ces préparations , selon le témoignage d'habiles médecins , ont lété employées avôc avantage dans les afiections scrofuleusès , dans les hydropisies causées par les engorgemens des viscères, et dans la jaunisse.
Chélidoinb du Japon ; Chelidonium japonicum , Thunb. , FL jap. ,'pag. 2 21. Ses tiges sont droites , glabres; ses feuilles sont «liées, composées de trois à cinq folioles oblongues incisées; ses fleurs sont jaunes , axillaires , pédonculées, solitaires. Cette «spéce est indigène au Japon.
.Chélidoîne a dbux feuilles ; Chelidonium diphyUum, Mîch. , Flor, Amer^ , i , pag. 609 . Sa tige est simple . munie , dans sa ■partie supérieure , dé deux feuilleii partagées en lobes pinndttfides I e% içtmiaée par ime seule fleur portée sur un pédon-
• CHÊ u^
. t\ï\e' 4UÎ naît aii milieu d^ l'insertion des deux feuillçs. Cette
, plante croîf dans les lieux ombragés de rAmérique septentrionale* ( L. D. )
. CHÉLIDOïNE [ Petite] {Bot.) , un des noms vulgaires de la ficaire,^^'^^'''*? ''^'^"'^^"^''^^^ûiWa, de Linnaeus. (J.)
CHÉLIDOÎNE D'AMÉRIQUE. (Bot.) On donne , dans lés Antilles, ce nom au bocconia^ genre déplante voisin de la ché-
. lidoiue ordinaire dans l'ordre naturel , et donnant comme elle
j un suc jaune. (J.)
CHÉLIDOINES. {Foss.) On a auttefoîs donné ce nom à de
. petites dents de poissons fossiles. Voyez Glossopètres. (D. F.)
CHÉLIDONS. {OrnUh.) Ce nom. qui, darisAris,toté, paroît
désigner l^hirondelle de cheminée, a été employé par d'autres
' naturalistes^ comme embrassant la famille entière des oiseaux qui, pourvus d*un large bec, d'un ample gosier,, ont le vol rapide, la vue perçante, et, tenant leurs mandibules habi-
. tuellement ouvertes, y engloutissent les insectes dont ils font leur seule nourriture. Ces oiseaux qui, comme lés rapaces, se
. divisent en diurnes et nocturnes ,* comprennent, d^une part, les hirondelles et les martinets, et, de l'autre , les engoulevenis. Leurs caractères communs sont d'avoir le bec déprimé à .sa base, très-fendu; les pieds fort courts, et les ailes très-longues.
(ch. DO. ;
CHÉLIFËR, ou Porte-Pince. (Ëntom.) Geoffroy a désigné sous ce nom de genre, des insectes aranéides semblables aux scorpions par leurs palpes en forme de bras garnis de serres , mais privés de la queue, dont le corps est trés*.plât, et la manière de marcher semblable à celle des crabes. On les nomme aussi scorpions des livres, pince-crabes. Voyez Pince. (C. D.)
CHELIMONTOMA (J&o^) , nom arabe de la chéHdoirie, selon Tabernaemontanus et Mentzel. Ilest écrit' chelodomontoma^'av Daléchamps. (J.)
CHÉLIOC. (Ornith,) Ce nom paroît être donné au coq dans la province angloise de Cornouailles. (Ch.D.)
CHÉLIPE, (f;niom.) Voyez PiNtE, ( C. D.)
CHELLiE. {Bot,) Dans l'Arabie, le scandïx infesta porte ce nom, ou celui de gazar-sjœitani^ suivant forskaè'I. La carotte est aussi nommée chœlle, de même que Vammi, (J.)
CHËLMON. {IchtlijoL) M. Cùvier vient de donner ce nota
à un genre de poissons qu'il a démenibré du groupe nombreux des chétodonsy et qui appartient, comme eux, à la famille des leptosomes. Ces poissons doivent être ainsi caractérisés:
iVt dentelures^ ni épines aux opercules; corps ovale; museau alongé en un heo étroit : une seule nageoire dorsale,
La forme du museau distingue les chelmons des vrais chéto« dons, des platax, des héniochus, etc.: leur nageoire dorsale unique les sépare des chétodiptères, où elle est double : Tab- ^ence des dentelures et des épines aux opercules les isole des holacanthes, des pomacanthes, etc.
Le Chelmon BEC-ALONCé : Chelmon rostratus; Chœtodon rqstratus^ Linn.; Bloch, 202, fig. i. Nageoire caudale arron-^ die/ plus courte que le museau, qui est cylindrique; cinq ^ Landes transversales noires et bordées de blanc de chaque côté du corps ; une tache noire, arrondie et bordée de blanc, vers la bà$e de la nageoire dorsale; teinte générale d*or et d*ar> eent; vingt raies longitudinales brunes et très-étroites ; oriiSce de chaque narine simple.
Ce poisson , très-beau par la vivacité de ses couleurs, habite les mers de Tlnde, se tenant le plus ordinairement près de l'embouchure des rivières, dans les lieux où Teau est peu profonde. Il se nourrit d'insectes, particulièrement de ceux qui , vivent à la surface des mers sur les plantes marines , et emploie , pour les saisir, une manœuvre remarquable : il lance sur eux .une pluie d'eau salée àTaide de son museau alongé, et les atteint ainsi quelquefois à la distance même de six pieds. . Cette chasse devient un spectacle assez amusant pour que les gens riches de la plupart des îles des Indes orientales se plaisent à nourrir dans de grands vases un ou plusieurs de ces animaux. Leur chair est d'ailleurs agréable et salubre.
Le Soufflet : Chelmon longirostris ; Chœtodon longirostris , ^ Linn.j^Brousson. ; Chœtodon ence/odi/s, Shaw. Nageoire caudale en croissant; museau cylindrique et très-âlongé; ouverture de la bouche petite ; couleur générale citrine.
Ce ppisson a été découvert par Brôussbnnet dans les eaux du grand Océan. Voyez Chétodon et Leptosomes. (H. C.)
CHÉLONARIE {Entom.) , Chelpnarium. M. Fabrîcius a décrit sous ce nom, dans le Système des Eleuthérates, t. 1, p. 101 , vu genre d'insectes coléoptères qui comprend. deux espèces
CHE ,5n
d'Amérique , très-voisines des genres Aath rêne e^Birrhe. Nous ne connoîssons pas assez ces insectes pour en parler ici. (C,D.)
GHELONE, {BqI.) Voyez Galane. (Poir.)
CHÉLONE (Entom.), Chelonus. M. Jurine a désigné SQus.Qe nom , dans sa Méthode de classiûcation des Hyménoptères, liVi . insecte fort singulier , rangé précédemment comme une €;spéç;e d^ichneumon, sous le nom A^ocuUUor» On n'en, connolt pas les snœurs. Son abdomen, est formé d'un seul. anaeau^ ç^ue Taii- . teuir compare à un sabot renversé , ou à une boîte ovoïde ayant en-dessous une ouverture ovale échancrée ou fendue, pour laisser sortir r^^iguillon f le corselet a. deux petites épine$ latérales en arriére. M. Latreille, a nomnié ce genre Sigfilaphe* M. Jurine a figuré cet insecte sous le n."" 41 , pi. la ^ de son bçl ouvrage. (C^, D.)
CHELONÉE {Érpétol.) , Chelonia. M- Al. Brongniart» le premier, a. consacré x:e,mot à , désigner les tortues de iQ^r , ou'il a réunies en un .genre distinct de celles qui habitent dan^Vcau douce ou qui vivent sur la terre. C'est ainsi que ie moé ythcij^n .se trouve: conservé 4^ez ^qus^vec. une.si^niiicati.on analogue à celle qu'il avoit chez les ancieups .Grecs.
Le caractère, essentiel de ce. genre de reptiles peut être ^ ainsi exprimé :
Pattes en nageoires. écailUuses ^ , Uf antérieures, plus. lqngue$ ; , les. dai^ts .réunis par,d^s membran/ts , .ivdgaux , alongés , les deux premiers ayant de vrais ongles sjurleurf^prd.e^i^érieury et tpus terminés par des lames écailUuses larges et aplaties.
L'enveloppe générale est trop jietite pour recevoir la télé et surtout les pattes y qui sont extrêmement alongées.
La, tête, presque globuleuse ^ ({v^oique .quadrangulail*e , est obtuse en devant, épaissie en, arrière vers les tempes; eUé est plus étroite , ou du .même yplume que le cou.
Pans les jeunes > le nez se prolonge en un cylindre court.
hes mâchoires sont corji^es, nues , souvent entières et traii-^ chantes, quelquefois dentelée^ en scie ^ur leurs bords: leur . extrémité est recoui^bée 4?n cjrpchet^ 1^ supérieure embrasse l'inférieure exactement.
La yqùte .du cr4ne est coif 3if erte. d'^Ç^U^s ^polygonales 9 .nom breuses, plus larges au milieu que sur les ç6tés, t|*ès-petiies dans le voisinage des yeux.
* Les yeu< sont grands et légèrement saillant.
Les arifices des narines sont peu visibles.
Le èou est court, fréquemment plus épais que la tête/rix- '^ gueux, et à demi rétractile.
La carapace est peu convexe, ovale, cordiforme, couverte d'une sorte de cuir ou d'écaillé ; sa partie moyenne est osseuse j les côtes sont rétrécies etséparées l'une de l'autre à leur partieextérieure : cependant le tour de la carapace est occupé en entier par un cercle de pièces osseuses correspondantes àvtx côtes stemales.
Le plastron constitue une sorte d'anneau osseux, dont le
'centre est occupé par une plaque osseuse et par des cartilages. II
est reccTu Vert de la même substance que la carapace. Toute»
les plaques qui le forment, sont, au reste, dirersement detk^
telées/
' Les ongles tombent fréquemment à un certain âge.
'Là qu'eue est fort courte, presque conique, couverte d'écaillés^ obtuse. ' •
L'œsOphage est armé, partout en dedans, de pointes cartî* lagineuses aiguës , dirigées vers l'estomac.
Les chélo nées vivent toutes dans les mers des pays chauds , sous la zone torride et jusque vers le 5o.* degré de latitude. Une seule espèce vit dans l'eau douce; c'est celle du Japon*
Elles se nourrissent ou de végétaux , comme la zostèrte ou 'les algues, ou de mollusques*
,§ L Carapace diyisée par plaques ; pattes onguiculées , mâchoire
. supérieure entière.
La Tortue franche : Chelonia mydas , Brong. ; Testudo mydas , Linn. ; Testudo viridis , Schneid. ; Testudo marina , Gesn, ; Testudo macropusy Walbaum. Milieu de la carapace à treize écailles verdâtres, ni imbriquées, ni carénées; circonférence ' de la même partie composée de vingt -quatre à vingt -cinq plastrons, formés de vingt à vingt-quatre plaques, sur quatre plaques ; rangées longitudinales , et séparées par treize intervalles : mâchoire inférieure fortement dentelée.
La tête est comparativement plus petite que dans les autres 'tortues de mer. ~ '
X4a carapace est ovale , eu cœur, fort peu bombée ^ relérée
eu dos d'âne dans le milieu de sa longueur , et découpée dans sa .circonférence par vingt-cinq festons.
Les quatre premières plaques vertébrales ont la figure * d'un hexagone élargi ; la cinquième représente un segment ' de cercle tronqué à sa pointe : les huit plaques latérales du dos sont seulement pentagonales ; les vingt-cinq de la circon-' férence sont carrées , petites , saillantes en dehors.
Toutes ces écaiUes sont très-transparentes et agréablement nuancées ; elles sont fort minces. '
Lorsque Fanimal est dans l'eau , la couleur de la caparace est d'un vert foncé ; on n'y distingue alors que quelques taches jaunes , dit Fougeroux de Bondaroy.
Le plastron est plus court que la carapace.
Les pattes antérieures sont lancéolées } les postérieures sont plus larges.
La tortue franche surpasse tous les animaux du même genre par la grandeur de sa taille et de son poids. On en a vu atteindre six ou sept pieds de longueur , et peser sept ou huit cents livres.
Dans son Voyage aux îles Canaries, Lemaire assure qu'auprès du cap Blanc les tortues sont d'une telle grosseur, que leur carapace n'a pas moins de quinze pieds de circonférence, et que la chair d'une seule suffit pour rassasier une trentaine d'hommes.
Les tortues franches sont très-communes sur les rivages bas et sablonneux des deux continens , principalement sous la zone torride. On n'en prend vers le nord, ou au-delà du 5ô.* degré de latitude, que lorsque des tempêtes les y ont poussées. On en a trouvé quelquefois vers l'embouchure de la Loire. En 1762, on en a péché, à Dieppe, une du poids de huit à neuf cents livres. Dans ces dernières années, j'en ai vu deux ou trois petites qui venoient du même port.
Elles recherchent le voisinage des iles et des côtes désertes; elles vont à terre le moînssouventpossible, etn'y restent que fort peu de, temps chaque fois. Lorsqu'elles ont demeuré ainsi à sec, elles éprouvent d'abord de la peine à s'enfoncer sous l'eau , malgré leurs eflbrts pour plonger , soit parce qu'elles se sont remplies d'un grand volume d'air, ou bien parce que, comme le veut M. de Lacépède, elles se sont assez desséchées pouj* (lerdre un seizième dç leur poids.
A certaines époques, on voit les tortues franches quitter le fond de la mer, et se rendre en foule vers Fembouchure des grands fleuves. Elles sont fort craintives, et ne cherchent jamais à se dëfendre , excepté cependant lorsqu'elles sont accouplées. Dans cette^ circonstance , au rapport deCatesby, elles résistent avec fureur, et bravent tout danger. ^ Le mâle, pendant Faccouplenient , se cramponne après la peau charnue du cou de la' femelle , à Taide dés ongles qui font partie de ses nageoires antérieures. Valmont de Bomare et plusieurs autres naturalites disent que, dans cet acte, le xnàle est placé sur le dos de sa femelle , comme l*étaion sur sa cayale; mais M. de Lacépède prétend que leurs plastrons sont appliqués l'un contre Tautre.
L'accouplemeilt des tortues ést*^ appelé cdvalage par les marins , et , suivant Çatesby , il dure plus de quatorze jours»
C'est pendant le mois d^avril que les femelles viennent faire leur ponte à sec sur le rivage. Elles cherchent d'abord un lieu convenable , sans être jamais accompagnées par les mâles , sortant de l'eau avec beaucoup de précautions , après le coucher du sol(eil, et reprenant le chemin de la mer si elles conçoivent quelque inquiétude. Dans le cas contraire , elles remontent au-dessus dé la ligne de la plus haute marée , creusent le sable avec leurs nageoires, et ^ après avoir fait un trou d'environ deux pieds de profondeur sur deux pieds de largeur, en cône renversé, elles y déposent leurs œufs , au nombre de cent quelquefois dans une seule nuit. Durant ce travail, elles ne sont oistraites par rien.
C'est alors qu'on s'en ehipare facilement , de sorte qu'il n'y a rien d'étonnant que les tortues deviennent de plus en plus rares , puisque chaque année on détruit l'espoir des générations futures. C'est l'observation de ce fait qui avoît déterminé le philanthrope Martin Moncamps à proposer l'établissement de parcs à tortues dans les iles Séchelles. ^
Elles effectuent ainsi trois pontes successives, en mettant entre chacune un intervalle de quatorze jours ou de trois semaines.
Elles ne retournent à la mer qu'après avoir recouvert leurs œufs avec du sable.
Le père Labat prétend que , sur la c6te d'Afrique , une seule
(de ees tortues peut donner deux cent cinquante Œub, etmême un plus grand nombre.
Les œufs éclosent le plu» ordinairement au bout de trois semaines environ , plus ou moins, suivant la latitude et la cha* leur de l'atmosphère. A Saint-Vincent 9 une des il es du Cap- Vert, c'est le dix-septième jour. Mais il y a à ce sujet nine foule de contradictions dans les auteurs. Les œufs sont ronds, de deux à trois pouces de diamètre ^ enveloppés d'une membrane molle y assez semblable a du parchemin mouillé; leur partie albumineuse ne se coagule point au feu, mais leur 'jaune s'y durcit fort bien.
Ces œufs sont très-bons a manger et très - recherchés dans tous les pays à tortues. On dit même que , dans quelques cantons de l'Amérique méridionale , on dresse des chiens à \t% trouver.
Une fois sorties de l'œuf, lies petites tortues se dirigent vers la mer sans que rien les en puisse détourner. Elles s'eiifoncent d'abord avec peine sous les flots , ce qui fait que beaucoup d'entre elles deviennent la proie des cormorans, des mouettes , des fous, et d'autres oiseaux rapaces, ainsi que des grands poissonis.
Dans le premier âge , la carapace est recouverte d'une peau blanche et transparente, qui brunit peu à peu, forme des rides transversales, s épaissit ensuite, se durcit, et se divise enûn en plaques écaijlieuses.
D'après quelques observations particulières, il paroît que l'accroissement des tortues franches est très-rapide. Valmont de Bdmare raconte qu'un habitant .de ^aint-Domingue , partant pour la France , en embarqua une qui , en uu mois , crut d'un pied environ.
Dampier a remarqué que, vers la saison de la ponte , le plus grand nombre des tortues s!éloignent, pour aeux ou trois mois , des parages où elles vivent habitueUement; eues vont déposer leurs œufs a de très-grandes distances de cette espèce de domicile, et les abandonnent ensuite, pans le voyage , le màlesuitla femelle, et lie la quitte qu^au retour. On ci'oit que pendant tout le temps de leur absence çfles ne mangent point : ce qu'il y a de certain , c'est qu'elles reviennent fort mafgres-, surtout le mâle. Le même voyageur ajoute encore quelles
$ont accompagnées, dans leur roiite, par les requins et par' vue infinité d'autres poissons. '
Les lieux les plus notables pour la ponte des tortues fran* ches, sont les îles des Caïmans , dans la mer des Antilles^ et ^ celle de TAscension au milieu de l'Océan atlantique équîiiqxial. Elles arrivent aux iles des Caïmans depuis la fin d'avril jusqu'au mois de septembre , et aucune d'elles ne peut avoir fait moins de quarante ou de cent lieues; car' telle est la distance des points les plus prochains d'où elles puissent partir, qui sont les petites îles méridionales de Cuba. Celles qui vont ' à l'ile de l'Ascension, doivent avoir parcouru au moins trois cents lieues, soit qu'elles soient vendes d'Afrique, soit qu'elles arrivent d'Amérique.
On observe une quantité innombrable de ces tortues danis les canaux que laissent entre elles les îles de los Galapagos, ' dans le grand Océan équinoxial ; celles-ci vont pondre sur les côtes de l'Amérique, aune distance d'au moins cent quarante lieues, ^
Il est à croire en conséquence, dit M. Claret-Fleuricu , dans ses notes sur le Voyage de Marchand , que le même instinct qui porte les petites tortues à gagner la mer, les dirige vers, les parages qu'habitent leurs mères, et où elles trouveront une nourriture abondante.
C'est aussi par suite du fait que nous venons de faire connoitre, que l'on peut expliquer comment des voyageurs en* pleine mer ont trouvé des tortues franches à sept ou huit cent« lîeues de toute terre.
Cet animal est, au reste , un dés produits les plus utiles des contrées équatoriales. Vers les rives éloignées, il fournit aux navigateurs une nourriture aussi agréable qu'abondante, et un remède assuré contre les ravages du scorbut.
La chair et les bouillons de tortues sont recommandés dans une foule d'affections morbides, comme la phthi^e pulmonaire , la syphilis invétérée , les dartres, la lèpre , le pian , etc^ Leur graisse est souvent d*un vert foncé; mais elle a la saveur du meilleur beurre. Le voyageur F. Léguât rapporte qu c , dans les tortues de l'île Rodrigue, cette graisse est si coloréequ'on n'ose d'abord point en ïnanger, et qu'elle communiq^uQ h l'uijîne la teinte de l'émeraude^ "