‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 5)Chapitre 39 sur 53 · GHE · texte numérisé non relu

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- Chêi^b a FÉUiLtES EN LYRE : Qaercus lyvota^ Willd. , Spec'i^ 4 , y, 453 ; Mich. , Arh. Amer.,, 2 , p. 42 9 t» 5. Ses feuilles sont oblongues , sinuées , glabres , ayant leurs lohes inférieurs entiers et plus courts, les supérieurs dilatés , tronqués et souvent éch ancrés , le terminal à trois pointes. Les glands sont arrondis , plus larges que longs, comme déprimés à leur sommet , presque complètement renfernjiés dans une cupule qui est hérissée d*écaillçs terminées en pointes courtes et rudes. Cette espèce eroît dans les marais et sut les bords des rivières des parties bassçs et maritimes des deux Carolines , de la Géorgie et de la Floride orientale j elle parvient à une élévation et à un diaipiètre consid^érables. M. Michaux fils dit en avoir vu des individus qui avoient plus de quatre-vingts pieds de hauteur sur dix à douze pieds de tour; son bois, quoique inférieur en qualité à celui du chêne blanc , est néanmoins estimé pour plusieurs sortes d'ouvrages. Cet arbre ne pourroit réussir en France que dans les parties les plus chaudes de nos départemens du Midi.

. Chêne OLiviFOAME : Quercus oZiVûî/ormw , Mich. , Arh, Amer.^ a., pag. 32 ,.t. 2. Ses feuilles sont oblongues , glabres , glauques en-dessous, profondément et inégalement lobées. Ses glands sont ovales-alongés, presque entièrement renfermés dans une cupule qui a sa surface revêtue d'écaillés saillantes-, dont les pointes se recourbent en arrière , excepté vers le bord supérieur, où elles se terminent en filameus déliés et flexibles. Cette espèce forme un arbre de soixante à soixante*dix pieds de fauteur ; elle croît dans l'Amérique septentrionale , sur les bords de la rivière de Hudson et dans l'Etat de New-Yorck. La disposition particulière des brandies secondaires de ce chêne, qui sont menues , flexibles et toujoui-s inclinées vers la terre, ie rçnd très-propre à être cultivé pour l'embellissement des parcs et des jardins paysagers.

Chêne a gros fruit: Quercus macrocarpay Willd,, Spec,^ 4 , p. 453 ; Mich. , Arb, Amer, , 2 , p. 34, t. S. Ses feuilles sont oblongu€s, d'un vert un peu sombre , légèrement pubescentes eu-dessous, sinuées profondément ou découpées eh lobes inégaux, plus grandes que celles d'aucune autre espèce connue, ayant souvent quinze pouces de longueur, sur huit pouces dans leur partie la plus large. Les glands sont ovoïdes, plus gros que 8. 27

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ceux d^auctin autre chêne de l'Amérique septéiitrîoiialè y ou de l'ancien continent, contenus jusqu'à moitié, ou jusqu'aux deux tiers , dans une cupule épaisse et hémisphérique , revêtue , dans la plus grande partie de son étendue , d'écaillés orales aiguës , et garnie en son bord de fiiamens déliés et flexibles*

Ce chêne croît dans l'Amérique septentrionale, dans toutes les contrées qui sont à Touest des monts Alléghanis : c'est un très-bel arbre qui s'élève k soixante ou quatre-vingts pieds. Son beau port, la hauteur à laquelle il peut parvenir, l'ampleur de ses feuilles, la grosseur énorme de ses fruits , sont bien faits pour attirer l'attention des amateurs de cultures étrangères , et pour lui mériter une place dans les parcs et les grands jardins.

Chêi^s chevelu : Quereus ccrris; Linn.,Spcc., 141 5 ; Lois., in Nov.Duham.j 7, p.!i82, t. 67. Le chêne chevelu est un trèsbel arbre , qui parvient à une hauteur et une grosseur égales à celles des plus grandes espèces de ce genre % ses feuilles sont pétiolées, oblongues, glabres, et d'un vert un peu foncé en-dessus, pubescentes en-dessOus, rétrécies à leur base, si* nuées - pinnatifîdes en leurs bords , eu partagées en lobeé oblongs, lancéolées, dentées. Les glands ^ portés deux à quatre, près les uns des autres , sur un pédoncule ligneux , long de quelques lignes, d'un pouce au plus, quelquefois presque sessiles, sont ovoïdes^alongés , enfermés jusqu'au tiers inférieur dans une cupule revêtue d'écaillés étroites, pointues , subulées, diversement contournées, qui la font paroftre comme chevelue. Cette espèce croît en Espagne, en Italie et dans plusieurs provinces de France , comme la Provence , la Bourgogne , la Tranche^Comté , le Poitou, etc. Le bois du chêne chevelu est d'une excellente qualité; il est employé par les tourneurs, les itfienuisiers , les charrons , les tonneliers ; on s'en sert dans les constructions navales. La chair des cochons qui ont été nourris avec son gland est délicieuse, ferme, et se conserve longtemps.

Chênb de TotTRNEFOKT : QucTcus TournefortHj Willden», Spec, 4, p. 463; Quereus cerris, Oliv., Voy., 1 ,p. âai , 1. 12. Cette espèce a beaucoup de rapports avec la précédente ; mais elle en diffère par ses feuilles cotonneuses en-dessous, plus profondément pinnatifîdes, à lobes distans très-entiers, et

par ses fruits plus gros. Elle croît dans l'Arménie , l'Asie mineure et la Syrie. C'est particnilicrement ce chêne , et le chén^ à grappes, que les Turcs emploient dans leurs constructions, navales : on l'apporte à Tarsonal de Cônstantinople des côtes de la mer Noire , et on s'en sert le plus souvent pour la chai'pente des maisons.

Histoire du Chêne en générale

Le chêne domine en roi parmi les arbres de l'Europe : c'est le plus beau comme le plus robuste des habitans de nos forêts^ C'est son imago qui s'offre d'abord à la poésie quand elle veut peindre la force qui résiste , coyiime celle du lion pour exprimer la force qui agit : le nom latin rohur indique cette vigueur qui caractérise le chêne. C'est par cette qualité, plutôt que par sa grosseur, que le chêne l'emporte sur tous les arbres indigènes , et sur un grand nombre de ceux des autres climats. Il ne s'élève jamais aussi haut que quelques espèces de pins et de palmiers, et son tronc n'acquiert jamais les dimensions effrajrantes de celui du liaobab , le plus gros des enfans de la terre.

Quoique la vie du chêne ne soit pas non plus comparable à celle de ces oolosses des bords <lu Niger , dont quelques-uns paroiss(?nt dater d'aussi loin que les premiers souvenirs deç hommes, elle n'en est pas moins très-longue relativement à U nôtre et à celle de la plupart de.i créatures.

Plot et Ray citent plusieurs chênes d'une grosseur vraiment étonnante. Les branches de Tua, mesurées depuis le tronc, avoîent cinquante- quatre pieds de longueur; un autre, de trente pieds de circonférence, s'élevoit jusqu'à cent trente^ '

Le malheureux Charles I.**, roi d'Angleterre, fit employer dans la construction d'un vaisseau fameux un chêne qui four* nit quntre poutres, chacune de quarante-quatre pieds de long^ sur quatre pieds neuf pouces de diamètre.

Daléchamps, vol. 1 , p. 1 1 , dit qu'on voyoît de son temps , dans la forêt de Tronsac en Berry, un chêne d'une élévation et d'une grosseur presqu'incroyables : François !.*% charmé de la beauté de cet arbre , le fit entourer d'une terrasse et d'une barrière, et venoitse délasser sous son ombrage quand il avoit chassé dans cette forêt.

Pline , liv. 16 , chap. 44. fait mention d'une yeuse que l'on

voyait dc son temps , prés de Tusculum , dans le voisinage d'ua bois consacré it Diane. Le tronc de cet arbre merveilleux avoit trente-quatre pieds de tour, et donnoit naissance à dix 2)rau'ches principales qui , parleur grandeur et leur grosseur, vaioient chacune un gros arbre, de sorte que cette yeuse formoit à elle seule une petite forêt.

Le chêne croît lentement : un chêne de cent aas n'a souvent pas plus d'un pied de diamètre t c'est jusqu'à quarante ans environ que son accroissement est le plus prompt ; après cette époque, il devient moins sensible, et se ralentit progressive*menti Le chêne vit communément deux à trois cents ans, et encore la main de l'homme vient le plus souvent abréger sou existence; car, si Ton calculoît Tàge auquel cet arbre peut atteindre par la grosseur à laquelle les chênes dont il vient d'être parlésont parvenus, on croiroit facilement q:u'un chêne peut vivre dix k douze siècles et plus. Pline , dans le chapitre déjà «ité, rapporte qu'il y avoit su rie Vatican une yeuse plus ancienne que Rome, et<sur laquelle une inscription étrusque, en caractères d'airain , indiquoit que dès ces temps reculés elle avoit été l'objet de la vénération des hommes.

Le chêne commence tard à donner des fruits; on a remarqué que sa fécondité augmente avec son âge, et que c'est dans la vieillesse qu'il porte le plus. Ce fruit, d'une forme assez particulière , et connu de toute antiquité sous le nom de gland , a donné son nom à plusieurs sortes d'ornemens dont il a fourni la première idée.

C'étoit, dans la Grèce, une tradition universellement reçue ^ que les premiers habitans de ce pays, venus des environs de la .mer Caspienne , et établis dans la partie montagneuse de l'Epire^ appelée Chaonie, y avoientlong^ temps vécu de glands. C'est sans doute à cause de cela que Virgile appelle quelque part ce fruit glandem chaaniam. C'est sans doute aussi la véritable origine de la célébrité des chênes de Dodone , situés dans cette partie de la Grèce , et du respect qu'on leur por-

toit«

Les Arcadiens prétend oient avoir appris de Félasge , ûls de Jupiter et de Niobé, à se nourrir de glands. Ils conservèrent cet usage lors même que les autres tarées vivoient de céréales : ce qui leur fit donner le surnom de balanophages.

Ovîde met le gland au rang des fruits qui faîsoient les délicesdes homdies pendant Tàge d'or.

Ipsa quoque immunis, rastroqn« intacta, nec nllia Sancia vomeribus, per se dabat omnia tellus: Contentique cîbis nuUo cogente creati);, Arbuteos fœtus montanaque fr^a legebant, Gornaque, et in duris haerentia raora rabetis, £t qnae deciderant patuli Jovis arbore glandes.

MZTAMORFH. lib. 1, y. 101.

On ne peut entendre par cet âge d'or que l'époque qui a précédé la civilisation des peuples de l'Europe, et où les hommes, sauvages et sans industrie , n'avoient encore pour nourriture que les fruits des forêts. Si l'on à plus parlé des glands que des Autres , c'est qu'ils sont les plus abondans dans les forêts de l'Europe, et qu'il paroît d'ailleurs certain que dans ces temps reculés on appeloit glands* la plupart des fruits, au moins tous les fruits durs, comme on appeloit chênes la plupart des arbres. Glandis appellatione omnesjructus continentur, dit Pline^ liv. 7, chap. 56. Le même auteur appelle ailleurs la faine du hêtre glansfagi^ et l'on donnoit au noyer le nom de Dios hala-^ nos^ Jovis glans , dont juglans est l'abrégé. Ainsi, lorsqu'on lit dans plusieurs auteurs anciens que les glands furent la principale nourriture des premiers habitans de l'Europe, an voit que ce n'est pas uniquement des fruits du chêne, mais des fruits en général qu'il faut l'entendre.

Au reste, les glands de plusieurs espèces de chênes sont réellement doux et bons à manger, comme les noisettes et les châtaignes. On a mangé, de toute antiquité, et on mange en^ core aujourd'hui en Portugal, dans quelques parties de l'Espagne et de l'Italie , les glands du chêne-lîége, du chêne- ballote, et autres. Dans toutes les villes de la Morée et de l'Asie mineure, Olivier rapporte qu'on vend dans les marchés une espèce de gland de chêne bon à manger. Dans la Mésopotamie et dans le Curdistan les gl)inds sont grbs et longs comme le doigt, et très-bons à manger, selon Michaux. Les Barbaresques, d'après M. Desfontaines, mangent les glands du chêne-ballote crus ou torréfiés; les habitans de l'Atlas s'en nourrissent une partie de l'année, et en Espagne et en Portugal les plantations de ballote sont d'un très-bon produit. Dans l'Amérique septentrio-

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juJe , M. Michaux fils dit que plusieurs espèces de chênes produisent des glands doux et bons à manger, et il este entre antres le chêne blanc , le chêne prinus, le chêne de montagne , et le chincapin.

Pline dit que les glands font même, en temps de paix, la richesse de plusieurs nations, et parle de Tart d'en faire du pain , connu de son temps.

Les habitans des montagnes du Liban recueillent, quand ils manquent d'autres vivres, les glands du chêne, et les mangent bouillis ou cuits sous la cendre.

Galien raconte que , pendant une longue famine , les habitans de son pays furent obligés de se nourrir de glands.

Simon 1?aulli dit que là même chose arriva de son temps dans le Meckelbourg , sa patrie , après la guerre de Bohème*

£n France, dans une année de disette (1709), de pauvres gens firent du pain avec la fïirine de nos glands communs. Quoique ce pain fût désagréable , il s*en fit une grande consommation dans quelques provinces.

Ces deux derniers faits prouvent que les glands , même ceux de nos chênes communs , peuvent être de quelque ressource dans une grande famine. Linnsus conseille de les torréfier avant dç les moudre, pour rendre moins lourd Je pain qu'on en fait; et M. Bosc dit qu'on peut ôter à ces glands un peu de leur àpreté , en les faisant cuire dans une lessive alcaline.

Si les hommes peuvent manger certaines espèces de glands, toutes indifféremment fournissent une nourriture abondante k des animaux sauvages de nature diverse. £n Europe , le cerf, le chevreuil et le sanglier vivent, pendant tout l'hiver, du gland des chênes de nos bois. En Asie , les faisans , les pigeons ramiers le partagent avec les bêtes fauves. Dans l'Amérique septentrionale , l'ours , l'écureuil , le pigeon et la dinde sauvages recherchent aussi le gland des chênes. Plusieurs espèces de quadrupèdes et d'oiseaux de ce continent , ayant consommé les glands d'un territoire, se rendent par troupes innombrables dans les pays où ces fruits se trouvent plus abondans*

Parmi nos animaux domestiques, le cochon est celui qui Techerche le plus les glands pour en faire sa nourriture ; mais on peut habituer plusieurs autres animaux à en manger, et en les faisant un peu cuire et légèrement concasseri on pourroit

^ €n nourrir toutes sortes de volailles. Les 4indes priocipalement en sont en général trés-friandes , et les aValeAt tout entiers.

Toutes les parties du chêne sont en général stypjtiques et astringentes; ce sont ces propriétés résidant éminemment dans 0on éeorce , qui la rendent la plus propre au tannage des cuirs. On n'emploie ordinairement que celle des taillis de quinze à trente ans , quoique celle du bois plus vieux soit au ihoins aussi bonne.

C'est à la sève du printemps qu'on dépouille le chêne de son éeorce , qu'il faut laisser sécher à l'ombre. La meilleure est celle des arbres qui ont crû dans un terrain sec ; celle de certaines espèces , comme le tauzin ou chêne des Pyrénées , pa- Toit aussi contenir plus abondamment le tannin , ce principe astringent , qui donne de la solidité au cuir.

Lorsqu'on est obligé d'employer du bois de chên eencore vert, il suffît, dît-on, pour lui donner prompteraent les qualités du bois sec et pour le garantir des vers, de le laisser quelques mois seulement dans l'eau.

L'aubier du chêne est très-épais et très-marqué. Il est défendu aux ouvriers, par leurs statuts, de l'employer , parce qu'il pourrit facilement, et ne tarde pas à être attaqué par les vers» Buffon , Duhamel , Varenne de Fenille et Hassenfratz ont fait des expériences sur les moyens d'augmenter la force, Iji solidité, la durée du bois de chêne, et de donner à l'aubier la même qualité qu'au bois même : ces moyens consistoient à écorcer et à laisser sécher les arbres sur pied avant de leê abattre. Il avoit paru résulter surtout des expériences de Buffon et d^ Duhamel , que le bois, écorcé avant d'être abattu^ devenoit plus dur , plus ferme , plus pesant , plus fort ; d'où ils avoieat cru pouvoir conclure qu'il devoit aussi être de plus longue durée : mais plusieurs forestiers recommandables par leurs connoissances , entre autres M. Becker, inspecteur des forêts à Rostock, et M. Laurop y grand -maître des forêts du duché de Berg, reprochent à Buffon et à Duhamel de s'être trompés dans les conclusions qu'ils ont tirées de leurs expériences, et de n'avoir pas d'ailleurs fait ces dernières avec toute Texactitude nécessaire. MM. Becker et Laurop n'attribuent la plus grande pesanteur et la plus grande ténacité des chênes écorcé si^r pied par Bujfoa et P);ihamel, qu'à ce que le hoiê

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de ces arbres n'étoit pas suffisamment desséché, et qu'il l'étoît dans toutes les proportions beaucoup moins que celui de9 chênes qui ay oient été abattus dès le commencement des expé^ ricnces, et qui avoient séché pendant deux ans dans leur écorce; car c'étoit avec du bois de ces derniers que Buffon avoit fait ses expériences comparatives.

M. Baudrillard, qui a écrit sur le même sujet, assure d'ail* leurs que Técorcement des bois a Finconvénient de renfermer dans le corps des arbres un amas de sucs fermentescibles qui , par la facilité avec laquelle ils se dissolvent à l'humidité, don* nent lieu à la pourriture; que ces^mêmes sucs occasionent les fentes qui se forment dans ces sortes de bois pendant Tété et pendant les gelées. Enfin , ce qui doit encore faire prohiber la méthode de Técorcement, c'est la cherté de cette opération, la mort des souches qui en est la suite, la perte de l'écorce des branches, et l'analogie qui existe entre les arbres morts sur pied par l'efijpt de l'écôrcement, et ceux dont la mort est naturelle , lesquels sont généralement réputés mauvais par les ouvriers qui font l'emploi de leur bois.

Un végétal aussi considérable que le chêne ne peut manquer de nourrir et d'abriter un très-grand nombre d'insectes. On en trouve plus de deux cents espèces sur les chênes des environs de Paris seulement.

Il n'est point de partie du chêne qui ne serve d'aliment on de retraite à quelque insecte : une foule de larves, de celles des coléoptères surtout, perforent son bois, malgré sa dureté.

Nous avons parlé du kermès ou.de la cochenille , qui fournit la graine d'écarlate , et de l'insecte qui produit la galle du commerce : nous n'y reviendrons pas. D'autres cochenilles vivent sur difierentes espèces de chênes, mais ne servent à aucun usage.

Plusieurs espèces de diplolèpes vivent aussi aux dépens da chêne, et chacune s'attache à une partie différente et déterminée, aux feuilles, aux pétioles, aux fleurs, aux pédon«* cules , etc. Les femelles percent l'épiderme à l'aide* d'uù. aiguillon ou tarrière qui est en même temps VoMuctus ^ et déposent uii œuf dans cette pîqïire. Bientôt Textravasation dei sucs forme à cette place une protubérance qui va^t'aujours en croissant, où Tœuf éclot , où vit la larve 9 et où la nymphe est

en sûreté jusqu^à sa métamorphose en insecte aîlé. Ces protu* 2>érances, qu'on appelle galles, affectent, suivant l'espèce qui les a produites, des formes particulières, et diffèrent beaucoup par leur consistance^ leur couleur et leur grosseur.

Culture du Chêncm .

On ne sème pas toujours les arbres pour les multiplier: lA uns se multiplient facilement par la voie des boutures, de*, marcottes; les autres produisent de leur souche de nombreux rejetons qu'on peut transplanter facilement, et qui fournissent un moyen expéditif que l'on emploie pour leur propagation: mais, pourles grands arbres forestiers, et surtout pour le chêne, la meilleure manière de les multiplier , et même la seule praticable , est celle des semis. La greffe par approche , la seule qui réussisse pour le chêne, doit être considérée moins comme un moyen de multiplication , que comme une manière de conserver les espèces rares et étrangères qu'on n'a pas la fjacilité de multiplier autrement, et qui sont seulement destinées à servir à l'ornement des jardins d'agrément.

I*es glands que l'on destine à faire des semis, doivent être parfaitement mûrs : oo ne les cueille point ; mais on les ramasse quand ils tombent d'eux-mêmes pendant l'automne. Ceux qui tombent les premiers sont ordinairement piqués de vers; ils ne valent rien pour semer, et ne sont propres qu'à la nourriture des pourceaux. Ces premiers glands exceptés, on doit ramasser les autres à mesure qu'ils tombent, c'est-à-dire, tous les deux ou trois jours, et les déposer dans des greniers jusqu'an moment de les semer, si on se propose de le faire avant l'hiver^ mais, si l'on ne peut faire ses semis qu'au printemps, il fautlesstratifîer dans du sable ou de la terre sèche , dans un lieu frais, mais qui ne soit point humide. On fera bien de visî« ter de temps en temps les glands qu'on aura déposés dans le sable, parce que, si dans Je mois de janvier ils paroissoient se dessécher , il faudroit arroser le sable avec un peu d'eau ; et si, au contraire, ils c(^mmençaient^à germer, il faudroit se préparer à les mettre en terre dès le commencement de février, ou au moins dès qu'il ne gèleroit pas. Quand on sème les glands en automne, on est dispensé de ces soins, et les semis réussissent mieux en général; mais les sangliers, les mulots, et plu<»

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sieurs autres animaux j qui se nourrisseiit de glands^ en dé<truisent souvent beaucoup.

Soit qu'on sème les glands en automne ou au printemps, cette opération peut se pratiquer de trois manières. On sème les glands par petits tas, de distance en distance , comme à troii pieds l'un de l'autre ; dans des fosses faites à la houe , à quatre ^eds l'une de l'autre; ou bien par rangées faites à la charrue et à la même distance, à peu près, que les fosses; ou, enfin, on les sème en plein, comme on fait ordinairement pour le blé et les autres céréales. Les glands ne doivent pas être trop recouverts; il suffit qu*ils le soient d*un ou deux pouces de terre.

Quand on fait de grands semis de glands, il faut renoncer i leur donner aucune culture particulière , afin d'éviter des frais considérables. Le mieux est alors de semer le gland dans foutes les raies faites avec la charrue, et d'y mettre beaucoup plus de semence qu'il n'en faudroit, parce que l'abondance des jeunes chênes qui en naîtront, prendra plus facilement le dessus des mauvaises herbes ; d'ailleurs les pieds les plus vigoureux étouffent par la suite les plus foibles : c'est là le moyen le plus simple d'avoir, avec le temps, une belle futaie.

Quand on destine les semis de chêne à êlre transplantés po^r étf'e mis en avenue , en quinconce ou autrement, il faut les élever exprès dans des pépinières particulières, et leur donner les soins^ nécessaires pour en faire des arbres de belle forme, et qui* supportent bien la transplantation. On prend donc des glands choisis, et on les sème dans un bon terrain bien ameubli par plusieurs labours.

Au bout de deux ans, on lève les jeunçs chênes, on leur icoupe le pivot ; à cet âge ils souffrent très-peu de cette opération : on les replante tout de suite en pépinière à la distance d'un pied l'un de l'autre. Chaque année on les laboure p. la bêche en automne ; on leur donne un binage à la fin du printemps ou au eommencement de l'été, pour les débarrasser des mauvaises herbes , et enfin on élague leurs branches surabondantes ou mal placées, afin de les forcera croître ^ussi droit que po$sible. Après qu'ils ont resté ainsi quatre fms en pépinière , on les arrache de nouveau par rangs en- (içrs 9 en fpuillant jusqu'au d^^ous de leurs plus .basses ra-

eînes , et on les replante à deux pieds de distance pour les cultiver encore pendant trois à quatre ans. Ils sont alors bons à mettre en place; ils auront fait d'excellentes racines, et on pourra les planter avec la certitude de les voir presque tous bien reprendre.

Les racines des chênes sont extrêmement sensibles au hàle ; elles se desséchent rapidement lorsque le vent est au nord , ou qu'il fait un beau soleil: il est donc à propos de ne laisser cesaKbreshorsde terre que le moins qu'il sera possible , et de ne planter qu'à mesure qu'on les arrachera , toutes les fois que la proximité de la pépinière le permettra; il sera encore avantageux de choisir un temps couvert. L'époque la plus favorable pour la transplantation des chênes est l'automne, im* fnédiatement après les premières gelées, afin que, pendant l'hiver, la terre ait le temps de se tasser autour des racines par re£fet des pluies. Une chose dont on doit bien se garder en plantant le chêne, c'est de lui couper la tête, comme on le fait à certains arbres.

Le chêne n'est point délicat sur la nature du terrain : s'il a beaucoup de fond , il formera des arbres énormes qui auront plus de cinquante pieds de tige; si la bonne terre s'étend à une moindre profondeur , il ne fournira que des poutrelles et du bois de charpente de six à huit pouces d'équarrissage ; enfin , si le terrain a fort peu de fond, il ne pourra donner que du taillis. La nature du terrain influe encore sur la qua^ litë du bois : il sera de bonne qualité dans une terre bonne et un peu sèche; il ne deviendra pas si gros, mais il sera fort dur, dans le gravier allié de bonne terre ; il sera de belle taille , mais tendre , sur la glaise et dans les sables humides. La situa-r, lion est également à considérer ; car on n'obtient que du bois gras dans les vallées, et le bois est beaucoup plus dur sur les hauteurs. Celui des chênes élevés dans les haies et exposés à l'air de tous les côtés , est plus' ferme et plus rustique que celui qui vient en massif.

Tout ce qui vient d'être dit sur la manière de faire des sc« mis de chêne , a principalement rapport au rouvre et au chêne à grappes, qui font la masse de nos forêts ; cela peut être aussi appliqué au chêne chevelu ^ au chêne pyramidal, au tauzin, et autres espèces indigènes ou parfaitement acclimatées - mai^

plusieurs autres , qui sont exotiques et encore rares , exîgeronf , jusqu'à ce qu'elles soient plus multipliées, une culture plus soignée. Celles qui appartiennent à des climats plus chaud* que celui de Paris, demanderont, dans leur premier âge surtout, à être préservées du froid pendant l'hiver. Leurs semis seront faits avec d'autant plus de soin que les espèces seront plus rares, et qu'on aura moins de leur gland. Dans ce dernier cas , les semis ne seront faits que dans des pots ou des terrines, et pendant plusieurs hivers on les rentrera dans l'orangerie. Au défaut de glands pour multiplier les espèces rares , on aura recours aux marcottes, et mieux encore à la greffe par approche^ en prenant pour sujets des plants de trois à quatre ans du chêne à grappes , pour les espèces qui perdent leurs feuilles pendant l'hiver, et du chêne yeuse pour celles qui les conservent. (L. D.)

Chêne des grandes Indes. C'est le tek, teJca grandis, nommé Uctona par Linnœus fils, et dont le bois est très-solide.

Chêne faançois. Dans les Antilles angloises on nomme ainsi, suivant Anblet , le grignon , bucida buceras.

Chêne kermès. Voyez Chêne."

Chêne MARIN. Espèce de yarec, fucus vesieulosus , que Lobel* iiommoit quercus marina.

Chêne noir d'Amérique, Chêne a siuques. On nomme ainsi en Amérique l'espèce de catalpa à feuilles ovales et ondées, et à sîliqu es longues et menues, catalpa longissima, décrite par Jacquin et Linnœus sous le nom de bignonia, dont le bois, trèsdur, ressemble un peu à celui du chêne.

Chêne petit, nom populaire de la germandrée, teucrium cha» mœdrj's , herbe basse qui, par son feuillage sinué, ressemble à un chêne poussant. On la nomme aussi chênette.

Chêne vert. Voyez Chêne. (J.) -

CHENEROTES. (Ornith.) Voyez Chenalopex. (Ch. D.)

CHÊNETTE (Bot,), nom donné à quelques herbes qui ont le feuillage du chêne, telles que la germandrée , teucrium chamœ' drys; une véronique, veronica chamœdrjys ; une dryade , drjas octopetala^ (J.)

CHENEVIS (Bot,) , nom vulgaire du chanvre , ou plutôt de sa graine, d'où vient celui de ckenevottes, donné à ses tiges dépouillées de leur écorce, dont on fait de bonnes allumettes» qui s'enflamment facilement. (J.)

CHENGO-VERAG (Bo^), nom hongrois du millepertuis, suivant MentzeL (J.)

CHÊNIER. {Bot.) Ce nom est donné par M. Paulet à deux champignons du genre Agaric, qui croissent principalement sous les chênes.

L'un est le Chênier dur (Paul., pi. 84, fig. 3-5). Il appartient à la famille des feuillets faucilleurs. Son pédicule cylindrique et ferme porte un chapeau roux foncé, garni en-dessous de feuillets de même couleur. Sa chair est blanche, ferme, coriace, d'une saveur fade qui répugne. Néanmoins, ce champignon n'a pas incommodé les animaux auxquels on en a fuit manger. Il se trouve au bois de Boulogne.

Le second chênier est le Chênier ventru (Paul., tab. 5i , fig. 1-4) j Agaricus crassipes, Schœff., tab. 87-88. Il appartient à la famille que Paulet nomme le gros clou. Il est commun aux environs de Paris , et facile à reconnoître à son odeur de boîs de chêne* lia une saveur de champignon qui n'est point désagréable ; des essais faits sur des animaux prouvent qu*il n'est point malfaisant. On le trouve 9 solitaire, ou par touffes, au pied des chênes. Son chapeau est fauve ou marron, garni en dessous de feuillets blancs roussàtres. Le pied est coriace, véntru , et d'un roux foncé presque noir. (Lem.)

CHENILLE (Entom,): Eruca, Pline; Kct/HTm, Théophraste. On nomme ainsi particulièrement les larves des insectes à quatre ailes écailleuses, ou les lépidoptères, sous leur premier état, depuis leur sortie de Pœuf jusqu'à l'époque oh ils se transforment en chrysalide. On appelle cependant encore fausses chenilles les larves de quelques hyménoptères, comme celles des uropristes ou des mouches à scie.

On reconnoit, en général, les chenilles ou les larves deslépidoptères à leur corps alongé , composé de douze anneaux ou articulations, la tête non comprise; garni de neuf boutonnières ou trous destinés à la respiration , situés de chaque côté du corps^ et qu'on nomme stigmates. Toutes les chenilles pnt d'abord six pattes écailleuses ou à crochets simples, cor^ respondant aux trois premiers anneaux et aux pattes que l'insecte doit avoir sous l'état parfait ; et, en outre, un nombre variable de tubercules ou d'appendices courts, membraneux, garnis chacun de rangées de petits crochets recourbés en de-

dans, qui servent aussi de véritables membres, ou de moyens de transport , à Tinsecte.

Roè'sely Lyonnet, Réaumur , ont fait connottreun grand nombre de chenilles , et leur organisation ; mais leur histoire tient à celle des lépidoptères en générai , et nous renvoyons à cet article tous les détails de mœurs , de forme et d'organi-" sation que présentent ces insectes sous ce premier état. Nous allons indiquer succinctement , dans cet article , les principales différences qui doivent être connues de tous les entomolo* gistes.

Chacun des genres et même des sous-genres des lépidoptères offre des configurations, des habitudes, et même une structure variée. C'est ainsi, par exemple, que, pour le nombre des pattes, les uns en ont huit, d'autres dix , douze, quatorze ou seize. Les phalènes, dites géomètres, d'après la forme de leurs chenilles, qui ne peuvent se transporter qu'en mesurant pour ainsi dire l'espace à pas comptés, ne peuvent changer de place que par le rapprochement des tubercules qui se trouvent placés à l'extrémité de leur corps, et qui font l'office de crochets, sur lesquels tout l'animal s'appuie pour faire lâcher prise aux pattes écailleuses et à l'extrémité antérieure, laquelle se redresse et se porte juste au degré le plus considérable d'extension auquel elle puisse parvenir. Arrivées là, les pattes articulées , ou à crochet simple , saisissent les aspérités de la surface , s'y accrochent à leur tour, et deviennent le nou* veau point d'appui vers lequel les tubercules postérieurs viennent adhérer de nouveau. La plupart de ces chenilles sont rases, et de la couleur des tiges des plantes ou des arbustes sur lesquels elles sont appelées à vivre. Souvent elles se tiennent immobiles sur ces tiges, en formant avec elles un angle semblable à celui sous lequel s'éloignent le plus ordinairement les branches du végétal, ce qui leur donne l'apparence d'une tige tronquée, et ce qui les a fait nommer arpenteuses en bâton» Les chenilles à huit pattes , c'est-à-dire à deux paires de tubercules seulement, vivent ordinairement dans des étuis ou des fourr Teaux qu'elles se construisent elles-mêmes, en rapprochant des feuilles ou d'autres matières tantôt animales, tantôt végétales, et l'aide de fils de soie : telles sont celles des teignes, des lithosies. La forme des chenilles ne varie pas moins. Les unes sont

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clemî-cylindriques, comme celle du bombyce du trèfle ; d'autres sont quadrangulaire^ , ou présentent des plans anguleux , comme celles de certains sphinx ; d^autres sont courtes, ovales , et ont été comparées à des cloportes, à des poissons. Les une» sont rases, lisses et polies, tout-à-fait étiolées ou colorées diversement; d'autres ont la peau tuberculeuse ou chagrinée, et dure au toucher, garnie de pointes cornées simples ou ra^ mifiées. Il en est qui sont excessivement velues , et qu'on s nomjné<;s pour cette raison martres ou hérissonnes. Dans quel* que« espèces, comme dans celle du botnbyce du pin, dans la ;pVocessionnaire, dans la fuligineuse, ces poils se cassent trèsfacilement, et produisent des ampoules ou une sorte d'érysî-» pèle sur la peau de Thomme dans laquelle ils pénètrent. Ces poils sont tantôt disposés en aigrettes , en faisceaux , en brosses, en plumes diversement colorées, que Ton a comparées, suivant leur situation sur le corps de ranimai , à des oreilles , des bosses , des panaches.

Quelques-unes, comme celles des papillons machaon^ podal)Te^ et autres dits chevaliers, font sortir une sorte de tubercule charnu en Y, de l'espace compris entré le cou et la tête ; d'autres, comme les chenilles dites à queue fourchue, ont le dernier anneau du corps terminé par deux tehtafcules protractiles qui paroissent, comme dans les premières, avoir pour usage d'éloigner, à l'aide d'une liqueur qui suinte de ces parties, les animaux qu'elles ont à craindre.

Beaucoup de chenilles vivent en société : les unes d'une manière permanente, et pour tout le temps où elles doivent conserver cette forme, comme celles des homîfyces, dites processionnaires; celles de beaucoup de phalènes à^alucites et d^jyonometttesj en se filant une tente commune sous laquelle elles se retirent dans les temps de pluie, dans le jour ou dans la nuit, suivant que les espèces se nourrissent et doivent éviter plus ou moins certains oiseaux dits échenilleurs. D'autres vivent isolées : c'est ainsi, par exemple, que parmi les papillons, les paons de jour proviennent de chenilles qui ont été déposées toutes ensemble sur les orties, où on les trouve constamment en grand nombre ,. tandis que Vatalante ^ le C. IXanc , vivent solittiîrement» Les unes fuient la lumière, et se trouvent sur les racines, eamme celles des hdpiaUs^; dans le ti^onc des arbres, comme

celle des cossus; dans les ruches des abeilles, comme les gcd^ léries; dans les étoffes de laine, la fourrure des animaux, les semences des graminées, comme celles des teignes; dans les fruits, comme les pjyrales, etc.: mais la plupart des chenilles se nourrissent des feuilles des plantes, tantôt bornées à une seule espèce, tantôt à plusieurs végétaux, comme Ta donné à observer la chenille du sphinx du troè'ne, que l'on trouve aussi sur le lilas et sur le frêne ; celle du papillon brassicaire , qui vit sur la capucine et sur le réséda.

Les chenilles sont en général très-voraces : on a observé par exemple que dans certains jours la chenille du mûrier, vulgaijrement dite le ver à soie , dévoroit le double de son poids de matière végétale.

Toutes les chenilles , en se développant , ont besoin de changer de peau , afin que leursparties puissent être contenues dans leur tégument. C'est une opération admirable que cette mue , dans laquelle l'insecte. se dépouille de toutes ses parties extérieures, dont il sort comme d'une envelope ou d'un fourreau dans lequel il étoit contenu. A cette époque , qui se renouvelle jusqu'à huit ou ijeuf fois pour certaines espèces, l'individu éprouve une sorte de maladie. Il reste sans prendre de nourriture , il se gonfle ; sa peau éclate et se fend ordinairement en longueur sur le dos, et c'est par cette fente qu'il sort en abandonnant sa dépouille. Dans cette peau de l'insecte on retrouve l'étui de toutes les parties, des mâchoires , des ongles, du crâne, des anneaux, des stigmates, des cornes, des épines, et quelquefois même des poils.

Dans quelques cas, coifime dans la première mue du bombyce du mûrier, la chenille, de velue qu'elle étoit, devient rase; mais le plus ordinairement, comme on peut le voir dans celles de la noctuelle du bouillon, du groseillier, etc., les taches et les couleurs de chaque mue sont autrement disposées, et d'une autre.teinte, qui la fait aisément distinguer.

En sortant de la peau que la ch^ille abandonne , toutes ses parties sont dans un état de mollesse qui ne cesse que par son exposition à l'air: enfin, à l'époque déterminée par la nature pour la métamorphose ou pour le changement ea chrysalide, chacune des espèces, par une sorte d'instinct, se retire dans le lieu convenable, pour y travailler tranquillement

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iiux inoytnii ^e se thettt*e en sûreté et de se prôt^gei^ contre les vnnemis divers attachés à sa destruction. Les unes se filent uil follicule ou un cocon j avec un art très-varié, ou se construi* sent une sorte de tombeau, de coque solide , ovalaire ou cy« iindrique : tels sont ]a plupart des lépidoptères nocturnes» D^autres se métamorphosent à Fair libre, en se fiica^t par Is ^eue, et quelquefois en même temps par le milieu du corps , à quelques substances solides : tels sont les papillons de jour.

Voyez, pour plus de détails, les articles Ie^sbctb , MixAMOa.rnosB, Chaysaude, UpiDorri^ABS , et tous les. mots imprimés ci-deasous , auxquels nous renvoyons le lecteur afin d'éviter les répétitions. Voyez aussi les articles Bombycs, t. 5 , p. i3i s Papillon, Sphinx, Tbigne.

Chenille a queue db poisson. Voyez Bombyce et TuAdafM

rAPlLIONNAIBB.

Chbnillb a AlGEBXTB. Voyez Noctuelle de l'arable.

Chenille arpentbusb ou aéoMÈTAE. Voyez Phalène.

Cbbnille en BATON. Voycz Phalène.

Chenille bedsaude. V* Papillon gamma , ou RoBBax-LE-DiABUi*

Chenillb a BROSSEE. Voycz Bombyce pudique.

Chenille du chou. Voyez Papillon brassicairs.

Chenillb ClOportb. Voyez Papillon, Polyomattb.

Chenille cochonne. Voyez Sphinx cochonnet.

Chenille commune. Voyez Bombyce cuRYsoRRHé.

Chenille a cornes. Voyez Sphinx et Noctuelle psi.

Chbnillb épineuse. Voyez Papillon.

Chenille facssb , ou Fausse Chenille. Voyez Uropristbs.

Chenille a fourreau. Voyez TeigKbs , Phryganes.

Chenille RiRissoNNB ou Martre. Voyez Bombyce caja.

Chenille livrée. Voyez Bombyce de Neustrie.

Cbbnille a oreilles. Voyez Bombyce disparate ou Zigzag.

Cheniixb du pin. Voyez Bomrycb pytuiocame. ' Chenille processionnaïre. Voyez Boit^VcB.

Chenillb queue fourchue. Voy^z Bombycb vinule.

Chenille du saule. Voyez .Cossus.

Voyez en outre les genres de Tordre des lépidoptères ^ et l'arlicle précédent. (C. D.)

CHENILLE BLANCHE. ( Conth.) C'est le nom marchand de' la cérite buive; (De B.)

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€HENItLETTE {Bot.) , Scorpiurus , Lîau* j. genre de plaçtcf aicQtylédones , pQlypéUii^ii. à étamines pérlgy nés ^ delà familie des légumineuses, Juss,^ et de la. diadelpliie décandrie^ Linn. , dont le? principaux caractères sont d'avoir un calice à cinq dîyisioq^prQsq,ue égales j une corolle papilioD^cée , à étendard arrondi 3^ a ailes presque. ovales, et à c^ène seoii-lunaire, presque ventrue; dix étapxines, dont. neuf ay^nt le ui;s filameiw réunis k leur hase î un ovaire «lupérieur , surmonté d'un st^l^ terminé par un sUçmate simple î un légume oblong, coriaj:e , «iiionné , contourné en spirale , et divisé en articulations co«r teijant chacune une graine. .

' Ce genre renferme cinq espèces ^ dont quatre çroisscni iupturelfe'ment en France , et la cinquième ei» Barbarie. Les chenillettessont des plante^ herbacées » annuelle?, à feuilles simples et alternes, à fleurs solitaires ou réunies plusieurs en^e^bU au sommet d'un long pédQn.c\ile. axillaire. Leur nom fran^is paroît leur venir de la ressemblance^ ^ue leurs gpus&es ventes ont avec les chenilles. Toutes ces plantes étant nulles, sous le rapport de leurs propriétés, nous abrégerons la description des espèces , en ne rapportant que les deux suivantes.:

CfiBNiLLETTE VERMICDLÉE : Scorpiurus vtrmicuUita , Lion. , Spec, laSo^Gœrtn.^Fruct. 2, p. 345 >t, i65^f. 4. Ses. tiges sont longues de huit à dix pouces, couchées, nou^breuses , légèrement veluesl Ses feuilles spat oblongues ^ élargies dans leur partie supérieure, rétréçies en pétiolç à leur base. Ses fleurs sont jaunes, petites, solitaires.au somu^et de chaque pédoncule et remarquables par les cinq dents profondes de leur calice. Les légiimes sont épais, roulés sur eux-mêmes^ chargés de tuberculejs obtus et disjpo^çs par séries longitudinaiesXette plante croît dans les champs*, eu Provence , en Languedoc , en

Italie, .etc., , , ... , .

Chenillètte sillonnée : Scorpiurus sulcatd ,. Linn. 9 Spec, , io5o ; Gaertn. , Frûct. ^ 2 ,,p. 34§, L i55, f. 4- Cette espèce a ses feuilles plus larges et plus obtuses que la précédente. Ses pédoncules sont ordinairement chargés de trois à quatre fleurs: ses légumes se tortillent j dans leur partie supérieure,, en deux tours de spirale; ils sont marqués de.sîHç^s, très-profqnds, et ^^largés sur leur dos de quatre rang» d'épines, drai tes-, r<|ides , grêles et pointues. Cette plante croît dans. les chawp&d^e nos départemens méridionaux. ( L. D. )

CHENNÉ. {Bot^ On trouve soii$ ce Bom% dans qitelqures livres , 2c henné ou alkanaa de« Arabes^ qui est le kivpsQniaée^ botanistes* (J.)

CHENNÏE {Entom,), Chennium. M. Latreîlle Bomm^ ainsi de très^^petits eoléèptères^à deux arikles aux tarset^, qu'où trouve sur la terre humide. ïl n'en a décrit qu'ui^s espèce ^ sous le nom de bituherculé. Il lui a reconnu de» mandibules , onze article» aux antennes , dont le deroier c^t plus grand et . comme globuleux. (C. D*)

CHÉNOBOSCON {Bot.)^ nom grec de V argentine ^ poteniUkn ûMefina^ suivant M exttzel. (J.)

CHëNOL£A« {Bùk.) Ce genre de t>lantes de M. Tbunberg » été réuni par Lhëritîer à la soude, ^a/joia». dcmt il diffère aeu* lement par sa grràiè renfermée dan» un« eapsul^^ et ^ïqiiu toomée en apirale. (J.) . ' ^

CHÉNOPODA. (BoU) fireyniusf avoit donné eo nom à u^ as^palath du Monenotapa^ que linnaau» a nommé pour cette rai^ ê0n aspaUfhus cktnopoda. On retrouVe ehmiÊ^ ^ sous le mette Aona donné par Pline ^ et cité par CU Bauhiha> un gtniséa $pw^ trutn de ce derniel*, qui n'est point rapporté dans leS'Ouvra^ea modernes j. il se t'apprdfche pciifc*être àe YofntihyrlUs erinaceay ou jsrneux entwre de l'aspara^oa horridus^- ( J.) .

CHÉNOPODE ( Bot. \ Chtnvpoâiuau Voycr AwSEauRB. ( L. D. ) CHÉNOPODÉES {Bot^j^ nom donné par qiielques Auteurs â kt faitttitle àe% AtRirLiei&Ks. Vojea ce tnoié (j.) CHENUCE. ( Bofc.) Voyez Cnnuitca* ( J.) CHËFA. {Jththyol.) Voyez C«oorA. (H. C.) CHEPU. {IchthyoL) En Galiee, on appeile ainsi Folikde.^ hoopst mêtanurasm Voyes Bogue, d<an9 Ig Supj). du 5.^ roi, ( H. C.) CHËEAMELA {Bat.) , noitimalabare d'où dériVele nom fra^i^ foia ekeraméliery donné a* ciotaf g^nre dé la famille de» ettphorlnaeée». ^ J.)

CHJÉRAMÉUER {Bat.), Ci^to^ Quelques arbrisseaux de» Indes orientales omi doiiné lien a la formation de ce genre de kt fkmiUe des eupkorincéea^ appartenait à htmpnoêcie tétrandrie de Linnaeus» Rapproché éca p&yllanfes, il a'en dis» trngaé p«r des flci»» mmuRiqiica : les Éarâks compdaées d'u» calice à quatre folioles arrondieisl, .cottcaYiSs ; point de corbUe f«aUe émanes V ka anthért s i^^leuêes : dait» les ilcxiti fe.

melles. un oraire surmonté de quatre styles, doutant de ^tig* mates bifides. Le fruit est une capsule , ou plutôt une baie globuleuse, à quatre coques conniventes^, une semence daos cbaque coque.

Linnseus n'avoit mentionné qu'une seule espèce de cieca^ qui est le

CHjâAAMÉLiEa A FEUILLES siSTiQni&ES : Cicca disticka, Linn.f Lam., IlLj tab. 767, fig. 1 ; Ne/i-poh', Rheed., Malab., 3, tab. 47 , 48 ; Ckeramela, Rumph , Amb.^ 7, tab. 33 , fig. 2; vulgairement amvaUism

On soupçonne , avec beaucoup de probabilité » que cet arbrisseau est la même plante que Vaverrhoa aeida, Linn. Ses grands rapports avec les phyllantes l'ont fait nommer phiUan^ thùs longijoliui , Jacq. , Hor^ Sehombr» , 2 , tab. 194. Ses rameaux •ont élancés, alongés, très-simples, quelques auteurs les considèrent comme le pétiole d'une feuille ailée : les feuilles sont alternes, glabres, ovales, lancéolées, aiguës, très-entières ^ médiocrement pélWées; les fleurs petites, monoïques, réunie par groupes sur de petites grappes pédonculées, situées à la base des rameaux.

CH^aAMÉLiBa NoniFLOEE : Cicca nodiflora^ Lam., IlL gen.^ tab. 767, fig. a. M. de Lamarcknous a fait connottre cette iespèce, dont M. Sonnerat lui a envoyé des échantillons de l'île de Java. Elle se distingue aisément de la précédente par ses feuilles au moins une fois plus petites , ovales , ou presque orbiculaires; les fleurs très-petites, réunies par paquets axillaires, presque sessiles, placées le long des rameaux. Le$ fruits sont de petites baies globuleuses.

La plante que Louroîro a nommée eioca raeemosa, FL Coehiru , pag. 680 , est à peine distinguée de la première es- -pèce , d'après la description qu'en donne cet auteur. Ses feuilles sont ovales; ses fleurs en grappes, à quatre découpures; scê htâe$ acides. Elle croit aux Indes orientales, dans le royaume de Champava, et se cultive k la CochinchiBe. (Posa.)

GHERAMUS. (Omith.) Ce terme, et celui de ceramides^

paroissent désigner la même espèce d'oiseau que eheneroUs,

qui est présenté par Pline comme appartenant au genre Ansety

oie. Voyei Chbnalotbx. (Ca. D.)

CHERBACHEM {Mot.)^ aom. arabe donné, suivant Dalé-

ehamps, soit à Tellëbore blauc, veratram^ Mit à l'eUébore aoir, kelleborus. (J.)

CHËRBÀS , Ghas (BoL) , notais arabes de la laitue , auivant Dalëchamps. ( J.)

CHERBOSA, (Bot.) Voyez Corous. (J.)

CHEREDRAMON (Bot.) , un des noms anciens de la prêle, equisetum , suivant le traducteur de Daiéchamps. Elle étoit plus connue anciennement sous cçlui de hippuris , qui a été depuis transporté à une autre plante. ( J.)

CHEREM {BoL\ nom bébreu de la vigne, suivant Mentzel. (J.) ^ CHEREMIA {Bot.), nom donné di^ns l'île de Bourbon au cbéramélier , ctcc'a disticha» Quelques babitans de cette Ile lo nomment cbéremélier. (J.)

CHEREN (OriM/fe.), nom arabe du martin-pécheur, alcedo hiipida^ Linn. (Ch« D.)

CHERFA. (Bot.) Dans la Hongrie, suivant Clusius, on nomme ainsi le cêrrui de Pline, qui est le quercus cerris des botanistes. (J.)

CHÉRIC. {OrniÛiJ) Ce petit oiseau , qu'on trouve à Madagascar, est une espèce de figuier de Buffon , motacilla made" raspatanaj Gmel., et sjlvia madagaseariensis , Latb. (Ch. D.)

CHERIMOLIA (Bot.) , nom péruvien d'une espèce de corossol, anona cherimolia de Lamarck, anona Iripetala d' Alton, dont le fruit a une saveur agréable, et passe pour un des meilleurs du Pérou. On le trouve dans l'Abrégé des Voyages, et dans d'autres livres, sous le nom de chirimoya» (J.)

CUERINA. {Bot, ) [ Corymhifères , Juss. ; Sj'ngénésie pol)'ga'^^ mie superflue , Linn.] Ce nouveau genre de plantes, que nous, établissons dans la faiùille des synantbérées, appartient à notre tribu naturelle des mutisiées.

La calathide est radiée , composée d'un disque multiflore ^ équaliflore, labiatiflore, androgyniflore , et d'une couronne unisériée, pauciflore, biliguliflore , féminiflore. Le pérîcline^ oblong, et presque égal aux fleurs radiantes, est formé dtt squames imbriquées, ovales, uninervées, membraneuses sur les bords» Le clinantbe est plane, nu, fovéolé. L'ovaire est alongé, atténué inférieurement , couvert de fortes papilles charnues, et muni d'un bourrelet apicilaire. L'aigrette est longue , blanche , composée de squamellules nombreuses, iaé*

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