‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 5)Chapitre 47 sur 53 · cm · texte numérisé non relu

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p.reintçs au^il çq reçoit , mi caractérisent 9&^ di{rérea|es races ; de sorte qu'où pourroit, jusqu'à un certain point, ju^er de ïsn, civilisation d^un peuple , ou d'une de ses c'asses, par les mœurs de^ animaux qui lui sont associés.

, Des causes aussi puissantes que celles,, des xnœun des peuples et des classes, dont ils se composent « des cliaiatSy de I4 nourriture 9 du sol y etc. , suf][iroientpresqye ppiir expliquer les nombreuses modifications que le chien domesticpie a éprou* viies, et qui forment ses différentes races^C^ipçndant cesisodi* ^cations sont si considérables, et de telle palure, que plu- Meurs naturalistes ont cru être fondés à pensJEir que ^os chiens n'avoient. pas pour, spuçhç une seule espèce ; q^û^ils doyoifjit leur existence à des espèces différente^, qu^on ne pou- Ypit pluST^connoUre aujourd'hui à cause du mélange de leui?, race«. .

.^Nous ne partagerons point cette manière de. voir: pptre la difficulté hiep reconnue des mulets, .pour se rejjrcjduîre, difficulté qui n'iîxi&te point entre nos chiens,» rfflus vendons que les modifications les plus, fortes n arrivent au . dernier degré 4^ développement que par des gradations inse^sibljes j qu'on les voit naître véritablement, et que dèsrlQffi U est impossible de supposer leur existence dans une espèce qiji auroit antérieurement existé* D'ailleurs, tous les chiep^.çnt nn,e dîsposîtiou instinctive qui les porte à.se réunir eu,fjainiUe,,^et qu'ils npus 9^pntrefi{ dés qu'ils sont dans la situ^jtion de lefairev. N.ous avons vu que les chiens rendus à TéXa^ sauvage vivent ainsi, et les villes de l'Orient nous montrent. le jn^me phénomène dans 4;es chiens, qui n'ont aucun maitre, qui sç sont^ réunis en familles, et qui, après avoir adopféuii quvti,er,n'y^ souffrent la présence d'aucun chien étranger.. ., ». .

Il seroit très*impprtaut de pouY4)ir établie quel prdre ont^ suivi , dans leur développemeut, les caractèi^es qji^i distîngucmt nos divepes races de chiens, et.de. montrer le cbien sauvage passant successivement d'une variété à une autre y et donnant enfin naissiince à. ces chiens extraordinaires qp^i s'éloignent à tant d'égards par leur physionomie , de la physionomie caractéristique du genre. Ce problème a souvejit. été proposé ^ mais il n'est point de nature, dans Tétatactuelde lasç^ience , ù lire résolu i car |^ ne saçhç pastiuaThistoire ns^turelle po?-»

aède un seul fait qui puûse aider direètement k$k tfolutton* Aussi BufTon , n^ayant pu se conduire que par des analogies j dans le travail qu'il entreprit 4 ce sujet , {)at-ît conduit à pro« poser un système évidemment arbitraire. Il faut donc corn* meneer par observer les véritables caractères qui distin^ent les diverses races; et lorsqu'on pourra joindre à ces observa* tion» celles- des causes qui influent sur l'organisation pour lai laodiBer, on tentera, peut-être avec stiecès» une eitpHcatioiA qui jusqu'alors ne pourroit être quilypMhéCirque.

Les races, en histoire naturelle , se composent det individus d'une espèce qui se ressembletft par quelques traits étran-*' gers aux autr^ individus de cette espèce; par conséquent, toutes les fois qu'une modification quelconque se propage par lu génération , elle peut faire le type d'une race. En partant de ce principe , nlM ta'cé^ de chiens sont infînim<?nt plus niultipliées que nous ne 'l'admettons communément , et les modifl» catidns qui les caractérisent étant de nature très-différente, on devroit faire p6ur Ces races te qu'on fait pour les animaux d'un même genre ,* lorsqu'on veut y former des subdivisions y c'est-à-dire, qu'on devrditdislânguer l^urs modifications suivant: Firaportance de l'organe qui lésa éproUvêe8,'et les classer ensuit* conséquemment à ce rapport. On n'en a point agi ainsi ; 1» plupart de nos races de chiens semblent avoir été formées par le caprice. Les uns ont pour caractères , 1« finesse des poils ou ]^r longueur, la direction, la forme ou le développement des oreilles ; les autres , les proportions des jambes ou celles de la tête, la grandeur de la taille, ou l'étendue delà queue ; et des modifications plus importantes n'ont servi à caracté* ^iser- aucune race.

C'est aussi dan^ la vue de porter quelques lumières dans cette branche de l'histoire naturelle , que je me suis occupé de* recherches sur lès modifications que présentant nos chien» dans leur charpente osseuse. Je vais en présenter succincte-* ment les résultats: ' ' '

-* TàUle. Lorsqu'on examine les diverses races de chiens, on est d*ébdrd frappé de leur différence de taille, et Ton saîtquè l'extrême accroissement de quelques variétés, comme la petitesse de quelques autres, ne tiennent point à des vices (ie etmformtttion , et que le plus petit roquet lest en générai aussi^

exactement conforme que le matin y et qu^il tn est de même du lévrier et du dogue de forte race» - . Ua chien de la Nouvetle^HoHande que nous avons possédé, ftvoit huit décimètres de la tête à rorigine de la queue , et sa hauteur au garrot éloit dft'vîngt-sjx centimètres; mais les laoyageurs rapportent qu'il en existe une raoe plus grande* Quoi qu'il en soit , ces chiens sont d'une moyenne taille , comparativement aux. nôtres. Daubenton ji donné vne table trèscurieuse des dinutiisiana dés chiens des priiwij^les raees^ aux détails de laquelle nous renvoyons, 'Cr<»yant «superHu de les reproduiF& ici* Elle fait :connoître ^ de la manière la plus exacte ,. les changemens que les chiens éprouvent dans leur taiUe et dans leurs proportions; nous nous contenterons d'indiquer les l^ornes dans lesquelles ces changemens se renfer« ment généralement. Qn voit dans cette tahle un mâtin dont la IcMDgueur mesurée du. bout du ae&à l'anus, étoit de deux pieds onze pouces , ot la hauteur à l'épaule 9 d'un pied onze pouce six lignes^ un basset^ au contraire, avoit deux pieds aix pouces de long, et onze pouces de haut seulement. On y Yoit encore un grand danois dont la longueur étoit de trois pieds six pouces , et un épagneul qui n'avoit que onze pouces du bout du museau à llaçus.

Tète, Après la taille , les (^iférences les plus frappantes des chiens sont dans les formes de la tête. ^Lorsqu'on regarde do profil la tête du chien de la Nouvelle-Hollande , et qu'on la pose de manière que la ligue des prjemjères molaires soit horizontale ,* on voit q|ie la partie inférieure de la mâchoire d'en bas, dans sa plus grande étendue , est parallèle aux. dents; sa partie antérieure se relève jusqu'aux incii^ives, et sa partio postérieure jusqu'à l'apophyse épineuse qui ^$i sur la ligne des dents. Le condyle^piaxtllaire est élevé de quelques centi* mètrea au-'dessus des /iemières molaires et^au niveau du con-^ dyle de l'os occipital. La partie postérieure de l'apophyse zîgo^ malique du temporal est un peu au-dessous de la partio an* térieure de l'os de la pommette ^ et les frontaux forment un angle très-ouvert avec les os du nez. Cette tête étant vue de face, les frontaux sont relevés sur leurs bords extérionrs ; un enfoncement très^mapqué les sépare au po^nt oh ils se j<Mgneiit* La longueui* du museau , mesurée depuis le bord ej^^ieiK de.

Ftirhfte jusqu'aux incisives, est de quatre-*vingfii millimètres, et dans la partie la plus étroite , de trente-ciaq millixnuètres f cette partie se trouve; à égale distance de la canine et 4u trou ' sous-orbitaire. Les temporaux , dés le point où ils se sépafepjt de leur apophyse moBtante y s'arrondissent eise rapproctbentpouff f armer la boite du crâne , et le sillon auquel se termii^ent Je^ cro-^ tfiphites antérieurement, est à peu près à égale distance de Tapa* » pfayse orbi taire du coronal et de la base interne antérieure . de l'apophyse zigomatique du temporal. Les crêtes sagittale • et temporale étoient très<-développées ; mais je ne m'îirréterai point à ce caractère qui ne m'a paru soumis à aucune règle ; .. ii varie dans les individus d'une même race» et Tàge n'a sur lui qu'une foibleihfiunotce^

. La tête du màlÎB est , de toutes nos races de cbieios , celle qui se rapproche le plus de la tête que nous venons de* dé* i erire ; toutes les parties y sont dans les mêmes rapports ; seulement la portion du mbseau la plus étttiite se trouve Jsieimcoup plus rapprochée du trou sous«-orbitaire# «

Le danois ne diffère guère du précédent que par un museau plus large et des arcades zigomatiques un peu plus arquées» .

Le pefit danois, le chien courant, les braques et certains'basseta ontaussi les plus grands rapports, parles formes de la têie^ avee le matin, etpar conséquent avec leclûen delaNouvelLe-Hollande ; ils n'en dififèrent guère que par leapariét^x plus bombésu

Les lévriers s'en rapprochent, beaucoup aussi ; seulement le . museau de ces ehiens est plus étroit comparativement à «a- longueur, et leurs sinus frontaux moins étendus.

Le chien de berger se rapproche eussi.d'.une manière très* remarquaUle par sa tête, dea: i&ee^ précédentes ; mais il -s'en distingue encore plus que les l^raques et les levriesTs pa0;:la . capacité du crâhe. Les temporaux ne tendent plus à se rapprocher dès leur naissance, ils s^élèrent d'abord verticalement, et ne commeafien t à s'arrondir qu'à leur partie'moyenne;: l^pophyse épineuse est moins élevée, et la ligne inférieure de la mâchoire d'en bas plus droite ; le museau est un peu plus large; les bords des osdu front sont très-peu relevés ; ils offrent une surface presque plate , et l'arcade aigomatique est plus arquée de bas en haut.

Lu tête 4u ohjeib-lQup ressemble beaucoup à celle du chie»

de berger ; seulement les frontaux sont beaucoup plus rele- • vés au-dessus des os du nez , et leur bord est si bombé qu'ils laissent entre eux un sillon assez profond.

- La tête du efaién de berger nous conduit à celle du baitet, de rëpàgneuletde toutes leurs va^étés, bien remarquables par ]e grand développement de leurs sinus frontaux, qui font que , dans le dernier^ les os du front forment , pour ainsi dire , un angle droit avec ceux du nez; lamâckoire inférieure est aussi Srés-recourbée à sa partie postérieure , de sorte que le con* dyl« maxillaire qui ^toit à peu près sur la ligne des molaires «dans les premières races , est dans celle-ci beaucoup au-dessus de ces dents% Les crotapbites. s'étendent presque jusqu'à la partie postérieure de l'apophyse orbitaire du coronal , ce qui fait que îa- capacité du crâne surpasse encore celle du chien .de berger, à sa partie- antériimre surtout.

C^ ehangemena , quelque considérables qu^ils soient, parottroat cependant trés^foibles si on les compare à ceux que présente la tête du dogue, et sortout celle du dogue de forte race. Il semble que toutes les parties de cette tête ont été repoussées en haut. L'occiput , que itous avons vu dans les premières races assez peu relevé au- dessus du museau , et à peu près de niveau avec les ineisivessupérieiiTes, se trouve, dans> cette té teoci , presque au niveau du front. Cesckangemens pa- Toissent tenir au développ^qmeitt excessif des sinus frontaux. Les moirrémens de ces pavtieë semblent avoir foreé toutes les autres àse développer, dans le même siens; d'où il est résulté que la mâchoire inférieure s^es treployée considérablement, etqiie son- cottdyle , qui se trouvoit, dans l^ chien de li^Nouvell'e-Hollande , au niv^an desdesnières molaires , se trouve , dans^le dogue de forte ra«»,: de plti8ieurs>cent2hnètrea au-dessus. L'apophyse zigomatique du temporal est, par la même cause, très^relevée ^ relativement à Fàpophyse molaire. Les crotaphfites ne s'avancent que jusqu'au bord interne de l'apophyse temporale; le museau' est tellemeat raeconrei que sa longueur mesurée y comme da^s île chien^de la NouvèUe»-HoUaade, est à sa largeur comme 4 à 5. Enfin, eteeci est surtout à remarqaer, la tête de ce dogue , quoique dHin tievsplus grande que celle du chien de berger et du barbet,- est loin d'avoir la capacité'du csàne aussi étej)dùe; dans le prenieryles pariétaux^

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i|U UfH.d'^t?!^ bpiçbés j.scvit aplatis et forroent entre eux, pour ^ rçunir, .yu; angle presque droit.

Nou& B'e devoFàÇ poiqt négliger de faire .remarquer les rapports-qiii existent âans nos diverses races de chiens, entre rétendue du cerveau, et celle de FintelligenceJ Le mâitin ,' le lévrier, et le chien delà Noiivelle-Hollândc lui-même, sont,* comme jon .sait, bien moins susceptibles d^édu cation que le chien-lojup , déjà remarquable par le soin qu'il a des troupeaux , et surtout que Vëpagixeul et le barfcet , si propres à Is chaise etsiétonnans par la facilité qu'ils semblent avoir pour (entendre le langage humain. Aussi , comme nous l'avons vu -^ ces derniers ont un'cràne bien plus graiid que les premiers; et le , dogue de forte race, qui a le crâne le plus étroit^ est î^ussi le plus stupide de tous. L'intelligence des animaux ^ quoique susceptible de modification comme les autres facultés, oifriroit des caractères spécifiques peut-être plus fixes qu(^ c.eux qui sont tirés des organes du mouvement ou du pelage, parce que Les phénomènes (U^ Tesprit ont la première influence sur les êtr^s intelligens; mais Pétude de ces phénoniènes a fait jusqu'à ce jour si peu de progrès, qu'on ne pourroit offrir svr cel^e maiière.que des conjectures vagues, et par.conségucut inutiles. Il est fâcheux, pour cette partie de l'histoire naturelle, que les hommes aient mis moins d'importance aux jqaladies de Tesprit qu'aux ^maladies du corps ^^ ils auroieni recherché. dans rintelligen ce des brutes l'explication des phénooièiies de leur prpjpre intelligence , comme, ils ont recherché diuis le corps des animaux l'explication des phénomènes de leur propre cprps , et nous aurions une.psycologîe , comme nne anatomie comparée. ^

Deê doigts» £n général, tous les chiens, comme nous l'avons dit, ont cinq, dpigts aux pied^ de devant, et quatre à ceux de derrière , réunis par unç membrane qui s'avance jusqu'à 1^ çlernière phalange ,. ayec le rudiment d'un cinquième os du jnét^tar^e qui ne se montre, par aucune trace à.l'exitérieur. Ces doigts, qui sont d'inégale lon^^ueur, conservent à peu prèâles ]pémpS'7:(;lations dans toutes les races , excepté l'interne des pieds de devant, dont r^x^tr^mité quelquefois ne s-'avance pas jusi^u'au milieu du. métacarjpe , tandis quç d'autre^ . fois il va jusqu'au bout de cet osa

De plu& , on voit des chiens qui ont un cinquième doigt an pied de derrière , à la face interne ; mais il n'acquiert pas ,* chcx tous, le même développement. Il paroît que celte modification commence par l'ongle et les phalanges; ce sont 'ces parties du pouce qui paroissent les premières , et ce sont les seules qui existent lorsque ce cinquième doigt est imparfait : dantf ce cas» l'extrémité de Tos 'métatarsien ne paroît point du tout, au ne paroît qu'en rudiment; les phalanges restent tout-à-faît suspendues dans la peau ; le doigt n'est point articulé , n'a point de muscles, et n'est susceptible d'aucun mouvement. Ce doigt est ordinairement fort court, et il arrive quelquefois que son métatarse est imparfait , et que les phalanges et l'ongle seulement sont complets ; mais quelquefois aussi tous ces os sont exactement conformés, et ne diffèrent de ceux des autres doigts, qu'en ce qu'ils sont proportionnellement plus petits. Cependant, quelques chiens ont ce cinquième doigt très-long, bien proportionné, ets'avançaiit Jusqu'à la naissance de la première phalange du doigt voisin.. Ce dhangeinerit, lorsqu'il est arrivé à son plus haut degré, en amène quelqucs-iiiis dans le nombre et dans les reliitions des os du tarse.

Du tarse. Chez' les chiens qui n'ont qu'en rudiment le cinquième os du tarse, cet os s'articule à la facette inférieure du gros cunéiforme qui, lui-même, est'én relation avec le scaphoïde, le second 'cunéiforme et le second os du métatarse, en comptant pour un le rudiment dont if vient d'être Question. Hais chez les chiens qui ont le cinquième doigt compte't , il se développe un quatrième cunéiforme, "entré Je premier et le deuxième doigt, et alors, dans quelques variétés, le grand cunéiforme s'élève et vient, par son c6té" interne , âonnet iîne large facette articulaire à l^astragale. Dans un chico-loup ,* la moitié'de ce grand cunéiforme correspondoit à l'astragale, tandis que dans un grand danois ces rapports étoient beaucoup moins étendus; et cela tenoit à ce que, dans le premier, le scaphoïde, le cûboïde et les cunéiformes, étant beaucoup moins longs que dans le second, mettoîent iine assez petite distance entre le calcanéum et les os du métatarse , de sorte qu'ils permettoient à ceux-ci de repousser^ pour ainsi dire, en haut le grand cunéiforme qui, comme on sait,' n'est ordinairement retenu dans sa position que par àes ligamens et la facette assea

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étroHe avec laquelle il s'articule au 3caphoïde« Lorsque lea chiens oot acquis un certain âge, et qu'ils n'onît pas lé cin* quième doigt complet, le rudiment de Vos métatarsien de ce doigt se soude avec le, grand cunéiforme; et j'ai vu ce dernier .oSj dans le^pied d'un gros danois qui avoitles cinq doigts cornpletSy soudé avec le scaphoiide. C'est certainement à un accident fiembiable qu'on doit attribuer la forme singulière qu'a le scaphoide du piedà cinq doigts, représenté par Dauben ton, t. $, pK 52 4 fig. 1 , et Tabsence du cunéiforme surnuméraire, que nous trouvons dans des pieds qui ont cinq doigts parfaits. Le doigt interne des pieds de devant semble être d'autant plus long quç les. chiens sont plus sédentaires , et il se raccourcit chez les races très actives* Quant au cinquième doigt des pieds de derrière, toutes les races , telles que nous les admettons, actuellement du moins , peuvent en être pourvues ou en être privées. Je l'ai vu dans un dogue de forte racé, dans un matin, dans un chien-loup, etc. , et je ne l'ai point trouvé dans beaucoup d'autres individus de ces mêmes races.

De la queue. Cet organe peut être considéré comme étant une dépendance de ceux du mouvement : les mammifères auxquels la queue est véritablement utile, s'en servent comme d^une sorte de main; telles sont plusieurs espèces de quadrumanes : elle sert aussi, chez quelques autres , à l'extension des ailes ou des membranes qui en tiennent lieu. Cependant il est peu de parties du corps qui éprouvent autant de changement que la .queue, surtout chez les animaux où elle n'a, comme chez les chiens , qu'une très-foible part à l'exercice des fonctions.

Il est difficile d'établir exactement les caractères ostéologîqu es delà queue du chien. Le nombre des vertèbres qui composent cet organe n'est point constant dans chaque race: celui qu'on rencontre le plus communément , et qui se trouve chez le chien de la Nouvelle-Hollande , est de dix-huit, d'oii l'on pourroit soupçonner que c'est de ce nombre de vertèbres que se composoit originairement la queue du chien ; dans les divers changemens que cet animal a éprouvés , sa queue s'est raccourcie ou aiongée. On assure qu'il existe une race de chiens dont la queue est extrêmement courte , et de deux à trois pouces seulement; d'autres observateurs n'ont trouvé , dans la queue de quelques autres races | que seize vertèbres; mais il paroît que

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la taille n^influé poînf sur la longueur de la queue; jVn al compté dix-kuît chez un carlin , comme Je Tavois ùiit dhez un épagneul, chez un braque, chez un chien -louj». Un basset mVn a donné vingt, taudis qu'un chien turc et un dogue de forte race m'en ont donné vingt et une. La forme de" ces vertèbres ne m'a point offert de différences sensibles dans les diverses races, ce qui peut faire conclure qu'il n'en existoitpat non plus dans les muscles qui s'y attachent. Cependant on voit des chiens porter ordinairement la queue basse, et d'autres la tenir sans cesse relevée. Cette différence pourroit en produire une dans le développement des apophyses.

Quoique nous ayons surtout voulu montrer dans ce travail les principales différences ostéologiques par lesquelles se caractérisent les diverses races de nos chiens domestiques,' nous jetterons encore un coup d'œil sur les modifications des autres organes.

Des sens. Si nous considérons les sens ,'ùous verrons que la domesticité n'a point exercé, chez les chiens, d'influence sur les organes de la vue ; les yeux de toutes les races se ressemblent : il n'en est pas de même pour le nez, pour la bouche et pour les oreilles. Ces organes ont éprouvé des changemens plus ou moins profonds, plus ou moins marqués, sur lesquels nous devons nous arrêter. L'alongement du museau déterminant uÀ alongement dans les os du nez, et conséquemment dans les cornets que ces os renferment , est un des premiers caractères par lesquels les chiens se distinguent , sous lé rapport du sens àé l'odorat. Il paroît que les races dont le museau a un certaiil alongement, telles que le chien de la Nouvelle-Hollande, le matin, le chien-!oup, les chiens courans, ont l'odorat beaucoup plus délicat que celles qui ont le museau court-et obtus^. telles que les dogues et les carlins. Cependant, le chien lévrier paîroît avoir le nez bien moins fin que les autres chiens à museau long, quoique, de toutes les races, ce soit la sienne qui ait la tête la plus effilée et la plus longue : cela tient vraisemblablement aux différences d'étendue des sinus frontaux; car les cornets du nez sont comme dans les autres races. Mais un des changemens bien remarquables qu'ont éprouvés le nez et la jbouche de certains chiens , c'est ce sillon profond qui est venu séparer leurs lèvres supérieures et leurs naHues , Comme oa

rpbserve surtout e)iez quelques dogues, qui reçoivent de ce caractère une physionomie toute particulière. »

Les modifications de l-ouîe se manifestent surtout d^ins la situation et dans retendue de la conque externe de Toreille. On sait que chez les chieiif de races peu soumises^ comme le chie^ de bergçr, le chien<-loup , l'oreille est droite , mobile et d'une grandeur médiocre : si Ton arrive aux races plus privées , on voit Toreille tomber en partie, rextrémités'aSaisse et n'a plus de mouvement; tels sont , par exemple , les mâtins ; enfin , chez les chiens tout-à-fait asservis , l'oreille externe , entière , ne se soutient plus ; ses muscles s'oblitèrent en partie , et en même ' temps elle prend uùe étendue presque monstrueuse , par le développement de w^b cartilages : c'est ce que nous montrent .plusieurs espèces de chiens de chasse ^ les barbets t les épagneulsy etc.

"Dts organes de la génération. Les organes de la génération et ceux qui en dépendent , ne pouvoient point être accessibles à de grandes influences; aussi montrent*ik peu de changemensj les seuls même qu'on ait observés consistent dans le nombre d^ mamelles.

Généralement les chiens en oi^t dix , cinq de chaque côté ; savoir : quatre sur la poitrine , et six sur le ventre. « MaiSj dit Daubenton , il y a de grandes variétés dans le nombre des mamelles de ces animaux : de vingt et un chiens de dîfTérentes races, tant mâles que femelles , dont j'ai compté les mamelles, il ne s'en est trouvé que huit qui eussent cinq mamelles c|e chaque côté ; huit autres n'en avoient que quatre à droite et autant à gauche ; deux autres , cinq mamelles d'un c6té çt quatre de l'autre; et enfin les trois autres chiens avoient quatre mamelles d'un côté, et seulement trois de l'autre. ^ Et il est remarquer que les chiens sauvages n'entrent qu'une seule fois en chaleur dansl'année , tandis que le chie a domestique éprouve deux fois le besoin du rut.

Du pelage. Les poils sont, de toutes les parties du corps des animaux, celles. qui reçoivent le plus facilement l'influence des causes extérieures, et qui en éprouvent le plus de cha^ig^ inens ; les chiens en sont un exemple remarquable .- leurs poils dififèrent par leur nature , par leur couleur, par leur ûnesse^ par leur longueur , par leur disposition. Les chiens dçs pay^

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froids ontgënëralement deux sortes de piôils; les uns, courts, fins et laineux , couvrent immédiatement la peau , tandis que les autres, soyeux et longs , colorent ranimai. Dans les.régions équatoriales , cette laine légère et chaude s'oblitère , et finit par disparoître tout-à-fait ; et il en est d'e même dans nos habi- 'fatit»ns , où la plupart des chiens peuvent se soustraire à Tintempérie de nos climats et au froid de nos hivers. Le chien turc a la peau nue et huileuse ; le dogue , le doguin , le lévrier, le carlin , ont le poil court et ras ; le chien de ber'ger , celui 'de la Nouvelle-Hollande , le mâtin j. le chien d'Islande , ont les poils plus longs que les espèces précédentes , mais plus courts que le chien-loup , que Fépagneul , que le barbet , et surtout que le bichon, dont les poils descendent quelquefois jusqu'à terre. Si Ton considère le poil isous le rapport de sa finesse , on ne distingue pas moins de races :1e chien de berger, le chienloup , le griffon , ont les poils - durs , tandis que le bichon , quelques barbets , le grand chien des Pyrénées , l'ont soyeux et doux ; chez les uns il est droit et lisse, chez les autres laineux ' et bouclé j quelques races ont le corps couvert de longs poils , tandis que la tête et les jambes n'ont que du poil ras; d'autres, au contraire , ont là tête et le cou garnis d'une crinière , et le corps couvert de poils courts : tel est , dans le premier cas , le chien-loup , par exemple ; et dans le second , le chien-lion. 'Sôus ce rapport, les chiens offrent presque toutes les variations que présentent les poils , dans la classe entière des mammifères. Quant aux couleurs , c'est du blanc , du brun, plus ou moins foncés , du fauve et du noir , que celles (les chiens se composent. On voit de ces animaux qui sont entièrement de Tune ou de Tautre de ces couleurs ; mais le plus souvent elles sont dispersées irrégulièrement par taches, tantôt grandes, tantôt petites; quelquefois cependant on voit qu'elles tendent à se disposer symétriquement; souvent elles se partagent chaque poil, et produisent alors des nuances différentes , suivant que le blanc, le noir , le fauve ou le brun dominent : ainsi on voit des chiens dont le pelage est semblable à celui du loup, par le mélange du blanc, du fauve et du noir; d'autres, plus rares, chez lesquels il est d'un beau gris ardoisé. Ces cauleurs n'accompagnent pm toujours exclusivement certains autres caractères : les races de chiens qu'elles distinguent ne se remarquent pas néees*

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ttalremenl aussi par les formes de la tête , la nature des poils , ou les proportions du corps ; toutefois, lorsqu'on a soin de réunir des individus de même couleur , la race ordinairement se perpétue, et il en est de même pour la plupart des caractères que nous avons déjà examinés : nouvelles preuves que les modifîca* tions accidentelles finissent toujours par devenir héréditaires. C'est par le soin qu^on a pris, en général, de n'accoupler dans chaque race que des individus de même couleur, que les grands danois et les lévriers, les dogues, les doguins, sont fauves ; les chiens de berger, noirs; les chiens-loups, blancs; les chiens courans , les braques, les bassets et les épagneuls , blancs , avec des taches noires, etc.

On voit, par les détails dans lesquels nous venons d'entrer, que la plupart des modifications de nos chiens se fondent lea unes dans les autres, et qu'excepté le développement du crâne, toutes peuvent se rencontrer, à peu de chose prés , dans toutes les races. En effet, ces races ayant été formées sur les services que les chiens nous rendent, il étoit tout simple que nous trouvassions leurs caractères principaux dans l'organe oii Fin* telligence a son siège ; mais ces détails nous laissent incertains sur les caractères de la race primitive , et sur celle que nous devons en rapprocher. Pour lever cette difficulté, ne possédant ni le chien sauvage ni le chien rendu 'depuis plusieurs générations à une entière liberté, nous ne pouvons choisir dans cette vue que la race la moins domestique de toutes, et Bufiba crut le faire en choisissant le chien de berger.

Il étoit alors difficile d'éviter cette erreur : depuis , l'histoire naturelle s'est enrichie d'une variété qui vit presque entièrement libre, puisque les hommes qui se la sont associée sont peut-être, de tous les sauvages, ceux qui sont le moins avancés dans la civilisation' ; je veux parier du chien des habitans de la Kouvelle^Hollande. En effets les peuples de ces contrées savent à peine se vêtir et faire du feu, et leurs habitations diffèrent peu des abris que se construisent les grands singes, ou des ta* nières des ours: assurément le chien qui vit avec une telle race d'hommes, doit être, comme eux, bien près de l'état de pure nature.

. En comparant donc à ce chien , comm^ noitf l'avons fait, les principales races de son espèce ; par le caractère de la tête, ou,

est conduit à former de ces races trois familles principales ; ef c'est dans cet ordre que nous allons en parler. Nous désignerons chacune de ces familles par le nom de leur principale race : la première se composera des matins, la seconde des épagneuls, et 'là troisième des dogues.

Les Mâtins,

Pariétaux tendant k se rapprocher, mais d'une manière insensible y en s'élevant au-dessus des temporaux; condyle sur la même ligne que les molaires.

'Le Chien de la Nodveixe-Hojxande. Nous avons possédé cet animal , qui avoit été ramené en France par l'expédition aux Terres Australes , commandée par le capitaine Baudin , et nous allons en donner une description détaillée , comme nous avons fait de sa tête, puisqu'il doit nous servir de point de comparaison pour les autres races. Ce chien avoit la taille et les proportions du chien de berger, excepté la tête qui ressembloit entièrement à celle du matin , Comme nous l'avons dit plus haut. Son pelage étoit très- fourni , et sa queue assez touffue; il avoit les deux sortes de poils: des laineux gris, et des soyeux fauves ou blancs; la partie supérieure de la tête, du cou, du dos et delà queue, étoit fauve foncé; les cMés, le dessous du cou et la poitrine étoientplus pâles; toute la partie inférieure du corps , la face interne des cuisses et des jambes et le museau étoient blanchâtres. Du reste , ses organes avoient dans toute leur pureté les caractères du genre.

Les mouvemensde cet animal étoient très-agiles ; et son activité, lorsqu'il étoit libre, étoit fort grande; mais, ce cas excepté, il dormoit continuellement. Sa force musculaire surpassoit de beaucoup celle de nos chiens domestiques de même taille. Dans ses mouvemens, il tenoit sa qfueue relevée ou étendue horizontalement ; et lorsqu'il étoit attentif, il la tenoit basse ; il couroit la tête haute et les oreilles droites , dirigées en avant ; ses sens paroissoient être d'une finesse extrême ; mais, ce qui étonnera peut-être, c'est qu'il ne savoit pas nager : jeté à l'eau, il se débattoit machinalement, et ne faisoit aucun des mouvemens convenables pour se soutenir. Son courage étoit très-remarquable : il attaquôit sans la moindre hésitation les chiens de la plus forte taille ;^t je l'ai vu plusieurs fois , dans les premiers

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temps ée son séjoUr à tiôtre Ménagerie, se jeler en'grotidant sur les grilles au travers desquelles il apei*cevoit une panthère^un jaguar ou un ours^ lorsque ceux-ci av oient Tair de le menacer.

Cette témérité paroîtroit ne pas tenir entièrement à Tinex* périence de notre individu ^ mais seroit peut-être une des qualités de sa race. Le rédacteur du Voyage de Phipps rapporte qu'un de ces chiens , qui étoit en Angleterre , se jetoit sur tout les animaux , et qu'un jour il attaqua un àne, qu'il auroit tué si Ton n^étoit venu à son secours.

La présence de Fhomme ne l'intimidoît point : il se jetoit sur la personne qui lui déplaisoit , et sur les enfans surtout^^ SAns aucun motif apparent ; ce qui semble confirmer ce que dit Watkin-Tinch de la haine de ces chiens pour les Anglois^ lorsque ceux-ci arrivèrent au port Jackson. 1 1 n'obéissoit point à la voix , et le châtiment Tétonnoit et le révoltoit. Il afiTeCftionnoit particulièrement celui qui le faisoit jouir le plus souvent de. sa liberté t il le distinguoit de loin, témoignoit son espérance et sa joie par des sauts; Fappeloit en poussant un petit cri , assez semblable à celui des autres chiens , dans la même situation ; et, aussitôt que la porte de sa cage étoit ouverte», il s'élançoit, faisoit rapidement cinq ou six fois le tour de l'en<clos 0X1 il pouvoit s'ébattre , et revenoit à son maître lui don^ ner quelques marques d'attachement, qui consistoient à sauter vivement à ses côtés, et à lui lécher la main. Ce penchant k une affection particulière ressemble à celui du chien de berger, et s'accorde avec ce que les voyageura assurent de la fidélité exclusive du chien de la Nouvelle-Hollande pour ses maîtres; mais si cet animal donnoit quelques caresses, ce n'étoit que pour des services réels , et non point pour obtenir d'autres caresses t il souifroit volontiers celles qu^on lui faisoil , et ne les recherchoit point. Il marquoit sa cplère par trois ou quatre aboiemens rapides et confus; excepté ce cas, semblable au chien sauvage, il étoit très-silencieux. Bien dififéreut de nos chiens domestiques, celui-ci n'avoit aucune idée de la propriété de l'homme , et il ne respectoit rien de ce dont il lui convenoit de faire la sienne ; il se jetoit avec fureur sur la volaille , et sembloit ne s'être jamais reposé que sur luiménie du soin de se nourrir. Il appartenait sans doute au peupla le plus pauvre et Iç moins industrieux de la terre, de posséder

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