‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 5)Chapitre 48 sur 53 · S48 GHI · texte numérisé non relu

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le chien le plus enclin à la rapine qni fût eonnti , et le plus iii'corrigible k cet égard. Cependant, les sauvages de la Nouvelle- Hollande se font accompagner par ces chiens à la chasse, ce qui feroit supposer quelque sentiment de propriété chez ces animaux ; mais ne nous offrent-ils pas alors le tableau où Buffoa peint l'homme et le chien sauvage s'entr'aidant pour la pre^ mière fois, poursuivant de concertla proie qui doit les nourrir ^ et la partageant ensemble après Tavoir atteinte P Ce que^et aninalmangeoit le plus volontiers, c'étoît la viande crue et fraîche : le poisson ne paroissoit jamais avoir fait sa nourriture , caria faim elle-même ne le décidoit pas à le manger ; il ne refusoit pas le pain , et paroissoit goûter avec plaisir les matières sucrées. ' Son rut, jusqu'alors, ne s'étoit montré que toutes les années une fois , et en été ; ce qui correspond , pour la Nouvelle- HoUande, à Thiver de notre hémisphère , et fait rentrer le ru t de ces animaux dans la règle à laquelle nous avons cru apercevoir qu'il étoit soumis chez les mammifères carnassiers en général. Chaque fois quef cet état t^^est manifesté, on a cherché à faire produire cette chienne avec un chien de même forme, de même couleur, mais non point de même race qu'elle; l'accouplement a en lieu , il n'y a point eu de conception , ce qui confirme la difficulté qu'on a généralement à faire produire deux races lorsqu'elles sont très-différentes.

Le Matin. Les chiens de cette race sont grands^ vigoureux et légers ; leurs oreilles sont à demi pendantes. On en trouve de blancs, de gris, de bruns, de noirs; ils portent la queue recourbée en haut* Ils sont très-bons pour la garde. .

Le Danois. Il diffère du mâtin par un corps et des membres plus fournis. Ces animmixsont également bons pour la garde, et ils aiment les chevaux.

Le Lbv&ibr se distingue des espèces précédentes par des formes plus sveltes , plus minces , plus effilées : ily en a de taille , de poils et de couleurs très-différentes, que Ton regarde communément comme autant de races. J'ai vu des lévriers chiens tuiM:s.

Tous ces chiens peuvent être dressés pour la chasse, et surtout pour celle qui demande plus de force et de courage que d^intelligenee et d'adresse. Les lévriers cependant courent les ejl» nlaine, et font la base de cette espèce de chasse.

Les Epagneuls.

Les pariétaux 9 dans les têtes de cette famille, ne tendent plus à se rapprocher dès leur naissance au-dessus des tempo*' raux; ils s^écartent et se renflent, au contraire, de manière à beaucoup agrandir la boîte cérébrale, et les sinus frontaux prennent de l'étendue.

. Ses principales races, les plus intelligentes de toutes, sontz

L'Efagneul , qui est couvert de ppils longs et soyeux ; ses oreilles sont pendantes comme celles du chien-eouraat, et ses jambes peu élevées ; ses couleurs sont le blanc , quelquefois avec des taches noires ou brunes. Cette variété est encore remarquable par ses qualités pour la chasse. Il y a de^randa et de petits épagneuls : Tépagneul noir est le gredin , et le pyrame e^st Tépagneul noir marqué de feu.

Le Barbet, couvert de poils longs et fins. C'est peut-être, de tous les chiens celui dont rintelligence est le plus susceptible^ de développement; et il le doit sans doute à ce qu'il fait, plu» particulièrement que les autres races de cette famille , la société de l'homme. Il y a de grands et de petits barbets* r

Les Chibns-coueans. Ils sont remarquables par la longueurde leurs oreilles pendantes, et par celle de leurs jambes char» nues. Us sont couverts d'un poil très-court, portent leur queue relevée ; et leur couleur est généralement le blanc avec des taches noires ou fauves. Ce chien est le chasseur par excel- . lence.

Le Chien ds bbrger» Il a une taille moyenne ; ses oreilles sont courtes et droites ; il porte sa queue horisontalement en arrière ^ ou pendante , mais quelquefois aussi relevée ^ ses poils sonitrèalongs sur tout le corps, excepté sur le museau : le noir est 1s couleur dominante de ces chiens^ On sait combien ils sont utiles k la garde des troupeaux.

Le Crien-loup se distingue du précédent par sa tête dégarnie de poils , ainsi que ses oreilles et ses pieds. Il porte toujourt sa queue trèst-relevée , et elle est remarquable par les longs poiU* qui la garnissent. La couleur de ce chien est le noir, le fauve » mais surtout le blanc. Il pourroit servir , comme les chiens de ])erger, à la garde des troupeaux. ""

Les Bassets, Ils se caractériseoit par le raccourcissement exr^

trénie de leurs jambes, qui sont droites ou torses ; ce qui pro» duit les bassets à jambes droites et les bassets à jambes tor$es« jb.eurs oreilles S0Dt longues et pendantes* On en voit dç toutes couleurs.

. Les Braques diffèrent des chiens courans par un museau çioins long et moins large , par des oreilles plus courtes, à demipendaptes , des j ambes plus longues , le corps plus épais , la queue plus eharaue et plus courte. Les braques sont blancs ou tachetés 4e noir et de fauve ; le braque du Bengale est moucheté,

L'Ai^co a aussi été considéré comme une variété de chien ; mais, elle n*est connue que par une figure très-imparfaite de Aecchi, M. de Humboldt dit qu'il paroit être une variété de ehien de berger, Vojre* Alco»

Les DogueSf

*' Les chiens de cette famille se caractérisent tous par le rac* eourcissement du museau, le mouvement ascensionnel du crâne, son rapetissement, et l'étendue des sinus frontaux.

' Ce sont des animaux très^p eu intelligens, comparativement aux races de 1^ famille précédente, et la pesanteur de leur intelligence semble se marquer par celle de leur corps. Les races principales sont ;

' Les Dogues d^ forte race. On les reconnoît ku premier coup d'œilf à la grandeur de leur tête et à leur épaisse corpulence; leurs oreilles sont petites, à demi -pendantes ^ leurs lèvres épaisses tombent de chaque côté de la gueule ; ils ont les jambes asscÉ tourtes et fortes ; leur queue est recourbée en haut, et généralement assez petite j les poils sont ras, blancs et noirs.

Le DoGUB est senablablean précédent, pour le$ formes et les proportion? dli corps j seulement il a une taille plus petite, (î'est dans cette race que l'on voit des chiens à narines séparées par une fente profonde, Leç poils sont ras, et leur cou-, î'eur fauve pâle.

- Le DocuiN. C'est ce qu'oft appelle communément le carlin , )e mops. Il ressemble au dogue, sinon qu'il est plus petit , et que SCS lèvres ne sont pas aussi développées.

Ce tableau deê races de chien est sans doute très-incomplet i mais les races étrangères ne nous sont point connues, et il e« est un grand pombre qui ne doivent leur existence ^u'aM Ct»

prîce et à la mode, et qui n'offrent aucune particularité dont la science puisse faire son profit.

On est toujours sûr de former des races, lorsqu'on prend le soin d'accoupler constamment des individus pourvus des particularités d'organisation dont on veut faire le caractère de ces races. Après quelques générations , ces caractères , produits d'abord accidentellement , se seront si fortement enracinés , qu'ils ne pourront plus être détruits que par le concours de circonstances très-puissantes; et les qualités intellectuelles s'affermissent ainsi, comme les qualités physiques; seulement comme il dépend de nous de développer les premières , jusqu'à un certain point, par l'éducation , et non pas les secondes, nous sommes^ pour ainsi dire , absolument les maîtres de créer des races , en modifiant l'intelligence. C'est ainsi que les chiens se sont formés pour la chasse, par une éducation dont les effets se propagent, mais qui a besoin d'être entretenue pour qu'ils ne dégénèrent pas. Cette éducation fait un art particulier, qu'il n'est pas dans notre plan de décrire, mais dont les règles reposent entièrement sur l'excellence des sens de la mémoire et du jugement des chiens.

Le Loup, Canis lupus, Buffon^ Cet animal a la taille de no& plus grands chiens, et la physionomie d'un mâtin dont les oreilles seroient droites comme celles du chien de berger. Sa couleur est généralement d'un gris fauve, et elle vient de ce que chaque poil est alternativement, dans sa longueur, blanc', noir et fauve ;le museau , le devant d'es pattes antérieures , sont noirs.

Bu Son a tracé de la manière la plus vive, et avec assez de vérité , le caractère du loup de nos contrées. « Le loup , dît-il , fc est l'un de ces animaux dont l'appétit pour la chair est le « plus véhément, et quoiqu'avec ce goût il ait reçu de la na- ^ ture les moyens de le satisfaire, qu'elle lui ait donné desi K armes, de la ruse, de l'agilité, de la force, tout ce qui* « est nécessaire, en un mot, pour trouver, attaquer, vain- ^ cre , saisir et dévorer sa proie , cependant il meurt sou^ « vent de faim, parce que l'homme lui ayant déclaré la « guerre, l'ayant même proscrit en mettant sa tête à prix, le « force à fuir, à demeurer dans les bois, où il ne trouve que- 4( quelques animaux sauvages qui lui échappent par la vitesse^

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« de leur course , et qu'il ne peut surprendre que par hasard « ou par patience , en les attendant long-temps , et souvent « en vain , dans les endroits où ils doivent passer. Il est no^ii- « Tellement grossier et poltron , mais il devient ingénieux par « besoin et hardi par nécessité ; pressé par la faim , il brave « le danger , vient attaquer les animaux qui sont sous la garde « de l'homme , ceux surtout qu'il peut emporter aisément , « comme les agneaux , les petits chiens , les chevreaux ; et « lorsque cette maraude lui réussit , il revient souvent à la « charge 9 jusqu'à ce qu'ayant été blessé ou chassé et maltraité « par les hommes et les chiens, il se recèle pendant le Jour <c dans son fort, n'en sort que la nuit , parcourt la campagne, « rôde autour des habitations, ravit les animaux abandonnés, « vient attaquer les bergeries , gratte et creuse la terre sous « les portes, entre furieux , met tout à mort avant de choisir « et d'emporter sa proie ; lorsque ces courses ne lui produisent « rien, il retourne au fond des bois, se met en guette, cher- « che , suit À la piste, chasse , poursuit les animaux sauvages, « dans l'espérance qu'un autre loup pourra les arrêter, les « saisir dans leur fuite, et qu'ils partageront la dépouille; 4c enfin , lorsque le besoin est extrême , il s'expose à tout , « attaque les femmes et les enfans, se jette même quelque- « fois sur les hommes^ devient furieux par ces excès, qui fi- « nissent ordinairement par la rage et la mort. ^

Tout est vrai dans ce tableau , si ce n'est la poltronnerie naturelle du loup , et l'espoir qu'il a , lorsqu'il poursuit une proie, qu'un autre loup. viendra l'aider à s'en saisir. Le loup n'est poltron qu'où il a de nombreux dangers à craindre , et il ne peut pas y avoir d'animaux courageux où l'homme domine en maître. Quant à l'espoir^ c'est un sentiment qu'éprouvent seuls les êtres pour lesquels il existe un avenir; et il ne peut y avoir d'avenir que pour l'espèce humaine , parce qu'elle seule pense et prévoit.

Cet animal vit habituellement solitaire ; il ne se réunit k d'autres loups que lorsque la faim le presse ;. et lea mâles passent peu de temps avec les femelles à Fépoque du rut. ^lors ils sont entre eux dans l'état de guerre le plus violent » €i leurs combats sont des combats à mort. Là femelle porte trois mois et demi, et lorsquVlle est prête à mettre bas^eUe

te retire dans iin lieu écarté , où elle prenrd de ses petits le plus grand soin. Lorsqu'on les attaque , elle les défend avec in* trépiditéet fureur. Le besoin de les nourrir augmente beaucoup son courage ; et c^est à cette époque que les bergeries, et les animaux qui passent la nuit aux champs, courent le plut grand danger. Après six semaines , les petits comnrencent a suivre leur mère , et ils ne la quittent qu'au bout d'un an environ ; leurs dents de lait tombent à six mois, et ils sont en état d'engendrer vers la deuxième année ^ leur vie ne va pas audelà de vingt ans.

Le loup pris Jeune s'apprivoise aisément , et il s'attache a celui qui le soigne , au point de le reconnoître après plus d'une année d'absence. C'est un fait dont fai été le témoin; et le loup qui l'a présenté , avoit été doué d'un caractère assez beureux pour que l'âge n'eût apporté aucun changement dans sa confiance et sa^ familiarité. On ne sauroît trop le répéter, il ne faut point juger les dispositions naturelles des animaux d'après quelques individus seulement, et il faut toujours avoir égard aux circonstances dans lesquelles leur race se trouve* Au reste , on doit admettre qtr'en général aucun animal n'est privé de la faculté de s'apprivoiser, et n'a un caractère absolument intraitable. Tous les animaux, ainsi que nous, aiment le bien et fuient le mal , et ils n'apprennent à connottre po» sitivement l'un et l'autre que par l'expérience. Si les hommes leur font du bien , ils s'y attachent , autant qu'il est en eux de s'attacher; dans le cas contraire, ils les fuient; et si quelques individus refusent long-temps de s!apprivoiser , c'est que le sentiment de la défiance , qui est naturel à tous les animaux , et qui est un des dons les plus précieux que la nature leur ait accordés, est trop fort pour que le bien qu'on leur fait puisse être facilement senti par eux ; mais jamais leur férocité n^est absolue. Lorsqu'on a voulu établir ce fait pour quelques espèces, et même pour celle qui nous occupe, on n'a pas senti qu'un animal qui seroit dans cette disposition périroit in fuiliblement; l'homme n'est pour lui qu^un être, comme tous les autres êtres delà nature; l'impossibilité absolue de s'habituer avec lui , entraîneroit celle de s'habituer avec les autres. Et comment un animal qui seroit perpétuellement dans un état de défiance absolue pour tout ce qui renvironnerpit , pourroit-U exister ?

Le loup, a une très-grande force ; il emporte facilement un mouton en s'en fuyant, et il est peu de chiens assez forts pour le combattre avec succès; aussi c'est principalement ksB, force qu'il a recours, lorsque pour se nourrir, il est obligé d'attaquer des animaux vivans ; il connolt peu la ruse , et ce qu'on raconte des loups qui se réunissent pour attaquer une berge- .rie , et qui s'entendent assez pour que l'un s'expose à être poursuivi par Les chiens, afin que l'autre puisse attaquer sûremeQt )e troupeau , et en emporter une pièce , n'a d'autre fondement que l'ignorance des bergers qui ont vu , dans un ensemble fortuit de circonstances , le résultat du raisonnement et de la réflexion. Nous ne nous donnerions pas la peine de contester ce fait ainsi raconté , si de« hommes , d'un très-grand mérite , ne l'avoient employé pour établir , sur l'intelligence des brutes, des systèmes tout-à-fait inadmissibles. Dégagé de toute supposition , en quoi ce fait consiste-t-il réellement ? £n deux loups qui , également pressés par la faim , se sont approchés d'un troupeau qu'ils ont également senti ou entendu. Les chiens leur inspiroient de la défiance, et les tenoient dans l'éloignement; mais ceux-ci en se mettant à la poursuite du loup qui se trouvoit le plus près d'eux , ont laissé à celui qu'ils nVint point attaqué , et qui n'attendoit qu'un moment favorable pour pénétrer dans la bergerie , la facilité de s'élancer , de prendre un mouton, et de disparoître. Qu'est -il besoin pour cela de supposer un raisonnement fait de concert entre ces loups, une préméditation quelconque de leur partP On peut être sûr que toute explication de ce genre qui suppose ces qualités , est une grande erreur ; autrement les animaux seroient des hommes.

Le Loup NOiaj Canis lycaon^ Linn. Ce loup ne diffère du précédent que par sa couleur qui est noire sur toutes les parties du corps. Forme-t-il en effet une espèce, ou ne doit -on le considérer que comme une variété du loup commun P C'est ce qu'il n'est pas facile de décider. Il paroîtroit qu'il ne se rencontre en France qu'accidentellement.

Notre Ménagerie a possédé un mâle et une femelle de loups noirs, qui avoient été envoyés comme tels, des Pyrénées; ils étoient très - féroces , et aucun bon traitement n'a pu les apprivoiser. Chaque année ï\& ont fait des petits qui ont été

presque airssi dëfians et féroces que leurs paréns, mais qui n*avoient ordinairement ni les mêmes traits ni le même pelage ; on les au roi t criis d*une autre espèce , de quelque variété du chien domestique* On pourroit conclure de là que ces loups n'étoient pas de race pure , et que le sang de quelque chien étoit mêlé au leur ; cependant ils avoient été pris à l'état sau* yage ; mais il n'est pas rare dans les pays de forêts , de voir des chiennes en chaleur , être couvertes par des loups.

La plupart des voyageurs assurent que le loup d'Europe se trouve aussi en Amérique, et Bartram parle de loups noirs. Quoiqu'il soit assez difficile de reconnoitre une identité d'es» néce , par la seule comparaison qu'on peut faire d un animal qu'on a vu dans un continent, avec un animal qu'on voit dans un autre, nous pourrions di£Scilement élever des doutes contre cette assertion, qui , d'ailleurs , a été avancée par des hommes de beaucoup de mérite; mais, dans ce cas, ce loup noir, dont nous venons de parler , seroit-il le même que le nôtre ? Pour lever toutes les difficultés , ces animaux auroient besoin d'être examinés de nouveau , et surtout dans leurs mœurs.

On ne connoît, dans les autres parties de l'ancien monde , que deux espèces de chiens :1e chacal, qui est commun à l'Asie et à l'Afrique ; et un loup , naturel à Java , que M. Leschcnaut nous a fait connoître.

Le Chacal ; Canis aureus , Linn. ; Schreber , tab. 94, La taille de ce chien est entre celle du loup et celle du renard commun. Il ressemble beaucoup au premier par les couleurs; mais ïl en diffèrepar la queue qui est touffue comme celle des renards , et bien plus courte. En-dessus, le chacal a les poils fauves, avec l'extrémité noire. Cette dernière couleur s'accroît sans règle, et formé quelques taches transversales irrégulières du dos aux c6tés ; la couleur fauve de la tête est plus unie ; le fauve et le noir y sont mêlés plus uniformément. Les côtés sont fauves , ainsi que les jambes et les cuisses ; deux taches noires sont sur le poignet comme aux loups. La gorge est blanche , et l'on voit une ligne noire descendre en avant des épaules, de la partie supérieure du cou à la partie inférieure j ce qui est encore un rapport avec le loup. Les couleurs d'un chacal dé l'Inde et celles d'un chacal de Barbarie ne difff^ yqîcuî point,*

Cet animal parolt être répandu dans tonïes les partîear chaudes de TA&ie et de l'Afrique. Il vit en troupes nombreuses y habite des terriers qu'il se creuse lui-même , et tous les individus d'une même troupe chassent de concert , et se défendent réciproquement lorsqu'ils sont attaqués. Ils causent beaucoup de dégâts dans les contrées oà ils ont pu se multiplier ; ils y déterrent les morts , et pénétrent même dans lesétables, où ils mangent jusqu'aux cuirs des hamois, lorsqu'ils n'y trouvent pas une autre nourriture. La nuit ils font entendre continuellement, en se répondant les uns les autres, leur voix semblable à une sorte de hurlement , et dont tous les voyageurs ont été frappés. Pressés par la faim , ils peuvent devenir dangereux même pour llhomme ; mais habituellement ils se nourrissent de charognes qu'ils disputent aux hyènes et aux vautours.

Les voyageurs s'en sont tenus à ces détails, bieninsuffisans,. pour nous faire connoitre l'histoire naturelle du chacal ; et il paroîtroit , à leurs récits , que ces animaux sont quelquefois de taillejet de couleur assez différentes , ou plutèt qu'il a été parlé, sous le même nom, d'animaux étrangers Fun à l'autre. . C'est ce qui avoit porté Buffon et d'autres naturalistes à faire une espèce distincte de l'adive, sans qu'ils lui aient donné cependant des caractères assez précis pour la faire adopter»

C'est à l'espèce du chacal qu'on a voulu rapporter le chien domestique , et il faut avouer qu'on étoit plus fondé à le rapporter à cet animal qu'au loup commun. Il y a , entre les caractères des chiens et des chacals, beaucoup de ressemblance; et si de simples analogies suffîsoient pour établir la disposition à la domesticité , il seroit difiBcile de ne pas regarder le chiea domestique comme une race de chacals soumise à l'homme et modifiée par une longue servitude. Jusqu'au pelage exclusivement , qui ne peut nous être connu pour le chien dans l'état de nature , ces animaux se ressemblent absolument par l'organisation, et ils se ressemblent encore par les mœurs; les uns comme les autres vivent en troupes , se creusent des terriers, chassent de concert, ce qui ne paroît être le caractère d'aucune autre espèce sauvage de chiens. Au reste ^conune nous l'avons dit, c'est seulement par une expérience directe qu^oA pourxoit établir la Caculté du chacal à acquérir la do»

«netticilé du chien ; >usque>là ^ ce» derniers animaux se distingueront des autres par ce caractère qui suppose des diii> positions naturelles toutes particulières, que rien n'autorise encore à supposer aux chacals*

Le Lou? DE Java. Sa teinte générale est d'un brun-fauve qui devient noirâtre sur le dos, aux pattes et à la queue. Il a la taille et les proportions du loup commun , seulement ses oreilles sont plui petites. lia été rapporté de Java par M. Les* chenaut.

Les chiens d'Amérique ne sont encore que bien imparfaitement connus. Tous les voyageurs en parlent , mais dans des termes si différens qu^on ne sait à quoi "s'arrêter. On ne connott même avec quelque exactitude que les deux espèces suivantes: .

Le Loup.rouoe; LMpus mexicanus^ Lînn. Roux, avec une sorte de crinière noire sur les épaules.

IL est un peu plus petit que le loup commun , mais il en a toute la physionomie. Voici la description qu'en donne M. d'Azara, d'après un individu vivant : « Au-dessous de sa tête est une ft grande tache blanche entourée d'une autre tache foncée ; « la couleur générale de l'animal est d'un roux foncé, très- « clair dans les parties inférieures , et presque blanc à la queue « et dans l'intérieur des oreilles. Dans un espace de deux

« pouces, à partir des ongles, il est très-noir De la même

« manière , à partir des yeux , le rougeàtre dégénère en noir « jusqu'à la pointe du museau qui est noir. De Pocciput à la 4[ fin de l'épaule , il y a une crinière dont les poils sont noira « de leur moitié à leur pointe. ^

La femelle est tout-à-fait semblable au mâle ; elle a six mamelles , et paroit mettre au monde ses petits vers le mois d'août ; elle en fait trois ou quatre» Ce loup porte au Paraguay le noA d'agouara gouazou; il habite les lieux bas et maréca^ geux , vit solitaire , va la nuit, nage facilement, et se nourrit de petits animaux; il chasse àla piste et est très-courageux. Son cri , dit M. d' Aiara , consiste dans les sons goiro-o-a , qu'il répète plusieurs fois et en les traînant, et il les fait entendre de fort loin.

Le CuiM» àtruM^n^tiMi Ctmk antarMoMié Sa taille lurpasse

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