PHY Ï
H leurs dimensions relatives ;. son pelage est d'un: gris fauve. Nous n'avons pu, voir sa feuille, qui doit être fort petite.
Le genre Glo^sophage, Glossophaga , Geoffroy, démembré de celui des Phyllostomes par M. Geoffroy^ en diffère. par un moindre noikibre de molaires , puisqu'on n'en compte que trois à chaque côté de la mâchoire. Il y a d'ailleurs quatre incisive^. supérieures et quatre incisives inférieures, bien rangées y et les molaires sont à tubercules aigus à leur couronne 9 comme celles des phyllostomes* La tète est longue et assez uniformément conique; la langue offre un caractère tout particulier , en ce qu'elle est trèsrlongue , roulée , étroite , extensible ,. avec ses bords saillans ou en bourrelet, faisant la fonction d'un organe de succion ; le nez^'supporte une petite crête «en forme de fer de lance; la queue est tantôt nulle, 'fant6t plus ou moins longue ; la membrane interfémorale est très- petite; ou presque nulle; les membranes des ailes sont médiocrement développées ; la taille est plus petite que celle des phyllostomes. La patrie des animaux compris. dans ce genre ^ est l'Amérique méridionale..
On attribue, aux glossophages des habitudeis semblable;^ à celles éeB phyllostopi^ 9 et l'on pense que la. conformation •de leur langue doit leur donner encore plus de facilité, pour sucer le sang .ides animaux.
• Le Glossofhag^ de Pallas {Glossophaga soricina, Geoffr.; Desm., Mamm., 5p. 176), est Fespèce la plus anciennement connue. Pallas l'a décrite sous le nom de Vespertilio soricinus^ et Buffon.l'a mentionnée sous celui de Mcsa&aigne volante : c'est la Feuille de Vicq-d'Azyr. Sa longueur totale est de deux •pouces une ligne ; sa tête a onze lignes et son envergure huit pouces trois lignes; son museau, est très -long et presque eylindriqtfe $ sa langue fort longue et canaliculée vers l'extsémité, avec les bords du sillon garnis -de papilles, divi*séeis en. deux branches ou de soies se renversant de côté; Jes yeux sont assez grands ; les canines distinctes; les. oreilles petites et oblongues ; sa feuille est petite , en. forme de cœur, un peu moins large que haute, et^e termine par une pointe aiguë ; sa membrane interfémx>ra}e est coupée en juigle. rentrant. Il n'a point de queue.; «on poil est doux et laineux, d'un cendré brun en. dessus et d'un brun très- clair
en dessous ; ses membranes sont brunes. Il habite Cayenne et Surinam.
Le Glossophage a queue enveloppée ( Glossophaga awplexi" caudata, Geoffr.; Desm., Mamm. , Sp. 177), a la membrane interfémorale large ; une queue courte et terminée par une nodosité; son pelage est d*un brun noirâtre, plus clair en dessous qu'en dessus. Cette espèce a été découverte par feu M. Delalande aux environs de Rio -Janeiro.
Le Glossophage caudalaire {Glossophaga caudifer , Geoffr,; Desm., Mamm., Sp. n.^ 17^)9 ^ ^^ membrane interfémorale très -courte; une queue qui la déborde, et le pelage d'un brun noirâtre. Il se trouve avec le précédent et a été comme lui découvert par M. Delalande , ainsi que le suivant*
Le Glossophage sans queue : Glossophaga ecaudata^ Geoffr* $ Desm. , Mamm., Sp. 179. Celui-ci, de couleur brune obscure, manque de queue, comme le glossophage de Pallas; mais il en diffère par sa membrane interfémorale , beaucoup plus courte que celle de cet animal.
Nous croyons devoir joindre à cet article l'extrait d'un travail de M. Leach , publié dans les Transactions de la Société linéenne, tome i3 , i.'^ partie, et dans lequel se trouve la proposition de plusieurs genres nouveaux et l'indication d'un certain nombre de chéiroptères non encore dé* crits, qui se rapporteroient entièrement au genre des Phyilostomes, >cl que M» Geoffroy l'avoit établi d'abord, c'est-àdire, en y comprenant les glossophages.
Le premier genre est nommé Artib^e , Artibeus,; il a pour caractères : qiiratre incisives à chaque màeboire , dont les supérieures bifides et les inférieures tronquées ; deux canines en haut et en bas, dont les supérieures ont un rebord interne à leur base ,« quatre molaires supérieures et cinq inférieures de chaque côté; les feuilles nasales au nombre de deux, l'une horizontale et l'autre verticale; la queue nulle ; une seule phalange à l'index ou second doigt , quatre au médius et trois aux quatrième et cinquième doigts ; oreilles écartées , médiocrement grandes ; des oreillons.
L'AiTiB^E DE LA Jamaïx^ue {Artihéus jamaicen&isy Leach) est brun en dessus et gris de souris en dessous : ses membranes et ses oreilles sont brunâtres.
Vb second genre est appelé Monôphvlle, Monophyllus, parce qu'il ne présente qu'une seule feuille droite sur le net» 11 a quatre incisives supérieures inégales , dont les deux du milieu plus longues que les latérales et bifides, et point d'inférieures; deux canines à chaque mâchoire; cinq molaires supérieures et six inférieures de chaque côté ; la queue courte ; les doigts pourvus de phalanges , eh méroe nombre que les artibées, et les oreilles écartées et garnies d'oreillons, comme celles de ceè mêmes chéiroptères.
Le MoNDPHYtLE i)Ê Redmann , Monophyttus Redmànni , Leach^ se trouve à la Jamaïque. Il est bruii en dessus et gris en dessëùs; ses oreilles sont arrondies ; sa feuille, qui est aiguë, est couverte de petits poils blanchâtres; ses membranes sont brunes.
Un troisième genre a reçu le nom de Mormops, Mormop;* Il a quatre incisives supérieures inégales , dont les intermédiaires sont largement échancrées; quatre incisives inférieures inégalen, tritfîdes; deux canines à chaque mâchoire, dont les supérieures sont doubles en longueur des inférieures , près» que comprimées et canaliculées en devant; cinq molaires en haut et six en bas dé chaque c6tëf une seule feuille na« sale droite et réunie aux oreilles, qui sont très- vastes, com<* pliquées et pourvues d*un oreillon ; l'index à deux? phalanges; le médius à quatre ; le quatrième et le cinquième doigt en ont trois.
Le MosMOPs DE Blajnville ( hformops BlainnlUi , Leach , Trans,, [oe.<ci7«, pL 7), est remarquable par l'élévation ex-^ trêrae de son front, l'excavation de séh chanfrein, la forme lobée et crénelée de sa lèvre supérieure, la division de l'in* férieure en trois lobes membraneux , F existence sur la langue de pft](iilles , dont les antérieures sont bifides et les postérieures multifides, le pliisement de sa feuille nasale. In division du bord snpérièur de ses oreilles en deux lobes. Il est Aussi de la Jamaïque. "'
Le genre Nvctophile, Nfctàphilus^ dtt même iiatnraliste, ayant ét^ décrit d'après lui , à sa lettre, nous nous bornel'ons à y renvoyer. (Voyez Nyctophile, tome XXXV, page ^44.)
Enfin, le derAier genre dont nous ferons mention^ est nommé Mabah^e, Madatâpus , fl'ar M. Leach.il présente quatre'
incisives à chaque mâchoire ; les deux intermédiaires supérieures ayant plus àe longueur que les latérales et bifides ; les inférieures étant égales, simples et aiguës; quatre molaires supérieures et cinq inférieures ' de chaque côté; deux feuilles nasales , une "verticale et l'autre horizontale ' et lunulée; la queue nulle; la lèvre pourvue de papilles molles, 'Comprimées et frangées au bout; la langue antérieurement divisée en deux filamens comprimé^ ; le doigt index de l'aile à deux phalanges ; le médius h quatre ; les quatrième et cinquième doigts, en ayant trois seulement ; les oreilles distantes et. pourvues d'un oreillon.
. Le Madatée de Levjs {Madatœus Lemiî, Leàch , de la Jamaïque)' a sa feuille nasale verticale , h bords brusquement atténués et formant la pointe vers le haut; les oreilles mé- . diocres, arrondies et légèrement pointues; le pelage noirâtre; la membrane interfémoralé échancrée ; l'envergure de ses ailes de dix -sept pouces anglois.
Tous ces genres auront sans doute besoin d'être examinés de nouveau , et il sera utile de faire entrer dans les caractères des anciens phyllostomes et des glossophages, la considération du nombre des phalanges. Ces observations nouvelles mièneront vraisemblablement à mieux distinguer ces animaux et peut-être aussi à faire disparoitre quelque double emploi , qui aura pu s'introduire dans leur nomenclature. Toutefois estil remarquable qu'avant le travail de M. Leach nous ne possédions aucun renseignement sur les chéiroptères ^des îles du golfe du Mexique , et que les premières recherches qu'on a faites dans une seule d'entre elles, la Jamaïque • aient procuré la connoissànce d'un aussi grand nombre , sinon de genres nouveaux, au moins d'espèces jusqu^alors inconnues. (Desm.^
PHYLLURE, Pkyllurus. {Erpét.) M. Cuvier a donné ce nom à un genre de reptiles sauriens, de la famille des eum^érodes, très-voisins des geckos, etreconnoissables aux caractères de ces derniers, à la différence près seulement que leurs doigts ne 'sont point aplatis.
On. ne connoît encore qu'une ' espèce ^ dans ce genre ; c'est le : •
. Phyllure de la Nouvelle- Hollande : Phytturus vulgarisy N. ; SteUio phyllurus , Schneider ; Lacerta platura ,^ Whîte,
Corps grhf marbré de brun en dessus et hérissé de petits tubercules pointus ; queue lisse, déprimée, en forme de cœur; taille de cinq à six pouces.
. On a trouvé ce hideux reptile dans la Nouvelle- Hollande^ pré» de Botany-Bay et dans toute la Nouvelle - Galles méridionale. (H. C.)
PHYMARIA. (Bot.) Nom proposé par M. Rafinesque- Sciimalts pour désigner la famille des Lichens. (Lem») . PHYMATE, Phymata. {Entom.) M. Latréille a voit désigné ' sous ce nom un genre d'insectes hém^iptères , de la fanlille des frontirostres ou des punaises, mais dont les pattes antérienres se terminent par un crochet mobile , comme dans les mantes, et chez lesquels, les antennes entrent ou sont reçues sous le corselet dans une rainure qui s'y trouve pratiquée ; , telle est le sortis çrassipes de Fabricius , qui est la punaise à pattes de crabe de Geoffroy; (CD.)
PHYSA. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs incomplètes, de la famille des caryoph^llées ^ de la décan^ drie trigyfue deLinnaeus, établi par M; Du Petit -Thouars, Not'. gêner, Madagase. ^ 112, n.^ 67 , pour une plante de Ma* dagascâr , dont le caractère essentiel consiste dans un Calice -à cinq folioles concaves, colorées en dedans; point de corolle ; dix fllamens ; les alternes plus courts ; les anthères à deu^ lobes séparés ; un ovaire simple ; trois stigmates ; uae capsule à trois sillons; un réceptacle central; trois loges; trois valves séparées par autant de cloisons conniveiites avec le récep table ; les semences nombreuses, fort petites, priesque'en rein» Les tiges sont couchées j articulées; les feuilles verticillées ou quaternées , inégales ; les pédoncules uniflores» (Poia.)
PHYSALE , PHYSALION , PHYSALIS ou même PHYSA- LIDIDISê (Malaooz.) Genres d'animaux extrêmement bizarres^ aperçus depuis long-temps par les marins, qui les* nomment gaUres , frégates ou même vaisseaux de guerre, k cause de la manière élégante dont ils semblent voguer à la surface de la mer ; phjrsales^ phy salies ou vessies de mer^ à cause de leur ressemblance avec une vessie, ou même orties dé mer, parce qu*il paroît qu'ils produisent sur la peau , qu'ils touchent, le même effet que l(çs orties, absolument comme les mé-
duses. BrôwHé ,' dans son Histoire naturelle de la JlE»naïqué\ est le premier qui ait cru devoir en former un genre distinct ^ sous le nom d'arethusa, Osbeck, dans son Voyage à la Chine , les daigna depuis sous la dénomination de physaliê^ qui a été adoptée par M. de Lamarck et tous les loologistessubséquens, quoique Linné et Gmelin aient réuni ces animaux avec les bipbores ou salpas parmi leurs holothuries; Cette place, assignée par Linné aux physales, dans la série animale ^ a Sans doute été la raison pour laquelle les zoologistes les plus récens, n'ont pas balancé à les ranger parmi les soophytes ou actinozoaires , quoiqu'elles soient ni différentes des genres dont on les a rapprochées, qu'il est abaolament impossible d'y trourer rien qui rappelle une disposition radiaire. Aussi ai -je dans ces derniers temps été porté k conclure de cette, considération de la forme des physales, que ce n'étoient réellement pas des animaux de ce tjrpe, comme on va le voir par la description de Tespèce la plus commune , dont l'ai vu plusieurs individus bien conservés, rappoiiés par MM. Quoy et Gaimard. Le corps d'une physale est ordinairement ovale, plus ou moins aiongé, plus nbtus à une extrémité qu'à l'autre, qui même se prolonge en une sorte -de trompe, relevée un peu à sa terminaison. A cette extrémité on voit souvent aisément, mais quelquefois plus difficile* ment, deux tubercules ou mamelons, dont Tun est plus terminal que l'autre. Ils sont percés d'une ouverture étoilée ou plissée d'une manière très*serrée ^ en sorte qu'il est assec difficile d'y introduire de l'air et d'insufler ainn le corps d,e l'animal. Sur un des côtés du corps et obliquement di* nigée de l'extrémité biforée a l'autre, est une crête membraneuse , assez épaisse , comme denticulée ou mieux festonnée k son b^rd supérieur , et de chaque c6té de laquelle on voit des espèces de cannelures, évidemment formées par des vaisseanx intérieurs. Cette crête , que nous allons voir n'être qu'une véritable branchie, est susceptible d'un grand nombre de variations dans son étendue et son développement, en hauteur surtout , principalement dans les individus conservés dans l'esprit de vin. On en trouve même quelquefois où elle est presqu'entièrement rentrée et ne parott que par un bourrelet plus brun, resté à la surface du corps de l'animal»
PHY ï»*
A son extrëmilé la pins épaisse , ou k rojpposite des deux ori^ fiées, est un faisceau d'organes fistuleux, cylindroïdes , quel-* qnefois fusiformes, terminés dans un certain état de dévelop^ pement par un petit bourrelet percé d'un orifice , et ces^or» gaiies sont en nombre variable , sans disposition évidemment paire et encore moins radiaire. Je n'ai réellement jamais trouvé d'eux individus semblables sous ce rapport , pas plus que dans la composition d'uif autre faisceau d'organes analogues, et ea génér^ bien plus compliqués dans leur forme et dans leur nombre, qui occupent une plus ou moins grande partie du c6té inférieur de la physale. C'est cette masse que la plupart des personnes qui ont observé des physales, ont re« gardée comme composée d'organes analogues aux tentacules ou aux eirrbes des méduses. On peut y distinguer réellement trois Ou quatre espèces d'appendices cœcaux , tous également vésiculeux. Dans l'individu que je décris, comme le plus complet de ceux que f ai vus , il y av<nt d'abord , et assez rapproché du groupe précédent, un faisceau d'appendices de mémeibrme que ceux de celui-ci. On pouvoit y distinguer quelque chose de pair, c'est-à-dire, un partage en deux divisions, ISine à droite et l'autre à gauche d'un seul appen«> dice médian , beaucoup plus gros , ayant lui-même k sa base un faisceau • de cœcums plus courts , portés par un seul pédoncule* La disposition paire étoit beaucoup plus sensible encore pour Tautre partie du faisceau inférieur. En effet ^ outre un trés^grand nombre d'appendices cœcaux ordinaires^ il y avoit à droite et à gauche de la ligne médiane un ap^ pendice beaucoup plus gros , bien plus alongé , en forme ât trompe , quoique de même structure, que les autres et du côté externe de la base duquel sortoit un filament d'une longueur extrêmement considérable, finement* plissé en travers et qui sembloit ne pouvoir atteindre toute l'extension dont il étoit susceptible, k cause d'une membrane étroite qui en retenoit les plis dans toute sa longueur, comme le mésentère fait à l'intestin grêle des mammifères.
Cette description extérieure de là physale est toute diffé^ rente de celle qu'en ont donnée les i^turalistes qui pensent Favoirmieux observée ; ce qui tient surtout à ce qu'ils n'ont pas examiné tous la même espèce , et à ce qu'ils ne l'ont
in PHY
pas fait d^UDe manière suffisante. Ainsi M. Bôsc j quoiqu'il ait vu des> pbysalides vivantes , ne fait aucune mention . des deux orifices étoiles; aussi pense -t -il que la bouche deces animaux est placée infériéurement un peu à droite et accompagnée d'un grand nombre de tentacules de cinq formes * différentes : i."* un beaucoup plus grand que les autres, placé •ur le bord mémedeia^ bouche et qui peut acquérir jusqu'à onze pouces de long; 2.^ deux autres de même forme et structure , mais beaucoup moins longs; 3.^ beaucoup de plus> petits, fusiformes, formant Une grosse masse globuleuse , située à droite des précédens; 4»'* enfin, vingt-quatre autres, fusîformes, très -épais, s'alongeant peu, terminés par .an suçoir large et jaunâtre, et que M.'Bosc regarde comme les ▼tfais bras de l'animal. Quant aux tentacules de la cinquième sorte, probablement que ce sont ceux qui existent à une extrémité de l'animal, et qu'il décrit comme des tubercules plus- ou moins longs; car il n'en fait pas. de description, et la figure qu'il donne ne pourroit guère y suppléer. - ' M. Tilésius , dans son Voyage autour du monde ayec le capitaine russe Kruseostern , a combattu d'une manière victorieuse cette supposition de M. Bosc, d'une bouche inférieure,. entourée de tentacules , et quoiqu'il ait-fort bien décrit et figuré lea deux ouvertures étoilées , il croit que tous les tentacules ou au^irs servent réellement de bouches, ou qu'il y a autant de touches OU' de suçoirs. Du reste , sa description de la disposition des tentacules dans l'espèce qu'il a le mieux observée, 'est toute- différente de ce que M. Bosc a dit. En voici la traduction:. Toutes les physales consistent en une longue vessie gonflée d'air, flottante' sur l'eau', ayant aurdessus une espèce de peigne qui tient lieu de vqile^ et en dessous de Jongs tentacules, qui constituent à la fois la bouche et le gouvernail. Quoique leur examen soit assez diflicile , d'abord •à cause- qu'ils braient plus fortement que des orties quand •on .les touche , et surtout à cause de leur grand nombre et , de la manière dont ils s'entortillent, j'ai pu en distinguer ^e trois espèces , du moins sur plusieurs individus. Ceux de .'la>.pre|nière sorte sont plus épais à. leur racine, en forme d'intestins, d'un bleu foncé, parsemé de points bruns; ib sont suspendus, en dessous presqu^au milieu du ventre de
Fanimal et s'étçndent en formant une sorte d'entortillemeivt spiral^ à une grande profondeur dana la mer* Ils sont tranaparens à leur racine et^dans le reste de leur étendue parr semés de cercles réguliers, nombreux, de couleur rouge, ou de cellules renflées , interrompues ou articulées , presque comme dans les conferves. Ils ont en outre la faculté de se rétracter fortement jusqu'à leur racine et de se rassembler en un seul faisceau. Les tentacules de la seconde espèce sont également plus épais à leur racine ; mais, ils y sont aussi plnstserrés ^ aussi n'ai -je jamais pu parvenir à les compter* Ils* Suât aussi' fort longs et pourvus d'une espèce de bande frangée de couleur rouge, qui de la racine se. perd en une e^èce de tronc. L'espèce de physalide observée par Lamartinière, fiory et Pérou, a un tentacule de cette sorte qui n^est du reste terminé par aucun suçoir , et qui parolt seulement servir comme de piège, afin que les animaux qui servent de nourriture aux pbysalides, puissent s'y emba»rassen Au contraire, les tentacules delà première sorte sont terminés par « un suçoir et sont susceptibles d'une extension eonsidérable* La troisième sorte est constituée par des tentacules courts , cylindroïdes , attachés dix ou douze. à la.foîs â une tige commune. Ils forment la plus grande partie dp la masse ientaculaire , et leur usage paroît être d'attirer -et de prendre tout ce qui a . pu échapper aux suçoirs uniques des longs tentacules: il paroît qu'ils ne sont pas pouevvsde fibres longitudinales comme les deux premières sorter; mais, au contraire, on observe beaucoup de fib;*es circulaires dans leur/ structure , en sorte qu'ils peuvent s'alongèr et se raccourcir seulement fort peu , tandis qu'ils peuvent très- bien s'étendre et se tordre de tous côtés; l'orifice o« suçoir qui les termine, est fort grand et de couleur jaune. La viscosité qui enveloppe les tentacules de la physalide, et surtout ceux de couleur rouge, est excessivement brûlante et corrosive, sans qu'on puisse apercevoir même, à la loupe, aucun crochet ou aiguillon qui puisse produire cet. effet.
La structure anatomique des physalides n a encore été exa-
minée que d'une manière très -incomplète; aussi la plupart
des naturalistes pensent que ce n'est qu'une vessie fibro-mus-
culaire gonflée d'air «^ Voici ce qu'en ditM. Tilésius, leita-
ivraliste qui s>n eut le plus occupé, et sur des individus fraSi et même vÎTans. L» Membrane qui £6r»e la vessie et U crête , est transparente , lorsqu'elle est dilatée par Tair qu'elle renferme. Elle consiste en un tissu de fibre» longitudâaalcs et circulaires, qui tiennent peut-être la place de vaisseaux. En effet, premièrement tout le tissu de la peau et de ses £bres est spongieux , outre qu'on ne trouve aucune trace de vaisseaux qui pourroient servir à faciliter l'absorption ; ae>eondement, la vessie et sa crête perdent tout-à-fait l'aspect d'une membrane transparente, aussîtèt> qu'on lésa onyertes, de manière k laisser échapper Taîr qui les tenoit distenéues, et semblent alors n'être qu'un tissu poreux , opaque, sale, grisâtre , spongieux , qui bientôt se change en une mucoaité de mauvaise odeur; troisièmement les fibres longitudinales^ pendant la vie de Tanîmal, sont de couleur bleue et le» circulaires^ de couleur rouge ; celle-ci étant plus sensible afsx endroits ok ces fibres sont plus fortes^ comme it la racine 4lu> faisceau tèntaculaire et oà elles se rassemMent en faisceau comme sur la crête. En admettant que des fluidet cii^ culeroienli dans quelqueSi-unes de ces fibres, don tse compose le tissu spongienn et double de la vessie^ en pourrcHi s'expliquer pourquoi , lorsque celle - ci est morte , et encore l^nfiée d'air, celles-là sont «ctrêtatement hygrométriques, comme i'ai eu plusieurs fois Foccasion de Tobserver. Il faut encore nemarquer q^ue ces animaux jouiment de la faculté ^e pouvoir, sans aucune irritation extérieure, colorer m un instant tou^e leur peau en bleu : ce qui est peut être dû, ajoute M. Tilésius, à une sorte de conCraction volontaire intérieure, par. exemple à um enrovlement de la vessie ou à la itentrée de la crête ^ comme le pense li. Bosc. Toujoum est-il que les mouvemens sont tellement évidens , qu'on ne peut méconnoitre l'action des fibves dans l'extension, le vaecourciflsement et le tortillement , do moins sur la crête. Quoique M. Tilésius ait ea une idéç qui nous paroi t erronée sur le mode de nutrition des physales , il n'en a pas .rnoim fort bien, décrit et figuré les deux orifices du corps de la vessie* 11 a remacqtté en outre qu'ils étoient au miÛeu d'enpèces de papilles ou de verrues entourées de raycms concentriques et de fibrts circulaires rouges aussi eoncent^ques^ en
PHY t2i
ajoutant même que ce, sont sans doute des muscles dilatateurs et constricteurs* Quant aux tentacules, le même auteur dit qu'ils sont creux et composés de fibres circulaires et longitudinales ; il les regarde comme de véritables suçoirs , et il dit même qu'il a trouvé dans leur intérieur de petits poissons À demi digérés j ce qui. l'a porté à penser que ce» animaux ont autant de bouches que de suçoirs»
Je n'ai disséqué que des pbysales conservées depuis us assez long temps dans l'esprit de vin, et vcHci ce que j'ai vu de leur structure : Le corps de la ^bysale et sa crête branchiale m'ont paru être formés par une même enveloppe « évidemment fibro-musculaire. On y distingue aisément deux ^ couches de fibres; les unes longitudinales et les autres circn^' laires; celles-ci sont cependant beaucoup plus nombreuses et plus serrées. A la base de la crête elles se réunissent en fais^ ceaux vertieaux , distincts , qui se portent plus ou moins obliquement jusqu'à son sommet. A l'endroit ok se tï^ouvent les orifices, on voit aussi d'autres f^is^eaux distincts, qui constituent autour de ceux-ci une sorte d'étoile. Je n'y ai pas remarqué' les fibres annulaires dont parle M. Tilésins. Les tentacules m'ont paru également composés de deux ordres de fibres musculaires, plus épaisses à leur base et à leur sommet que dans d'autres parties de leui^ étendue. Quand on a fendu celte enveloppe extérieure ou musculo-cutanée, on en trouve une seconde, évidemment beaucoup plus mince et qui n'adhère à l'autre qu'autour des deux orifices. Elle se continue visiblement dans la crête branchiale , et c'est dans cette membrane que se trouve contenu Fair qui convertit le corps de la physale en une sorte de vessie. A la partie supérieure de. cette poche intérieure on remarque plusieurs, taches un peu irréguliéres , ayant quelque épaisseur , et que je suis tenté de regarder comme constituant une sorte de foie. Au même endroit , c'^est-à-dire , au dos de Va- BÎmid, j'ai aussi remarqué une autre tache ou corps fort mmce, ovale, que l'on pourroit concevoir en connexion avec des lignes bmnes s'élevant verticalement dans la crête, et alors ce seroif le cœur recevant des veines branchialesn Les tentacules m'ont aussi paru formés d'un tissu contractile , dans lequel on peut même quelquefois distinguer des fibr^
surtout transversales ; mai^ je n'oseroîs pas. assurer que ces fibres ne fussent pas de sinple^ rides , déterminées par la ré^ traction de l'organe. En effet , quand ces tentacules sont cemplétement distendus , leors parois sont esuci^ivement minces, et ils présentent une cavité étendue d'une extrémité à Pantre et s'ouvrant largement par des oi;iûces ovalaires, groupés comme eux dans la cavité formée par Tenveloppe extérieure, f ai souvent trouvé ces tentacules ou espèces de caecums remplis en plus ou moins grande quantité, de matière pullacée jaunâtre , mais dans un état tel qu'il m'a été impossible de reconnoître ce que c'étoit.
D'après le peu que je viens de dire de l'organiiation des physales, il me semble qu'elle concorde fort bien 'avec la forme extérieure pour constituer un animal voisin des ascidies et des biphores, puisqu'on y remarque deux orifices e|ctérieurs , qui ne sont pas plus la bouche et l'anus que dans ces derniers ; une enveloppe ou sac extérieur n'adhérant à l'intérieur qu*à l'endroit des deux orifices, coipme dans ceux-ci; une disposition radiaire des muscles à ces orifices; une sorte de branchie anomale et oblique, comme chez eux ^ mais qui diffère de la leur en ce que le plus souvnet elle esk extérieure; la disposition du foie et peut-être du cœur est encore assez semblable : quant aux tentacules des physales, qui ne se retrouvent pas dans les tuniciers, peut-être faut-il y Voir des espèces d'ovaires, ou bien seroit-ce réellement un nouveau point de rapprochement avec les animaux radiaires.
La physiologie des pliysales a également besoin d'être observée. Leur mode de locomotion a réellement quelque chose de celui des biphores, en ce qu'elles paroissent toujours être flottantes dans les eaux et même , dit-on , constamment à leur surface. La structure musculaire de leur enveloppe extérieure ne permet cependant pas de croire qu'elles soient toujours à un même état 'de distension, et alors elles doivent plus ou moins s'enfoncer. Mais d'où vient le fluide aériforme qui remplit leurs corps P Si c'est de Fair atmosphérique , ce qui est probable ; alors n'est - il pas j^uisé à la surface de l'eau au contact de Tatmosphère P Leur mode de nutrition se fait-il^ comme le veut M. Tilésius,
PHY ng
par un grand nombre de bouches ou de stiçoîrsP c^est réel-, lement ce qui n'est pas probable. 9 puisque les tentacules s'ouvrent largement dans la cavité qui sépare Tenveloppe ex* téçîeiire. de l'intërieurf. S'il étoit vrai que les tentacules fus* sent pour ainsi dire autant d'estomacs, comme le croit Tau* teur que nous venons de citer ^ et que les animaux pussent y pénétrer et y être convertis en une sorte de chyme; comment enauite ce chyme, converti en chyle, pn ne sait où, iroit-il dans toutes les parties de l'animal ? Nous croyons donc plus probable que le mode de nutrition des physales se fait comme dnoa les biph ores, chez lesquels, il est vrai, il n'est pat encore' bien connu. Quant à celui de la génération aucun auteur ne nous a donné de renseignemens à ce sujet.
XjCS physales jouissent de deux propriétés assez singulières et dont la cause est à peu près inconnue. Elles sont d'abord plus ou moins phosphorescentes , et ensuite elles produisent sur br main qui les touche , une sensation doulpureuse , que l'on a comparée à celle que produit le contact des orties, absolument comme certaines méduses, qui ont été, à cause de cela , appelées orties de mer. M. Tilésius est encore le naturaliste qui a fait le plus d'observations à ce sujet. Il s'est d'abord assuré que la sensation de brûlure qu'on ressent quand on a touché plus ou moins fortement les tentacules d'une physalide vivante, et qui est plus intense que celle produite parles orties, est due, non pas à une matière mu-* queuae qui les recouvre, comme il l'avoit cru d'abord, mais à de petits poils, de couleur rose que la mucosité in* troduit dans les pores de la peau» En effet, un jour qu'il s'étoit fortement brûlé en maniant beaucoup les tentacules d'une physalide^ après avoir essayé inutilement de* calmer la douleur aU moyen de vinaigre étendu , d'eau salpétrée , de sel 9 d'acide sulfurique ou d'ammoniaque, il ne put réussir i peu près complètement qu'en employant de fréquentes lotions sur les parties douloureuses avec de l'eau de savon , toutefois après avoir préalablement enlevé les petits poils à Faide d^ulie pince* Il faut cependant croire que la mucosité elle-même a aussi une action brûlante; car le même obser- Tateur a éprouvé qu'un vase de porcelaine dans lequel une physalide avoit été conservée , n'ayant pas été suffisamment
»3o PHY
uettoyé, il se brûla les lèvres, le nez et les joues ^ en se servant de ce vase pour se laver.
Les physales vivent dans les eaux de la mer à d'assez grandes distances des rivages, si ce n'est sans doute quand elles y sont poussées par des courans ou par le vent. Les observateurs ne les ayant vues qu'à la surface, on a admis généralement qu'elles y sont toujours, la vessie en partie hors de l'eau , ainsi que la branchie , et les tentacules flot* tans plus ou moins profondément dans la mer. M. Tilésius ajoute que ces animaux, quand ils sont bien vivans, sondent avec leurs tentacules tous les corps qui pe«vent se trouver avec eux sous l'eau , et que les suçoirs s'appli* quent sur le bois , la pierre et même sur le verre et la porcelaine, et qu'ils y déposent de la mucosité qui leur transmet la propriété brûlante des tentacules eux-mêmes. L'habitude qu'ont les physales de se trouver ainsi flottantes à la surface de l'eau, entraînées sans doute par les courans, les a fait comparer à des vaisseaux, dans lesquels la crête branchiale a été regardée comme la voile, et les tentacules comme les rames. On admet ensuite que ces animaux se servent des tentacules qui garnissent la partie inférieure du corps , pour saisir et même sucer ou avaler leur proie. Du moins dans l'opinion de M. Tilésius, qui dit positivement qu'ayant développé quelques-uns des gros tentacules , entortillés les uns ^vec les autres à l'aide de petites pinces , il remarqua que des places de trois ou quatre pouces ^ dilatées inégalement, dévoient cette dilatation à la présence de corps étrangers, parmi lesquels il reconnut entre autres une petite athérine toute entière , enveloppée de mucosités , d'autres petits pbissons presque complètement digérés et quelques pièces du cartilage d'une vélelle. Ainsi ces tentacules , ou au moins quelques-uns d'entre eux, ne seroient pas seulement des suçoirs , mais formeroient de véritables estomacs ; ce qui pa- Toit contradictoire avec tout ce qu'on connoit dans les autres animaux. M. Tilésius admet en outré que, près la racine de ces tentacules, à l'endroit où ils sont attachés à la vessie, il y a d'autres organes dans l'intérieur des tentacules rouget qui servent de suçoirs , et qui , après avoir extrait de la proie les sucs nourriciers, les portent à toutes les parties du corps i
PHY i5i
ce qui l'engage à regarder ces organes comme analogues aux villosités intestinales de Lieberkiihn.
On rencontre des physales dans les mers de tous les pays chauds et même dans la Méditerranée. Malheureusenîent ce sont des animaux assez difficiles à étudier et ,. par conséquent, à caractériser, parce que hors de Teau ils perdent presque complètement leur forme. M. Tilésius est encore le seul naturaliste qui se soit occupé de cette distinction , d'a^ bord dans le Voyage autour du monde par le capitaine Krusensterii^ et ensuite dans un volume à part , intitulé: Na^ lurhiêtonÊihe Shriichte der ersten katserlieh-russiseken, unter dem Kommando tfes Herrn von Krusenstern^ etc. Sanct'Petersburg ,
Nous allons d'abord donner la caractéristique de ce genre, d'après nos nouvelles observations, après quoi nous donnerons celle des espèces que M. Tilésius établit.
G. Physale. Corps ovale, plus ou moins alongé, symétrique ou pair , vésiculeux , pourvu de deux orifices plus ou moins rapprochés, stelliformes; d'une crête branchiale, oblique à sa partie supérieure, et d'un ou de plusieurs faisceaux d'ap^pendices en forme de cœcums^ très -contractiles k sa partie inférieure.
La P. AftÉrnusE; P. arethusa, Browne, Jam, Corps trèsgrand , terminé à une extrémité par un rostre assez alongé de couleur rose , et obtus à l'autre ; tentacules ou appendices de couleuir bleue, en un seul faisceau vers l'extrémité obtuse; crête longitudinale veinée de rose et de bleu. Les ouvertures stelliformes, distantes ; l'une sur le rostre, l'autre au<»dessus de. la racine du faisceau tentaculaire.
De l'océan Équatorial , d'un tropique à l'autre.
Cette espèce. Tune des plus grandes, est connue au Brésil ^ où elle est nommée moocicu. Les Portugais l'appellent, icrara^ veUa.
Laphysale dont parle Molina dans son Histoire du Chili, page 172 de la traduction françoise, appartient- elle à cette espèce ? Elle a , dit-il , la forme et la grosseur d'une vessie de bœuf.
La P. glauque; P. glauca^ Til. Corps de même forme que la précédente, dont elle n'est peut-être qu'une variété 9
i5a PHY
mais plus petit, de la grosseur d^un œuf de pigeon ; decou* leur plus ou moins glauque ; le rostre roux ; les tentacules glauques.
Des mêmes lieux.
La P. PÉLAGIQUE; P« pelagica^ Bose, Vers, tome s, page a 59, pi. 19, fig. 1 , 2* Corps oblong , subrostré à une extrémité, ventru et subbifurqué à l'autre, qui est pourvue de tentacules de différentes formes et longueur, non vénéneux ; crête crépue, crénelée, avec des veines roses.
Cette espèce , dont le corps est de la grosseur d'une amande , est commune en haute mer , entre FEurope et l'Amérique.
La P. ix£ Lamartinière, Til. ; Lamartin., Voyage de La Pérouse, tome 4, pi.' 20, fîg. i3 , 14; Médusa ulriculus^ Linn«; Gmel., p. 5i55,n.** 20. Corps atténué aux deux extrémités , pourvu à l'une d'un rostre trë»-long , terminé par une papille et bordé de suçoirs, en dessous de tentacules papil- Hféres simples et rameux , avec un cirrhe très-long , solitaire et cilié ; enfin , en dessus d'une crête assez basse et quelque^ fois indiquée seulement par une ligne sillonnée en travers. -
C'est cette espèce qui a été observée par Pérou et par M* Bory de Saint- Vincent. Lamartinière, qui l'a vue le premier, dit que cet animal pouvoit se £xer aux parois d'un vase au moyen des suçoirs qui bordent le rostre à sa partie inférieure.
La P. coftNUB ; P. comutaj Til. , loc, cit» , t. 1 , fig. 14 — i6.
Rostre nul ou très -court, à peine papillaire, de couleur jaune ; corps claviforme , pourvu d'un appendice latéral en forme de corne; d'une crête déprimée, crénelée, plus élevée en avant qu'en arrière, et d'un très -long cirrhe solitaire, avec plusieurs tentacules glanduleux ou papillifères à la racine.
C'est la plus petite des espèces de physales, puisqu'elle n'est guère plus grande qu'une grosse fève. Elle a été observée dans la mer entre la Chine et Sainte-Hélène.
La. P. DB Gaimard, P. GaimardL Corps ovale, obtus en arrière , un peu atténué en avant ; les deux orifices très-rapprochés à cette extrémité; un faisceau de tentacules assez courts à l'extrémité postérieure ; l'inférieur très- considérable
PHY i53
et formé, outre un grand nombre de tentacules semblables, d'un beaucoup plus gros proboscidiforme , et d'un trés4oag filament cirrheux, bridé par une sorte de mésentère.
Cette physale , dont j'ai étudié la structure , différe-t-elle des précédentes? C'est ce*qué je ne veux pas assurer. Elle offre cependant un caractère remarquable dans le rapproche* ment de ses deux ouvertures*
Je dois encore ajouter que dans les physales qui m'ofit été remises par MM. Quoy et Gaimard, et qui ont été recueillies dans leur circumnavigation , j'en ai cru distinguer deux espècet. L'une offre tous les caractères de la physale de Lamartinière et de M. Tilésius : son enveloppe est plus épaisse, plus solide; elle a des suçoirs tout le long du bord inférieur de son extrémité rostrée , et le faisceau tentaculaire, moins considérable que dans les autres espèces, entoure un long filament fort grêle, filiforme dans une grande partie de son étendue , garni dans toute sa longueur de petits suçoirs cupuliformes.
L'autre e^èce, que je crois pouvoir distinguer, est ovale et à peu près également atténuée vers ses extrémités , à chacune desquelles se trouve un orifice; mais en quoi elle diffère principalement de toutes les autres, c'est que le groupe inférieur des tentacules est partagé en deux faisceaux , qui accompagnent chacun un gros suçoir proboscidiforme, collé, dans une grande partie de son étendue, à la base d'un long tentacule cirrheux et intestini forme , extrêmement prolongé, comme celui de la physale pélagique. 11 en résulte donc une paire de ces singuliers organes > l'un à droite et l'autre à gauche.
J'ai vu deux individus de cette espèce, qui meparoit de* voir être différente de celles de M. Tilésius.
Enfin je dois aussi avertir que dans de très -petits individus, .que je suppose jeunes, les tentacules sont beaucoup moins nombreux, et surtout qu'il ne paroît pas y avoir encore d'appendices intestin iformes. (De B.)
PHYSALE. (Mamm.)Nom tiré du grec, et qui signifie souffleur, donné par M. de Lacépède à un genre de .Cachalots. Voyez ce mot. ( F. C. )
PHYSALIDE» {Malaeoz,) L'une des dénominations françoises
i34 PHY
du genre PhysaU, employée par* M. fiosc , par esiemple. (De, B- )
PHYSALIDE. (Bot,) Nom francisé du pTi^salû, plus connu sous le nom ancien de Coqueret. Voyez ce mot. (J.)
PHYSALIE. (MeUacoz,) C'est le nom que M. de LamarcL donne aux physales. (De B«)
PHYSALION, Physalis, {Malacoz.) Quelques auteurs fran<' çois traduisent ainsi lé nom de Ph^salis ou Physale. (DbB.)
PHYSALIS. {Bot.) Voyez Coqueret. (L. D.)
PHYSALITHE. (Min.) M. Léonbard , dans sa Minéralogie, eite ce nom comme synonyme de la pyrophysalile de Berzelius , qui est une topase fusible avec bouillonnement , venant de Finbo et de Brodbo , prés Fahlun , en Suéde. Voyei
TOFASE. (B,) ^
PHYSALOIDëS. (Bot) Sous ce nom Mœnch a séparé du genre Physalis des espèces dont le calice est simplement denté et la corolle un peu campaniforme : ces caractères ont paru insuffisans pour en former un genre distinctt (J«)
PHYSALUS. (Màmm») Nom latin spécifique d^ la baleine gibbar. Voyez Physalb et surtout Cachalot. (F. C<)
PHYSAPE, Physapas. (Entom.) Degéer a donné ce nom au genre« d'insectes hémiptères nommé Tkrips par là plupart des entomologistes* (Desm*)
PHY5AP0DES ou VÉSITARSES. (Entom.) Noms d'une famille d'insectes hémiptères, qui ne renferme que le seul genre anomal des thrips, et qui a tiré son nom de la singu« lière conformation, des tarses, lesquels sont garnis de petites res^B^ qui font , à ce qu'il paroft , l'usage de petites ventouses , à l'aide desquelles l'insecte adhère sur les surfaces les plus polies : les mots ^vçet signifiant une poche ^ une veêMÎt, et Troc, TToShç^ pied. Leur caractère est ainsi exprimé : Élytres plans, étroits, croisés, couchés sur lé dos dans l'état de re* pos; pattes courtes; tarses terminés par des vésicules. Tels sont les Ûirips , que nous avons fait figurer daiis l'atlas de ce Dictionnaire, planche 36, fig. ihi$. (CD.)
PHYSARUM. (Bot.) Genre de la famille des champignons, créé par Persoon , qui le place dans l'ordre des champignons d ermatocarp es (gas^erom^oi , Link; ly coperdacées) , avec les triiohia^ les t^coperdouj etc. Son caractère générique a été
recti£ë par Link et établi ainsi : Péridium globuleux ou obloDg , ou évasé , simple ou double ; columelle ou axe central nul; ûlamens nuls ou fixés vers la base ipterne; sporidies ou séminules agglomérées. Les péridiums sont situés sur une membrane apparente, surtout dans la jeunesse*
Le genre Fhysarum a été formé pour placer quelques espèces des genres Trichia (Capiliine), Sphœrocarpus et A^tieularia de BuUiard ; Didymium de Schrader, qui n'avoient pas les caractères des genres dans lesquels on les avoit placé. Persoon en portoit le nombre à seize espèces. Link, en révisant le travail de Persoon et en en faisant un propre sur le physarum^ a renvoyé quelques ->unes des espèces de cet auteur et des siennes, qu'il avoit fait connoître antécédemment, aux genres Ltfocarpus et Cionium^ et, par^ contre , ramène au physarum le diderma difforme ^ Pers. Malgré ces changemens, le physarum o£fre cinquante espèces environ , toutes indigènes, et dont on doit la connoissance à Persoon, Link, Albertini et Schweînitz, Ditmar, Schumacher et Ehrenberg. Ces plantes sont très- petites, semblables, pour la grandeur, aux Trichia, Diderrmi, Leocarpus , etc., genres voisins. On Jes rencontre sur les troncs et les branches des arbres , sur le bois pourri , sur les mousses , etc. Leur péridium est sessile ou stipité , lisse ou comme farineux et écailleux ; il est cornmunénent cendré : dans quelques espèces il est vert, orangé, blanchâtre ^ purpurin , etc. Nous ne ferons connoître que quelques espèces, et, s^lon notre usage, celles seulement propres à donner une idée exacte du genre et de ses coupes*
J. 1.*' Péridium sessile et lisse»
1. Physarum CHAINETTE; PH. conUxtum, Pers. , Synops, Espèce d*un jaune citron, formée de péridiums contigus, le plus souvent comprimé et flexueux , rugueux , s'ouvrant au sommet en deux parties. On la trouve , en automne , sur la mouise,. les feuilles mortes et les branches tombées, qu'elle entoure en manière de ceinture ou de chaîne.
$• 2« Péridiums sessiles et écailleux.
». Ph. bivalve : Ph. hiyalye, Pers. , Ohs, mycoU^ i , pag. 6 ,
i3ff PHY
tab* 1 9 fîg. 9 ; Rttieularia sinuosa , BulL , Champ. , tab. 44^ » £g. 3. Espèce cendrée ou blanchâtre, formée par des péri-i diums irréguliers , souvent semblables à des lignes alongées et flexueuses. On la trouve, quoique rarement, sur les feuilles et les branche mortes. Elle se coippose de deux lames co-> riaces, unies par un réseaii filamenteux, qui contient une poussière noirâtre*
$• 3. PérUiium grenu ou écailleux ei de couleur
grise.
3. Pfl, FEiNCHé : Pfe* nutçLnSj Fers., Syn.; Sphœrooarpus aU lu$, BulL, Champ., tab. 407 , %^, 3, et tab, 470, fig. 1 *, Péri<> dium d'abord blanc , puis cendré ou jaunâtre , sphérique ou lenticulaire, glabre, penché, à surface grenue; stipe d'un griç blanchâtre ou blanc, quelquefois cylindrique, quelque^ fois renflé à la ba^e. Cette espèce croit sur les feuilles mortes et sur les troncs d'arbres, après les grandes pluies et quel*» quefois 9ur les mousses,
J. 4* Péridium grenu ou écailleux ei d'autre
couleur que le gri^.
4« Ph. vert: Ph. virîde, Pers. ; Sphaeroearpus viridis , Bull., Champ, , pi. 48 1 , fig.i. Espèce à péridium vert, sphérique ou un peu déprimé; stipe grêle, cylindrique, brun ou d'un roiige de brique ; membrane de la base grisâtre et très-appa^ rente. Cette espèce se trouve sur les troncs d'arbres morts , et le plus souvjçnt sur la terre.