‹ Dictionnaire des sciences naturelles: dans lequel on traite méthodiquement des différens êtresChapitre 24 sur 41 · PIF · texte numérisé non relu

PIF

la grande ienl du bord columellaire, lorsque ranimai rentre dans it coquille. Son mode de locomotion est tel , qu'il marche beaucoup plus vUe que les autres mollusques gast^ VOpodes, en^ee qu'il fait des espèces de pas. «Lorsqu'il veut m marcher 9 dit Adanson , il s'affermit sur le talon postérieur ^ et porte l'antérieur en avant , et ainsi, lorsque la partie « creuse interposée, qui est susceptible d'un relâchement « considérable, peut le permettre, il rapproche ensuite le « talon postérieur, de manière qu'il touche l'antérieur, et « fait avancer tout ^on corps d'un espace égal à celui qui les « tenoit séparés. Ce premier pas fait , il en recommence un « second, en prenant pour point d'appui le talon postérieur, « pendant que l'antérieur avance , et faisant réciproquement « servir celui-ci de point d'appui au talon postérieur pour le « ramener à lui. De cette manière il y a peu de grands « coquillages, que celui-ci, tout petit qu'il est, ne devance « de beaucoup , quand il veut se donner la peine de mar^ fi cher. *

Le piétin est commun autour de l'ile de Gorée, à l'embouchure du Sénégal ; il se tient caché dans les cavités des rochers, et surtout dans ceux qui sont exposés aux grands coups de mer. (De B.)

PIETTE. (Ornith.) Cette espèce de harle est lemergus alhellui fîÂnn. (Ch. P.)

PIEUMART. {Ornith.) Voyez Picmar. (Ch. D.)

PIEUX DES ROCHERS. ( Omith.) L'oiseau qu'on appeUe ainsi àNantua, est le bruant fou, emberiza cia, Linn. (Ch. D.)

PIÉZ ATES , Piezata. ( Entom. ) Nom donné par Fabricius à l'ordre des insectes hyménoptères , qu'il considéroit comme une classe distincte, voulant indiquer par ce nom la forme comprimée de leurs mâchoires, qui en effet, chez la plupart des hyménoptères parfaits ou dans leur état adulte , forment une sorte de gaine à la lèvre inférieure , laquelle s'alpnge ]iour constituer une sorte de langue ou de canal flexible, propre à sucer le nectar des fleurs; du mot grec Trte^tS ou 9r/f^ofiflei, je comprime, j'aplatis^ C'est en effet sous ce titre que Fabricius a décrit les hyménoptères dans son Sjstema piezatorum, publié à Brunswic en 1804* (C. D.)

PIFEX. (Ornith,) Tout ce qu'on trouve sur cet oiseau dans 40. 19

Aristote, liv. IX, chap. i , c'est quHl est ami de la harpay^ et du milan. Les interprètes de cet auteur ne donnent aucune lumière à son sujet. (Ch. D.)

PI G. {Mamm,) Les Anglois donnent ce nom au cochon. (F. C.)

PIGACHE. {Vénerie.) Le sanglier a le pied pigache, quand un de ses ongles est plus long que l'autre ; ce que les chasseurs reconnoissent à la trace qu'il laisse en terre. (F. C.)

PIGAFETTA. ( Sot, ) Nom sous lequel Adanson désigoe Veranthemum de Linnasus. (J.) ^

PIGALE. (Bot.) Voyez Pichodline. (J.) . PIGAM. (Bol.) Nom hébreu de la rue, cité par Mentzel, d'où dérive probablement celui de piganum^ donné par Dioscoride à la même plante. (J.)

PIGAMIER. (Bot.) Nom spécifique d'une espèce d'isopyre. (L. p.)

PIGAMON; Thalictrum, Linn. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones polypétales, de la famille des renonculacées , et de la polyandrie polygynie du Système sexuel , dont les principaux caractères sont les suivans : Calice nul; corolle de quatre ou quelquefois de cinq pétales ; étamines nombreuses, à filamens comprimés » portant des anthères droites et oblongués ; ovaires supères ,^ en nombre variable ( de deux à douze), n'ayant point de styles ou n'en ayant que de trèscourts ^ terminés par des stigmates épais; capsules en nombre variable comme les ovaires, ovales ou oblongues, sillonnées ou anguleuses - ailées , monospermes et indéhiscentes, réunies le plus souvent en une petite tête.

Les pigamons sont des plantes herbacées, à feuilles alternes, rarement entières , le plus souvent plusieurs fois ailées, ayant leurs premières ramifications temées; leurs fleuri sent disposées en grappe, en panicule ou en corymbe. On connolt cinquante et quelques espèces, parmi lesquelles douze crçissent naturellement en France. Ces plantes, par l'absence de calice, ont plus de rapports avec les clématites qu'avec aucun autre genre de la famille des renonculacées, La forme de leurs capsules les distingue d'ailleurs suffisamment.

PiGAMON TUBÉREUx ; Thalictrum tuberosum , Linn. , Sp, 768. Sa l'acine est composée de plusieurs tubercules ovales- alon-

gés, réunis en faisceau ; elle produit une ti'ge cylindrique, striée, très-glabre, ainsi que toute la plante, droite, peu rameuse, haute d'un pied et demi ou environ. Le» feuilles sont peu nombreuses ; les inférieures pétiolées , trois fois ailées, à folioles ovoïdes, un peu glauques, entières, oju incisées à leur sommet en deux ou trois lobes » les supérieures ne sont que deux fois ailées ou même simplement ternées. Les fleurs, d'un blanc jaunâtre, sont rapprochées au nombre de deux à quatre au sommet de chaque rameau; leur corolle , large de près d'un pouce et ressemblant à celle d'une renoncule, est composée de cinq pétales ovales arrondis; les étamines sont droites, d'un tiers plus courtes que les pétales. Cette jilante croît dans les pâturages stériles e,t pierreux des Pyrénées et des Alpes, en France et en Espagne.

PiCAMON FÉTIDE; Thalictrum fatidum, Linn., Sp,, 768. Sa racine est fibreuse, vivace ; elle produit une tige cylindrique, grêle, striée, haute d'un pied ou environ, rameuse, revêtue, ainsi que toute la plante, d'un très - court duvet. Ses feuilles sont trois fois ailées, à folioles menues, arrondies ou ovales , divisées à leur sommet en deux ou trois lobes. Ses fleurs sont d'un blanc jaunâtre , penchées, portées sur des pédoncules grêles, dans la 'partie supérieure de chaque rameau , et formant dans leur ensemble une panicule étalée, mais peu garnie. La corolle est de quatre pétales, deux fois plus courts que les étamines , qui sont au nombre de vingt ou environ. Les capsules s'ont ovales, pubescentes, striées, réunies en tête au nombre de cinq à dix. Toute la plante a une odeur fétide; elle croit dans les lieux pierreux et exposés au soleil, en Languedoc, en Provence ^ en Dauphiné, en Piémont et en Suisse.

PiGAMON MiNEua : Tholictrum minus, Linn., Sp, , 769; FL Dan,, t. 73.2. Sa racine est ûbreuse, à rejets ramp ans; elle donne naissance à une tige redressée, rameuse, haute d'un pied ou un peu plus , peu feuillée , entièrement glabre. Ses feuilles sont deux ou trois fois ailées, composées de folioles, les unes presque arrondies en cœur à leur base, les autres ovales ou cunéiformes, ayant, presque toutes, leurs bords partages en trois lobes. Ses.fleurs sont jaunâtres, pédicellées, penchées ; elles forment une panicule très -lâche , et qui

occupe souvent la moitié et plu& de la tige ; elles ont quatre pétales rougeàtres extérieurement; seize étamines à filamens, à peine plus longs que les anthères , et ordinairement trois ovaires. Cette plante croit dans les bois et les pâturages montueux de la France et de la plus grande partie de l'Europe.

PiGAMON^ GRAND : Thalictrum majus , Jacq.. FL Aust»^ U 430. Sa tige est cylindrique y haute d'environ trois pieds , trésglabre. Ses feuilles sont trois fois ailées , d*un vert foncé en dessus, d'un vert beaucoup plus pâle et presque glauque en dessous. Ses fleurs sont d'un vert rougeâtre, penchées , composées de quatre pétales, de quinze à vingt étamines, et de trois à six ou même sept pistils. Ces fleurs sont portées en grand nombre sur des rameaux grêles, étalés, plusieurs fois divisés, et formant une large panicule. Cette espèce croit sur les collines et dans les lieux montagneux en Suisse, en Allemagne , en Angleterre , et dans quelques provinces de France.

PiGAMON JAUNATRE , Vulgairement Rde des« frés , Fausse rhubarbe; ThaUctrum Jiavum y Linn., Spec, 770. Sa racine est composée de fibres jaunâtres , dont le plus grand nombre est réuni en faisceau, et dont quelques-unes rampent horizontalement, et vont çà et là former de nouveaux pieds. Sa tige est droite, sillonnée, simple inférieurement , rameuse et paniculée dans sa partie supérieure , haute de trois à quatre pieds. Ses feuilles sont t^ois fois ailées, à folioles glabres , d'un vert luisant en dessus , entières ou à deux ou trois lobes, ovales -oblongues, ou lancéolées. Ses fleurs sont redressées, jaunâtres^ formant une panicule bien garnie, droite , un peu resserrée , à ramifications opposées , et les supérieures comme verticillées ; les corolles ont quatre pétales , quinze à seize étamines , et quatre à six ovaires. Cette plante croit dans les prés humides en France et en Europe. * P16AMON MOYEN ; Thalictrum médium , Jacq. , HorU Vind, , 3, t. 96. Cette espèce a beaucoup de rapport avec la précédente; la différence essentielle qu'elle présente, est dailis les folioles qui sont lancéolées , aiguës , peu nerveuses, et toutes d'une consistance mince. Elle croît dans les prés marécageux des montagnes, dans les Pyrénées, en Dauphiné. en ti4>ngrie.

PIG agS

PiGAMON A FETIILLES j^TROiTES : Tholictrum onguUifoUum ^ Linn, Spec, 769; Jacq., Hort, Vind*, 3, tab. 43. Cette plante se distingue facilement au premier aspect de toutes les espèces précédentes, par ses feuilles toutes divisées en folioles linéaires très- étroites* La hauteur de ses tiges varie depuis un pied jusqu'à trois. Les fleurs sont très-nombreuses, redressées , d'une couleur un peu plus foncée que dans les espèces précédentes, disposées en une panicule pyramidale, dont les rameaux et les pédoncules sont comme dans le pigamon jaunâtre. Le nombre des étamines varie de quatorze à dix -huit, et celui des pistils de quatre à six. Cette espèce croit dans les prés en France et en Allemagne.

P16AMON A FEUILLES d'Ancolie, Vulgairement Colombine plu* MAcéB : Thalichrum aquilegifolium ^ Linn. , Spec, 670; Jacq. , FL Austr», t. 3] 8. Sa racine est composée de grosses fibres, formant une sorte de faisceau; elle produit une tige droite, cylindrique, très -glabre, assez simple, haute de deux pieds ou un peu plus. Ses feuilles sont trois fois ailées ^ d'un vert gai en dessus, d'un vert plus pâl'e et presque glauque en dessous, munies de stipules membraneuses à la base de leurs ramifications principales; leurs folioles sont larges, arrondies, découpées à leur sommet en trois lobes. Ses fleurs sont blanches ou d'une légère teinte rougeàtre , disposées au sommet de la tige en un corymbe formé de la réunion de plusieurs petits bouquets ombelliformes. Leurs étamines sont plus nombreuses que dans aucune des espèces précédentes ; on en compte souvent soixante. Les ovaires, portées sur des pédicules particuliers, sont au nombre de huit à dix; ils se changent en autant de capsules à quatre angles saillans , en forme d'ailes, et qui deviennent pendantes à mesure que leur maturation avance. Cette espèce croît dans les bois et les prairies ombragées des Alpes, des Pyrénées, et en général des montagnes de l'Europe.

Thalictrum , â'dXiKTpov^ dans les. ouvrages des botanistes anciens, est le nom d'une plante qu'on présume être une de celles de ce genre {Thaliotrum minus). Quelques auteurs dérivent ce mot de •â'âtAAe/V, verdir.

Les pigamons, dont la plupart des espèces appartiennent à l'Europe , sont remarquables par l'élégance de leur port et

de leur feuillage. Ces avantages et le grand nombre de leurs fleurs jaunâtres en ont fait adopter quelques espèces pour Tomement des jardins.

Aucune ne mérite mieux 4'étre cultivée que le pîgamon k feuilles d'ancolie. La ressemblance de ses feuilles avec celle des ancolies ou colombines , et les panicules serrées de ses fleurs qui forment comme autant de panaches , lui ont fait donner le nom vulgaire de Colombine plumacée. C^est une plante rustique qui forme de belles touffes d'un vert glauque , et qui s'élève quelquefois à trois ou quatre pieds dans les jardins. Elle demande une terre substancielle , mais lé^ gère, et peu de soleil. On la multiplie aisément en divisant ses racines en automne.

« Le pigamon jaunâtre ou rue des prés a eu autrefois quelque réputation médicale. Il ne paroi t point avoir la dangereuse énergie des autres végétaux de la famille des renonculacées. Sa racine, remplie d'un suc jaune d'une saveur douce, mêlée cependant de quelque amertume , a été regardée comme possédant des propriétés assez analogues à celles de la rhubarbe, et comme pouvant même la remplacer. Murray dit , qu'autrefois en Allemagne on l'appeloit à cause dé cela rhuharhe des pauvres; mais pour en obtenir les mêmes effets que de la vraie , il faut en donner une dose trois fois plus forte. Dodonœus avoit déjà écrit plus anciennement que ses feuilles, mêlées aux herbes potagères, lâchoient le ventre. €t que la décoction des racines agissoit de la même manière, mais avec plus de force. On l'a encore regardée comme diurétique, apéritive, et on l'a recommandée contre l'îctère, la fièvre quarte, etc. Toutes ces vertus sont k peu près oubliées aujourd'hui.

La racine d'or des Chinois, k laquelle ils attribuent de grandes vertus, passe pour être celle d'une espèce de ce genre.

On s'est servi des racines du pîgamon jaunâtre pour teindre les laines en jaune. Les feuilles donnent, ^t-on, une couleur semblable.

Cette plante, qui abonde dans les prés humides et que les animaux rejettent ordinairement, altère la qualité du foin. Les cultivateurs soigneux doivent chercher à la détruire, de

même que les autres plantes nuisibles, en Tarrachant au prin^ temps avec la houe. (L. D.)

PIGAMUM. {Éot.) Dodoëns et Daléchamps citent sous ce nom latin le thaliclrum Jlavum , qui, probablement, tire de là son nom françois pigamom (J.)

PIGARGUK (Ornith.) Voyez Rycaroue. (Ch. D.)

PIGAU. (Bot.) Nom d*une variété d^olive, petite, ronde, et panachée de rouge et de noir, mentionnée dans le Dictionnaire économique. (J.)

PI GAZA. (Ornith.) Nom espagnol de la pie, connus pica^ Linn. (Ch. D.) -

PIGDA. (Ornith,) Nom des oiseaux-mouches, trochilus , Linn. , au Chili, suivant Molina, page 22S de la traduction françoise. ( Ch.* D. )

PIGEON , Columha. (Ornith,) Genre d*oiseaux , ainsi nommé par tous les. ornithologistes et qui fait le passage des gallinacés aux passefeaux. Ce genre, très -nombreux en espèces, dont une (celle du pigeon domestique) présente beaucoup de variétés, n*a de liaisons bien marquées avec aucun autre: il forme à. lui seul un groupe distinct, auquel on a donné •tantôt le nom d'ordre, tantôt celui de famille; et ce groupe a été parfois réuni aveé les gallinacés, et d'autres fois en a été séparé. Selon le plaçoit parmi les oiseaux de son quinsiéme chapitré, ceux qui sont à la fois pulvérateurs et amis des eaux. Jonston les classoit avec ses oiseaux phytivores pulvérateurs et qui se lavent. Wiilughby et Rai en composoient leur douzième groupe, et Frisch le dixième ordre de sa méthode. Linné le réunissoit à son sixième ordre, celui despasserei ou passereaux , et le rangeoit dans la section des passereaux simplicirostres. Gmelin imita Linné. Brisson formoit son premier ordre du seul genre des pigeons. Scopoli le comprenoit parmi les gallinacés* Latham, en fit un ordre à part dans la méthode de Linné, qu'il adopta d'ailleurs. Mauduyt le plaça dans sa sixième classe, qui comprend les gallinacés i quatre doigts. M. de Lacépède le fit entrer aussi , avec les mêmes oiseaux, dans le vingt- unième ordre de sa classification ornithologique. Dans ces derniers temps, M. Duméril rangea les pigeons dans une famille particulière de l'ordre des gallinacés, celle des colombins ou pé^stères. MM. Meyer,

a^e PIG

Wolf et Temminck les ont placés entre les chëlidons ou hirondelles et les gallinacés. Illiger nomtna Columhini, la famille de ces oiseaux qui fait partie de son ordre des Rasores. En6n, M. G. Cuvier, dans son Régne animal, traite des pigeons comme par appendice à Tordre des gallinacés, en faisant connoitre les rapports qu'ils ont avec ceux-ci et avec les passereaux.

Les caractères génériques des pigeons sont les suivans.

Le bec est médiocrement alongé, droit, comprimé latéralement ; la mandibule supérieure est plus ou moins voûtée vers Textrémîté, et la pointe forme très-légérement )e crochet; dans certaines espèces (les colombars) ce bec est un peu plus court et plus gros que dans les autres ( les colombes ) , et dans plusieurs il est au contraire plus alongé et plus grêle (les colombi - gallines). La base en est ponrvue d'une peau nue et souvent colorée en rouge, en rose ou en jaune, plus ou mbins verruqueuse , qui forme comme une sorte de cire dans laquelle sont percées les narines , lesquelles sont recouvertes chacune par une écaille cartilagineuse ; dans un petit nombre d'espèces cette peau nue s'augmente ou de caron* • cules qui se portent sur les côtés du bec , ou d'une protubérance placée à la base supérieure de celui-ci : une seule a ^es espèces de fanons colorés très -prolongés sous lecou^

Les narines, couvertes, ainsi que nous venons de le dire, par un opercule cartilagineux, sont oblongues et placées un peu en avant.

Les yeux, assez grands et latéraux, ont la pupille ronde et l'iris ordinairement coloré en rouge, en orangé ou en jaune, et le plus souvent cette couleur est la même que celle des pieds. Dans beaucoup de pigeons le tour de Fœil est nu , et la peau en est colorée en roiige ou en bleuâtre.

La langue est demi -cartilagineuse, entière et pointue.

Les orifices des oreilles, qui sont de forme oblongue, sont constamment recouverts de plumes.

Les pieds, généralement assez robustes, ont toujours quatre doigts, trois devant et un derrière , munis d'ongles assez longs, fQrts et obtus : ces pieds ont plus ou moins de longueur, selon que les oiseaux sont plus ou moins disposés à vivre sur la terre , ou à se tenir perchés (les colombars les ont courts ; les colombes j moyens, et les colombi -gallines assez alongés) : la

peau qui les recouvre, ordinairement rouge , quelquefois jaune ou bleuâtre, est réticulée par écailles polygones, comme celle des pieds de gallinacés. Les tarses sont tantôt nus, tantôt à moitié emplumés, et quelquefois couverts de plumes jusqu^à rorigine des doigts.' Ceux-ci n'ont d'autres membranes entre leurs bases, que celles qui résultent de la continuation de leurs rebords. Le pouce s'articule très- bas sur le tarse et au niveau des autres doigts.

Les ailes sont tantôt longues et effilées , la première penne étant à peu prés de la grandeur de la seconde (les colombars]; tantôt courtes.et arrondies, la première pepne étant de beaucoup plus courte que la seconde, et celle-ci moins longue que la troisième (les colombi-gallines) ; tantôt entre ces deux dimensions et formes (les colombes et tourterelles). Dans quelques espèces, les baguettes des grandes pennes de Taile sont légèrement fléchies en 5 , et les barbes extérieures de la pointe sont écbancrées de façon à rendre ces pennes pointues; dans la plupart elles sont droites et arrondies au bout.

La queue est composée de douze ou quatorze peines, tantôt égales entre elles et assez courtes (les colombars et quelques colombes) , tantôt un peu plus longues et très-foiblement étBgées (d'autres colombes et les colombi-gallines); enfin, d'autres fois fort longues et très-étagées (plusieurs colombes). Daqs le premier cas la queue est carrée ; dans le second elle est arrondie , et dans le troisième elle est en cône. Une variété de pigeon domestique peut étaler sa queue en roue comme celle du dindon.

Les plumes de ces oiseaux ont les barbules fines et divisées. Dans quelques espèces celles du cou, ou sont très- alongées çt minces, formant une touffe très-fournie, ou sont échancrées au bout, avec les barbules prolongées en pointe de chaque côté de la baguette, qui est comme tronquée, ce qui leur donne un aspect particulier. Un seul de ces oiseaux a la tête pourvue d'une crête longitudinale de longues plumes à barbes décomposées , non susceptibles de s'abaisser : un autre a une huppe plicatile comme celle du vanneau ; enfin certaines

i Parmi les variétés domestiques, il 7 en a de patues , c'est-à-dire, gui ont des plumes sur les doigts.

variétés domestiques présentent des collerettes ou d^autres ornemens de plumes relevées sur la tête et le cou*

Les couleurs du plumage sont souvent fort brillantes et à reflets métalliques , ce qui a été remarqué et a fait donner le nom de gorge-de-pigeon aux couleurs changeantes de certaines étoffes de soie; mais ces couleurs brillantes ne se voient le plus souvent que sur les parties supérieures' du' corps, sur la tùie ou sur la poitrine dé ces oiseaux : le fauve ou isabelle, le gris violet ou vineux, le brun -marron clair, se remarquent le plus souvent sur les parties inférieures. Dans beaucoup de pigeons le sommet de la iêie est orné d^une calotte de couleur différente de celle des parties avoisinantes. Un assez grand nombre d*espéces ont des couleurs mates , c'està-dire sans reflets, mais trés-vives et très-»pures, notamment le vert- clair, le bleu d'azur, le gris-bleu et le blanc. On voit souvent des taches maillées de diverses teintes sur les côtés du bas du cou, ou des taches bleu d'azur, vertes ou violettes, métalliques, sur les couvertures supérieures des ailes : lorsque les plus grandes de celles-ci sont terminées d'une même couleur, il en résulte tine bande transversale ^ sur l'aile, qu'on remarque dans plusieurs colombes. La queue présente parfois une large bande transverse de couleur foncée dans son milieu , à l'exception des deux pennes intermédiaires , qui ordinairement conservent pure et. uniforme la couleur du dos.

La taille de ces oiseaux varie entre celle du dindon ( une seule espèce, le goura, atteint cette dimension) et celle d'une caille; mais la longueur du corps la plus ordinaire, mesurée depuis le bout du bec jusqu'au bout delà queue, est entre quatorze ou quinze et neuf ou dix pouces.

Le sternum des pigeons est profondément et doublement échancré, comme celui des gallinacés, quoique dans une disposition différente; leur jabot est extrêmement dilaté, et souvent ils le gonflent d'air; leur gésier est musculeux; leur larynx inférieur muni d'un seul muscle propre : ils n'ont point de vésicule du fiel, etc.

Leur chair est savoureuse et généralement estimée ; elle s'aromatise par l'usage que les pigeons font de certains fruits; et c'est ce qu'on remarque surtout dans celle de la colombe

miiscadivore , trés-parfumiée, lorsque cet oiseau mange la pulpe du fruit du muscadier, et d^une amertume iusupportable lor»* qu'il se nourrit des baies de certains arbres.

Leur genre, formé de plus de cent espèces^ habite toutes les contrées chaudes et tempérées de la terre* Les espèces à bec court et assez robuste (lès colombars), se trouvent dans toute, rétendue de TAfrique, dans les îles de Tarchipel Indien, a la Nouvelle -HoUandcr et dans les iles de la mer du Sud; aucune n'a été rencontrée en Europe, ni dans le nord de FAsie, ni dans les deux Amériques. Les pigeons à bec moyen, ou colombes, sont les plus généralement répandus dans les deux continens. Ceux à hec grêle et à longues jambes sont propres aux climats du nouveau monde, de l'Afrique et de l'Asie, et ne, se trouvent point en Europe. Cette partie de l'ancien continent n'a que quatre espèces de la division des colombes, savoir : le ramier, le petit ramier, le biset et la tourterelle ordinaire. De l'une d'elles (le biset) sont descendues, à ce que l'on croit, les nombreuses races qai peuplent nos colombiers et nos basses- cours, et dont on trouvera ci-après l'énumération et la description.

Les pigeons sont des oiseaux diurnes et paisibles, vivant uniquement de fruits pulpeux, de baies et de graines ; mais rarement d'iosectes et de limaçons. Ils sont éminemment monogames. Le mâle et la femelle concourent à la construction du nid, et le placent, selon les espèces, tantôt sur les sommités des plus grands arbres, tantôt dans les buissons et même à terre, d'autres fois dans des cavités de rochers. Ce nid, assez grossièrement composé de petites branches et de feuilles, est très -évasé et ne renferme ordinairement que deux œufs, quelquefois quatre , six ou huit dans Une espèce seulement (lé columbi-galline à barbillon), que la femelle el le ]|iàle couvent alternativement ou ensemble» Ils font deux ou trois pontes dans Tannée, et après la dernière ib quittent les climats où ils nichent, pour se porter dans des régions plus méridionales: du moins ce fait ne souffre presque point d'exceptions. Les lisières des forêts et le voisinage des eaux paroissent leur convenir principalement : ils ne vont guères en troupes nombreuses, que dans^leurs émigrations. Leur vol est lourd et bruyant, mais peut être soutenu long-

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temps. Comme ces oiseaux ne digèrent point les semences de certains fruits , ils propagent les espèces végétales dans leurs voyages, en répandant ces semences dans leurs excrémens; et c'est ainsi qu'on explique la multiplication actuelle du muscadier sur des îles où Ton n'en connoissoit pas de pieds à des époques assez peu éloignées.

Les pigeons sont très- portés au plaisir de Tamouret font connoitre les désirs qu'ils éprouvent par les accens de leur voix j dont les modulations et le timbre particulier lui ont valu le nom de roucoulement,

Lors(^ue les petits sont nés , les parens les veillent avec la plus grande assiduité, et ils oi^t besoin de ces soins, car ils sont presque nus, aveugles et très-foibles , et non pas prêts à courir et chercher eux -mêmes, leur nourriture comme les jeunes gallinacés ; aussi le père et la mère leur dégorgent-ils la nourriture qu'ils ont amassée et mise en réserve dans leur jabot. Une seule espèce fait encore exception : c'est celle du colombi - galline à barbillon, dont les six ou huit petits, revêtus de duvet, se mettent immédiatement à la recbercbe des insectes après leur naissance. Dans les pontes ordinaires des pigeons, qui consistent en deux œufs, il y a presque constamment un œuf qui produit un mâle et le second une femelle : les individus qui en naissent, élevés ensemble, ne .se quittent jamais, et montrent l'un pour Tau tre .l'attachement le plus prononcé. :

Levaillant a établi parmi les espèces de pigeons trois sections, qui ont été généralement admises par les ornithologistes, et qui sont fondées sur les dijSiérences de mœurs et sur quelques caractères extérieurs.

La première est celle des Colomsi-gallines : elle comprend les pigeons qui ont le plus d'analogie avec les gallinacés proprement dits, par l'habitude de se tenir presqye constamment à terre , d'y nicher , ou du moins sur de très-basses branches; parce qu41s font un plus grand nombre d'œufs que les autres , et parce qu'ils ont quelquefois des petits qui peuvent rechercher leur nourriture dès leur sortie de l'œuf. Ces espèces ont le bec grêle et flexible, et les pattes plus hautes que les autres.

La seconde est celle des Colombes ou pigeons proprement

PIG 3oi

dits, qui ont le bec moyennement grêle et flexible; la queue tantôt droite ou arrondie au bout et tantôt trés-étâgée et en forme de cône. Ces oiseaux nichent sur des afbres élevés ou dans les cavités de rochers d'un difficile accès', font deux ' ou quatre œufs et si>ignent long -temps dans le nid leurs petits, ^ui naissent très - foibles et presque nus. Les tourterelles se rattachent à cette section*

La troisième , enfin , est celle des Colombars , qui se recoonoissent à leur bec plus gros , de substance solide et comprimé par les côtés ; à leurs tarses courts , à. leurs pieds larges et bien bordés, lis vivent tous de fruits et dans les grands bois; leur naturel est très -farouche : ils nichent sur les sommités des arbres ; leur nid est composé de petites branches ; la femelle y dépose deux œufs , que le màle couve concurremment avec elle.

Il existe plusieurs travaux importans sur les oiseaux du ge^re des pigeons; les uns sous le rapport de l'écoiiomie domestique , et les autres sous celui de l'histoire naturelle. Sous ce dernier point de vue, qui doit seul nous occuper dans cet article , nous nous bornerons à citer le bel ouvrage que M. Temminck' a publié en 1811 , sous le titre d'Hisioire naturelle des pigeons j accompagné de figures coloriées par Mad.* Knip ; ouvrage dans lequel il a décrit avec beaucoup d'exactitude soixante - treize espèces de ce genre.'

Notre article ne sera , nous devons le déclarer ici , qu'un simple extrait de ce beau travail , dans lequel nous intercalerons toutes les notions nouvelles que les quinze dernières années ont dû nécessairement faire recueillir sur ce beau genre d'oiseaux. On comprend que nous aurons le soin de relater les caractères des espèces décrites et figurées ré-

1 Le« figures magnifiquement peintes qui ornent cet ouvrage, nt sont malheureusement pas toujours en accord avec le texte; et nous ne saurions expliquer ces différences autrement, qu'en rappelant que, la plupart des pigeons ayant des couleurs changeantes, il se pourroit que ces couleurs eussent été observées par le peintre sous un autre aspect que par le naturaliste.

Un abrégé in-ô.** de l'Histoire des pigeons a paru en i8i3, et fait partie de VHistoire naturelle générale des gallinacés de M. Temminck. Il compose le tome premier de cet ouvrage.

cemment par MM. Temminck et Laugier dans leur Recueil de planches coloriées , destiné à compléter les planches enluminées de Bufibn , ainsi que de celles qui ont été mentionnées par MM. Quoy et Gaimard dans leur Zoologie du Voyage de rUranîe, ■ j '

Enfin nous y ajouterons quelques espèces inédites , dont MM. Lesson et Garnot , naturalistes de l'expédition de la corvette la Coquille , ont bien voulu nous communiquer les individus conservés et les descriptions , avec une obligeance qui ne se retrouve oue dans les véritables amis de la science.

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