‹ Dictionnaire des sciences naturelles: dans lequel on traite méthodiquement des différens êtresChapitre 34 sur 41 · Î96 PIG · texte numérisé non relu

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environnantes. Cette observation et Texpérience ont engagé depuis un temps immésiorial , à donner du sel marin aux pigeons de colombier et de volière. Mais. Ton a appris aussi jQue, s*il leur est trés^vantageux lorsqu'ils en prennent une quantité modérée, il peut leur devenir fréquemment nui^ sible, s'ils en usent trop souvent et en quantité trop grande k la 'fois. Alors ont été imaginées plusieurs manières de leur présenter le sel, presque toutes plus ou moins bizarres, dégoûtantes, ou ma! entendues , ou ;nuisihles. Parler des premières seroit tout-à-fait superflu. On doit regarder comme nuisibles, celles qui consistent à confectionner une pâte avec 119 mélange de «emences, telles que vesce, cumin, ou autres graines farineuses, de terre un peu grasse et de sel, dans certaines proportions. Les substances nutritives et Tespèce de terre employées dans ces préparations sont alors amenées i «m )éUet contraire à la santé des pigeons j les premières sont deveniies difficiles à digérer, l'autre ne peut plus aider Testomac dans son action eompressive sur les graines ; aussi les oiseaux, à la conservation desquels les pâtes dont Je parle étoient destinées, trouvent souvent dans leur usage, des causes de maladies quelquefois mortelles.

lift-manière qui paroit la meilleure , de leur présenter le sel,' en de leur donner à becqueter un morceau de poisson desséché et fortement salé , comme seroit une queue de morue ou un maquereau, etc., destinés à être conservés long-temps. Une queue de morue suffit pour cinquante pigeons. Lorsque les localités ne permettent pas de recourir à de pareilles substances, soit à cause de leur prix, soit a cause de leur odeur forte et désagréable , on doit placer dans les colombien et dans les volières, des vases qui contiennent, une boane terre de potager, et à laquelle on mêle de tfmps en temps fL la surface , une quantité de sel ou d'eau salée , en propo^ tion du nombre des oiseaux , et en rapport avec l'espèce de graines dont ils mangent habituellement. On doit penser en effet, que si on est forcé de donner pour principale nournture une graine qui soit très-rafraîchissante ou indigeste, etc., une plus grande quantité de sel devient nécessaire; au con* traire, il sera convenable d'en diminuer la quantité, si des semences échauffantes sont surtout employées comme alimeos.

'' La situation du lieu où est élevé le colombier et placé la volière , exige encore quelque attention relativement à la quantité de la matière saline qui doit être employée* Si une température basse y règne habituellement, il faut donner davantage de sel. I/observation a appris que c*étoit en hiver, que les pigeons montrent le plus d*avidité pour lui; on^en a là preuve, lorsqu'on les voit dans cette saison, attaquer de leur bec, des pâtes préparées et desséchées qui leur ont répugné en tout autre temps, mais qui alors leur présentent seules la matière saline dont ils éprouvent un pressant besoin.

L'espèce de nourHtur'e sèche dont habituellement le pigeon domestique fait usage , et son goût décidé pour les choses qui ont une saveur salée, contribuent sans doute à lui rendre nécessaire une boisson abondante. Piar les mêmes raisons, Feau qu'il boit , lui devient d'autant plus salutaire , qi^elle est plus douce , plus aérée , plus pure. L'eau de rivière doit lui être donnée de préférence à toute autre; à son défaut, que ce lH>it celle que l'homme emploie pour lui-même. Enfin, si l'on n'a que de l'eau de puits, toujours plus ou moins chargée de sels terreux, les^geons consentiront à la- boire, mais on doit s'attendre pour l'ordinaire qu'ils en serMi in* commodes. Cependant il semble que l'habitude rende, pour eux, moins fréquens les inconvéniens d'une mauvaise eâu.

\j8l température à laquelle le pigeon peut prendi'e sa boisson , varie beaucoup. En hiver, il boit l'eau que l'on vient de débarrasser de la couche de glace dont elle étoit couverte ; mais il en boit moins très-certainement , et il ne paroît pas se plaire à y enfoncer le bec , ou bien il faut qu'il soit sollicité par une soif vive. En été, une eau frafche est fort recherchée par lui, et il en prend beaucoup à la fois. Alon celle qui a été chauffée par le soleil lui répugne , et cependant j'ai vu des pigeons de volière que j'avois accoutumés i boire de l'eau très-chaude , continuer à prendre avec avidité de cette dernière.

Au reste, le goût marqué des pigeons sauvages, de colombier et de volière pour l'eau chaude, à un degré assez élevé, a été observé dans tous les temps. Les fontaines naturelles d'eau chaude ont toujours été en possession d'attirer les ramiers et les fuyards, et les hôtes des colombiers. Il est amu-

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sant d'habituer, dans les volières, les pigeons à boire de Teau chaude et de sy baigner« Cela ne se fait que par degrés. Les oiseaux , qui d'abord montrent de la crainte pour la vapeur qui s'élève du liquide, finissent par la braver, et viennent, après quelques essais, plonger leur bec dans une eau presque brûlante , et ils en boivent avec le plus grand plaisir au milieu de-cette même vapeur très-^bondaàte qu'ils avoient tant redouté précédemment. 11 n'est pas douteux que, dans plusieurs de leurs maladies, la. boisson et les bains d'eau chaude niaient des avantages pour eux.

J'ai accoutumé des pigeons de volière à boire des eaux minérales, naturelles et factices. Ils en éprouvent des effets analogues à ceux que chacune de ces eaux exerce communément sur l'homme ; remarque singulière , si on considère 1e9 différences d'organisation , et moins étonnante si on fait attention à l'espèce de composé que présente chaque eau minérale. J'ai vu l'eau de Seltz naturelle exciter d'une manière très-marquée l'appétit des oiseaux auxquels j^en ai fait prendre, etc. Il n*est pas douteux que les eaux minérales ne puissent entrer utilement daaf ia médecine et l'hygiène des pigeons domestiques.

On peut et on doit laisser constamment de la boisson aux pigeons de volière et ipéme de colombier, parce que Inobservation a appris qu'ils en ont besoin à des époques différentes de la journée , selon que la digestion s'opère chez eux. On pourrait également leur laisser toujours des alimens, mais cela a souvent des inconvéniens sous le rapport de l'économie et sous celui de leur santé. Alors il faut se régler encore sur l'observation pour les heures auxquelles on leur jettera. de la graine. Or, elle fait découvrir que c'est particulièrement à leur réveil ie jnatin , et une heure avant que la clarté du jour ne commence à baisser, que ces oiseaux montri^nt un. besoin plus grand de prendre de la nourriture. On doit alors leur en donner des quantités plus consf^érabies; une demi-poignée de vesce, par exemple, est suffisante par chaque individu. Cependant il faut faire encore une distrih.ution de graines dans le milieu du jour, vers les deux heures après midi. £Ue est destinée aux femelles qui couvent. Elles quittent assez régulièrement leurs œufs tous les jours de dix

à onze heures du maliu jusqu'à trois heures du soir; mais, coittme à midi elles ont Thabitude de sommeiller, il est plus conyenable de reculer de deux heures environ leur repas.

Il n*#st personne qui n'ait vu les pigeons saisir et avaler la graine dont ils se nourrissent. Peut-être n'est- il pas cependant tout- à -fait superflu de dire par quel moyen ils la font passer du bec dans la gorge; c'est en retirant la iéte en arrière, et en lâchant en même temps la graine, qu'ils la poussent aussi en arrière et dans leur pharynx* Quand ils ne sont pas mus par un appétit trop grand , un besoin trop pressant, ils reconnoissent, parmi les graines qu'on leur ofiPi^, celles qui leur sont bonnes, à l'aide du sens de la vue, de celui des sayeurs, et même souvent par le simple toucher qu'exercent alors les extrémités des deux mandibules en saisissant l'aliment. La manière dont les pigeons boivent^ a fourni aux naturalistes un assez bon caractère pour distinguer cette nombreuse famille d*une autre famille très - voisine ^ celle dci passereaux. Lorsque ces derniers veulent étancher leur soif , ils prennent de Teau dans la mandibule inférieure de leur bec, et la font couler dans la gorge en élevant avec promptitude la tête presque verticalement. Les pigeons ^ au contraire , plongent le bec dans l'eau , et aspirent pour l'ordinaire d'un seul trait toute la quantité de boisson dont ils ont besoin.

Lorsqu'ils ont fait ainsi passer dans leur jabot et des graines et de l'eau, la digestion commence. Xes matières solides se laissent pénétrer , gonfler , amollir par les liquides. Une sorte de macération , puis de première division , ont lieu , non tout à la fois, mais successivement, et par petites portions de la masse alimentaire. Au bout d'une à deux heures, de foibles quantités de cette même masse alimentaire sont dirigées verf Testomac. Là, elles éprouvent une trituration véritable , une extrême division par les contractions puissantes des couches musculaires et épaisses qui forment les parois de la eavité stomacale. L'action de l'estomac devient d'autant plus efficact et complète , que l'oiseau aura été à même d'ingérer dans la cavité de ce viscère , des petits fragmens de pierre , des grains de sable. C'est pour cela qu'il est d'une véritable importance pour la santé des pigeons de volière, de leur do/iner

dés vases remplis de terre végétable. Le sel marin flgit alors aussi , mais comme substance stimulante et du jabot et de l'estomac. Après Faction de Testomac, la pâte alimentaire :éprouve celle des diverses portions de l'intestin ; elle est convertie en chyme, puis une partie en chyle, et l'autre partie, toujours plus considérable, parcourt tout le tube digestif, et est à la fin rejetée au dehors à l'état de fiente , ou de matière fécale et d'urine.

C'est de cette manière que tous les alimens , qui avoient été introduits dans le jabot, sont ensuite soumis, par portions, aux diverses régions du tube digestif, et que la dîges* : tion s'en opère successivement. Il faut pour l'ordinaire plusieurs heures pour qu'elle soit complète ; quoiqu'elle s'exécute néanmoins assez promptement , eu égard à la nature des matières à digérer. Le pigeon a l'estomac chaud , est un proverbe vrai , et qui exprime l'espèce de célérité avec laquelle les divers temps de la digestion s'accomplissent chez lui.

fendant la première période de l'acte digestif,* lonque les graines sont encore toutes dans le jabot, Toiseau sent évidemment ses forces remontées , et ses actions le témoignent souvent. Mais si la quantité de graines ingérée est un peu considérable, ou si rien ne stimule, n'inquiète ,' ne tourmente l'animal , il paroit alors assez disposé au repos , même au sommeil. Plus tard, lorsque la digestion tire à sa fin, que l'appétit commence à se réveiller , alors surtout il commence à exercer d'une manière spéciale ses organes dès sens, à manifester des phénomènes d'intelligence et de sentiment, et à exécuter diverses acftions locomotrices.

Le mobile principal de toutes les exertions organiques qui ont lieu en lui, est de satisfaire ses besoins, et un certain penchant à vivre dans la société de ses semblables, penchant qui dérive et du degré d'intelligence, et de l'étendue des afiections dont il est susceptible. -

-.«Pour lui, le premier des sens est, sans aucune contestation possible, le sens de la vue. Obligés, par leurs besoins, ile.parcojurir.les airs, de descendre à terre pour y chercher leur nourriture, de ^e rendre au bord des eaux pour se désaltérer et se baigner, le pigeon de colombier, ainsi que le pigeon sauvage, dépourvus d'armes réelles, soit pour Atta-

qtier , soit pour se défendre, resteroient exposés aux dangers trop assurés de la poursuite des oiseaux de proie , s'ils ne possédoient , dans Tétendue , la vivacité , la perfection de leur vue, un moyen de conservation. Leurs yeux jouissent en outre d'une mobilité très -grande dans les cavités orbitaires , et se dirigent, a la volonté de l'animal, dans toutes les directions. Mais la vue trouveroit encore des obstacles à s'exercer vers tel ou tel point, obstacles qui proviennent surtout de la situation des yeux sur les côtés dfc la tête, si l'oiseau ne savoit prendre certaines attitudes, et â'il n'étoit le maitre de faire mouvoir les deux paupières de chaque OBii ; ce qui lui fournit de nouveaux moyens d'écarter les rayons lumineux qui troubleroîent la vision , et en même temps de recevoir seulement oeux qui lui apportent l'image des objets qui peuvent être dans certaines directions. Ainsi, pour reconnoitre si au-dessus de sa tête, mais en arriére, dans les airs , il ne plane pas quelque ennemi i le pigeon alonge et abaisse un peu le cou , relève en même temps la tête sur le cou , et dirigeant alors ses yeux en haut et derrière lui , peut ainsi découvrir de quel danger il est menacé. Après le sens de la vue, celui de l'ouïe prend rang pour l'importance. Il paroft cependant peu développé, pourroiton dire. On ne ferait pas attention alors qu'il faut distinguer entre l'étendue et la délicatesse d'action d'un appareil d'organes. Des yeux , des oreilles , une langue , etc. , peuvent être capables , les premiers , d'une vue longue , perçante ; les seconds , d'une ouïe qui perçoivent les sons les plus éloignés, les plus foibles, etc., et cependant avoir une structure très -simple; mais, s'ils dévoient avoir en outre une action assez délicate pour percevoir une foule de modifications dont la lumière, dont les vibrations de l'air sont susceptibles, dès- lors l'organisation des sens devient plus com-^ plexe. L'ouïe du pigeon peut donc lui rendre de grands services, quelle que soit l'unité, qu'on me péris ette cette expression , de son organisation ; puisque c'est pour ainsi dire de bruit seul dont il s'agit pour lui. Ce n'est que, dans un âge déjà avancé , que cet oiseau apprend qu'il ne doit pas s'émouvoir pour le sifflement du vent, pour le choc. des branches d'arbres , mais réserver ses craintes et ses moyens 4o. 26

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de salut quand le claquement des aiies, le cri aîgre, ou le sifflement de ses ennemis parvient à son oreille. On ne cite que quelques exemples de pigeons adultes, qui se soient montrés sensibles à la musique ; probablement à cause de la simplicité de l'appareil auditif. La musique ne paroît faire sur le plus grand nombre que Tefiet d'un bruit confus» Qu'arrive-t-il donc lorsqu'un de ces oiseaux devient sensible aux sons d'un instrument , comme ce pigeon qui ne manquoit jamais d'élre attiré sur la fenêtre de l'appartement où une jeune fille jouoit sur un piano un air de Handel. Chaque fois qu'il Tentendoit, il quhtoît tout, même son nid: et c'étoit bien uniquement pour la musique, car nulle autre chose n'avoit le droit de le faire venir, ou de le retenir. Le chant si^ert %\ agissoit sur l'organe de l'oiseau , à la manière d'un son unique , mais agréable et séduisant»

Je n'ai pas été à même de faire d'observations sur Fodorat des pigeons, sinon que je n'ai jamais pu reconnoître par ^ucun signe quand ils recevoient quelque sensation par les fosses nasales.

Mais ils perçoivent assurément de nombreuses impressions par le contact avec les objets environnans, et par Torgane dt^s saveurs, la langue. Ils n'en tirent pas un parti moins important pour leur conservation , quoique ceis deux ^ns n'agissent que sur des objets très - rapprochés. Ainsi on les voit se comporter diiféremment , selon que pèse sur eux une atmosphère sèche ou humide, calme o(ï orageuse, chaude ou froide, etc. Ils montrent toujours beaucoup de défiance, lorsqu'on leur présente une espèce de graines^ qu'ils ne connoissent pas. Mais si le besoin ou la curiosité, éveillée par la gourmandise, les presse un peu, on les voit saisir, lâcher, resaisir à différentes fois cette graine, et ne lavaler enfin qu'après de longs tâtonnemens, beaucoup d'hésitation, une sorte d'essai par trne application répétée à l'organe du goût.

On ne les habitue à boire, des eaux minérales qu>n les privant tout-à-fait d'eau commune. Ils montrent une répugnance extrême pour les substances vireuses fin amères. J^ai choisi plusieurs fois des pigeons pour sujets d'expérience de différentes matières dont 1^ moindres qualités étoient une amertume désagréable. Ils témoignoieiit par leurs mauvemens

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génëraujc, par leur soin d'essuyer sans relâche leur bec, par des efforts pour repousser cette matière, par le rejet ou tnême le vomissement du corps si péniblement savoureux, combien Torgane du goût étoit affecté vivement* Il y a plus , lorsque je faisoîs prendre un extrait amer à un biset adulte, màlev robuste, fort intelligent, mais extrêmement ardent, plein de feu, et )e Vaï possédé long -temps, il entroit dans une fureur si grande, que je ne la peindrai pas en disant qu'il se jetoit avec transport sur tous les objets renfermés dans la volière, et sur mes- mains, et de préférence sur ses compagnons d'esclavage , les frappoit à coups redoublés de son bec, faisoit voler en grand nombre les plumes, et cherchoit à les déchirer de ses morsures , jusqu'à ce qu'enfin , par le fait de toutes ses violences , le bec ne conservât plus au» cnne trace de la ma^tière amère , et qu'il fût parfaitement essuyé»

Le même oiseau a été uh de ceux qui m'ont fourni le plus de faits, ou si l'on veut le plus d'indices sur le degré d'intelligence dont est douée sa race. Comment juger que les animaux ont de l'intelligence P Par analogie , et l'analogfie est quelquefois si forte , qu'on ne sauroit en repousser les con* séquences. D'abord les pigeons ont un cerveau , d'ane organisation à la vérité bien moins compliquée que celui àt l'homme; mais, enfin, ils ont un cerveau, cet organe qui ne pense pas, comme on l'a dit, chez l'homme, mais qui est un intermédiaire si tiécessaire k la manifestation delà pensée, que cette manifestation cesse d'avoir lieu, du moment que Taction du viscère est troublée par une lésion organique de quelque intensités Ensuite les pigeons exécutent des monvemens, prennent des attitudes, font entendre des sons de voix sous l'influence de certaines causes, qui tous rappellent, qui tous sont une image sensible , et des gestes et des inflexions de la voix que l'homme offre d'ordinaire lorsqu'il doit com» muniquer ses idées, ses émotions. Il faut l'avouer, voilà nos seuls moyens de reconnoitre, d'apprécier, de juger rintelli- ^ence , l'entendement de ces oiseaux. Jusqu'à quel point ces moyens pourroient-ils nous faire tomber dans l'erreur, lorsqu'ils nous démontrent les limites de l'intelligence des pigeons, assez resserrées y mais d'ailleurs proportionnées aux:

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J>esoins de leur organisme, aux soins de leur conservation , et à ces germes premiers de sociabilité qu'ils laissent aper^ cevoir.

Ils se souviennent, ils ont de la mémoire ; ils en ont tous, certaines races- plus que d'autres , et quelques-unes transmettent cette faculté de leur intelligence même à leur progéniture adultérine. Ainsi , le pigeon cavalier conserve encore à un haut degré Jie souvenir des lieux qu'il a habités, et montre un penchant à y retourner qui est difficile à vaincre. Il ne s'agit pas seulement de la mémoire des lieux, mais de celle des actions des êtres avec lesquels ils ont quelque èontact. Par exemple, adopte-t-on pour les prendre dans la volière tel ou tel procédé, ils le gravent dans leur mémoire, et sitôt que quelque geste annonce le cooimenceiiient de la mise en pratique 'de l'un de ces procédés, ils le reconno^ent si bien qu'ils prennent leurs mesures pour en éviter l'effet. Toutefois, il fkut le di^e , s'ils se rappellent ce qui peut leur être désagréable ou dangereux , et pendant long-temps, ils ne pairoissent pas se souvenir aussi long-temps de la main qui les a nourri, qui leur a donné des soins. Après une courte absence, on peut se présenter à enx, ils ne témoignent en aucune façon qu'ils reconnoissent la personne qui les rendoit heureux. Peut-être la nature n'a-t-elie voulu les douer que de la modification de la mémoire qui a trait directement à éviter un danger , à conserver l'individu exempt <^e toute atteinte funeste , parce que cela suffisoit au rôle qu'elle a départi à ces oiseaux.

Ci rpn admet que les rêves sojent un phénomène qui dérive de l'imagination, il sera difficile de refuser, au moins lusqu'àun certain point, cette faculté aux pigeons. Os rêvent; la nuit , les yeux fermés , ils font entendre des solis de voix , ils font des mouvemens qui rappellent quelques-unes de ieurs passions, surtout la tristesse, la colère ou Tamour. lis sont si bien plongés dans le sommeil, qu'on s'en saisit sans peine.

Sont -ils le résultat d'un jugement ou de l'instinct seul, ces mouvemens combinés , et presque toujours variés seloo le besoin , qu'on voit exécuter aux pigeons lorsqu'ils veulent une chose, accomplir un dé^ir, recponoitrç les^ lieux oùijf

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•e trouvent, choisir la direction dans laquelle ils doivent prendre leur vol, ralentir et modifier leurs mouvemens à rapproche du point sur lequel ils vont se reposer, ou d'après les différences qui existent entre les objets qui les effraient , etc. Est-ce Tinstinct seul qui leur apprend à feindre des intentions, k distinguer l'espèce de danger pour y opposer le moyen de salut le plus sûr. Mais, est-ce que Tinstlnct est susceptihle de se perfectionner P Le jeune pigeon , sous la sauve^garde unique deFinstinct^ tombe, toutes choses égales d'ailleurs, bien plus souvent dans le piège qui lui e^t tendu y que ses vieux compagnons. Ceux^-ci, instruits par leu^ souvenirs, reconnoissent les objets et le concours des circonstances qui ont été déjà pour eux Toccasion d'une crainte, la cause d'un danger, Finçtrument d'une douleur., Sans doute ils ne se rendent pas un compte fort exact des objets qui les ont effrayés, mais il. s'établit chez eux une. relation entre la vue de certaines choses, et une crainte fondée pour leur liberté ou leur vie. . «

Si les vieux pigeons, mieux que les jeunes, savent éviter les embûches, les poursuites de Thomme et des animaux; s'ils devinent, pour ainsi dire, les projets de leurs ennemis,, s'ils en préviennent les effets , en opposant ruse contre ruse, leur intelligence a donc éprouvé avec le temps un perfectionnement ; elle .en est donc susceptible. On a entendu faire à ce sujet une objection. Si l'intelligence de ces oiseaux étoit ainsi capable d'une sorte de perfectionnement, comment ne s'appliqueroient-ils pas à dresser mieux le nid qui doit recevoir leur progéniture ? Et d'abord les jeunes ne se montrent pas à cet égard aussi adroits, aussi prévoyans de tous les dangers que les pigeons qui ont fait déjà plusieurs couvées» Ensuite lorsqu'on trouve si simple la construction de pareils nids, lorsqu'on dédaigne cet assemblage de petites bûchettes, lâchement entre * croisées , lorsqu'on lui préféreroit un nid plus dense, plus chaud, plus mollet et couvert, on désire un perfectionnement dont ne pourroit s'accommoder la constitution , le mode d'existence du pigeonneau. L'expérience l'a démontré. L'homme a essayé de construire des nids semblables, et les jeunes oiseaux en ont toujours été les victimes; ils y deviennent malades. Pour des êtres dont le corps a beau*

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eoup de chaleur , dont les perspiratîons cutanées et le» évacuations alvînes ont toujours une odeur trés-forte , des nids qui se prêtent à une continuelle ventilation ne devoient-ils pas être les plus convenables P

Quoi qu'il en soit, la curiosité, toujours si active^, que manifestent les pigeons , ne permet guère de supposer que leur mteliigence reste stationnaire. S'ils recherchent de nouveaux lieux , s'ils viennent reconnoUre de nouveaux objets , ils en gardent le souvenir ; ils le témoignent très-bien par les ten« tatives adroites qu'ils font pour les revoir. C'est dans cette même curiosité qu'ont sans doute leur origine une foule variée de phénomènes légers, fugaces, qui |>ei^ent le développement de leur intelligence , lorsqu'on la cultive avec soin. n -,

Plus on s'occupe des pigeons domestiques, plus ils paroissent susceptibles d'idées et de sentimens ; plus leur entendement et leurs affections semblent capables de répondre aux causes par lesquelles on essaie de les mettre en jeu. Il est cependant des bornes qui , à cet égard , ne sauroient être franchies, et elles résultent de l'organisme de ces oiseaux, de leur rang dans l'échelle des animaux. Le sentiment de la conservation domine en eux tous les autres ; il se manifeste par des phénomènes différeils , selon les idées dont il est accompagné , lorsqu'il est excité. Tantôt il sera te) que le pigeon courra la chance du combat avec son ennemi y de quelque espèce qu'il soit. Alors il montrera ^un courage opiniâtre , une colère vive, quelquefois si aveugle qu'elle lui devient funeste ; quelquefois dirigée avec une intelligence évidente. Vainqueur , il célèbre sa victoire avec orgueil , par des roucoulemens, et par des saints vis-à-vis de sa femelle.

Tantôt le sentiment de conservation, dirigé par des idées différentes , inspire à l'oiseau de se préserver de soii ennemi pat la retraite ou la fuite complète. Les actions courageuses sont alors mis^s plus ou moins de côté; la colère, qui provoque à attaquer, est remplacée par la crainte , par Tattention extrême de se dérober aux coups. Si la frayeur est trèsgrande, est-aveugle, le pigeon semble ne voir, ni entendre; il se perd souvenllui - même. La crainte laisse -t-elle quel- • que liberté à son intelligence , il parvient pour l'ordinaire

i ^e sauver, soit par un vol rapide et biea dirige, soit en se précipitant dans les branches des arbres , ou par quelque ruse en général. Le sentiment de la crainte agit d^ailleurs, comme dans quelques autres espèces animales, sur le tube digestif; mais Tévacuation alvine qui se répète plusieurs fois est toujours très-peu abondante.

L*oiseau est^il marié, sa compagne suit des yeux les évéaernens. Lorsque le combat doit , selon l'apparence , se terminer heureusement et promptement, elle se montre tranquille, et seulement gonfle un peu la gorge , signe de colère , d'amour et déplaisir. Elle apprpchera du combattant aimé, ou témoignera une grande tristesse, ou s'enfuira avec terreur , si la longueur de la lutte , si des .signes d'infériorité en force présagent la défaite et la mort.

• La faim, la soif, la gourmandise, le désir de se baigner, 'd'occuper une certaine place dans le colombier ou dans la ▼olière, sont des occasions sans tesse renaissantes de rixes, de icolère, puis d'animosités , d'antipathies. L'instant de la ponte, la durée de Tincubation, l'éducation des petits, sont des époques où les goûts belliqueux et le courage soQt le plus exaltés. La femelle les partage alors presqu'à l'égal du mâle.

La colère d'abord, puis l'ennui, la tristesse, sont les affections qui se développent , quand on prive ces oiseaux de la liberté à laquelle on les a habitués.

Ceux pour qui la volière est la demeure la plus convenable paroissent éprouver le besoin de la société» de leurs semblables et celle de l'homme. Un pigeon seul , un couple isolé ressentent l'ennui , mangent peu , font entendre assez rarement leur voix. L'homme vient- il les visiter, leur vie est aussitôt remarquablement plus animée; ils jouent autour de lui, ils l'attaquent, ils attirent son attention par. leurs provocations. C'est alors- qu'ils se montrent le plus susceptibles d'éducation , de contracter des habitude^ particulières , de donner des signes d'intelligence , de rechercher des caresses.

Je dois maintenant parler d'une passion ^ la plus forte chez les pigeons avec le sentiment de conservation ; car l'amour de la famille n'a pas toujours assez d'énergie pour contre*

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balancer les Aenx autres affections , et il a d^ailleurs de lon« gués intermittences* L'attachement, ou Famour du mâle et de la femelle, a très-rarement cette douceur, cette fidélité, cette chasteté, dont on les a voulu parer; mais alors qu^il se fait sentir, il s'annonce par une propreté plus grande, par un soin de soi-même , qui suppose Tenvie de plaire ; par un certain art de se donner des grâces qui le suppose encore plus; par les accens de la voix, qui, d'abord modérée, gé* missante, devient ensuite pleine et forte; par des caresses tendres, des mouvemens doux et des baisers timides, qui ne deviennent intimes et pressans qu'au moment de jouir. Ce moment même est ramené quelques instans après par de nouveaux désir?, «de nouvelles approches également nuancées, également senties.

Une passion qui s'annonce avec de pareilles démonstra* tions d'affection, devroit, sans doute, mériter toujours les éloges que l!on accorde à la eonstance , à la fidélité. Elle les obtient cepe'ndant «bien moins souvent que quelques auteurs ne l'ont avancé. Alors, quoique âes querelles légères viennent troubler de temps en^ temps une liaison étroite, une harmonie heureuse, toute la vie n'en est pas moins employée au service de l'amour et au soin de ses fruits* Alôn toutes les fonctions pénibles sont également réparties , et le mâle, aimant assez pour les partager, et pour se charger des soins maternels , couve régulièrement k son tour, et les œufi et les petits.

Mais, dans l'état de domesticité, un amour, qui avoil pris naissance avec toutes les apparences de la durée , s'affbiblit assez ordinairement par les torts réciproques des deux époux, et une coquetterie évidente , en blessant la constance , amène à sa suite l'infidélité. Quelquefois ce n'est pas assez pour le mâle de porter à une autre femelle ses plus intimes caresses, il oblige sa première épouse à vivre avec celle - ci : étrange exemple de ce que peut l'asservissement domestique sur les mœurs; des oiseaux monogames offrent des exemples de bigamie! Quelquefois la rupture est entière et l'infidélité conduit à une séparation complète. Un mâle devient-il vieux ou infirme, rarement sa femelle continue à vivre avec lui, et il reste sans compagne, dénué qu'il est désormais et des grâces

et surtout de la vigueur de la jeunesse. Un autre genre de désordre peut avoir lieu. Il n'est pas abandonné de sa femelle; mais celle-* ci se livrant à un amant, introduit dans le ménage des petits adultérins , auxquels le mari prodigue, dans son erreur , tous le$ soins de la tendresse paternelle. Enfin' on a vu des individus du même sexe, mâles ou femelles, se livrer entre eux k des caresses, dont un plaisir lascif ëtoit Tunique objet. Quelle image repdussante d'une autre société, qui de Tabrutissenient où elle consent a descendre, peut au moins se relever par des vertus d'un ordre supérieur»

L'amour ne se développe que rarement sans, une < autre passion , la jalousie. Les pigeons , et surtout les mâles , . j sont fréquemment livrés; en aveugles, et d'une manière ef-. frénée. Ils accourent alors prés de leurs femelles , si elle est pressée par un autre pigeon, combattent celui-ci et contraigneoi celle-là à retourner à son nid, en là poussant, en là frappant légèrement du bec. Mais, s'ils ont été les témoina d'une infidélité complète , les coups ne sont plus ménagés; ils sont tout ce que la fureur peut leur donner de force et de cruel. Il est vrai que la femelle ajoute, j)our l'ordinaire, a l'adultère une révolte ouverte ,. et qu'elle livre à son mÀle un combat acharné. Mais de ce combat, terminé par la défaite de la coupable , renait une nouve^e ardeur entre les époux; la paix se fait et l'amour recommence pour eux une nouvelle ère, comme il avoit commencé la première fois , fai oublié de le dire • par des cvups de bec , par de petits combats pendant plusieurs jours de suite.

Est-ce aussi la jalousie qui pousse les pigeons à troubler les caresses d'un couple étranger, chaque fois que l'occasion s'en présente P

Mais, À coup sùVy c'est un fort vilain sentiment que celui qui porte beaucoup de pigeons, surtout les mâles, à saisir l'instant où un couple s'est écarté de son nid , pour y entrer et y casser les œufs, ou pour y battre les petits, les déchirer e^ les tuer à coups de bec. Voici qui est bien plus mal. Il arrive aussi, à la vérité. très-rarement, que- de jeunes pigeons sont abandonnés par leurs parens. Lorsqu'ils ont ce malheur et qu'ils sont inhabiles encore au vol, ils peuvent, mourir

de faim, et sHls éhepchent, pour éviter ce danger, à descendre au milieu de la volière, ils peuvent- être tues par les autres pigeons 5 à moins, et les exemples sont loin d^en être fréquens , que quelque pigeon n'ait pitié d'eux , ne les protège et ne les nourrisse comme ses propres petits.

J'aurois voulu m'arréter ici dansPexposition des différentes dispositions affectives des colombes domestiques» Un trait honorable de leur caractère eût un peu relevé leur espèce; mais je ne puis taire des actions de leur part, dans l^esquelles on ne peut reconnoître qu'un mélange odieux de cruauté et de laseiveté. Quand un pigeon, tombé- malade; est arrivé à un. degré extrême defoîblesse; et si, pour surcroît de misère, il se trouve lancé au milieu ^e la volière, sans moyen de faire retraite vers Un coin où il puisse se tenir blotti , il est bientôt assailli par les autres pigeons^ même par Toiseau auquel il étolt marié. Celui-ci le frappe d'abord doucement pour le faire regagner le nid ; mais^ lorsqu'il voit ses compagnons de volière tour à tour lui porter des rudes coups de bec et lui faire éprouver les^astouts d'un amour brutal; alors lui-même s'irrite ;4a colère et la jalousie lui font méconnpftre le triste état de celui qui e^t 'pour lui ou iin époux, ou une femme, et il se joint aux autres bourreaux, assouvissant tantôt sa fureur, tantôt sa laseiveté atroce. Ces excès continuent même sur le corps privé de vie.

Les besoins, les idées, les sentimens qui animent les pigeons, se manifestent par la voix, *par des actions en général , par des mouvemeas de locomotion.

Éprouvent- ils la faim, la soif, ib se montrent inquiets, allant, venant, jusqu'à ce qu'ils rencontrent l'objet de tant de démarches. S'ils ne^ réussissent pas , et que la faim devienne plus pressante, plus insupportable , ils volent sur la personne qui entre dans le^colombier , et lui témoignent -leur tourment par les gestes les plus expressifs. Ils cherchent avec leur bec quelque aliment dans les mains, entre les doigts^ dans la l)ouche, pourvu qu'on ne les effraie pas et que l'on se prête h leurs^ perquisitions. On peut faire servir cette observatiyn à rendre ces oiseaux très -privés et privés, au dernier point. - Lorsqu'ils souffrent du froid ; ils le font connoUre d'abord en ce qu'Us sont plus silencieux et en ce qu'ils se réfugient

éai)s leurs nids ou dans les endroits de la volière^ le plus à l'abri du vent 9 renonçant ainsi à ce besoiii de mouvement , qu'ils satisfont presque sans cesse en tout autre temps. Mais « quand le froid enfin les gagne dans le repos , ils se mettent à battre des ailes avec force ; ils se soulèvent un peu de dessus le sol par bonds alternatifs , et continuent qifelques momens ce manège.

Mais , parfois , ces mouvemens ne suffisent pas , et les pigeons désirent de la chaleur, en éprouvent le besoin. Alors, si le soleil vient à luire , ou si on les laisse approcher de quelque chose de chaud , ils s'accroupissent , étendent leur queue, et se plaçant un peu sur un côté, ils lèvent et ouvrent Taile, qui est libre.

La chaleur les incommode quand elle est très- forte ; dans ce cas, ils tiennent le bec ouvert, et leur gorge présente un mouvement singulier et alternatif de dilatation et de resserrement.

La clialeur, lorsqu'elle les fatigue, fait naître chez eux un besoin, qui reconnoit d'ailleurs encore plus d'une cause, le besoin de se baigner. Il se reproduit souvent, sans doute par l'utilité dont est le bain pour des oiseaux incommodés parla température de leur corps, par deux espèces d'insectes , ett.' Il est tel ce besoin , que le pigeçn se plonge dans l'eau, non -seulement en été et dans les saisons douces, mais encore l'hiver , quand on vient de casser la glace qui la couvroit. Toutefois l'eau chaude en bain lui plaît beaucoup. Ten ai accoutumé à entrer dans ce liquide, chaud à 28 ou 29 degrés. J'ajouterai que, si l'on imaginoit que leur épais plumage met obstacle à l'absorption cutanée , on se tromperoit. Je crois m' être assuré par des expériences, que leur peau fi une force absorbante, assez libre et assez active pour que, toutes choses égales d'ailleurs, de jeunes pigeons, plongés jusqu'au cou ou tout- à- fait dans une eau saturée de gaz acide carbonique , périssent par asphixie en moins de temps qu'ils ne le feroient s'ils étoient simpleiùent immergés jusqu'au cou , ou submergés dans une eau de rivière. Il ne me paroi t pas non plus possible de dcTuter que de l'eau sulfu^» reuse n'agisse , si elle est appliquée suffisamment de temps à la peau , sur Téconomie des mêmes oiseaux.

En général , les divers besoins que i*ai plutôt indiqués que décrits tout à l'heure 9 ne s^annoncent jamais par raction des organes de la voix^ et lorsqu'ils vienoent d'être satisfaits, les pigeons gardent encore le silence pour Tovdinaire. Ceci est remarquable, surtout en ce que ces animaux font dans tous les autres instans de leur vie un emploi très -fréquent, presque continuel des organes vocaux. Très t mobiles , irritables, querelleurs, amoureux, jaloux, inquiets', ils expriment toutes les affections auxquels ils s'abandonnent sans frein et tour à tour, soit par des sons brefs ou prolongés , aigus ou pleins, soit par un roucoulement, qui varie beaucoup aussi par là, vivacité ou la lenteur, la foiblesse ou la force, et ses nombreuses inflexions en général.

£n même temps que la voix se fait entendre , on remarque un gonflement plus ou moins considérable de la peau du cou. La voix, sous le rapport de sa force, paroit proportionnée a la dilatation de la gorge ; ainsi, elle est d'autant plus sonore et retentissante que le Volume de cette dernière est plus grand.

Des mouvemens. de locomotion accompagnent la plupart des inflexions que le pigeon donne à sa voix , et concourent ainsi à exprimer les affections, dont il est ému. Par exemple est-il prêt à combattre , mais avec une sorte d'hésitation dans l'idée, qu'il se forme de ses forces comparées à celles de-son adversaire, il se place de côté, serre ses plumes sur le corps, de manière à diminuer çon volume, élèv« .l'aile opposée au côté le plus rapproché de l'ennemi , gonfle légèrement la gofge, et menace du bec et de Taile, qui est fermée.

Onpourroit certainement trouver des caractères très-dlstinctifs, des races, au moins pour plusieurs d'entre elles dans la jnanière de combattre, qui leur est, la plus familière. Lespigepns à bec puissant marchent droit, à l'ennemi , l'attaque de front et presque uniquement du bec. Les pigeons à bec court combattent du bec aussi, mais davantage avec raile, dont ils frappent des coups redoublés, l^es pigeons grossegorge, trop vulnérables du côté de leur jabot, toujours enflé, attaquent ou se défendent de préférence à coups d^aile ; mais leurs adversaires essaient toujours de s'approcher d'eux et

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de les saisir près du bec, ou même dans le bec. Il est des petits pigeons patus, qui rarement emploient le bec et l'aile dans le combat; ils se contentent de se précipiter sous le corps de leur ennemi^' de le soulever ^ de lui faire perdre pied et de le jeter ainsi de cjO^të.. Assez souvent, au moment où ils passent la tête sous le corps de leur Adversaire, ils lui mordent la peau dans la partie où elle est dénuée de plumes. Une autre variété se rue sûr son ennemi , et ïé chasse par le seul choc de son corps. Au contraire , le pigeon tournant nuit surtout aux autres oiseaux colombacés en venant se cramponner sur leur dos.

Les mouvemens locomoteurs qu'exécutent les pigeons lorsqu'ils s'abandonnent à l'amour» présentent aussi des différences. En général , dans cet instant , ils gonflent leur gorge , relèvent les plumes du croupion et étalent en éventail les grandej pennes de la queue. Mais, en faisant ce mouvement, plusieurs variétés abaissent en même temps la queue et la traînent à terre; une oU deux variétés la tiennent presque droite. Les pigeons- paons la relèvent assez pour la renverser un peu sur le dos.

Il seroit «uperflu de dire que ' les pigeons font un grand nombre de mouvemens, d'actions, hors le temps nù ils éprouvent quelque passion. Ils doivent aller chercher leui! nourriture > les matériaux dont ils composent leurs nids y poursuivre de leur bec les insectes qui se cachent dans leur plumage, nettoyer ce dernier, lisser leurs plumes, etc. Mais. il est une remarque à faire ici à ce sujet. L'humeur, sécrétée^ par les deux glandes du coccix, diffère, à ce qu'il paroît, selon les variétés, pour l'odeur et la saveur. Peut-être estce cette humeur qui communique en partie au pigeon l'o-» deur qu'exhale son corps. Certainement la perspiration eu** tanée est pour beaucoup aussi dans ee phénomène. Au reste, ro4eur du corps des pigeons varie certainement, et elle n'est pas la même chez certaines races que chez d'autres. Si on pou* voit caractériser chaque nuance d'odeur, elle deviehdroit un bon caractère pour distinguer plusieures races d'entre lef autres. L'odeur du biset de colombier est très- douce. Celle qu'exhale le pigeon romain, une des plus grosses variétés, esir quelauefgis fé(idç çt alors appr^cl^e beaucoup de Todeur de

1» matière fécale, jaune et bilieuse, de la poule et du cLat §. IV. Ce n'est pas un des phénomènes les moins intéressans que présentent les pigeons, que cette disposition à vivFC en société qui les anime tous , quoique à un degré plus ou moins grand. La structure anatomique du corps nesauroît^ par quelque particularité remarquable, rendre compte de la sociabilité de ces animaux. Certaines circonstances de Féducation des petits exerceroient peut-être là quelque intervention i mais, en y réfléchissant bien , on trouveroit probablement que ces mêmes ^ circonstances sont plutôt un effet qu'une des causes de la vie en société. La cause d'un tel genre de vie est primitive; on doit le présumer. 11 faut qu'elle soit forte, permanente , puisque le sentiment de la ^lousie et le caractère querelleur , si dominant chez les pigeons , n'«n détruit pas Taction. Les avantages seub de la servitude volontaire près de .Thoinme ont pu Taffolblir, mais non l'anéantir. A cette cause primitive de soeiabilité, il s'en joint d'autres, secondaires sans doute, mais évidentes, mais réelles. Les pigeons n'ont que leur vol rapide pour moyen de se préserver de leurs, ennemis; et ce moyen ne Jeur sert qu'à fuir, parce que, ^vec un appareil puissant pour le vol, ces oiseau^ ne possèdent aucune aime réelle d'attaque ou de dépense. Leurs coups de bec, leurs coups d'aile ont une certaine force sans doute, plus grande peut-» être qu'on ne devroit s^ attendre, et cependant pourroit- on avec raison les comparer à ce bec, à ces serres, dont le plus foible oiseau de proie est pounru.

Si les colombes se réunissent en troupe, ce n'est pas non plus pour résister de front , pour combattre des adversaires si bien armés et pleins de ce courage que doAne la confiance dans ses moyens d'agression. C'est pour multiplier poiir chac|in des membres de la troupe, les yeux, les oreilles, tous les organes des sens qui peuvent l'avertir à temps d'un danger^ de l'approche d'un ennemi. ^

Mais si les pigeons vivent en société, afin' d'être plus sû-^' rement à l'abri <! es atteintes des' animaux carnassiers, ils doivent aussi , en marchant en troupe, chercher leiir nour* riture. Tout dans leur réunion ne sera donc pas calculé pour la défense fmai$ aussi pour les perquisitions , dont le hyit est

de (rourer des alimens, et sur un espace de terre d'une grandeur modérée.

En observant ces oiseaux lorsqu'ils agissent en troupe , on reconnoît qu'il est certains d'entre eux qui ont les fonctions de sentinelles, de vedettes; d'autres mangent moins qu'ils ne sont occupés à chercher des ulimens, et le reste de la compagnie est presque uniquement livré à satisfaire ses besoins^ la faim- et la soif. Ces derniers reçoivent , quant à leur marche, l'impulsion des oiseaux qui cherchent; et les uns et les autres se reposent sur les sentinelles pour être avertis du danger , s'il en> parof t un. Mais les surveillans ne sau-> ^ roient remplir leurs fonctions , qu'en prenant des positions qui leur rendent possibles les services sur lesquels se repose la société : ils se tiennent donc sur des arbres et de petites ëminencea du sol, ou planent, presque immobiles dans les airs.

Eux-mêmes ne prennent de la nourriture que lorsque rien ne leur parott inquiétant; et encore ils ne le font qu'à la hâte. Ils ne pourront remplir bien leurs fonctions que s'iis ont déjà quelque expérience , toujours acquise par l'âge. Leur rang dans la société vient de ces sources, âge et expé* rience. Ik ont encore une autre prépondérance, celle de la force, au moins par rapport aux très -jeunes pigeons. Ces derniers ne sont que des étourdis, des imprudens, que 1» société protège , que les adultes battent quelquefois , mais qui sont presque déchargés de toute surveillance, et dont la vie entière est employée à satisfaire les besoins de leui^ organisation.

Mais parmi les autres membres de la communauté il en est encore auxquels ^es soins de conservation sont confiés. . Lorsque les vedettes donnent le signal de l'imminence d'un danger, lorsqu'ils poussent un cri fort , prolongé, dur, lor»qu'en volant ils font claquer leurs ailes ; ces différentes aç* lions sont répétées par les membres de la troupe, dont je parle; et comme ils sont au milieu même de la compagnie ^ il n'est pas d'oiseau qui ne soit averti.

Mais existe -il dans ce cri, dans ces mouvemens bruyans des ailes, deux ou plusieurs nuances, que l'oreille de l'homme ne sait pas distinguer, mais que le pigeon est apte à perce^ voir? Quelque doute que Ton puisse avoir à cet égard, il

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est certain toujours que Falarme étant donnée, on roît la société, tantôt fuir à tir d'ailes, soit dans Les airs, soit vers des broussailles, selon la manière de chasser de rennemi; et tantôt serrer les rangs , pour ainsi dire, et se diriger vers une autre troupe d'oiseaux. Ce sont des pigeons. Et pourquoi P

Les deux compagnies se mêlent. Quelquefois il est ^Êiâeni que rien d'hostile n'a lieu entre elles. Quelquefois, au een* traire, on combat, des plumes tombent, des mouvemens brusques, deai chocs se remarquent entre les IndiTidutB Alors cette mêlée , selon, ce qui &y est passé, se termine âm Tune ou l'autre de ces manières; Ou l'une des troupes est devenue plus nombreuse , ou l'une d'elles fuit en désordre , en prolongeant ou non le combat. ,

Lorsqu'une des troupes est plus nombreuse, c*est qu'elle s'est recrutée des membres de l'autre ; c^est que son nojrau primitif étoit formé de pigeons que nul autre )>esoin que celui de se distraire mettoit en mouvement. '

n En Perse , dit Chardin , c'est un plaisir du peuple de « prendre des pigeons à la campagne par le moyen de pi- « geons apprivoisés 'et élevés à cet usage. On les fait voler <c le long du jour après les pigeons sauvages ; ils les nietteot « dans leur troupe et 1er amènent ainsi au colombier. * Mais ce stratagème ne réussit guère que sur les individus jeunes et non mariés ; eux seuls presque sont entraînés.

Lorsqu'une des troupes fuit et qu'elle exécute sa retraite franchement, sans continuer le combat, on peut être assuré qu'elle n'habite pas ordinairement la contrée. Elle j avoit fi^it une invasion, soit pressée par la faim, soit poussée par cet esprit de recherche , de curiosité , dont j'ai parlé précédemment. Mais si, dans sa retraite, la troupe continue à se défendre, si ce, n'est pas le courage, ni l'opiniâtreté, mais réellement la force qui manque aux vaincus , ceux-là étoient les usufruitiers depuis long -temps du canton où ils ont été attaqués, d'où ils sont contraints de se retirer, qu'ils n'abandonneront qu'après des combats dans lesquels ils mettront la persévérance du désespoir : c'est que les pigeons , comme la plupart des autres animaux, semblent fonder un droit viager de propriété, par l'usage, sur les lieux qui

)eur servent ordinairement de retraite çt dans T-^tendue desquels ils vont a la reckerche de leur nourriture, depuis un certain temps.

Telle est la société colombine; tels sont ses liens, son ré^ gime intérieur, son but, ses. prétentions. Tout y est calculé pour sa durée , sa conservation , et assez bien pour qu'on ne piilMI» supposer que ses besoins ont seuls déterminé sef membres à se rapprocher des habitations de l'homme et À se ffjH>umettre à une sorte de servitude.. Si la société colombine ne r^nfennoit pas dans la. manière dont elle est con^tituéç des ^Doyens suffisais de préservation, on ne verroit pas les pigeons^, ces oiseaux qui montrent des sentimens si tendres ■ pour leurs petits, aussi long- temps que .ces derniers ne peu* vent voler, passer en moins de cinq à six jours à des dispositions très- différentes^ Non -seulement ils ne veulent plus les nourrir, mais encore, après avoir excité leur progéniture, à essayer ses ailes, iU finissent par la chasser du nid. Lés |eune3 pigeons suivent sdojps la troupe : c'est à elle que désormais .ils appartiennent. Ils ont les. leçons de l'exemple , et l'obéissance du foible. Pourroit-on penser que la nature, Ù prévoyante quapd il s'agit de conserver les espèces, eût mis le terme si court de trois semaines à un mois à la tendresse des parens^ppur leurs petits parmi les pigeons, si elle n'eût préparé un asile assez lûr pour assurer leur vie à ceè mêmes petits, foibles, inhabiles, sans prévoyance f ( II. est donc probable, ce semble ^ que la famille des colombes renferme, des espèces, des races, qui non -seulement aiment & vivre en société , mais encore qui éprouvent de l'entraînement vers Thomme , qui le recherchent , qui se ]daiaent avec lui , qui sont susceptibles de sentir le désir d'attirer son attention , de se cpncilier sa bienveillance. Sans doute les avantages que l'homme leur offre , le logeaient, la nourriture» l'éloignement de beaucoup dHnquiétudes qu'il assure à ces oiseaux , ont pour eux un puissant attrait. Mais cet attrait n'a pas été seul décisif. Que les hommes ne se targuent pas trop de Tinfluence qu'ils exercent sur diverses classes d'animaux ; une main plus puissante , plus habile a préparé .leurs succès en ce genre, si même elle jie les a produits seule. Autrement, si l'espèce humaine de- 40. 27

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voit â elle-même de pareilles conquêtes i pourquoi donc nV t-elle pas augmenté ses richesses en ce genre, fit pour ne parler ici que des pigeons^ pourquoi ne s*est-elle adressée qu'à des races médiocres par la taille et la beauté; pourquoi ne s* est -elle pas soumis ces belles et grandes espèces qui Iiabitent , À Fétat sauvage , si près d'elle , autour de ses babitations champêtres? Elle l'a tenté plusieurs fois; elle n'a pas réussi.

Les animaux, et en particulier, les pigeons derenns do* mestiques , sont passés à cet état en vertu d'une dispcfsitioa spéciale , première, et par les soins de Fhomme. Quel ebangement a amené la servitude dans la sociabilité des pigeons ! Ici on découvre encore les bornes étroites que ne peut dé> passer l'influence des soins de l'homme sur ces oiseaux. Il leur donne un logement qui les abrite contre les Intempéries des sabons et les attaques de leurs ennemis* lis n*ont donc plus de motif de crainte sous ce rapport. Une nourriture en quantité nécessaire pour satisfaire leurs besoins, est mise à leur portée. Il leur devient donc inutile de ma'reber en troupe et avec beaucoup de précautions, pour aller au loin chercher des alimens. £n€n , l'homme écarte de aon ba* bitàtion tous les animaux ennemis ; dès -lors le pigeon apprend par expérience qu'il peut s'aventurer dans la plaine sans les secours d'une surveillance auxiliaire de la part des autres pigeons»

Le but de la sociabilité des pigeons n'existe donc plus , en grande partie , lorsqu'ib se sont soumb à éTtre domestiques. Voilà f effet des soins de l'homme , c'en est iiussi les limites* Car les pigeons apprivoisés , libres ou renfermés dans une volière, continuent à offrir à l'observateur ces phénomènes de leur intelligence et de leurs affections, qui, dans la vie ^sauvage ou demi -domestique, concourent à la fomiation et au maintien des sociétés. Ainsi > on en remarque qui sont constamment des avertisseurs, par un cri prolongé et fort, pour leurs camarades, et d'autres qui ne prennent jamais cet emploi. On s'aperçoit aussi qu'il y a des individus qui font toujours claquei^ leurs ailes en volant; tandis qu'il en est dont on n'entendra jamais un pareil bruit. Enfin il existe, sans aucun doute, entre certains de ces oiseaux une

PIG 4i9

gMtlJe diffërence sous le rapport de leur esp riL d ^enauéte > de leur curiosité, de leur industrieé

§. V. Tout semble donc f^roirëté prévu par iof^tùre, afia que les étfes qu'elle a créés, puissent subsister, se Conserver ^ et se perpétuer au milieu des conditions variées où ils peuvent être placés par une foule de causes accidentelles* Ce ne sera pas pour produire d'autres preuves de cette véHté que je Vais m'arréter encore à quelques considérations de ce genre; Inais p&tee qu'elles me conduiront à proposer une division nouvelle des pigeons domestiques en variétés ef sou^variétés*

Il est aisé de reconnoitre qtie ces oiseaux offrent des signes eommuns à tous» et des traits particuliers qui proviennent de l'âge, du sejce» ou de la constitution ^ ou de modifications des mêmes parties sous le rappoi^t de l'organisation ^ delà forme, des proportions; et de la manière diffémite dotft t'exéciilent certaines fonctions, et dont la santé et ta maladie ae manifestent le plus souvent , etc«

Dans tôits ces phénomènes ne se reqCOnti^ pas téltki qui pourrott, d'après l'opinion adoptée des naturalistes, faire admettre, entre tous les pigeons apprivoisés., plusieurs es<» pèces; car tous ces oiseattx, accouplés diversement ^ donnent naissance à des individus fSéconds* Si tel est véritablement le aeul, l'unique caractère de l'espèce, Il ne reste plus qu'à se rendre compte comment des causes secondaires ont pu amener dans certains pigeons ces différences si remarqnablea d^un bec extrêmement Court et gros^ ou long et crochu i d'un appareil fibreux qui est capable de redresser et ren^ verser sui^ le dos les pennes caudales; du nombre doublé et plus dé ces mêmes plumeté Où ne connoit pas encore udé seule cause qui ait la puissance de produire de tels phéno* mènes. Il seroit donc très -possible que l'on fût dans le cas un Jour de se former nûe idée différente de l'espèce; et lorsqu'on voudra méditer ce sujet ^ on lira avec fruit plus d'un passage de l^ouvrage de M* Chevreul^ sur l'analyse chi* nique des corps organisés*

Mais si l'opinion régnante ne permet pas de voir plusieurs espèces dans le g^upe domestique de la tribu des colombes^ on possède asses de faits pour j distinguer des variétés nom* breuses* Comme signes des unes , on prendra d'abord les

phënomèifes dont il n^est pas sûr qu'on ne pût se servir poue marquer ^^mpéces; les autres Seront déterminées d*àprés quelques ^jRs de moindre valeur; mais jusqu'ici on n^a pas marqué les limites que Ton devoit s'imposer à cet égard. £h bienl pour les pigeons du moins > il faudra , outre quelque signe particulier et assex remarquable , que ces oiseaux pré» sentent tles formes .générales^ une allure , des mœurs , quelque chose de spécial dans tout leur être ; et que ce tout soit "constamment transmissible par la génération à leurs petits^ sans quelque altération notable.

■ Voilà la rapide e3q>ositîon de ce que j'entendrai dans cet article par variété et par espèce. Je dois Hiaintenant répondre ^ une autre question. Parmi les pigeons domestiques, les tourterelles et le goura exceptés, -on ne recoanott pas d'espèce; mais «lors « quel oiseau faut -il rattacher toutes leurs variétés P. Bufibn Ta dit^ et avec son admirable talent. Seulement que l'on me permette de représenter, avant de citer ses propres paroles^ et pour prévenir l'impression qu'elles ont "toujours la puissance de produire, que peut-être on ne peut rapporter au seul biset toutes les variétés à bec court et gros, à bec crochu et fort, à queue de paon , etc» . « Supposant une fois nos colombiers étàblb et peuplés, ce « qui étoit le premier point et le plus dijfficileà remplir « pour obtenir quelque empire sur une espèce aussi fagîtiTe, te aussi volage, on se sera bientôt aperçu que» dans le grand « nombre de jeunes pigeons que ces établissemens nous pnh « duisent à chaque saison , il s'en trotfve quelques-uns qui « varient par la grandeur^ la forme et les couleurs. On « aura donc choisi les plus gros, les plus, singuliers , les plus M. beaux; en les aura séparés de la troupe commune, pour les « élever à part avec des soins plus assidus et dans une capte tivité plus étroite : les descendans de ces esclaves choisis <K auront encore présenté de nouvelles variétés, qu'on aura ff distinguées, séparées des autres,. unissant constamment et « mettant ensemble ceux qui ont paru les plus beaux ou les «t plus utiles. Le produit en grand nombre est la première « source des variétés dans les espèces; mais le maintien de « ces variétés , et même leur multiplication , dépend de Is « main de l'homme. *•••• et par ces attestions suivies os

« peut y arec le temps, créera nos yeux, c'est-à-dire, ame<^ a ner à la lumière une infinité d*étres nouveaux, que la « nature seule n*auroît jamais produits. Les semences dé « toute matière vivante lui appartiennent , elle en composé « tous les' germes des êtres organisés ; mais la combinaison ,- « la succession, Tassortissement, la réunion ou la séparation « de chacun' de ces êtres, dépendent souvent de la volonté « de Thomme : dès lors il est le maitre de fbrcer la nature « par ses combinaisons, et de la fixer par son industrie; dé « deux individus singuliers qu'elle aura produits comme par « bacard, il en fera une race constante et perpétuelle, et « de laquelle il tirera plusieurs autres races, qui, sans se^ 4t soins, n'auroient jamais vu le jour.^

Il est certain que tout observateur attentif peut suivre avec asseï de facilité dans beaucoup de variétés du pigeon domestique ces altérations diverses des caractères auxquels on reconnoit le biset. Celui-ci peut donc être considéré comme le type originaire de beaucoup de nos pigeons de volière.

Rester dans le doute à tet égard ^ sera sage pour les va^ riétés connues sous les noms de plg-eons polonois , à cravate » batave, etc«

Mais pe seroît-ce pas à des pigeons sauvage» et étrangers, d'Asie ou d'Afrique, par exemple , qu'ielles devroîent leur origine P II en est, le pigeon de Barbarie ou de Crète, qui ont le bec court et les yeux entourés d'une bande de peau nue; d'autres, le pigeon de Guinée, de Brisson, ou le rous-^ sard, ont la taille à peu près d'un pigeon ramier, avec une peau nue et rouge autour des yeux , le bec noir, et cependant la membrane des narines est cendrée; certains sont patus; quelques- uns patus et huppés ; plusieurs espèces agitent leurqueue oomme la bergeronnette , tels sont certains pigeons dts fies Philippines, et notre ramier, etc. Voilà une large porte ouverte à des conjectures. Quel moyen de déta*uire tant d'incertitudes l D'abord faire venir en France autant d'espèces de pigeons sauvages et étrangers que l'on pourra s'en procurer de vivans, les étudier et ohercber^à les faire produire pendant long-temps, et sans se hâter d'en faire aaitre des races adultérines. Les naturalistea voyageurs oui dCi

commencer par recueillir et bous transmettre les dépouilles des êtres naturels ; mais ce n*est plus assez maintenant : le dé« nombrement des espèces animales est presque fait; rinstruc* fiôn que donnent leurs dépouilles mortes, sansétrevncore épuir sëes^ ne peut être complétée que par Tobservation et Tétude des êtres vivans. Eh pourquoi n'a<rt«ron pas encore apporté de la Barbarie , de la Guinée , du cap dé Bonne-Espérance, de la Norvrége> de TAsie» des Indes occidentales^ du Mexique, ete, cette foule dVspèces de colombes, les unes demi-'CauvageSy les autres remarquables par quelque phénomène bien tranché ? I«e temps en est cependant yepu. Fuissent dos hommes zélés et industrieux entendre cet appel !

En attendant cette époque d'une instruction fort désirable , il ne sera pas inutile de noter ici quelques idées sur les causes qui ont pu amener dans les pigeons les altérations des formes, des signes , des mœurs propres à certaines races , que ces races soient pHuiitives ou secondaires.

Les climats, qui changent tout, à peu d'exceptions près, seroient-ils sans puissance sur la constitution d'oiseaux seo- ^ibles au froid, à la chaleur 4 à la sécheresse, k rhuraidité, etc,P Quoi| les pays dont les températures et les conditions climatériques sont isotermes, u*auroient pas de l'iutluence et une influence analogue sur lés animaux mammifères ou oî« féaux, etc.! Ainsi, lorsque les contrées très*froides et plus ou moins humides sont (habitées p^r plusieurs espèces animales, dont le pelage et les plumes sont blancs , au moins u|ie certaine partie de Tannée) dont les extrémités des membres sont abondamment pouirues de poils nu de plumes, etc., pounroit'On taxei^ d*une grande erreur , l'idée qui attri« bueroit à une cause analogue les pigeons blancs et patus, tel que le pigeon àe Norwége, etc. Si en Afrique. ou dans quelques autres parties du monde 9 voisines de l'équateur , on rencontre des pigeons dont les pieds soient emplumés, cela ne proviéndroit-il pas de ce que ces oiseaux se retirent à certains temps de l'année ou de la période ayctémérique dans des lieux élevés et froids. Tel seroit le cas du pigeon roussard. D'un autre côté, les régions très -chaudes présentent une population animale remarquable par \si beau té » surtout des oiseaux à plumage brillant de couleurs vives et variées.

Que Ton examine les plumes du pigeon roussard ou à taches d'Edwards^ et ceUes de nos beaux pigeons maillés ^ n^aper* cevra-t-on aucun rappoH entre elles P Les espèces d*oiseaux à taille gigantesque ont pour patrie , le plus grand nombre , des contrées très -chaudes, quelques-unes les sommités glacées des montagnes; qu'est-ce qu'il y auroit d'étrange à penser que des conditions pareilles de température ont développé les grandes races de pigeons. On ne sauroit oublier les pigeons de la Campanie, de Rome, de l'Espagne, de la Perse ctc«, ni le pigeon de Norwége. Selon les lieux qu'ils sont destinés à habiter, ou qu'ils habitent depuis un temps très -long,, les animaux n'ont-ils pas une conformation et des mœui^ particulières? Chez les oiseaux qui doivent surtout fréquenter les plaines, tout est disposé paur une locomotion rapide , et exécutée plus ordinairement par les membres pectoraux que par les membres pelviens^ Ainsi l'on voit des races de pigeons douées au plus haut degré de la faculté de voler ; d'autres , peu aptes au vol , courent avec rapidité , tels que le goura , cer"« tains bagadais, etc^; plusieurs se montrent plus habiles à Aiic à travers des branches d'arbres nombreuses, qu'à soutenir un vol long et élevé dans l'espace libre des airs^ De là des difié-L rences de longueur, de formes et de force dans les ailes eh les jambes des oiseaux colombac^

Si l'on poursuivoit ainsi la recherche de$ causes qui ont pu produire ou conco4irir à produire des moddfications im^ portantes et durables dans la tribu des pigeons, on verroit que l'espèce de nourriture , la Cscilité ou la difficulté de la saisir, son abondance au sa rareté ^ etc«.« ont dû influer sur la. taille des pigeons, sur la longueur et la force de leur bec , etc. ; on reconnoitroit que l'air, les eaux , les lieux ,. les alimens , ont dû exercer également une véritable infl.uen«e sur leur constitution. Mais qui voudroit nier encore que ces mêmes 4;ajises ^ en amenant des maladies, deviennent avec ces dernières une autre source d'altérations de formes et de force» qui peuvent durer toute la vie des individus et être transmises par eux, à, la vérité d'une manière peu marquée, à leurs petits. Ainsi ^ c'est certainement un vice de conformation ^ presque maladif, mais surtout contraire à la conservation de quelques variétéa de pigeons^ que le bec si excessivement couçt dont sont douéa

•ces mêmes variétés. %a effet, eUes ont le bec couft à cie point que les oiseaux peuvent très -rarement élever euxmêmes le^r8 petits. Conviendroit-il encore de rapporter à tout nutre cause qu'à un état maladif , le plumage âoyeux où cotonneux et impropre au vol que Ton observe chei plusieurs variétés secondaires de pigeons , etc. 9

Il faut Favouer , Faction de ces diverses catises est lente «UT les animaux' et en partictdier sur les colombes; mais , pour être lente ) elle nVn est pas moins réelle, efficace; et à sa lenteur ce joint la permanence : elle est donc toujours instante, elle continué donc à modifier sans cesse ift ce qu'elle a produit , et ce que les besoins, les goûts^ les caprices de Tbommc ont su créer à leur tour de variétés. De ià est arrivé , ou a dû arriver, que des valriétés, ou pourrie moins des variétés secondaires ou tertiaires , se sont perdues, et que d'autres ont été développées. Au nombre des variétés perdues, on doit compter, entre autres, presque toutes celles queBuffon a signalées parmi les pigeons grosses-gorges, etc. Il neseroit pas facile de dire qu'elles sqtit au contraire celles qui ont été forinées, mais il est plus curiieux de savoir comment on a obtenu la plupart d'entre elles. Or, de tous les moyens mis à la disposition de l'homme, cenx qui exigent une longue suite d'années, tels que seroient les changemens de climat, de nourriture, dans le genre de vie, ont été négligés, quoique les plus instructifs, et probablement les plus féconds en résultats digtaes 4c remarque. On 'a eu presque uniquement recours au mélange des races déjà connues, moyen à la portée de l'ignorance et fovorable à la paresse de l'homme éclairé; moyen qui ne pou voit que jeter une pâle lumière sur la physiologie des animaux; moyen, enfin, qui ne pouvoit procurer Fexisteifce qu'à des êtres doués de qualités mixtes, presque toujours prévues^ et ne sortant jamais du cercle de ce que l'on connoisioit déjà.

' Le principal avantage du mélange des races est d'avoir dft métis qui, toutes choses égales d'ailleurs, font beaucoup phis de petits que leurs parens.

Par ce moyen aussi on multiplie les nuances de couleur qui^ peuvent décorer le plumage des pigeons; on ajoute ou on retire à des variétés une huppe; les plumes du: tarte; leHe

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6u telle- coloration de l'iris; là peau nue, rougeàtre , caronculée du pourtour des yeux et du bec; ou certaines proportions dans lel^c, dans le^ tarses, dans les ailes, dans la taille et' la forme du corps, sous le rtipport de la longueur, d^ Tépaisseur, de la largeur, de, ragréâient.\

Dans le développement de pareils* changemens, y a-t-il quelques conditions qui exercent une influence assurée P II le parottroit* On a -remarqué qiie deux caractères dominoient dans chaque mélange, celui de la race et celui du xnàle. Ainsi de Tunion de deux oiseaux dififérens de race, naissent des petits qui , pour Tordinaire « offrent les traits du mâle et des pigeons de sa race.

• Par. exemple, la queue du pigeon-paon mâle ou femelle est transmise aux petits méti», à la vérité moins belle, moins érectile. De même le capuchon du nonain , la coquille de certains mondains , les tarses émplumés des pigeons patus, passent , en partie au moins , k leurs métis. Quelquefois le mâle ne donne que la forme générale du corps et les couleurs du plumage.

Mais U est une condition commune de l'organisation qui joue également un grand rôle dans la production des efi*ets du mélange de race : c'est la constitution forte ou foîble de chacun des oiseaux qu'on a apparié. Si le m&le est plus robuste que sa femelle, il imprimera bien plus certainement les traits qui le distinguent à ses petits. Si, au contraire , c'est la femelle dont la constitution est la meilleure, la plus forte, elle communiquera à sa jeune famille, en grande partie, les signe» de sa race, les formes de son corps et ses mœurs; le mâle n'aura donné que la couleur de son plumage et quelque chose de sa taille.

. 11 faut ajouter encore que, dans ces unions mixtes, la race la plus anciennement existante, celle qu'on ne saurait actuellement créer de toutes pièces, pour ainsi dire, l'emportera ordinairement sur la race qui déjà est uniquement le produit d'un mélange de race antérieur et d'une date peu ancienne. Ainsi la race du biset a plus de force pour se reproduire, malgré les causes qui peuvent l'altérer, que celle du nonain , ou du cravate, ou du polooois, et cette dernière plus de foroe que celle du pigeon miroité, du cavalier, etc.

En rëfléehiaBant à ces considératiiMit sur Tiiiftiience ée U race, du sexe» et de la constitution dans les rësoltata des croisemeas de races ^ en accordant encore une «ertaine pnîs« sance à Tàge et aux conditions actuelles dans lesquelles oa place les oiseaux qu^on apparie y on sentira aisément comment il se fait qu'on ne peut jamais être sûr absolument d'obtenir tel ou tel effet d'un mélange de race; rë.tat dans lequel se trouve chacun des deux oiseaux qu'on a unis, décide des caractères que les petits offriront*

§• VL D'après ce qui précède, et par suite de l'examen attentif des individus qui forment la nombreuse tribu des pigeons domestiques, eolumhœ donuUicœ^ j'ai classé cesoiseanx en quatre sections, qui ne renferment que quatre espèces, et beaucoup de variétés et de sous-variétés.

En attachant un numéro à chaque espèce et à chaque va« riété, je n'ai en vue que de rappeler ainsi cooimodément le nombre des unes et des autres* Biais il est -arrivé par la na^ ture des choses que la série des variétés ne commence qu'après la troisième espèce; que, dans deux sections, on ne compte pas d'espèces, et que l'on continue à n'y rencontrer que la suite et la fin des variétés. Il faut excuser cette dérogation aux usages reçus touchant les classifications* EUe repose sur les considérations générales qui précèdent» et qui font dour ter de la réalité des rapports étroits que l'on avoit cru aper* cevoir d'abord entre les pigeons à hi?ç grôle eux-mêmes» puis entre eux et les pigeons soit à bec courte soit à bec robuste; en sorte que l'on a pu supposer ici^ que l'on ne posy sédoit plus que des variétéa de certaines espèces ignorées*

!•'• Section* ^

Bec 4roit, grêle, flexible et foiblement renflé vers le ba«i; tarses courts \. ailes longues et pointues, forme alongëe du corps et de tontes ses parties.

!.'• Espèce*

La TooRTEXELLE A COLLIER, CoUtmha riuxHa, Latb«, est uii peu plus grosse que la tourterelle .dfiê bois, columba tmiar^ Elle a la tête obloogue; l'iris rouge orangé; le bec gris blanc» et noirâtre à la pointe; un collier noir» asses étroit « sur k

deisuft du cou; les parties supérieures du corps d'un bknc rougeàtre; le devant du cou , la gorge et la poitrine de la même couleur , nais avec une légère teinte de vineux ; le reste du .dessous du corps blanc; les pennes des ailes d'un gris brun et bordées de blanchâtre ; les rémiges cendrées et terminées de blaoc, à l'exception des deux intermédiaires, {«es pieds sont rouges.

Le mâle et la femelle sont parés des mêmes couleurs. Leurs petits offrent 4es teintes plus claires , et le collier ne se voit chez eux qu'à la première mue. Ces oiseaux sont très-com'muns en Egypte, où l'on en prand un soin particulier: ils sont aurtout en grand nombre à Alexandrie et dans les villes; ils y vivent en pleine liberté, et sont aussi apprivoisés que noê pigeons de volière. On en a fait l'essai en France, et il a réussi pour deux .ou trois couples à un honorable natura«* liste»

Leur roucoulement est ennuyeux et fatigant à entendre; c'est certainement une des causes qui fait renoncer à élever en plus grand nombre les tourterelles à collier. Elles font une ponte k peu près tous les mois; leurs petits, très-faciles à en* graisser, ont alors, une chair asseï délicate.

Cette espèce de colombe se trouve probablement à l'état sauvage en Afrique et aux I^des; telle est la tourterelle à collier du Sénégal.

Elle présente une variété toute blanche, la Touaterelle 9ULNCHE, Cçlumha rkiêria alha. Elleert entièrement blanche, et douée des mêmes ynœurs , du même instinct que la précédente» iait entendre le même roucoulement^ etc. Ces deux piseaux produisent ensemble, et les petits qui naissent de leur union, ae montrent par la suite aussi féconds que leurs parens, et leurs générations successives conservent la même puissance dejnnltiplier. On a dope eu tort de vouloir Tcconnoitre dans la iourterelle blanche une espèce distincte; il ne faut voir en elle qu'une race particulière.

Cette tourterelle et une tourterelle à collier étant appariées ensemble, donnent la vie à des tourtereaux, ou totalement delà couleur de Tune, ou tout-à^foit de la couleur de l'autre. Celui qui est tout blanc n'atteint jamais ,. et ni plus ni moinf que les oiseaux de sa race» une grosseur égale à celle

de la toorterelle à collier; U n'a point aussi de colUer notr, mais le collier blanc, qi|i lui> est nat-urel, est remarquabte par one teinte blancbe particulière d'un blanc plus dé* cidé que celui du reste du co^s. Enfin, comraeceux de leur race, ces tourtereaux blancs ont une constitution plus déli^ cate que la tourterelle à collier, et témoigneat plus de 9^ sibilité qu'elle pour le froid. ^

Si on apparie les deux variétés de tourterelles dont il vient d'être question, avec la tourterelle grise des bois, et eda n'est pas dilBcile, on obtient des mulets absolument- inféconds. Ils se comportent cependant en tout comme leurs parenSj s'accouplent, pondent et couvent; mais jamais lesœuft n'ont le germe indispensable pour le développement d'un petit. D'ailleurs ces mulets ont toujours le plumage d'une teinte uniforme plus ou moins foncée; vineuse à la tête, au cou et à la poitrine; cendrée rougeâtre au dos; brune salé au ventre, sur les ailes, à l'extrémité de la queue; brune aux pennes. Ils ont aussi les pieds rouges*

Je suis persuadé que l'on peut parvenir aussi à apparier les deux variétés de tourterelles à collier à de petits pigeons mondains; il est présumable que les petits qui-naltroient de cette union ^ resteroient tout-à-f^it incapable* de se reproduire.

On ne sauroit nier d'ailleurs que les totii!terelles grises de nos bois, et les deux variétés de tourterelles blancbes à collier, ont avec les pigeons la plus grande analogie. Il y a ce^ pendant entre eux une véritable différence : c'est que les petits qui naissent de l'alliance des tourterelles entre eUes, ont toujours un plumage uniforme, tandis que les. pigeon* neaux, dés que l'on croise les races des pigeons entre elles^ présentent des livrées variées qui rappellent 1^ teintes du ])Iumage de leurs père et mère. Le chant ou roucoulement des tourterelles n'est pas le même non plus des pigeons pnK prement dits.

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