SPÈCE
Le FipEON BonssARD { Columha guinea , Lath. ; Pigeon à taches y d'Edw.; Colombe roussard, Temm.), est de la taille du ramier d'Ehirope ou 3>lut6t de notre biset.. Il a le» jeu:^
"énfourës d'une peau rouge; Tiris d'un beau jaulie^ le bec noirâtre j la télé, la gorge, le ventre, le croupion et les couyertures du dessus et du dessous de la queue d'un gris -bleu clair } le haut du dos, les scapulaires et les couvertures des ailes d'un roux cannelle et pourpré. Une tache blanche, de Ibrme triangulaire, termine le centre' de chacune dé ces plumes de recouvrement, de manière que l'oiseau paroi t marqué de iaches triangulaires sur les ailes, disposition de couleur que rappellent jusqu'à un certain point nos pigions m^ùUés. Mais toutes les plumes du cou et de la poitrine sont échancrées vers le bout en forme de fer de lance. Les tarses sont à demi garnis de plumes.
Le roussard paroît susceptible d'être élevé comme nos pigeons de colombier, et se montre en Afrique ce que sont eoi Europe nos bisets, c'estoà-dire à demi domestique; au moins il le semble d'après les foibles renseignemens que l'on possède sur ce pigeon, digne cependant d'être étudié, et bien étudié à beaucoup d'égards. Mais c'est surtout des in4ividus vivans qu'il seroit à désirer qu'on apportât en Europe.
3/ Espèce.
i.*" Variété. Le Pigeon bisbt decolombieb, Columha /iVût, Var.,a treiié pouces de longueur totale; le bec rongeâtre; l'irk d'un rouge brun; la tête, le haut du dos, les couvertureë des ailes, la poitrine, le ventre, les flancs et toutes les courertnres de la q&eue d'un cendré tirant sur le bleu ; la par^ lie inférieure du dos blanche , ou d'un bleu cendré plus pâle que sur le' resté du corps. J^ai examiné un grand nombre de bisets de colombier, et j'ai rencontré ces deux manières d'être du dos sous le rapport de la couleur; Ils ont le cou d'un vert doré à reflets; les pennes primaires des ailes d'un cendré noirâtre; les autres d'un cendré bleu et terminées de noir;. deux bandes transversales de cette couleur sur l'aile; les pennes de la queue d'un cendré plus foncé que le corps et terminée^ de noir; les plus extérieures de chaque côté b^nches ; les pieds rouges et les ongles noirs.
11 est quelques naturalistes qui admettent comme espèce distincte du biset sau vage, Oiroc, Arist«, Columha œna$ , Latb., çt même biset de colombier redevenu sauvage. Mais il ne
i^io PIG
font pas aftentîon que le biset sauvage, le biset de eololtiiief à Fétat de liberté, et le biset de coloBubier que je viens de décrire, ne sont que le même oiseau , différant par les mœurs et quelques nuances de couleur dans le plàmage et aux tarses» Ainsi le biset sauvage a presque constamment la partie inférieure du dos blanche, tandis que celui de colom* bier a cette même partie plus rarement blanche, et plus ordinairement d*un cendré bleu pâle', etc. De plus , ce der* nier a éprouvé dans ses mœur% primitives un nota^ble e1iao« gement, il a renoncé à une 'liberté entière, qui a ses dangers, pour une liberté limitée, mais volontaire, et qui a moins d'embarras apparens. Il a uu toit, une retraite assurée, et dans les mauvais temps une nourriture suffisante i raison de sa sobriété native.
Son nom de biset lui parott venir de sa couleur plus bise que celle des pigeons tout-à-faît domestiques; mais, si son Jilumage est moins éclatant, il a conservé, en se maintenant dans une demi-domMicité, plusieurs avantages précieux. H est plus robuste et plus courageux; il sauroit , en cas de né» cessité, satisfaire à ses besoins, ou supporter une nourriture peu abondante , presque san's souffrir. Comme il a conservé beaucoup de ses habitudes premières, il retrouveroit proinpiinnent toutes celles qui lui seroient nécessaifes pour Ikirè |Mrtie des troupes de bisefs sauvages.
Les premiers effets de la vie demi-domestique sont d*ame* ner des variétés de plumage; les ailes S6 couvrent dé quelques taches noires, ou le plumage devient plus pâle^ blane même par place ou en entier, selon, l'espèce d'alténiition qui a pu s^pérer par des mœurs moins dures dans la cooatitutiott de l'oiseau. On doit se rappeler à ce sujet que beaucoup de mammifères et d'oiseaux sauvages ou demi^sauviiges perdent leurs couleurs normales et que leur manteau offre une couleur blanche. Les autres variétés de couleur ne aurvien» nent que plus tard.
On peut s'en faire une idée sous le rapport du nombre et des nuances, en examinant Ici variétés de couleur que pré^ sente le plumage des pigeons bisets fUjrards , des pigeons de roche , etc. Ces derniers oiseaux ne «ont en réalité que des bisets de colombier ^ qui portent k perpétuité les itîgmatcf
ifmè demi •domesticité très •ancienne. Leurs mœurs oflVent Tinage de coupables qui ont rompu leur banc- Ils étoient domestiques à demi, ils n'ont pas su recomposer une troupe , ni osé se' réunir à des pigeons de tout temps sauvages; ils 7i*ont pas repris Fhabitude de se percher, ni de construire leurs nids sur des arbres. Ils font un plus'grand nombre de pontes que le biset de colombier, lorsqu'ils trouvent aisé^ ment de la nourriture, etc.
Si on observe ce dernier, le biset de colombier « on ne -peut métonnottre qu'il aime toujours k vivre en société ; mais cette société n'est plus réunie par des liens que la nécessité ^ la sûreté de chaque oiseau réclament. Chacun de ses mem» bref en est plus indépendant, parce qu'il possède un abri assez aùr contre ses ennemis, contre les intempéries de l'air, contre la faim. La protection de l'homme s'étend loin de l'habita*^ tion ; il y a une sorte de sécurité pour la troupe , lorsqu'elle Vest élancée dans les plaines : dès-lors, pourquoi reconnoitre des che& qui tiennent leur autorité de la force ou de l'âge P Dans une commune servitude, il ne peut y avoir de préé>' snlnence. Dès^lors , pourquoi s'assujettir les uûs à faire sentinelle, puisqu'il y a peu de danger; les autres à chercher les lieux où il y a le plus de nourriture , une eau pour se -désaltérer, puisque ni la faim ni la soif ne sont pressans.
Les'bwets produisent souvent trois fois l'année, pondent à deux jours de distance, presque toujours deux oeufs, rare^ ment trois, et n'élèvent presque jamais que deux petits , dont ordinairement l'un se trouve m&le et l'autre femelle. Il y en 'a même plusieurs, et ce sont les plus jeunes, qui ne pondent qu'une fois. Le produit du printemps est toujours plus nom* breux , c'est-à-dire la quantité des pigeonneaux dans le même colombier plus abondante qu'en automne , du moins dans nos climats.
Ils aiment les lieux paisibles, la belle vue, l'exposition du levant , la situation devée où ils puissent jouir des premiers rayons du soleil. C'est surtout au printemps et en automne qu'ils semblent rechercher les influences du soleil, la pureté de l'air et les lieux élevés.
11 soit de leurs mœurs que les meilleurs colombiers , ceux où ils se plaisent et multiplient le plus, ne doivent pas être
trop prés des habitations , Qu'ils seront places avec, avantage sur un monticule j et à Texposition du levant en été et en hiver.
Une remarque mérite d'être consignée ici , et viest à Fappu de l'opinion qiie le biset de colombier est la souche de beaucoup de pigeons domestiques* C'est que ces demiert recherchent toujours avec empressement et une préférence marquée, lorsqu'ils sont amoureux, les pigeons bisets pour s'accoupler avec eux.
Je décrirai ici, comme une sous- variété du biset eoloabier , mais sans une grande conviction , le Pigeon sauif w Mexique, Colitmhafusca {Cehoilotl de Feriiandez}. Il est brua partout^ excepté la poitrine et les extrémités des ailes ^ qui sont blanches. 11 a le -tour des yeux d'un rouge vif, ce qui le rapproche du pigeon mondain ; l'iris noiv ; les pieds Touges.
Il vit en domesticité au Mexique. On le trouve aussi à l'état sauvage , ou du moins on trouve un oiseau qui s^ avec lui assez de ressemblance.
Pourquoi les pigeons domestiques du Mexique ne sontpil pss mieux connus? Pourquoi n'en avoir pas apporté en Europe 'de vivansP Combien d'années s'écouleront-elles encore avant qu'on cesse de se contenter d'à peu près, de notions incom- "plétes , sur une foule de points de l'histoire naturelle des oiseaux domestiques?
st.^ Variété. Le Pigeon mondain, Columla nuuuu^aeta. C'est le biset de colombier, mais modifié heureusement dans les couleurs du plumage, dans sa taille, dans ses formes, psr 4:ertaiDes causes auxquelles il a été soumis.
Pourquoi faut-il que l'on ne connoisse rien de particulier sur ces causes? Si l'on n'étoit pas dans une ignorance presque complète à leur égard, que de points de l'histoire natu relie des colombes seroient éclairés! On ne peut que décrire leurs effets d'une manière générale, sans même signaler I19 rapports, qui, sans doute, les lient les uns aux autres.
Les mondains ont une forme élégante , une talllç alongée, et toutes les parties du corps bien proportionnées; }eur plamage rappelle pour sa couleur tant6t le bleu cendré du biset ^e colombier, tantôt et plus souvent les altéir^tions df ce
Lieu cendré en rougeàtre,* en fauve, eu jaune, en gris, etc. Mais la couleur la plus commune e^t le blanc.
Le volume de leur corps ne surpasse pas toujours celui du biset; quelquefois il égale en grosseur un poulet commun de trois mois; mais il peut atteindre aussi le volume d'une petite poule ; tel est :
A. Le Pigeon gros mondain ( ITfhite rumped pigeon, I^th.). Il a, comme la plupart des mondains, un filet rouge autour des yeux. Son plumage est blanc , ou bleu cendré , ou rougeàtre, etc. ; le tarse nu. Cet oiseau produit très -peu , parce qu'il casse souvent ses œufs , ou qu'il étouffe ses petits.
B. Le Pigeon mondain de Bi^rlin est de petite taille^ et il a un filet rouge autour des yeux. Son plumage est d'un beau noir, avec un rang de pois blancs sur les ailes, et quelques autres taches de même couleur sur les ailes.
On connoit des pigeons sauvages qui sont patus. Comment arrive -t-il que des mondains aient également des plumes implantées le long du tarse, et même sur les doigts? quel seroit le moyen de produire ce phénomén e sans recourir à des unions adultérines?
On doit se faire la même demande pour la huppe et la cape de certains mondains. '
C. Le Pigeon mondain fatu ordinaire , Columha mansuefaeta plumipes. Sa taille est un peu plus forte que celle du biset domestique. Sa forme en général rappelle celle des mondains à tarses nus ; il produit beaucoup.
Le pigeon patu limousin diffère du précédent par un corps très-gros, très- long et porté sur de hautes jambes. 11 produit beaucoup.
Le Pigeon mondain fatu et huffé , Columba mansuefaeta plu^ mipes et cristata {^Columba menstrua seu cristata, Frisch; vulgairement Pigeon de mois ). Il produit presque tous les mois , et ressemble beaucoup au précédent.
D. Le Pigeon mondain fato plongeur , ou mieux Planeur. Il a à peu près la taille du biset domestique, les tarses garnis de plumes, et une sorte de gaine, formée de plumes, qui reçoit le talon. Dans son vol il plane assez long- temps dans les airs sans battre des ailes , à la manière des oiseaux de proie. Ce pigeon conserve ainsi , à ce qu'il paroît^ une de
ces facultés y kiaîs isolément, qui, dans Tétat saurage ou demisauvage , est exercée pour l'avantage de tous dans les troupes de pigeons par plusieurs d^entre eux, par ceux qui ont la fonction de surveiller.
£. Le PiCBON MONDAI!! misé , Columha criais permis, Aldrorande ; Columba crispa ; Columba kispida , Vieillot. Blaac^ très-patu, ses plumes ayajit les barbes séparées et frisées. Quelle est la cause de ce phénomène? est-ce un état maladif?
Il est des mondains qui ont une cape ou coquille à la région occipitale de la tête, laquelle est formée par des plumes sorties à rebours. Je puis citer d^abord un exemple de cette sousvariété.
F. PiCEON MONDAIN CApé DU Mans, CoUtmha mamuefaeU galeata eenomanensis. Taille à peu prés du pigeon romain; une cape large et très- fournie déplumes; poitrine large; corps court, trapu. Le plumage varie pour les couleurs; et la mode , qui intervient en tout , a fait donner tour à tour la préférence aux amateurs, à un fond noir, mêlé de peu de blanc , et à un fond couleur de rouille , également mêlé d'on peu de blanc. Cette variété, productive d'ailleurs , fournit de très -bons pigeonneaux; mais elle est difficile à conserver dans sa beauté.
On me reprochera de placer ici, au nombre des sous -variétés du mondain , le pigeon hollandois; mais il a beaucoup des attributs de cette variété, qu'on n'auroit pas eu tort de méconnoître, si on Tavoit établie ainsi que je l'ai fait.
G. Pigeon mondain coquille hollandois, Columba mansut' facta galeata batava. Un peu plus gros que le biset , il a lé
corps alongé , dégagé , élégant et gracieux des plus jolis mondains de petite taille. Un léger filet nu est autour des yeux; Tiris de couleur perlée. Mais la tête, le bout des ailes et la queue , ont toujours la même couleur , bleue , )aune oit noire , tandis que le reste du corps est blanc. Ses tartes sont nus.
Autres pigeons coquilles : l'un , plus gros que le précédest; est noir, avec un peu de gris à la gorge et deux barres grîsetf sur chaque aile ; l'iris d'ailleurs est jaune , et le tarse velu. Un autre a toujours la partie supérieure de la tête blanche: ' dans le reste du corps la distribution des couleurs est à peu
prés la même que dans le coquille hollandois ; l'œil est noir et sans filet. Un pigeon coquille , assez semblable ^ celui de Hollande , est constamment blanc sur tout le corps , mais la tête est noire; il a Tiris jaune; le tarse nu. Il y en a aussi à tête rouge j à tête bleue , à tête jaune ; tous ayant le corps blanc , et le vol et la queue de la couleur de la tête»
On ignore par quelle cause les plumes occipitales et de la partie supérieure et postérieure du cou sortent à rebours de la peau. On n'ignore pas moins d'où provient un phénomène remarquable de couleur dans Tiris. Cette partie de Toeil est noire ou d'un jaune orangé, ou bien jaune et tachetée de noir, quelquefois d'un blanc semblable à celui de la perle. Un tel phénomène ne sauroit servir seul à caractériser une race; mais c'est quelquefois un bon signe distinctif de sousvariétés.
H. La première à laquelle je m'arrêterai, est celle des pîgeons ttolans* Ces mondains ont beaucoup de ressemblance avec le biset ; cependant ils ont une taille plus svelte , plus alongée, une tête plus élevée, plus fine que ce dernier. Un léger filet rouge est autour des yeux , et l'iris est d'un blanc de nacre de perle. Cet oiseau se montre très -léger au vol, et s'élève très -haut dans les airs. En outre il est doué de la sagacité précieuse de reconnoître et de retrouver toujours le colombier où il est né. 11 se recommande encore par une grande fécondité.
Le Pigeon mondain volant messager , Columba mansuefacta aUivoUuu* Blanc, gris, bleu , rouge, noir, jaune, mélangé de noir et de blanc, etc., comme tous les mondains. Il est probablement le pigeon dont on s'est servi jadis pour porter des messages. Son vol rapide et élevé, et la faculté qu'il pos* aède , de retrouver toujours sa demeure première , ont dû le faire choisir à cet effet.
Une variété secondaire est toute blanche, mais avec une espèce de collier de plumes rouges. Elle s'élève beaucoup dans les airs. Les petits, presque rouges dans leur premier âge , blanchissent en approchant de l'âge adulte. Une autre variété secondaire , d'origine angloise , est noire, avec les ailes blanches, et a les tarses très-emplumés. Une autre, venue de Hollande , a le plumage blanc , teinté de rose au soleil et
la barre noire. Il est des vol'ans noîrs à barres blanches; de huppés; de noirs, et à queue blanche : ceux-ci proviennent d'un volant noir marié k un pigeon -paon, etc.
Le Pigeon volant soie 9 Columba mansuefaeta altivolans tetacea. Les plumes ont les barbes séparées pendantes et soyeuses , ce qui rend le vol impossible. Celte disposition des barbes est due probablement à un état maladif particulier, et analogue à celui des mammifères albinos. Cependant ces pigeons albinos sont très- productifs.
1. Si, par la forme du bec, par la taille, par le port et quelques autres signes, il a paru convenable de ramener les pigeons volans à la variété du mondain, c'est-à-dire, du biset de colombier, perfectionné par une domesticité entière; il sera bien plus convenable encore de lui rapporter les Pigeons SUISSES, Columba mansuefaeta Helvetiœ, Ceux-ci sont plus petits que les pigeons ordinaires et pas plus gros que les pigeons bisets; ils sont de même' tout aussi légers de vol. Il y en a de plusieurs sortes, savoir :^es panachés de rouge, de bleu, de jatrae , sur un fond blanc satiné , avec un collier qui vient former un plastron sur la poitrine , et qui est d'un rouge rembruni. Ils ont souvent deux rubans sur les ailes, de la même couleur que celle du plastron. D'autres pigeons suisses ne sont pas panachés, mais de couleur d'ardoise uniforme sur tout le corps , sans collier ni plastron. D'autres sont appelés colliers jaunes dorés ou jaspés, ou maillés, etc., parce qu'ils portent des colliers de cette couleur. Il ne me reste plus à citer qu^ xC pigeon suisse azuré; l'hermine, qui aie manteau blouc^ avec des marques brunes; et le pigeon suisse barré- orangé, à cause de deux barres orangées et étendues sur les ailes, dont le fond est blanc.
Un honorable naturaliste a dit que le pigeon suisse à collier doré, pouvoit être obtenu de l'union du culbutant anglois avec de petits mondains riches des plus belles couleurs* Cette assertion mérite d'être vériSée.
X. Mais combien peu est éloigné de ces mondains suisses un autre groupe de pigeons, les Pigeons maillés , Columba mon' suefacla m,aculata? Ces derniers, en effet, ont-tous les traitsdes précédens, mais la taille un peu plus forte , et les plumes «du manteau et du dessus des ailes marquées de trois couleurs,
dont une barre noire, et deux autres barres bleue et blanche, bleue et rouge, bleue et fauve ou de couleur de bois de noyer, etc. On en distingue autant de variétés que les couleurs peuvent être associées différemment. D'ailleurs tous ces oiseaux sont très -beaux, très -productifs, et peu sujets à être malades. Ils ont. le tarse nu et plus court que les pigeons grosse-gorges.
Les dix sous- variétés du mondain que je viens de décrire, se perpétuent par la génération. Cependant il faut des soins pour les conserver pures; autrement, même sans aucun mélange adultérin, elles s'altéreroient peu à peu et finiroient par se rapprocher beaucoup du mondain ordinaire , de ce mondain qui n'est que le biset tout- à- fait apprivoisé. Ainsi le pigeon maillé ne donne pas toujours naissance à des petits qui lui ressemblent par le plumage , mais à des petits dont les plumes ne présentent qu'une seule couleur, le- gris-bleu avec deux barres noires sur les ailes. 11 en est de même du pigeon suisse , etc.
Lorsque l'on a voulu ne voir dans les mondains que les bâtards de toutes les races, on a eu évidemment tort. Les vrais bâtards donnent la vie à des petits qui tantôt leur ressemblent, et qui tantôt rappellent, ainsi que leurs parens, des traits sensibles, des unions adultérines dont ils tirent leur origine. Ce ne sont que des bâtards , et non des bisets apprivoisés, tout-à-fait domestiques ou des mondains.
3.', Variété, Le FiGtoit mikouè y Columba specularis , estasses rare, quoiqu'il soit une de ces races que l'on crée par le croisement successif au moins de trois races distinctes. Il constitue une variété constante, puisqu'il ne peut se croiser avec aucune autre variété , sans perdre son signe caractéristique. Il a d'ailleurs tous les dehors des mondains, l'iris ordinairement jaune, une taille moyenne ou égale à celle du biset, le plumage d'une couleur uniforme , rouge ou jaune , ou grise , excepté à huit lignes du bout des grandes plumes des ailes et de la queue , où cette couleur est interrompue par. une barre grise- blanche, et large d'un demi-pouce. Le bout de ces mêmes plumes est de la même couleur que tout le plumage, mais seulement pâle.
Z^»" Variété. Le Pigeon grosse- gorge, Columba gutturosa, a
pour caractère principal et très «évident, la facnltë d*enfler son fabot en aspirant et retenant Tair dans cette cavité^ qui se dilate beaucoup , quelquefois au point d^acquérîr un volume presque égal à celui du reste du corps. Lorsqu^il enfle ainsi sa gorge, et c'est presque dans tous les instans du jour, il est obligé de se tenir droit perpeQdieulairement et semble prêt à tomber en arrière. Dans cet état il ne peut voir devant lui , ni se défendre ou se préserver des attaques de ses ennemis. Le vent même, quand il est un peu fort, peut le renverser et l'emporter avec violence.
11 est très -productif, mais d'une constitution délicate. La maladie dont il est atteint très-souvent, est la rupture du jabot, et elle devient presque toujours incurable.
Il y a des grosse - gorges à tarses nus ; d'autres à tarses un peu emplumés ; et plusieurs avec une seule rangée de petites plumes sur le bord externe du tarse et du doigt médian.
Les premiers offrent un plumage de couleur uniforme, noir, roux, bleu, etc.; ou blanc et gris, ou blanc et jaune , etc. ; ou bien jacinthe maillé , etc.
Les seconds ont le plumage de couleur chamois et panaché, tout blanc , gris panaché, gr^s ardoisé , etc.
Les derniers, et ce sont les Pigeons grosse- goeges lillois, Columha gutturosa insulana, ont la tête petite, le bec mince, le corps svelte et porté sur des jambes longues , et dont le genou se dégage du plumage lorsque l'oiseau se tient droit. Ils sont très-productifs , ne souffk'ent jamais de la rupture du jabot , volent très-bien et souvent en planant. Leur plumage est bleu , avec des barres noires , blanc , blanc hermine , rouge vineux , etc. , uniforme ou panaché.
Une sous -variété du pigeon grosse -gorge, le Claquart, Columha pereussor , "Willugb. ( Pigeon batteur , Briss. ) , a un filet autour des yeux, les ailes longues et croisées, comme le précédent; le plumage blanc ou chamois, ou bleuv, avec les épaules blanches. Son nom lui vient de l'habitude qu'il a de faire beaucoup de bruit , en battant des ailés au commencement de son vol. Ce caractère indique qu'il tire son origine d'oiseaux avertisseurs dans les troupes sauvages ou demi-sauvages. Ses tarses garnis de plumes Péloignent des pigeons lilloiD.
' Le pigeon grosse- gorge et le gros mondain produisent le cavalier. Le pigeon lillois, croisé avec unpatu, a donné naissance au pafu plongeur et au claquart.
5.* Variété, Le Pigeon culbutant, CoZi/miag^ra/rir, a beaucoup de rapports avec les mondains volans; et c^est à regret que je les ai séparés dans la description. 11 a Tœil, la taille , ou la forme générale et les couleurs de ces derniers; mais le corps doit être trapu. Son vol est très -rapide, très -élevé, mais trés-inégal, comme saccadé. Enfin, cet oiseau, pendant qu^il vole, tourne sur lui-même de deux à cinq fois, la tête en arrière. On croiroit qu'il tombe ; c'est, dit-on , un moyen pour lui d'éviter l'atteinte des oiseaux de proie : cependant k la campagne il perd une pareille habitude. Il est fort souvent employé pour attirer les pigeons des autres colombiers, parce qu'il vole au loin, le plus haut et le plus long -temps de tous les pigeons peut-être.
Entre autres sous -variétés, je citerai le Pigeon culbutant ANGLois {Tumbler), Son bec est très -petit; la tête ronde et assez grosse; le col mince; le corps trapu, mais plus petit que celui des pigeons volans. Son plumage offre presque toutes les couleurs, le blanc, le noir, le brun, le jaune, simple ou panaché. Les tumblerssont très -productifs: si on les apparie avec d'autres petites variétés, ils donnent de jolis métis ; mais ces derniers ne font pas de petits semblables à eux-mêmes, ni à leurs parens.
6.* Variété, Le Pigeon tournant , Columba gyrans^ a la taille plus forte que le culbutant; l'œil garni d'un filet léger; l'iris noir ou jaunâtre; les pieds chaussés; le plumage ordinairement gris , avec des taches noires sur les ailes, ou rouge, ou bleu, mais avec un fer à cheval blanc sur le dos. Son caractère distinctif est un vol bruyant, comme une claquette par le battement des ailes, et en décrivant des cercles à la manière des oiseaux de proie.
Le pigeon tournant trouble les volières par son caractère querelleur et jaloux. Voit -il un mâle caresser sa femelle, ou une femelle couver, il se précipite sur eux, se cramponne sur leur dos et les bat /sans que ceux-ci puissent se défendre. De là beaucoup d'œufs non fécondés et cassés.