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Bec court, gros, quelquefois très^gros; peau nue et quelquefois colorie autour des yeux; tête arrondie et assez forte; corps court; poitrine ou plastron large; tarses peu élevés, quelquefois épais Ainsi que les doigts.
10.* Variété. Le Pigeon nonnaint, Columha cucullata ^ se reconnoft très-aisément à un capuchon épais, situé à la région occipitale de la tête et sur chaque côté du cou, descendant jusqu'à la hauteur des épaules, puis se rapprochant vers le milieu du plastron. Ce capuchon est plus relevé que celui des pigeons capes, et formé à l'occiput de plusieurs rangs, sur les côtés du cou de deux rangs, et au plastron d'un seul rang de plumes; ces dernières sont ordinairement teintes de couleurs changeantes, qui produisent un effet très- agréable. La tête du nonnain, la queue et les grandes pennes des ailes sont toujours blancs, ou au moins d'une couleur plus pâle que le ^esle du corps. Le plumage est noir, rouge, chamois, quel-
quefois panache , quelquefois entièrement blanc ; Viris est d'un blanc de perle ; la taille petite , mais élégante ; le tarse nu*
Le nonnain n*a pas le vol rapide; on croit que c'est son capuchon qui met obstacle i ce genre de progression. Cet oiseau devient très- familier et paroît spirituel. Sa fécondité est remarquable.
Outre les différences de couleur qu'il présente, on doit noter encore des différences de taille. Les plus ordinaires surpassent un peu en grosseur le biset de colombier; mais le Pigeon maurin, Columha galerita, Frisch, approche pour la taille des pigeons grosse -gorges; comme eux, il a l'habitude d'enâer sa gorge. Il est tout noir, avec la tête, le vol et la queue blancs; son bec est court; l'aile petite; la forme élégante : une fraise de plumes relevées décore la tète et le cou. Le pigeon maurin provient du nonnain et du grosse-gorge. Il est loin d'être aussi fécond que ces deux oiseaux.
Lorsqu'on unit un nonnain vrai avec un mondain , on obtient le nonnain cape. Celui-ci n'a qu'une simple coquille, qui ne s'étend pas au-dessous de la tête. On ne l'estime pas, quoiqu'il soit assez productif.
Les caractères de la variété des pigeons nonnains se perdent très-facilement et dès le premier croisement. Peuvent-ib se reproduire avec beaucoup de soins et de temps? On ne devrait pas l'assurer ni le nier, mais dire seulement que jusqu'ici, quelque mélange que l'on ait fait des races voisines avec celles des nonnains, quelques multipliées qu'aient été les générations , on n'a pas réussi. Ces essais conduisent à croire au moins que les nonnains forment une race assez distincte de toutes les autres.
On rencontre rarement une variété très-secondaire de pigeons qui tire son origine, d'un côté certainement, du pigeon nonnain, peut-être de l'autre côté d'un mondain jacinthe, et en troisième ligne d'un pigeon patu. Chez elle, il ne reste du nonnain que la tête , la queue et le vol blancs. Le plastron noir, les couvertures des ailes noires et grivelées de blanc, et deux barres blanches, sont les autres traits qui la distinguent. Il faut ajouter que les plumes du tarse sont blanches. Dans cet oiseau il n'y a nulle trace de capuchon, la tête est entièrement nue; mais la taille et la forme générale du corps
rappellent trés-bîen le nonnain. Lorsqu^on a créé cette Yaiieté trés-secondaire , on a probablement rapproché des races qui s'éloignent d'une manière notable les unes des autres ; car on n'a dooné naissance qu'à une tribu d'oiseaux pea nombreuse , parce qu'elle est réellement très-peu féconde.
11/ Variété. Le Pigeon a cravate, Columha turbitay est un dc^ plus petits pigeons; il ne dépasse guère en grosseur la tourterelle. La tête est conformée de manière que l'on y remarque trois protubérances, deux qui correspondent aux cavités orbitaires, et une à Tocciput. Le tour des yeux est tantôt nu et tantôt emplumé : cette dernière disposition dépend d'une adultération daos l'individu qui la présente. Le bec est très-petit et très-court. Le caractère le plus tranché du pigeon cravate est offert par le cou et le plastron ; à leur partie médiane, .depuis le. dessous du bec jusqu^au bas du plastron, s'étendent deux ou. trois rangées de plumes rebroussées. D'ailleurs le corps a une forme élégante et agréable ; les tarses sont nus; et le plumage varie pour les couleurs. On connoît des pigeons à cravate tout-à-fait blancs, tout-à-fait noirs, ou gris bleuâtre; mais alors avec deux barres noires sur les ailes (pigeon à cravate angloîs), ou gris avec des taches noires. D'autres ont le corps, la queue, et les grandes pennes des ailes blancs, avec les couvertures des ailes noires, rouges, bleues cendrées ou chamois, avec ou sans panaches. £n6n il en est de huppés.
Ces oiseaux, accusés d'être lourds, soutiennent cependant leur vol très-long temps en ligne droite, peuvent franchir, par exemple, en quatorze heures, soixante et douze lieues, et unissent toujours par revenir à leur colombier, quelles que soient les distances qui les en séparent. Aussi ont-ils obtenu la faveur de servir de messagers. /
Ils ne. s'unissent pas volontiers avec les autres pigeons domestiques, ce qui annonce en eux une disposition originelle et particulière. Ils sont, très-féconds, mais ils élèvent difficilement leurs petits, à cause de leur bec très court.
Bufibn assure qu'on a vu ces pigeons se marier avec des tourterelles, et avoir des petits de cette unions mais ces petits étoient probablement incapables de se reproduire.
12/ Variété, Le PigeOxN folonois ^ Co^i/m^a brenrostrata^ égale
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à peu prés en grosseur le pigeon-paon, mais il est plus trapu. Sa tête doit présenter quatre protubérances, une àrocciputy une au-dessus de chaque cavité orbitaire, la quatrième à la racine du bec. Un large cercle d'une peau nue^ mamelonnée , et nuancée de rouge et de jaune, est étendu autour des yeux. Les couvertures des narines et le dessous de la mandibule inférieure ont également une peau mamelonnée et rougeâtre. Quant au bec, il est très-gros et très-court, et d'une manière fâcheuse, puisqite cette disposition met un tel obstacle à ce que ce pigeon nourrisse ses petits, que ceux-ci meurent fort souvent de faim. Pour les conserver, il devient prudent de les faire adopter et nourrir par des pigeons à bec long. Le cou du pigeon polonois a une certaine grâce; les plumes y offrent toujours des teintes brillantes. Noir, blanc, roux^ chamois, gris; tel est constamment le plumage. Enfin, les jambes sont très-basses, et les tarses et les doigts sont épais et parsemés de petites plumes.
Lorsqu'on apparie le pigeon polonois à quelque pigeon huppé, on obtient des oiseaux assez semblables au pigeon polonois, et dont l'occiput est garni d'une huppe.
Le Pigeon polonois bénin, Columba hre^irostrata Unis, provient d'un mâle polonois et d'une femelle de pigeon à cravate. U a le bec un peu plus long que son père , une taille qui se rapproche de celle de sa mère, et un air doux, qu'il tient encore de cette dernière. Il est très-fécond et nourrit bien ses petits.
Je rappellerai ici une variété de pigeon qui a été signalée sous la dénomination de columba vulgo cretensis par Aldroyande; de columba barbarica seu numidica par Willughby. Son bec est très- court ; ses yeux sont entourés d'une large bande de peau nue et recouverte de mamelons farineux , et son plumage est bleuâtre, avec deux taches noires sur les •ailes.
La Crète , la Barbarie , la Numidie , existent-elles done si loin de la terre ferme européenne pour que l'on n'ait aucun renseignement exact sur cet oiseau , et pour qu'il n'en ait pas été apporté de vivansP Est-ce qu'il vit dans*ces contrées à l'état sauvage et domestique ; est-ce qu'il seroit la souche du polonois ; est-ce qu'il donneroit^ en l'unissant à nos va-
riétés domestiques , la naissance à une postérité féconde ?
Lorsqu*on élève des pigeons à bec court , on remarque que les uns ont cette partie moins brève , et les autres plus courte. Si on laiss^ parvenir à Tàge adulte les premiers , ils nourriront moins difficilement leurs petits que les seconds, et ils pourront communiquer à ces mêmes petits des proportions plus favorables dans la forme du bec. Quelles sont donc les causes qui agissent sur les pigeons de manière à modifier une partie aussi importante que le bec P If ne paroit pas qu*on s'^en soit occupé. Cette question est-elle donc sans intérêt P En la traitant , on la verroit se lier probablement à plusieurs points importans de Thistoire de Torganisation animale , et par là mériter un degré d^attention qu'on n*eût pas cru devoir lui accorder*
Dans cette section des pigeons à bec court, on eût pu faire entrer quelques autres variétés secondaires ou tertiaires du pigeon domestique. Je pourrois citer entre autres le pir geon culbutant anglois (le tumbler)^ En effet, il a le bec court, la tête assez ronde et un peu grosse, le corps court et trapu. Par ces caractères, ce joli oiseau pourroit servir d'intermédiaire entre les pigeons à bec grêle et long, et ceux à bec court.
De même le bec , à la fois court et gros , et la peau mamelonnée et tuberculeuse des narines et du pourtour des yeux, établit un passage des oiseaux de la seconde section à ceux de la troisième.