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Bec long, gros, robuste, droit ou crochu; une peau nue, ronge, épaisse, mamelonnée , tuberculeuse autour des yeux ; narines également recouvertes par une peau épaisse, ronge ou blanchâtre, ridée, mamelonnée, caronculée; tète oToïde ; corps gros et long; tarses robustes; vol lourd.
1 3.' Variété, Le Pigeon romain , Columba campana , se di^ tingue très- bien de tous les autres pigeons domestiques par un cercle de peau nue, rouge et ridée, situé autour des yeux; par ses paupières rougeàtres , • et par la membrane qui recouvre ses narines, laquelle est épaisse, ridée et de la forme de deux fèves. La tête est oblongue , Firis blanchâtre , le cou médiocrement long , la voix sourde , le corps toujours
gros , le vol lourd , la marche pénible et embarrassée. Quant au plumage , ses couleurs varient beaucoup ; il est brun , noir, rougeàtre, bleu, bleu avec des taches noires,* etc.
Pigeon romain ordinaire, Columha oampana {Col, hispanioa seu romana; — CoL domestica major, Willughby). C'est un des plus grands pigeons de volière, dont les jambes sont basses et les pieds nus. Il vole mal, produit médiocrement, et nourrit avec peu de soin ses petits.
On indique comme plus productifs les romains à pluifiage gris piqueté , ceux à plumage argenté , ou minimes à taches blanches ou noires. L'observation ne m'a pas paru confirmer cette assertion. Le premier a le tarse un peu emplumé.
Le Pigeon romain café-au-lait est le plus petit de la race* Il a un filet autour des yeux, l'iris jaune, la membrane des narines peu épaisse , le tarse nu. D'une taille et d'une' couleur agréables , cet oiseau se recommande encore par sa fécondité.
Peut-être faut- il rapporter à la variété campanienne le Pigeon messager de Willughby, Columha tahellaria. Toujours est -il qu'on lui attribue , entre autres caractères, une peau nue autour des yeux , une membrane épaisse étendue sur les narines, etc.; mais il a le corps très-long, et porté sur des jambes longues aussi.
On a apparié le romain avec des pigeons des autres variétés. La première que je citerai est le Pigeon romain coupé, Co^ lumha campana mista. Il provient du romain ordinaire et du bagadais batave. Quelques caroncules autour du bec, Piris de couleur nacrée, le cou mince et alongé, le corps asseï élégant et leste , des jambes longues , sont les traits principaux qu'il offre. Avec des ailes d'une moindre envergure que le romain , il vole mieux. Il produit beaucoup.
Le Pigeon cavalier , Columba eques , tire probablement son origine du romain et du grosse-gorge. 11 enfle plus ou moins sa gorge ; un filet rouge cerne les yeux ; une membrane épaisse , fongueuse , avec un peu de morille , couvre les na* rines, etc. Le plus commun est blanc, haut sur ses jambes, et très-productif.
On a, dit -on, croisé aussi ce même cavalier avec un bagadais qui a l'œil du mondain , et on a obtenu le Pigeon
cavalier farraud. Élégant ^ de couleur ordinairement blanche ^ cet oiseau enfle sa gorge de manière qu'elle forme une espèce de cylindre ; il porte une coquille à la partie postérieure de la tête , a des jambes longues et vole très-bien. 11 fait beaucoup de petits.
1^,^ Variété. Le Pigeon turc, Columha carunculata {Col. tuf cica des auteurs), présente, autour des yeux, us large ruban caronculeux, qui va rejoindre la base du bec; ses narines Bcfnt surmontées d'une très - grosse morille ; le rouge , le jaune, le bleuâtre, se montrent sur toutes ces excroissances. 11 est d'une très -grande taille. Par ses jambes courtes, ses ailes alongées, son cou assez court, il se rapproche du campanien ou romain. Il a le vol lourd et .son plumage est brun, minime, gris, chamois, etc. .
Une variété secondaire a la tête nue , c'^est le Pigeon tdrc ORDINAIRE , Columha carunculata vulgaris. 11 est d'une grande taille, d'une beauté réelle et' assez fécond.
Une autre sous -variété est huppée, Columha carunculata cristata : c'est le pigeon turc des auteurs. On ne le trouve plus en France.
1 5.^ Variété. Le Pigeon bagadais ^ Columha fortiroshrata, se reconnoit au premier coup d'œil , tant ses traits sont particuliers. Un large ruban caronculeux et rouge entoure les yeux et vient rejoindre les caroncules tuberculeuses ou mamelonnées en forme de morille qui couvrent les narines. Le bec est long, courbé, crochu, robuste. La longueur du cou n'est pas moins remarquable. La taille peut dépasser en grandeur celle de. tous les autres pigeons domestiques à tarses courts. Il en est de même de la longueur des jambes. Le plumage offre communément la couleur noire, rouge, minime , noire avec du blanc , etc.
Oiseau farouche , difficile à apprivoiser , le pigeon bagadais est souvent inutilement fécond ; car, lorsqu'on l'approche, ses mouvemens sont si brusques pour fuir, qu'il casse ses œufs ou écrase ses petits. Dans les volières, il se rend redoutable €t y cause parfois du désordre.
Le Pigeon bagadais batave , Columha fortirostrata maxime, paroît, quoique adultéré, l'oiseau qui offre le mieux le type 4e la variété bagadaise. Ce n'est pas parce qu'il est le plus
grand de taille et de volume, mais sa forme géoërale, son aspect très -particulier, ne rappellent aucun trait sensible des pigeons des autres variétés , et ressemblent plutôt à celles d'un tétras. La peau qui entoure les yeux et qui couvre les narines, est épaisse, caronculée et tuberculeuse, mais sans trop d'excès. Au contraire , le bec , très-alongé , atteint jusqu'à quinze à dix-huit lignes de longueur, et lé cou aussi est fort remarquablement long; l'iris est d'un blanc perlé. Un corps gros , court, très -élevé sur ses jambes; une queue courte; des pattes d'un rouge de sang, assez longues pour dépasser la queue d'un bon doigt, lorsqu'on les étend, sont de bons signes distinctifs. Il faut y ajouter encore que la démarche est pénible et lourde , ainsi que le vol , ce qui 8*explique bien pour ce dernier, puisque les ailes ont peu de longueur et sont imparfaitement emplumées. La rareté des plumes laisse voir à nu l'articulation proéminente de l'épaule.
Cet oiseau^ le plus grand des pigeons, est aussi un des moins féconds. Un médecin de Vienne , Hieronymus Pata* vinus, le fit connoître le premier en Europe par un dessin assez inexact , mais qui cependant rendoit à peu près, quoiqu'en charge, son aspect singulier. N'auroit-on pas pris, par une singulière méprise, le nom de ce médecin, défiguré par une mauvaise traduction ou une mauvaise prononciation , pour celui d'un pays d'où l'on auroit présumé dès-lors que le grand pigeon hatavt avoit été afpporté P
Un autre pigeon bagadais, surnommé ridiculement têtard, à cause de sa tête blanche, et qu'il valoit mieux appeler bagadais à tête blanche^ offre assez bieii encore les caractères de sa race. Il a le cou brun , et le reste du corps de couleur de tabac d'Espagne.
Le bagadais à tète grise présente assez bien aussi les traits de famille, le bec long, surmonté d'une morille; le tour des yeux caroncule; l'iris perlé; la tête forte , le cou alongé et mince ; le corps large , court, porté sur des jambes hautes, etc. ; un caractère farouche à l'excès; mais il est d'une fécon« dite remarquable. D'ailleurs la tête est d'un blajac fgtuktre , et le reste du plumage noir.
Le Pigeon bagadais petit ^tavb , Columba fortirostrata 40. 39
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minima, ressemble par les formes aux précédens, mais il est plus petit et fécond.
Les variétés secondaires qui suivent ont perdu, ce semble, quelques signes purs de leur origine. Ainsi le pigeon bagor dais pierre, a moins de morille, de peau nue et tuberculeuse que les précédens ; son bec est plus, court , eu égard à sa taille, il ne dépasse pas quatorze lignes. Du reste, cet oiseau , ordinairement noir et blanc , est très-beau , produit beaucoup , et devroit être plus commun.
Le Pigeon bagadais à grande morille a les portions nues de la peau, autour des yeux et du nez, trop grandes, trop tuberculeuses, pour qu'il ne laisse pas soupçonner quelque mélange dans son origine avec le pigeon domestique à grandes caroncules par excellence, le pigeon turc. Il a aussi Tœil noir. Quant aux autres signes distinctifs de cet oiseau , ils se rapportent très-bien à sa race. Son sternum est constamment d'un rouge enflammé. Ncir, rouge, noir et blanc, minime, etc. , telles sont les couleurs de cette variété , qui est devenue très-rare , en grande partie par son peu de fécondité.
Deux autres bagadais,' dont Tœil se rapproche de celui du mondain par la moindre étendue de la peau nue , et des tubercules qui y existent, et sur les narines, s'éloignent par ces signes du type de la race. L'un est blanc , ou blanc mêlé de noir; l'autre, semblable parle même plumage, a toujours la queue noire. Tous les deux ont le sternum rouge.
On a croisé les pigeons bagadais de moyenne taille avec le biset de colombier, et on a obtenu une race de pigeons métis qui mériteil'étre recherchée pour son utilité. Elle volebieD, est robuste , capable de pourvoir d'elle-même à sa nourriture, et d'une fécondité remarquable.
Enfin, on rencontre des pigeons bagadais à plumage soyeux. Les barbes de leurs plumes n'ayant aucune adhérence entre elles, ils sont privés de la faculté de voler.
Il faut le dire , si , par des croisemens de races on est parvenu^ à créer quelques variétés utiles , le bien qu'on s obtenu ne compense pas certainement le mal de n'avoir pas conservé intacte une seule des variétés premières ; quand il est cependant évident que chacune d'elles avoit des qualités qui pouvoient satisfaire à des goûts convenablement
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réglés , et à tous les genres d'intérêts à peu prés que Thomme peut avoir à élever , à soigner , à multiplier les pigeons domestiques.