‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistes (volume 2)Chapitre 13 sur 160 · PP · texte numérisé non relu

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1. On doutoit de la possibilité de ceïte fabrication, parce qu’on pensoit que les pièces crues devoient se briser en les plongeant dans la couverte; je me suis assuré par expérience qu’elle étoit très - praticable: mais notre procédé est plus sûr et exige moins de précautions. |

celle des porcelaines actuelles d'Europe. Leur couverte esf

toujours verdètre et quelquefois tressaillée. On nomme por-

celaines truitées celles qui ont ce défaut; et les hommes qui ont la manie d’aimer les choses uniquement parce qu’elles viennent de loin, ont attaché du prix à cette por« celaine défectueuse. Les formes des porcelaines des Indes sont baroques, sans goût , sans pureté de style ni de dessin; les peintures en sont mauvaises et les couleurs crues : mais elles sont d’une grande légèreté, on en voit des pièces qui sont extrêmement minces; on doit remarquer que ce sont des tasses sans anses. j

On distingue la porcelaine de la Chine de celle du Japon, parce que les couleurs des ornemens sont en saillies dans la première, tandis qu’elles sont de niveau avec la surface dans la seconde. k

La porcelaine de Meissen prés de Dresde, en Saxe, et

celle de Frankenthal dans ie Palatinat, paroissent être les premières porcelaines dures qui aient été faites en Europe. On attribue la découverte de celle de Saxe à un pharmacien de Berlin nommé Boëtticher. Un autre chimiste, appelé Tschirnhausen , perfectionna cefte découverte, et introduisit la composition de la pâte que l’on emploie aujourd’hui en Saxe.

Nous n'avons point d’autres renseignemens sur la fabrication de cette porcelaine que ceux que de Milly nous à transmis dans la Description de l’art de faire la porcelaine, imprimée en 1771. La pâte est composée de kaolin, qui ne paroît pas fort blanc en sortant de la carrière, ainsi que nous l'avons dit, et d’un fondant qui est composé lui - même d’un quart de gypse et de tessons de porcelaine : ces mémes substances, mélangées dans d’autres proportions, forment la couverte. |

La pâte n’est employée que long-temps après sa fabrication ; les piéces sont faites comme nous l’avons décrit : il paroît seulement que toutes les petites pièces sont mouléés et tournées.

Le four est tres-différent de celui dont nous avons parlé : c’est un rectangle voûté. À une extrémité est la grille où se met le bois, à l’autre est placée la cheminée : la flam-

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AVE Go: : 93 me traverse donc le four d’une extrémité à l’autre. On juge d’après cette disposition que, les pièces placées prés du feu ont beaucoup plus de chaleur que celles qui sont placées

rés de la cheminée. Pour rendre la cuisson aussi égale qu’il est possible avec une semblable construction, on fait trois compositions de pâtes de différente fusibilité ; la plus dure se place prés de la grille, et la plus tendre à l’autre bout du four: chacune a sa couverte particulière. - La pète de la porcelaine de Saxe est la plus belle connue ; elle est d’un blanc éclatant : on n’y trouve point cette transparence bleuâtre et vitreuse qui, loin d’être une qualité, indique une pâte peu susceptible de résister aux passages du froid au chaud. Sa cassure est luisante, ce qui tient à la finesse de son grain. Les couleurs qu’on y applique sont belles, mais crues et rarement fondues ensemble.

La découverte de la porcelaine de Saxe, plus solide et plus belle que celle de la Chine et du Japon, excita l’émulation de tous les chimistes d'Europe. On ne parvint en France à cette découverte que par la route la plus longue et la plus difficile. On fit de la porcelaine tendre d’abord a Saint-Cloud : il paroît que ce fut la première manufacture de ce genre établie en France; elle date de 1695, et en 1698 elle faisoit déjà des pièces remarquables. On en fit ensuite à Chantilly, à Orléans, à Villeroy; cette porcelaine étoit lourde, vitreuse, bise, et semblable à celle que l’on fait encore à Tournay.

Ce fut en 1740 que des ouvriers de la manufacture de Chantilly obtinrent de M. de Fulvy un laboratoire au chàteau de Vincennes, pour y faire de nouveaux essais de porcelaine tendre. Une compagnie y forma bientôtune manufacture, qui.obtint d’abord quelques priviléges. La porcelaine qu’elle fit acquit une assez grande réputation pour fixer l’attention du Gouvernement. Le Roi prit un intérêt dans la manufacture et lui donna le titre de Manufacture royale. Elle fut transférée à Sèvres en 1756, dans un vaste bâtiment construit exprès pour elle.

En 1760 le roi la prit entiérement à son compte. Les chimistes les plus célèbres furent chargés de faire tous les essais convenables pour en perfectionner les travaux.

Hellot y avoit été appelé en 1746, lorsqu'elle étoit en core à Vincennes; il n’a point connu la fabrication de la porcelaine dure. Montigny et Macquer lui succédérent , et

Darcet rempracs Macquer-

On n’a donc fait à Vincennes et à Sèvres, jusqu’en 1767 F4

que de la porcelaine tendre, plus belle, il est vrai, que toutes les porcelaines de ce genre fabriquées ailleurs.

Un Sirasbourgeois, nommé Hanong, vendit à la manufacture de Sèvres, en 1761, le secret de faire la porcelaine dure , telle qu’on la fabriquoit à Frankenthal. Mais comme il employoit le kaclin de Passau, et qu’on n’en connoissoit

point encore en France, on ne put QUE usage de son pro-

cédé. /

En 1765, Guettard lut à l'Académie un mémoire dans

lequel il annonça qu’il avoit découvert en France des terres propres à fabriquer de la porcelaine semblable à celle de la Chine ; il y rend compte des essais de porcelaine qu’il a faits assez en grand dans un four construit par ordre du due d'Orléans, et il rappelle qu’il avoit déjà annoncé l’existence

de ces terres en 1751. Le kaolin qui employa venoit des

environs Mere mais il dit qu’on en trouve aussi prés de Limoges.

En ri Macquer reconnut ce kaolin dans des PE un

tillons de terre que Villaris, chimiste de Bordeaux, avoit recueillis aux environs de Limoges. On en faisoit des pote- Ties grossieres : on en fit de la porcelaine, et cette découverte fut constatée par plusieurs chimistes.

De Lauraguais et Darcet cherchèrent, de leur côté, la composition de la porcelaine dure : le premier présenta à

l'Académie, en 1766, des échantillons de porcelaine dure, qui furent trouvés semblables à celle de la Chine; maïs chacun gardant pour lui le secret de son procédé, on peut dire que cette porcelaine fut trouvée en même temps par plusieurs personnes. |

Néanmoins il paroît certain que c’est Macquer qui introduisit à Sèvres, vers 1768, la fabrication de la porcelaine dure. Elle se fit alors concurremment avec la porcelaine tendre; mais ce ne fut guère qu’en 1774 que cette fabrication devint active.

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Les manufactures se multipliérent alors dans toute TEurope : il n’y a point actuellement de paÿs qui n'ait la sienne. ‘On peut dire sans prévention nationale, que jusqu’à présent la porcelaine de France, et principalement celle de Sèvres, l'emporte sur toutes les autres par la beauté de la pâte, l’élégance et la pureté des formes , le bon goût de décoration en or et en peinture : ce qui confirme ce Jugement, c’est qu'il n’entre plus en France aucune porcelaine étrangère, tandis que Paris seul envoie tous les ans, pour des sommes considérables, de ses porcelaines dans toute l'Europe et même en Amérique.

La fabrication de la porcelaine tendre est presque entiérement abandonnée.

L’Angleterre possède, dans la province de Cornouailles, des kaolins qui paroissent fort beaux; on ne fait cependant avec ces kaolins que de la porcelaine tendre, dont la pâte est grisätre. Il paroît que la difficulté, et peut- être même V’impossibilité , de cuire la porcelaine dure avec de la houille, est la raison qui a forcé les Anglois à renoncer jusqu'a présent à ce genre de porcelaine.

I1 y a des manufactures de porcelaine à Vienne , à Louisbourg, à Berlin, à Copenhague, à Pétersbourg, à Naples, à Florence, à Madrid. La plupart, peut-être même toutes, ne font que de la porcelaine dure. Quelques-unes, telles que celle de Copenhague, emploient des kaolins de Limoges. La manufacture de Pétersbourg tire son kaolin de Sibérie.

Nous terminons ici ce qu'il nous a paru utile de faire connoître sur les applications des argiles, dans un ouvrage où les arts ne peuvent être régardés que comme une partie accessoire. Nous parlerons de l’emploi des couleurs et de l'or sur les poteries à la suite de l’article Mérar. Voyez ce mot. (B.)

ARGILE ENDURCIE. ( Min.) Werner, Kirwan ,etc., ont donné ce nom a des pierres qui ne font en aucune maniere pate avec l’eau, et qui ne présentent aucuns des caractères extérieurs que nous avons assignés aux argiles. Nous ne pouvons donc les réunir à cette espèce sans entrer en contradiction avec les principes de classification que nous ayons adoptés. Ces pierres ont quelques analogies avec les

petrosilex; mais en genéral elles ne peuvent encore se rapporter à aucune des espèces que nous connoissons. Nous devrons donc les désigner par un nom particulier, et pour ne point en faire de nouveau, nous adopterons celui d’argillolite, proposé par Saussure, quoiqu'il soit susceptible d’être critiqué. Voyez Arcizrozite. (B.) .

ARGILE. (Chim.) L'argile, terre qu’on trouve trés-abondamment et trés-fréquemment dans la nature, et dont les lithologistes distinguent un grand nombre de variétés, suivant leur finesse et leurs couleurs , .est pour les chimistes, et d’après l'analyse, un mélange d’alumine et de sable, auquel sont souvent ajoutés des oxides de fer et de manganése en plus ou moins grande quantité. On y trouve aussi fréquemment du carbonate de chaux, des sulfures métalliques, des huiles bitumineuses, des fragmens de diverses pierres, enfin des traces ou des portions de plantes et de coquilles.

Le plus ordinairement les couches ou lits de cette terre, qui ont plusieurs mètres de hauteur, varient entre elles par leur couleur, leur liant, leur mollesse, leurs nuances, leur pureté. Toutes ces différences, qui en constituent des variétés, les rendent propres à divers usages, aux diverses espèces de poteries, depuis les plus grossiéres jusqu’à la porcelaine la plus précieuse, depuis les couleurs les plus fines jusqu'aux enduits les plus communs, depuis le tripoli jusqu’aux simples pierres à détacher.

L’argile sert à une foule d'arts, et c’est une des matières les plus utiles qui existent; elle fait la base des terres fortes. (F.)

ARGILITES. ( Min.) Delamétherie a donné ce nom aux combinaisons de l’alumine et aux mélanges de cette terre avec les autres. L’ARGILE NATIVE DE HALLE est pour lui de l'argilite carbonatée ; le ScxisTE TÉGULAIRE, un ferruginoarogilite; le Scuisre RITUMINEUX, un argilite bitumineux, etc. Voyez ces premiers noms. (B.)

ARGILL. Voyez ARGALA.

ARGILLETTE (Bot.), nom consacré par Bridel aux plantes du genre Phascum , parce que plusieurs espèces de ce genre croissent sur les terres argileuses. (P. B.)

A RG | 9f.

. ARGILLITE. (Minér.) Kirwan a donné ce nom aü schiste argileux , Thonschiefer de Werner, espèce qui renferme les ardoises. Voyez ScnIsTE TÉGULAIRE. (B.)

AR GILLO -CALCITE. (Minér.) C’est le nom générique que Kirwan a donné aux Marnes. Voyez ce mot, et les articles ArGire et CHAUX CARBONATÉE. (B.)

ARGILLOTITE. (Minér.) Saussure a désigné sous ce nom l'argile endurcie de Werner ; il motive ce changement sur la préférence qu’il donne à un nom simple sur un nom composé. Nous l’adoptons , parce qu’il ne dit pas, comme celui de Werner, que les pierres dont il va être question sont des argiles, et qu'il nous laisse la liberté de les ne ailleurs que dans cette espèce.

L'argillolite ou l'argile endurcie de Werner ne: dans ses variétés, des différences si grandes qu’il est assez difficile de généraliser ses caractères. Elle est généralement dure au toucher, quelquefois même elle a l'apparence d’un grès, d’un petrosilex, ou plutôt encore de la chaux carbonatée compacte.

Elle a toutes les couleurs; maïs ses couleurs sont sales; ternes et ordinairement disposées par taches ou par zones paralléles.

Sa cassure est compacte, quelquefois écailleuse ; sa structure est également compacte, ou même feuilletée, comme celle d’un schiste. Quelques - unes de ces variétés, surtout de celles qui ont la plus grande ressemblance avec le pétrosilex, sont translucides dans leurs parties minces.

L’argillolite se divise dans l’eau, mais n’y prend aucun liant.

Elle se trouve, d'aprés Werner, dans les filons ou en couches puissantes. Elle forme souvent la base des porphyres, surtout en Saxe. Ce gisement la range parmi les productions minérales primitives. Kirwan lui attribue un gisement si différent que je doute qu'il ait voulu parler de la même pierre. Il dit que l’argillolite alterne souvent avec des couches de chaux carbonatée, de chaux sulfatée et de grés, et qu'elle renferme des débris de corps organisés, des coquilles, etc. Ce mélange et ce gisement feroient supposer qu’elle a une origine beaucoup plus moderne que celle l'argile endurcie de Werner.

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On en trouve presque partout, mais nous çiterons plus particulièrement celle de Chemnitz en Saxe : elle ressemble à une pierre calcaire grossière, grise ; elle ne fait aucune effervescence avec les acides; elle répand l'odeur argileuse ; elle se fond en un verre gris ; transparent au grand feu de porcelaine dure.

On en trouve une autre dans le même lieu, qui cet marquée de taches rondes, semblables à des fruits ; ce qui lui a fait donner aussitôt le nom de Fruchtstein.

Werner cite une autre variété d’argillolite, de Frohburg près Penning, qui est dure au point.de rayer l’acier. Elle est rubannée de rougeâtre, mais elle perd cette couleur au feu de porcelaine : elle ne s’y fond point. Elle ressemble parfaitement au grès quartzoïde.

On voit que ces pierres n’ont presque aucun des carac- | tères des argiles, et que ce seroit à tort qu’on augmenteroit les embarras de la détermination des variétés de cette espèce en les y plaçant. (B.)

ARGITAME (Bot.), Argyltamnia , arbrisseau de la Jamaïque, qui paroît appartenir à la famille des euphorbiacées , et n’a point encore habité nos serres. Il est monoïque. Les fleurs mâles sont à huit divisions profondes, dont les quatre internes, prises pour pétales, sont les plus courtes et ciliées, avec des glandes intermédiaires et quatre étamines saillantes; au centre, un rudiment de pistil. Ses fleurs femellés n’ont point un double calice, mais seulement des divisions égales, au nombre de cinq; l'ovaire velu, et le style profondément divisé en trois; les stigmates bifides et déchirés; la capsule est divisée en trois loges à une seule graine. Les mâles ont quatre étamines à longs filets. Les feuilles sont alternes.

Le dehors des feuilles et des calices, et leurs pédoncules, sont garnis d’un duvét soyeux et long. Voyez la figure de Brown, t.I, p.86, f. 3.

L'arbre est blanchâtre dans toutes ses parties, et c’est ce que Brown a voulu annoncer par son nom, qui signifie blanc-buisson,

Adanson a réuni au même genre l’aferamnus de Brown.

(D. de V.)

: ARGOLASE DU CAP DE BONNE-ESPÉR ANCE (Bot.), Ar: golasia Capensis, herbe d’Afrique, dont la racine est fibreuse ; la tige simple, droite, garnie de feuilles alternes, et terminée par une panicule de fleurs toute couverte de longs et gros poils blancs et plumeux. Cette plante, connue par Linnæus sous le nom de hyacinthus plumosus, et par Aïton sous celui de Lanaria plumosa, sert de type au genre Argolasia, établi et placé par Jussieu dans les genres voisins de la famille des iridées. Voici son caractère : fleurs hérissées de poils à l'extérieur et munies de spathes simples; calice adhérent à l'ovaire, et formant au-dessus de lui un tube coloré à l’intérieur, et divisé à son bord en six parties, à la base de chacune desquelles est attachée une étamine, dont l’anthére vacille sur le filet; ovaire terminé par un style, surmonté d’un stigmate fendu en trois; capsule cou- ‘ronnée par lé calice et divisée en trois loges contenant chacune deux ou trois graines.

Selon l'opinion de Jussieu, appuyée par celle de Michaux, la plante dont Gmelin a fait le genre Heritiera appartient au genre Argolasia, quoiqu’elle n’ait que trois étamines. ( Mas.) . ARGONAUTE ( Moll.), Argonauta, Linn. Ce nom rappelle une des productions les plus admirables de la nature, cet animal révéré des anciens, auquelils crurent devoir l’art de la navigation ; dont les poëtes ont chanté les manœuvres en vers élégans, dont les historiens naturalistes ont décrit les mœurs en style non moins harmonieux. Ils l’ont appelé nauticon, nautilos, pompilos, et les modernes l’ont désigné le plus souvent sous le nom de nautile-papyracé.

Dans l’état actuel de la science, on en fait un genre, ‘ dont les espèces se distinguent des nautiles par des caractères bien tranchés. Voyez le mot Naurize. 1l appartient a l’ordre des mollusques céphalopodes, et à la division de ces derniers qui comprend ceux pourvus d'une coquille, ou les céphalopodes testacés. Voyez CÉPHALOrODE.

Dés les temps les plus reculés on n’a pu méconnoître la grande ressemblance de l’argonaute avec les poulpes. Le corps est en forme de sac, comme dans les poulpes : la tête, arrondie et séparée du reste du corps par un rétrécissement assez marqué, porte deux grands yeux; elle esf

vouronnée de longs tentacules coniques, qui entourent la bouche, et sont garnis dans toute l'étendue de leur face interne de suçoits ou espéces de ventouses. Deux de ces bras cependant s’écartent, dans l’argonaute, de cette forme commune et fournissent un caractère important : ils sont élargis, dans une partie de leur longueur, en une membrane ovale qui s’étend jusqu’à leur extrémité ; l'animal la roule ou la déroule à volonté.

Aucun organe particulier et bien distinct ne paroît desiné à fixer largonaute à sa coquille. Cette observation jointe à la difficulté d’expliquer comment il pouvoit la

construire , et les occasions rares que don avoit eues de la trouver avec son animal, ont ne er à quelques mo- . dernes, parmi lesquels se Ne ReRs A RE céiébres, qu’elle lui étoit absolument étrangère, et qu’elle devoit être construite par un autre animal encore inconnu. Mais une observation attentive des deux individus qui se ‘trouvent dans la collection du Muséum d'histoire naturelle, ne peut laisser aucun doute sur l’erreur d’une pareille opinion. On voit, dans celui conservé dans les galeries d’ana- ‘omie comparée, une suite de sillons qui s'étendent transversalement sur les flancs de l’animal, et qui répondent évidemment à de semblabies sillons imprimés sur les côtés de sa coquille. Les empreintes sont trop fortes, trop durables, pour faire penser qu’elles ne sont dues qu’au séjour momentané de l’animal dans une demeure qui lui seroit étrangère : il est impossible de ne pas se persuader, en les voyant, qu’elles existent, ainsi que la coquille, dés la naissance de l’animal, et que l’accroissement de l’un et de l’autre a été simultané. On n’en peut plus douter, lorsqu’on observe les œufs du même individu; on peut voir en effet que les petits qu’ils renferment ont déjà leur coquille, comme l’ont remarqué Cuvier et Denys-Montfort. Voyez l’Hist. natur. des mollusques de ce dernier, t. 3, P'232)

La coquille des argonautes a une seule cavité large et profonde, et n'est composée que de deux ou trois tours de spire contigus, formés dans le même plan, et dont le dernier est beaucoup plus grand que tous les autres; la

earène, cette espèce de saillie plus ou moins large qui règne sur le dos de la coquille, depuis le sommet de la spire “jusqu’à la bouche, est cannelée ou bordée de dentelures ou de tubercules plus ou moins saillans, d’où s'étendent en travers, sur les côtés, un nombre égal de rides. La substance de cette coquille est mince et flexible, d’un blanc maf ou laiteux, quelquefois grisätre, jaunâtre ou roussätre, du moins dans certaines parties; elle est transparente et si délicate qu’elle semble devoir se briser au moindre choc : aussi observe-t-on dans les mœurs de Vargonaute, qu’il évite avec grand soin les récifs; il pré- fère les hautes mers, à fond sablonneux. Il se promène sur leur sable mouvant au moyen de ses huit membres : les suçoirs dont ils sont garnis lui servent à s'attacher aux corps solides. C'est de La profondeur des mers qu’il s'élève sur les ondes, lorsque le temps ést calme. On prétend que, pour le faire avec facilité, il renverse sa nacelle et la vide d’eau. Arrivé à la surface des ondes, il la redresse , déploie aussitôt ses huit bras: il en abaiïsse six sur les flancs de la nacelle; ceux-ci lui servent de rames et de gouvernail : les deux palmés s'élèvent; leur membrane se déroule , se distend, se gonfle comme une voile par le souffle du vent; et l’argonaute vogue tranquillement sur la plaine azurée. Doit-elle être agitée par la tempête, ou conçoit-il la moindre crainte? aussi prompt que l'éclair, il replie ses voiles, rentre ses rames, fait chavirer sa nacelle et se précipite dans l’abyme. Rumphius, qui a observé cet animal dans les environs de l’île d'Amboine, dit que les pêcheurs regardent comme un grand bonheur de pouvoir s’en emparer. Il faut, pour y réussir, - arriver dessus avec le vent, et le saisir en passant avec la plus grande vîtesse quelque instrument par-dessous lui. L’argonaute paroft vivre solitaire. On ne sait rien sur son genre de nourriture, sur les moyens qu'il emploie pour se la precurer. Au reste il a trop de rapports avec les poulpes, dans les organes du mouvement et de la manducation, pour que sa manière de vivre puisse différer beaucoup du genre de vie de ces derniers : bien plus, comme l’on n’a jamais disséqué d’argonaute, on peut conclure de la grande ressemblance dans la conformation de ces or-

ganes, que ceux de la digestion, de la circulation, des sécrétions et même de la génération, ne peuvent s’écarter que très-légèrement , dans ces différens animaux, de forme commune. Le même Rumphius cité plus haut dit que l’argonaute est pourvu d’une vessie, d’où sort une encre d’un brun bleuitre.

On a trouvé de ces animaux dans plusieurs parties de la Mediterranée, dans la mer des Indes, dans la partie du nord de S. Domingue, sous le tropique. Il paroît qu’il est étranger aux mers du Nord; car nous ne pensons pas que l’on puisse rapporter à ce genre l’animal décrit par ©. Fabricius sous le nom d’argonaute arctique, N.° 384.

Nous n’entrerons pas dans le détail des espèces assez . nombreuses dans la plupart des livres de conchyliologie : ce ne sont en grande partie que des variétés de l'espèce suivante.

L’ARGONAUTE PAPyRACÉ, Argonaula argo, Linn. La coquille est munie d’un double rang de dents ou de tubercules.

Variétés. A. Argonaute à carène étroite, List. Synops. tab. 556, N.° 7; Rumph. Thes. tab. 18, litt. A; Favan. Conchyl. tab. 7, f. A2, A-4, A-8, G; Schaw, of the naturalist’s Miscell. N.° 33 : carène étroite, rides serrées et bifurquées. C’est à cette variété qu’il faut rapporter l'individu du Muséum d'histoire naturelle ( Galeries d’anat. comparée), qui est femelle. Ses œufs réunis en paquet sont jaunûâtres et un peu plus petits que des graines de navet; chaque œuf renferme un petit embryon muni de sa coquille. De la Méditerranée. B. Argonaute à tubercules, Rumph. tabl. 18, f. 1; Favanne, Conchyl. tab. 7, f. A-7 et A-9 : tubercules ar rondis sur la superficie de la coquille. C’est à cette variété, qui habite les grandes Indes, etc., que se rapporte l’autre individu conservé au Muséum et provenant du cabinet du Stathouder. Il est représenté dans l'Histoire des mollusques par Denys-Montfort, t. 35, pl. 37 et 38 C. La galère; Rumphius, tabl. 18, f.B; Favanne, t. 7, f. A-6 : coquille moins comprimée, moins tuberculeuse , ouverture presque carrée. Grandes Indes, golfe Persique, cap de Bonne-Espérance. (Duv.)

ARGOPHILLE (Bot.), Argophyllum, bel arbrisseau de la

nouvelle Écosse, qui n’a point encore été cultivé en Europe ; il paroît appartenir aux éricinées, dans la section de l’airelle.

Suivant le caractère établi par Forster, le calice tient l’ovaire à demi-engagé : une corolle profondément divisée ou composée de cinq pétales; un tube intérieur pentagone, rétréci et frangé, désigné comme nectaire , renferme des étamines courtes, qui ne sont point bicornes comme dans les autres genres : l'ovaire, adhérent au calice, devient une capsule à trois loges, ouverte en trbis par le haut. |

Ses feuilles sont alternes, et ses fleurs en panicules axillaires. Le duvet argenté dont les unes et les autres sont couvertes , lui a fait donner le nom générique d’argophyllum, et le trivial nitidum. (D. de V.)

ARGOURHI (Mamm:), nom de l’agouti chez les Caraïbes , selon le père Labat. Voyez Cagrar. (C.)

ARGOUSSIER (Bot), Hippophae, Linn.,Juss:, Lam. IL. “ | 808; genre de plantes de la famille des chalefs ou osyridées, distingué par les caractêres suivans : fleurs toutes mâles sur un individu , composées d’un calice à deux divisions profondes, arrondies et contenant quatre anthères ; fleurs toutes femelles sur un autre individu, composées d’un calice tubulé un peu fendu en deux au sommet , et contenant un ovaire terminé par un stigmate saillant hors du calice. L’ovaire devient une baie Pause à une seule graine. Voici. les deux espèces qui composent ce genre.

L’'ARGOUSSIER RHAMNOÏDE, au simplement l’Argoussier ; Hippophae rhamnoides, Linn., F1. Dan. t. 265, arbrisseau épineux et grisàtre, Commun sur le bord de la mer, dans les sables des dunes. Il est haut de trois ou quatre pieds dans l’état sauvage, et de douze à quinze lorsqu'il est cultivé. Ses nombreux rameaux s'étendent irréguliérement, et sont garnis de petites feuilles étroites, alternes, épaisses et blanchätres en dessous. Ses fleurs sont sans éclat, petites et groupées aux aisselles des feuilles, à.la base des jeunes pousses. Les épines, placées également aux aisselles des feuilles, sont très-roides, d’abord courtes , et puis s’allongent en rameau : les baies sont jaunes. Si l’on examine la surface des jeunes rameaux, des feuilles et des fleurs , on

404 ARG la voit couverte de petites écailles. Son bois est très-dur ‘et presque incorruptible. Cet arbrisseau est employé, même lorsqu'il est mort, à construire des haies, à quoi ses épines et la nature de son bois le rendent très- propre. Les baies ont une saveur acide et désagréable : on lit cependant dans Linnæus que les Lapons en préparent un rob qui sert d’assaisonnement au poisson et à la viande dont 3ls se nourrissent. .

L’Arcoussrer Du Cana, Hippophae Canadensis, Linn. IL ne diffère du précédent que par ses feuilles ovales. ( Mas.)

ARGUENILLA (Bot.), nom que porte au Chili une espèce de plante du genre Jovellana. (J.)

ARGUENITA (Bot.), nom donné dans le Chili à quelques espèces de calcéolaires. (J.)

ARGUILLE (Ornith.), nom vulgaire du motteux, motacilla œnanthe, L., qu’on appelle aussi artille. (Ch. D.)

ARGUS ( Orunith.), espèce de faisan qui habite en Chine et à Sumatra, phasianus argus, L. Voyez Faisan. (Ch. D.)

ARGUS (Entom.), nom de plusieurs petits papillons de jour , que Geoffroy avoit nommés bleu , brun, vert ou aveugle, satiné, etc. Voyez HEsPéRIE. (c. D.)

ARGUS (Moll.), espèce de coquille: Voyez POoRCErAINE; gen. ( Duv.) . ARGUS (Ichtyol.), les naturalistes modernes ont donné cette épithète à plusieurs espèces de poissons, entre autres, à un Caéronon, à un Lursan , à un PLeunoNEcTE. Voyez ces mots. (F. M. D.) | |

ARGUS D’AMÉRIQUE. (Rept.) C’est une espèce de lézard voisin de l’améiva. Voyez Lézarr. On denne aussi ce nom à une couleuvre. Voyez Coureuvee. (C.)

ARGUS FACIE.(Moll.) Voyez Pourpre. (Duv.)

ARGUSE (Bot.), Messerschmidia, genre de plantes borra- ginées, dont les fleurs, fort petites , ont le tube court, un peu dilaté à la base; les étamines non saillantes; le stigmate capité; le fruit en baie sèche, ayant deux noyaux qui semblent partagés en trois loges, dont l'intermédiaire est vide, et dont les deux latérales n’ont qu’une graine chacune : les cotylédons sont remarquables par leur forme oblongue et presque cylindrique. |

La premiere espèce connue n’est qu’une plante vivace, trouvée par un botaniste dé Dantzick, nommé Messerschmid, dans la Tartarie orientale, sur les collines voisines de la rivière d’Argun. Amman avoittiré de cette habitation le nom d’argusia, en proposant toutefois de lui donner celui du voyageur ; ce qui a été fait par Linnæus. Elle est figurée dans les Mémoires de Pétersbourg, 1763, t.11. Cette espèce est difficile à conserver vivante : les fleurs ont l'odeur du muguet.

Deux arbrisseaux des Canaries se sont depuis trouvés congénères de cette plante du Nord; l’une à feuilles plus larges, messerschm. fruticosa, L.; l’autre trés-peu différente, mess. angustifolia. On les élève danslesjardins de botanique en leur faisant passer l'hiver dans la serre tempérée. (D.deW.)

ARGYODONTE. (Ichtyol.) Ce nom a été donné par le poëte grec Marcellus à la sciène ombre, pour indiquer Îa blancheur de ses dents. Voyez Scrèxe. (F. M. D.)

ARGYREIA (Bot.), Lour., Juss. Mss., genre de plantes de la famille des liserons ou convolvulacées, composé de trois espèces d’arbrisseaux de la Cochinchine. IL a pour caractères, 1.° un calice coloré, velu, persistant, prenant de l’accroissement aprés la floraison, et divisé en cinq découpures, dont deux extérieures plus grandes; 2.° une corolle monopétale, dont la base est un tube terminé intérieurement par cinq crénelures, et le sommet un limbe plissé et divisé à son bord en cinq découpures; 3.° cinq étamines , dont les filets sont épais, attachés à l'entrée du tube de la corolle, et terminés par des anthères èn forme de flèche; 4° un ovaire libre et surmonté d’un style simple et d’un stigmate en tête; 5.° une baie arrondie, sèche et divisée en quatre loges contenant chacune une graine. Parmi les trois ‘espèces qui composent ce genre, deux sont de petits arbustes grimpans comme le liseron, garnis de feuilles alternes, couvertes d’un duvet argenté et terminées par desfleurs blanches disposées en panicule. Tous les deux, selon Loureiro, sont employés comme astringens. La troisième espèce est un arbrisseau non grimpant, haut d'environ huit pieds ; ses rameaux sont étalés, garnis de feuilles rudes, comme celles des borraginées, et terminés par des grappes de fleurs

jaunes. Cet arbrisseau est cultivé dans la Chine et dans la Cochinchine, où ses racines et ses feuilles sont d'un grand usage, en forme de cataplasme, contre les inflammations extérieures et les tumeurs des mamelles. ( Mas.)

ARGYRÉIOSE. (Ichtyol.) Ce nom, tiré du grec, signifié argenté; Lacépede l’a donné à un genre de poisson qu’il a séparé des zées et qui a les caractères suivans.

Caract. gén. 11 a le corps et la queue trés-comprimés, une seule nageoire dorsale ; plusieurs rayons de cette nageoire terminés par des filamens très-longs, ou plusieurs piquans, à chacun de ses côtés; une membrane verticale placée transversalement au-dessous de la lévré supérieure ; les écailles trés-petites, les nageoires thoraciques trésallongées, des aiguillons au devant des nageoires dorsale et anale.

* ÂARGYRÉIOSE VOMER, Argyreiosus vomer, Zeus vomer, Linn. Ce poisson a onze rayons aïguillonnés et vingt-un articulés à la dorsale, un rayon aiguillonné et vingt articulés à l’anale, deux aïiguillons au devant des DÉCORS dorsale et anale, la caudale fourchue.

BND 62, Pi a164 Th 6 A eme

Longueur , quinze ou seize centimètres.

Ce poisson, qu’on prétend exister également dans la mer de Norwèëge et du Brésil, est d’une belle couleur argentée avec quelques reflets bleus sur le dos et les nageoires. Il se nourrit de petits crustacés et de différens mollusques : sa chair est excellente.

J’invite les naturalistes à s'assurer si l’argyréiose de Norwège est le même poisson que celui du Brésil : je crois qu’on peut en douter provisoirement.

Les argyréioses sont des poissons osseux thoracins. (F.M.D.)

ARGYROCHÉTE (Bot.); Argyrochæta. Cavanilles, dans ses Icones plantarum , vol. 4, p. 54, t. 378, décrit et figure sous ce nom la plante connue depuis long-temps sous celui de parthenium hysterophorus, L., ou absinthe d'Amérique ; mais comme le caractère du parthenium, donné par Linnæus, étoit incomplet, l’auteur espagnol, trouvant dans sa plante des parties omises dans la description de Lin-

ARI a

næus, a pu croire qu'elle étoit différente et en former un genre nouveau. Nous sommes forcés de le supprimer, en profitant de ses notes pour compléter le caractere : senée rique du Parrnenium. Voyez ce mot. (J.)

ARGYROCOME (Bot.), Argyrocoma , Gært. t. 167, genre de plantes de la famille des corymbiféres , établi par Gærtner sur quelques espèces séparées des genres Xeranthemum et Gnaphalium de Linnæus, et auquel il assigne pour caractéres, 1.° des fleurs flosculeuses , les unes mâles, les autres femelles, mêlées ensemble ; 2.° le calice commun, formé d’écailles imbriquées, sèches,’ luisantes, les intérieures plus longues et formant un rayon coloré autour des fleurons ; 3.° le réceptacle nu; 4.° les aigrettes entiérement plumeuses, ou seulement au sommet, Les espéces réunies de ce genre sont presque toutes du cap de Bonne-Espérance : elles sont semblables aux gnaphales, et leurs fleurs conservent après leur desséchement, comme celles de l’immorteile , l'éclat qu’elles avoient dans leur état de fraîcheur. (Mas)

ARGYROPÉE. ( Chim. ) C'étoit un des anciens noms de la chimie, lorsqu’on la regardoit uniquement sous le rapport de la fabrication artificielle de l’or et de l'argent, ou même sous ceux de la purification et de lalliage de ces métaux précieux. Cette dénomination étoit donc, comme celle de chrysopée, bien voisine de celle d’aichimie. (F.) |

ARIA (Bot.), nom ancien de l’alisier ordinaire. (J.)

ARTA -BEPOU (Bor.), nom malabare de l’azedarach de l'Inde, melia azadirachta, L., figuré dans Rhéede , Malab. 4, #52. (J.)

ARIANE. (Eniom.) On nomme ainsi une espèce de Parirron. Voyez ce mot. (C. D.)

ARIA-VEELA (Bot.), nom malabare du mozambé visqueux, cleome wiscosa , L., figuré dans le Hort. Malab. v. 9, t. 23. Rhéede lui attribue des vertus très-étendues. Selon lui, le suc, pompé par les narines, soulage la tête et la préserve des effets du poison ; mêlé avec de l'huile jet insinué dans l'oreille, il diminue la surdité : les feuilles, prises à l’intérieur, sont fortifiantes, stomachiques et dissipent les vents;

pilées et mises sous les aisselles à l'invasion d'un accès de fièvre, elles diminuent et même suppriment le frisson ; leur simple application adoucit beaucoup le’ mal de tête. os

ARIEL (Ornith.), nom arabe du héron butor, ardea stellaris, L. (Ch. D.)

ARIGNAN -OUSSOU ( Ornith. ), nom brésilien du dindon, que Coréal nomme aussi arignon-aussou, et Laët, arignaousou. ( Ch. D.) |

ARILLE. (Phys. végét.) L'arille est une extension et un développement du cordon ombilical; il n'existe que dans quelques espèces: il forme autour de la graine une enveloppe tres-souvent incompléte, et n'a aucune adhérence avec elle. |

Cet organe disparoît quelquefois après la maturité des semences, comme nous avons eu occasion de l’observer sur le manioc à feuilles de cotonnier, jatropha gossypifolia, Jacq. Dans cette plante, l’arille recouvre la graine en totalité; il est trés-mince, excepté au point où s'attache le cordon ombilical : la, il forme une sorte de bourrelet en capuchon; mais à mesure que le volume de la graine augmente, ce bourrelet diminue et l’arille se desséche à tel point qu'il finit par disparoître entiérement. Dans d’autres plantes, au contraire, on peut observer l’arille sur la graine parfaitement müre.

L’arille du muscadier est connu dans le commerce sous le nom de macis; c’est une enveloppe charnue, odorante, d’un rouge éclatant, découpée en lanières épaisses. Celui du ravenala. arbre voisin des bananiers, est une membrane frangée et d’un beau bleu de ciel. Celui des oxalisest blanchâtre ; il a la forme d’un petit sac; a l’époque de la maturité, ilse crève à son sommet, et se retournant de dedans en dehors avec élasticité, il lance au loin la graine qu'il recouvroit d’abord.

Nous pensons que l’arille est une sorte de corps glanduleux, dans lequel sont élaborés les sucs qui servent à nourrir et à développer la graine. Cette opinion paroît prouvée par le desséchement très-visible de cet organe, à mesure que la graine etses cotylédons prennent de l’aceroissement. (B. M.)

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