CURE
Se ABSINTHE, INODORE, Arlemisiæ inodora , Mill. Dict. n.° 16. Cette plante croît dans les terrains arides et
incultes de l'Europe, et on a cultive dans les jardins,
soit pourgses propriétés écono omiques, soit à cause de ses
sages fréquens en médecine. Sa racine est ligneuse et pousse plusieurs : ‘tiges blanchâtres, rameuses et cannelées : elles sont garnies de feuilies alternes, pétiolées, d'un vert. blarchätre, . et composées de pinnules multifides ; celles du sommet sont a deux ou trois découpures et même souvent entières. Les fleurs sont jaunâtres ét naissent en grappes pendantes tournées d’un seul côté.
La variéte B est insipide et ane segmens de ses feuilles, selon Miller, sent plus jarges et bide blancs, et elle se perpétue par semences.
L'absinthe commune a une odeur forte, aromatique, et une savêur très-amère; son amertume est si pénétrante qu elle peut la communiquer au lait des animaux et même. à celui de la femme. Toute la plante est stomachique,
échauffante, tonique, carminative, céphalique, anti-pu-
tride , fébrifuge, diurétique, emménagogue, ete. Elle convient dans un grand nombre de maladies chroniques,
dans des Vices de digestion et de l’estomac, l’atonie) géné-
rale, l’'hydropisie , les fiévres intermittentes , la cactexie, la diarrhée séreuse, les dyssenteries, les suppressions des règles, le gonflement des glandes, les fleurs blanches; dans diverses maladies de la peau, les vers intestinaux, tes flatuosités : mais comme sa saveur amère est irés-forte, et
Do AMI HMS |A
que sa propriété échauffante est trés-marquée, on doit en
‘faire usage avec beaucoup de réserve et de prudence. Elle est dangereuse pour les sujets maigres : elle nuit égalément dans les maladies accompagnées d’inflammation, de fièvre, <e douleur, et généralement dans toutes celles qui reconnoissent pour principe trop d'irritabilité; ce médicament cause alors des étourdissemens, des maux de tte, des cphtalmies, et affecte le genre nerveux. On se sert communément de ses feuilles et de ses sommités fleuries, et on les emploie en- décoction : on en forme encore un vin particulier, en les faisant infuser dans du vin doux, lequel est recommandé dans les pàles couleurs.
Extérieurement, le sue et l'herbe pilée de l’absinthe sont |
utiles pour aréter la putridité des ulcères, pour résoudre les tumeurs. k ;
- Plusieurs brasseurs substituent, dans la bricaton de la Hbiére, ses fleurs à celles du houblon, et même ses feuilles et ses tiges; mais cette bière porte à la tête et ect enivrante. On en ajoute aussi quelquefois au vin nouveau, lorsqu'on craint qu’il ne se conserve pas.
ARMOISE PONTIQUE, Artemisia pontica, Linn., Jacq. Aust. tab. 99, vulgairement la petite Absinthe, l’Absinthe pontique. Cette espèce différe de la précédente par son réceptacle nu et par la finesse des découpures de ses feuilles, Cette jolie plante habite les lieux arides de l'Italie, de
la Hongrie et de la Thrace ou Romanie : on la cultive
dans les jardins. Sa racine est ligneuse, garnie de &bres et rampante; ses tiges sont nombreuses, cylindriques, rameuses, et ne s'élèvent ordinairement qu’à la hauteur d’un pied et demi; ses feuilles sont très-divisées, bipinnées, verdätres en dessus et blanchâtres en dessous. Ses fleurs sont-petites et penchées.
Elle est moins amère que l’absinthe commune, mais elle est plus aromatique; Ses vertus sont les mêmes, mais à un moindre degré : plusieurs auteurs pensent qu’on doit la préférer pour l'usage. ù
ARMCISE/DE ROCUE, Aréemisia rupestris, Lam. Dict. N°6, Allion. pedem. 1e 4 1, fig. 2, Artemisia rupestris, Linn. var. B, Arlemisia genepi, Stechman. C'est une petite plante
me" (ox)
sséz jolie, remarquable par a duvet soyeux ét blanchâtre. je recouvre presque. toutes ses due Les tiges sont simples et ne s'élèvent ordinairement qu’à quatre ou cinq pouces de hauteur : les feuilles inférieures sont pétiolées, découpées, et un peu palmées à leur sommet; les supérieures sont petites, sessiles et incisées. Les fleurs ont un. calice cotonneux. à écailles bordées de brun; leur réceptacle est nu; elles sont disposées en épi terminal : les fleurs du sommet de l’épi sont sessiles et rapprochtes; les autres sont légérement pédonculées, souvent inclinées où pendantes et écartées entre elles. On trouve cette espèce sur les montagnes du Dauphiné, de la Suisse, et de la /Savoie. Il paroît que cette plante est souvert confondue avec la suivante par ies habitans des Alpesset même par plusieurs botanisies, et qu’elle a absolument les mêmes. propriétés. * , ARMOISE OMBELLIFORME:., ie ubelliformis, Lam. Dico 7, vulsairement le Genepi blanc, espece qui nous paroît la même que l’Arfemisia mutellina, Vill. Daupb. tab. 35. Elle croît dans les Alpes du Dauphiné. Sa tige, ordinairement garnie d’un ou de deux rameaux axillaires, ne s'élève qu'à quatre ou six pouces de hauteur : ses feuilles inférieures sont pétiolées, et partagées vers leur sommet en trois ou quatre découpures linéaires et poinlues ; celles des tiges sont simples et étroites. De l’aisselle de chaque feuille caulinaire s'élève un pedoncule simple, nu, uniflore, d’un à deux pouces de longueur. Chaque tige soutient cinq à, six fleurs (deux ou trois, Vill.) disposées en corymbe ombelliforme ; leur calice est presque simple, cotonneux et tout-à-fait blanc; leur réceptacle est. velu ; les autres PÉRRÉS de la plante sont soyeuses et nié châires. | Cette plante est tonique , stomachique, sudorifique; on s’en sert dans le traitement des rhumatismes, des fièvres catarrhales et intermittentes : quelques faits prouvent que son infusion a été employée avec succés | pour la guérison des pleurésies et des péripneumonies. | ARMOISE GLOMÉRULÉE, Ariemisia glacialis, Linn., Jacq. Austr. App. t. 55, vulgairement le Genepi des Savoyards.
ë ARM | | 127 Cette. plante a le même ‘port que les deux précédentes. Ses tiges sont blanchâtres, simples, hautes de trois à cinq pouces, garnies de feuilles pétiolées , blanches, soyeuses,
| multifides et palmées à leur sommet; les fléurs sont jaunes, terminales et ramassées en bouquet glomérulé et — redressé. Les éczilles calicinales sont cotonneuses, brunes ou noirâtres en leurs bords, et leur réceptacle est velu. Cette plante croît dans les Alpes du Dauphiné, de la Suisse, du Tyrol, de la Carinthie, etc.
ARMOISE DE Jupe, Arfemisia Judaica, Linn., Pluk- Alm. 4, tab.73,' fig. 2, vulgairement Sémentine, Barbotine, Poudre à vers, ou Semen-contra des boutiques. C’est un sous-arbrisseau qui croît dans la Judée, dans l'Arabie et la Numidie. Sa tige est gristre et s'élève à un piéd et demi dé hauteur; ses feuilles sont petites, presque ovales, un peu cotonneuses, blanchâtres ou cendrées, et découpées en plusieurs lobes d’inégale grandeur, le moyen étant plus large. Les fleurs, de la grosseur d’une graine de coriandre, sont pédonculées, et naissent sur une panicule rameuse. e DEUS
Il est vraisemblable que c’est de cette espéce ou de la suivante, ou peut-être, comme le pense Miller, de l’artemisia santonica, L., que provient la poudre qu'on vend dans les boutiques sous le nom de poudre à vers, ou de semen contra vermes, qui nous est envoyée seche du Levant . par la voie de Marseille. Nous la recevons grossiere , ecomposée de petites têtes oblongues, écailleuses, d’un vertjaunâtre et d’un goût désagréable, trés-amer, avec une certaine acrimonie aromatique; son odeur est dégoütante et cause des nausées. Rauwolf, qui a parcouru les pays orientaux, dit que c’est une espèce d’absinthe que les Arabes appellent scheha, qui croît auprès de Bethléem, et qui est semblable à l’absinthe commune; mais les feuilles qu'on trouve parmi ces graines sont toutes différentes de celles de notre absinthe. Paul Herman croît que c’est une espéce d’aurone qui se trouve dans la Perse et dans quelques pays de l'Orient. |
Quoi qu'il én soit, le semen-contra est utile contre les lombries et plusieurs autres espèces de vers. Cette poudre
“1 1 ti 5 i
stomachique, fortifiante, céphalique, pectorale, car: | minative, emménagogue, etc. Elle convient dans les ma-
ladies occasionées par des sabures putrides, le reläche-
ment de l'estomac, les vers intestinaux, la rétention des. règles et des hémorroïdes, etc. Chomel dit qu’on la mêle avec succès dans les infusions purgatives, quand on soupconne dans l'estomac des matières glaireuses qui Mr l'effet des purgatifs.
ARMOISE DE PERSE, Arfemisia contra, Linn, C’est un petit arbrisseau encore peu connu des botanistes, dont toutes les parties sont cotonneuses; ses feuilles sont tés -petites, linéaires et palmées. La panicule est composée de rameaux ordinairement simples , sur lesquels sont épars de tréspetits épis ovales, alternes, formés chacun d’un amas de
fleurs sessiles, très-petites et imbriquées.
Les petits épis ovales et imbriqués de fleurs sessiles, que Linnæus attribue à cette plante, font soupçonner que c'est celle dont Tavernier fait mention , et que ce sont les mêmes pelits épis qu'on remarque dans la poudre à vers des boutiques, dont nous venons de parler. Tavernier, célébre voyageur dans l'Orient, dit que la sémentine croît dans le Royaume de Boutan, situé vers le bord septentrional du Mogol dans la haute Inde, d’où on nous l'apporte avec le musc et la rhubarbe. Il ajoute qu’elle croît-encore dans la Caméranie, province septentrionale de la Perse; mais en si petite quantité qu’elle suffit à peine pour les usages médicinaux de ces climats, où elle est employée dans les mêmes RNES que chez nous. V. Geoff.
Mat. med.
: ARMOISE CITRONELLE, Arlemisia abrotanum, Linn., Zann. Is. t. 30, Moris. Hist. sect. 6, tab. 2, fig. 2, Round l’Aurone male, l'Aurone des jardins, la Citronelle, la Garderobe. C’est un sous-arbrisseau qui croit dans nos départemens méridionaux et dans plusieurs parties de l’Europe australe. On le cultive dans les jardins à cause de l’odeur agréable de ses feuilles. Sa tige est nue dans sa partie inférieure, à la munière des arbres; elle est haute de deux à trois pieds, un peu plus grosse que le pouce, cassante, d’une couleur brune, et se partage en plusieurs rameaux :