‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistes (volume 2)Chapitre 42 sur 160 · SIL · texte numérisé non relu

SIL

ASP DA LE

Œ 2 ; A LS (l’on reconnoft mäintenant pour être une ‘espece de liseron.

ASPALAX (Mamm.), nom grec de la taupe. Les anciens

l'ont appliqué à une espèce de rat, et il est devenu le nom

spécifique du zocor. Voyez Rar. (C.) Ê ASPARAGINÉES, Asrerces (Bot.), famille de plantes monocotvlédones, apétales, a étamines attachées au calice, qui fait partie de la grande classe des liliacées de Tournefort et de l’hexandrie de Linnæus. Son calice , que la plupart nomment corolle, est coloré, à six divisions plus ou moins profondes, tantôt adhérent à l'ovaire, tantôt ne faisant pas corps avec lui. Les étamines sont au nombre de six, et toujours opposées aux divisions du calice. L’ovaire, libre ou adhérent, est

surmonté d’un ou de trois styles et d’autant de stigmates.

Le fruit est une baie ou capsule à trois loges remplies d’une ou plusieurs graines attachées à leur angle intérieur. La capsule s'ouvre en trois valves qui portent une cloison

dans leur milieu, de sorte que chacune forme la moitié de

deux loges différentes. L’embryon est petit et occupe, près

l’ombilic de la graine, une cavité pratiquée dans un péfisperme de substance cornée qui la remplit entièrement. Sa tige est herbacée ou ligneuse, quelquefois grimpante. Les feuilles, dans la plupart des genres de la famille, sont

alternes, et ne forment pas de gaîne au point de leur in-

sertion, comme dans le plus grand nombre des familles voisines. Quelques genres offrent des feuilles opposées, ou verticillées, ou engaînées par le bas. Les fleurs, dont la

disposition n’est point uniforme, sont accompagnées à leur basé de spathes ou écailles florales : dans plusieurs genres

elles sont dioïques par suite de l'avortement d’un des organes sexuels. |

Cette famille, qui tire son nom de l’asperge, asparagus, un de ses genres les plus connus, a été divisée en deux sections ; l’une des fleurs à ovaire supérieur ou libre, et

l'autre des fleurs à ovaire inférieur cu adhérent au calice. Celles de la première sont hermaphrodites dans le

dragoniéer, la dianelle, le ripogone, la floscope, la fla-

gellaire , l’asperge , la callixène , la philésie, l’ecmée,

l’herrerie, la médéole, le trillium, la parisette, le mu-

214 ASP

guet ; elles sont dioïques dans le fregon, la salsepareille , l’igname. Les genres de la seconde section sont Voncus à fleurs hermaphrodites ; l'ubium, le taminier, et le rajania:à fleurs dioïques. Quoique la réunion de ces genres soit regardée comme trés-naturelle, cependant elle pourroit dans la suite être subdivisée en deux, d’après une! considération de la structure du périsperme, dont la cavité destinée à recevoir l'embryon est très-petite et presque marginale, dans la plupart des genres; centrale et trésgrande, suivant l'observation de Gærtner, dans l'igname et le rajania. Ces deux derniers genres ont d'os un port particulier, commun seulement à l'ubium, l'oncus, l'herrerie et au taminier; et si ceux-ci présentent de plus une grande cavité dans leur périsperme, alor. on auroit pour cette famille un caractère assez tranché et de quelque valeur aux yeux des sectateurs de lordre naturel.

Ventenat, d'aprés d’autres considérations , a subdivisé cette famille en deux, dont la première est celle des asparagoïdes a fleurs et cdhe et la seconde celle des smilacées à fleurs dioïques. (J.) ASPARAGOÏDES. (Bot.) Voyez AsPARAGINÉES.

ASPARAGOLITHE. ( Minér.) Abildgaard a donné ce nom à la pierre d’asperge, Spargelstein de WVerner. Il se rapporte aux variétés de chaux phosphatée nommées chrysolithes, qui se trouvent ordinairement dans des pierres que l'on a regardées comme des laves. Voyez CHAUX PHOSFHATÉE PYRAMIDÉE, etc. (B.) -

ASPE. (Tchkyol. ) C’est le nom d’une espèce de cyprin qui vit dans les rivières et les lacs du nord de l’Europe. Voyez Cyrnin. (FE. M. D.)

ASPERCETTE ou EsPArCETTE (Bot), nom que le :sainfoin cultivé porte dans quelques provinces. (J.)

ASPÉRELLE (Bot.), Asperella. Schreber avoit désigné d’abord, sous le nom d’asprella, une espèce d’alpiste, phalaris oryzoides, L., qui différoit de ce premier genre par l'absence de la ne extérieure; et ensuite, dans son Supplément, ila substitué lui-même au nom usprella celui de lsersia , adopté par d’autres botanistes, qui ont réuni à ce nouveau genre une espéce à six étamines et une autre à

ASE AU RO une seule. Lamarck, dans ses Illustrations, conserve la premiere plante sous le nom d’asperella, genre auquel ïl n’attribue que trois étamines. Ses valves ciliées, comprimées et striées, ressemblent un peu en ce point à celles du riz, qui a de même les fleurs paniculées, et on a tiré son nom spécifique de cette ressemblance. Voyez Léersie. (3.9 |

ASPERGE (Bot.), Asparagus. Ce genre appartient à l'hexan drie monogynie de Linnæus, et aux asparaginées de Jussieu. Vingt espèces d’asperges sont décrites par les auteurs. Quelques-unes croissent dans l’Europe méridionale ; d’autres sont de l’Asie: le plus grand nombre habite l'Afrique. Toutes aiment les climats chauds, et ne végétent qu’a force de soins dans les climats septentrionaux; aucune jusqu'ici n’a été observée en Amérique. |

L’AsPERGE COMMUNE, Asparagus officinalis, Linn., dont les pousses nouvelles offrent un mets assez généralement estimé, est une plante herbacée à racine vivace. Elle croît en Europe dans les terres sablonneuses. Sa tige verticale, haute de deux à trois pieds, esi chargée de rameaux écartés et disposés en pyramide comme les branches d’un sapin; ses feuilles, longues de quelques lignes, fines et grêles comme un fil, sont trés-nombreuses , et naissent en faisceaux semblables à de petites houpes. Les botanistes ont remarqué que ces feuilles sont d’abord renfermées , au nombre de trois ou quatre, sous trois stipules, dont l’une , plus grande que les autres, les recouvre et s'applique exactement contre la tige ou les rameaux. Les fleurs sont en forme de cloches, petites, verdàtres, pendantes, solitaires, à l'extrémité de pédoncules grêles qui partent ordinairement deux à deux du milieu des houpes de feuilles : elles sont composées d’un calice verdâtre, à six divisions égales et profondes; de six étamines attachées au fond du ealice ; d'un ovaire libre, et d’un style surmonté d’un stigmate trigone. Le fruit qui succède à cette fleur est une petite baie globuleuse, d’un rouge trés-vif, à trois loges qui contiennent deux graines chacune. On a observé que sur quelques individus il n’y avoit que des fleurs à étamines, et que sur d’autres il n’y avoit que des fleurs à pistils.

ue Li. ‘de

Il ya une variété de cette plante qui porte des épines molles et recourbées à la base de ses stipules. L’asperge commune fleurit en Franee dans les mois de Juin et de Juillet. C'est de toutes les espèces de ce genre celle qui redoute le moins les climats septentrionaux, et c’est aussi la seule dont on fasse usage. Dans les pays chauds la tige durcit, devient ligneuse et ne peut plus servir de nourriture à Dore Cette plante est très-apéritive ; elle donne aux urines une odeur désagréable, que l’on peut changer en une odeur de violette avec Se gouttes d essence de térébenthine. | L’ASPERGE, BLANCHE, Asparagus albus. Cette plante croît en Espagne. Elle est ligneuse et s'éléve à deux ou trois pieds:-sa tige et ses rameaux sont tortueux; ses feuilles, réunies en faisceaux, sont longues d‘un pouce au moins, grosses comme un fil, à trois angles et d’un vert blanchâtre. Au - dessous des branches et des faisceaux de feuilles nais-

sent des épines solitaires, qui sont écartées de la tige, ou

même s'inclinent vers la terre.

L'ASPERGE À FEUILLES PIQUANTES, Asparagus acuhfohius, Linn. On trouve cette plante en Espagne et dans l'Orient;

ses tiges ligneuses, très-rameuses, forment de petits buis-

sons. Les feuilles, courtes, vertes, roides, terminées par une pointe acérée , sont réunies en faisceaux. Les fleurs sont très - petites et jaunûâtres.

L’ASPERGE APHYLLE, Asparagus aphyllus, Linn. Cette espèce croît en Espagne, cn Sd et en Lusitanie. Elle est ligneuse ; ses tiges sont sillonnées, ou même anguleuses. Ses feuilles, longues d’un demi-pouce à un pouce environ,

plus ou moins fines, légèrement sillonnées, roides, acé-

rées comme des épines, sont tantôt solitaires, tantôt réunies en faisceaux. Les feuilles qui composent chaque faisceau sont de longueur inégale et divergentes.

L'ASPERGE ÉPINEUSE, Asparagus “horridus, Linn. Suppl. Cette espèce, dont on trouve une bonne figure dans l'ouvrage de Cavaniiles sur les plantes d'Espagne, t. 2, p. 36 et tab. 156, a une tige ligneuse, haute d'un pied et plus, pentagone, sillonnée, rameuse; des rameaux épais, écartés ; des épines longues cemme le doigt, tétragones et trés-ai-

ASP 217

guës. Les fleurs naissent deux à deux, à chaque côté des épines. ! \ = Fe

L’'ASPERGE TORTUEUSE, Asparagus retrofractus, Einn. Voici une espèce d'Afrique qui diffère essentiellement des précédentes par la nature de sa tige, qui est sarmenteuse et s'élève à la hautéur de cinq pieds. Les rameaux sont tortueux, renversés en arrière , et garnis à leur base de trois épines; les feuilles sont grêles, disposées en faisceaux et divergentes.

Les six espéces que nous venons de citer suffsent pour donner une idée du genre. On peut consulter le Species de Willdenow pour connoître les autres espèces. Le nom d’asparagus, que l’on trouve dans les œuvres de Théaphraste et de Dioscoride, vient de deux mots grecs qui signifient non-semence, parce que, suivant Athénée, les plus belles asperges ne sont pas celles qui viennent de graines. Von ASPARAGINÉES. (B.M.)

ASPERGES. ( Agric.) Un mélange de sable ou de terre calcaire et de terre franche ou d'engrais, consommé en terreau, forme le terrain le plus favorable aux asperges ordinaires. Elies se multiplient de graines, qui produisent des racines appelées griffes ou pattes. La marche ordinaire de la culture des asperges est de les semer en pépiniére ; de relever les griffes et de les in dans des fosses ou planches séparées.

Ensemencement.

Le moment de semer dépend du climat. Auprés de Paris, on choisit le mois de Mars ; on sème plus tôt dans les provinces du Midi, et plus tard dans ceiles du Nord : il faut profiter des premiers temps doux aprés les gelées.

Le terrain destiné à être ensemencé doit être préparé d'avance, dés l’année précédente : on lui donne deux à trois labours, et on a soin de le bien fumer. On ne fait subir à la graine aucune préparation : après l’avoir semée, on herse deux fois et on unit ia terre avec un rateau; la graine doit se HARVEE à un peu plus de deux pouces de profondeur.

Les cultivateurs qui n’ont pas des semis en grand, pré-

218 | ASP

parent des planches comme celles des potagers, qu’ils labourent bien et qu'ils couvrent de terreau : quand ils ont semé la graine d’asperges, ils la foulent avec les pieds pour l'enfoncer, et donnent par dessus un coup de rateau.

Il y à de l'avantage à semer la graine d’asperges par rayons. On en espace mieux les graines; on arrache plus facilement les herbes qui nuisent au jeune plant, et on les sarcle avec plus de facilité : mais ce ne peut être que dans les petites cultures. Les rayons doivent être à dix ou douze pouces les uns des autres, et chaque graine à six pouces. La profondeur des rayons aura deux ou trois pouces au plus : on recouvrira la semence avec la lerre qui en sera sortie. Au bout de six semaines ou de deux mois, suivant que le printemps est plus ou moins doux, la graine d’asperge lève : quelque temps aprés on Ôte les mauvaises herbes ; on continue à sarcler pendant l’été, selon le besoin, et quelquefois on arrose. Au mois d'Octobre on coupe à un pouce de terre les montans des semis d’asperges.

Plantation des griffes. -

Un an après l'ensemencement , lés griffes ou racines d’asperges sont bonnes à être transplantées, au moins lorsqu'on leur destine une terre substantielle ou fumée abondamment ; mais si la terre est maigre ou mal fumée, il vaut mieux que les griffes aient deux ans. L'époque de la plantation des griffes d'asperges est de la mi-Février à la mi-Mars. On prévient le premier mouvement de la sève : si on attendoit qu’elle eût commencé, ces griffes reprendroient plus dificilement, et l'interruption qu’elles éprouvercient les empêcheroit de se fortifier dans le nouveau terrain ; les sécheresses surviendroient et les feroient périr.

Pour ôter les griffes des pépinieres, on se sert avec avantage d’une charrue sans coutre. À mesure que le laboureur trace un sillon, les griffes sont jetées sur la surface, d’où on les ramasse. Quelques griffes peuvent être maltraitées par la charrue; mais cet inconvénient est bien compensé par le peu de frais de l’opération. Dans les petites cultures on cerne la terre autour de chaque pied avec une petite fourche de fer, et on en enlève ainsi les griffes.

Page 1