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est la conversion d’un bois, d’une vigne, d’une safranerie, en terres labourables. :
Un bois tellement endommagé par les bestiaux ou parle gibier qu'il n’est presque d’aucun rapport, doit être arraché, défriché et changé en champs. On sait avec quelle abondance ce qu’on y sème y vient pendant plus ou moins d’années. Le repos dont a joui la surface du terrain , puisque les racines du bois vivoient aux dépens du fond; l’engrais formé par les feuilles qui le recouvrent, en font une terre neuve, capable de produire, sans interruption, pendant vingt ans. Je suis bien éloigné de penser qu’il faut indistinctement défricher les bois pour y cultiver des grains; on n’a que trop abusé peut-être de cette idée, et il en résulte des inconvéniens dont la capitale surtout ressent les effets: mais je conseille de détruire ceux qui sont en mauvais état, et de les rendre, au moins ‘pour quelque temps , à la culture, afin de les replanter ensuite avec soin et de les entretenir mieux. Il y a aussi en France beaucoup de terres à grains qui se lassent, et qu’il seroit plus avantageux de planter en bois, en n’employant que les espèces d'arbres qui leur conviennent.
Quaique la vigne se soutienne assez long-temps en bon état quand elle est cultivée et soignée, cependant il arrive une époque où elle dépérit et ne produit que trés-peu de raisin : on la détruit, pour semer à la place, ou des graines céréales, ou des plantes propres à former des pâtures artificielles. Dans les pays où les vignes font la majeure partie du produit, et où on veut profiter des bonnes expositions, on en replante, après un temps plus ou moins long, dans les endroits où il y en avoit autrefois. Dans ceux où l'exposition est indifférente, et où les vignes ne sont qu'une culture epnndaire , o% choisit, pour planter de la vigne les pièces de terre qui n’en ont jamais porté.
On prétend, en Gàtinois, où on cultive le safran, que cette plante épuise le terrain à tel point qu’on ne peut en planter dans le même champ que vingt ans après, surtout si on l’a chargé de plus d’oignons qu’il n’en falloit. Je ne puis croire que cette assertion soit fondée. On assure en-
core que la terre dégraissée par cette racine ne peut se rétablir que par le repos -que lui procure le sainfoin qu’on
est dans l’usage d’y jeter : je sais cependant qu’on a réussi :
trés-bien en y semant du froment après qu’on en a ôté le safran. Ordinairement on plante de la vigne dans les terres a safran, lorsqu'on a défait le sainfoin qui l’a remplacé. La partie de la Beauce qui, voisine du Gâtinois, cultive aussi le safran, ne l’a pas plus tôt ôté que les champs sont con-
vertis en terres labourables. Les fromens et autres grains
y viennent bien mieux, parce que la terre est plus meuble et a plus de fond.
Le houblon et la garance sont aussi deux objets d’alternative dans les pays où on les cultive. On peut y ajouter la réglisse, le chardon à foulon, le pastel, le chaävre, l'oignon, l’anis, la coriandre , le fenu-grec, etc, Parmi ces -plantes, les unes ne restent qu’un an en terre et ont des racines minces et petites ; les autres, dont les racines sont plus fortes, y restent plusieurs années : ce qui établit entre elles des différences qui entrent pour beaucoup dhns lusage qu’on en fait pour assoler.
Il n’y a point d'opération d'agriculture plus importante
que celle des assolemens : elle augmente les ressources du cultivateur en même temps qu'elle lui fournit le moyen de tirer, le parti le plus avantageux de ses possessions , de ses champs, de son jardin; car une partie de ce que j'ai dit peut s'appliquer au jardinage. Les marechais qui cultivent des légumes à leur profit, sont, sur cet objet, de la plus grande intelligence , et devroient servir d'exemple aux autres cultivateurs. Aux gros légumes,, tels que les choux , les cardons, les artichauts, on fait succéder les navets, les betteraves, les carottes, etc. Il est à désirer, pour les progrés de l’agriculture, que les efforts que l’on fait en Angleterre pour perfectionner l’art des assolemens, soient imités par les cultivateurs des autres pays. (T.) ASSONIE (Bot.), Assonia, Cav., Juss., genre de plantes de la famille des malvacées , très-voisin du dombeya , et dont on ne connoît encore qu'une seule espèce, qui croît dans les forêts montueuses de l’ile de Bourbon.
ASSONIE À FEUILLES DE FEUPLIER, Assonia populnea, Cav.
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Monad., tab. 42, fig. 1. C'est un arbrisseau connu, par les habitans de l’ile de Bourbon, sous le nom de bois de senteur bleu ou galeux. Son tronc est recouvert d’une écorce cendrée ; le bois est trés-odcrant et d’une couleur bleue dans l’intérieur. li acquiert par l’âge une grande dureté. Ses feuilles sont grandes, éparses, glabres, en cœur, entières ou quelquefois dentées ou ondulées, et prolongées en pointe à leur sommet. Ses fleurs sont blanches et prennent en vieillissant une teinte ferrugineuse : elles sont disposées en corymbes axillaires et terminaux ; leur calice est double, l’intérieur à cinq divisions profondes, l'extérieur est monophylle, en forme de bractée et à trois lobes. La corolle a cinq pétales obliques en forme de faux. Les étamines sont réunies à leur base en un petit godet; elles sont au nombre de vingt, dont quinze fertiles, séparées de trois en trois par un filet stérile plus long.
L’ovaire est pubescent, surmonté de cinq styles et de cinq stigmates ; le fruit est globuieux, ombiliqué, formé de cinq capsules conniventes, uniloculaires et dispermes. (D. P.)
ASSOUROU (Bot.), nom caraïbe d’un myrte des Antilles, appelé aussi poivre de la Jamaïque, et figuré, t. 191, £1, dans l’histoire de cette île par Sloane. Linnæus le regarde comme le même que son myrtus pimenta, qui est originaire de l'Inde. Dans l'Encyclopédie méthodique, vol. 4, p. 410, l'identité est regardée comme incertaine, et l’assourou est sous le nom de myrtus citrifolia, Ses feuilles et ses fleurs ont une odeur agréable. Les premieres ont un goût épicé et peuvent entrer dans les assaisonnemens. On donne à l’espèce de l’Inde le nom de toutépice. (3.)
ASSY (Bot.), nom que porte à Madagascar le dracæna umbraculifera , Jacq., espece de dragonier. Rochon, qui en fait un palmier, dit qu’il s’éléve à la hauteur de dix pieds; que sa tête est couronnée de feuilles semblables à celles du lys, longues de quatre ou cinq pieds et disposées en parasol. On le nomme aussi hassing bé. Cette dernière syllabe signifie grand. (J.) |
ASTACITES, Asracozites. (Moll.) On donne ce nom aux crustacés pétrifiés, Ces animaux se rencontrent assez
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communément à l’état fossile, ainsi que toutes les autres productions marines. On en a trouvé à Maastricht dans la fameuse montagne de S. Pierre, dans des ardoises auprés d'Angers, en OH. à Pnau bed en Allemagne, et dans beaucoup d'atlres endroits. Saussure dit avoir vu, à Bâle en Suisse, une de ces pétrifications, dans laquelle on distinguoit encore les œufs de l'animal. Verre Fossize. (L. M.)
ASTAQUE. ( Flore ) C'est le nom grec et latin du genre Écrevisse. (C. D.)
ASTARACH.( Bot.) Les Arabes nomment ainsi l’estoraque des Espagnols, le shirace des Italiens, qui sont le stirax ordinaire ou aliboufier, styrax officinale, L. (J.) ë
ASTATE. (Entom.) Latreille a désigné sous cenomun genre d'insectes qu’il a établi dans notre famille des fouisseurs ou 4 orycteres, et dans les genres Sphège de Linnæus et Pompile de Fabricius. Ce’ mot est tiré du grec acrærcg (astatos), et signifie , qui change continuellement de place, quine peut être en repos. ( C. D.)
ASTER (Bot.), Aster , Linn., Juss., genre de plantes de l’ordre des corymbiféères , qui renferme une soixantaine d’espèces. Presque toutes sont herbacées et vivaces, six à sept sont ligneuses et forment des arbustes toujours verts, trois seulement sont annuelles ou bisannueiles. £
Les asters sont pour la plupart originaires de l'Amérique septentrionale ; les autres croissent à la Chine, dans le détroit de Magellan , et en Europe, en Sibérie : les espèces ligneuses se trouvent presque toutes au cap de Bonne-Espérance.
Les fleurs sont radiées et produisent en général un effet trés-agréable par l'éclat de leurs couleurs. Elles sont composées de fleurons hermaphrodites quinquéfides, et de demifleurons femelles nombreux, souvent à deux où trois dents au sommet; leur calice commun est imbriqué d’écailles nombreuses, dont les inférieures sont ouvertes. Les graines ont une aigrette simple, sessile ; le réceptacle est nu.
Les asters ont beaucoup de rapports avec les inules, les verges d’or et les érigères : on les distingue facilement des deux premiers genres, parce que leurs demi-fleurons sont
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toujours violets ou purpurins, bleus cu blanchâtres , tandis qu'ils sont constamment de couleur jaune dans les inules et les verges d’or ; les érigéres n’en différent essentiellement que par leurs demi-fleurons linéaires, extrêmement étroits et ordinairement très-entiers.
L'aster annuus, L., dans lequel on retrouve ces derniers caractères, appartient au genre Érigeron. Nous allons faire connoître les espèces d’aster naturelles à l’Europe, et celles qui par la beauté de leurs fleurs peuvent contribuer à la décoration des jardins.
Asters à lige lioneuse.
ASTER FRUTESCENT, Aster fruliculosus, Linn., Asfer hyssopifolius , Berg., Commel. Hort. 2, tab. 27. C’est un arbuste qui croît au cap de Bonne-Espérance dans des lieux arides, et qui est cultivé dans le jardin du Muséum d'histoire naturelle. Sa tige est grêle, trés-rameuse, haute d’un à deux pieds : ses feuilles Sont linéaires, pointues, glabres, ponctuées, alternes ou éparses : les fleurs s’épanouissent au commencement du printemps ; elles naissent sur des pédoncules nus et assez longs; leurs demi-fleurons sont violets ou purpuürins.
ÂASTER sOYEUx, Aster sericeus, Vent. Hort. Cels, tab. 33. C’est une jolie espèce découverte par Michaux, dans le pays des Illinois , sur les rives carpe du Missouri et du Mississippi. Elle est cultivée à Paris chez Cels : ses feuilles sont soyeuses et argentées. Les fleurs, de couleur violette à la circonférence et d’un jaune pâle dans leur disque, paroissent vers le milieu de l’automne.
Cette plante et la précédente se cultivent dans des pots que l’on rentre l’hiver dans la serre d'orangerie. Elles aiment une terre sablonneuse et substantielle ; on les multiplie aisément par la voie des boutures et des marcottes.
Asters à tige herbacée et feurlles frés-entières.
ASTER DÉLICAT, Aster benellus, Linn., Jacq. obs. 4, tab. 88. Cest une petite plante annuelle, originaire du cap @e Bonne-Espérance , dont les tiges rameuses produisent une touffe assez régulière, qui s’élève à la hauteur de sept à huit
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pouces : ses feuilles sont linéaires, d’un vert luisant , et garnies de petites pointes ciliées ; ses fleurs sont petites et ont leurs demi-fleurons d’un beau bleu. On la multiplie par ses graines, que l’on sème en pots dañs une terre légère et . sur couche. (
ASTER DES ALPEs, Aséer alpinus, Linn., Jacq. Austr. tab. 88. Ses feuilles radicales sont ovales, oblongues, obtuses, velues et un peu rudes au toucher : sa tige est simple, uniflore, velue, haute de trois à dix pouces, et chargée de deux ou trois feuilles lancéolées : la fleur est grande, jaune dâns le centre, bleue à la circonférence ou blanche dans une variété. Cette plante ‘croît sur les montagnes de la France, de la Suisse et de l’Autriche.
ASTER AMELLE, Aster amellus, Linn., Jacq. Austr. tab. 425, vulgairement lŒil de Christ, l'Aster d'Italie. Sa tige s'élève à deux pieds environ ; elle est garnie de feuilles oblongues, lancéolées, rudes au toucher et ciliées en leurs bords. Ses fleurs sont grandes, terminales, disposées en corymbe ; leur couronne. florale est d’un beau bleu : les écailles du calice sont obtuses, ciliées ; les intérieures sont membraneuses et purpurines à leur sommet. Cette plante croit sur les collines arides de l’Autriche, de l'Italie et de la Sicile : on la trouve aussi spontanée dans nos départemens méridionaux, au Puy-de-Crouel, près de Clermont, et dans les lieux arides aux environs de Strasbourg. Il paroît qu’elle a été connue de Virgile, et que c’est elle dont il fait mention dans le quatrième livre de ses Géorgiques , en la désignant par ce vers:
Est etiam flos in pratis cui nomen amello.
ASTER MARITIME , Aster tripolium, Linn., F1. Dan. tab. 615. Cette espèce est bisannuelle; elle croît dans les lieux maritimes et aquatiques de plusieurs contrées de l’Europe, sur les bords des lacs’ d’eau salée de l’Allemagne et de la Sibérie. Sa tige est haute de deux ou trois pieds, trés-glabre ; ses feuilles sont linéaires, lancéolées, glabres , un peu charnues, marquées de trois nervures et distantes les unes des autres. Sa fleur est d’un bleu pâle ou quelquefois purpurine ; son disque est jaune.
ASTER ACRE, Aster acris, Linn., Garid. Prov., tab. 11. Sa
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tige est un peu roidé, pubescente, haute d'environ un pied et demi, et terminée à son sommet par des rameaux disposés en corymbe. Les feuilles sont éparses, lancéolées , étroites ; les fleurs sont petites et d’un violet pourpre à leur circonférence ; les pédoncules sont garnis de très - petites feuilles ou écailles qui les recouvrent en partie. Cette espéce croît dans la Hongrie, en Espagne et dans nos départemens méridionaux.
Asrer ÉRICOÏDE, Aster ericoides, Linn., Dill. Hort. Elth. tab. 56, fig. 40. C’est une plante originaire de l'Amérique septentrionale, dont la tige est très-rameuse ‘et s'élève à trois ou quatre pieds de hauteur; ses feuilles sont extrêmement petites, linéaires, longues de déux à trois lignes et ordinairement réfléchies; les fleurs sont petites, de couleur blanche, et naissent en forme de grappes le long dés rameaux,
ASsTER DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE, Aséer novæ Angliæ, Linn., Herm. par. tab. 98. C’est une trés-belle espèce indigene de l’Amérique septentricnale. Ses tiges sont presque simples, reugeûtres, hispides, et parviennent à la hauteur de cinq à six pieds : ses feuilles sont lancéolées, pubescentes , semi-amplexicaules et munies de deux oreillettes à leur base : les fleurs sont grandes, d’un beau violet bleuâtre à leur rayon, et ramassées en bouquet au sommet de la tige ou des rameaux.
ASTER GRANDIFLORE, Aster grandifiorus, Linn., Müill. Tc. tab. 282, Dill. Elth. tab. 36, fig. 41. Cette plante, à aquelle les jardiniers anglois donnent les noms d’aster de Virginie, d’aster de Catesby, parce qu’eile a été rapportée de la Virginie par ce naturaliste, est remarquable par la beauté et la grandeur de ses fleurs : sa tige est garnie de feuilles oblongues, un peu étroites, presque obtuses, amplexicaules et chargées de poïls roides ; elle est haute de trois pieds, hispide, et se divise en plusieurs rameaux, terminés chacun par une grande fleur d’un bleu pourpre : les écailles extérieures du calice sont réfléchies.
ÂASTER A TIGE ROUGE, Aster rubicaulis, Lam. Dict. n.° 25. Cet aster est criginaire de l’Amérique septentrionale. Sa tige est lisse, d’un rouge violet, eu d’un pourpre noirätre ;