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dans certaines saisons. L’aya-pana y remédioit efficacement, ce qui tiroit un grand nombre d'habitans de la position de Tantale, où la crainte les tenoit; mais ce qui étoit encore plus précieux, cette plante faisoit disparoître tous les symptômes effrayans du tétanos. En un mot, chaque jour découvroit une nouvelle propriété à cette plante merveilleuse,
en sorte qu'il eût été plus court de faire l’énumération
des maladies qui lui avoient résisté, que de celles qu’elle
avoit guéries. Il n'est pas étonnant, d’aprés cela ue l’on … £ P , > q
ait mis beaucoup d’empressement à se la procurer : aussi la-t-on vu vendre au bazar ou. marché à raison de trois
sous la feuille (il est vrai que c’est la plus yetite monnoie
du pays). M. Céré trouvant beaucoup de facilité à la
multiplier de marcotte (ses graines ont avorté constamment jusqu'à présent), se trouva.bientôt à même de répondre à.
l’empressement que les habitans mettoient à s’en procurer des pieds, et par ce moyen elle se trouva au-dessus des besoins. Il eût été cependant difficile de parvenir à ce point, si l’on ne°se fût un peu refroidi sur son compte : en effet l'expérience ne tarda pas à faire reconnoître que l’on avoit au moins exagéré ses vertus, en sorte que, par une sorte de réaction qui est presque toujours da suite de Vengouement, on vit successivement diminuer le nombre de ses partisans ; ce qui lui donna le temps de se développer dans ‘tous les jardins. Il est même à craindre que, comme tant d’autres remédes, elle ne descende au point d’être totalement oubliée. Il est probable cependant quelle peut être employée avantageusement dans plusieurs cas; mais il faut que des expériences suivies et répétées par des gens de l’art, lui assignent la place qu'elle doit occuper dans la matière médicale. On peut conjecturer d’avance qu'elle n’y sera jamais comptée parmi le petit nombre de remèdes héroïques qui, dans la main d’un médecin habile, décident réellement la cure des maladies critiques : c’est ce que dénotent ses qualités extérieures, son odeur et sa saveur. Son odeur est bien aromatique, mais à un degré inférieur : il en est de même de son amertume; elle est mêlée à une légére astriction , mais si foibles l’une et l’autre qu'il est bien difficile de penser qu’elle puisse