‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistes (volume 2)Chapitre 90 sur 160 · FA · texte numérisé non relu

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jamais faire beaucoup d'impression sur l'économié animale. La botanique offre un autre moyen de conjecturer l'usage auquel on peut employer une plante quelconque : c’est par lexamen des rapports ou degrés d’aflinité qu'elle peut avoir avec d’autres plantes, en un mot, sa classification naturelle. La place de l’aya-pana n’a pas été difficile à déterminer : dés qu’elle a montré sa fleur, eïle a dû. être placée parmi les composés, dans la syngénésie de Linnæus, et dans l’ordre des corymbifères de Vaillant et de Jussieu. On n’a pas eu plus de peine à reconnoître qu’elle faisoit partie du genre Eupatoire; mais cette famille étant la plus nombreuse du genre végétal, il n’a pas été aussi facile que dans d’autres de eirconscrire ses vertus générales, et iln’y a pas la vingtième partie des espèces qui la composent qui aient place dans la matière médicale, et par conséquent qui aient été éprouvées. Le plus grand nombre de celles qui y figurent se font également remarquer par leur odeur forte, aromatique ou fétide, et par leur saveur plus ou moins amère; ces deux qualités réunies ou séparées. Le genre Eupatorium lui-même contenant une cinquantaine d'espèces, n’est pas plus circonscrit dans ses propriétés générales. La plus commune qui habite l’Europe, a eu, comme laya-pana , un moment de vogue; mais elle est laissée de côté depuis longtemps par les praticiens, quoiqu'elle paroisse mériter leur attention par son amertume et une légéere odeur aromatique. Il ya d’autres espèces qui possédent cette derniere qualité à un degré plus éminent : c’est parmi elles que doit se ranger cette plante, ainsi qu'on le verra à l’article Eupa- +o1RE , Où l'on donnera ses caractères botaniques, à moins qu’elle ne fasse partie du genre Carelie que Jussieu juge convenable d'établir.

La description abrégée et les caractères botaniques de l’aya-pana ont paru pour la première fois dans la gazette de Madras, du 8 Août 1801 ; ils faisoient partie d’une lettre ’qu’Aubert du Petit-Thouars avoit adressée au docteur Anderson , et que celui-ci, après l'avoir traduite, fit insérer dans cette feuille. Ventenat, qui ne pouvoit en avoir connoissance, fit de cette plante l’objet d'un mémoire, lu à VInstitut national ; depuis il en a publié une figure dans

son superbe ouvrage sur les plantes du jardin de Mat.

maison. ( À. P.)

AYE-:AYE (Mamm.), Cheiromys, quadrupéde de Madagascar, découvert par Sonnerät, et rangé par Gmelin dans le genre Ecureuil : c’est Geoffroy qui en a fait un genre à part, qu’il avoit nommé daubentonia. L'usage qui a prévalu en botanique de donner aux genres des noms d’hommes n'étant point encore reçu en zoologie, nous avons préféré le nom de cheiromys, composé de yeio (main) et ps (rat), et justifié par ce que nous allons dire.

L’aye-aye ressemble aux écureuils par le port et par la queue ; ses dents incisives sont encore plus comprimées par les côtés, et plus larges d’avant en arrière que les leurs : .: mais son principal caractère consiste dans les doigts tresallongés de ses pieds de devant, et dans le pouce séparé, opposable, et muni d'un ongle plat, qu’on voit à ses pieds de derrière. Le corps et la tête ont ensemble un piéd et demi de long : la queue est de la même longueur; ses poils noiïrs et roides sont dirigés sur les côtés et la rendent plate comme celle des écureuils : son dos et ses cuisses sont recouverts d'un duvet laineux et jaunâtre, que dépassent beaucoup de soies brunes : ses quatre pieds sont d’un brun roussàtre; le dehors est jaunâtre : sa tête, semblable au dos pour la couleur, à celle d’un écureuil pour la forme, est surmontée de très-grandes oreilles minces et presque nues. Il n’a que deux mamelles situées sous le ventre, quatre molaires en haut et trois en bas, dont on wa point décrit la forme. Le pouce de ses mains est court; le doigt index et le petit doigt ont deux pouces de long; le médius en a trois, et le quatrième doigt quatre : ces doigts sont très-légérement velus, excépté le medius, qui est nù et beaucoup plus grêle que les autres; leurs ongles sont pointus et un peu comprimés.

On ignoré quel usage cet animal fait de ses mains singulières. Sonnerat pense que le doigt long et grêle lui sert a pénétrer dans les trous de l'écorce des arbres pour y chercher des larves d'insectes; des aye-aye qu’il a nourris employoient ce doigt pour porter à la bouche te riz cuit qu'il leur donnoiït. Cet animal voit mal le jour et est d'un

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