‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistesChapitre 13 sur 55 · En marbres de décoration · texte numérisé non relu

En marbres de décoration

Les premiers comprennent les marbres blancs dontle grain, la teinte et la dureté sont uniformes; ils appartiennent aux variétés lamellaires et saccaroïdes de la chaux carbonatée des minéralogistes, parce que leur cassure présente une foule de petites lamelles ou facettes brillantes qui se croisent en tout sens, ou que leur grain plus fin et plus serré rappelle la contexture du plus beau sucre.,

Les seconds se composent de cette foule de marbres colorés dont quelques uns présentent le brillant assemblage des couleurs Les plus tranchées qui, disposées par veines, par taches,

ou par bandes plus ou moins grandes, et plus ou moins distinctes , offrent cependant un aspect assez constant dans chacun d’eux, pour qu’il soit toujours assez facile de les reconnoître et de les désigner par les noms qu’ils portent dans le commerce, surtout quand on a pu les étudier à la earrièreou au chantier. Les marbres de décoration appartiennent en général au calcaire de sédiment , je dis en général , car il y en a plusieurs qui se rangent a côté des marbres statuaires,

dont ils ne sont que de simples. variétés ; tels sont les marbres

blancs veinés de gris, les bleus turquins, les cipolins, etc. La cassure des marbres de décoration est ordinairement terne et compacte; ou, si elle devient brillante et lamellaire dans. certaines parties, on peut assurer que ces parties sont dues à. des veines de calcaire spathique traversant les masses dans un grand nombre de directions, ou, plus souvent encore, ces portions lamellaires brillantes et spathiques sont dues à des débris de corps organisés marins, tels que coquilles, madré: pores , entroques, etc., dont ces marbres sont quelquefois pénétrés dans tous les sens.

Les noms génériques de brèche et de lumachelle sont a peu prés les seuls qui soient employés dans le commerce pour désigner les deux groupes que l’on peut raisonnablement établir dans cette foule d’accidens difficiles à décrire, fastidieux à énumérer, et pour lesquels l'expression est souvent en défaut.

Les marbres brèches sont ceux qui sont composés de fragmens anguleux, différemment colorés, réunis par une pâte plus où moins distincte. Les marbres lumachelles sont ceux qui contiennent des débris de coquilles trés-apparens et nombreux; quant à tous les antres.qui ne sont ni unis , ni bréches, ni lumachelles, on les nommera, si l’on veut, Jaspés ; diaprés ou bariolés.

Les marbres antiques sont ceux qui ont été exploités et employés par les Esyptiens, les Grecs ou les Romains, ou ceux dont les carrières sont perdues, et qui ne se trouvent plus qu’en fragmens ou en blocs travaillés au milieu des ruines, des monumens et des villes dont le nom seul a survécu aux révolutions politiques. Les marbres antiques, par cela même qu'ils sont rares, sont très-recherchés, Nous en citerons plusieurs pour exemple,

104 MAR Marbres statuaires.

Les principaux marbres statuaires sont les marbres blancs antiques de Paros, du mont Pentelès, du mont Hymette près d'Athènes, et de Lui en Toscane. Celui de Carrare ne paroît point avoir été exploité dans Îles temps les plus reculés, car on s'accorde assez à n’en faire remonter l'exploitation qu’aü temps où César pénétra dans les Gaules. Aujourd’hui c’est le seul dont nos artistes fassent usage, et la belle qualité en devient de plus en plus rare : aussi a-t-on fait quelques essais sur les marbres de Florence et des Pyrénées; ces derniers ont déjà même été employés avec succès, notamment par M. Bosio qui en a fait une figure en pied , d'Henri IV enfant , et par mademoiselle Charpentier, qui en a exécuté le buste de Clémence Isaure , destiné au Capitole de Toulouse.

C’est particulièrement sur les marbres grecs que les plus célèbres sculpteurs de l'antiquité se sont exercés ; aussi la plupart des chefs-d’œuvre qui sont‘venus jusqu’a nous, et qui font encore l’ornement de nos Musées, appartiennent-ils a ces marbres dont le grain présente de larges facettes, et dont la teinte est souvent altérée par des nuances de gris ou de vert, qui ne se retrouvent point dans les beaux marbres statuaires d'Italie ; quelquefois cependant ces artistes fameux semblent avoir recherché cette finesse et cette blancheur uniformes; car, si le Torse et la Vénus sont sortis des carriéres de Paros et d'Athènes, lApollon appartient à celle de Luni en Toscane. Le marbre rouge antique, et le marbre noir de Lucullus ont été quelquefois employés comme marbres statuaires, témoin la statue colossale de M. Agrippa qui se voit à Venise au palais Grimani , et plusieurs autres statues qui sont également en marbre rouge antique, et qui font partie du Musée royal de Paris. On voyoit aussi plusieurs bustes en marbre noir au Capitole et à la villa Albani à Rome.

Lors de la décadence des beaux arts, quelques sculpteurs ne trouvèrent rien de mieux que d'exécuter des statues de plusieurs pièces en marbres colorés, c’est ainsi qu’il nous en reste encore dont la tête et les extrémités sont en marbre blanc; tandis que les draperies sont en marbres de couleur, qui imitent les étoffes, les brocards et les péquins à grands

ramages ; de tels écarts du bon goût n’autorisent point à regarder ces roches comme des marbres statuaires: un si noble emploi semble exclusivement réservé aux marbres blancs les plus purs. Le beau marbre statuaire est l’objet d’un commerce important. Plusieurs carriéres sont exploitées dans la vallée de Carrare pour le compte du gouvernement françois, qui en possède un vaste dépôt à Paris; mais comme la belle qualité en dévient excessivement rare, les artistes la paient jusqu’a 80 fr. le pied cube. Il est donc àsouhaiter que nos carrières de Saint- Beat, département de la Haute-Garonne, soient attaquées avec suite et constance. :

Nous n’insisterons point davantage sur les qualités respectives de ces marbres, ils sont décrits, avec beaucoup d’autres,

à l’article CaHaux cARBONATÉE de ce Dictionnaire.

Marbres de décoration.

L'usage des marbres de décoration n’eSt point aussi ancien que celui des marbres statuaires : on commença par en exécuter des colonnes monolithes , quelques sarcophages, et puis on en vint à en revêtir les murs des EE et des palais ; on attribua ce dernier excès 55 luxe à l’un des préfets de César.

Les principaux marbres de décoration dont on faitusage en Europe, sont, le marbre blanc veiné de gris de Carrare, dont on fait tous les piédestaux et tous les vases qui décorent nos jardins, celui dont ona construitle fameux escalier du château de Versailles, et qui est d'autant plus recherché cu approche davantage au marbre statuaire, dont il n’est qu’une variété.

Le bleu turquin n’est encore qu’une variété du précédent, puisqu'il se trouve à Carrare dans les mêmes carrières.

Le cipolin, qui est blanc veiné de larges bandes ondulées, grises et vertes, dues à du tale; les carrières antiques en sont perdues, mais on en connoit plusieurs dans les Alpes.

Le languedoc: ils’exploite aux carrières de Caunes prés Narbonne. Il est d’un rouge de feu rubanné de blanc; il produit beaucoup d'effet, et est employé dans la plupart des belles églises de France.

La griolte : ce marbre d’un rouge foncé, varié de taches ovales, d’une teinte plus vive, et de cercles noirs dus à des

400; MAR coquilles, s’extrait aussi dansles environs de Caunes en Languedoc:; ilse vend jusqu’à 200 fr. le pied cube.

Le campan, qui présente trois variétés dont on a fait à tort trois marbres différens ; son fond rouge , rose ou vert clair, est varié de veines entrelacées d’une teinte plus foncée; il produit un grand effet quand il est bien choisi. On l’exploite dans la vallée de Campan dans les Hautes-Pyrénées. Il se vend 55 fr. le pied cube à Paris; il s’altère à l’air. On en trouve des fragmens dans les ruines romaines du midi de la France.

La brocatelle d'Espagne. Ce marbre jaune renferme une multitude de fragmens de coquilles ; il s’extrait à Tortose en Catalogne, d'où ilse répand dans toute l'Espagne, la France et l'Italie : à la rigueur on pourroit le regarder comme une lumachelle. = Le portor, l'un des plus beaux marbres de décoration dont on puisse faire usage. Fond noir trés-intense, veiné de jaune vif; le plus beau vient des environs de Gênes, et particulierement de Porto-Veñere. Louis XIV le fit exploiter pour la décoration de Versailles et de Marly.

Le jaune de Sienne. Ce beau marbre d’un jaune assez vif est veiné de pourpre et de rouge vineux. On l'extrait à deux lieues de Sienne, et il se vend à Paris 8o fr. le pied cube.

Le sicile, marbre trés-recherché qui se distingue par ses. grandes bandes veinées et rubannées , rouges, brunes et olivâtres.

Le noir antique et le noir de Élaudhe ne sont guère em ploÿés que pour les inscriptions des monumens funébres. Le premier est d’un noir excessivement foncé, le second tire sur Le gris.

Le Sainte-Anne, gris foncé veiné de blanc , trés-employé en France , mais remplacé aujourd’hui par le suivant.

Le petit granite, marbre gris foncé, parsemé, ou presque entièrement composé de débris d’entroques d’une teinte cendrée. Il se trouve aux Ecaussines pres Mons: il est très-employé en France où l’on en importe une quantité prodigieuse. Nous formons des vœux pour qu’il soit bientôt remplacé par le marbre françois de Moncy, département des Ardennes, qui lui ressemble beaucoup.

Le grand antique est un marbre brèche à grands fragmens noirs réunis par une pâte blanche.

La brèche violelte est un marbre trés- variable qui présente

une foule de fragmens de marbre blancs, violets, rouges, lilas, cimentés par une pee verdàtre, etc. Il faut réunir à ce riérbié les suivans qui n’en sont que de simples accidens : le marbre africain, le fleur de pêcher, et peut-être la brèche rose. On D es a Saravezza en Italie.

La brèche de Tarentaise est un marbre qui ne ressemble à aucun autre; son fond est d’un brun de chocolat, parsemé de petits fragmens anguleux jaunes ou blancs. On y voit aussi, mais rarement, quelques débris de coquilles. On exploite ce marbre à Villette en Tarentaise.

Le drap mortuaire est un marbre lumachelle noir, parsemé de coquilles blanches d’un pouce à quinze lignes de long. Il est assez estimé malgré sa couleur de deuil.

Les marbres connus sous les noms de vert antique, de vert de mer, de vert poireau et de ‘polzeverra, sont renvoyés aux roches serpentineuses.

La plupart des marbres que je viens de citer sont déja nommés et décrits plus au long à l’article CHaux canBonarÉE de ce Dictionnaire, ainsi que je l’ai dit en parlant des marbres statuaires : on y trouvera même un aperçu des principales opérations de l’art du marbrier ; et je n’aurois pu amplifier cette partie sans sortir des limites naturelles d’un article de dictionnaire. On trouvera dans ma Minéralogie appliquée aux arts (1) la description de plus de trois cents variétés de marbres, et d’assez grands détails sur l’exploitation de ces roches, sur l’art du marbrier et du lithoglypte; je renvoie donc à cet ouvrage ceux qui voudroient de plus grands détails sur l’histoire de ces belles substances minérales qui contribuent tant à la somptuosité des décorations intérieures, et a la durée des monumens qui en sont enrichis. (P.Brarp.)

MARBRE. ( Foss.) Voir au mot Pérriricarion. (D. F.)

MARBRE. (Conchyl.) Ce nom est quelquefois employé dans les catalogues de coquilles du dernier siècle, pour désigner une coquille du genre Buccinum de Linnæus, et qui est une espèce de turbinelle pour les conchyliologistes modernes. (De B.)

MARBRÉS. (Bot.) Paulet décrit quatre espèces de marbrés ou mousseux marbrés ; ils forment une division dans la famille des

(1) Paris, F. G. Levrault, 1821, trois vol. in-6.°

cépes mousseux quisont tous des champignons du genre Boletus, Linn. Les marbrés se font reconnoître à leur surface entr'ouverte, plus ou moins profondément découpée et sillonnée, selon Paulet, en maniére de fortes veines de marbre. Ils naissent dans nos bois en automne.

Le MaARBRÉ FEUILLE MORTE, Paul. Tr.,2, pag. 373. pk 17%, fig. 1,est de er neyenne , à surface blanchâtre et chair blanche : sa partie tubuleuse est grise; à la maturité, ce champignon prend une couleur générale de feuille-morte. Il a une saveur agréabie ;etn’incommode pas; il estsec, léger, et brunit l’eau dans laquelle on le fait bouillir; il n’est pas aussi délicat que les mousseux fins.

Le Mareré BistRE, Paul., L. c., pl. 172, fig. 2, est haut de trois pouces, de couleur de bistre ou de truffe noire avec des marbrures. Ses tubes sont fins, serrés et gris; le stipe est blanc et ferme. Toute la plante à une agréable odeur, elle n’est point malfaisante.

Le Mangré ouvarre, Paul. L. c., fig. 3, est de couleur brune ou olivâtre marbré, à surface sèche, à tube et stipe gris. Ce champignon, plus large que haut, a un chapeau de trois pouces de diamètre ; il n’a pas d’odeur désagréable, et ne nuit point; comme le marbré feuille-morte il rend brune et mousseuse l’eau dans laquelle on le fait cuire, caractère, au reste, qui appartient à toute la famille qui en tire aussi son nom.

Le MarBré COULEUVRE, Paul., L. e., fig. 4,5, 6, est petit, à surface découpée et marbrée, de manière à imiter, en quelque sorte, les anfractuosités du cerveau, mélangée de bruu jaunätre et de rouge; sa chair, naturellement blanche, devient subitement bleuätre et rougeàtre par le contact de l'air. Ses tubes sont fins, serrés et verdâtres; le stipe est lavé de rouge ou de pourpre. Ce champignon est élevé de deux à trois pouces ; sa surface est sèche, et sa substance molle, humide, se corrompt aisément; tout annonce qu'il pourroit être d” un dangereux usage. (Lem. )

MARBRE, (Erpétol.) Voyez Porvcnre. (H. C.)

MARBRÉE. (Ichthyol.) Dans quelques uns de nos cantons, on donne vulgairement ce nom à la lamproie commune. (Voyez PETROMYzoN.)

M. Risso a fait aussi de ce mot le nom spécifique d’une tor-

MAR 109 pille et d’une athérine de la mer de Nice. Voyez ÂTHÉRINE et Tonrirre. (H. C.)

MARCANTHUS. ( Bot.) Voyez MacranTne. (Porr.) MARCARAY (Bot.), nom d’un catesbæa sur la côte de Coromandel, cité dans l’herbier de Commerson. (J.) MARCASSIN (Mamm.), nom du jeune sanglier. (F.C.) MARCASSITE.(Min.) Nom que l’on donne aux fers pyriteux ou sulfurés jaunes, d’un jaune d’or pur, d’une homozgénité et d’une pureté assez grande pour être susceptibles d’être taillés, polis etemployés même comme objet d'ornement. Voyez Fer SULFURÉ JAUNE, t. XVI, p. 5709. (B.) MARCEAU (Bol.), nom d’une espèce de saule. (L. D.) MARCESCENT | Canuce |. (Bot.) Lorsque le calice n’accompagne pas le fruit, il tombe dés que la fleur commence à s'épanouir (pavot), ou bien après la fécondation, en même temps que la corolle (berberis, brassica). Lorsqu'il accompa- gne le fruit, il continue de végéter (cucubalus bacciferus) , ou bien il se dessèche (anagallis, rhinanthus). C’est dans ce derniers cas qu’on le dit marcescent. Il y a des corolles qui ne tombent point après la fécondation (campanula, trientalis); mais elles ne continuent pas de végéter : on les dit également marcescentes. (Mass. ) MARCGRAVIA ou MARCGRAAVIA. (Bot.} Voyez MarerAvVE. (Poir.) | MARCGRAVIACÉES. ( Bot.) Le genre Marcgraavia, publié primitivement par Plumier, offre des caractères apparens qui avoient engagé Linnæus, Bernard de Jussieu et Adanson à le rapprocher de la série naturelle des capparidées, remarquable surtout par l’attache des graines aux parois du fruit; et j’avois suivi ces auteurs en ce point. l’occasion de décrire une nouvelle espèce de ce genre, trouvée à la Guadeloupe par M. Richard , me détermina à insérer dans le quatorzième volume des Annales du Muséum d'Histoire naturelle, année 1809 ,un mémoire sur'cette plante, dans lequel il étoit aussi fait mention de celle de Plumier , et surtout des observations faites par M.Richard sur cesplantes vivantes. Il en résultoit que dans le marcgraavia, les cloisous du fruitmultiloculaire paroissent avoir été d’abord réunies au centre, ensuite détachées au milieu par suite d’un retrait, en conservant leur réunion au sommet

et à la base; et que le fruit dans sa maturité devient ainsi uniloculaire. De plus, ces cloisons, qui portent les graines, sont seulement contiguës avec les Frs du fruit sans leur adhérer. Dès lors l'insertion des graines est réputée centrale et non pariétale comme dans les capparidées. M. Richard pensoit que ce genre devoit, d’après ces caractères, être rapproché du clusia dans les guttiféres. J'ai motivé dans le Mémoire précité les rapports et les différences qui existent entre ces genres, dont l’affinité est réelle, mais non complète, et j'en conclus que le marcgraavia pourroit devenir le type d’une famille nouvelle voisine des guttiféres, à laquelle on devra joindre le norentea d’Aublet et l’antholoma de M. Labillardière. C’est d'aprés cette simple indication que M. Decandolle, dans sa nouvelle édition de sa Théorie élémentaire de la Botanique, année 1819, faisant l’énumération des familles anciennes et nouvelles, cite, sous ce nom, celle des marcgraviacées. Je n'avois fait que la proposer avec doute ,parce que ses caractèresne m’étoient pasassez connus ; mais puisqu elle est ainsi dénoncée au public, il faut essayer de la caractériser, en prévenant cependant que ce caractère général sera sujet à revision. Cette famille, placée à côté des guttifères, doit être dans la classe des hypopétalées, c’est-à-dire des polypétalées à étamines hypogynes. On ytrouve:un calice à plusieurs divisions très-profondes, dont une ou deux plus extérieures, sont peut-être des Eat une Corolle hypogyne dontles pétales sont tantôt distincts, tantôt réunis en une coiffe recouvrantlesorganessexuels, laquelle se détache par sa base et tombe entiére ; des étamines nombreuses également insérées sous l'ovaire, leurs anthères alongées et droites portées sur des filets très-courts; un ovaire libre, simple ; un style simple ou nul; un stigmate en tête, quelquefois iobé ; un fruit ordinairement globuleux, coriace, ou un peu charnu, à plusieurs loges polyspermes, devenant quelquefois uniloculaire en mûrissant, par le retrait des cloisons; desgrainesattachées au bord des cloisons, à l'angle interne des loges. Tige ligneuse, droite ou sarmenteuse, grimpante ; feuilles alternes,simples, entières, coriaces; fleurs terminales, pédicellées, en ombelle ou en épi. (J.) MARCH (Bot.), nom arabe d’un cynanque, cynanchum pyrotechnicum de Forskal. (J.) |

MARCHAIS. (Ichthyol.) Les pêcheurs appellent ainsi une variété du maquereau qui manque de taches. (Voyez Scomsre.)

On donne aussi ce nom au hareng qui a frayé. Voyez Crurée. (H:€) |

MARCHALLIA. (Bot.) Voyez Payreumorsis. (Poir.)

MARCHAND. ( Ornith.) Ce nom, qui est celui d’une espèce de canard à bec large , figurée sur la planche 37 de l'Encyclopédie méthodique , et sur la planche 995 de Buffon, anas perspicillata, Linn., est aussi donné à un oiseau de proie dont il est question dans le Voyage du chevalier des Marchais, par le P. Labat, tom. 3, pag. 329 , et que les Portugais appellent gallinache. Ce dernier est le vautour urubu, oultur aura, Linn.; gallinaze urubu, Vieïll. (Ca. D.)

MARCHANTIA (Bot), HÉPATIQUE, MARCHANTIE. Genre de plantes cryptogames de la famille des hépatiques, caractérisé par sa fronde plane, membraneuse, dichotome ,lobée, portant des pédicelles à l'extrémité desquels sont des espèces d’ombelles coniques ou hémisphériques, lobées ou divisées en quatre à douze rayons, au-dessous desquels se trouve la fructification.

Ces caracteres s'appliquent au genre Marchantia, tel que Dillenius (quile nomme lichen), Linnæus et les botanistes l’ont admisgénéralement, sans avoir égard aux observations et aux travaux de Micheli, Adanson, Hill, Palisot-Beauvois, Raddi, Nées,-etc., naturalistes qui ont trouvé dans l’étude des parties que l’on peut considérer comme les-fleurs et la fructification de ces végétaux, des caractèressuffisans pour les classer en plusieurs genres. Quelques botanistes persistent à maintenir le genre Marchantia entier, et rétablissent ainsi ses caractères, . fondés principalement sur les observations d'Hedwig :

Frondeou expansion étalée, rampante ,herbacée, foliacée ou membraneuse,succulente,réticuléeou ponctuée,lobéeetdichotome, appliquée et fixée sur les pierres et la terre par de nombreusesfibrillesbrunes portant trois sortes d'organes floriformes ou reproducteurs, qui s’observent sur le même pied ou sur des pieds différens, savoir :

1.” Lesfleurs mâles (Hedw.,Mirb.; fleurs femelles, Pal. Beauv.), cupuliformes, sessiles ou portées sur un pédicelle, et en forme de plateaux membraneux, lobé ou sinueux, lisse ou écailleux

en dessous, renfermant dans son épaisseur de petits corps arrondis, émarginés à une de leurs extrémités ou aux deux, nichés un ou plusieurs ensemble dans des loges, aboutissant chacune à l'extérieur par un petit filet.

2.°Lesfleurs femelles (Hedxwv., Mirb.; fleurs mâles, Mich.., Adans., Pal. Beauvois), plus compliquées que les précédentes, forment, à l'extrémité de pédicelles opaques et nus ou entourés d’une gaîne à la base, des espèces d’ombelles ou réceptacle commun à quatre ou douze rayons ou lobes, quelquefois conique ou hémisphérique, et le plus souvent en étoile; sous chaque rayon à la base,etdanslesinus,on observeun périchèze ou périsporange, ou calice commun à une loge, rarement deux, bivalve, à bords dentés et frangés, contenant une à six fleurs orribes chacune

de quelques filamens articulés ou paraphyses insérés à la base d’un périchèze ou calice, ou périsporange propre, grand espèce de sac ou de coiffe (calypira), d’abord clos, puis se déchirant irréguliérement en quatre ou six parties, mettant à nu unovaire surmonté d’un styleaunstigmate, et recouvert d’une membrane ou pannexterne, autre périsporange propre ou calycule, qui se déchire ausommeten deux ou plusieurs parties auxquelles le style reste fixé. L’ovaire, porté sur un pédicelle en forme de soie transparente, se développe en une capsule pendante, arrondie, quis’ouvre enquatreouhuitvalves, quelquefois aussi par un opercule caduc, etcontenant quantité de filamens (étamines, Mich.) ou crinules, ou élatères, qui lancent de nombreuses séminules (anthères, Mich., Adans.), qu'Hedwig a vues germer. | AS

3.° Lesorygomes ougemmules, ou propagules( fleurs femelles, Mich., Adans.), espèce de cupules, de calices, ou de godets (thecæ) crénelés , en forme d’entonnoir, situés sur la fronde, et danslesquels sont desbulbilles, ou corpuscules propagateurs lenticulaires, que quelques botanistes, d'accord avec Micheli qui les a vus se développer, regardent comme les VÉHPARISS séminules. -

Les pédicelles qui portent lesfleurs iles et ceux quiportent les fleurs femelles, naissent aux extrémités de la fronde, dans ses échancrures ou ses sinus, et en dessous ils sont rarement épiphylles. Quelquefois les pédicelles femelles sont entourés à leur base d’une gaine ou involucre membraneux, découpé ou

déchiré, renfermant en outre quelques filamens articulés que Raddi donne pour des anthères.

Cette complication d’organes a lieu d’étonner et sera longtemps le sujet des méditations des botanistes. On peut remarquer qu’il y a de l’analogie entre la fructitication des marchantia et celle des mousses, dont l’urne est représentée par les capsules, la coiffe parle périchèze propre qui enveloppe chaque fleur , les gemmules par les fleurs mâles, ete. Les modifications qu’on observe dans la fructification des espècesont donné naissance aux genres suivans , que nous présentons ici sous forme de tableau, renvoyant le lecteur à chaque nom pour les caractères assignés à chacun d’eux. 1. Lunarra, Mich., Adans., Raddi; Marchantia cruciata Linn. | . 2. ConocérxaruM, Hill; Anfhoconum, P. Beauv.; Fegatella, Raddi; Hepatica, Mich., Adans.; Marchantia conica, Linn. (Voyez Hmparicecra.) | 3. Resourrzra, Raddi, Nées; Asterella, P. Beauv.; Hepatica, Michel.; Marchantia hemisphærica , fie 4. GrImMArDiA, Raddi; Fimbraria, Nées; Duvalia, Nées ; Asterella , P. Beauv.; Hepatica, Michel.; Marchantia triandra, Scop. 5, MarcnanrtiA, Mich., Adans., P. Beauv., Raddi; Marchantia polymorpha ; Linn.

Dans cette nouvelle disposition le genre Marchantia setrouve caractérisé par la présence, sur le même pied ou sur des pieds différens, des trois sortes d'organes propagateurs que nous avons décrits; par ses ombelles partagées en étoiles à sept ou douze rayons environ, cylindriques, obtus, portant endessous ,etdansdes périchèzes communs, à bords dentés ou frangés,

deux à six capsules pédicellées, munies de leur double calice, se divisant au sommet en lanières inégales.

Les caractères de ces nouveaux genres étant pris sur des parties qu’on ne peut étudier qu'avec le microscope, il en résulte que l'étude de ces végétaux est nécessairement difficile. En outre les espèces connues n’étant pas encore toutes réparties dansleur genre respectif, il en résulte qu’on doits’attendre à la nécessité de créer d’autres genres, et par conséquent d’augmen-

ter les difficultés deleur étude; il nesera donc question ici que du genre Marchantia , tel que Dillenius et Linnæus l’ont admis.

Un petit nombrede ses espècesa été connu des botanistes avant Micheli et Dillenius. Ces espèces étoient nommées lichen , lichen pelræœus,muscus saxatilis , hepatica fontana et hepatica (voyez ce mot). Maintenant on connoitune trentaine de marchantia,, les mieux décrites croissent en Europe. Les espèces étrangères ont été observées principalement en Amérique, quelques unes en Afrique et au Japon. Elles se plaisent toutes dans les lieux humides, dans les fentes des pierres , sur la terre aux bords des fontaines et des puits, dans les cours abandonnées, etc.

1. MARCHANTIA rOLYMORPHE : Marchantia polymorpha, Linn.; Hedw., Théor. Retr., pl. 26 et 27, fig. 1, 2; Web. et Mohr., Germ. ,tab.15,fig. 1,3; Marchantia, Micheli , Nov. Gen., pl. 2, fig.1,2, 3; Lichen, Dill., Hist. Musc., tab.76et77,fg.7; Marchantiaumbellata etstellata, Lamck., Illust. gen.,tab.876, fig.1, 2; Lichen, Matthiol., Fuchs, Dod., Lobel, Icon., t. 246, fig. 2 3, etc.; Lichen petreus et Hepatica fontana , C. B., Pin., p. 361, n° 1,2,3; Hepatica, Brunfels; Jecoraria seu Hepatica fontana , Trag.; Lichen 1, Diosc., Plin.? vulgairement HÉPATHIQUE DES FON- TAINES , HERBE D'HALOT, HERBE HÉPATIQUE, DU FOIE, DÉ [A RATE, etc.

Fronde membraneuse, plane, longue de deux à quatre pouces, lobée, à lobes obtus, traversée par une nervure médiane; fleurs mâles en forme de disque ou de bouclier lobé, portésur un pédicelle; fleurs femelles portées par une ombelle radiée, de sept à douze rayons, dont les périchèzes communs renferment deux à trois fleurs pendantes dont une seule fruetifie; orygome en forme de godets crénelés. Cette plante forme des plaques de deux à six pouces de large, qui par leur multiplicité couvrent de grandes surfaces; ces plaques offrent tantôt les deux espèces de fleurs, tantôt une seule. Quelques naturalistes en font même alors deux especes, par exemple, le marchantia stellata , Scop. ( Lamck., ILE gen.,t. 876, fig. 2; Dill., t. 77, fig. 7, B, ©, E, I), est l'individu femelle; et le marchantia umbellata, Scop. (Lamck., fig. 1; Dill., fig. 7, D), représente l'individu mâle; enfin le lichen, Dillen. ,pl. 76, fig. 6, E, F, offre un pied avec les fleurs mâles et femelles, plus les orygomes. D’autres auteurs ont confondu les fleurs mâles avec les femelles (comme Micheli et D et ont établi aussi plusieurs espèces.

Ceite plante croît sur les pierres, sur la terre humude, aux bords des ruisseaux, des sources, des puits, dans les cours exposées au nord. On l'employoit autrefois dans les maladies du foie, du poumon, et comme vulnéraire. (Voyez Lriexex.)

Cette espèce est le type du genre Marchantia, de Micheli, Adans., Raddi, etc.; la première bonne description qu’on en rit, a été donnée dansles Mémoires de l’Académie des Sciences, ann. 1713,p. 230, pl.5, par Marchant fils, médecin, qui dédia cette plante à son père, médecin. Il remarqua le premier les séminules et les filets qui les portent, et comment elles sont lancéespar bouffées d’entre les filets, pour se répandre dans l'air. « Ces particules jaunes, dit-il, qui par leur extrême finesse, s’évanouissent aux yeux, et se perdent dans l'air, sont vraisemblablement les graines de la plante, puisqu'on en voit naître un million de jeunes aux environs des anciennes. ? Schmidel et Hedwig long-temps après ent fait connoître exactement l’organisation de cette plante curieuse. |

2. MarCHANTIA PATTE D'O1E : Marchantia chenopoda, Linn. ; Lichen, Plum., Fil., tab. 142; Dill., tab.77, fig. 8. Fleurs mâles pédicellées, portées par des réceptacles palinés ou en formede main, à quatre lobes obtus; fleurs femelles également pédicellées et portées sur un plateau à cinq ou six lobes obtus, crénelés qui en dessous portent des capsules s’ouvrant en quatre valves; fronde dichotome, rétrécie et fréquemment lobée et sinuée. Cette singulière espèce a été observée à la Martinique, dansles autresîlesenvironnantesetau cap de Bonne-Espérance. Mieux connue, elle formera sans doute le type d’un nouveau genre.

3. MAaRCHANMA HÉMISPHÉRIQUE : Marchanlia hemisphærica, Linn.; Hepatica, Mich.,tab. 2 , fig. 2; Lichen, Dill., tab. 75, fig. 2. Fronde petite , lobée, velue, ciliée, crénelée; réceptacle des fleurs femelles presque hémisphérique,presqueentieretpresque quadrangulaire ; réceptacle des fleurs mâles pelté, presque quadrangulaire ; orygomes oblongs. Cette plante croît en Europe, dans les lieux couverts, les fossés, les puits; elle est peu commune, quoique se rencontrant presque partout. Ses réceptacles femelles ont trois à six lobes arrondis, très-peu profonds; audessous de chaque lobe est un périchèze commun blanc, beaucoup plus grand que dans les autres espèces.

Cette plante est le iype du genre Regourrria (voyez ce aom), de Raddi ,etde l’asterella de Palisot-Beauvois (voyezle vol. IIT, pag. 257 de ceDictionnaire). Beauvois y place aussi le jungermannia tenella , Linn., qui en diffère cependant par la forme de sa capsule, et qui rentre dans le genre Fimbraria de Nées. Les marehantia triloba et quadrata de Scopoli paroïssent être des variétés du marchantia hemisphærica , ou des espèces trèsvoisines.

4. MARCHANTIA ODORANTE : Marchantia fragrans , Balbis, Decand., Schwægr., Musc. hep., pag. 34; Web., Hist. Muse. hep., page 106; Wallroth, Annal. Botan., pl. 6, fig. 9-f.; Fimbraria fragrans, Nées, in Hor. Phys. Berol., page 45. Fronde simple, dichotome, entière, un peu canaliculée; ré-

ceptacle des fleurs femelles en forme de cône obtus, lisse, en-

tier, à cinq ou six lobes, portant quatre fleurs dont le périchèze propre est trés-grand , enflé, et se déchirant en huit à dix lanières, restant attachées par leurs pointes ; capsule s'ouvrant transversalement en deux parties comme une boite. Cette espèce, l’une des plus petites de ce genre, et dont la fronde est quelquefois à peine rameuse, croît dans les Lieux humides et ombragés, en Piémont, en Italie, en Suisse, en France et dans les Landes; Schwægrichen l'indique en Caroline; elle répand une forte odeur résineuse. Les lobes stériles de la fronde sont obtus et fertiles, fortement échancrés; les pédiceilles fructifères naissent dans les échancrures, et sont dans leur jeunesse entourés de poils nombreux longs et blancs. Cette plante rentre dans le genre Fimbraria de Nées, dont il est parlé à l'espèce suivante.

6. MARCHANTIA MARGINÉ: Marchantia marginata, Nob.; Fimbraria marginata , G. Nées, in Hor. Phys. Berol., pag. 44, pl. 5, fig. 3. Fronde simple, petite, entière, ou à peine re ! glabre, verte en dessus, purpurine en dessous et sur le bord; pédicelles, portant les réceptacles, munis à la base d’un périchèze ou gainule, court, tubuleux, bordé de longs poils blancs; réceptacles femelles , obtus, mamelonnés , à quatre lobes uniflores ; fleurs munies d’un grand périchèze propre (calyptra, Nées) , en forme de sac enflé, blanc , pendant, se déchirant en six à douzelaniéres qui restent fixées par la pointe; capsule s’ouvrant en deux comme dans l’espèce précédente.

MAR 117 Cette plante croît au cap de Bonne-Espérance, sur les bords de la route, près la montagne Leuwenstaart. Elle a été découverte par Bergius.

La plante dont il s’agit ; ainsi que le marchantia saccata, Wahl, Berl. Mag. , 3, tab. 7, fig. 3; le marchantia tenella, Linn. (Dillen., tab. 21, fig. 4); etle marchantia fragrans, Balbis , composent le genre Fimbraria de G. Nées, dans lequel señcétre viendront se placer encore les marchantia gracilis, Web., Ludvigüi, Schwæg., pilosa, F1. Dan., tab. 1148. Le 1e brarig est essentiellement caractérisé par ses capsules, s’ouvrant en deux comme une boîte à savonnetie et renfermées chacune dans un périchèze propre, trés-enflé, pendant, se déchirant en six à douze lanières cohérentes à leur extrémité. Ce périchèze manque dans le genre que Nées nomme duvalia, peut-être le même que le grimaldia de Raddi. Enfin la maniére dont sa capsule s'ouvre le distingue de tous les autres genres.

6. MARCHANTIA TRIANDRE : Marchantia Find Scop., Carn., édit., 2, tab. 63 ; Balbis, Hepat., pl. 1 , fig. 1; Hepatica, Mich., 2 , tom. 3 , fig. 5; Grimaldia dichotoma, Raddi, Opusce.'Scient. Bot., 1818, pag. 356. Frondes linéaires, dichotomes, vertes en dessus et ponctuées; violettes en dessous , émarginées à l’extrémité , et donnant naïssance en dessous aux pédicelles femelles ; réceptacles triangulaires, convexes, s’ouvrant en dessous par trois fentes; capsules s’ouvrant par un opercule caduc. Cette petite plante croit communément en Italie parmi les herbes et les mousses, dans les fentes des rochers, etc. On l’a confondue long-temps avec le marchantia hémisphérique, dont elle diffère cependant par la forme de ses et Le genre Grimaldia de Raddi, fondé sur cette espèce , se rapproche beaucoup du Fimbraria de Nées, dont nous venons de parler, et surtout du genre Duvalia.

7. MARCHANTIA CONIQUE : Marchantia conica, Linn.; Hedw., Theor. retr., tabl. 27, fig. 3, 4 ,'5, et tab. 28; Lichen, Dilk, tabl. 75, fig. 1 ; Hepatica, Vaill., Paris., tab. 33, fig. 8 ; Mich., tabl. 2, fig. 1; Fegatella officinalis, Raddi, Opusc. Scient.

of., 16818, pag. 356. Expansion grande, rampante, dichotome, rameuse, lobée, sinuée , obtuse; réceptacle femelle porté sur un long pédicelle conique , ou ovale ‘conique, di-

visé en dessous en cinq à sept loges ; contenant chacune une capsule recouverte d'un périchèze propre, alongé, et s’ou-

vrant en quatre lanières ; fleurs mâles sur des pieds différens,

en forme dé tubercules hémisphériques, sessiles. Cette espèce

croît dans les bois humides partout en Europe et dans l’Amérique septentrionale. Elle offre plusieurs variétés: elle a été

le sujet des observations des botanistes depuis Micheli. Ce

naturaliste ne crut pas devoir la réunir au même genre que

le marchantia polymorpha, et il en fit son hepatica qui comprend les marchantia dont les réceptacles femelles ont la forme conique ou ovale, ou hémisphérique ; mais bientôt les bota-

nistes s’aperçurent que la structure propre à sa fleur l’éloignoit de celles des autresespèces citées par Micheli , et on en fitun

genre propre. Hill, je crois, est le premier qui l'en sépara sous

le nom de conocephalum , puis Beau vois sous celui de anthoco-

num, et enfin Raddi-sous celui de fegatella, en lui assignant des caractères propres exposésaux articles Anrmocons et Hgpa-

riceLLA. L’hepatica de Micheli comprend les trois genres Fegatella, Grimaldia et Rebouillia, Raddi.

En Italie cette plante est te dtnesdené employée en médecine au même usage que le marchantia polymorphe.

8. MarcHantr croïsErTE : Marchantia cruciata, Linn.; Lichen,; Decand., F1. Fr., n.° 1138; Lunularia, Michel., Gen., tab. 4; Liohen, Dill., Musc., tab. 95, Gg. 3; Lunularia vulgaris, Raddi ; Staurophora ; Willd. Fronde membraneuse, plane, lisse ,; rampante , rameuse, longue de un à deux pouces ; pé- Abe munis d’une gaîne à leur base, soutenant un réceptacle divisé en quatre parties caen etas cinq) disposées en croix, et portant chacune une seule capsule pédicellée à huit sr ; fleurs mâles en forme de coupes recouvertes en partie par une membrane. Cette espèce a été observée d’abord en Italie aux environs de Florence, puis en France ( Lille, Abbeville, Montpellier, Grenoble), en Espagne, en Portugal, aux environs d'Alger, et en Angleterre. Elle croit sur les pierres, dans les lieux humides et ombragés. Micheli, Adanson, puis Raddi ont fait de cette plante leur genre Lunularia, dont le nom à été changé par Willdenow en celui de Staurophora. Voyez pour les caractères de ce nouveau genre l’article Lu- NULARIA, ( LEM.)

MARCHATO. (Bot.) Les Portugais de lmde nomment ainsi le weetla-caitu du Malabar que Burmaon "eue comme une variété du commelina cristata. (J.)

MARCHE DES FLUIDES dans le végétal. (Bot. ) Si l’on met la partie inférieure d’une branche chargée de feuilles dans une liqueur colorée, la liqueur montera dans la.branche et laissera des marques non équivoques de son passage sur les trachées, les fausses trachées; le tissu environnant sera coloré, et l’on pourra quelquefois suivre la liqueur jusque dans les feuilles. Si l’on renverse cette branche, et qu’on la fasse trem= ‘ per dans la liqueur par son sommet, dont on aura retranché l'extrémité, la liqueur s’élèrera par les mêmes canaux qui ont servi à la première ascension. Si l’on perce jusqu’à la moelle le tronc d’un peuplier ou d’un orme au temps de la végétation, on verra la séve s'échapper des gros vaisseaux du bois, et particuliérement de ceux qui sont au voisinage du centre. Si lon entaille un arbre, de sorte qu'il ne reste dans une partie du tronc qu’un petit cylindre ligneux qui établisse la communication entre la base et le sommet, la séve continuera de s'élever, et la végétation ne sera pas interrompue; mais si on Ôte tout le bois et qu’on laisse seulement subsister l'écorce, la séve s'arrêtera, et l'arbre cessera de végéter. (Voyezles expériences de MM. Reichel, Bonnet, Cotta, Coulon, Link et Mirbel, Théor. de lord. véget.

De ces faits et de beaucoup d’autres, on a tiré cette conséquence que la séve est charriée des racines jusque dans les feuilles, ou des feuilles vers les racines, par les gros vaisseaux du bois, et notamment par ceux qui sont à la proximité de la moelle, et qu’elle se répand du centre à la circonférence par les pores et les fentes du tissu.

Si maintenant vous considérez la quantité énorme d’humidité que les plantes ahsorbent dans le cours de leur vie et que vous fassiez réflexion que l’eau commune, loin d’être en parfait état de pureté, contient toujours diverses substances minérales en dissolution, vous ne serez pas surpris que les matières végétales donnent, par l'analyse, des terres, des sels, etc.

Au moment où la végétation recomnrence, dés avant que les feuilles soient développées, et que, par leur moyen, une

abondante transpiration se soit établie, la séve monte dans les végétaux ligneux; et comme elle n’a pas d’issue, elle remplit non seulement les vaisseaux du bois et de l’aubier, mais souvent encore tout le tissu cellulaire; c’est ce qu’on remarque au printemps dans le bouleau, dans la vigne, et autres végétaux trés-riches en séve.

Quand les feuilles sont développées, la séve ne monte guère que par le centre, parce que les racines , le tronc, les branches, les rameaux ont une communication centrale, et que les gros vaisseaux des feuilles aboutissent au cœur des rameaux.

Quelques physiciens ont cru que la séve circuloiïit comme le sang, et par conséquent ils ont admis des veines et des artères dans le système organique des végétaux; mais l’observation ne confirme point cette théorie. Le tissu végétal n'offre rien de semblable aux veines et aux artères; et lorsque l’on considère que le tronc d’un arbre dont on a retranché la cime continue de végéter, on est forcé de reconnoître que la séve ne circule pas à la manière du sang.

D’autres ont imaginé que les racines envoyoient de la séve aux feuilles pendant le jour, et que les feuilles envoyoient de la séve aux racines pendant la nuit. Mais voici à quoi se réduit ce phénomène : Lorsque après une journée chaude et desséchante survient une nuit fraîche avec du brouillard, de la pluie ou de la rosée, l’air contenu dans la plante se condense, et les feuilles, au lieu de transpirer, absorbent de l'air et de baie pour a a PR le vide qui se forme.

Si dans de telles circonstances , on fait une entaille au tronc, la séve qui sans doute fût evo stationnaire du moment que les vaisseaux eussent été remplis, prendra son cours par la lèvre supérieure de la plaie (Expériences de Rai, de Willougby, de Tonge), et les feuilles alors tireront beaucoup plus d’eau que si les ehoses fussent restées dans l'état naturel.

La séve s’élabore dans les parties jeunes, et elle produit les sucs propres et le cambium.

Les sucs propres remplissent quelquefois les vaisseaux du boïs et de l’écorce, et alors ils sont soumis aux mêmes mouvemens que la séve avec laquelle ils se confondent. D’autres fois ils se distinguent fort bien de la séve par la place qu'ils occupent; ils sont cantonnés dans des lacunes de l’éeorce et

de la moelle. Là il ne paroît pas qu'ils aient des mouvemens ascendans ou descendans.

Le cambium est le commencement d’ure nouvelle organisation. La séve élaborée dans les vaisseaux imperceptibles de la membrane végétale, la nourrit et la: développe. A sa naissance , le tissu membraneéux, tout pénétré du fluide qui l’alimente, semble n'être qu’un simple mucilage, et c’est.en cet état qu'il est nommé cambium. On juge bien que cette substance ne peut se déposer dans des vaisseaux particuliers et qu'elle n’a point de mouvement; mais la séve élaborée qui développe le tissu vient du centre et du sommet du végétal. Sur le corps ligneux du tronc d’un cerisier , à l'extrémité des rayons médullaires, Duhamel a vu le cambium se former en gouttes mucilagineuses et régénérer l'écorce; et quand on fait une forte ligature sur le tronc d’un arbre dicotylédou, ou qu’on lui enlève un annéau d’écorce, le suc qui se porte des branches vers les racines, développe incessamment un bourrelet au-dessus du lien ou au bord supérieur de la plaie.

Si, dans le cours de l’année, les bords de la plaie restant séparés, ne rétablissent point la communication directe des racines par le tissu de l'écorce , la base du tronc se dessèche, les racines cessent de croître, la succion diminue de jour en jour, et l'arbre meurt apres deux ou trois ans d’une vie languissante; car les fluides, qui se portent du centre à la circonférence, ne sont pas assez abondans pour nourrir la partie du liber située plus bas que la plaie, et pour déterminer la formation de nouveiles racines.

Ce que je viens de dire de la marche des fluides s'applique plus particuliérement aux dicotylédons qu'aux monocotylédons; mais j'ai peu de mots à ajouter pour que cette théorie convienne également aux deux classes. Chaque filet des monocotylédons est, sous quelques rapports, comme le corps ligneux tout entier des dicotylédons. La séve monte par les gros vaisseaux; les sucs propres se déposent dans le tissu cellulaire environnant, et le cambium, qui se montre à lasuperficie des filets, donne naissance à un nouveau tissu ligneux et parenchymateux. |

Quant aux champignons; aux lichens, aux hypoxylées et aux autres plantes acotylédones, qui n’ont ni trachées, ni

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